‹ Géographie UniverselleChapitre 17 sur 93 · TOME II. 2i · texte numérisé non relu

TOME II. 2i

vins fins des environs, etc. Elle fut fondée par les sires de Beaujeu dans le onzième siècle, et dans le quinzième devint la capitale du Beaujolais.

Condrieu, située sur la rive droite du Rhône à l'extrémité méridionale du déparlement, est une ville de 3,500 habitants, dont le territoire est renommé par ses vignobles, plantés, dit-on , par les Romains, et qui produisent d'excellents vins blancs. On y trouve des fabriques de soie noire, des teintureries et tanneries, et l'on y construit des bateaux et des tonneaux. C'était l'ancienne cité des ConderaUs, que traversait une voie romaine, et dont la population était presque exclusivement composée de nautoniers réputés très-habiles; les habitants de nos jours ont conservé cette renommée.

Ampuit est un bourg de 1,900 habitants assis au bord du Rhône , dans la contrée la plus fertile du Lyonnais; les coteaux jadis stériles qui l'abritent au nord, grâce à l'industrie des habitants, ont été plantés en vignes, dont les produits sont célèbres sous lo nom de Côte-Rôtie.

Givort, située sur la rive droite du Rhône, à son confluent avec le Gier, est une jolie ville peuplée de 9,000 habitants, et qui a une grande importance comme entrepôt pour les houilles et les fers. Elle est à la fois sur une route qui longe le fleuve , sur le chemin de fer de Saint-Élicnne à Lyon , et à l'extrémité du canal qui porte son nom. Elle possède des teintureries de soie, des fabriques de briques, des tuileries, de* verreries.

Ihitjnais est un bourg de 1,900 âmes situé sur la route de Lyon à Saint-Élicnne, à l'extrémité d'une plaine fertile et près d'un petit affluent du Rhône. C'est dans la plaine de Brignais que s'est livrée en 1361 une bataille entre les troupes royales ci les brigands connus sous le nom de Tard-Venus.

L'Arbresle, petite ville de 2,000 habitants, est située au confluent de la Brévanue et de la Tardine, dont les eaux débordent souvent. Le 17 septembre 1715, une inondation emporta le pont de la ville et détruisit celle-ci presque de fond en comble. Ses environs sont généralement peu fertiles, et l'on n'y récolte que du foin et du chanvre.

A k kilomètres plus au sud sur la Brévanne se trouvent le village de Saint-Bel et ses fameuses mines de cuivre. A 10 kilomètres au nord sur l'Azergues est le village de Chtssy, dont les mines de cuivre sont avec celles de Saint-Bel les plus productives dr France, et où se fabriquent une grande quantité de produits chimiques.

Tarare, ville de 10,000 habitants avec un conseil de prud'hommes et une chambre consultative des manufactures, est située dans une jolie vallée sur la Tardine, au pied de la montagne de Tarare, à laquelle on arrive par une montée de plus de h kilomètres, et qu'on ne franchissait autrefois qu'avec beaucoup de fatigues. On a remplacé l'ancienne route par une nouvelle voie très-remarquable qui tourne la montagne ; elle est de distance en distance coupée par des ponts de pierre, et bordée de plus de huit cents bornes. Cette ville, à la Dn du siècle dernier, était encore un bourg obscur, avec quelques tanneries et fabriques d'étoffes de fd grossières; aujourd'hui c'est une des premières villes manufacturières de la France ; elle est surtout célèbre par ses mousselines de toulcs qualités unies, brodées, lamées, dont la fabrication dans la ville et aux environs n'occupe pas moins de 50,000 ouvriers. Il y a encore à Tarare des fabriques de peluche de soie et de mérinos et des blanchisseries de toiles.

Amplepuis, gros bourg de 5,000 habitants, sur le Rahins, possède un conseil de prud'hommes, des filatures hydrauliques de coton , des blanchisseries de toiles , etc.; il est renommé surtout par ses fabriques de toiles de fil, de calicots et mousselines unies ou brochées , ainsi que de cotonnades appelées Garros.

Thizy, autre bourg de 1,600 âmes, situé près de la Trambouze, est également important pour les mômes produits. Amplepuis et Thizy se partagent la spécialité de celte fabrique, connue sous le nom de Fabrique de la montagne, parce quo ces deux localités occupent un grand nombre d'ouvriers disséminés dans les monts du Beaujolais.

