‹ Géographie UniverselleChapitre 15 sur 93 · D AL' PHI NÉ · texte numérisé non relu

D AL' PHI NÉ

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place très-forte, et qui fut prise ou assiégée six fois soit par les protestants, soit par les catholiques , dans le seizième siècle.

Xyons, chef -lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance et 3,600 habitants, est une petite ville située sur la rive droite de l'Aigues, dans la position la plus pittoresque , à l'origine d'une vallée délicieuse , au pied du col du mont [levez. Elle est divisée en trois quartiers ayant des enceintes séparées, à travers lesquelles de grandes portes établissent des communications. Le premier est celui des Fortt, ainsi nommé h cause des trois forts aujourd'hui ruinés qui s'y trouvaient: le deuxième , celui des Halles ou la ville proprement dite; enfin le troisième est celui du Bourg, compris entre la tour du Clocher et le célèbre pont de l'Aigues , situé à l'entrée de la gorge des Piles. Ce pont, très-hardi, est d'une seule arche; ses piles, fort anciennes, sont peut-être de construction romaine; il s'appuie au sud-est à un plateau où se trouvent les ruines d'un ancien château fort détruit par ordre de Louis XIII. Avec les forts dont nous avons parlé , et qui étaient situés de l'autre coté du ravin , ce château défendait parfaitement le passage , et faisait de Nyons une des plus fortes places du Dauphiné.

Nyons est la patrie de Philis de la Tour du Pin de la Charce, héroïne qui , en 1692, se mil à la tête des habitants du pays , et força les Piémontais à la retraite.

Saint- Voilier est un gros bourg de 3,000 habitants, situé sur la rive ganche du Rhône au confluent de la Galaurc On y remarque l'ancien château de Diane de Poitiers, bel édifice gothique dont la façade est moderne, et dont les jardins ont été plantés par Le Nôtre. Saint- Vallier possède des filatures de soie , une manufacture de produits chimiques, des poteries de grès et de faïence , etc.

A 2 kilomètres de là, dans le sauvage défilé de la Galaure, se trouvent les ruines pittoresques du château de Saint-BarthiUmy-de-Valt et la passe de Rochetaillie , travail gigantesque pratiqué pour frayer là route entre deux escarpements coupés à pic et h ciel ouvert.

Albon, bourg de 2,000 âmes, est situé à peu de distance de la rive gauche du Rhône et de celle do l' Argentcl. H est dominé par les ruines d'une forteresse , dont il reste encore une tour, et qui, dès le huitième siècle, était le séjour des comtes d' Albon ou de Graisivaudan , tige des Dauphins do Viennois. — Un peu au sud , sur le Bancel , était le château de Mantailkt, dont il reste encore quelques traces dans un bois, et où se réunit en 870 le concile qui donna à Boson la couronne de Bourgogne.

Tain, jolie petite ville de 2,600 habitants, est bâtie sur la rive gauche du Rhône, dans une agréable situation au pied des coteaux escarpés où se récoltent les vins de V Ermitage et ceux de Côte-Rôtie. Elle est assez bien bâtie, et communique avec la ville de Tournou assise sur l'autre rive par un beau pont suspendu. On y trouve une filature de soie et une fabrique de draps, et l'on y fait commerce de vins.

Romans est une jolie ville de 11,000 habitants, qui possède un tribunal de commerce , un collège , etc. Elle est propre et bien bâtie , dans une plaine magnifique sur la rive droite de l'Isère , et communique par un beau pont de pierre avec le faubourg du Péage situé sur l'autre rive. Elle rappelle, dit-on, Jérusalem par son site et sa distribution , et François 1" y fit construire un calvaire. On y remarque sa ceinture de

m LIVRE HUITIÈME.

murailles flanquées de tours carrées, percées de cinq portes et datant du onzièmo siècle; l'église Saint- Antoine d'architecture gothique, celle de Saint-Bernard, construction du dixième siècle, classée parmi les édifices historiques, etc. Romans est une ville industrieuse qui possède des fabriques de bas, de salins, d'étoffes de soie . et de fers, et dont le commerce consiste en pelleteries, laines, cuirs, vins fins de la côte du Rhône , liqueurs renommées , etc. On y élève beaucoup de vers à soie.

