‹ Géographie UniverselleChapitre 30 sur 93 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

et finit à Bourges, après avoir reçu plusieurs ruisseaux qui sont les déversoirs des nombreux étangs du pays; son cours est de 74 kilomètres.

3° La Sauldre, sous le nom de Grande Sauldre, naît dans le plateau du Sancerrois; die coule au nord-ouest en arrosant Vailly, Argent , et entre dans l'Orléanais, où elle se termine dans le Cher. Elle reçoit la Petite Sauldre qui naît près d'Henrichemont , arrose la Chapelle-d'Angillon , et a un grand nombre d'usines sur son cours. Cette rivière et ses affluents sillonnent un plateau où ils ne dessinent que des vallées peu profondes cl peu fertiles. Les dos de pays qui les séparent, n'offrent en général que des bruyères, des genêts et des landes, tandis que le fond même des vallées est couvert de nombreux marais; en un mot, le bassin supérieur de la Sauldre appartient au triste et désolé pays qu'on appelle la Sologne.

Les affluents de gauche du Cher sont : YArnon qui passe à Culan, Lignièrcs, Charost, et finit au-dessous de Vierzon après un cours de 120 kilomètres que grossissent le Thiolt passant à Issoudun , et le Fouzon passant près de Valan et ayaut un affluent qui arrose Valençay.

V. L' Indre naît dans le petit plateau de Boussac , près du hameau de Saint-Projet , coule du sud-est au nord-ouest en arrosant la Châtre, Châteauroux , Buzancais, Châtillon, et entre dans la Touraiue, où elle se jette dans la Loire après un cours de 220 kilomètres dont 130 environ pour le Berry. Elle est peu large, peu profonde, déborde facilement, fait mouvoir un grand nombre d'usines, et n'est navigable que hors de la province. Son cours est très-capricieux , et ses nombreux replis serpentent à travers de délicieuses prairies. Elle est très-poissonneuse.

Le bassin de l'Indre occupe à peu près la partie centrale du déparlement de l'Indre sur une superficie d'environ 102,000 hectares. Au-dessus de la Châtre, sa vallée est étroite et accidentée ; mais en aval de cette ville les collines de ceinture se transforment en plateaux où ça et là s'élèvent quelques escarpements. Au-dessous de Châteauroux, la vallée s'élargit, principalement sur la rive gauche, où l'on trouve quelques plaines assez étendues appartenant à un plateau qui constitue le faite de partage des eaux entre l'Indre et la Creuse.

Les affluents de l'Indre ne sont que de forts ruisseaux sans importance.

VI. La Vienne appartient au Berry par l'un de ses affluents, la Creuse. — Celte rivière, après avoir traversé la Marche, entre dans le Berry, au-dessous du confluent de la petite Creuse, arrose Argenton, Saint-Gaultier, le Blanc, et sort de la province en amont du confluent de la Gartempe. La Creuse est seulement flottable dans le Berry, où elle a 100 kilomètres de cours. Ses affluents ne sont que des ruisseaux torrentueux. Sa vallée est bordée de plaines assez étendues en amont d'Argenton; mais en ce point elle s'encaisse sur ses deux rives; des hauteurs assez escarpées continuent en aval à accompagner sa rive droite sur laquelle s'ouvrent de nombreux vallons, tandis que sur la rive gauche les pentes sont moius prononcées. Son lit a en moyenne 10 mètres de largeur. 11 s'y est formé de nombreux barrages naturels, qui, avec les digues des moulins qu'alimente le cours de la rivière , forcent lus eaux â séjourner et empêchent le lit d'être à sec dans les chaleurs.

A toutes ces rivières il faut ajouter deux canaux importants :