Cottrt, gros bourg de 4.600 habitants , situé près des sources de la Trambouze , est le centre de la fabrication des toiles mélangées de 01 et de colon, désignées sous le nom de Beaujolaitts.

Ut au jeu ( Bt'llijocus) est une pelite mais jolie ville de 3,600 habitants, située sur la ri\e droite de l'Ardière, au pied d'une montagne où l'on aperçoit encore les ruines d'un château fort. Son canton , qui était encore presque infertile au commencement de ce siècle, est aujourd'hui tout à fait transformé par la culture de la vigne, et renferme la majeure partie des vignobles du Beaujolais.

Cotte ville possède une filature hydraulique de coton , de nombreuses tanneries , des fabriques de tonneaux , des papeteries ; c'est le centre d'un grand commerce de fers, cuirs, papiers, blés du Charolais, toiles de Thizy, excellents vins du pays, etc.

Btlleville, jolie ville de 3,500 habitants, située sur la rive droite de la Saône, où elle a un port important, était autrefois la deuxième ville du Beaujolais; elle a aujourd'hui des fabriques de mousselines , de toiles de coton , de tonneatix , et fait grand commerce de vins.

Anse, jolie petite ville de 2,000 habitants, est située dans une délicieuse plaine, sur la grande route de Lyon et près de la rive droite de la Saône. Le pays qui s'étend au nord d'Anse, entre la Saône et l'Azergue, a une renommée proverbiale de fertilité. On y trouve quelques ruines romaines , des carrières de pierre à bâtir, etc.

§ VIII. DÉPARTEMENT DE LA LOIRE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE, F.TC.

— Ce département a été formé du Forez (358,806 hect.), du Beaujolais (61,500 hect.), du Lyonnais propre (41,930 hect.). Sa superficie est de 474.405 hectares, dont 248,000 de terres labourables, 85,000 de prés, 13,000 de vignes, 63,000 de bois, etc. Sa population était : en 1801, de 290,903 habitants; en 1821, de 343,456 hab. ; en 1831, de 391,216 hab. ; elle est aujourd'hui de 472,588 habitants. Il a pour chef-lieu Saint-Étienne * et forme trois arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Saint-Étienne. . 9 cantons, 74 communes, 205,148 habitants.

— de Montbrkon. . . 9 — 13S — 132, lie —

— de Roanne 10 — 109 — 135,324 —

3 arrondissement» 2s cantons, 321 communes, 472,588 habitant*.

Ce département forme avec celui du Rhône le diocèse de l'archevêché de Lyon et Vienne, et renferme, pour le culte réformé , une église consisloriale à Saint-Étienne; 3 tribunaux de première instance ressortissant à la cour d'appel de Lyon et un tribunal de commerce; un lycée à Saint-Étienne, 2 collèges à Roanne et à Saint-Chamond ,

1 Le chef-lieu a été, depuis 1703 jusqu'en iftii, placé à Monthrisonj il vient dVtrc transféré à

une école normale primaire à Montbrison , 5 écoles supérieures communales et 560 écoles élémentaires. Il fait partie de la 8* division militaire.

Ce département, très-montagneux au sud-est, où il est traversé par les Cévcnnes, qui y culminent au mont Pilât, et à l'ouest, où la chaîne du Forez le sépare de l'Auvergne, ne renferme que peu de terrains fertiles; le sol, généralement ingrat, est argileux dans les arrondissements de Montbrison et de Roanne, granitique dans l'arrondissement de Saint-Élienne. Aussi le département est-il avant tout manufacturier et d'exploitation. Cependant l'agriculture y a fait quelques progrès. Nous avons déjà dit les principaux produits du sol. Il faut ajouter que les chevaux sont très-médiocres ; que l'espèce bovine vaut mieux ; que les moutons sont de petite taille et ont une laine grossière avec une chair assez estimée. On élève un grand nombre de volailles et de vers à soie. Le département renferme environ 13,000 chevaux, ânes et mulet*, 116,000 têtes de gros bétail, 190,000 moutons, 42,000 porcs, 23,000 chèvres, etc.

Dans les montagnes , le climat est généralement sain, la chaleur médiocre et le froid assez rigoureux; dans la plaine, qui renferme de nombreux marais, l'air est généralement peu sahibre et les habitants ont des traits pâles, des formes grêles, un aspect maladif ; la température y est douce, mais dans l'été on y éprouve des chaleurs lourdes et épaisses.

