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VOITOU. — DÉPARTEMENTS DE LA VIENNE, DES DEOX-SEVIIES ET DE LA VENDÉE

«j I. Limites et subdivisions. — Le Poitou était borné à l'ouest par l'Océan ; au midi par l'Aunis, la Saintonge et l'Angoumois; à l'est par le Limousin , la Marche, le Berry et la Touraine; au nord par l'Anjou et la Bretagne. Il avait plus de 120 kilomètres du nord au sud , sur 240 kilomètres de l'ouest à l'est , et sa superficie était de 2 ,01 0 ,376 heclares. On le divisait en haut Poitou à l'est , et bat Poitou à l'ouest. Le premier, où l'on distinguait le Niortau, la Gatine, le Thouartaie, etc., avait pour capitale Poitiers, et le second, qui comprenait le Luçonnais el YOlonnait, avait pour ville principale Fontcnay- le -Comte. Le Poitou, avant la révolution, formait un gouvernement militaire, dont la capitale était Poitiers, et une généralité, qui se divisait eu neuf

élections; il était du ressort du parlement de Paris, et il y avait à Poitiers un présidîal. Il comprenait trois évèchés suffragants de Bordeaux, Poitiers, Luçon et la Rochelle.

Cette province forme aujourd'hui la majeure partie des trois départements de la Vendée (bas Poitou), des Deux-Sèvres et de la Vienne (haut Poitou), et une petite partie des départements de la Charente , de la Charente-Inférieure , de la Haute- Vienne, de la Creuse et d'Indre-et-Loire.

La population totale du Poitou était, en 1789, de 690,500 habitants; celle des trois départements qu'il a formés est de 1,024,654 habitants.

§ II. Orographie. — La charpente orographique du Poitou se compose des hauteurs qui séparent les bassins côtiers de la Charente, de la Sevré, du Lay, etc., du grand bassin de la Loire. Nous avons déjà dit que l'origine de ces hauteurs était au plateau, de Chalus, et qu'elles prenaient successivement les noms de monis du Poitou, plateau de Gatine, collines du Bocage. Leur développement est d'environ 130 kilomètres, et leur élévation moyenne de 150 mètres seulement.

Les monts ou collines du Poitou pénètrent dans la province à l'ouest de Confolcns, entre la Charente et la Vienne , et se dirigent généralement au nord-ouest par Civray„ Melle, Saint-Maixent et Parthenay, séparant la Charente et ses affluents, la Sèvre et ses affluents, de la Vienne, du Clain et du Thouet. Vers les sources de la Vonne, b chaîne est coupée par une gorge profonde , qu'on appelle Puits d'Enfer, qui est formée par des murailles de gneiss, et c'est là à peu près qu'elle s'élargit dans le plateau de Ga ine. Les collines du Poitou ont généralement pour noyau une argile, que recouvrent des roches tantôt siliceuses, tantôt calcaires. Elles sont coupées : 1* par la grande route et le chemin de fer de Poitiers à Angouléme ; 2* par la route de Poitiers à Niort. Leurs sommets comme leurs pentes sont partout cultivés, et les points les plus élevéssont : Saint-Martin du Fouilloux (272 m.), Secondigny (250 m.), Govx (182 m.), etc. Les contre-forts sont de môme nature et de même élévation; les plus longs et les plus élevés se dirigent au sud-ouest.

A partir du Puits d'Enfer commence le plateau de Gatine, qui s'étend à peu près jusque vers Pouzauges et occupe environ 200,000 mètres de superficie. Il est généralement granitique, à l'exception de ses revers, qui s'abaissent, au nord-est sur la rive gauche du Thouet , au sud-ouest vers les cours de la Sèvre niortaise , de l'Autise , do la Vendée, et sur lesquels, dans toute leur longueur, le granit est séparé du terrain calcaire par un banc très-profond d'argile et quelquefois de schiste. Ce plateau e*t généralement couvert de belles forêts, et présente quelques mamelons remarquables, tels que la montagne de Saint-Martin (278 m.), aux sources de l'Auzance, et les hauteurs de Montovrnois et de Pouzauges, à l'extrémité nord ouest du plateau. Il n'est coupé que par Un petit nombre de mauvaises routes.

