LIVRE DIX-NEUVIÈME
de son désespoir, ne trouva le terme de ses maux que dans la tombe (*)? »
Jusqu'à présent on avait attribué aux Portugais la fondation de la plus ancienne académie nautique, et l'invention des cartes planes. On a répété que c'est le prince Henri qui le premier établit une académie de ce genre au village deSagres, dans les Algarves, en 1415, et qu'avant cette époque on ne connaissait que les cartes à méridiens inclinés. MM. Buchon et Tastu viennent de prouver l'inexactitude de ces deux assertions en rendant aux navigateurs catalans la Justice qui leur est due.
La splendeur à laquelle les Catalans s'étaient élevés sous leurs comtes, dont le dernier, Raimond V, monta sur le trône d'Aragon, s'accrut encore par la conquête que le roi Jac« ques ou Jayme !•' d'Aragon fit de^ l'Ile de Majorque et du royaume de Valence sur les Maures. Les Catalans, qui passaient pour le peuple le plus éclairé de l'Espagnç, portèrent au plus baut degré la prospérité de Majorque : le commerce de cette ile prit la plus grande extension; les connaissances géographiques s'y répandirent rapidement, surtout pour les différentes contrées de l'Afrique, avec lesquelles ils avaient de fréquents rapports. Aussi peut-on dire sans exagération que telle notion géographique ou historique, aujourd'hui douteuse ou contestée, relative aux peuplades africaines, était alors familière à tous les •rangs, à tous les esprits. • D'un autre c6té, • comme l'a dit M. Buchon, l'expédition si » aventureuse et si extraordinaire des Cata- » lans dans l'empire grec , sous leur amiral » Roger de Flor; leurs guerres avec les Turcs » de ce pays ; leurs marches et leur établisse- » ment dans toute l'clcndue de l'empire grec, n depuis l'année 1303, où ils succédèrent aux » Génois dans la domination de ce vaste et fai-
(') Il est difQcile de révoquer en doute Thistolre de Macbam. Ud pUole castillan nomnié Morales, ayant connu dans les prisons de Maroc un des compagnons de l'infortuné gentilhomme écossais, s'empressa, dès {ju'il fut rendu à la liberté, de communiquer le récit de la découverte de l'Ile nouvelle au navigateur portugais Karco, qui l'emmena «n 1419 à la recherche de cette lie : Morales, y débarquant un des premiers, y reconnut le tombeau de Macham. La rade où ce dernier avait abordé reçut son nom , et porte par corruption celui de rade de Machin. Voyez la Relo" tion historique de la découverte de VUe de Madère, traduite du portugais de F. Alcaforado. Paris, 1671. la-12. J. H.
» ble empire. Jusqu'à Tannée 1315, où l'inflBiit » Ferdinand de Mqorque se fit reconnaître à » Clarentza comme souverain de la Morée; » leurs courses commerdales et militaires » dans un grand nombre de ports de la mer • Noire, ouverts auparavant aux seuls Gé- » nois, leur faisaient connaître en même temps » une partie considérable de l'Europe et de » l'Asie. •» Ainsi, leur influence politique, leurs conquêtes , retendue et l'importance de leur commerce, tout favorisa chez les Catalans l'avancement des connaissances géographiques; aussi le savant Jésuite espagnol Juan Andrès, dans son ouvrage écrit en italien sous le titre de Storia d'ogni litteratura, fait-il remarquer que ce fut un Miyorquin appelé Jacques qui fut choisi pour étsJ>lir et diriger l'académie nautique de Sagres : il y avait donc à Msyorque une école de mathématiciens expérimentés, avant qu'il en existât en Portugal. Ce fait est encore prouvé par l'atlas manuscrit dont nous allons donner la description d'après l'original même, et d'après un mémoire fort intéressant de MM. Buchon et Tastu ^').
La date de ce précieux monument géogra- ]^que est indiquée d'une manière précise d'abord par le drapeau chrétien placé sur l'Ile de Chypre : on sait qu'elle fiit conquise par le Soudan d'Egypte en 1375; il ne peut donc être postérieur à cette année. De plus, le calcul pour le jour de Pâques y est indiqué pour l'année 1375, ce qui annonce que cet atlas fut terminé en cette même année, et qu'il remonte trente-deux ans avant la fondation de l'académie nautique de Sagres p).
