‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 70 sur 229 · LIVRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NEUVIÈME

MIS de ruuoite de U Qéogftphis. -^ Gmp^obU géaéril mr Ist voyageun ti les géograplMt

I du BMiyeD Ige. — A. 1000-1400.

• Les découvertes des Arabes et des Normands dans les parties du monde incônnueè aux anciens restèrent assez long-temps cachées aux savants de l'Europe clirétienne. Cependant l'ignorance de la géographie dans le moyen âge n'était ni aussi générale ni aussi gnmde qu*on le pourrait supposer d'après la r^wnse d'un abbé de Clugny . Les environs de Paris lui semblaient une contrée si éloignée et si peu connue, qu'il n'osa se ro^dre aux vœux du comte Bourcard, qui l'avait engagé à venir àablir un monastère de son ordre à Saint- Maur des Fossés (<). On pourrait encore citer rexemple des moines de Saint-Martin de Tournay, qm^ en iOM, se donnèrent en vain beaucoup de peine pour déeawmr l'abbaye des Ferrières (*). Mais ces deux faits prouvent seulement que dans les monastères ricbfis» Tel»

(') Spttmf^, HIstoIffs des Déetuvarles, $ 90. — f^ Dmcker^, tplelleg. II,fO. [Ifvmth rukaim. Abbtt- Uoe 5. MarUta TamacA

prit de l'insouciance avait succédé àTesprit des entreprises et des voyages périlleux.

» La justice nous £ait un devoir d'avouer que le clergé, dans le moyen âge, rendit des services à la géograpUe comme aux scienees en général. L^ annalistes de cette époque, qui étaient pour la plupart moines, insérèrent souvent dans leurs écrits les descr^tions des pays voisins ou éloignés. Cest ainsi que la chronique d'J^mo , abbédeWenun, dans le pays de Groningue, contient, à l'occasion d'une croisade en Palestine, la relation détaillée du voyage entier, avec la description de tous les pays et de tous les «idroits que les croisés traversèrent depuis les Pays-Bas jusqu'en Palestine (<)• Mais ce furent surtout les prédicateurs de la foi diex les païens qui re-

(') ^iiiim.JlfoicAe{.AnalectaveteriBCTi,t.II,p.2S.

La Chronique d'Emo comprend depuis Tan 1208 Jusqu'en 1237, époque de sa mort; mais elle a été continuée, d*abord par Menko Jusqu'en 1272, et par un anonime Jusqu'en 1212. J. H.

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culèi-eut les limites de la géographie. Saint Boniface, apôtre des Allemands, a rendu de grands services en donnant connaissance des pays et des peuples qui confinaient à Torient avec le royaume des Francs. Environ cent ans après que ces conquérants eurent appris à connaître les Slavons, il alla prêcher à ceux-ci l'Évangile. Ses lettres prouvent qu'il obéissait aux ordres des souverains pontifes en leur envoyant des relations sur ces peuples sauvages («). C'est sans doute d'après ses relations et celles des Anglais, ses compagnons, qu'Alfred composa dans le neuvième siècle la première description complète des pays esclavons. Nous avons déjà parlé des principales tribus slavonnes de l'Allemagne, telles que les Wilzes, les Obotrites, les Sorabes et les Bohèmes, connus par Alfredsouslesnoms de WUtes,Apdredes, Surpes et Bohèmes. Les missionnaires, conjointement avec les commandants des frontières, firent encore connaître les nations sur rôder et la Vistule. De ce nombre sont les Polcmais , qui paraissent pour la première fojs sous le règne d'Othon II, dans les écrits de Ditmar de Mersebourg, sous le nom de Poleni;i\ y est aussi question de la Silésie sous celui de Pagus silensis , qu'elle tira d*une haute montagne p).