Celte ville date du neuvième siècle, et s'éleva autour d'une abbaye fondée vers 837 par saint Bernard, archevêque de Vienne, qui y mourut en 8^2. Ce fut bientôt une cité florissante dont les habitants étaient souvent en querelle avec les chanoines, et qui subirent deux sièges de la part des archevêques de Vienne en 1271 et en 1281. En 13/|2 le dauphin Huinbert II s'en empara et y établit sa résidence : c'est là qu'il signa son abdication.

Chabtvil est une ville de 4,500 habitants, située sur la rive gauche du Véour, petit affluent du Rhône. Elle est d'ancienne origine , comme l'attestent un grand nombre de ses maisons el les ruines du château fort qui la protégeait. Son industrie est trèsactive, et consiste en filatures de soie, mégisseries, papeteries et buissullcric.

Livron, petite ville de /j,000 habitants, est agréablement située sur une colline qui domine la rive droite de la Drôme , et sur la route de Valence par Montélimart à Avignon. Elle possède un beau pont sur la rivière, des fabriques de faïence, des filatures de soie, des fours à chaux, des martinets pour instruments aratoires, des tuileries, tanneries, etc.

Elle est ancienne , et a joué un rôle important pendant les guerres de religion ; elle est surtout célèbre par le siège de sept mois que Lesdiguières et les protestants y soutinrent en 157/i contre Henri 111 et l'armée royale, qui fut forcée à la retraite.

Ijoriol, située à quelque distance de la rive gauche de la Drôme, un peu au sud de Livron, communique avec celle-ci par le pont dont nous avons parlé tout à l'heure, et qui en 1815 fut le théâtre d'un combat. Elle esl bâtie dans une plaine que terminent à l'est de hautes montagnes, et possède 3,500 habitants, une fabrique et une filature de soie. Elle a aussi joué un rôle dans les guerres de religion, et a vu naître le naturaliste Faujas de Saint-Fond.

Crest est une ville de 5,000 habitants , bâtie près de la rive droite de la Drôme dans une position pittoresque au pied d'un rocher de forme bizarre, la Roche-Courbe, qui domine la ville. Elle se fait remarquer par l'industrieuse activité de ses habitants; on y trouve des fabriques de draps, de couvertures de laine et limousines , de poterie et faïence, des moulins à soie, des tanneries, teintureries, tuileries, raffineries de sucre de betterave.

C'était l'une des places les plus fortes du Valentinois, dont elle fui quelque temps le chef-lieu ; elle était protégée par un château fort qui la dominait, et dont on voit encore les restes. Dans la guerre des Albigeois, elle se déclara pour Raymond, et résista énergiquement aux attaques de Simon de Moulforl. Sa population esl moitié catholique, moitié protestante. *

Dieu-te-Jit, petite ville de 4,200 habitants, est situé sur la rive droite du Jabron dans un étroit vallon. Elle possède un temple protestant et une école modèle protestante. On y trouve une manufacture de draps, de molletons et couvertures, des fila-

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turcs de soie , laine et coton , des teintureries , des fabriques de poterie et deux sources d'eaux minérales assez fréquentées.

Gngnan, située près de la rive droite du Lez sur la frontière du département de Vaucluse, est une petite ville de 1,900 âmes bâtie sur une hauteur : c'était le séjour des comtes de Grignan, descendants de Géraud d'Adhémar, auquel l'inféoda l'empereur Frédéric II dans le douzième siècle. Cette famille puissante est moins célèbre par le rôle de premier ordre qu'elle joua dans l'histoire de Provence, que par le mariage d'un de ses membres avec la ûllc de madame de Sévigné, mariage qui a immortalisé le nom de la ville et du château. De ce château si bien décrit par l'illustre femme, il reste aujourd'hui des ruines imposantes; madame- de Sévigné y mourut, et son tombeau se trouve dans l'église de la ville. On fait à Grignan le commerce de grains, vins, soie ouvrée, et l'on cultive la garance aux environs.

