‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 82 sur 229 · LIVRE VINGT-llMKME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-llMKME

celui de Cité céUite ; Nicolas Gonty, qui parcourut toute rinde avant 1444^ nous avait appris qu'élis était à quinze journées au-delà de Gombalu ou Pé-king ; mais aujourd'hui nous savons que les Chinois l'appellent Hang-tcheou et qu'elle est à 250 lieues de la capitale (^j.

• Cette dernière ville répond certainement à celle que l'Itinéraire nomme Gamaleeco; c'est Combalu ou Combalig arrangé à l'italienne.

» Un commentaire commercial de cet Itinéraire se trouverait ici hors de sa place ; mais qu'il nous soit permis de défendre la véracité des voyageurs du quatorzième siècle contre les injustes reproches de quelques modernes. Tous ces voyageurs font mention du papier-monnaie de la Chine, que Pegoletti nomme babisci; c'était, selon lui, un papier jaune, marqué du timbre du prince. Rubruquis dit que , de son temps , la monnaie courante , à la Chine , consistait en morceaux de papier fait avec du coton , marqués du nom du souverain. Hayton affirme la même chose ; Oderic de Portenau nomme ce papier-monnaie baUs, Les habitants du pays l'employaient à payer leurs imp6ts (^j. Vraisemblablement , le nom de balis ou balisi est le même que celui de faloues, petite pièce de billon qui , dans le neuvième siècle , était la seule monnaie courante. Mille de ces faloues valaient un denier d'or (3). On fit ensuite ces balisis en papier, et ils eurent une plus grande valeur. Marco-Polo (^j c^t celui qui en parle avec le plus de détail : il dit expressément qu'aucune autre monnaie n'a cours en Chine , et qu'elle est fabriquée pour le compte du khan avec l'écorce du mûrier. Suivant Mandeville ,

(*) M. KJaproth, qui s'est occupé d'un coramentaire •ur Marco-Polo, a retrouvé plusieurs autres villes doat parle ce célèbre VénitieD , et qui depuis tes voyages ont été détruites ou bien ont changé de place et de nom. Ainsi Ganfu ou Ganfou, dont il était très-dlfQcile de reconnaître la place , n'a point échappé i la sagacité du savant orientaliste. H. Klaproth retrouve cette ville, qui dès le quatrième siècle était un port Important, A 3 lieues es.t-nord-est de Hang-tcheoufou; aujourd'hui des sables en entravent l'approche. La ville maritime de ZaUhoum, que Marco-Polo écrit aussi Zaiton , avait été le sujet de plusieurs erreurs, lorsque M. Rlaproth, guidé par la grande géographie Impériale de la Chine , a reconnu cette ville, vantée à Juste titre par le voyageur véniUen , dans l'ancien Tteuihoung , aujourd'hui Thêiufln^tcheou-fou. J. H.

(•) Hakluyt, Collect., II, 48. — (3) Renaudot, Ancienn. relat. 38, etc. '- (4] Liv. II, c. 21, p. 80, édit. dAMaUer*

il y en avait aussi en cuir \f]. Josapbat Baibarop qui était en Perse vers la fin du quinzième siècle, fait observer que cette monnaie avait encore cours en Chine. « Pour le détail, dit-il, on se sert dans ce pays d'une monnaie de papier; on la change chaque année contre une nouvelle; en portant l'ancienne au trésor, on en reçoit en échange une neuve et belle. » Malgré tous ces témoignages, le Jésuite Magaillans nie qu'il y ait eu du papier-monnaie en Chine, à quelque époque que ce soit. H prétend encoreque Maroo- Polo est le seul voyageur qui en ait parlé ; il l'accuse d'avoir r^ardé comme une moimaie courante les petits morceaux de papier doré, en forme de pièces d'or et^argent, qu'onl)rûie avec les corps morts (^j. Mais de quel poids cette simple dénégation peut-elle être vis-à-vis de tant de témoignages positifs ? Aussi un savant , qui a passé une partie de ses jours à la Chine , reconnaît l'ancienne existence du papier-monnaie dans cet empire ; seulement il en attribue l'introduction aux Mongoux. Les Chinois ne reçurent cette monnaie qu'avec répugnance (3).

