‹ Géographie UniverselleChapitre 3 sur 93 · TOME H · texte numérisé non relu

TOME H

Saint- nome-de-Tarn est une petite ville de 3,038 habitants, située sur lu rive gauche du Tarn , et à laquelle de vieilles murailles donnent un aspect imposant ; mais l'intérieur est sale , triste et sombre. C'était une ville forte qui a subi plusieurs sièges.

Cransac est un village foit ancien situé sur la Diége, affluent du Lot; il a près d'un millier d'habitants. Ses eaux minérales, manganésiennes et magnésiennes sulfatées, les seules connues en Europe jusqu'à ce jour, l'ont rendu célèbre.

Un peu au nord-ouest de Cransac se trouve la montagne brûlante ou volcan de Fontagnet qui a 130 mètres de hauteur, et dont le cratère parait en feu pendant la nuit. Un autre volcan de même nature , celui de la Buègne, est à peu de distance de celte montagne.

Aubin est une petite ville de l'arrondissement de Villefranche, à 5 kilomètres de la rive droite du Lot, qui renferme 3,500 habitants et consiste en une longue rue bâtie sur le penchant d'une colline. Son territoire est très-abondant en mines de houille, de fer, d'alun, etc. Ce bassin houiller renferme dix concessions et donne annuellement 1,700,000 quintaux métriques qui sont presque entièrement employés dans les usines de Decazoville et de la Forésie. Aubin fait encore commerce de toiles, et ses environs renferment des hauts fourneaux et des forges.

Derazeville est une petite ville nouvelle du canton d'Aubin, située à 2 kilomètres de la rive gauche du Lot, et qui compte aujourd'hui plus de 4,000 habitants. Elle est bâtie sur un terrain où n'existait pas une seule maison avant 1830, et doit son origine aux forges importantes qu'on y a créées. L'établissement de Decazeville, qui doit son nom au duc Dccaze, son ancien propriétaire, se compose de 2 usines distantes de h kilomètres, celle de Decazeville et celle de la Forésie, qui renferment toutes deux plusieurs hauts fourneaux et des fonderies. On y fabrique annuellement 12 à 15 millions de kilogrammes de fer de toute espèce; plus de 2,000 ouvriers y sont employés.

Aubrac, petit village de 200 habitants, est situé dans les montagnes du même nom, où les habitants élèvent de nombreuses bôtes à laine et à cornes destinées aux boucheries de Provence et du Languedoc. On y remarque les intéressantes ruines de la célèbre Domeric d'Aubrac , maison hospitalière fondée en 1031 dont le supérieur portait le titre de Dom, et dont les chevaliers, d'abord au nombre do douze, servaient de guides aux voyageurs dans les gorges des montagnes du pays. Cet ordre s'accrut rapidement, et eut bientôt des hôpitaux ou commanderai dans un grand nombre de villes telles que Rhodez, Milhau, etc. L'abbaye d'Aubrac, enrichie par une foule de dons pieux, excita plus d'une fois la cupidité des templiers et des chevaliers de Malte, qui essayèrent, mais eu vain, de s'en rendre maîtres.

Ia Guioltj bourg de 2,000 habitants, est bâtie dans une contrée sauvage et montagneuse, près de la petite rivière de la Selve, sur une montagne basaltique de 1,100 mètres d'élévation, où l'on jouit de l'air le plus pur; c'est l'entrepôt de tous les fromages des environs.

Sainl-Geniez-de-Rive-d'Olt est une petite ville de 3,720 habitants, propre et bien bâtie sur les bords du Lot (en latin Ollis). Elle est célèbre depuis le quatorzième siècle par -es fabriques de draps, les plus anciennes de la Guyenne, de cadis, de couvertures, etc.