Les hauteurs du Bocage partent de Pouzauges , se dirigent au nord-ouest vers les Herbiers, puis, couvrant le pays depuis Morlagne et Montaigu au nord jusque vers les Essarts et Belleville au sud, où elles encadrent la rive droite du petit Lay, elles vont s'effacer sur les deux rives de la Boulogne, dans un vaste plateau où l'on aperçoit encore des collines assez élevées. Les principaux sommets sont: à l'est, le mont Mercure ou Saint -Michel (285 m.), au nord -ouest de Pouzauges, et le mont des

Alouettes, au nord-est et près des Herbiers, point culminant de toute cette partie de la chaîne , et qui n'a pas moins de 300 mètres.

Le plateau de Gatine et les hauteurs du Bocage jettent de petits contre-forts peu élevés, peu étendus, mais qui sont très-confus et constituent des vallées étroites et très-encaissées. Les terrains qui constituent ces contre-forts paraissent d'une formation postérieure à celle de la chaîne principale : la base est une stéatite qui se mêle à des bancs de gneiss et de granit

§ III. Hydrogiuphie. — Le versant sud-ouest des collines du Poitou donne des eaux aux petits bassins de la Charente , de la Sèvre, du Lay, de la Vie; le versant nord-est donne des eaux au grand bassin de la Loire.

l'ertant du sud-ouest. — I. La Charente n'appartient à la province que par le coude qu'elle fait dans la partio septentrionale de son cours et pendant 30 kilomètres; elle passe alors à Givray. Elle lui appartient encore par les cours supérieurs de quelques-uns de ses affluents: le principal est la Boulonne, qui s'y grossit de la Béronne passant à Melle. Les vallées de ces deux rivières sont remarquables par les belles prairies qu'elles inondent périodiquement.

II. La Sèvre nùtrtaise prend sa source dans les collines du Poitou, coule dans une vallée profonde et encadrée par des coteaux granitiques assez élevés, tantôt hérissés de vieux chênes, tantôt sillonnés de ravins; elle arrose Saint-Maixent, traverse, par on cours très-lent et que retardent encore ses sinuosités, de belles prairies, que souvent elle inonde , arrive à Niort, où elle devient navigable, coule dans un Ut très-plat , et se divise en plusieurs bras formant de nombreuses Iles basses et inondées; elle sépare le Poitou de l'Aunis, arrose Marans, sur la rive gauche, et, à 8 kilomètres en aval de cette ville, va se jeter dans le permis Breton, au fond de l'anse d'Aiguillon, après un cours total de 170 kilomètres, dont 82 navigables depuis Niort, à savoir : pour les bâtiments de 25 à 30 tonneaux , entre Niort et Marans , et au-dessous de cette dernière ville pour les bâtiments de mer. Sa largeur est de 15 mètres audessus de Niort , de 50 mètres au-dessous de cette ville et de 140 mètres à son embouchure. Cette embouchure est gênée par des dépôts de vase et de gravier qui s'y amoncellent jusqu'au-dessus de Marans. Sa navigation n'en est pas moins importante, et elle sert à transporter des céréales, des vins, des sels, des bois, etc.

La Sèvre reçoit de nombreux affluents. A gauche , le principal est le Mignon, qui sépare en partie l'Aunis du Poitou , passe à Mauzé et inonde tous ses bords. A droite on trouve d'abord YAutize, qui passe à Saint-Hilaire et près de Maillezais; ensuite vient la Vendée, formée de trois ruisseaux descendant du plateau de Gatine ; elle coule dans une gorge profonde, formée de collines de gneiss, passe à Vouvans, à Fontcnay-le-Comte , traverse de vastes marais, et va finir un peu en amont de Marans, après un cours de 81 kilomètres, dont 25 navigables; elle se grossit de la Mère, qui passe près de la Chàtaigneraye.