» Un ermite espagnol, nommé Bernard, qui introduisit Tarithmétique des Arabes en Allemagne , ainsi que Gerbert avait fait en Italie , mais qui n'eut pas autant de succès dans ses travaux pour convertir les Slaves , engagea saint Ottœi, évoque de Bamberg, à aller prêcher ces païens du côté de Gamin, Wollm, Stettin, Belgard et Colberg, et même à essayer de planter la vigne chez eux ('). Il visita aussi l'île de Rugen, dont les habitants repoussaient les étrangers de leurs côtes, comme font aujourd'hui les habitants de la Nouvelle-Zélande. Avant ce voyage, Otton n'avait jamais entendu parler de la mer Baltique. Aussi fut-il très surpris de trouver cette mer si large , qu'un na^^gateur, en la traversant, n'apercevait les côtes que comme des nuages lointains (<). Sous le règne de Louis-le-Débonnaire, Anschaire,

(0 Bonifac, Epist. 261 , in Bibliolb. mai. Patruni, XIII, p. 233, édit. prim. Lugdon. Comp. Epist. 19, Ibid. p. 77. — (») Ditmar Marseb, in Leibnnz script. Brunsviccns., tom. 1, p. 369, 371, 416. — (3) Anon. Histor. Otlon. p. 325. — (4) S. Anscharii vila per Rcmbcrtum t ni^. Langebeck , t ï, 478.

OU Ansgarius, maine de CorUe, animé de même d'un saint zèle, ouvrit aux dirétiens la patrie des redoutables Normands^ et parooonit les roçraumes de Suède et de Danemark , peu connus jusqu'alors. Le journal détaillé de sef travaux et des dangers qu'il courut n'existe plus. Rambert, qui. a écrit sa vie et qui a parié le premier de la Ck)urlande sous le nom de Cqros (!}, n'a pasassez mis ce journal à profit pour nous faire juger quelles étaient les connaissances que les chrétiens avaient des États du Nord avant les recherches d'Alfred. Dans le moyen âge, ce journal fut la source principale des renseignements sur le Nord. En 1260, Tymo, abbé de Ck)rbie, l'envoya complet à Rome (2).

» Adam de Brime, qui vivait deux centi ans après Anschaire, puisa dans son ouvrage; il l'imita en faisant une description détaillée des royaumes du Nord d'après les obscr\'ati(mi qu'il avait recueillies de la bouche de SuenoD Éstrithson, roi de Danemark. Cette descriptioQ nous a été conservée P) ; et Murray,' professeur à Gottîngue, Ta enricliie d'un savant commentaire (^). Adam de Brome décrit le Jutland dans le plus grand détail, et parle de plusieon lies de la mer Baltique dont ses devanciers n'avaient pas fait mention. Il traite de l'intérieur de la Suède , dont Other et Wulfstan ne connaissaient que les côtes, et de la Russie, dont auparavant le nom seul était connu. Il dit que c'est le royaume slave le plus considérable ; que sa capitale est Kief , ou Chue, et que ses habitants commercent avec les Grecs par la mer Noire. Il étend même sa description jusqu'aux lies Britanniques, qu'il n'avait point visitées ; mais il ne fiût que répéter à leur sojct tous les contes merveilleux de Solin et de Martianus Gapella. Cette manie était générale parmi les géographes du moyen âge ; ils transportaient les fables de l'antiquité jusque dans la description particulière des pays qu'ils n'avaient pas vus eux-mêmes : témoin la première description détaillée de la principauté de Gaî-

(') Anscharii vita ptrUemùertum, ap. Lan§ebeck, p. 193-326. — 0 Ann. Corbeins. ap Leibnia,lh^tO. —(3) DesituDaniai et reliquarum qu« tmnsDaDiam sunt natnâr , deqaegentium Istamm moribnsreiigiombosque, InLindenbrog scriptor. rer. septent. Hamburg. 1706. — (*) /. P, Murray , Descriptio Ccrrarum septentrionaiiam sseulis IX, X, XI, ei ideà Adimi Bremensis aliorumque script, germantcorum istios svi ; in nov. Comm, Gotting. t. I, 136.