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Sévcrac-k Châteati est une ville de 3,000 âmes, située sur le flanc d'une montagne conique fort escarpée , près de la rive gauche de l'Aveyron , non loin de ses sources, à 812 mètres d'élévation. C'est une vieille ville mal bâtie, aux rues étroites et escarpées; dans sa partie haute se trouvent deux belles terrasses d'où l'on jouit d'une vue magnifique et qui sont dominées par un ancien château fort. Ce château, qui passait pour imprenable, était l'une des places d'armes des Albigeois, et il fut assiégé par Louis XI.

§ XV. — DÉPARTEMENT DO LOT. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE, ETC. —

Le département du Lot a été formé du Quercy, province de l'ancienne Guyenne. Sa superficie est de 398,406 hectares. La population était, en 1801 , de 377,207 habitants; en 1821, de 275,296 habitants; en 1831, de 284,505 habitants; elle est aujourd'hui de 296,224 âmes.

Ce département a pour chef-lieu Cahors, et forme trois arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Caliors. . 12 cantons, 127 communes, 1 1 S, "» 15 habitants.

— dcFigcac. . 8 — 112 — »i,3kâ —

— deGounlon. 9 — 73 — 83,364 —

3 arrondissements 29 cantons, 312 communes, 2 0,224 habitants.

11 forme le diocèse de l'évéché de Cahors , et renferme 3 tribunaux de première instance ressortissant à la cour d'appel d'Agen, et un tribunal de commerce à Cahors, un lycée, 2 collèges, une école normale primaire et 383 écoles élémentaires, dont 214 écoles communales. 11 relève de la 12* division militaire (Toulouse).

Ce département, presque entièrement agricole, est assez monlueux à l'est où se ramifient les contreforts du Cantal , qui viennent s'effacer dans la partie centrale du département, formée par le vaste plateau qui sépare le Lot et la Dordogne. Les parties hautes sont généralement rocailleuses et peu fertiles; les vallées sont au contraire trèsproductives. Le climat est très-inégal : l'hiver règne encore sur les plateaux à l'est de Figeac quand le printemps commence dans les vallées du Lot et de la Dordogne; L'époque de la moisson diffère de près d'un mois dans les parties hautes et les parties basses. Le pays produit en abondance des céréales, du chanvre, du tabac, des fruits et surtout des vins, dont les plus renommés sont ceux de Cahors. L'excédant en céréales est considérable , et l'on exporte les trois cinquièmes des vins , dont la récolte annuelle s'élève à environ 600,000 hectolitres. Il y a dans le Lot 230,000 hectares environ mis en culture, 87,000 de vignes et 58,000 de bois. On y élève des bètes à laine, des porcs et des volailles estimées; on s'y occupe peu de l'éducation des abeilles, mais celle des vers à soie y est très-active, et l'on y a planté des mûriers blancs presque partout. Le département produit de bons fruits , surtout des prunes , une très-grande quantité de truffes dites du Périgord , et c'est un de ceux jù le tabac est cultivé : cette culture occupe 2,000 hectares. Il renferme à peu près 7,000 chevaux, 6,000 mulets, 6,000 ânes, 60,000 têtes de gros bétail, 400,000 moutons, 50,000 porcs et 8,000 chèvres. Les richesses minérales appartiennent surtout â la région montagneuse et consistent en fer, granit, grès, marbres, pierres de taille, lithographiques, meulières, à chaux et h poterie. Le Lot renferme aussi quelques tourbières. Parmi les

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sources d'eaux minérales, on doit citer celles de Miers, de la Garde et de Gramat, qui sont les plus fréquentées.

L'industrie est fort arriérée, on ne compte guère dans le département que quelques forges à la catalane, des fabriques de tuiles et poteries, de ratines, de cardes et bonneteries de laine; il y a encore des tanneries, quelques houillères mal exploitées et des papeteries communes. L'exportation consiste surtout dans les vins, les farines et les grains; viennent ensuite les toiles, le chanvre et la laine, les porcs, les truffes et les conserves de volaille.

0:i compte dans le Lot h routes impériales sur 273 kilomètres, 19 routes départementales sur Cil kil., 5,500 chemins vicinaux sur 22,884 kil., 2 rivières navigables sur 103 kil. ; en tout, 23,050 kilomètres environ de voies de communication.