» Parmi les voyageurset géographesdu quatorzième siècle , nous distinguerons encore Hayton , Oderic de Portenau et Mandeville. Ils ont ajouté peu de vérités et beaucoup de £ables aux notions recueillies par Marco-Polo.

» Hayton, prince de Gorlgos enCilicie, issu d'une famille alliée aux anciens rois d'Arménie, composa un ouvrage intitulé Hist<m orientaie , qui renferme une géographie générale des principaux Etats de l'Asie , à l'exception de la presqu'île au-delà du Gange et des lies voisines (*). Pour exécuter ce travail, il ml à profit les écrits des auteurs mongols, unmémoire qu'avait rédigé Hayton I , roi d'Aiménie, lorsqu'il était avec Bubruquis à la ooor du khan Mangou , et enfin ce qu'il avait luimême appris durant son séjour en Arménie. Cet Hayton, qui avait édiangé la pourpre royale contre le froc d'un prémontré, firt mandé

(•) Voyag. and travaylcs , p. 287.— (») Noof.relitlon de la Chine. Paris, J 678, p. 168. — (>) De Guigm Voyage à Pé-king, III, 231.

(4} L'ouvrage d'Hayton en latin est intitulé: Di Tartarii, ou Historia orientalit. Dans la Colleclioo de Gryncus ( in-folio. Bâie , 1555), on en trouve uw version assez exacte. En italien, il est dans le Becoell de Ramoslo, et en Trancals dans celai de Bergeroa*

HISTOIRE DE lA OËOGRAPHIE.

en Tnuce en 1307 par le pape Clément Y, pour y diHiner des renseignements touchant la croisade qu'on préparait ; et se trouvant à Poitiers, U dicta son ouvrage en français , de mémoire, et sans aucune note écrite, àun certain Nicolas Salooni. Gdui-ci le traduisit en latin. Môller a publié cette traduction en entier avec le voyage de Marco-Polo. Ramusio Ta insérée dans son recueil , mais incomplète; car, dans la traduction italienne , il manque entre autres les quinze premiers chapitres , qui contiennent lad^ption de F Asie.

>Bans les légères esquisses géographiques du prince arménien , on doit distinguer ce qu'il dit du royaume de Tarse, situé à Touest de la Chine et à Test du Turkestan ; Mande- Tille indique aussi la même position. Hayton doDoe aux habitants de Tarse le nom d'Igaurs, dont il a souvent été question précédemment sous le nom d*Ou!gours; il y avait parmi eux des durétiens qui se servaient de lettres particulières. Le Turkestan était borné à l'ouest par le Khovaresm. Ses habitants vivaient presque toujours sous des tentes. Leur ville principale s'appelait Ocerra, Otrar. Le Khovaresm s'étendait jusqu'à la mer Caspienne , et vers le nord jusqu'à la Kumanie. Il appelle sa capitale Chareim ; c'est le nom qu'elle porte chez le géographe de Nubie. Hayton ne tait mention que. de l'Ile d'Ormus, qu'il nomme Hermès, parce que, dit- il, le philosophe Hermès Ta produite par TefTet de son art. Il parle aussi de Ceylan, dont le roi possédait le plus gros rubis du monde ; enfin, nous lui devons le trait si souvent répété depuis sur l'orgaeil des Chinois, qui disent qu'eux seuls ont deux yeux, et que les autres habitants de la terre n'en ont qu'un.

I» Oderic de Partenau, religieux de l'ordre des franciscains , plein de zèle pour la conversion des infidèles, parcourut TAsie depuis les côtes de la mer Noire jusqu'à la Chhie. Il était né dans le Frioul vers l'an 1286; on ne sait pas précisément en quelle année il commença «es courses ; ce fut vers l'an 1314 ; elles furent terminées en 1330. Ce qui nous reste de ses observations n'accroît pas beaucoup les connaissances dues a ses prédécesseurs. La relation venue jusqu'à nous de ce voyage a été écrite en latin par Guillaume de Sologne , d'après les entretiens qu'il avait eus avec Oderic. Kamosi»^ en a inséié dans son recueil deux re-

lations , l'une abrégée, l'autre plus étendue (^) ; elles diffèrent en plusieurs points. Hakluyt a , dans le sien, copié l'original latin P). Oderic étant mort en 1331 , en odeur d^ sainteté, et ayant même fait des miracles, les Bollandistes ont inséré dans leurs Vies des Saints (^) un récit de ses voyages ; Yenni , le bio^phè le plus récent d'Oderic , en a donné en 1761 une édition [*) d'après un manuscrit de 1401 ; mais elle est tronquée.

