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IIYBE VmOT-DEUXIÈME.
la presqu'île au-delà du Ganf^ Us trouvèrent le ro3rauiBe de Siam oompoeé de neuf autres, dont Barros nous a conservé les noms (<]• Sa capitale s'appekât Judia, et ses ports les plus fréquentés par les étrangers étaient l^ennasserim et Queda (^j. Le roi de Pégu, ou plutôt de Pégou, le plus puissant parmi ses voisins, prenait d^à le titre de maître de l'éléftoit blanc. Martaban ^ait Tendroit le plus commerçant du Pégpu. Outre les autres marchandises des Indes, on y trouvait de la gomme laque, de la porcelaine et des aromates (s). Les autres royaumes de cette presqulle, comme ceux de Birman, d'Àracan, d*Àva, de Cam-boge, de Ciampa et dé la Cochinehine, jusqu'alors ignorés des Européens , sortirent de Tobscurité à mesure que les Portugais pous* sèrent en avant leurs courses victorieuses (*).
«Ces infatigables conquérants pénètrent dans la Chine en lôl6. Ferdinand Ferez if) , parti de Malacca , aborda à Canton, ou plus exactement à Tile de Taman , éloignée de trois milles de cette ville. D^'à les Chinois avaient conçu tant de défiance desiétrangers , qu'ils ne leur permettaient plus rentrée de leur pays par terre , qu'ils les obligeaient à déposer leurs marchandises dans Ttie de Taman avant de pouvoir les apporter à Canton , et qu'ils ne voulurent pas accorder aux Portugais la liberté de se promener dans la ville. Les Portugais furent surpris de l'étendue immense de la Chine. Suivant eux, elle se prolongeait 31 degrés vers le nord. Les cartes géographiques faites dans cet empire, et qui parvinrent alors en Portugal, donnèrent la connaissance de la grande muraille qui sépare la Chine de la Tatarie (®). A leur arrivée, cet empire était composé de quinze royaumes différents, auxquels Barros donne les noms suivants : Cantam , Foquiem, Chequeam, Xantom^ Nanquii, QuincU, qui étaient le loog de la mer ; plus loin, ceux de Quichèn^ Junna, QuancU, Supum, Fuquam, Cansii , Xianeii^ Honan^ Saneii, Quelques uns de ces noms ne ressemblent guère à ceux des provinces actuelles. La Chine renfermait 244*villes de premier rang. L'imprimerie, qui ne faisait que de naître . en Europe, y avait été en usage depuis des siècles. Un ambassadeur arriva bien à Pé-
0) Barros, II, 36. — (•) Barbessa, p. 34î. — p) BarrM, III , p. 62. — (4) Sommario di Jlequi, p. 362. — (5) narrot , ÏII . p. 40. — (•} Id. !• 1,4».
king, mais neftit'pasadmlsàrandie&eede l'empereur. Les personnes en autorité à Gaa* ton annoncèrent les Portugais àla cour comme des espi<ms qui venaient examiner le pays. Avaientrils tort? Non : la conquête de Malacca devait bien faire craindre aux mandarins \m affront pareil pour la Chine. L'ambassadeur, obligé de retourner à Canton, y moamtea prison, ainsi que les gens de sa suite. Lahaïae des Chinois contre les Portugais était encore si forte en 1542, que sur les portes de Canton on lisait ces mots écrits en lettres d'or: » On ne laisse pas entrer id, et onn'y souffre » pas les hommes qui ont une longue barbe » et de grands yeux ('). »
» Depuis 151 1 les navigateurs portage pa^ coururent tout l'archipel oriental des Indes. Dès leur premier voyage, Sumatra fut examiné avec plus d'exactitude qu'on n'avait M Jusqu'alors. Barros donne les noms des vingtneuf royaumes malais qui existaient dans cette tle, sans compter ceux qui, situés dans les . montagnes de l'intérieur, n'avaient aucune relation avec les Portugais; ils tiraient de cette lie les mêmes marchandises qui am'ourd'hui la rendent importante pour le commerce, Uétain, le poivre, le bois d'aigle , le bois desandal et le camphre : cette dernière droguey é)^t bien meilleure qu'à la Chine, où l'on donnait sous ce nom une espèce de composition |^). Us arrivèrent en 1513 à Bornéo (f) ; mm cette grande île resta moins connue que les autres, et tout ce qu'on en put dire alors , c'est qu'elle produirait aussi du camphre. Ce ne fut que dans l'année 1530 qu'elle reçut d'eux le nom de Bornéo : Magellan Tavâit appelée Bunné. Dès 1513, ils fréquentèrent beaucoup Java; cependant Barros dit que l'on ne visita pas la côte méridionale , dont les habitants n'avaient guère de relation avec ceux du nord. Cette de produisait en abondance du riz , du poivre, et d'autres denrées. La ville de Japara était la résidence d'un prince puissant ; mais le royaume de Jacatia était le plus considérable de Ftle. Les mots javanais LaouUKidor, c'est-à-diie mer méridionale (^) , firent naître la dénomination de mer de Lanchidol, qui , sur les cartes
0) Couto, Décades,!, 539.— (») Sarr&i, ïll p. »4. —(3) Galvano, Discoveries of ihe worid in the £ari 0/ Oxforcts Collection of Voyages and Travclf, t. n. p. 386. — (^) Falemyn , Oad and Nieaw Ostindieo
HISTOIRE DB LA OËOGBAPHIE
diseiziènie siècle, désigne les parages entre Java, la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle- GoiDée.