III. Le Lay sa forme de deux rivières : le grand Lay, qui naît près de Saint-Pierre du Chemin , coule d'abord au sud-ouest et passe près de Pouzauges; le petit Lay, qui n'arrose aucun lieu remarquable, et coule dans une vallée tantôt large, tantôt bordée de coteaux escarpés. Ils se réunissent à Saint- Vincent du Fort. Le Lay passe alors à Mareuil , où il est navigable, traverse de vastes marais et finit dans l'anse de Maupas,

qui fait partie du perluis Breton. Son cours est très-sinueux et son lit embarrassé de sables. II est navigable pendant 33 kilomètres. Le Lay se grossit du Yon, qui passe à la Roche-sur- Yon ou Napoléon- Vendée.

IV. Le Paray est une rivière de 15 kilomètres de cours qui porte le nom de Guy- Chalenay jusqu'à Talmont ; là elle forme une espèce de canal où naviguent des barques de 30 tonneaux ; mais cette navigation est gênée par de nombreuses pêcheries et des bancs de sable mouvants.

V. La Vie naît près du Poiré, passe à la Chapelle-Palluau et finit au petit port de Saint-Gilles après avoir reçu à gauche le Jaunay, qui finit à Saint-Gilles.

Versant du nord-est. — Les cours d'eau qui coulent sur ce versant sont tous des affluents de gauche de la Loire.

I. La Vienne, née au plateau de Mille- Vaches , entre dans le Poitou en aval de Confolens, après avoir traversé le département de la Haute-Vienne et une petite partie du département de la Charente : elle y coule du sud au nord pendant 100 kilomètres environ et arrose A vailles, l'Isle-Jourdain , Chauvigny, Vouneuil , Chàtellerault, Dangé, les Ormes ; elle quitte la province vers son confluent avec la Creuse. Dans son cours total de 300 kilomètres, elle est flottable sur 77 kilomètres depuis Tarnac (Corrèze) jusqu'à Chitré, au-dessous de Châtelleraut ; alors seulement elle devient navigable et le demeure pendant 90 kilomètres, jusqu'à son confluent avec la Loire à Candes. Son lit en aval de Châtelleraut est gôné de bas-fonds , et se trouve presque à sec en été et en automne ; de plus il est embarrassé par des cailloux de granit et de quartz roulés par les eaux et dont les dépôts arrêtent la navigation.

Elle se grossit dans le Poitou , à droite de la Creuse , à gauche du Clain.

La Creuse, déjà décrite dans la Marche , et que nous retrouverons dans le Derry, n'appartient au Poitou que par sa rive gauche depuis son confluent avec la Gartempe , à la Roche-Pozay, jusqu'à ce qu'elle finisse elle-même dans la Vienne un peu en aval des Ormes. Cette rivière, dont le cours est de 200 kilomètres, n'est navigable que sur 8 kilomètres depuis Lavernière ; sa largeur moyenne est de 80 mètres. Elle reçoit la Gartempe, qui arrose Monlmorillon et se grossit elle-même du Langlin.

Le Clain natt dans les monts du Poitou, au nord -ouest de Confolens. Il coule d'abord du sud-est au nord-ouest en arrosant Vareilles , se recourbe au nord-est par Vivonne, Poitiers, Chasseneuil , et finit dans la Vienne en aval de Cernon, après un cours d'environ 100 kilomètres, dont 8 seulement sont navigables. 11 reçoit plusieurs affluents, parmi lesquels la Vanne, qui passe à Lusignan, et YAuzance, qui passe à Vouillé.

H. Le Thoitet ou le Thoué prend sa source dans le plateau de Gatinc, à une hauteur de 250 mètres. Il coule sur un lit de roches granitiques, d'où il déborde souvent en hiver en arrosant Parthenay, Saint-Loup, Airvault, Thouars, et sort du déparlement des Deux-Sèvres pour aller finir à Saumur après un cours d'environ 100 kilomètre?, dont 17 seulement ont été rendus navigables. Sa vallée, peu large, est bordée de coteaux assez élevés. Il reçoit : Ie YArgenton, qui est formé de deux sources, arrose Bressuire, Argenton, et parcourt une vallée très-étroite pendant 57 kilomètres; 2* la Dite, qui arrose Moncontour, traverse de vastes marécages, et finit après 70 kilomètres de cours.

