TOME II
départementales sur A&l kilomètres, 9,129 chemins vicinaux sur 12,675 kilomètres, 5 rivières navigables sur 240 kilomètres; en tout, 13,716 kilomètres environ de voies de communication.
§ X. Département de Lot-et-Garonne. — Description des vili.es. — Agen, cheflieu du département, est le siège d'un évêché, d'une cour d'appel, et a une population de 14,987 habitants. Cette ville est située sur la rive droite de la Garonne, dans une plaine riche et fertile. Ses rues sont généralement étroites, irrégulières et mal bâties. On y remarque cependant une belle promenade qui longe la rive droite du fleuve et qui communique avec la rive gauche par un pont de pierre, et l'on cite parmi ses monuments la cathédrale, dédiée à saint Caprais, les églises Saint-liilaire, Saint- Élienne et des Jacobins, le grand séminaire, la bibliothèque, l'ancien palais épiscopal , actuellement l'hôtel de la préfecture , l'ancienne maison de Biaise de Monlluc et les ruines d'une enceinte romaine. La ville est dominée par une sorte de falaise on de rocher à pic appelé le mont de l'Ermitage , d'où l'on jouit d'une vue magnifique et où l'on visite une église taillée dans le roc.
Agen fait un commerce considérable de vins, d'eaux-de-vie, de pruneaux renommés, de grains et de farines; son industrie consiste principalement en manufactures de toiles à voiles, en fabriques de serges, de molletons et de toiles peintes, en distilleries d'eaux-de-vie, tanneries, etc.
Cette ville est très-ancienne et jouissait d'une grande prospérité du temps des Romains. Elle a joué un rôle important dans les guerres des Anglais et a subi un siège remarquable du temps de la Ligue. C'est la patrie de Sulpice Sévère, de Scaliger, de Bernard de Palissy, de Lacépède, de Bory-Saint-Vincent , etc.
VilUneuvt-d'Agen, chef-lieu d'arrondissement, avec une population de 12,337 habitants, était connue autrefois sous le nom de Gajac. Elle fut entièrement détruite pendant les guerres du commencement du treizième siècle et reconstruite à la fin du même siècle sous le nom de Villeneuve. Elle est bâtie régulièrement sur les deux rives du Lot, que l'on traverse sur un beau pont. On y remarque un vieux château et des restes d'anciennes fortifications. Son commerce consiste en farines, vins, eauxde-vie, fers, cuirs, etc. Les tanneries, tuileries cl martinets pour le cuivre forment sa principale industrie. A un kilomètre environ de la ville se trouve une maison de détention dont les bâtiments formaient autrefois la célèbre abbaye d'Kyuet.
Marmandc, chef-lieu d'arrondissement, est une jolie ville de 7,805 habitants, situé»» dans une agréable position sur la rive droite de la Garonne , et qui communique avec la rive gauche par un beau pont d'une seule arche. Elle est bien bâtie. On y remarque le palais de justice, le collège, l'hôtel de ville el des fontaines renommées par la bonté de leurs eaux. Son port sur la Garonne est le centre d'un commerce très-actif, qui consiste en vins, graines, farines, tabac, etc. Elle renferme aussi plusieurs tanneries, corderies et fabriques d'étoffes de laine. Celte ville, dont l'origine est ancienne, avait été fortifiée par Richard Cœur de lion. Elle prit parti pour les Albigeois et subit an siège terrible contre le roi Louis VIII et Amaury de Monlfort, après lequel toute sa population fut massacrée.