Passons maintenant à la description de cet atlas, n se compose de six doubles cartes collées sur bois et peintes en couleur. Les deux premières contiennent le développement des idées cosmographiques et astrologiques de cette
(') Notice d'un Atlas en langue caUlane, manuscrit de Tan 1375, conservé parmi les manuscriu de la Bibliothèque Royale (sous le n068i6, fonds ancieo, . in-folio mailmo) ; par MM. J. A. C. Buchon et J. Tastu. Extrait des Notices et extraits des manascriU. T. XIV, $• partie. — Paris , Imprimerie Royale, 1831
(•) On Ut sur le premier tableau , près de la place qu'occupait une figure mobile qui manque, une io- «cription que M. Tastu a traduite de la manière saivante :
« Ainsi, tournez la figure jusqu'à ce que sa main gauche soit là où est écrit le nombre d'or, directement au nombre VIII, qui est celui de cette préscnle année mccclxxt {qui cora en aqucst ayn de mccciutI
HISTOIRE DE LA GEOGRAPHIE
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époque; les quatre autres sont purement géographiques. Elles sont, comme tontes les cartes andenneS) ornées de figures d'hommes et d*aniinaux ; les villes y sont représentées ; les mers sont couvertes de navires, et de nombreuses légendes se rapportent à la géographie et à rhistoire. Pour recevoir tous ces détails, ces cartes Vont que 23 pouces de hauteu|r sur 18 de largeor.
Sur la première carte, qui est divisée en quatre donnes, on voit un long exposé des cinq manières dont le monde a été formé, des quatre éléments qui le composent, de la forme de la terre, de sa circonférence, évaluée à 20,052 milles, et de notions générales sur les trois parties du monde, sur le mouvement du soleil et de la lune, sur l'influence Ixmne ou mauvaise de notre satellite, et sur la manière de calculer le jour auquel Pâques doit tomber, particulièrement l'an 1375.
Au-dessus des cercles destinés à arriver à ce calcul, on voit la rose des seize vents, et, enfin, en bas, dans la même colonne, la figure d*un homme nu, sur les membres duquel sont placés les différents signes du zodiaque : sur la tête, Aries (le Bélier) ; sur le cou, Taurus (le Taureau) ; sur les deux bras, Gemini (les Gémeaux) ; et, depuis la poitrine jusqu'aux parties génitales, au-dessous l'un de l'autre. Cancer (l'Ecrevisjse) , Léo (le Lion) , Virgo (la Vierge), Ubra (la Balance), Scorpi (le Scorpion), Sagittari [le Sagittaire) ; sur les deux cuisses, Caprin comi [\e Capricorne) ; sur les deux jambes , Aquari (le Verseau) ; sur les deux pieds, Pis^ ces (les Poissons).
A gauche de cette figure, on lit une longue l^ende qui n'est que le développement d'une prescription dont voici la traduction, a EHolémée dit : Garde-toi de toucher à ta personne avec le fer, ni de te faire saigner tant que la lune est en ce signe qui ési indiqué sur ce membre. »
La seconde carte, dont le milieu présente une suite de trente-sept cercles ou bandes circulaires, présente une légende qui occupe une longue bande en haut et une autre en bas. Le carré au milieu duquel les cercles sont inscrits offre , aux quatre coins , les saisons , représentées par trois figures d'hommes et une de femme, en costume catalan du quatorzième siècle, et portant des légendes qui indiquent tel durée de chaque saison.
L'im des cercles présente les figures grotes-
ques des douze signes du zodiaque ; un autre donne l'explication de ces signes avec des prescriptions hygiéniques pour chacun d'eux; un autre contient vingt noms arabes de quelques unes des principales étoiles des constellatioos:un autre les figures des sept planètes; d'Auréres représentent les trois éléments: le feu, /'air et l'eau ; enfin, au centre de ces cercles, on voit la figure d'un astrologue mesurant la hauteur du soleil.