III. La Sèvre nantaise prend sa source dans le plnleau de Gàtinc , coule du sud-est au nord-ouest en arrosant Monconlour, Morlagne, Tiffaugcs, Clisson ; là elle pénètre dans le département de la Loire-Inférieure et va finir en face de Nantes. Son cours est très-rapide, son bassin montueux et boisé jusqu'à Morlagne. Au-dessous de celle ville , où elle esl navigable , elle forme des Iles si nombreuses qu'elle disparaît sous la végétation. Ses bords sont très -pittoresques; sa vallée, comme toutes celles de la Câline, est très- peu large, mais profonde, et encaissée entre des hauteurs granitiques. Elle reçoit d'abord le Maine, qui traverse l'Anjou et finit à Clisson , ensuite le Moine, qui naît près des Herbiers et passe à Montaigu en traversant une vallée fortement encaissée entre des coteaux à demi sauvages.

IV. La Boulogne n'appartient au Poitou que par sa partie supérieure.

Canaux. — Les canaux sont très-nombreux dans le Poitou, mais ce sont presque tous des canaux de dessèchement. Les plus importants canaux de navigation sont : 1° celui de Luçon, de l'anse d'Aiguillon à Luçon, sur un parcours de 15 kilomètres : il reçoit à son embouchure des bâtiments de 150 à 200 tonneaux ; 2a celui de Luçon à Niort.

§ IV. Constitution géologique, aspect général, etc. — Le Poitou offre tout d'abord trois terrains différents formant trois grandes masses assez bien isolées, à savoir : 1° au nord-ouest, les terrains primitifs et granitiques qui, au nord, se prolongent hors de la province jusqu'à la Loire et couvrent à peu près tout le vaste quadrilatère compris entre l'Océan, la Loire, le Thouet et une ligne qui, partant de Talmont sur l'Océan, passerait par Sainte -Hermine, Fontenay - le - Comte , Saint- Maixenl et Menigoulle, vers les sources de la Vomie; 2° au nord-est, les terrains crétacés inférieurs, occupant à peu près l'espace qui , au nord de Poitiers, s'étend , entre la Dive et la Gartempe, jusqu'aux bords de la Loire; 3° au sud et au sud-est, les terrains jurassiques, qui occupent le resle de la province et font partie de cette niasse déjà signalée dans la description de l'Angoumois et de la Sainlonge, laquelle part de l'Océan , où elle occupe tout le littoral compris entre Talmont et Chàtelaillon , se dirige à l'est en s'agrandissant entre Surgères et Fontenay-le-Comte, Saint-Jean d'Angely et Saint-Maixent , Angoulême et Poitiers, et s'avance ainsi jusque vers l'Isle-Jourdain , Confolens et Montembœuf , aux pieds du massif granitique central de la France. De là cette masse jurassique se prolonge d'une part au sud-est entre Angoulême et Montembœuf ; d'autre part entre Monlmorillon et la Trémoille et jusque dans le Berry. Ces deux prolongements constituent ainsi la partie occidentale de la boucle inférieure du grajid 8 jurassique, laquelle, ainsi que nous l'avons vu ailleurs, enveloppe le masdf central granitique. La majeure partie de ces terrains jurassiques appartient à l'étage inférieur du système oolitique. Ils ne couvrent pas d'ailleurs le pays d'une manièie non interrompue ; on y rencontre çà et là d'autres terrains. Ainsi tout le bassin inférieur de la Sèvre niortaise , au sud et à l'est de Luçon et de Niort , est constitué par des terrains d'alluvions modernes, et de même les terrains tertiaires moyens se rencontrent très-fréquemment dans toute la partie de la zone jurassique qui appartient au versant nord-est.

Quant aux terrains primitifs qui constituent le nord-ouest du Poitou , ils sont également de constitution différente. Le granit y forme d'abord un vaste triangle compris entre les

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