Le canal du Berry, considéré comme une dérivation du canal latéral à la Loire,

quitte celui-ci au confluent de l'Aubois , remonte celte rivière par la rive droite , la traverse à Sancoins, et atteint les sources de l'Auron, qu'il traverse. Près de Rhimbé, il se bifurque : la branche septentrionale, déjà indiquée, longe l'Auron jusqu'à Bourges, l'Yèvre jusqu'à Vicrzon et le Cher jusqu'à Selles; de là la navigation continue en rivière jusqu'à Saint-Avertin , où elle quitte le Cher pour prendre un canal qui aboutit à la Loire en amont de Tours. La branche méridionale , déjà indiquée aussi , suit la vallée de la Marmande par Charenton jusqu'à Saint- Amand, puis remonte le Cher jusqu'à Montluçon. La largeur du canal du Bcrry est de 5 mètres; sa profondeur de 1 mètre 50. On compte dans la branche de Rhimbé à la Loire 28,019 mètres sur le versant oriental, 17,274 m. de biuf de partage, et 3,852 m. sur le versant occidental jusqu'à Rhimbé. La branche septentrionale, de Rhimbé à Saint-Aignan , a U 1,220 m.; la branche méridionale, de Rhimbé à Montluçon , a 68,386 m. , dont 20,100 m. en descendant dans la vallée de la Marmande, et 48,280 m. en remontant dans la vallée du haut Cher. Le développement total du canal du Berry est de 320,183 mètres, dont 59,900 en lit de rivière. Les dépenses ont dépassé 18 millions.

Le canal latéral à la faire, commencé en 1822 et achevé en 1838, est destiné à suppléer à l'irrégularité et aux dangers de la navigation du fleuve ; il longe sa rive gauche, depuis Roanne, par Digoin, jusqu'à Briare, entre dans le département du Cher en traversant l'Allier au Guétin , et en sort un peu au nord de Belleville. Sa longueur totale est de 198,000 mètres. Il sert au transport des houilles, fers, fontes, grains, farines, vins, liqueurs, eaux-de-vie, huiles et fruits du Midi.

S IV. Constitution géologique, aspect général, agriculture. — Le Berry, situé sur le versant septentrional du massif ou plateau central de la France, ne renferme des terrains volcaniques ou primitifs que sur la lisière méridionale de la province, où ils forment une étroite zone, qui s'étend généralement do l'ouest à l'est, entre le Langlin et le Cher. A cette zone de terrains primitifs en succède une autre de terrains triasiques, formée de marnes irisées, qui commence sur la rive droito du Langlin et se dirige par Saint-Benoisl-du-Sault , Cluis, Chaleaumeillant et Saulzais. Au nord des terrains triasiques on rencontre la bande étroite du grand 8 jurassique, dont nous avons parlé dans la description générale de la France; elle ne forme pas une zone continue, mais elle constitue le lit de la plupart des hautes vallées ou arrière- vallées se jetant dans la Creuse , l'Indre , le Cher et même la Loire. Ainsi , dans le déparlement de l'Indre , ces terrains forment toute la vallée du Langlin , ainsi que celles de ses affluents ; on les retrouve dans toute la vallée de la Creuse; ils forment ensuite une ligne assez continue qui passe entre Neufvy et Cluis, s'épanouit entre Saint-Chartier et la Châtre, et par la vallée de l'Igneray atteint la limite occidentale du Cher. De la Châtre , les terrains jurassiques forment le lit de l'Indre jusqu'en aval de Buzançais; ils gagnent le Théols à Issoudun, forment sa vallée et celle de ses affluents de gauche, et sur sa rive droite s'étendent jusqu'à l'Arnon. Après avoir ainsi constitué le triangle compris entre le Théols et l'Arnon, ces terrains pénètrent dans le département du Cher; ils y remontent le cours de l'Arnon et de ses affluents , dont ils constituent les valléos jusqu'à la rencontre des terrains triasiques ; puis ils atteignent la vallée du Cher vers Saint-Amand, remontent sur l'autre rive, et forment, entre Charenton et Sancoins, un vaste massif que traverse dans sa plus grande longueur le canal du Berry. De Saint-Amand, ces terrains

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forment le lit du Cher jusque vers Preuilly, descendent la vallée de l'Arnon jusque vers Mehun, s'étendent sur la rive gauche entre Dun-le-Roi, Levet et Bourges, et sur la rive droite constituent presque tout le pays compris jusqu'à la Loire. Ces terrains forment ainsi une masse qui ne s'arrête au nord que vers Mehun , Morogues et Sanc*rre , c'est-à-dire aux sources de la grande et de la petite Sauldrc.

A ce massif jurassique succède une zone de terrains crétacés inférieurs, qui pénètre dans le Berry à Sancerre et de là se dirige à peu près à l'ouest , entre Henrichemont et la Chapelle-d'Angillon , comprenant ainsi les hautes vallées des deux Sauldres. Ces terrains crétacés inférieurs comprennent les cours de l'Arnon, du Cher et de l'Yèvre; à partir de Vierzon , ils constituent le lit du Cher et se prolongent jusqu'à la Loire ; ils constituent également le fond des vallées ou arrière-vallées de la rive gauche du Cher, la vallée de l'Indre, à partir de Buzançais, etc.