Saint- Paul-Trois- Châteaux est aujourd'hui une ville fort insignifiante de 2,000 habitants, où l'on trouve quelques fabriques d'étoffes de laine et des filatures de soie, mais qui jadis était la capitale des Trieastini, une colonie romaine florissante et le siège d'un évéché datant du deuxième siècle. On y trouve encore quelques débris d'antiquités qui attestent son ancienne splendeur, un ancien couvent de dominicains, une belle église de style roman, etc. — A 2 kilomètres sud de Saint-Paul est le village de Saint-Rettitut , dont l'église est classée parmi les monuments historiques.

Le Buis, petite ville de 2,350 habitants, est située dans un agréable vallon sur la rive droite de l'Ouvèzo , dont le cours est contenu par une digue de 900 mètres de long. On peut estimer, d'après ses remparts, son ancienne importance; un château actuellement en ruines, et bâti hors des murs sur le rocher d'Ubrieux , la protégeait. C'était le chef-lieu du pays des Baronia, l'une des subdivisions du Dauphiné. On y trouve des tuileries, des tanneries, des filatures de soie, etc.

g X. DÉPARTEMENT DES HAUTES-ALPES. — STATISTIQUE , AGRICl'LTtRE , COMMERCE, ETC.

— Ce département a été formé du Dauphiné (538,293 hect.) et d'une petite partie de la Provence (15,276 hect.). Sa superficie totale est de 553,569 hectares, dont 60,000 de terres labourables, 16,000 de prés, 4,000 de vignes, 54,000 de bois, 156,000 de landes, pâtis, etc. Sa population était en 1801 de 112,500 habitants; en 1831, de 155,895 hab. ; elle est aujourd'hui de 129,102 habitants. Ce département a pour chef-lieu Gap, et forme trois arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Cap 1 4 cantons, 1 26 communes , 68,71 6 habitants.

— d'Embrun ... 5 — 36 — 52,340 —

— de IJrianvon . . 5 - 27 — 30,982 —

3 arrondissements 2i cantons, 1 89 communes, 132,038 habitants.

Il forme le diocèse de Tévèché de Gap , et renferme pour le culte calviniste une église consistoriale à Orpierre et 8 temples; on y trouve 3 tribunaux de première instance ressortissant à la cour de Grenoble, 3 collèges, à Gap, Embrun et Briancon, et 270 écoles primaires. Il fait partie de la 8' division militaire, et renferme h places fortes , Briancon , Mont-Dauphin , Embrun et le fort Queyras.

Ce département est l'un des plus pauvres et des moins peuplés ; il ne renferme qu'un très-petit nombre de villes , et n*a que quatre communes dont la population dépasse

2,000 habitants. Il est essentiellement agricole, malgré la stérilité de la plupart de ses terres. C'est l'un des pays les plus élevés de la France , étant situé sur le versant occidental des Alpes Cottiennes, et traversé par les Alpes du Dauphiné ou par leurs contre-forts, de telle sorte que les cinq sixièmes de sa superficie sont entièrement montagneux. Le climat en est généralement pur et serein ; quant au sol , il n'est fertile que vers le sud , et donne alors d'assez bons vins , des pommes de terre et de l'huile de noix. La récolte en céréales est insuffisante , celle en vins est annuellement de 70,000 hectolitres; les autres productions consistent en avoine, châtaignes, légumes, chanvre, plantes aromatiques, etc. Les montagnes renferment de beaux pâturages où l'on élève de nombreux moutons. 11 y a dans le département 30,000 têtes de gros bétail, 252,000 moutons, 16,000 porcs, 18,000 chèvres, 4,000 chevaux, 8,000 mulets, 7,000 ânes, etc.

Les richesses minérales sont assez grandes; on y exploite seulement de la houille, de beaux marbres et granits, des pierres lithographiques, du porphyre.

L'industrie manufacturière ne produit guère que pour les besoins de la consommation ; la pelleterie a pourtant quelque importance et ses produits s'envoient à Lyon. On trouve aussi des scieries de planches , quelques forges et hauts fourneaux et un assez grand nombre de moulins. Quant au commerce, il consiste seulement dans l'exportation des bestiaux, laines , fromages, bois et planches.

