IL
née en 1320 par François Pepino de Bologne, et qui existe encore manuscrite dans la bibliothèque royale de Berlin. Une chose qui décide en faveur de Titalien, c'est qu'il s'en trouve dans la bibliothèque de Berne une traduction française, faite en 1307 par le chevalier Théobald Cepoi , qui dit tenir l'original du voyageur Ini-môme (*). En 1496, les voyages de Marco- Polo furent pour la première fols imprimés à Yeuise en italien P). L'édition de 1508 est encore en vénitien (^); mais celle de Trévise, de 1590, qu*UD géographe anglais annonce comme très rare, et feite d'après le véritable original, est on extrait italien d'assez peu de valeur. Il existe plusieurs manuscrits de l'original , et des traductions ensevelies dans les bibliothèques. Apostolo Zeno a vu, dans celle de J. Soranzo, sénatear de Venise, une copie de l'écrit original friit à Gènes (^). On trouve aussi des copies de l'ancienne traduction latine dans plusieurs biblioâièques d'Italie (') ; outre celle de Berlin , il y ai a encore une dans celle de Paris , et une au Muséum britannique. Le manuscrit latin de Wolfenbûttel (•) , un autre cité par Echard , sont des versions distinctes de celle de Popino de Bologne. Il y en a aussi de très anciennes traductions allemandes,, une entre autres de 1480, conservée dans la bibliothè^ que de l'église de Neustadtsur TAlsch en Bavière 0-
(•) € Ledit sire Marc-Ppi bailla et donna au
dessus dit seigneur de Cepoi la première copie de son dit livre. » — (•) Tirabotchi, lY, p. 78. — (») Voy. notre vol. 111, p. 4S0. r« édit.
{*) Fonumini, Bibl. II, p. 271. Zeno, qui en donne une bonne description (Leltere eccl. IV, 922, lett. 731 ) , prouve quelle ne remonte pas au-delà de 1450: eUe est donc postérieure ajui manuscrits latins j luis comme elle est en dialecte vénitien , rien ne s'oppose à ce qu'on admette qu*eUe est la copie de roriginal écrit sous la dictée de Marco-Polo , par Rus- Ugielo, dont elle offre une préface. J. H.
(») rfro*o«c«, p. 79. — (•jliwinsf, second essai sur fHUL de la littértt. (en ail.)* P- 161.
(7) La Bibliothèque Royale de Paris possède un manuscrit qui parait être de l'année 1298, et qui est une traduction française. Si cette date était certaine, il serait de l'année même qui vit Marco-Polo achever son ouvrage. Les chapitres y sont autrement disposés que dans les autres, et les vingt-sept derniers ne se trouvent dans aucune édition imprimée. Le manuscrit Utin , mentionné ci-dessus comme appartenant é la même bibliothèque, est du quatorzième siècle , mais il n*est pas la traduction du manuscrit français : fl s'accorde seulement avec celui-ci pour le fond des pensées. Ces deux manuscrits ont été publiés par la Société géographique de Paris, in^o, 1824. J. H.
0 Long-temps après la publication de la première édition des voyages de Marco-Polo dans le quinzième siècle, Ramusio les fit imprimer dans la seconde partie de son recueil , d'après un manuscrit italien conféré avec la première traduction latine (>). Avant lui, Grynœus l'avait fait imprimer en latin, dans son recueil de Relations de Voyages en cette langue, dont on a donné plusieurs éditions ('). Sa traduction, qui diffère en beaucoup d'endroits de celle de 1320 , sert de base à l'édition de Mûller (*) , qui a comparé les plus anciennes traductions latines , et a noté les principales leçons et les variantes qui se trouvent dans les manuscrits et les éditions de ce voyage ; elles regardent non seulement les noms de pays et de lieux défigurés par l'ignorance des copistes, mais elles s'étendent aux distances d'un endroit à l'autre , qui ne sont pas toujours indiquées de même. On aperçoit encore de temps en temps des applications isolées , des périodes , des paragraphes entiers qui sont ajoutés dans certains exemplaires, et qui manquent dans d'autres.
» Les commentateurs de Marco-Polo rencontrent encore une difficulté d'un autre genre: ee voyageur ne dit pas toujours s'il a réellement été dans les pays dont il feàX mention , ou s'il n'en parle que par oui-dire.
» D'après cet exposé , on nous pardonnera fttcilement de ne pas entreprendre un relevé complet de tous les pays et de tous les peuples dont parle Marco-Polo , surtout de ceux que les connaissances actuelles sur la géographie de l'Asie n'ont pas pu nous faire retrouver. La seule nomenclature remplirait plusieurs pages de mots inintelligibles avec beaucoup de variantes , et les recherches sur les vraies leçons tiendraient plus déplace qu'on ne pourrait -leur en accorder dans un Précis historique. Contentons-nous d'indiquer celles qu'on a reconnues parmi les découvertes de Marco-Polo.
• Employé dans plusieurs missions dTtat par le grand-khan des Mongols et des Chinois , Marco-Polo avait parcouru toute l'Asie centrale ; mais comme il ne suit aucun ordre dans ses récits , il est difficile d'y retrouver quel-
(') Cest la version de Ramusio que H. Marsden a traduite en anglais; ln-40, London, 181S. •— (•) Marco Polo f^enezianot délie maraviglle de! mondo da lui vedule. Venezla, 1496, in-8«. Novuf orbis reg. ac iosular. 1532, In-fo. — (3) M. PauU Vlneti de regionibus orientallbus libri très. Coton. Brandenb. 1671, in-4o.