HISTOIRE DE LA GËOGKilPHIE.

les, composée par Giraud Rarry, oa Giralàm Cambrensis^ grand-doyen de Saint-Asaph, sous Henri U. Cet auteur y joignit le tableau de llrlahde, qui venait d*étre conquise ; mais il s'occupa malheureusement beaucoup trop dé la recherche des merveilles et des prodiges ; il parle de canards qui croissent en Irlande sur des arbres , de poissons à dents dorées et de monstres moitié hommes et moitié taureaux (i). « Parmi les ecclésiastiques qui ont bien mérité de la géographie, il faut encore nommer Dicmlp moine irlandais, qui vivait pendant le neuvième siècle , et dont l'ouvrage contient Textrait des mesures de Tempire romain, prises $oas Théodose , et quelques traits particu- }kn sur le Nil et sur les tles de TÉcosse. 11 parait qu'ayant possédé ou trouvé un manuscrit renfermant un résumé des mesures de l'empire romam prises sousThëodose, il en fit un extrait dans lequel il encadra des passages tirés de Solin, d'Orose, d'Isidore et de quelques autres écrivains , ainsi que cinq ou six observations qu'il avait lui-même recueillies de la bouche des moines voyageurs. De ce travail de compilation est résulté le livre De mein- $ura orbii terrœ, long-temps cité comme manuscrit par Velser , Isaac Vossius, Saumaise , Hardouin, Schœpflin. Cet ouvrage, par les extraits qu'il renferme de différents auteurs , a servi à fixer quelques points relatifs à l'état des connaissances géographiques au neuvièipe siècle, tels que la première découverte de l'Islande et des Iles Fœroê par des colons irlandais, et la rupture du canal entre le Nil et la mer Rouge (•).

(■) Giraldi Cambrensis lUDCrarium Cambris, seu de laadibinbus WalIIs, apud Cambden, scriptor. histor. Angllx. Francof., 1602, pag. 820. Idem, de Illaudabil. Wallis , ap. ffliarton , Angli» sacra , II , pag. 244. Gomp. Becknumn , Ann. des Voyages , IV , p. 19. Paris, 1S07.

(•) Nous devons à M. A. Walckenaer une editio princeps de fouvrage de Dicuil, in-S*"; Paris, 1807. Ce savant géographe a cm devoir faire imprimer le texte tel qu'il existe dans les deux manuscrits de la Bibliothèque Royale de Paris, réservant pour un autre temps les* recherches nécessaires, soit pour corriger ce texte extrêmement corrompu , soit pour èelalrcir le sens de Tauteur, soit enfin pour en tirer quelque lumière. Mais M. Letronne s'est chargé de rendre ce service à Dicuil ; le commentaire qu'il a donné sur cet auteur , et qui est accompagné d'un texte corrigé (in-S^; Paris, 1814), ne laisse que le glanage A ceux qui voudront parcourir ce champ aride.

» Le clergé, maître de l'instruction publique , encoiuragea quelquefois les études géo« graphiques.

» L'évêque Gxiiilaume de Wixham , qui, en 1380, créa un nouveau collège à Oxford, fit les dispositions suivantes dans ses lettres de fondation : « Lorsqu'en hiver, àl'occasion d'une fête duSeigneur^ou de sa mère, ou de quelque autre saint, on fait du feu dans la grande salle pour les confrères, lesdits confrères et les écoliers peuvent , à l'issue du dîner et du souper, s'amuser d'ime manière convenable dans la grande salle , par le chant des cantiques et d'autres passe-temps honnêtes, comme aussi en s'entretenant tranquillement de la poésie , des chroniques des divers royaumes , et des merveilles de ce monde, et de tout ce qui fait l'ornement du clergé. » Il existait des ordonnances semblables dans d'autres collèges d'Angleterre ('). Giraud le Gallois nons fournit un exemple du singulier enthousiasme avec lequel on recevait les relations des pays étrangers. Il fut obligé de lire trois jours de suite en public, à Oxford, sa description de l'Irlande. Le premier jour fut consacré aux pauvres de la ville ; le second aux docteurs, clercs et étudiants; le troisième àla bourgeoisie. Les Scandinaves étaient cependant , avec les Arabes , les seuls peuples chez qui le goût des lectures historiques était devenu national. Les savants islandais, honorés dans les cours du Nord , y charmaient l'oreille des rois et des héros en leur récitant ces sagas , ou contes historiques écrits avec la naïveté d'Hérodote, et dans lesquels une saine critique , en fixant leur date au onzième et au douzième siècle, reconnaît les traces d'une histoire traditionnelle qui remonte aux temps les plus reculés, et qui , à côté de quelques obscurités , offre tous les caractères intérieurs d'un haut degré de véracité. Nous venons d'examiner, dans le livre précédent, les importantes données que les sagas fournissent à l'histoire de la géographie.