§ XVI. Département nu Lot. — Description des villes. — Caftort, ancienne capitale du Quercy, aujourd'hui chef-lieu du département du Lot, est le siège d'un éveché datant du troisième siècle; elle renferme des tribunaux de première instance et de commerce, un lycée, une bibliothèque, etc. Sa population est de 13,350 habitants.

Elle est située sur la rive gauche du Lot, dont le cours l'enveloppe presque entièrement ; la presqu'île qu'elle occupe est dominée par un vaste demi-cercle de rochers à pic; la ville elle-même est assise sur le flanc d'un coteau de celte nature, et se divise en haute et basse; l'intérieur en est généralement peu agréable; les rues sont tortueuses, inégales, étroites, et descendent jusqu'au bord de la rivière; quelquesunes plus modernes sont bien percées et assez bien bâties. Cette ville renferme quelques monuments assez remarquables: l'ancien évéché, aujourd'hui la préfecture; l'ancien séminaire transformé en caserne; le lycée, devant lequel on a élevé, en 1820, une statue de Fénelon ; la cathédrale, construite à différentes époques, et commencée sur les débris d'un temple antique. Elle présente encore au levant des restes de tours et de murailles, un pont qui date du treizième siècle, les débris du Cirque des Cadurques , ancien théâtre romain dans un des faubourgs ; enfin les ruines d'un aqueduc de 25 kilomètres en partie taillé dans le roc, et qui, du temps des Romains, amenait les eaux du val Saint-Martin-de-Vern aux thermes et autres édifices de la ville.

Cahorsfait un assez grand commerce de truffes, de vins estimés, d'eaux-de-vic et de cuirs. C'e>t la patrie du pape Jean XXII, du poète Clément Marot, du romancier la Calprcnèdc cl du général Ramel, assassiné à Toulouse en 1815.

Cette ville, capitale du pays des Cadurci, s'appelait, sous les Romains, Divona Cadur* rorum; elle était alors importante et par quatre voies militaires se reliait à Bordeaux, Périgueux, Lyon et Toulouse. Elle fut ravagée par tous les barbares, devint la capitale d'un comté vassal des comtes de Toulouse , et embrassa la cause des Albigeois, Elle subit plusieurs sièges pendant la guerre des Anglais. Au seizième siècle, ses habitants se partagèrent entre la réforme et le catholicisme, et en 1580, Henri IV, alors roi de Navarre , ne put s'en rendre maître qu'après une bataille de cinq jours dans les rues de la ville. Jean XXII avait doté cette ville d'une université où Cujas enseigna le droit et où Fénelon étudia.

Fitjcac, chef-lieu d'arrondissement de 7,433 habitants, est située sur la rive droite du Sellé et les pentes inférieures d'une colline que baigne la rivière, au milieu d'un

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riant paysage que borne un amphithéâtre de hauteurs couronnées de bois, de rochers ou de vignes. Elle est d'ailleurs laide et mal bâtie , avec des rues étroites ei irrégugulières, et fait un assez grand commerce de vins et de bestiaux. Elle était jadis fortifiée, et l'on y trouve de vieux édifices très-curieux : deux belles églises qui datent du onzième siècle; les Aiguilles, sorte d'obélisques qui étaient sans doute destinés à servir de phares à cause des forêts qui entouraient la ville-, le château de la Baleine, situé près du rempart, édifice curieux, aux murs épais, sans fenêtres, avec une seule porte au rez-de-chaussée, qui sert aujourd'hui de palais de justice, et qui jadis a dû être une forteresse. Cette ville doit son origine à une abbaye fondée par Pépin et qui jouit d'une grande réputation. Attaquée vainement par 30,000 huguenots en 1568, elle leur fut livrée en 1576 et subit toutes les horreurs d'une prise d'assaut; elle ne rentra au pouvoir des catholiques qu'en 1622, et Louis XIII en fit détruire la citadelle et les fortifications. C'est la patrie de Champollion, auquel on a élevé un obélisque.