» Oderic parcourut l'Asie dans le même temps que Mandeville ; et la conformité sou«vent textuelle de leurs relations ferait croire que l'un a copié l'autre, ou qu'ils ont puisé tous deux à une source commune. Un trait particulier de la relation d'Oderic, c'est que très souvent il aMrme par serment la vérité de plusieurs de ses récits, qui n'en paraissent pas moins incroyables.

» Cest en arrivant sur la c6te du Malabar que ce voyageur commence à mériter quelque attention. Selon lui , le poivre croissait dans une immense forêt, longue de quinze journées de marche, et où étaient situées deux villes encore inconnues, Flandrima et Cyeilm^ ou Alandrina et Ziniglin : Mandeville les nomme Fladrina ou Glandina, et Cinglans ou Cinglante. La première était habitée par des juifs et des chrétiens ; dans leur voisinage était Polumbrun, ville très commerçante, où les femmes se brûlaient avec le corps de leur mari défunt. Oderic ajoute qu'on n'exigeait pas d'elles ce sacrifice lorsque le mari laissait des enfants. A quinze journées .de là était Mélia<pour (5j , où l'apêtre saint Thomas était enterré. Ici Oderic décrit la manière dont les Indiens honoraient leurs divinités , les pénitences extraordinaires que s'imposaient les faquirs , et comment , lors des fêtes , les Indiens se faisaient écraser sous les roues des chars qui portaient leurs idoles. De là il fit voile pour Sumatra, ou l'Ile de LavMri, dont une province s'appelait Symoltra ; ses habitants étaient anthropophages: Auprès de Lambri était Java, lie très considérable. Entre ces deux lies il place le grand royaume de Botà^

(t) Ramusio, H , p. 248-256. — (») Itlnerariam fratrls Oderici fratrain minorum de mlrabillbos orientaliumTartarorum, dans Hakluyt, Voyages, II, p. 39. — (3) Acla sanclor.» Januar. I» p. 486. — (4) Fenni , Elogio historico del beato Oderico. Venez. 1761, tn-4o. (S) Mobar. Mibar dans diverses éditions..

UYBE VINGT^UNIÈME.

rigo (>). A peo de distanct dt oe n^aume inooimu,ilyenaTaitunautre,oduide/^afafi> que Maroo-Polo nomme Pêtan; mais U est situé dans l*lle même de Sumatra. On pourrait aussi trouver dans Marco-Polo l'explication du nom de Boterigo; c'est probablement son royaume de Boêoeh, mais il ne cite pas assez de particularités de ce pays pour établir un parallèle. Bans celui de Paten croissait l'arbre du sagou, dont la moelle servait de nourriture aux habitants. Oderic visita le royaume de Ciampa, ou il y avait abondance de poissons et de très grandes tortues. Ici l'ordre du voyage parait interrompu. On ignore ce que c*est que l'tle de HiowMta, En parlant de Geylan, Oderic raconte qu'outre des diamants et des rubis , on y trouve des oiseaux à deux tite$, mons^ très qui ont reparu dans une géographie iVançalse. Au sud de Geylan devait se trouver une autre tle de Badin ou Badin, habitée par des anljiropophages.

«Oderic comprend dans les Indes 4,400 tles, dont il n'indique pas les noms, et qui étaient gouvernées par soixante-quatre rois. Selon lui , le Manci, ou la Chine méridionale, Ailt aussi partie de l'Inde; il la nomme Inde supérieure. Il parle des longs ongles des per-* sonnes de qualité, et des petits pieds des femmes; il dépeint la surprise que lui ont causée la grandeur et la richesse des villes qu'il visita lors de son retour de Zaiton à Pé-king.