Nous avons déjà vu que ce département renferme de très-grandes richesses minérales et que ses houillères sont les plus considérables de la France. On exploite aussi des marbres , du granit, de la pierre à chaux , etc. , pour une valeur de plus d'un million. Les sources minérales les plus fréquentées sont celles de Saint-Alban et de Saint-Galmier.

Ce déparlement est l'un de ceux où l'industrie a pris les plus grands développements ; presque toutes les villes et même les villages ont leur spécialité manufacturière et ont vu doubler leur population depuis cinquante ans. Celte activité industrielle est principalement concentrée dans Saint-Élienne et sur les bords du Gîer. et comprend d'une part, outre l'extraction de la houille, la fabrication des armes, h coutellerie, d'autre part, la fabrication des rubans de soie et des tissus de coton. On trouve en outre des clouteries dont les produits se répandent dans tout le midi de la France et principalement dans les ports , des papeteries, des scieries de planches, etc. Dans l'arrondissement de Roanne on s'occupe surtout de la construction de bateaux et du transport des houilles et autres marchandises; on y trouve aussi des filature, tisseranderies et teintureries de coton; on y fabrique des mousselines brodées < u autres. L'arrondissement de Montbrison fait surtout le commerce des produits du sol. On y trouve aussi des fabriques de dentelles et linge de table, quelques teintureries et de grands chantiers de construction pour les bateaux de transport.

Il y a dans le département de la Loire: 2 rivières navigables, sur 141 kilomètres (Rhône, 8 kil., Loire, 133 kil.) ; 2 canaux, sur 26 kil. (celui de Givors, 7 kil., celui de Roanne à Digoin, sur 19 kil.); 6 routes impériales, sur 309 kil.; 11 routes départementales, sur 371 kil; 6,426 chemins vicinaux, sur 7,787 kil. ; en tout, 86,367 kilomètres de voies de communication. Il y a, en outre, 3 chemins de fer: l8de Roanne à Andrézieux, sur un développement de 76 kilomètres; 2° d'Andrézicux à Saint- Élienne, sur un développement de 17 kil.; 3* de Saint-Éticnne à Lyon, sur un développement de 56 kil.

§ IX. Département de la Loire. — Description DES vu.LES. — Saint- Etienne, chef-lieu du département , possède des tribunaux de première instance et de commerce, une chambre et un conseil général de commerce, un conseil de prud'hommes, un lycée, une école de mineurs, une manufacture impériale d'armes, etc. Sa population est de 56,000 habitants.

Cette ville est située sur le Furens, dont les eaux sont douées , dit-on , d'une grande efficacité pour la trempe des armes, au centre d'un riche bassin houiller et à la jonction du chemin de fer de Lyon à Saint-Étiennc avec celui de Roanne par Andrézieux. Son aspect est très-animé , mais nullement agréable ; elle n'a rien de la physionomie de ces villes du moyen âge si poétiquement, si coquettement posées sur des coteaux rocheux encadrés de feuillage avec leurs vieilles murailles et leurs vieilles églises; c'est une grande usine, noire, enfumée, charbonneuse, d'où ne surgissent que les che minées des fabriques, où pas un monument ne récrée la vue, où l'homme semble réduit à l'étal de machine. Située dans une vallée plate et prosaïque, sur un sol raboteux et aride, sous un climat froid et neigeux , elle s'appuie à l'est sur des coteaux ou des monticules, et n'a, de toutes parts, qu'un horizon restreint et monotone. Sol, atmosphère , maisons , habitants , tout est noir , tout est imprégné de fumée , et l'on ne marche que dans une poussière ou une boue charbonneuse.