Gourdon, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, est une petite ville de 5,000 habitants, située sur la Bleue, affluent de la Dordogne; elle est bâtie sur le flanc d'une éminence sablonneuse et s'appuie à un rocher couvert de massifs de peupliers. Sa position naturellement forte lui donnait une importance militaire au moyen âge ; elle était alors entourée de remparts et fermée de quatre portes flanquées de tours. On y remarque ses deux églises, et au sommet d'un rocher, les ruines d'un ancien château que le duc de Mayenne fit démolir en 1619.

Gourdon fait le commerce d'étoffes, de toiles à voiles, de chapeaux, de vins et de noix. Dans son arrondissement se trouve Cressemac, bourg de 1,000 habitants, qui est le centre du commerce des truffes dans le département,

Castelnau de Moniralier est une ville de 6,000 habitants, bâtie en fer à cheval sur les flancs d'une colline escarpée, et qui fut jadis fortifiée; on voit encore des restes de ses hautes murailles, et l'église ainsi que le presbytère faisaient autrefois partie de son château fort. Elle doit son nom à Ratier , lieutenant de Simon de Montfort.

Luzech est une bourg de 1,200 habitants situé sur le flanc d'une colline dans une presqu'île étroite formée par le Lot. On y trouve des restes de monuments celtiques et de retranchements qui on», donné lieu de croire que c'était l'ancienne Uxellodunum.

Duravel est une petite ville de 2,300 habitants, située sur la rive droite du Lot dans un canton fertile , et qui possède une belle église datant du huitième siècle. C'est , â ce que l'on croit, l'ancienne Diolidinum des Romains, sur la route militaire de Lyon à BoruVaux. Au moyen âge, c'était une place forte importante, où la garnison de Cahors, sous Charles V, se retira et résista victorieusement aux Anglais.

Monteur} est une ville de 2,356 habitants, située sur un mamelon isolé entre deux vallées, dans une forte position qui au moyen âge en avait fait une clef du Quercy. Sur la hauteur s'élève encore une tour de 30 mètres de hauteur, débris de l'ancien château qui commandait les environs.

Brétenoux est une petite ville d'un millier d'habitants, située près du ruisseau de la Cèrc, assez bien bâtie et qui était autrefois fortifiée. Près de là se trouve le château de Caslelnau, remarquable par sa forme triangulaire, les trois grosses tours rondes dont

ses angles sont flanqués, et la tour carrée de 60 mètres qui servait de beffroi. Les seigneurs de Castelnau de Brétenoux se disaient les deuxièmes barons chrétiens de France.

Capdenac, que l'on croit être l'ancienne Uxeltodunum, est un bourg de 1 ,200 habitants, bâti au sommet d'une colline dominant la rive droite du Lot, qui l'entoure presque entièrement. C'était encore au moyen âge une ville importante qui, après avoir été disputée par les Anglais et les Français, servit de place d'armes aux réformés et de retraite à Sully ; celui-ci en fit don a Louis XIII après la paix de Montpellier. Do toutes ses fortifications il ne reste plus que les tours des portes et une tour de la citadelle.

Saint-Céré, petite ville de plus de 4,000 habitants, est bâtie au milieu de coteaux verdoyants dans une île formée par la Bave, affluent de la Dordogne. Au treizième siècle , c'était une cité fort importante , appartenant aux vicomtes de Turenne ; aujourd'hui elle fait un grand commerce de chapeaux et de toiles. Au nord de la ville se trouve un plateau elliptique entouré d'anciennes fortifications où une seule porte ogivale donne accès à l'ouest. Aux deux extrémités du plus grand diamètre, qui a 80 mètres, s'élèvent deux tours carrées et isolées nommées tours de Saint-Laurent, entre lesquelles se trouvent les ruines d'un fort. On suppose que ce sont d'anciennes fortifications romaines réparées à plusieurs reprises pendant le moyen âge.

