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de Montmorillon . .
5 arrondissement* 31 cantons, 296 communes, 317,305 habitants
La Vienne forme avec les Deux-Sèvres le diocèse de l'éveché de Poitiers , sufTragant de l'archevêché de Bordeaux; pour le culte calviniste, il y a à Rouillé une église consistoriale. Il renferme cinq tribunaux de première instance , et deux tribunaux de commerce (Poitiers et Chàtelleraut), qui ressorlissent à la cour d'appel de Poitiers. On y trouve un lycée (Poitiers) et 3 collèges (Chàtelleraut, Civray, Loudun), une école normale primaire, 3 écoles supérieures communales et 320 écoles élémentaires. 11 fait partie de la 18* division militaire.
Ce département est surtout agricole; il est généralement plat et inégal, coupé d'un très-petit nombre de vallées; on n'y trouve des hauteurs importantes que dans le sud, où sont les monts du Poitou. Le sol , composé de terres sablonneuses ou crayeuses, est peu fertile en général , et offre de grandes variétés. Ainsi l'arrondissement de Loudun est formé d'un sable gras et d'une terre noire, compacte et profonde ; il produit des vins blancs très-spiritueux. Dans l'arrondissement de Chàtelleraut on trouve le long de la Vienne une terre sablonneuse où le seigle seul réussit; sur la rive droite de la rivière, sont des landes et des bruyères; le canton de LencloStre a pour sol un sable gras, où réussissent très-bien les légumes et les arbres fruitiers. Dans l'arrondissement de Poitiers , entre la Vienne et le Clain , les terres sont maigres et sablonneuses ; la vigne y donne cependant quelques bons produits; les cantons de Vouillé et de Neuville produisent du vin en abondance ; celui de Mirebeau donne beaucoup de blé. Au sud et à l'ouest de Poitiers, le terrain est glaiseux, froid, maigre, graveleux; cependant on y trouve de belles prairies. L'arrondissement de Montmorillon a quelques vignobles, mais en général il est couvert de landes, et n'offre que des terrains pauvres et argileux. L'arrondissement de Civray , formé en général de terres glaiseuses et froides, est couvert de bruyères; quelques portions cependant produisent des châtaignes, de l'avoine, du seigle, du vin et du blé; les bords de la Charente surtout offrent de riches prairies et des champs fertiles.
L'agriculture est peu avancée dans ce département, cependant la récolte en céréales suffit à la population ; les vins y surabondent , mais sont de médiocre qualité ; on en fait d'excellente eau -de -vie. On recueille aussi beaucoup de chanvro, de fourrages , de fruits, etc. Les forêts sont assez nombreuses. C'est au nord et à l'ouest
surtout que se trouvent les prairies naturelles où l'on nourrit beaucoup de bestiaux; au sud-est, on élève des mulets et des ânes de irès-belle race; les porcs surtout sont l'objet de soins particuliers et d'une exportation considérable; enfin on soigne l'éducation de la volaille et des abeilles. On estime qu'il y a dans la Vienne 67,000 tûtes de gros bétail , 600,000 moutons, 52,000 porcs, 18,000 chèvres, 28,000 chevaux, 15,000 mulets, 12,000 ânes.
L'exploitation minérale est peu considérable; elle consiste en minerai de fer, marbre, granit, pierres meulières ou lithographiques, etc. Il y a des eaux minérales sulfureuses assez fréquentées à la Roche-Pozay.
commerce a surtout pour objet les produits du sol et de l'agriculture; le miel, la cire , les châtaignes , les graines de luzerne , de trèfle et de sainfoin , les vins , les mulets, ânes, moulons, porcs, volailles, bœufs gras, y sont des objets d'exportation. Quant aux établissements industriels, ils sont |>eu nombreux ; les principaux sont ceux où l'on s'occupe de l'exploitation, de la préparation et de la fabrication des métaux ; l'industrie est donc surtout représentée par la fabrique d'armes et la coutellerie renommée de Châtelleraut.
H y a dans le déparlement 3 rivières navigables sur 56 kilomètres (Vienne, 35 kil.; Creuse, 8 kil. ; Dive, 12 kil.) ; 6 routes impériales sur 352 kil. ; 8 routes départementales sur 236 kil. ; 1 ,465 chemins vicinaux sur 9,860 kil.; en tout, 1 0,504 kil. de voies de communication. Il faut y ajouter 102 kilomètres de chemin de fer, de Paris à Bordeaux, depuis les Ormes jusqu'à Civray.