Il y a dans le département 5 routes impériales sur 352 kilomètres, une route départementale sur 2fi kil. , 1,070 chemins vicinaux sur 2,140 kil. ; en tout 2,516 kilomètres de voies de communication.

S XI. Département des Hautes-Alpes. — Description des villes. — Gap, chef-lieu du département, est le siège d'un évêché et d'un tribunal de première instance; elle possède un collège, et sa population est d'environ 8,800 habitants. Elle est laide, mal bâtie , mal pavée , mal percée , mais placée dans une agréable situation à 729 mètres de hauteur, au confluent de la Bonne et de la Luye, dans une petite vallée qu'entourent de hautes montagnes. Elle se trouve â peu de distance de la rive droite de la Durance, et â l'embranchement des deux roules de Paris à Marseille par Lyon <?t Grenoble, et d'Espagne en Italie par Pont-Saint-Esprit et le mont Genèvre; elle est donc d'une assez grande importance stratégique. On y remarque l'hôtel de la préfecture, le monument du connétable de Lesdiguières, la cathédrale, qui est fort ancienne, mais qu'on a rebâtie à la fin du dix-septième siècle , le musée d'histoire naturelle , etc. L'industrie y est peu active, et ne consiste qu'en chapelleries, tanneries, mégisseries; on y trouve aussi une filature de laine et quelques brasseries; son commerce est presque tout d'entrepôt, et comprend les grains, les fruiLs, les cuirs, les laines brutes et les bestiaux.

Gap occupe remplacement de l'ancien Vappicum, capitale des Caluriges, et a subi de nombreux ravages soit dans l'invasion des Barbares, soit dans les guerres de religion. C'était la capitale du Gapençois , petit pays qui faisait partie du marquisat de Provence.

Embrun, chef-lieu d'arrondissement, est une place forte qui possède un tribunal de première instance, un collège et une population de 4,800 habitants. Elle est .saluée sur la rive droite de la Durance, au sommet d'un plateau que terminent des

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roches à pic; ses maisons sont assez bien bâties, mais ses rues sont généralement sales, étroites, sombres, tortueuses; on y remarque les remparts, l'ancien palais épiscopal, aujourd'hui transformé en casernes, et près duquel s'élève la curieuse tour Brune, la cathédrale, grand et bel édifice gothique dont on admire les vitraux , etc.

Cette ville est YEbrodunum des Caturiges; les Romains en firent un poste militaire important, et elle devint la capitale des Alpes maritimes. Dès le quatrième siècle c'était le siège d'un archevêché, dont les titulaires, après la chute du royaume de Boson, prirent le titre de princes d'Embrun. Elle a tour à tour été saccagée par les Vandales, les Huns, les Lombards, les Maures, prise par Lesdiguières en 1585 et par le duc de Savoie en 1692. C'était la capitale de l'Embrunois, partie du haut Dauphiné, qui appartenait aux comtes de Forcalquier, et qui passa par mariage dans la famille des Dauphins.

Briançon, chef-lieu d'arrondissement, est une place de guerre qui possède un tribunal de première instance, un collège, de belles casernes et une population de 4,450 habitants.