Rocamadour, bâti au sommet d'un rocher que couronnent les ruines d'un vieux château, est un bourg de 1,500 habitants, près des bords de l'Alzon. Il est célèbre par son oratoire , qui semble dater des premiers temps du christianisme et auquel on parvient par un escalier de 200 marches. On y remarque deux églises, l'une dédiée à la Vierge , l'autre au martyr saint Aruadour; celle-ci est souterraine et placée directement au-dessous de la première. L'église Notre-Dame n'offre rien de remarquable qu'une lourde épée appendue au mur par une chaîne , et que l'on dit être la fameuse Durandal du paladin Roland. Cet oratoire a joui de tout temps d'une grande vénération ; il est encore aujourd'hui le but d'un pèlerinage très-fréquenlé.

Souillac est une petite ville de 3,248 habitants, située sur la rive droite de la Dordogne et sur la route de Paris à Toulouse. Elle est assez bien bâtie, et s'accroît de jour en jour. Elle renferme une manufacture de canons de fusil , des taillanderies et des fabriques de gros draps. Son commerce est assez actif en vins, sels, merrain, truffes et volaille. Elle doit son origine à une ancienne abbaye de bénédictins, dont l'église sert aujourd'hui de paroisse. Elle a été prise et pillée par les Anglais en 1652, et par les calvinistes en 1462.

Près de Souillac existent deux fontaines, le Gourg et le Doufey, sortant la première du vallon de Blagour, l'autre de la montagne du Puy-Martin; elles sont intermittentes, ne coulent jamais ensemble et se succèdent immédiatement l'une à l'autre. L'éruption du Bouley est habituellement précédée d'un bruit souterrain , et l'eau qui s'échappe en sifflant produit une commotion dans la montagne.

,5 XVII. DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, COMMERCE, ETO.

— Ce département est formé de la Guyenne pour l'Agénois (90,250 hect.), et le Périgord (786,048 hect.), du Limousin (25,858 hect.), et de l'Angoumois (30,250 hect.). Sa superficie totale est de 898,274 hectares. Sa population était, en 1801, de 409,475 habi-

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tanls, en 1821 , de 453,136 habitants, en 1831 , de 482,750 habitants: aujourd'hui elle est de 505,789.

11 a pour chef-lieu , Périgueux , et forme cinq arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Périgûeui . . 9 cantons, 1 13 communes, 1 1 0,7 '«H habitants.

— de Bergerac. . . 13 — 174 — H8,î47 —

— deNonrron. . . s — 80 — 86,697 —

— de Ribérac. . . . 7 — 85 — 73,177 —

— de Sarlat. . . . 10 — 133 — 116,020 —

j arrondissements 47 cantons, 686 communes, i0i,"89 habitants.

Il fonnc le diocèse de l'évêché de Périgueux , et renferme 2 églises consisloriales calvinistes à Mont-Caret et à Bergerac, 5 tribunaux de première instance ressortissant à la cour d'appel de Bordeaux, et 3 tribunaux de commerce, 3 collèges à Bergerac, Périgueux et Sarlat, une école normale primaire, 3 écoles supérieures et 626 écoles élémentaires. Il forme une subdivision de la W division militaire.

Ce département est généralement montueux , surtout aux environs de Nontron et de Sarlat, mais sans offrir des hauteurs considérables. Les collines qui le sillonnent en tous sens appartiennent aux contre-forts méridionaux des monts du Limousin ou à ceux des monts du Périgord , qui y forment de nombreux plateaux coupés par d'étroites vallées. Le sol y est le plus souvent aride , peu productif, excepté dans les vallées de l'Isle et de la Dordogne, qui seules offrent quelque largeur. Le terrain est généralement calcaire, le plus souvent nu, quelquefois couvert de vignes et de bois. Sur les plateaux , il n'est pas rare de rencontrer de vastes plaines presque désertes où l'on ne trouve que des bruyères, des genêts ou des bois de châtaigniers dont l'uniformité n'est interrompue que par des marécages. Le sol mis en culture ou en prés n'est guère que de 300,000 hectares; il y a environ 170,000 hectares de châtaigniers, 89,994 hectares de vignes, et plus de 250,000 hectares de landes et terres incultes.