En dehors dos terrains que nous venons d'indiquer, tout le reste du Berry est constitué par des terrains tertiaires moyens, coupés cà et là de terrains d'alluvion.

Le Berry est un pays généralement plat et découvert; le plus souvent les terres y sont sablonneuses et peu fertiles ou couvertes de bruyères; mais on y trouve aussi en abondance d'excellents pâturages, où s'élèvent de nombreux troupeaux renommés pour la finesse de leur toison. I.a partie orientale, c'est-à-dire le département du Cher, n'est qu'une grande plaine, dont le fond est le plus souvent calcaire et argileux, et d'une fertilité très- variable. La portion la plus triste est celle du nord, que l'on désigne déjà sous le nom de Sologne, pays qui s'étend surtout dans l'Orléanais entre Romoranlin et Gien , et dont le fonds consiste en un sable maigre , couvert de landes, de marais, et ne produisant que des ajoncs, des genêts et des bruyères. Le Sancarois, qui comprend lo nord-est du département, est coupé de hauteurs assez considérables et de vallons, mais ceux-ci sont généralement peu profonds et les cours d'eau qui les arrosent sont peu encaissés; ce n'est guère qu'à l'est, dans la vallée de la Loire ou bien dans celle de l'Auron, que l'on trouve un sol trèsfertile et couvert d'alluvions modernes. Cette fertilité diminue beaucoup vers le sud, au sud-est surtout, où l'on trouve une série d'étangs ou de marais qui ne couvrent pas moins de 8,000 hectares. La richesse principale du Cher consiste dans ses magnifiques pâturages. On y trouve aussi de belles forêls, qui alimentent diverses forges ou usines importantes.

Quant au département de l'Indre, c'est un vaste plaleau incliné du sud-est au nordouest , et dont la monotonie est à peine rompue par les dos de pays qui forment les lignes de séparation des eaux et les vallées sans profondeur qui ondulent à peine le sol. On le divise ainsi : 1" le Bois- Chaud , au sud et à l'est, pays coupé de bois, de haies, de fossés, divisé en petites fermes et comprenant à peu près les sept dixièmes du département; 2° la Champagne, au nord, pays plat et découvert, n'offrant plus ni bois, ni haies, ni fossés, et où se trouvent les grandes exploitations: il comprend deux dixièmes du déparlement; 3° enfin la Brenne, à l'ouest, |>ays marécageux, qui occupe un dixième seulement du département dans les arrondissements de Chàteauroux et du Blanc. Le sol y est formé d'argile , de glaise et de marne, qui, en le rendant imperméable, forcent les eaux à séjourner à la surface jusqu'à leur entière évaporation. On y trouve plus de 6,000 hectares d'étangs ou de marais. La décompi -

sition des matières végétales que renferment ces eaux développent des miasmes pestilentiels, qui, au lever et au coucher du soleil , apparaissent sous forme de brouillards et rendent ce pays malsain. Le sol y est stérile: à peine y trouve-t-on quelques arbres rabougris et une triste verdure; les êtres vivants eux-mêmes participent de celle nature chétive et triste : les animaux y sont rachitiques, et les hommes su jets à mille maladies.

Généralement froide et humide dans le Cher, la température est assez douce dans l'Indre; les vents dominants sont ceux de l'ouest et du nord-ouest; ce dernier, appelé galernt, est surtout redouté parce qu'il apporte la gelée, la neige , etc., et qu'il cause souvent de grands dommages.