» Quelques souverains surent apprécier la* science qui montre aux rois les limites des empires , et qui trace aux héros la route des conquêtes. Les princes Scandinaves , si la boussole leur eût été connue , auraient fait le tour du monde. Waldemar II, roi de Danemark , fit dresser, en 1231, un cadastre ou tableau topographique de toutes les provinces de son

(') miarion^ Hislory of cnglish poetry, 1, p. 92.

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uvBË mx*NEUvitafE.

royamney ouvrage éKHuiaiil pour le treblèDie aiède 0). Les rois d*Anglelerre se montrèrent pénétrés du même esprit. Malgré la destruo* tlon g^oérole des livres sous Henri YIII, on a trouvé, dwis les anoiennes bibliothèques d' Anl^terre, sept eartes de ce royaume et des lies voisines, lUIes dans le douzième siècle, et qui Jettent du Jour lur l'histoire de Matttiieu Péris, sur le PolyohronicoQ de Higedea, «I sur les relations de Giraud (^). Dans ces cartes, k la vérité très grossières, le dessin des prta- <4paki villes et des abbayes avec leurs mu^ railles, leurs dochors et leurs portes, occupe tant d'espace, qu'il n'a pas été possible de marquer les divisions des provinces, les endroits peu considérablea et les petites rivières. Les monarques anglais, voulant coonattre leurs États plus en détail, firent rassemUer et composer des tableaux généraux des pro* vinces et des terres où étaient marqués les terrains eultivésetceux on friche, les villages avec le nombre de leurs halntants, et la quo" tité d'impôts qu^ paient Tel est l'ouvrage connu sous le nom de Ih<Hmsdaifbook, auquel Guillaume4e-Conquérant fittravaiiler de 1080 & 1083, et où, & l'exception de la principauté de Galles et des provinoes de Nortbumberland, Gumberland, Westmorelandet Durbam, tout le reste de l'Angleterre est décrit de la manière la plus droonstanciée. Les districts cultivés et habités ou déserts, les habitants libres ou serb, avec les espèces de services auxquels ils étaient assifjettis; tout y est noté. Jusqu'au mmibre de tâtes éê bétail et de ru^es dans quelques comtés (')• Cet ouvrage, si intéressant pour la topographie de l'Angleterre du moyen Age, n'était connu que par des fragments détachés qu'on trouvait dans différentes descriptions particulières de comtés et de villes* En 1783, le parlement le fit imprimer aux frais de l'État (i). Le loi Edouard II fit travailler, en 1291 , à un tableau général et détaUlé des pos^ sessions territoriales du dergé en Angleterre ' et dans le pays de Galles; il existe en manusmt dans la bibliothèque d'Oxford (•), et il

('] Gebhardi, Hitt. dn Danemark, naarup, SUtlitlqne. -* (•) Gou^k'ê ÀDeodotei of brilish topogrtpl>7 , I, p. frO , où elles sont grsTéef. -^ (3) Short aecouDt of fome parUculan conceming Doonudaybook , with a Tiew to promote \{$ belng publUhed. London, 1756, in-4*. Compar. Gough's Aneedotei, I , p. 18 — (4) 1 Tol. in-iol. — (•) Gough^ê Amasdetsi, p. 116.