§ Vfl. Dépahtement de la Vienne. — Description des villes. — Poititri, chef-lieu du déparlement, est une ville de 29,277 habitants, qui possède un évôché, une cour impériale, des tribunaux civil et de commerce, des facultés de droit et des lettres , une école secondaire de médecine, un lycée, une école normale départementale, une école primaire supérieure, une bibliothèque publique de 25,000 volumes, etc. Située sur le Clain, au confluent de la Boivre, et sur le penchant d'un coteau qui sépare les petites vallées qu'arrosent ces deux rivières, elle est mal posée, mal bâtie, et semble à demi déserte, â cause de sa vaste étendue et de sa faible population. On y remarque la cathédrale, qui fut fondée par le roi d'Angleterre, Henri II; l'église Notre-Dame, dont la construction remonte peut-être au neuvième siècle ; le vaste édifice appelé le Palais, et qui date peut-être des Romains; les Arènes, aussi vastes que celles de Nîmes, mais presque entièrement ruinées. C'était une ville de noblesse, de magistrature et d'académies, qui a un aspect digne, mais triste, et que le chemin de fer de Paris à Bordeaux n'a pas tirée de son apathie silencieuse. Son industrie ne consiste qu'en fabriques de gros draps, chamoiseries , tanneries, papeteries, etc.; son commerce en graines de trèfle et de luzerne, laines, lin, chanvre, cuirs, vins, blés, etc.
Poitiers est probablement Limonum, capitale des Pictoncs, et elle devint sous les Romains l'une des plus puissantes villes de la Gaule. Son histoire , à partir de là , se confond avec celle du Poitou. Elle fut dévastée par les Anglais en 1346, et assiégée par les protestants en 1569.
ChâtelUraul, chef-lieu d'arrondissement, renferme des tribunaux de première instance el de commerce, une bourse, un collège, etc. Sa population est de 12,433 habitants. Elle est située daiis un très-beau pays, coupé de rivières et de collines, sur
la rive droite de la Vienne, qui commence à y cire navigable. On y remarque un pont en pierres, dont l'une des extrémités aboutit à un joli château, qui de ce côté sert de porte à la ville. Elle est célèbre dans toute l'Europe par sa coutellerie et par sa manu facture d'armes blanches. On y fabrique aussi de la quincaillerie, de l'horlogerie, de l'orfèvrerie et des dentelles, etc. Son commerce consiste en produits de ses fabriques, vins, eaux-de-vie, sel, ardoises, chanvre, meules do moulin, graines, etc.
Châtelleraut n'est remarquable dans l'histoire que par son attachement à la réforme et le siège qu'elle subit en 1569.
Civray, chef- lieu d'arrondissement, avec 2,260 habitants, un tribunal de première instance et un collège , est située sur la rive droite de la Charente. C'est une petite ville sans importance , remarquable seulement par son église byzantine , et qui fait commerce de graines, truffes, châtaignes et bestiaux.
Loudun, chef- lieu d'arrondissement, avec 6,557 habitants, un tribunal civil et un collège, est située sur le sommet d'une colline, entre la Dive, la Creuse et le Marliel. Ses rues sont bien percées, et une jolie promenade a été plantée sur l'emplacement de l'ancien château détruit par ordre du cardinal de Richelieu. On y fabrique du drap, des toiles et des dentelles communes, et l'on y fait commerce d'huile de noix et de vins blancs très-eslimés.
Cette ville embrassa la réforme avec ardeur, et fut l'une des places d'armes des protestants. Elle est célèbre par le supplice du curé Urbain Grandier. C'est le lieu de naissance de Renaudot , le créateur de la Gazette de France.
Montmorillon, chef-lieu d*arrondi5semcnt, avec un tribunal civil et 5,228 habitants, est située sur la Gartempe, qui la sépare en deux parties. Elle n'a rien de remarquable que son séminaire , établi dans les bâtiments d'un ancien hôpital fondé dans le on* zième siècle , et qui renferme une église très-curieuse. On y trouve des papeteries et des blanchisseries de toiles.