Les quatre autres cartes de l'atlas catalan sont hydrographiques^ Eu commençant par la dernière , qui représente le nord , le centre et le midi de l'Europe , et le nord-ouest de l'Afrique, on voit, au nord, une ile appelée Chatanes, et qui parait être l'Ile de Thule de Ptolémée, et, au sud de celle-ci, une autre portant le nom 'é!Archania , et représentant les Orcade§ (Orkneys) avec cette légende : Dans cette ile (fOrcadeSj il y a six mois de jour^ pendant lesquels la nuit est claire, et six mois de nuit, pendant lesquels le jour est obscur.
Un peu plus au sud on lit : Illa de Scillanda (probablement les îles Shetland), avec cette légende : Ils parlent la langue de Noroége, et sont chrétien^.
Au nord-est, sur le continent, on lit, au-dessus du mot Norvega (Norvège) : Cette région de Norvège est très âpre, froide, montagneuse, sauvage et couverte de bois. Les habitants vîvent plus de poisson et de chasse que de pain. L avoine y vient, mais en petite quantité, à cause du grand froid. On y trouve beaucoup de bêtes sauvages^ telles que cerfs, ours blancs et gerfauts.
On reconnaît aussi sur cette carte la Suède (Suessia), le Danemark, appelé Dasia , où se trouve marquée une ville de Viber, qui est sans doute Vîborg.
Puis, à Touestj l'Angleterre (Ingilterra) avec l'Ecosse (Schoda) et l'Irlande (Irlanda) , à côté de laquelle on lit une smguiière légende, dont voici la traduction : En Hibemie, il y a beaucoup d'îles qu'on peut croire merveilleux ses, parmi lesquelles il s'en trouve une petite où les hommes ne meurent jamais; mais, qtmnd ils sont assez vieux pour devoir mourir, on les porte hors de Vile. Une s'y trouve niserpoU, ni grenouille, ni aucune araignée venimeuse; la terre y est plutôt contraire à toute bête venimeuse. Là aussi est un lac et une île. Bien plus, ilyades arbres qui portent des oiseaux $êmm$
UVRE DIX^NEUVIEMB.
ioHtrtê wrbrtê portent dêê figueê mûru. Il y mlà une autre Ue dam laquelle les femmes n'at^ couchent jamais ; mais, lorsqu'eUes sont oirteées à terme, on les porte hors de CUe ^ euivani la coutume.
Au oord et au iiord-«st du Danemark et de la Suède tout situées ^ sur le venant septentrional des Alpes, rAlieniagne(A(/«fiumûi), la Bavière (Bavaria) , dont on nomme les principales villes , telles que Dresde ( Dresden ), Ratisboone (Ratisbona)^ Mayence {Magonsia)y Goblentz (Conflansia) ^ Cologne (Colo- §na)y Luxembourg {Lucembor).
On reconnaît la France aux villes suivantes : Calais (Colles) , Boulogne (Bellogna), Ditpçe (Diepa)j Rouen {Roam)^ Paris, surmonté d'un étendard, porte d*azur à fleurs de lys sans nombre, Cherbourg {Cheriborg)^ La Rodielle (RoceUa) , Avignon ( Ftnyo), Marseille (Marsela)^ Toulon iTelom)y etc.
UEspagne, qui, dans cet atlas , est appelée Chastela^ les lies Baléares, la Corse et la Sardaigne, sont représentées avec assez d'exactitude.
A l'ouest de l'Afrique , il est assez curieux de voir figurer sur cet atlas les des Açores^ que les Portugais ne découvrirent que de 1432 à 1457, et les Canaries^ qui Aireût découvertes par les Espagnols ta 1395.
Dans la légende placée au-dessus de ces dernières lies, on lit : Les îles Fortunées sont situées sur la grande mer, du côté de la main gauche, touchant la limite de T occident ; elles ne sont pas loin en mer,.. On y trouve du miel et du lait, surtout dans l'Ue de Capria, ainsiap-^ pelée de la multitude de chèvres qui t habitent.
Vile Canarie s'appelle ainsi de la multitude de gros et forts chiens qui t habitent.
Au-dessous des Canaries , on voit un navire avec un pavillon aux armes d'Aragpn, et auprès une légende avec ces mots : Le vaisseau de Jacques Ferrer partit pour aller au fleuve ieVOr le jour de Saisit-Laurent, qui se trouve au 10 août, et ce fut en Fan 1346 (>).