n'en a été imprimé que des morceaux itokéi dans les Uqwgraphies de quelques eraités. Nous devons au comte de Herzberg ToUiga» tlon d'avoir publié un pareil monument géo* gra^ûque concernant une partie de rAllema** gne; c'est la deseriptioa financière en latin da la Marche de Brandebourg , fidte dans le genre du Doomsdaybook , et & laquelle on travailla depuis 1375 Jusqu'en 1377, par ordre de Te»pereur Charles IV (*),

« Mais les principaux progrès de la géogrt- 1^, pendant le moyen Age, Auront dus sm grandes révolutions de l'Asie, qui, en amenant sur la Kèùt du rnende une foule de pesples Jusqu'alors inconnus, et en étaUtaaa^ ta rapports entre eux et les Eurt^éens, firent naître le besohi de visiter la Tatarie et la Ghine, Bappeloos en peu de mots les événcmaits de dnq à six siècles en Afrique et en Asie. Le vaste empire des khalifes s'écroule; pluaisan monarchies naissait de ses débris. KtSsnm devient la métropole du khalifat des Agiabita qui régnent sur l'Afrique propre et la Sidie. Les Fatemites héritent des dépouilles des Aglabites ; le Coif est leur capitale ; en Tan 1171, le grand Saladiu oa Saiah-^-^yn les détrône. Dans l'Afrique occidentale, Zriri fonde w royaume qui renfermait les pays d'Alger, de Feï , de Segelmesse et de Tripoli ; il subsMa pendant deux siècles. Les Almoravides bAtiisent en 1059 Marrahch ou M^roe» soumettent l'Espagne musuhnane, et y régnent de 1056 à 1146. Les deux royaumes de Maroc et d'Alger sont réunis sous les Alm^hadu, qui régnent Jusqu'en 1269; les Mérinitei leur succèdent. Les États de Tunis, d'Alger, de Tremeeen et autres, naquirent des démembra ments qu'éprouvèrent ces menantes. L'ACrique septentrionale prit ses formes géographe ques actuelles dans le quinzième siècle.

» En Asie, les révolutions provoquées par les croisades eurent pende durée. Le royaume de Jérusalem, les principautés d'Antiocbe, d'Edesse et autres disparurent peu de temps après leur naissance. Diverses peuplades sauvages acquirent une existence indépendante,

(' ) Cadastre de l'éleeiorat el de la marclie ëe Brtodeboorg, dressé en 187&, par ordre de l'empereur Gliarles IV, roi de Bohème et marquis de Braode* bourg, publié d'après les originaux conservéi dsiu les archives de Brandebourg, el enrichi d'éelsiroif semMiu , par CrF. dti Beritwtg, BerUa. 1181 , is-^* (enal|.l.

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

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tdles que les Dru$eê et les Kowrde$. H arriva de Tintérieur de TAsie des hordes nomades qoi oœapèroit les provineos dépeuplées par*la guerre; tels sont les Tureomans, qui, après avoirtrayersé le IJilioun, se répandirent, pendant les onzième et dousièroe siècles, dans le Khorassan, la Boukbarie, la Géorgie, l'Arménie, la Syrie , l'Asie-Bfineure et une partie dé la Turquie d*Europe('). Plusieurs émiti ou princes arabes fondèrent de petits Etats, et TArabie retbml>a dans Fanarchie d'où le gàdic de Mahomet Tavait tirée^ L'enthousiasme le plus aveugle maintint , pendant un siècle et demi, le singulier état des Ismaéliens ou des Aâuûsmê, dont il y avait deux branches, l'une en Perse, l'autre en Syrie: le chef de ces derniers ftit appelé vulgairement le Vimêœ de la Montagne.

« Les empires fondés par les Tures avaient phis de stabilité. Les Ga»némdee régnèrent pendant les onzième et douzième siècles sur un grand empire dont le Kaboul, le Kandahar et le Khorassan formaient le noyau ; Gazna ou Gfaizni élait leur capitale. Les SeU^oukides eureDt en<S>fe une fortune plus brillante : Tôgml-beg en posa les fondements par la conquête de Khoriassan en 1037; toute l'Asie occidentale, depuis les c6tes de Syrie jusqu'aux monts Kachgar, fut conquise. Le royaume d'Iran, le principal Etat des Seldjoukides, fût détruit en 1195; celui de Roum ou d'Ioonie dura Jusqu'en 1308, il embrassait l' Asie-Mineure ; de ses cendres naquit la puissance ottomane qui engloutit les misérables restes de l'empire romain d'Orient , ainsi que les royaumes de Bulgarie, de Servie et autres pays voisins du Danube.