S V. Histoire , population, caractère, etc. — Le Berry était jadis occupé par une puissante peuplade de la Gaule celtique, les Biluriijet Cubi, qui avaient pour capitale Avarieum (Bourges); ils prirent une part active à la grande lutte de Vcrcingétorix contre les armes romaines, et dévastèrent eux-mêmes leur pays pour affamer l'ennemi. César vint assiéger leur capitale (52 avant J. C.), qui ne fut prise qu'après un siège mémorable, et traitée avec la dernière rigueur. Sous la domination romaine, le Berry fut compris d'abord par Auguste dans l'Aquitaine , puis par Dioctétien dans la Celtique, enfin par Valentinien dans la première Aquitaine, dont Bourges devint la capitale. Conquis successivement par les Visigolhs et par les Francs, il fit partie de ce grand État d'Aquitaine, qui, avec de* phases si diverses, et pendant plusieurs siècles, menaça la fortune de la France du nord , et il prit une grande part à la terrible lutte des ducs Waiffer et Hunold contre Pépin. Dans le démembrement do l'empire de Charlcmagne, il eut ses comtes particuliers, qui devinrent héréditaires, et qui avaient pour vassaux les seigneurs de Sancerre , de Vierzon , de Mehun , etc. La dynastie de ces comtes ou vicomtes s'éteignit dans la personne d'Eudes Hcrpin , qui vendit son fief au roi de France, Philippe I", avant de partir pour la terre sainte. Dès lors, le Berry fit partie intégrante du domaine royal; cependant, en 1360, le roi Jean en fit un apanage pour son troisième fils Jean; et, jusqu'à la fin du seizième siècle, on l'employa ainsi pour apanager les enfants de France; mais il n'en resta pas moins une province très-soumise , et qui devint le centre des possessions de Charles VII , désigné longtemps sous le nom de roi de Bourges. C'est dans cette ville, en effet, que ce prince se retira, en 1422 , à la mort de son père; il y fut sacré à Mehun-sur-Yèvre , et, après la perte de la bataille de Crevant-sur- Yonne , c'est dans celte province que Jeanne d'Arc vint le prendre pour le conduire à la conquête de son royaume.

Pendant les guerres de religion , les protestants eurent de nombreux partisans dans le Berry, et SanCerre fut comptée au nombre de leurs villes de refuge et de leurs meilleures forteresses. Le siège de celte place, en 1573, est célèbre dans l'histoire militaire du seizième siècle. Depuis cette époque , le Berry demeure l'une des provinces les plus soumises, les plus paisibles, les plus ignorées de la France.

Il n'a produit qu'un petit nombre d'hommes remarquables : Jacques Cœur, Bourdaloue, le peintre Boucher, le général Bertrand, l'antiquaire Raoul-Rochctte , etc.

Les Berrichons ou Bcrruyers sont de taille moyenne et de constitution peu robuste; ils ont généralement le teint pâle, la physionomie sans expression, la démarche lourde et embarrassée. C'est une population essentiellement douce, bonne, honnête,

droite, laborieuse, hospitalière; elle est d'une bravoure calme et solide, d'un grand bon sens, ennemie du désordre, sans passions politiques; mais, aussi enfoncée dans ses vieilles habitudes et ses vieilles croyances, elle est routinière, apathique, indolente, hostile à toute innovation. Ces traits généraux offrent d'ailleurs des nuances bien marquées : ainsi, dans le département du Cher, les habitants du Sancerrois, ceux de Vierzon et de Bourges sont généralement plus gais et plus actifs que ceux des autres parties de la province , parce que les premiers par la Loire, les autres par leur position sur la grande roule de Paris, tous deux par leur commerce de vins ou l'industrie des fers, ont plus de points de contact avec les étrangers. Dans les campagnes, au contraire, ou dans les villes de l'intérieur, on rencontre plus d'apathie et de nonchalance ; enfin , dans la Brenne , les habitants ont un air de souffrance , de maladie et de misère qu'on est loin de trouver ailleurs.

§ VI. DÉPARTEMENT DE L'INDRE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, COMMERCE, ETC. — Le

département de l'Indre a été formé de parties des provinces du Berry (636,539 hect.), de l'Orléanais (50,572 hect ) et de la Marche (14,550 hect.). Sa superficie totale est de 688,851 hectares , dont 401,000 de terres labourables; 85,000 de prés, 18,000 de vignes, 57,000 de bois, 10,000 d'étangs et marais, 75,000 de landes et bruyères, etc. Sa population était, en 1801, de 205,628 habitants; en 1821, de 230,273 hab.;en 1841, de 253,076 hab. ; elle est aujourd'hui de 271,938 habitants. II a pour chef-lieu Chàteauroux , et forme quatre arrondissements ainsi subdivisés:

Arrondissement de Châteaiiroux . 8 cantons, 83 communes, 102/Ji9 habitants.