Ain$i que le fait observer M. Tastu, voilà un fait remarquable dont les géographes français, avant je dix-neuvième siècle, n'ont pas parlé, et cependant l'atlas catalan est à Paris depuis répoquedesa confection, c'est-à-dire de 1375 à 1377.
('] Ptrticb taxer den Jtc. Ferer per antr al Ria M Or, al gom. de Son Loreos qui es a X de tgost, e fe •Blaay mcccxlvi.
La portion de l'Afrique représentée sur «Ite carte offre quelques points dignes de remarque ; nous ne parlerons pas dei principales villes qui y sont représentées , telles que Maroc (Maroeh), TIemsen (Tirtmei), Mostaganem (Mostegrani), Alger, Bougie (Bugia), Coastantine (Ceuartina), etc. On y voit les régions appelées Ashara et Soudan, la ville de Tagazza (Tagaza), et, plus au sud, Tembouotou (Ten^h), représentées d'une manière qui n'a rien d'oriental, et qui la distingue de tootes celles qui l'entourent. Elle est placée dans la même situation que lui assigne la belle carte de Berghauss^ publiée par Cotta. Elle est située , enfin , au nord d'un lac près duquel on lit : Ormuss, sive laeu NiU.
Le reste de l'Europe se trouve sur l'avantdernière carte de l'atlas; on voit au nord les noms suivants : Polonia, Rossia, AUam&\ au sud de ce dernier pays, on lit : Cumama^ et l'on reconnaît à leur contour la Crimée, la mer d'Azof et la mer Noire ; à l'ouest de celle-ci, on lit' Burgaria, et au S^Bulgaria; puis Grecia; plus à l'ouest encore I <renikiftùi> Bavariati Panonia. Le sud de cette partie de l'Europe comprend l'Italie et les grandes Iles de SieiU, de Sardaigne et de Corse.
Au milieu de la mer Baltique, qui dans cette carte est appelée mer d'Allemagne, on lit, près de l'Ile Gottland, nommée tiiftiia de Yishi, du nom de la seule ville qu'elle renferme, la légende suivante, qui, si elle est esâuste, indique que le nord de l'Europe a éprou^'é des changements notables dans sa température :
Cette mer est appelée mer {tAUemagne^ et mer de Gothie et d/s Suède. Sachez que cette mer est gelée pendant six mois de tannée, ç est à savoir de la mi-octobre à la mi^nart , tellement que, pendant cette saison , on peut voyager dessus avec des chariots traînés per des bcBufs, à cause des froids du Nord.
La Crimée, que nous avons parcourue dans tous les sens en 1837, est assez bien représentée sur cette carte> bien que le Sivache ou la mer Putride et la longue flècbe d'Arabat n'y soient point figurées. Parmi les lieux les plus remarquables de la c6te, on y reconnaît lenikaleb (Zucolay), Kertch , qui se nommait au moyen âge Vospro (on y lit Vosiro ou Foj|wt>), Kaffà {Caffa], Souda^^ , que l'on appelait au quatorzième siècle Sougdaia (Sodaya) , Bali'^ klava, qui s'appekdt alors Cimbalo [Cenbaro).
HISTOIRE DB LA GEOGRAPHIE
Sur cetle carte se trouve, à l'est , 1* Asie-Mineure, avec la légende suivante : Asie-Mineure ou Turqmey où se trouvent btaucoup de vilUê et châteaux.
Au sud on voit la mer Rouge avec cette légende : Cette mer est appelée mer Rouge ; c'est par là quepasièrent les douze tribus d^ Israël. Sachez que feau n'y est pas rouge, mais c'est le fond qui est de cette couleur, La plus grande partie des épices qui viennent des Indes à Alexandrie passe par cette mer.
A Touest de la mer Rouge, on voit TEgypte, dont on a figuré le souverain avec cette légende à ses pieds : Ce souàan de Babylonie est grand et puissant entre les souverains de ce pays (*). Au moyen âge, le grand Caire était désigné sous le nom de Babillonia.