(*) Rlaprotli rapporte que, pour expliquer le nom de Torcoman , les Persans prétendent que le Khorassan fnt envahi par des tribus turques qui épousèrent des femmes du pays, et que leurs descendants furent appelés Tttreoman8,c*e$i~k-é\ft semblables aux Turcs; mais pour prouver combien cette opinion est paradoxale, il fait observer que des hordes de cette ■ation de race turque, parlant aussi le turc et restées au-delà du Djiboun, se donnent A elles-mêmes la dénomination de Tureomans. M. Klaproth pense que ce nom est la réunion des deux noms de peuple Turc et Coman , et qu'il a été donné A la partie de la nation turque qui est restée A Test de la mer Caspienne , sous la domination des Turcs de T Altaï , tandis qu'une autre qui était indépendante est venue s'établir i l'ouest de celte mer et au nord de celle d'A7of. C'est cette porUon d*un même peuple qui plus tard poussa jusqu'ep Hongrie, J. H.

>» Les Kbovaresmiens ou Chameimiiei, indépendants depuis 1100 et, un siècle après, vainqueurs des Seldjoukides, étendirent leur domination Jusqu'aux confins de la Chine ; leur empire s'écroula en 1231*

» Parmi les Etats moins vastes, on doit citer celui que fonda en Syrie Noureddin, et que le célèlure Sôioiiîfi agrandit de TËgypte, delà Palestine et de la Mésopotamie. Cet Etat meurt avec son fraidateur, mais de ses débris on vdt naître en Egypte la monarchie des Mamlouks.

» Un torrent de destm(^n entraîne les débris de la plupart de ces Etats , et, en Asie, la puissance des Mongols reste seule debout. Le génie gigantesque de Temoudjyn, qui prend en 1206, en présence des chefs de cent tribus, le titre de Tchinghiz-Khan, précipite ces nomades hors de leurs immenses déserts ; chaque année voit i^outer un royaume à son empire; vers l'an 1208, il soumet les Turcs orientaux ; en 1215, Pe-king est pris d*assaut et tout le nord de la Chine est envalii ; en 1219, les principales villes du Kharizm tombent en son pouvoir, et le Khorassan est envahi; deux années plus tard, ses troupes victorieuses pénètrent jusqu'au-delà de la mer Noire tandis que Tdtinghlz-Khan lui-même traverse le grand désert de Cobi et soumet le Tangout; bientôt sa domination s'étend du Dnieper au-delà de la grande Muraille. Son fils Ogodaï soumet la Syrie, l' Asie-Mineure, la George et l'Arménie, la Russie entière, la Pologne, la Silésie, et dévaste la H<mgrie. Les Ouzee, connus des Russes sous le nom de jPolouxeê et des Grecs sous celui de Cumanee, virent leur royaume, fondé aux dépens des Patzinadtes vainqueurs des Chazares , s'engloutir à son tour dans l^empire d'Oktai-Klian. A l'est , ce prince achève la conquête du pays des Nioutchi. Mangou met un au khalifat de Bagdad. Koublaï-Khan conquiert la Chine méridionale et une partie de Tlnde. L'Asie entière était sur le point d'être réunie en un seul empire. Les vents et les flots défendent le Japon. Bientôt l'immense monarchie mongole se partage en plusieurs khanats. L'Iran embrassait l'Asie occidentale; la résidence était Tau^ ris. Dans le khanat de Kaptsehak était compris à peu près tout ce qui forme aujourd'hui l'empire de Russie en Europe et en Asie; 5arai en était la capitale. Le Zagathai renfpr^

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