Cette ville était avant la révolution une des plus laides , une des plus tristes de la France: peuplée de 20,000 habitants, la plupart misérables, elle n'offrait dans ses rues étroites et tortueuses que d'affreuses et fétides masures; importante déjà par ses fabriques , elle ne donnait pourtant que des produits médiocres et discrédités. Depuis soixante ans elle s'est entièrement transformée : sa population a presque triplé; elle a de belles maisons, de vastes places, des rues larges et bien percées; ses produits, qui sont très-divers, vont dans le monde entier -, c'est une rivale de Lyon, qui grandit sans cesse et dont les destinées sont loin d'être accomplies. Mais, comme toutes les cités qu'a créées l'industrie moderne, elle n'a pas un édifice qui révèle le sentiment de l'art et de la poésie; c'est uniquement une ville d'affaires et d'argent. On y remarque sa principale église, qui date du douzième siècle; son hôtel de ville, qui renferme un mu<ée et une bibliothèque; ses hospices, ses fontaines, etc. Toute sa beauté consiste dans ses 150 fabriques de rubans, gazes, velnurs, tulles, qui emploient annuellement un demi-million de kilogrammes de soie, qui vont former la parure de toutes les femmes en Europe et en Amérique; dans ses 60 fabriques de quincaillerie et de coutellerie, qui occupent 10,000 ouvriers et donnent 6 millions de produits; dans ses H0 fabriques d'armes, qui, avec la grande manufacture de l'Étal, fournissent annuellement /jO.OOO fusils de guerre, 30,000 fusils de chasse, 15,000 pistolets, etc. Le produit de ces dernières fabriques a été annuellement, sous l'Empire, de 80,000 fusils, et il pourrait s'élever aujourd'hui à 150,000. Cette industrie est répandue non-seulement à Saint-Étienne , mais à Saint-Héan, à Montaud, à Villars, etc.

On croit que cette ville doit son origine a une chapelle dédiée à Saint-Étienne , et que bâtirent les bénédictins dans le douzième siècle. On ne l'enveloppa de murailles que pendant les guerres des Anglais. Sous François Iw, ses habitants commencèrent à s'occuper de l'industrie du fer et de la fabrication des armes. Ce ne fut que sous Louis XIV que le gouvernement envoya des inspecteurs pour surveiller cette fabri-

cation, et la manufacture royale ne date réellement que de Louis XV. Quant à l'industrie des rubans, aujourd'hui si brillante et pleine d'avenir, elle n'a commencé que vers le milieu du dix-huitième siècle. Le district manufacturier de Saint Étienne, et l'on entend par là tout ce qui se trouve sur les deux lignes de chemins de fer de la Lo.;re au Rhône , produit une valeur de 120 millions , dont 55 à 60 pour la rubanerie et la passementerie, 40 ou lt5 pour les industries du fer et du verre , 18 à 20 pour la houille.

La fabrique stéphanoise est organisée comme à Lyon , mais elle n'est pas sujette à tant de chômages et de souffrances. Les ouvriers sont généralement plus positifs , moins accessibles aux vices et aux séductions que les ouvriers lyonnais; ils sont aussi plus ignorants, moins sobres, moins amis des plaisirs. Ils ont ressenti le contre-coup des événements qui ont agité Lyon , et les ont quelquefois imités.

Saint-Étienne est, nous l'avons déjà dit, le centre du district industriel qui s'étend principalement jusqu'au Rhône , et dont Saint-Chamond et Rive-de-Gicr sont les deux autres points principaux. Nous allons donc d'abord décrire ces deux villes.

Saint-Chamond, situé au confluent du Gier et du Janon, possède une chambre consultative des manufactures, un conseil de prud'hommes, un collège et près de 9,000 habitants. Il est agréablement bàli au pied d'un coteau, dans un joli vallon coupé de vignes et de vergers, et l'on y remarque, outre deux belles églises et une jolie promenade, les ruines du magnifique château construit par le marquis de Saint- Chamond dans le dix-septième siècle.

Cette ville était depuis le quinzième siècle le centre de la fabrication des rubans de soie , qui , de là , s'est répandue dans le département. Cette fabrication a passé en grande partie à Saint-Étienne, mais elle emploie encore néanmoins 50,000 kilogrammes de soie, et produit une valeur de plus de 5 millions. A cette industrie a succédé celle des lacets, pour laquelle Saint-Chamond n'a pas d'égale, et qui occupe 21 ateliers et 8,000 métiers. Il faut y ajouter le moulinage des soies, le travail du fer et la fabrication des clous.

Rive- de -Gier, qui est devenue la deuxième ville du déjwrtement , n'avait que 3,000 habitants en 1814, et en compte aujourd'hui 13,000. Il est peu de cités en France qui soient aussi complètement manufacturières : on n'y trouve que des ouvriers et des fabricants. Sa principale industrie consiste dans la fabrication des bouteilles et des verres à vitre, qui est la plus considérable de toute la France : elle occupe plus de 30 usines, et produit une valeur de 8 à 10 millions de francs. On y trouve, en outre, une manufacture de glaces, des fabriques de machines à vapeur, des forges, des fonderies, des moulins à soie, etc.