On récolte dans ce département du mais , du seigle , du sarrasin , un peu de froment, mais les céréales sont insuffisantes pour la consommation; on y supplée par les châtaignes. Celle des vins est au contraire considérable (770,225 hectol. par an), et forme une des principales richesses du pays: on en exporte la moitié soit en nature, soit en eaux-de-vie. Les crus les plus estimés sont ceux de la Terrasse, de Sainte-Foy, de Saucé. On recueille encore en assez grande abondance des pommes de terre, du chanvre et des truffes renommées. Les forêts sont nombreuses, et l'es-ence de chêne y domine. Il se fait une élève considérable de gros bétail, mais la race bovine y est chétive , de moutons, de porcs et de volaille. On compte environ 125,000 têtes de gros bétail, 160,000 porcs, 600,000 moutons, 10,000 chèvres, 16,000 chevaux, 10,000 mulets, 18,000 ânes. On s'occupe aussi de vers à soie dans quelques cantons.

Les richesses minérales sont importantes et consistent en houille, manganèse, marbres, albâtre, etc., et surtout en pierre meulière et fer qu'on exploite activement. Les principales sources d'eaux minérales sont celles de BandicaUt, de YhU, de la Bachelerie et de Panistout; ces dernières sont les plus fréquentées.

L'industrie consiste surtout dans les usines à fer et les papeteries ; il y a aussi des

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tanneries, des tuileries, des briqueteries, des chapelleries, des teintureries, des distilleries, des faïenceries, etc. Le commerce consiste dans les produits du sol, principalement dans les vins, les volailles, les truffes, les fers, les papiers, etc.

Le département possède 5 routes impériales sur 360 kilomètres, 14 roules départementales sur 707 kil., 5,820 chemins vicinaux sur 10,476 kil., 4 rivières navigables sur 266 kil. ; en tout, 11,810 kilomètres de voies de communication.

S XVIII. DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE. — DESCRIPTION DES VILLES. — PèrUfUeUX ,

chef-lieu du département de la Dordogne, a une population de 12,187 habitants, un évêché , des tribunaux de première instance et de commerce , et un collège communal. Cette ville, disposée en amphithéâtre, est adossée à une colline sur la rive droite de i'isle, et se divise en deux parties, l'ancienne ville et le Puy-Sainl-Front : la première présente des rues étroites et des constructions irrégulières mais solides. Ses anciennes fortifications ont été démolies pour faire place à des boulevards, et une belle promenade disposée en terrasse, le cours de Tourny, domine la vallée de I'isle et présente des points de vue très-pittoresques. On remarque à Périgueux la cathédrale de Saint-Front , type très-curieux d'architecture byzantine et dont la construction remonte au onzième siècle; la bibliothèque, l'hôtel de la préfecture, le palais de justice. les ruines d'un amphithéâtre ayant près de 400 mètres de circonférence, ainsi que celles d une tour de 64 mètres de circonférence, dite tour de Yésone. L'industrie de cette ville consiste principalement en filatures de laine , distilleries d'eaude-vie, fabriques d'étamines, bonneterie, coutellerie. Elle fait en outre un commerce considérable de farines, d'épiceries, de fer, de bois, de cuirs, de gibier, de truffes et de pâtés renommés.