Lutignan, petite ville de 2,600 habitants, située sur la Vonne, n'est aujourd'hui remarquable que par son commerce de graines et do grains; mais autrefois elle était l'une des plus célèbres de la France par son château , qui avait été , disait-on , bâti par la fée Mélusine , origine de la famille de Lusignan. Les contes qui se rapportent à cette fée sont encore usités dans tout le Poitou, et tous les monuments anciens ou bizarres de cette province lui sont attribués.
Nous citerons encore dans ce département Cenon, Chezellet, qui ont d'importantes fabriques de coutellerie ; Oyré, à 10 kilomètres de Châtelleraut, qui possède une ancienne ferme-école du département, où les landes ont fait place à de magnifiques herbages; Montt, où est une ferme-école pour les départements de la Vienne et de la Charente; enfin Moneontour, bourg de 665 habitants, situé sur la rive droite de la Dive, et qui doit sa célébrité à la victoire qu'y remporta (1569) le duc d'Anjou sur les protestants.
§ VIII. DÉPARTEMENT DES DEUX-SÈVRES. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, COMMERCE, ETC.
— Ce département a été formé de partie des provinces du Poitou (562,565 hect.), d'Aunis (25,921 hect.), de Saintonge (16,807 hect.), etc. Sa superficie totale est de 607,350 hectares, dont 406,000 de terres labourables, 76,000 de prés, 20,000 de vignes. 36.000 de bois, 22,000 de landes, bruyères, etc. Sa population était en 1801,
TOMt II. 36
de 241,916 habitants; en 1821, de 279,845 hab.; en 1841 , de 310,203 hab.; elle est aujourd'hui de 323,615 habitants.
Il a pour chef-lieu Niort, et forme quatre arrondissements ainsi subdivisés :
Arrondissement Je Mort 10 cantons, 93 communes , 105,9*8 habitants.
— de Bressuirc O — 91 — C9,38> —
— de Mellc 7 — 91 — 77,849 —
— de Parthenay .... 8 — 79 — 70,430 —
4 arrondissements 31 cantons, 355 communes, 323,015 habitants.
Ce département forme avec celui de la Vienne le diocèse de l'évôché de Poitiers et possède pour le culte calviniste 5 églises consistoriales (Niort, Mclle, Saint- Maixcnt, Lezay et la Mothe Saint-Heray). 11 relève de la cour d'appel de Poitiers et renferme 4 tribunaux de première instance et un tribunal de commerce à Niort. On y trouve h collèges (Niort, Mellc, Saint-Maixent et Thouars) , une école normale primaire à Parthenay, 2 écoles supérieures communales, 527 écoles élémentaires. Enfin il fait partie de la 15* division militaire.
Le département des Deux-Sèvres est traversé diagonalement par les hauteurs du plateau de Gàtine , qui le divisent en deux régions naturelles que nous avons déjà décrites. C'est un pays agricole, mais peu avancé, où le cultivateur subit la loi du sol sans chercher à la modifier. Ce sol est tantôt crayeux et pierreux comme dans l'arrondissement de Niort, tantôt sablonneux comme dans les arrondissements de Bressuirc et de Parthenay, tantôt gras et argileux comme dans l'arrondissement de Mellc. La culture principale est en céréales et vignes, outre les prairies et bois. Le chanvre et le lin réussissent dans les lieux humides, et le houblon croît spontanément près de Niort, dont la banlieue est couverte de jardins bien cultivés où l'amandier réussit parfaitement. Le plateau granitique de la Gàtine repousse la vigne, qui ne paraît que dans le sud-ouest du département, où elle fournit de très-bons vins blancs et d'excellentes eaux-de-vie. Les prairies naturelles sont très-étendues et nourrissent des bestiaux très-estimés. Les bétes à cornes s'y- divisent en trois races, celle du nord ou des gâtinaux, qui vit dans les arrondissements de Parthenay et de Bressuirc et qu'on connaît sous le nom de bœuf» gras de Chollet; celle des bœufs bowets, plus forts que les précédents, et celle des bœufs du marais. Les moutons, très-nombreux, sont de haute taille , et leur croisement avec la race espagnole leur a donné une laine abondante et recherchée. On élève aussi beaucoup de porcs , de volailles et de baudets fort renommés. L'arrondissement de Melle surtout produit ceux qu'on connaît vulgairement sous le nom de mulets d'Auvergne et mulets provençaux, qui servent de montures de luxe aux Espagnols, ou qu'on emploie pour franchir les cols dangereux des • montagnes. On estime qu'il y a dans le département 116,000 tétes de gros bétail. 426,000 moutons, 42,000 porcs, 20,000 chèvres, 33,000 chevaux, 13,000 mulets, 4,000 ânes.