Xirac, chef-lieu d'arrondissement, peuplée de 7,058 habitants, est bâtie sur les deux rives de la Baise. La ville vieille , située sur la rive droite et adossée à une pcile
GUYENNE. 10
escarpée, est irrégulière, mal bâtie et d'un aspect triste; elle est entourée par des débris de fortifications du moyen âge. La ville neuve, qui communique avec l'ancienne par deux ponts, est mieux bâtie et limitée par de beaux boulevards. Sur le plateau dominant la ville s'élèvent les ruines de l'ancien château, et, près de la promenade de la Garenne, les ruines très-remarquables d'un palais et de thermes romains. L'industrie de Nérac consiste principalement en fabriques de grosses draperies, en ianneries, en moulins à farine. Elle fait commerce de chanvre, lin, liège, grains, vins, eauxde-vie et terrines renommées. Cette ville, qui a une origine romaine, commença à prendre de l'importance dans le quatorzième siècle, quand elle eut pour seigneurs les sires d'Albret, qui y bâtirent un château , aujourd'hui détruit et qu'habita Henri IV. Elle devint dans le seizième siècle un des boulevards du calvinisme , fut prise par Louis Xlll en 1622 ot démantelée. La révocation de l'édit de Nantes la ruina presque entièrement.
Aiguillon, petite ville de 1,800 habitants, située au confluent de la Garonne et du Lot, était autrefois une forteresse considérable qui fut vainement assiégée pendant quatorze mois par le roi Jean. On y voit encore un château très-curieux , bâti à diverses époques, ancienne résidence des ducs d'Aiguillon.
Chirac, petite ville bien bâtie et située sur la rive droite du Lot , a une population de 4,950 habitants. C'était une des places fortes des calvinistes de la Guyenne, et elle soutint deux sièges, en 1574 et en 1621. Elle fait un grand commerce de pruneaux et de figues renommées.
Tontieins, située sur la rive droite de la Garonne, a une population de 6,500 habitants et un petit port alimenté par un commerce considérable de cordages, de chanvre, de tabac , etc. On y remarque la manufacture impériale de tabac , un beau pont suspendu et une vaste place dite de l'Esplanade, occupée autrefois par un château fortifié. La culture du tabac est autorisée dans les cantons de Tonneins, de Port-Sainte- Marie et d'Aiguillon : elle occupe près de 3,000 hectares de terrains d'alluvions profondes, les seuls capables de produire cette plante épuisante.
Penne est une petite ville située sur le Lot et qui est célèbre dans l'histoire du midi sous le nom de Penne -(TA génois. C'était alors une place très-forte bâtie sur la crête (!*un coteau élevé et qui était dominé par un château fort à triple enceinte. Ce château et la ville furent pris en 1212 par Simon de Montfort, et en 1562 par Biaise de Montluc. Aujourd'hui la petite ville de Penne, placée au bas du coteau, ne compte que 800 habitants ; mais sa commune est formée de hameaux voisins qui lui donnent une population de 4,500 âmes.
§ XI. DÉPARTEMENT DE TARN - ET - GARONNE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, INDUS- TRIE, etc. — Le département de Tarn-et-Garonne est formé d'une partie des anciennes provinces de Languedoc (diocèse de Montauban, 53,178 hect.) , de Guyenne (Cniercy, 172,290 hect.; Agénois, 25,575 hect.; Rouergue, 25,709 hect.) et de Gascogne (Armagnac, 36,705 hect. ; Lomagne, 44,788 hect.). Il ne date que de 1808, où il a été constitué aux dépens des départements voisins, Aveyron , Lot , Lot-et-Garonne , Gers et Haute -Garonne, qui l'entourent aujourd'hui. Sa superficie totale est de 367.697 hectares. Sa population était : en 1821, de 238,143 habitants; en 1831, de 242,250 hab.; en 1841, de 239,297 hab.; elle est aujourd'hui de 237,553 hab.
Jl a pour chef-lieu Montauban et forme 3 arrondissements ainsi subdivisés :
Arrondissement de Montauban . . . 11 cantons, 65 communes , 106,323 habitant?.
— de Caste! -Sarraiin. 7 — RI — 70,035 —
— de Moissac 6 — 49 — 60,.V)S —
3 arrondissements ... 24 cantons, 192 communes, 237,553 habitant*.
Ce département forme le diocèse de l'éveché de Montauban, et renferme, p >ur le culte calviniste, 2 églises consistoriales (Montauban et Négrepelisse) et une faculté de théologie. 11 possède 3 tribunaux de première instance ressortissant à la cour d'appel de Toulouse, et 2 tribunaux de commerce, 3 collèges, une école normale primaire, 3 écoles supérieures et 309 écoles élémentaires, dont 204 communales. Il forme une subdivision de la 12' division militaire.