Périgueux, l'ancienne lesunna, était, à l'époque de l'invasion romaine, la capitale des Pcfnxorii. Elle reçut de grands accroissements sous les Romains, et se trouvant placée au centre de cinq roules, elle devint une position importante, défendue par une citadelle et couverte par trois camps. Périgueux a souvent figuré dans les guerres du moyen âge. Prise par Philippe-Auguste, elle fut rendue aux Anglais par saint Louis en même temps que l'Aquitaine; prise de nouveau par Philippe le Bel, rec onquise par les Anglais au traité de Bretigny, en 1360, elle fut reprise définitivement par Charles V. A l'époque des guerres de religion, les calvinistes s'en emparèrent et la Bardèrent comme place de sûreté jusqu'en 1581. Enfin, en 1651 , pendant la guerre de la Fronde , elle tomba au pouvoir du prince de Condé , et ne revint que deux ans après sous la domination royale.

Bergerac, chef-lieu d'arrondissement, de 10,100 habitants, avec des tribunaux de pi ornière instance et de commerce , et un collège communal , est située sur les bords de la Dordogne , dans une plaine fertile et entourée de riches vignobles; elîe est généralement mal bâtie et formée de rues tortueuses et irrégulières , n'a pas de monuments remarquables, et fait un commerce considérable de grains, de truffes, d'eaux-de-vie et de vins blancs. Son industrie consiste principalement en fabriques de liqueurs fines • t 'ie produits chimiques , en forges et en tanneries.

Bergerac, qui avait eu une grande importance dans le moyen âge, devint, à l'époque t'es guerres de religion , une des principales villes de la réforme ; elle comptait alors, i|it-on, 40,000 habitants, presque tous calvinistes. Prise par Louis XIII eu 1621 , elle

eul ses fortifications rasées, et fut en partie dépeuplée par la révocation de l'édit de Nantes. C'est la patrie de Cyrano de Bergerac, des maréchaux de Biron et de la Force, etc.

Xontron, chef-lieu d'arrondissement, siège d'un tribunal de première instance, avoc une population de 3,600 habitante , est située dans un pays agréable , sur les bords d'une petite rivière, le Bandiat, sous-alïluent de gauche de la Charente. Elle est trèsmal bâtie. Ses environs sont riches en mines de fer qui alimentent un grand nombre de forges.

Cette ville était autrefois fortifiée. En 1570 elle soutint un siège mémorable contre l'amiral de Coligny; après une résistance désespérée , elle fut emportée d'assaut, et sa population massacrée.

Ribtrac, chef- lieu d'arrondissement, siège d'un tribunal de première instance, avec une population de 3,643 habitants, était autrefois défendue par un château appartenant aux vicomtes de Turenne. Elle est irrégulièrement bâtie , mais bien située sur la Dronne et dans une plaine fertile. Son commerce consiste en grains, toiles, tanneries, etc.

Sarlat, chef-lieu d'arrondissement, renferme des tribunaux de première instance et de commerce, avec un collège communal et une population de 5,960 habitants. C'est ane ville irrégulière, mal bâtie et resserrée de tous côtés par des collines arides. F.lle a soutenu plusieurs sièges, notamment en 1562 et en 1574, où elle résista aux protestants.

Brantôme, ville de 2,780 habitants, est bâtie dans une lie sur la Dronne. A quelque distance se trouve l'abbaye de Brantôme , vaste construction dont la fondation remonte à Louis le Débonnaire. Elle fut possédée en commende par le célèbre historien du même nom , qui y composa une partie de ses ouvrages.

Excideuil est une petite ville de 1,007 habitants, autrefois défendue par un château dont il reste quelques ruines. C'est la patrie du maréchal Bugeaud.

Biron, village de 550 habitants, était autrefois fortifié, et fut pris par les Anglais en U63. 11 fut érigé en duché-pairie par Henri IV en faveur du maréchal de Biron, qui fut décapité en 1602. On y remarque un beau château, où se trouve le tombeau du maréchal.

Mmiidan (1,7/tA hab.) est une petite ville bien bâtie, au confluent de l'isle et de la Crempre. Elle était autrefois fortifiée. Prise en 1563 par les protestants, elle fut reprise six ans après par le maréchal de Cossé-Brissac , qui fut tué à ce siège.

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