Rive-de-Gier est située sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon et sur le canal de Givors, dont elle est le point de départ. Elle est bien bâtie et très-animée, mais enfumée constamment par la vapeur charbonneuse qui couvre le sol et l'air. Elle possède 2 églises, 5 ponts, de beaux quais, et l'on y remarque le bassin qui termine le canal, les vastes magasins qui l'entourent, et, à 2 kilomètres, le magnifique réservoir de Cousson, situé dans une gorge du mont Pilât, et qui alimente le canal.

Aux villes que nous venons de décrire comme annexes de Saint-Étieiuio il faut ajouter le Chamhon, petite ville de 3,500 âmes, qui n'était qu'un mauvais village il y

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a trente ans. Elle est située à 2 lieues de Saint-Étienne , sur la route de Lyon à Toulouse , et se distingue par ses fabriques d'acier et sa coutellerie.

Montbrison, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, une école normale primaire, une bibliothèque et 8,000 habitants, est située à 13 kilomètres de la Loire, sur les bords de la petite rivière du Vizézy, au pied d'une pyramide basaltique terminée par une plate-forme d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur toule la plaine du Forez. Elle est fort laide, fort triste, mal percée, mal bâtie, presque sans industrie et sans commerce. Aussi n'a-t-elle d'importance que par sa position centrale, qui l'avait fait choisir pour chef-lieu du département. On y remarque l'ancienne maison du collège, le palais de justice , la halle au blé, l'église Saint-Pierre et la cathédrale de Notre-Dame. Les fossés et les murailles qui jadis la défendaient ont fait place à de charmants boulevards.

Cette ville, qui était la résidence des comtes de Forez, eut une assez grande importance dans le moyen âge. En 1428, elle fut entourée de murailles qui avaient 50 pieds de hauteur et 5 d'épaisseur, et étaient flanquées de grosses tours. En 1562 , elle fut prise et saccagée par le baron des Adrets, qui se donna le plaisir de forcer ses principaux prisonniers, au nombre de treize, à se précipiter du haut d'une des tours.

Auprès de Montbrison est le village de Moingt, peuplé de 800 habitants, et qui était du temps des Romains une ville importante sous le nom de Mcdiodunum. On y trouve de nombreux débris d'antiquités et les ruines d'un vieux château, dit le palais Sarrazin.

Roanne, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux de première instance et de commerce, un collège où se trouve la bibliothèque publique, et 13, ^00 habitants, est très-heureusement située sur la rive gauche de la Loire, à l'entrée d'une riche plaine qu'arrose la petite rivière du Renaison , à la jonction des deux routes de Lyon et de Valence par Saint-Étienne à Paris. Le canal de Digoin , latéral à la Loire , et le chemin de fer d'Andrézieux y ont leur origine; le premier descend au nord le long de la rive gauche du fleuve, et se prolonge jusqu'à Briare; le second remonte, au contraire, la rive droite jusqu'à Andrézicux, d'où, par Saint-Étienne, il se dirige sur Lyon.

Roanne est une ville propre et animée; ses rues sont larges, droites, mais assez mal bâties; le seul édifice qu'elle renferme est l'église Saint-Étienne, qui date du dixième siècle. Elle a un port très-fréquenté et un beau pont sur la Loire. On y trouve d'importantes manufactures de cotonnades et mousselines, des filatures de lin et do coton, des fabriques de faïence et poterie commune , des teintureries, des tanneries et des chantiers de construction pour bateaux. Elle fait le commerce de grains, farines, cotons filés, tissus de coton, planches, etc., mais surtout de vins. Il s'y fait aussi un transit considérable des fers et des charbons de terre de Saint-Étienne , ainsi que des produits de Lyon.

C'est la Rodumna des Ségusiens dont parle Ptolémée , et un grand nombre d'antiquités témoignent de son origine. Elle devint la capitale d'un pays, le Roannais, qui, après avoir appartenu à Jacques Cœur, fut érigé en duché-pairie pour les familles de Gouflier et d'Aubusson.

Saint-Rambert (3,800 hab.) est une petite ville agréablement située sur la rive gauche de la Loire , et qui parait être d'une ancienne origine. On y construit des

bateaux destinés à transporter les houilles de Saint-ÉUenne et de Rive-de-Gier jusqu'à Roanne, et ce transport donne beaucoup d'aisance aux habitants.