C'est un pays presque entièrement agricole, formé de plateaux dont l'altitude est d'environ 3 à 400 mètres, et qui sont creusés par des vallées généralement profondes: les principales, comme celles de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron, sont assez ouvertes pour former de belles plaines souvent inondées. Son climat est généralement beau et tempéré, mais variable; les vents dominants sont ceux de l'est et de l'ouest. Il renferme 150,000 hectares de terres labourables, 12,000 hectares de prés, 27,000 de vignes, 30,000 de b «is, 11,000 de landes, bruyères, etc. Le sol est presque partout fertile , surtout dans les vallées. La récolte en céréales y est supérieure aux besoins de la consommation; il en est de même de la récolte en vins, produisant 400,000 hectolitres : une grande moitié est convertie en eaux-de-vie et livrée à l'exportation. On récolte aussi en abondance des légumes et des fruits excellents. Le chanvre et le lin réussissent assez bien , ainsi que le mûrier blanc. On trouve des prairies artificielles, mais en quantité insuffisante pour les bestiaux, qu'on nourrit avec de la paille mêlée de légumes. Le département élève des ânes et des chevaux assez estimés, des moutons d'espèce commune, des mulets recherchés en Espagne, des abeilles et des vers à soie en assez grande quantité, et beaucoup de volailles. On compte environ 66,000 tètes de gros bétail, 260,000 moutons, 40,000 porcs, 1,000 chèvres, 9,000 chevaux, 4,000 mulets. Les richesses minérales sont peu considérables; l'exploitation ne porte guère que sur le fer, les marbres, les pierres de taille et la terre à poterie. L'industrie manufacturière est assez développée et consiste principalement en fabriques de gros draps, minoteries, tanneries, fabrication de toiles , de conserves de volailles et de pâtés de foie. Il y a encore quelques hauts fourneaux, des distilleries, quelques filatures de laine et de coton, et un petit nombre de teintureries, coutelleries, papeteries, faïenceries, etc. Les principaux articles d'exportation sont les mulets, les porcs engraissés, les farines, les eaux-de-vie et les fruits.
Il y a dans le Tarn-et-Garonne 7 routes impériales, sur 253 kilomètres; 17 routes départementales, sur 377 kil.; 3,357 chemins vicinaux, sur 6,831 kil. ; 2 rivières navigables, sur 142 kil.; en tout, plus de 7,600 kilomètres de voies de communication.
§ XII. Département de Tarn-et-Garonnï. — Description des vili.es. — Monlauban, ancienne capitale du bas Qucrcy, est aujourd'hui le chef-lieu du département et le siège d'un évêché. Elle possède en outre une église consistoriale et une faculté de
GUYENNE
théologie pour les calvinistes, un séminaire, un tribunal de première instance, un collège. Sa population est de 24,726 habitants, dont un tiers est calviniste.
Elle est agréablement située au sommet d'un plateau élevé de 175 mètres, sur la rive droite du Tarn et à son confluent avec le Tcscou. Iji ville proprement dite ou vieille ville est peu étendue, mal percée, mal bâtie; mais sur l'autre bord de la rivière se trouvent deux faubourgs qui forment une nouvelle ville, où les constructions sont belles et régulières. Les monuments de Monlauban sont peu nombreux : on ne peut guère citer que sa cathédrale, qui s'élève au centre de la ville sur une éminence; mais on admire ses promenades : la plus belle est la Terrasse, qui domine le cours du Tcscou et que soutiennent de hautes murailles , débris des fameux bastions de Paillas et du Mouslier et les seuls restes des anciennes fortifications de la ville. De là, dans les beaux temps, on aperçoit les Pyrénées, qui sont éloignées de 200 kilomètres environ.
Malgré sa belle position sous un climat très-doux et sur les bords d'un grand cours d'eau, Monlauban n'est pas en progrès. Elle était naguère très-industrieuse et possédait de riches fabriques de cadis, de flanelle, de couvertures et de lainages de toute espèce ; aujourd'hui leur nombre a bien diminué , et la population a suivi la décroissance de l'activité industrielle; toutefois on y fabrique encore des étoffes communes, beaucoup de toiles à tamis et l'on s'y occupe de minoterie. C'est aussi l'entrepôt du commerce de quelques grandes villes du midi, principalement pour les grains, vins et eaux-de-vie.