L'exploitation minérale est très-peu importante et se borne à un peu de fer, du marbre, des pierres meulières ou à chaux, du grès, de l'argile à poterie et du salpêtre.
L'industrie manufacturière comprend des fabriques de chamoiserie, la ganterie et la tannerie, perfectionnées à Niort; des filatures de laine et de coton , des distilleries
d'eaux-de-vie , des fabriques de grosses étoffes de laine ou de colon, de poterie, de faïence, d'huile, etc. Le commerce s'exerce principalement sur les animaux, notamment sur les mulets, dont la vente à l'étranger s'élève annuellement a plusieurs millions de francs , et sur les bœufs, dont on dirige les plus gras sur Paris et les autres sur la Normandie pour y être engraissés.
.1 y a dans les Deux-Sèvres : 3 rivières navigables sur 59 kilomètres (Dive, 12 kil.; Sevré niortaise, 35 kil.; Mignon, 11 kil.); 1 canal (de Niort à la Rochelle) sur 48 kil.; 6 routes impériales sur 289 kil., 9 roules départementales sur 292 kil., 12,900 chemins vicinaux sur 32,395 kil.; en tout, 33,083 kilomètres de voies de communication.
§ IX. DÉPARTEMENT DES DEUX-SEVRES. — DESCRIPTION DES VILLES. — N'tOTt, Chef-liCU
du département (18,727 hab.), avec des tribunaux civil et de commerce, un conseil de prud'hommes, une bibliothèque publique, un lycée , un musée, etc., est située sur le penchant de deux collines, que sépare une vallée arrosée par la Sèvre. Elle est belle et bien bâtie, mais n'a point d'autres monuments que ses deux églises, et son vieux château , composé de deux grosses tours, dans l'une desquelles naquit, en 1635, Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon. Son industrie consiste en ganterie, charooiscrie, filatures de laine, fabriques de souliers; et son commerce, en laines, grains, cuirs, chevaux, mulets, produits de ses fabriques, minoterie, angélique confite, etc.
Cette ville , dont l'origine est inconnue, ne commence à jouer un rôle dans l'histoire que vers le douzième siècle. C'est là qu'Aliénor de Guyenne passa les dernières années de sa vie. En 1372, elle fut prise et saccagée par les Anglais. Dans les guerres religieuses, elle fut occupée par les prolestants et prise par le duc d'Anjou, en 1569; elle se dévoua ensuite à la Ligue , et fut prise par le roi de Navarre. Dans les guerres de la Vendée, elle montra un grand attachement à la révolution.
Bretmire, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 2,705 habitants, est bâtie en amphithéâtre sur une colline au bas de laquelle coule PArgenton et qui domine une campagne accidentée et fertile. Elle a de belles rues, de jolies promenades , mais pas d'autres monuments que les ruines d'un magnifique château du moyen âge , situées à 200 mètres de ses murs. On y fabrique des flanelles, des serges, des mouchoirs, et l'on y fait un commerce considérable de grains et de bestiaux.
Cette petite ville fui prise d'assaut par du Gucsclin en 1371 ; au commencement de la guerre de la Vendée-, elle se défendit avec succès contre une attaque des insurgés.
Melle , chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège et 2,700 habitants, est une ville très-ancienne, située sur une colline escarpée , au pied de laquelle coule la Béronne. On y fait un grand commerce de bestiaux, de mulets, de grains, de laines, etc. Celle petite ville doit son nom (Mctallum) et son origine à une mine de galène argentifère, dont les traces existent encore dans les roches calcaires et siliceuses de son voisinage, et qui a été exploitée jusqu'au douzième siècle. On battait monnaie à Melle du temps de Charlemagne et de ses successeurs.
