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CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

BERRY. — DÉPARTEMENTS DU CHER ET DE l/lNDIlE.

§ I. Aperçu général. — Limites et subdivisions. — A mesure que nous nous éloignons, dans cette description rationnelle de la France, de ses frontières méridionales, nous pouvons remarquer combien le caractère propre et la physionomie spéciale des provinces du Midi s'effacent peu à peu , combien leur aspect géographique devient de moins en moins étranger à la France du Nord, combien leurs sentiments d'hostilité ou d'opposition s'émoussent, combien elles se rapprochent de plus en plus, soit par le climat, soit par le sol, soit par la population, des provinces septentrionales. Nous voici arrivés à une contrée où tous les traits particuliers aux pays du Midi ont disparu; c'est la plus calme , la plus effacée , la moins active, la moins influente des provinces de la France; elle est comme son sol, uniforme, plate, ouverte, un peu pale, triste, monotone, et néanmoins elle est loin d'être sans intérêt et sans importance. Les derniers pays que nous venons de décrire, le Poitou, la Saintonge, le Limousiu, l'Auvergne, avaient encore des traits spéciaux et qui les rapprochaient des provinces du Midi ; le Berry n'en a plus , et pourtant il ne saurait être compris dans les provinces actives , laborieuses, solides, belliqueuses du Nord. Si l'on ne regardait qu'à sa position géographique , il devrait être le coeur de la France, comme il en est le centre, et le foyer

d'où devraient rayonner l'intelligence et la vie , mais également distant de Paris et de Lyon, de Lille et de Toulouse , éloigné des frontières et de la iner, éloigné des grandes occasions de danger, des grands moyens d'activité, il démontre le peu d'importance que donne à un pays une position centrale et méditerranée , et que si les événements historiques eussent placé la capitale à Bourges et non à Paris, la fortune de la France était manquée.

Le Berry était borné au nord par l'Orléanais, au sud par le Bourbonnais et la haute Marche; à l'est, par le Nivernais; à l'ouest, par le Poitou et la Touraine. Sa superficie était d'environ 1,433,686 hectares, et sa population de 512,500 habitants. Il se divisait en haut et bas, avec Bourges et Issoudun pour capitales. Dans le bas Berry, les gens du pays distinguaient encore le Bois Chaud, la Champagne et la Brenne. Cette province formait avant 1789, sous le rapport militaire, un gouvernement, et sous le rapport financier une généralité partagée en cinq élections; elle ressortissait au parlement de Paris, et avait un présidial 5 Bourges et six bailliages royaux. Elle composait le diocèse de l'archevêché de Bourges.

Aujourd'hui le Berry forme deux déparlements, ceux du Cher et de l'Indre.

S II. OnocnAPiiiE. — Ce pays n'est parcouru que par des lignes de hauteurs trèspeu élevées, dernières ramifications du revers septentrional des monts d'Auvergne, qui viennent mourir en séparant les divers cours d'eau tributaires de la Loire ou de ses grands affluents. Ces hauteurs sont surtout peu considérables dans la partie occidentale de la province, où l'on ne trouve le plus souvent que des ondulations à peine suffisantes pour déterminer la direction des cours d'eau. Nous distinguerons toutefois les lignes orographiques suivantes :

1- Ligne d'entre Cher et Allier- Ivoire ; c'est lo prolongement du contre-fort entre Cher et Allier déjà indiqué dans la description de la Marche, et qui , à travers le Bourbonnais, se prolonge dans le Berry où il pénètre entre l'Auron, sous-affluent du Cher, et l'Aubois, affluent de la Loire; il prend le nom de monts du Sancerrois à l'ouest de Sanccrre et se termine au nord par le vaste plateau de Sologne; la hauteur moyenne des monts du Sancerrois est de 300 à 350 mètres.

2° Ligne d'entre Cher et Indre qui prend naissance au mont Odouze, sépare la Creuse du Cher dans la province de la Marche , pénètre dans le Berry et se prolonge au nord-ouest de celte province sur une longueur d'environ 120 kilomètres en longeant de près la rive droite de l'Indre jusque dans la Touraine. Elle jette sur son versant oriental de nombreuses ramifications entre les affluents du Cher, et sur son versant occidental , une ligne assez importante , celle d'entre Indre et Creuse.