Monlauban doit son origine à une abbaye bâtie sur le mont Auriol , là où s'élève aujourd'hui la cathédrale, et à un château bâti en 1144, par un comle de Toulouse, sur une éminence voisine, le mont Alban. Elle était déjà considérable au commencement du siècle suivant; et, ayant embrassé la cause des Albigeois, elle devint l'uue des places d'armes de Raymond Roger, comte de Foix. Les croisés l'en punirent par la destruction de ses fortifications et rétablissement d'un tribunal de l'inquisition. Dans le seizième siècle Monlauban fut encore une des premières dans le midi à embrasser la cause des réformés. Cette ville leur ayant été cédée comme place de sûreté , ils s'y fortifièrent si bien, qu'elle devint, après la Rochelle, leur plus ferme boulevard. En 1621 elle eut à supporter contre Louis XIII un siège fameux. Le duc de la Force dirigea la défense, et le roi dut lever le camp après trois mois d'efforts inutiles. Richelieu s'en rendit maître en 1629 et en fit raser les fortifications. Elle fut à moitié dépeuplée par la révocation de l'édit de Nantes.
Monlauban a vu naître le littérateur Lefranc de Pompignan, le général Guibert, écrivain militaire, le conventionnel Jean -Ron- Saint -André, M. Ingres, peintre d'histoire.
Moitsae, chef-lieu d'arrondissement, peuplée de 10,655 habitants, est une ville ancienne , agréablement située dans un vaste bassin formé par des montagnes couvertes de vignes et d'arbres fruitiers; elle borde la rive droite du Tarn, qu'on y traverse sur un beau pont. Ses rues sont tortueuses, mal pavées, étroites et escarpées; elles renferment néanmoins quelques belles constructions. On y remarque les ruines d'une ancienne abbaye, une église dont le portail est du septième siècle , un énorme moulin renfermant 20 meules, etc.
Grâce aux communications que le Tarn et la Garonne lui ouvrent avec Bordeaux, cette ville se trouve dans une belle position commerciale. Avant la perte du (Canada et le développement du commerce du Havre, elle fournissait presque seule, par l'intermédiaire de Bordeaux , les minoteries pour les colonies ; aujourd'hui encore son commerce est actif en grains et farines ; celui des vins du cru , des sels, du poisson est aussi assez étendu. On y trouve quelques tanneries.
L'origine de Moissac est fort obscure. Elle a figuré dans presque toutes les guerres qui ont désolé la France méridionale et principalement dans celles des Albigeois et du seizième siècle.
Castel-Sarrazin (7,028 hab.), chef-lieu d'arrondissement, est située dans une vaste et fertile plaine à 2 kilomètres de la rive droite de la Garonne, sur le petit ruisseau de l'Azinc auquel elle doit son vrai nom (Castel-sur-Azine). C'est une assez jolie ville, propre et bien bâtie, qui jadis était fortifiée. Elle se livre à la fabrication des serges et des toiles communes; on y trouve des tanneries, teintureries, bonneteries et chapelleries. Elle fait aussi assez grand commerce de grains, d'huile et de bestiaux. C'est la patrie de l'abbé de Prades.
Brvniqwl est une petite ville de 1,200 habitants, située près du confluent de la Verre, sur la rive gauche de l'Aveyron. Un grand nombre de maisons y datent des treizième et quatorzième siècles. On y remarque, sur le sommet d'un rocher dominant l'Aveyron, les ruines d'un château fortifié construit, dit-on, par Brunehaut ou Brunichilde, qui lui aurait donné son nom. Bruniquel renferme des hauts fourneaux, de belles forges et des aflîneries.