Saint-Galmier est une ancienne et petite ville de 3,000 habitants, située sur une hauteur près de la rive droite de la Coize et sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Roanne. Elle est surtout célèbre par sa source ferrugineuse acidulée , dont les habitants font leur boisson habituelle. On y trouve des fabriques de cierges, des tanneries et chamoiscrics.

Dans le canton de Saint-Galmier, sur la Loire, se trouve le village de Montrond, où l'on voit les ruines d'un château célèbre dans l'histoire du Forez : il servit de refuge, en 1793, à une bande royaliste chassée de Lyon, et qui y fut tuée ou prise. L'édiûce fut alors incendié.

Saint- Bonne t-U-CM tel, petite ville de 2,000 habitants, est situé dans un pays sauvage et pittoresque, sur l'ancienne voie romaine, ouverte par Agrippa, de Lyon aux Pyrénées, et sur une éminence dont le sommet était couronné jadis par le Château- Voir ou Cattrum-Vari des Romains. On y remarque ce qui reste des murailles et des tours de l'ancienne ville, ainsi que l'église paroissiale. Elle fait un grand commerce de dentelles, dont il se fabrique dans le canton 500,000 mètres par an, de serrurerie dite du Forez, de poix et de bois pour les bateaux construits à Saint-RamberL

Feurt, petite ville d'environ 3,000 âmes, est situé près de la rive droite de la Loire dans une plaine bien arrosée et fertile en grains, sur la route de Lyon à Clermont-Fcrrand.

Cette ville, qui a donné son nom au Foret, était le Forum Segvtianorum des Romains , et c'est par conséquent la ville la plus ancienne du département. Il en est peu, en effet, d'aussi riches en antiquités , et l'on y trouve des vestiges d'aqueducs , de thermes . de colonnes avec des inscriptions, de maisons antiques, un beau pavé de mosaïque, de nombreuses médailles. Ravagée plusieurs fois par les barbares, elle avait cessé dès le onzième siècle d'être la capitale du pays. Aujourd'hui elle fait le commerce de grains et de chanvre , possède de nombreuses pépinières , une source d'eau minérale acidulée et un port fréquenté sur la Loire.

La Balte d'Urfé est un château situé au milieu des bois, sur la rive gauche du Ugnon et près de la grande route de Lyon à Clermont, dans la commune de Saint- Élienne-le-Molard. C'était l'ancien séjour des comtes d'Urfé, et Honoré y écrivit, croit-on , son roman de YAslrée.

Le Château d'Urfé est situé dans la commune de Champoly, arrondissement de Roanne , sur la rive droite et vers les sources du Lignon ; il est bâti dans une position élevée , sur un mamelon pittoresque d'où l'on domine la sauvage contrée d'alentour. C'était, dans le moyen âge, le séjour des comtes d'Urfé.

Haon-le-Chatel, village de 800 âmes, a sur son territoire le château de Boity, forteiesse importante sous Charles V, et qui, sous Charles VII, devint la propriété de Jacques Cœur. L'amiral Bonnivet y naquit. Dans le canton d'Haon est la commune de Saint-André <t Apchon, où sont les ruines d'un château qui fut la résidence d'une des grandes familles du Forez , et le lieu de naissance du maréchal Saint-André. Dans la commune de Saint-André est le hameau de Saint- Alban, renommé pour ses sources minérales.

kaint-Symphorien de Lay est un gros bourg de G, 200 habitants, situé sur les bords du Gand , affluent de la Loire, qui possède une mine d'anthracite, des fours à chaux, des fabriques de mousselines, de colon et de siamoises. 11 a été" fortifié, et il reste quelques traces de ses murailles.

Doury-Argetttal, jolie petite ville de 2,600 âmes, est bâtie au bord de la Diomc, sous-affluent du Rhône , au pied de trois montagnes et dans une vallée fertile. C'est dans le département le centre de la culture du mûrier et de l'éducation des vers à soie. La soie blanche qui en provient est réputée la plus belle de l'Europe. Elle occupe dans le canton plus de 60,000 broches, dont le plus grand nombre est dans la commune de Saint-Julien-MoUlU, renommée d'ailleurs pour ses mines de plomb sulfuré. On trouve à Bourg-Argental de nombreuses filatures de soie et de coton, de belles blanchisseries de toiles, des fabriques de crêpe, de rubans, et près de là, à lardon, d'importantes pépinières.

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