3° Enfin, au sud-ouest , la ligne orographique d'entre Creuse et Garlcmpe, de constitution schisteuse et granitique, qui traverse la Marche et reste en dehors du Berry» mais qui envoie dans celle dernière province, entre les affluents de gauche de la Creuse, quelques contre-forts dont le principal est celui d'entre Creuse et Langlin; celui-ci se termine par des hauteurs assez sensibles au sud du Blanc.

§ III. Hydrographie. — Toute la province appartient au bassin de la Loire, dont elle possède une partie du cours sur la rive gauche, et surtout par ses affluents, le Cher et l'Indre.

La Loire, depuis sa sortie du Lyonnais, traverse le Bourbonnais et le Nivernais. v\

nous la retrouverons dans ces provinces; à son confluent avec l'Allier, elle sert de limite entre le Nivernais et le Berry , et n'arrose dans cette dernière province que les environs de Sancerre. Son cours est embarrassé de sables qui font souvent varier son lit et entravent la navigation , qui n'est jamais sûre et régulière. Aussi se sert-on de préférence du canal latéral qui longe sa rive gauche depuis Digoin (Saône-ct-Loirc) jusqu'à Briare (Loiret). Sa vallée proprement dite et que l'on désigne simplement dans le pays par le nom de l'ai occupe , sur la rive gauche jusqu'à la chaîne de collines d'entre Cher et Loire, une superficie de 190,000 hectares, dans le Berry; la longueur de cette vallée n'est que de 80 kilomètres; sa largeur est au sud de 15 kil. et de 10 kil. au nord. La pente du fleuve est assez douce, mais ses débordements sont fréquents et redoutables. Ceux de ses affluents qui appartiennent au Berry soit par leur cours propre , soit par leurs affluents , sont :

1. V Allier, qui, après avoir traversé l'Auvergne et le Bourbonnais, forme la limite entre le Berry et le Nivernais. Il n'appartient donc au Berry que par la rive gauche de son cours inférieur, sur un parcours de 22 kilomètres, pendant lequel il n'arroso aucun lieu remarquable.

IL L'Aubois, petite rivière de /|5 kilomètres qui arrose Sancoins et la Guerche, et aiimente un grand nombre de fabriques ou d'usines. Elle est dans toute sa longueur longée par le canal du Berry. Tout le pays compris entre. l'Allier et la rive droite do l'Aubois est très-boisé.

III. La Vauvise, qui naît au nord de Nérondes, et dans son cours de 60 kilomètres arrose Sancergucs.

IV. Le Cher, né dans la Marche, après avoir traversé le Bourbonnais, atteint le Berry près du confluent tic l'Aumance , coule du sud-est au nord-ouest en passant à Saint-Amand, Chàteauncuf, Saint-Florent, Vierzon, Thenioux, où il sort du Berry pour entrer dans l'Orléanais, et de là dans la Touraine. Il finit dans la Loire après un cours total de 350 kilomètres, dont 110 pour le Berry.

Cette rivière , dont les débordements sont très-dangereux , est flottable depuis sa sortie de la Marche ; elle ne devient navigable que presque en sortant du Berry à Vierzon. Alors sa navigation est Irès-active, surtout depuis 1839, époque à laquelle on a ouvert le canal du Berry, dont l'une des branches, après avoir suivi le cours de l'Auron et celui de l'Yèvre , se prolonge sur la rive droite du Cher jusqu'à Saint- Aignan; ce canal transporte des bois, des charbons, des fourrages, des grains et des pierres à bâtir. Dans son cours supérieur, entre Montluçon et Saint-Amand, lo Cher est encore longé par l'autre branche du canal du Berry qui , tournant à l'est par la vallée de la Marmande, va se n'unir à la première aux sources de l'Auron.

Les principaux affluents du Cher sont :

1° La Marmande, qui naît dans le Bourbonnais, arrose Saint- Amand-Montrond, et après un cours de 30 kilomètres sur lequel se trouvent des usines, finit dans le Cher. Eile est longée par une partie du canal du Berry.

2° L'Yèvre, qui naît dans les étangs de Baugy, coule d'abord à l'ouest, arrose Bourges, Mehun, et se jette dans le Cher à Vierzon, après un cours de 67 kilomètres. Elle reçoit un grand nombre d'affluents : le plus important est VAuron, qui naît dans te BourDonnais, couie du sud au nord longé par le canal du Berry, arrose Dun-îe-Roy

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