— d'Issoudun ... 4 — VJ — 50,568 —

— de la Châtre. . . 5 — 59 — 57, Si 4 —

— de le lllanc . . . 6 — 58 — 01,077 —

4 arrondissements 23 cantons, 217 communes, 271,938 habitants.

Ce département forme avec le Cher le diocèse de l'archevêché de Bourges, et possède 4 tribunaux de première instance , et 2 tribunaux de commerce (Chàteauroux et Issoudun), ressortissant à la cour d'appel de Bourges, 4 collèges (Chàteauroux, la Châtre, Issoudun et Saint-Benolt-du-Sault), une école normale primaire, 7 écoles primaires sapérieures et 245 écoles primaires. 11 fait partie de la 19* division militaire.

Nous avons déjà dit que ce département était une sorte de plateau assez fertile, sauf dans la partie appelée la Brenne. Les meilleures terres sont celles dites de Dciucc, qui comprennent environ 70,000 hectares. Ce pays est agricole et manufacturier, mais l'agriculture y est en retard; les principaux produits du sol sont les céréales, les vins , les chanvres , les fourrages , les bois , etc. On y élève un très-grand nombre de moutons; mais leurs laines ne sont pas également bonnes; les plus belles sont celles de la Chamjmgne, rousses, courtes et moelleuses. On estime qu'il y a dans le département 83,000 tètes de gros bétail, un million de moutons, 56,000 porcs, 23,000 chèvres, 23,000 chevaux, 11,000 mulets et ânes.

On trouve dans l'Indre des mines de fer, de plomb sulfuré, de cuivre, et des carrières abondantes de marbre , pierres à chaux , à bâtir, lithographiques. Toutes ces carrières donnent lieu à une exploitation active ; mais c'est le fer qui est la principale richesse minérale du pays : on estime que les forges du département produisent par an plus de 140,000 quintaux métriques. Outre ces établissements métallurgiques, il y

BKHRY.

a encore des fabriques de draps, de bonneterie, de toiles, des filatures de laine, des teintureries, tanneries, mégisseries, papeteries, corderies, brasseries, tuileries, manufactures de porcelaine, moulins à farines et à huiles, etc.

Les principaux objets de commerce sont les grains, vins, bestiaux, laines, fers, fontes, marbres, pierres lithographiques, draps, peaux de chèvres, châtaignes, volailles, etc.

Il y a dans l'Indre 6 routes impériales, sur 400 kilomètres; 6 routes départementales, sur 202 kil. ; 2,505 chemins vicinaux, sur 5,2i»7 kil. : en tout 5,&W kilomètres de voies de communication. Il faut y ajouter le chemin de fer de Vierzon à Argenton par Chàteauroux, et comprenant dans le département 70 kilomètres.

5 VII. Département de l'Indre. — Description des villes. — Chàteauroux, cheflieu du département, possède des tribunaux de première instance et de commerce , un lycée, une école normale, une bibliothèque, un parc de construction des équipages militaires, et une population de 16,000 habitants. Bâtie sur une colline de la rive gauche de l'Indre, au milieu d'une grande plaine généralement aride, celle ville présent* un aspect peu agréabl»'; les maisons y sont petites, sombres, irrégulières , les rues mal pavées et tortueuses. On y remarque le Chàteau-Iïaoul , qui sert aujourd'hui d'hôtel de ville, l'hôtel de la Préfecture, les églises Saint-Martin et Saint-V.iJré. Son industrie consiste en filatures de laine et fabriques de draps , et son commerce en laines, toiles, tuiles, etc.

Cette ville doit son nom et son origine à son château , bâti dans le dixième siècle par Raoul, seigneur de Déols, dont les descendants l'ont possédé jusqu'au quinzième siècle.

hsoudun, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux de première instance et de commerce, une chambre consultative des arts et manufactures, et 13,350 habitants, s'étend sur le penchant d'une colline qui domine une vaste plaine traversée par la Théols. Cette ville est propre, bien bâtie et bien percée, sauf la partie haute, qui a conservé sou aspect du moyen âge , et où l'on remarque l'hôtel de la Préfecture et une vieille tour, dite la Tour Blanche, l'un des plus ancien3 monuments historiques de la France. On y fait un commerce très-actif d'étoffes de laine, de vins, de grains, de bestiaux et de fer. L'origine d'Issoudun est très-obscure. C'était une ville très-forte dans le moyen âge; elle soutint un siège meurtrier pendant la guerre de la Fronde.