• Pour revenir en Europe, il traversa le pays du prêtre Jean, ou de Ung-Khan, prince de Naymani, dont la capitale s'appelait Eoêan. Mandeville rapporte plusieurs particularités de cette ville, la nomme Suse et Sofa^ sans qu'on en sadie mieux quel endroit c'est. A plusieurs Journées de oe pays on trouvait la. grande province de Coêsan, soumise à l'em-* pereur de la Chine, et où croissait la rhubarbe; cette racine y était à si bon marché , que, pour six groai, on en pouvait adieter la charge d'un cheval. Oderic a sans doute voulu parler du Kach^har, que Marco-Polo traversa aussi , et qu'il nomme Canar et Cassan. Le Ca$$ar est limitrophe du Tibet (^) , dont les habitants , selon Oderic, conservaient encore la coutume mentionnée par d'autres voyageurs « de fure servir leur estomac de tombes'^ aux corps de leurs proches parents qui

( \temgan et Bougom, chez MaodeTille.*^*) TVbec ec 'iboc, dans Ici éditions.

venaient à mourir, et d'employer les crinei humains en guise de gobelet. Oderic avait entendu parler du Dalal-Lama, qu'il appelle b pap9 de cet contréee; il dit que son titre est alfabi ou abasêi. Son voyage se termine au Til)et, et on ignore par quelle routeil est revenu en Europe.

» Le désir de parcourir les pays étrai^^ers et devoir les célèbres merveilles de l'Asie, engagea Jean Mandeville, chevalier anglais, i quitter sa patrie en 1327. Loin de se conformer aux lois de la chevalerie, qui ordonnaient de guerroyer contre les infidèles, il combattit sous leurs drapeaux. Il servit d^abord lesoodan d'Egypte, puis le grand-khan du Kathai dans ses guerres contre le roi du Manci. H mourut à liége en 1371. U avait écrit les voyages à son retour chez lui, en 1356, afin de charmer les ennuis de la solitude. De sonpio» preaveu, il emprunta beaucoup de traitsàde vieilles chroniques et à des romans de chevalerie. Il copie des pages entières du voyage d'Oderic et de la géographie d'Hayton. On prétend que Mandeville écrivit son ouvrage en anglais, en français et en latin; il le dédia à Edouard III. Il existe plusieurs manoscrits de l'original anglais; on en a donné la première édition complète en 1725. 6n conserve, dans ia bibliothèque de Berne , une relation de oe voyage en français : 11 est dit, dans la préfMse , que Mandeville écrivit d'abord ses voyages dans cette langue (')»

» Conformément au goût de son temps, Mandeville rapporte les choses les plus incroyables : ce tout d^ Iles habitées par des géants qui ont vingt-huit et cinquante pieds de haut; ce sont des montagnes au sommet desquelles on voit des téteede diables qui vomissent feu et flamme; il parle aussi du fameux agneau de Tatarie , qui était engendré par un melon. Void ses paroles :

« Dans im pays appelé Chadissa, croit une » espèce de fruit semblable aux caroubes, » mais beaucoup plus grand : lorsqu'il est » mûr, il s'entr'ouvre par le milieu, et on » trouve dans l'intérieur une petite béte, avec

(') Sinner, CaUlog. II, pag. 415. U premièie édiUon anglaise de son ouvrage a été Imprimée à Westminster en 1499. Vingt ans auparavant avaient paru l'édition latine en Angleterre, rédilion française â Lyon, et une traduction italienne à Milan. La plu correcte est rédiUon anglaise en ?ieui langage, qui parut i LoDdrtf en 1726. J. H.

UiSTOIttE DE LA GEOGRAPHIE.

vdebdiair, des os et du MDg; elle ressem- » ble à un petit agneau sans laine ; on la mange > avec le fruit (^). ».