• Le nombre immense d*Ues situées au sudest de TAsie avait firappé le Tite-Live des Portogais ; il y vit d^à une emquikne partie du monde (^), que nous appelons OeéanU, Oeémdqîie. Couto, son continuateur, cornpread toutes les lies au-delà de Java et de Bornéo sous cinq groupes différents. Au prewkt appartiennent les Moluquee ou Ternate , Motif, Tidor, Makian et Batchlan, découvertes d'abord par les Chinois, auxquels les Arabes les enlevèrent, et dont les Portugais, commandés par Antoine Abreu, s'emparèrent en 1511. Qo donnait le nom de M oluques ou d'Ueê aux Efku à un plus grand nombre d*îles; mais il 2q>partenait exclusivement aux cinq qu'on vioit de citer, parce qu'elles produisaient le giMe et la muscade : on devrait plutôt les qipeler Moloe, qui , dans la langue du pays , si^)ifie ce qu'il y a de plus excellent et de plus délicat (^j. Le second archipel comprenait Gilolo, Mortay et plusieurs autres ties h^itéei par des sauvages, ainsi que celle de Gélèbes ou Macassar, dont Garcia Henriquez voulut feire l'examen en 1525 , parce qu'elle était fameuse pour ses mines d'or; mais les habitants l'empêchèrent de venir à terre f]. Gq^endant les Portugais ne tardèrent pas à y bétir un fort et à y fonder quelques établissemûits. Le troisième groupe contenait la grande De de Bfindanao, celle de Soloo et plusieurs des Philipi^nes méridionalea, entre autres Maseate. Barros connaissait moins celles qui étaient au nord, peut-être parce qu'elles appartenaient aux Espagnols. Cependant il fait meati<m de celle de Luçon à l'époque de l'an 1511 . Parmi les peuples éloignés qui venaient dire le <»mmerce à Malaicca, il nomme les Chinois , les battants des Iles lieou-Khieou €t œux de Luçon : ce nom est donc plus ancim qu'on ne le croit généralement, et n'est pat dû à une méprise des Espagnols (*j. Le quatrième archipel était fcurmé par les tles de Baoda, Amboine, et plusieurs autres très petites dans leur voisinage, comme Ay, Banda- ^^toaet Rom (^). Les deux plus grandes furent découvertes en loi 1 par Antoine Abreu. A
0 Barros, I, p. 14T. — («) Jjwwiiy*/ ,' HUt. des Déeoav. $ 33. — p) Barrés, III, p. 262,*.— (*J lA n,p.l34. — (»]Id. III, p. 131.
Banda croissait le muscadier, Ambdne four^ nissait tous les ans deux mille quintaux de girofle.
» Les Portugais firéquentèrent peu te cinquième archipel , parce que les habitants , pauvres et foroudies, fuyaient tout eommarce avec les étrangers; ils étaient aussi noirs que les Cafres de l'AMque, ne connaissaient aucun métal , et se servaient de dents de poisson aiguisées pour percer le bois ; ils se donnaient le nom de Papem , c'est-à-dire noirs. Il y avait parmi eux quelques individus de couleur blanche, qui ne pouvaient supporter la clarté du Jour. Ces particularités ne peuvent convenir qu'à la Nouvelle-Guinée et aux lies voisines , habitées encore ai^ourd'hui par des peuples tout semblables. C'est aussi ce qui a fait donner, sur les cartes , à la cête nordrouest de la Nouvelle-Guinée, le nom de terre des Papous. Quoique ces contrées fussent le terme des dé*eouvertes des Portugais vers l'est, ils soupçonnèrent qu'il y avait encore d'autres lies audelà; ils supposèrent qu'elles devaient être placées le long d'une grande terre méridionale qui s'étendait jusqu'au détroit de Magellan ('). Ce serait ici le lieu de démontrer que les Portugais ont certainement visité les cAtes de la Nouvelle-Hollande avant l'an 1540, mais qu'ils les regardaient comme une partiedu grand continent austral , dont on admettait l'existence d'après Ptolémée : nous réservons ces discus-^ sions pour le livre suivant.
» Malgré les obstacles qui empêdiaient les Portugais de visiter la Chine , ils parcoururent la mer qui en baigne les cêtes. Perez, qui aborda le premier à CanUm, découvrit en 1518 les lies de Lieou-Khieou , «ridies en or, ^ dont les habitants naviguaient Jusqu'à Malaeca(3). En 1542, Antoine de Mota, qui tâchait, malgré les défenses, de pénétrer en Chine , fut Jeté par la tempête sur les côtes du Japon , que ses habitants aillaient Nipongi, Ils étaient plus blancs que les Chinois, et. avaient , ainsi qu'eux , de petits yeux et très peu de barbe ; ils reçurent les étrangers d'une manière très amicale , et payèrent leurs mar* ehandises en argent ^. Cette découverte fui bientôt poursuivie avec ardeur, surtout par les Jésuites , qui , s'empressant d'y stlivre les marchauds, y établirent des missions, r^^andi-
(') Barros, III, pag. f&4. Cbuto, pag. 190. — (*] Barros, lU, p. 60. — (>} CotOO, III, p. 139.