Caussade est une vieille et jolie ville de 4,000 habitants, située sur la rive gauche de la Lerrc , affluent de l'Aveyron, et sur la roule de Cahors à Montauban, dans une plaine agréable et fertile ; on y remarque la tour de l'église paroissiale, qui est classée parmi les monuments historiques. Les faubourgs sont bien bâtis et forment boulevard autour de la ville, dout les anciennes fortifications sont détruites. Caussade fait un assez grand commerce de safran , laines , bestiaux , écorces pour faire le tan , chapons et truffes noires. 11 s'y lient des marchés pour la volaille et des foires assez fréquentées.
Caylus, ville de 5,300 habitants, agréablement située sur la Bonnette, affluent de l'Aveyron, fait un grand commerce de grains et possède les ruines d'un vieux château. Elle a donné son nom à une nièce de madame de Maintenon, célèbre par ses n •émoires, et à un antiquaire distingué.
Saint-Antonin est une ville de 5,^00 habitants, située dans une belle vallée sur la rive droite de l'Aveyron, un peu en amont du confluent de la Bonnette. Elle renferme des fabriques importantes de cuirs, cadis, serges et autres lainages. Celte petite ville , qui eut pour origine un monastère fondé en l'honneur d'un martyr , a joué un rôle important dans toutes les guerres de la Guyenne, principalement dans celles des Albigeois et des calvinistes dont elle avait embrassé la cause avec ardeur.
Xigrepetiue est une petite ville industrieuse de 3,200 âmes, située sur la rive gauche de l'Aveyron dans une charmante position , et qui est tristement célèbre par son attachement au calvinisme. Prise d'assaut en 1622 par Louis XIII, elle fut livrée aux flammes et ses habitants passés au fil de l'épée. Son château , qui domine d'une façon pittoresque le cours do l'Aveyron, survécut seul à ce désastre.
GUYENNE
Bcaumont-de-Lomagne , peuplée de plus de 4, 000 habitants, est située près de lu rive gauche de la Gimone dans une riante vallée et qui est d'une extrême fertilité , principalement en vignobles. Elle est propre, bien percée et bien bâtie, renferme des fabriques de draps communs et de lainages, et fait un commerce assez actif «le grains.
S XIII. DÉPARTEMENT DE l/AVETRON. — StATISTÎQUE, AGRICULTURE , COMMERCE , ETC. —
Le département de l'Aveyron est formé assez exactement du Rouergue. Sa superficie est de 882,171 hectares. Sa population était, en 1801, de 326,340 habitants; en 1821, de 339,ft22 habitants; en 1831, de 356,874 habitants; elle est actuellement de 394.18a habitants.
Ce département a pour chef-lieu Rhodez, et forme cinq arrondissements ainsi subdivisés :
Arrondissement de Rhodez Il cantons, 75 communes, 1 08, 588 habitants.
— de Villcfranche . . 7 — 58 — 92,534 —
— d'E&palion y — 43 — 67,698 —
— de Milbau 9 — 49 — 65,625 —
— de Saint-AiTrique . 6 — 50 — 60,03* —
5 arrondissements 42 cantons, 273 communes, 394,183 habitant*.
Ce département forme le diocèse de l'évéché de Rhodez. Il renferme une église consistoriale calviniste à Saint-Affrique , 5 tribunaux de première instance, ressortissant à la cour d'appel de Montpellier, et 4 tribunaux de commerce, un lycée , 5 collèges et 346 écoles primaires. 11 relève de la 10» division militaire.
L'Aveyron est un pays montagneux surtout dans sa partie orientale, que couvrent les contreforts des Cévennes (monts du Rouergue et plateau du Lévezou); aussi le cl mat y est-il froid, mais sain. L'agriculture n'y est pas avancée, le sol d'ailleurs est ingrat, difficile, peu fertile en grains, produisant surtout du seigle et de l'avoine, ne donnant que des vins médiocres et dont la récolle annuelle est évaluée à 300,000 hectolitres. En revanche , il renferme d'excellents pâturages et des bois riches en gibier de toute espèce; on y récolte aussi des fruits et des châtaignes. Les rivières sont trèspoissonneuses et la volaille abondante. On estime qu'il contient 364,000 hectares de terres labourables, 121,000 de prés, 35,000 de vignes, 210,000 de landes et bruyères, 83,000 de bois, etc. La principale richesse du département est dans l'élève du gros bétail , des moutons , des chevaux et des mulets; l'éducation des vers à soie y est assez importante, et l'on y fabrique les fromages renommés de Roquefort et de la Guyolt. On compte environ 120,000 télés de gros bétail, 10,000 moutons, 16,000 chèvres. Les richesses minérales sont très-considérables et consistent principalement en fer, houille, plomb, alun, zinc, marbres, kaolin, marne, gypse, etc. On y trouve des eaux minérales assez nombreuses; les plus célèbres sont celles d'Albin, de Sylvanès, de Camarès, de Prugnes, de Cransac, etc.