Cette ville , dont l'aspect est très-pittoresque, s'élève en amphithéâtre à 1 ,306 mètres de hauteur, sur un mamelon situé à la jonction des deux vallées du Clairet et de la Guisanne. A l'intérieur elle est fort triste, et l'on n'y remarque que la grande rue, les casernes et l'église. H s'y trouve quelques fabrique» de bonneterie, de faïence, des chapelleries, des tanneries, et l'on y fait commerce de moutons, mulets, etc. Mais ce n'est pas comme ville que Briançon est remarquable, c'est comme place forte défendant le col du mont Genèvre et servant de point de concentration aux armées françaises entre le mont Cenis et le col de Tende , entre le Rhône et la mer. Il n'est pas de position militaire plus remarquable. D'abord le mamelon sur la pente duquel elle s'élève est couronné par le Fort Vieux; plusieurs redoutes et lunettes battent la route d'Italie, et la ville a une triple enceinte. Puis sur le versant opposé du Clairet s'élèvent les principales fortifications. Elles communiquent avec la ville par un pont merveilleux de 40 mètres d'ouverture, élevé de 65 mètres au-dessus du gouffre où mugit le Clairet. Une excellente route monte de ce pont aux forts, qui communiquent entre eux par de bons chemins et des galeries souterraines. Le plus grand s'appelle les Trois- Têtes, et couronne un mamelon à triple sommité; à son niveau est le fort Dauphin, situé vers la frontière; à 100 mètres au-dessus et vers la Durance est le Bandouillet ; à 200 mètres plus haut, le Donjon, et enfin la lunette du Point-du-Jour domine toutes ces défenses. Les mamelons sur lesquels s'élèvent ces forts et la ville appartiennent au mont Infernet (2,400 m.), dont la cime porte encore le débris d'une redoute construite en 1814-

C'était la capitale du Briançonnois, petit pays qui se maintint indépendant durant plusieurs siècles , et se soumit volontairement aux Dauphins.

Le Glaizil est un village de 500 habitants, situé à 25 kilomètres de Gap, et doù dépend le hameau de Lesdiguières. Il ne reste que des ruines du château de l'illustre connétable, qui y fut enterré, et dont le tombeau se trouve aujourd'hui dans la cathédrale de Gap.

Mont Dauphin, place forte qui n'a que 500 habitants, est bâtie à une hauteur de

960 mètres, sur le mamelon qui sépare au nord les vallées du Guil et de la Durance. Elle est dans une position presque inexpugnable. Ses fortiûca lions, construites sous la direction de Vauban, ont été commencées en 1696.

GuilUstre est un bourg de 1,760 habitants, situé dans un petit vallon latéral à la rive gauche du Guil. C'était jadis une place forte , dont le duc de Savoie s'empara en 1692.

Fort-Queyras est un château bâti sur la rive droite du Guil, à une hauteur de 1,450 mètres, au milieu de gorges affreuses et au sommet d'un rocher isolé et escarpé, formant à son extrémité un petit plateau où trouvent à peine leur place les casernes et autres bâtiments militaires. D'un côlé du château se dressent d'énormes et sombres falaises ; de l'autre côté s'ouvre une espèce de gouffre où serpente le torrent, sur lequel on a jeté deux ponts très-hardis. Ce fort défend le débouché commun des cols O'Agnello et d'Abriès, au sud et au nord du mont Viso; il ne communique avec Briançon que par la vallée d'Arvieux , située à un kilomètre en aval d'où partent les colf ù'/soard et des Hayes , que la neige recouvre huit mois de l'année.

Le Moneitier est une petite ville de 2,800 habitants, située sur la rouLe de Briançon à Grenoble et au bord de la Guisanne , au centre d'une fertile vallée ; elle est bien bâtie, et s'étend sur plusieurs mamelons que couronne la flèche élancée de son clocher. Ses environs sont couverts de prairies; il s'y trouve plusieurs usines et un établissement d'eaux thermales assez fréquenté.

Cette ville est placée sur la route de Briançon à Grenoble par la vallée de la Guisanne, route qui franchit les Alpes de Dauphiné au col du Lautarct, situé à 2,000 mètres et couvert de magnifiques pâturages. Au pied de la montagne de même nom se trouve un hospice, établi pour proléger, guider et secourir les voyageurs. Au delà de ce point , la route suit la vallée de la Romanche , et on arrive ainsi à :

La Grave-en-Oysant , bourg de 1,800 âmes, silué à l'extrémité supérieure de la sauvage vallée de la Romanche, en face des majestueux glaciers de la montagne de Lent, qui s'élèvent sur l'autre rive, et dont les avalanches menacent sans cesse le bourg ou comblent le lit du torrent. C'est dans ce profond défilé qu'a été frayée , à travers les rochers, les précipices, les cascades, la roule de Briançon à Grenoble.

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