Parihenay, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 5,046 habitants, est une petite ville laide et triste, située près du Thouct. On y remarque les rentes d'une antique forteresse, et l'on y fabrique des étoffes de laine et des cuirs. Son commerce consiste en grains, bestiaux et bois. C'était dans le moyen âge le chef-lieu d'uue
seigneurie très-puissanie et qui dominait tout le plateau de GaUne. Elle fut prise deux fois par les Vendéens en 1793.
Saint-Maixent (arrondissement de Niort), petite ville ae 4,121 habitants, avec une église consistoriale calviniste, un collège, un dépôt d'étalons et de remonte, est située sur la rive droite de la Sèvre niortaise, dans une belle et fertile campagne ; elle est mal bâtie , et n'a de remarquable que son église et son commerce de chevaux et «le mulets. On y fabrique des étoffes communes.
Thouart (arrondissement de Bressuire), est une très-ancienne ville de 2,287 habitants, bâtie sur le penchant d'une colline et près de la rive droite du Thouet. Elle est remarquable par son château-fort , l'un des mieux conservés de la France , et dont l'église se compose de quatre nefs superposées. On y fait commerce de grains et de vins. C'était au moyen âge le chef-lieu de la principale seigneurie du Poitou, et ses vicomtes traitèrent souvent d'égal à égal avec les ducs d'Aquitaine et les rois do France. Cette vicomté passa dans la maison de la Trémoille, qui , ayant embrassé la réforme, «n fit une des places d'armes des protestants. Elle fut prise par les Vendéens, en 1793.
ChâtUlon-tur-Sèvre, qui jusqu'en 1737 porta le nom de MauUon, est une petit© ville, située sur le pencliant d'une colline, près de la Sèvre nantaise. Elle fut le quartier général des Vendéens , et eut horriblement à souffrir de la guerre : prise et reprise plusieurs fois, il n'en resta debout que trois maisons. Elle compte 1,400 habitants , et possède des fabriques de draps et de rouenneries. C'est la patrie du marquis de la Rochejaquelein , tué en 1794.
§ X. DÉPARTEMENT DE LA VENDÉE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE, ETC. —
Ce déparlement a été formé de la partie occidentale du Poitou, et a de superficie •681,700 hectares, dont 408,000 de terres labourables, 107,000 de prés, 16,000 de vignes, 33,000 de bois, 66,000 de landes, bruyères , etc. Sa population était en 1801, de 243,426 habitants; en 1821, de 316,587 hab.; en 1841, de 356,453 hab.; elle est aujourd'hui de 383,734 habitants.
Il a pour chef-lieu Napoléon-Vendée et forme 3 arrondissements ainsi subdivisés :
Arrondissement de Napoléon- Vendée. . |0 cantons, 104 communes, no.iiG'j liabitanls.
— de l-onteoay-le-Comle . 0 — lit — isi.iso —
— des Sablcs-d'Olonnc . .il — 81 — 109,185
S anondissciMiits. 30 canton», 290 communes, 383,754 liabitant*.
Il forme le diocèse de l'éveché de Luçon, ressortit à la cour d'appel de Poitiers, et a 3 tribunaux de première instance. Il possède un lycée et une école normale primaire à Napoléon- Vendée , 2 collèges (Fontenay et Luçon), 4 écoles supérieures communales et 428 écoles élémentaires. Il fait partie de la 15* division militaire, et renferme les trois forts de Saint-Nicolas-des-Sables , de l'ile d'Yen et de Noirmoutiers. Les l ûtes sont comprises dans la 3' préfecture maritime (chef-lieu Rocheforl) ; on y trouve les ports de mer suivants : Noirmoutiers, Bouin, Beauvoir, Barre-dc-Mont , Ile d'Veu, Saint-Gilles, laGachère, les Sables-d'Olonnc, Jard, Aiguillon, Saint-Michel, Luçon.