L'industrie est principalement métallurgique et a pris de grands développements depuis quelques années ; on y trouve des forges de cuivre, des fonderies de fer (Decazeville) et des raffineries d'alun, des mines de houille et de sulfate de fer, etc. Le département fabrique en outre des étoffes de laine , des toiles grises , des feutres, des peaux et cuirs, etc. La ganterie, la papeterie, la tonnellerie, la teinturerie commen-
2/j LIVRE HUITIÈME.
cent à prendre de l'imporlance. Le commerce consiste dans l'exportation de tous ces produits, et en fromages, bestiaux, bois, châtaignes et fruits.
Le département possède 8 roules impériales (568 loi.), 13 routes départementales (/j59 kil.) > 4,000 chemins vicinaux (16,400 kil.), une rivière navigable; en tout, 17,515 kilomètres de voies de communication.
§ XIV. Département de l'Aveyron. — Description des villes. — Hhodet, ancienne capitale du Rouergue, aujourd'hui chef-lieu du département, est le siège d'un évêché fondé au cinquième siècle ; elle renferme en outre des tribunaux de première instance et de commerce, un lycée , une école normale primaire , un dépôt d'étalons, etc. Sa population est de 10,280 habitants.
Rhodez est située, à 630 mètres au-dessus de la mer, au bas et sur le penchant d'une colline qui domine la rive droite de l'Aveyron, dont les eaux roulent avec impétuosité au pied de la v ille -, elle est petite et en général mal bâtie ; ses rues montueuses et fatigantes sont sales , étroites, tortueuses et pavées de cailloux pointus; les maisons, fort anciennes, sont bâties en bois. A l'extérieur, cette ville est moins laide, et les boulevards qui longent ses anciens remparts forment de belles promenades bien ombragées, d'où l'on jouit d'une vue magnifique. Le principal édifice est la cathédrale, l'un des plus beaux monuments gothiques de la France, commencée en 1276, et terminée au seizième siècle. Elle se fait remarquer par les vastes dimensions de sa nef, la hardiesse de ses voûtes, la beauté de ses vitraux et son clocher de 86 mètres de haut : c'est une tour carrée aux quatre angles de laquelle sont quatre tourelles surmontées des quatre évangélistes; puis elle devient successivement octogone et ronde , et se termine par une coupole qui supporte une colossale statue de la Vierge. On peut encore citer à Rhodez le palais de l'évèché , l'hôtel de ville , l'hôtel de la préfecture, le lycée bâti par les jésuites, etc.
Cette ville fait le commerce des bestiaux , des mulets et de fromages estimés dits de Roquefort. Elle renferme des fabriques de draps, de toiles grises et de chandelles, des filatures de soie et de laine, des tanneries, etc.
Elle est fort ancienne, et porta d'abord le nom celtique de Segodunum; puis , après la conquête romaine, celui des Rutfteni, dont elle était la capitale. Au cinquième siècle c'était un évéché ; et , au moyen âge , le chef-lieu d'un comté et une place forte dont les Albigeois cherchèrent vainement à s'emparer. Elle se distingua dans les guerres du seizième siècle par son attachement au catholicisme. C'est la patrie du troubadour Hugues Brunet (douzième siècle), du théologien protestant Jean de Serres , de l'érudit Monteil , etc.