Aa sud de TEgypte, on lit plusieurs noms de pays,' entre autres Nubie (Nybia) et Organa, pays dont le roi est figuré armé d'un cimeterre et d'un bouclier, avec la légende suivante : Ici règne le roi Or gana. Sarrasin qui fait une guerre continuelle aux Sarrasins de la côte et à dT autres Arabes .
La cinquième carte, qui est la troisième de l'atlas, comprend une partie de l'Afirique; mais cette partie du monde s'y arrête avec la mer Rouge, l'Arabie (Arabia Sabba)^ les* contrées à l'est et à l'ouest de TEuphrate, l'Inde, la Perse et les côtes de la mer Caspienne. Dans l'Arabie, on voit une reine avec cette légende : L*Arabie^Sabée est la province que possédait la teine de Saba. Elle est habitée aujourd'hui par des Sarrasins arabes. Ony trouve beaucoup d'aromates, tels que la myrrhe et f encens. Elle abonde en or, en argent et en pierres précieuses. On y trouve aussi, assure-t-on, un oiseau qui s'appelle Phénix,
Presque au-dessous de l'embouchure de l'Eupbrate , on lit : Devant V embouchure du feuve de Baldach, dans la mer des Indes et de Perse, on pêche des perles qu'on apporte ensuite dans la ville de Baldach. Et les pécheurs, avant de descendre au fond de la mer, disent des paroles enchantées qui font fuir les pois^ sons.
Près de la ville de Ragdad (CiuttU de Baldach), on voit la légende suivante : Ici se trouvait Babylone la Grande, oit régnait Nabuchodonosor ; elle s'appelle maintenant
(>} Aqaest solda de Babillonia es gran e poderoi entre los altres de aquesta régie.
Bagdad. Sachez que dans cette ville on apporte beaucoup (f épices et de belles choses qui viennent des Indes, et se transportent ensuite par terre de Syrie Suria), et particulièrement dans la ville de Damas (Domasch).
Un peu au-dessus de la ville de Delhy \Ciutat de Delly), on voit représenté le roi de Delhy (lo rey DaUt) , avec la légende qui suit: Ici est un sultan grand, puissant et fort riche ; ce sultan a 700 éléphants et 100,000 hommes d cheval sous ses ordres. Il a aussi des fantassins sans nombre. Dans cette partie de la terre, il y a beaucoup et or et de pierres précieuses.
La sixième carte, qui est la troisième de l'atlas, n'en est pas la moins intéressante. Elle représente le reste de l'Asie.
Près du lac Issikoul ( YssicoJ), dans la Dzoûngarie, on voit un lieu nommé aussi Issicol avec la légende suivante : Dans ce lieu est un mo^ nçstère de frères arméniens , dans lequel est, dit-on, le corps de saint Matthieu , apôtre et évangéliste.
Tout-àrfait au nord se trouve une mer ou un grand lac parsemé d'Iles, avec une légende qui porte que dans ces lies on voit un grand nombre de gerfauts et de faucoos réservés pour l'usage du grand khan, empereur du Katbay {del Catayo), c'est-à-dire de la Chine.
Près de la Ville de Combalu (Ciuiat dé Chanbulech), c'eslrà-dire de Péking, on lit la légende suivante :
Sachez que près de la ville de Combalu existait autrefois une grande ville nommée Guaribalu. Le grand khan trouvapar Gastronomie que cette ville se révolterait un jour contre lui. Il la fit donc dépeupler, et fit bâtir cette ville de Combalu, Cette ville a environ 24 lieues, et est enceinte de bons murs. Elle est quadrangulaire ; chaque carré a 6 lieues, et les murs sont hauts de 20 pas et épais de 10. Il y a douze portes et une grande tour, oà est placée une grosse cloche qui sonne après et avant le sommeily de sorte que, dès qu'elle a sonné, personne n*ose aller par la ville. Il y a à chaque porte 1 ,000 hommes de garde, nonpar crainte, mais par respect pour le souverain.
La partie méridionale de cette carte représente l'océan Indien, et mérite quelque attention. On y voit, à l'ouest, une ile appelée iUa Jana, qui, par sa position, parait être Ceylan; d'ailleurs , ce nom de Jabia semble venir de celui de la rivière appelée Yalli. La dénomi-