Le département de la Vendée est l'un des plus fertiles du la France ; c'est un pays entièrement bas et plat, qui se trouve traversé seulement dans sa partie septentrionale
par les collines du Bocage. Comme nous l'avons déjà dit, on y distingue trois parties : le Marais, qui comprend tout le littoral et dont les sables sont rendus productifs à i'aide de canaux et de digues; le Bocage, au centra, espèce de plateau en grande partie boisé, sillonné par une multitude de ruisseaux qui favorisent sa fertilité; la P faine, qui est la partie la plus riche du département et se prête à tous les genres de cultures. Il est exclusivement agricole et d'exploitation. Le Marais produit en surabondance des céréales, des pommes de terre, des légumes, du chanvre excellent, des fourrages, foins et fruits, ainsi que de beaux pâturages et prairies naturelles; on y trouve aussi quelques vignobles. Dans le Bocage , pays entrecoupé de haies et de vergers, on récolte d'assez bon vin. Quant à la Plaine, elle est très-fertile en grains, mais ses vins blancs sont très-médiocres. L'abondance des pâturages facilite beaucoup l'élève des bestiaux, qui est très-importante et donne des chevaux, des bœufs et des moulons de la plus forte taille. On estime qu'il y a dans le département 200,000 têtes de gros bétail; 360,000 moutons, 40,000 porcs, 30,000 chevaux, 12,000 mulets et unes.
L'exploitation minérale est considérable pour le sel marin et assez importante pour la houille depuis quelques années; on extrait aussi du granit, de la pierre de taille, de Ja pierre meulière , du kaolin , de la terre à faïence et à poterie , etc.
La pêche de la sardine et autres poissons de mer, l'exploitation des marais salants, l'extraction de la soude et du varech , la fabrication de toiles de ménage, d'étoffes de Jaine grossières, de cordes et de poterie commune sont les principales branches d'industrie de ce département, où l'on trouve encore quelques papeteries, fabriques de sucre de betteraves, tanneries, corderies, chapelleries, etc. Le commorce consiste surtout dans l'exportation des grains, graines et légumes de toutes espèces, bestiaux, chevaux, mulets et sel.
Il y a dans le département : 4 rivières navigables sur 75 kilomètres (la Vie, 8 kil., Je Lay, 33 kil.; l'Autize, 9 kil.; la Vendée, 25 kil.), 1 canal (celui de Luçon) sur 14 kil., 5 routes impériales sur 332 kil., 16 roules départementales de 568 kil., 4,479 chemins vicinaux sur 6,316 kil.; en tout, 7,305 kilomètres de voies de communication.
S XI. Département de la Vendée. — Description des villes. — Napoléon- Vendée , chef-lieu de préfecture , avec un tribunal civil, un lycée, une bibliothèque, un dépôt d'étalons, et 7,498 habitants, est une ville toute nouvelle et pour ainsi dire toute factice : elle a été bâtie en 1804 , sur les ruines d'un bourg détruit pendant les guerres «de la Vendée, la Roche-sur-Yon. Elle occupe le sommet d'un petit plateau, et a des fues et des constructions régulières, mais qui ne l'empêchent pas d'être fort triste et «ans industrie.
Fonttnay-U-Comtc , ancienne capitale du bas Poitou, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement, et qui a été jusqu'en 1804 1 ' chef-lieu du département, compte 7,884 habitants, et possède un collège, un hospice et un dépôt d'étalons. Elle est située sur les deux rives de la Vendée, qui commence à y être navigable, et au milieu d une plaine étroite qui sépare le Marais du Bocage; son aspect est agréable : on y remarque l'église Notre-Dame, dont la flèche est l'une des plus élevées et des plus élégantes de France. Cette ville fait un grand commerce de bestiaux et de mulets. On y fabrique
des toiles cl des draps communs. Son port sert à l'exportation du blé , du bois de construction, du charbon de bois et de terre, des cordes, lins et chanvres.
Sous les murs de Fonlenay se livra, en 1793, une bataille où les républicains furent défaits.
Les Sables-d'Olanne, chef-lieu d'arrondissement, avec 5,983 habitants, un tribunal de première instance et une école d'hydrographie , est une ville située sur le bord de l'Océan, dans une petite presqu'île. Elle est petite, propre et peu animée. Son port peut recevoir des bâtiments de 200 tonneaux ; il est défendu par des batteries et le fort Saint-Nicolas. Son industrie consiste principalement dans la pèche et son commerce en grains, sel, vins, etc.