I Les principaux endroits que MandeYille décrit ayant été mentionnés par Oderic de Portenau, nous ne parlerons que de ceux que ee dernier a omis. Dans le voisinage de Sumatra, tfaadeville place leç lies de Calùuac,Trar coda^ Cauahê et MuUa. Selon Sprengel , auomede celles qu'on connaît dans ces parages n'a laphis légère ressemblance de nom avec ces lier p); mais il faut peut-être les considérer cofomedes portions de Sumatra même , où Ton troave un canton nommé Calouang. Ce voyagm rappOTte beaucoup de choses singulière sur lepay s d\kprétreJean;û donne à ce royaume \twmd!iUdePentaœoire, dont dépendent la province de MiUtorac, Tlie de Taprobane et tme autre appelée Bragman, arrosée par le fleuve Tk$be. Il décrit, dans ce pays, les villes de iVy«a et de Suze. Gomment expliquer ce mélange des noms grecs et indiens, ce rapprocbement entre le Tibet et la célèbre Nysa, la ville de Bacdius, qui, selon quelques savants 0, serait le Nischada-Buram des Indiens, ou la ville du dieu Dewanisehi? Le nom ôePêntaxoire ressemble à celui de Pendscheber ou Pendschemyr (^), canton dans les montagnes entre llnde et la grande Boukbarie. Uhistoire du prêtre Jean semble donc être mêlée de quelques traditions indiennes. Ce souverain avait, selon Mandeville, un palais maguifiqne dans la ville de Suze : entre autres dKMes OQ y adinirait une haute tour ornée de deux grosses pommes .dor très éclatantes; elles contenaient chacune deux grandes escarboudes, qui, toute la nuit, brillaient dun édat singulier (^). Dans une lettre que le prêtre Jean fit remettre, dans le douzième siècle, à Manuel Gnnnène, empereur de Gonstantinople, et dans laquelle 11 fait une description exagérée de sa puissanoe et de ses ridiesses, on trouve ce passage : « Sur le faite de mon palais sont deux » pommes dor, et dans chacune délies deux » escarboudes ; de sorte que Tor brille pendant » le jour, et les escarboucles reluisent pendant » la nuit (•). >»

» L'Arabe Bakoui avait aussi entendu par-

(■) Sprengel, Histoire des Découvert. $ 30. — n Rmituno, II, S61. — (>) H^akl, Indostao, II, S80. - («) ji^n^kèerf fité par H^ahl, ibkl. — (s) Hamtio, II» sa». — (6) Motheim , Hist. Urt. p. 31.

1er d*un temple situé aux extrémités de la Chine, au sommet duquel se trouvait une pierre précieuse de la grosseur d*une tête de veau, et très éclatante (>]. Sprengel a cru trouver, dans TAyen-Akhery, l'explication de ce conte. Dans la description que ce livre donne du palais impérial du grand-mongol , il parle aussi de la manière dont ou éclaire la cour : « A midi, lorsque le soleil entre dans le lA*' de^ gré du capricorne, on place, en face des rayons de cet astfe, une espèce ^'onyx très brillante, qu'on appelle en indien iureiherantj et Ton tient auprès un peu de coton. Le soin de ce feu céleste est confié à une garde. Ceux qui allument les lanternes et les porte-flambeaux viennent en prendre pour se procurer de la lumière. Tous les ans on renouvelle ce feu de la même manière (^). » Mais n'est-ce pas vouloir expliquer une énigme par une autre?

» Ce goût des merveilles règne dans presque toutes les relations du quatorzième siè- .cle; celles du quinzième offrent un caractère moins fabuleux. On distingue surtout /{uy- GonzàUs de Clad^o comme un voyageur instruit et véridique*

» Le bruit des conquêtes de.Tamerlan, ré^ pandu jusqu'aux extrémités de l'Europe, engagea Henri III, roi de Gastille, à envoyer à ce khan des Tatars une ambassade qui devait le trouver au sein de son empire. Il désirait connaître la puissance et les mœurs des nations qui rhabitaient, la position des vaincus et le caractère du vainqueur. Ëa conséquence, deux nobles de son royaume, PeU^o de SoUh mayor et Ferdinand de Palaxueloê^ partirent en 1393 pour le Levant, arrivèrent à la horde de Tamerlan ayant sa victoire sur Bajazet, et furent témoins de la défaite complète des Turcs. iLe vainqueur renvoya les Espagnols chez eux avec des présents, et les fit accompagner par une ambassade dont il honorait le roi de Gastille. Henri III en envoya une seconde à Tamerlan en 1403. De cette dernière était ClavijOy qui revint en Espagne en 1406; il écrivit le journal de son voyage , où il raconte la réception qui lui avait été faite à Samarkand , et ce qu'il avait observé dans les différents pays qu'il avait traversés. Quelques personnes contestèrent à tort la vérité de sa relation. Qavijo évite soigneusement de r^>é-

(•) Notices eleitraiU, U, 403.— (•) Ayen-Akbery, 1.62.

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