VUUJranehe, chef-lieu d'arrondissement, avec 9,500 habitants, est une jolie ville, entourée de hautes montagnes dans une contrée riante et pittoresque ; elle est agréablement assise sur le penchant d'une colline près de la rive droite de l'Aveyron à son confluent avec l'Alzon ; ses rues sont bien bâties et bien percées ; au centre , se trouve la place des Couverts, sur laquelle est l'église gothique de Notre-Dame, l'un des plus beaux édifices religieux de l'Aveyron. Cette ville fait le commerce de grains, vins, bestiaux, jambons, truffes. On y fabrique de la chaudronnerie, des chapeaux et surtout des toiles de chanvre; il y a aussi quelques tanneries. C'est la patrie du maréchal de Belle-Isle.
.ogle
GUYENNE
Villefranche ne date que du treizième siècle : c'était une place forte qui eut beaucoup à souffrir des guerres de religion. On trouve dans ses environs une ancienne Chartreuse construite au milieu du quinzième siècle , et située dans une belle plaine qu'arrose l'Aveyron ; elle sert aujourd'hui d'hospice.
Espalion, chef-lieu d'arrondissement, avec une population de 6,318 habitants, est située sur la rive gauche du Lot dans un bassin verdoyant parsemé de vignes et do prairies; elle est bien percée et bien bâtie. Sur l'autre rive du Lot se dressent 1«'S hauteurs escarpées de Calmont et de Roquclaure, où s'élèvent les ruines pittoresque* de deux anciens châteaux gothiques.
Cette ville fait le commerce de laines, de vins et de basanes pour reliures; elle possède quelques filatures de laine et quelques tanneries.
Milhau, chef-lieu d'arrondissement de 10,000 habitants, est une ville assez bien bâtie, aux rues étroites mais bien tracées, située sur la rive gauche du Tarn, un peu en aval du confluent de la Dourbic, dans un bassin fertile, et qu'entourent de magnifiques coteaux. C'est la plus animée et la plus commerçante du département ; elle possède de nombreuses fabriques de gants, des tanneries et mégisseries importantes, et des chamoiseries renommées; son commerce consiste principalement en laine* filées et en suint, en cuirs, bois de construction, vins, fromages de Roquefort, bestiaux, chapeaux, gants, etc. — A 2 kilomètres au sud-ouest se trouve le petit village de Creistels (700 hab.), remarquable par une cascade de plus de 30 mètres et un rue lier formé d'arbres pétrifiés.
Milhau, qui est, dit-on, d'origine romaine, fut une des villes qui embrassèrent h calvinisme avec le plus d'ardeur; elle subit des attaques nombreuses de la part des catholiques et eut ses fortifications détruites sous Louis XIII. La révocation de ledit de Nantes la dépeupla presque entièrement , et elle n'a repris sa prospérité que do nos jours. Elle renferme une église réformée. C'est la patrie de M. do Ronald.
Saint- Afrique, chef- lieu d'arrondissement de 6,620 habitants, avec une église consistoriale calviniste, est une ville ancienne, située sur la Sorguc ; ses rues sont larges et bien percées, et elle ne renferme aucun monument remarquable; mais elle possède des fabriques de draps et de ratines, des tanneries, des mégisseries, e» fait un commerce considérable de laines et de fromages de Roquefort.
Saint-Afinque était encore une des places d'armes des calvinistes : elle fut prise et démantelée par Louis XIII.
Roquefort est un village de 3 à 400 habitants, situé à 1 myriamètre de Saint- AITrique sur le plateau de Larzac , et qui depuis huit siècles est renommé pour ses fromages. Il est bâti sur le flanc d'un mamelon a base d'argile et dont le sommet , formé de rochers calcaires, est percé de plusieurs rangs de caves. C'est dans ces caves, dont l'air est toujours sec , que se conservent les fromages de Roquefort.
Silvanès est un joli village de 500 habitants , situé entre la Sorgue et le Dourdou , dans un vallon escarpé, au milieu de coteaux boisés de l'aspect le plus pittoresque. Il est célèbre par ses sources d'eaux thermales et son établissement de bains.
Pont de Camarès ou Camarèt est une petite ville d'environ 2,500 hahitants, située sur la rive droite du Dourdou, et célèbre par ses sources d'eaux gazeuses, ferrugineuses et froides.