Cette ville est bien déchue de la prospérité qu'elle avait dans le moyen âge et jusqu'au dix-septième siècle. A cette dernière époque , c'est dans son port que s'arma la rtotte royale qui fit le siège de la Rochelle ; c'est de son sein que sortirent la plupart de ces corsaires ou flibustiers qui firent dans l'Amérique tant de mal au commerce espagnol; enfin elle possédait, avec 15,000 habitants, jusqu'à 100 vaisseaux, pendant que Nantes n'en avait que 89 et la Rochelle 32. En 1696, une flotte anglaise la bombarda et commença sa ruine; trois ouragans, en 1747, 1750, 1751, l'achevèrent. Elle commençait à reprendre quelque prospérité lorsque les guerres de la Vendée , puis celles de l'empire la firent retomber dans la détresse. Elle n'a pu reprendre de nos jours qu'une médiocre importance.
Mortaqncsvr-Sèvrc (2,047 hab.) , est située sur un coteau dont le pied est baigné par la Sèvre nantaise. Elle est laide et mal bâtie, mais assez active, et possède des filatures, des blanchisseries et des papeteries. Elle fut assiégée par les Vendéens en 1793, prise après une vigoureuse résistance, pillée et dévastée.
Luçon, ville de 4,810 habitants, est le siège d'un évôché, et possède un collège communal. Elle s'élève au bord d'un marais et à l'extrémité du canal de son nom qui traverse les marais de Fraissy, de Saint-Michel-en-l'Herm, et se jette à la mer dans l'anse d'Aiguillon. Cette ville est assez grande, mais les rues en sont tortueuses, et le séjour malsain. Elle n'a pas d'autre monument que sa cathédrale, et fait un commerce très-étendu de grains et de bestiaux.
Luçon a eu pour évèque le cardinal de Richelieu. Les républicains furent battus sous ses murs en 1793, et quelques mois après, les Vendéens en firent vainement le siège.
TiffaMfes, bourg situé sur un rocher que baigne la Sèvre nantaise , doit son nom et sa fondation à des barbares , les Tai/aliens établis dans ce canton par les Romains et desquels la maison de Lusignan prétendait descendre. L'un des seigneurs de Tiffauges, Gilles de Retz, est, dit-on, l'original du fameux conte de la Barbe Bleue. Ce bourg est remarquable par sa position pittoresque et les ruines de son ancienne forteresse, brûlée en 1794 par les républicains; il ne s'est pas relevé de ce désastre.
Les Herbiers, petite ville située sur la pente inférieure d'une colline qui domine le mont des Alouettes et sur les bords de la .Maine , dans un site délicieux , est célèbre dans la guerre de la Vendée. On. y comple 3,377 habitants.
L'Ile -Dieu ou d'I'eu est un rocher de granit de 12 kilomètres de superficie, inaccessible à l'ouest, mais d'un abord facile à l'est : elle n'a qu'une mince couche de terre
végétale qui se couvre de culture dans la première partie et de bruyères dans la seconde. Sa population est de 2,666 habitants. Le Port-Breton, situé sur la cote orientale, reçoit des navires de 150 a 200 tonneaux.
L'Ile de Noirmoutiers, qui ferme au sud la baie de Bourgneuf, a 15 kilomètres de superficie, et n'est séparée du continent que par le Goua, canal de 5,306 mètres guéable à marée basse pour les chevaux et les voitures. Elle compte 8,262 habitants, remarquables par leur taille élevée et leur vigueur. Mise à l'abri des envahissements de la mer par des digues de 25 kilomètres de longueur . cette île est rendue très-fertile par les plantes marines que recueillent les habitants: elle n'a ni ombre, ni eau, mais elle renferme d'excellents pâturages et produit des grains et du sel en abondance.
La ville de Noirmoutiers (2,400 hab.), bâtie régulièrement, est défendue par un vieux château. Son port peut recevoir des bâtiments de 50 à 60 tonneaux et sert à l'exportation du sel, du froment, de la soude et des huîtres. Noirmoutiers fut un des principaux champs de bataille dans la guerre de la Vendée: prise d'abord par les Vendéens que commandait Charrette, elle fut reprise sur eux par les républicains; c'est alors que le général d'Elbée fut fusillé.
L'Ile de Bouin, située au fond de la baie de Bourgneuf, est réunie au continent par une chaussée : sa circonférence est d'environ 2k kilomètres; son sol excellent fournit de bons pâturages, et sa partie marécageuse est occupée par des salines. Quatre grands canaux servent a l'écoulement des eaux , et le plus important reçoit des barques de 30 à 40 tonneaux. Le bourg de Bouin compte 2,800 habitants : il fait commerce de grains, sel , bestiaux, etc.