Le Blanc, chef-lieu d'arrondissement avec un tribunal de première instance et 6,788 habitants, est située sur les deux rives de la Creuse, qui la partage en haute et basse ville, dans une situation agréable au milieu de bois et d'étangs. C'était autrefois une place forte; aujourd'hui c'est une jolie ville qui possède des filatures de lin et de chanvre , dont les environs renferment des forges nombreuses, et qui fait commerce de fers, bois, vin, etc.

La Châtre, chef-lieu d'arrondissement avec un tribunal de première instance, un collège et 1,070 habitants, est une ancienne et jolie ville bâtie dans une situation pittoresque, sur la rive gauche de l'Indre, au-dessus d'une vallée profondément encaissée , mais bien cultivée. Il ne reste de ses anciennes fortifications qu'une grosse tour carrée servant de prison. On y fait commerce de laines, cire et châtaignes.

Argenton (arrondissement de Chàteauroux), avec 5,400 habitants, est située sur la

Creuse , qui la divise en haute et basse ville. C'est une cité d'origine romaine et qui avait un formidable château garni de dix tours, bâti sur un rocher abrupte, et que Louis XIV fit démolir. On y trouve des fabriques de draps.

Buzançait (arrondissement de Chàteauroux) est une ville de près de 5,000 âmes, située sur un coteau de la rive droite de l'Indre et sur des Ilots communiquant entre eux par six ponts. Les rues y sont étroites et tortueuses, et les maison? mal bâties; mais les environs sont très-agréables, et renferment plusieurs manufactures importantes et des moulins à farine. On y fait un grand commerce de laines.

Châtillon est une petite ville de /|,000 habitants, bâtie près de la rive gauche de l lndre ; elle est dominée par une tour en ruines du haut de laquelle la vue s'étend au loin sur la vallée de l'Indre et sur les vastes débris du manoir gothique de Pallmu qui se trouvent à quelque distance. Elle est entourée de belles promenades et possède plusieurs fabriques de grosses étoffes, des forges, etc. Celle ville est très-ancienne. C'était au moyen ôge une place forte que sa position sur la frontière du Berry rendait importante.

VaUnçay, petite ville de 3,600 âmes, siluée sur la rive gauche du Nahon, est célèbre par le magnifique château que la famille d'Élampes y fit construire sur les plans de Philibert Delorme. Ce château fut embelli par le prince de Talleyrand, et il servit de séjour ou de prison au roi d'Espagne Ferdinand VII, de 1808 à 1814.

Déolt, aujourd'hui Bourg-Dieu, est un bourg de 1,500 âmes silué près de la rive droite de l'Indre, qui n'offre aujourd'hui de remarquable que l'église de Saint-Etienne, où l'on voit les tombeaux des saints Léocade et Ludre , en grande vénération dans le pays. Déols était jadis la capitale du bas Berry , et avait donné son nom à une famille très-puissante.

Vatan (arrondissement d'issoudun) est une petite ville de 3,212 habitants qui date du cinquième siècle; elle est bâtie au milieu d'une grande plaine dans une espèce de dépression où l'eau se rencontre partout à quelques pouces de profondeur. On y remarque l'église paroissiale et la Perrine, grand bâtiment en pierre avec pignons en bois, attribué aux templiers. Vatan était autrefois une place forte. On y voit encore des restes do murailles et une tour.

§ VIII. Département vv Cher. — Statistique, agriculture, commerce, etc. — Le déparlement du Cher a été formé de parties de l'ancien Berry (691,547 hect.), du Bourbonnais (21,800 hect.), etc. Sa superficie totale est de 719,934 hectares dont 379,000 de terres labourables, 54,000 de prés, 12,000 de vignes, 111,000 de bois, 4,500 d'étangs et mares, 108,000 de pâlis, landes et bruyères, etc. Sa population était : en 1801, de 217,785 habitants; en 1821 , de 239,561 hab.; en 1841, de 273,646 hab.; elle est aujourd'hui de 306,261 habitants.

Il a pour chef-lieu Bourges, et forme trots arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Bourges 10 raillons, lOO communes, 120,1 if. habitants.

— de Snint-Ainand. .11 — uj — 108, 130 —

— de SaneeiT*. ... 8 — 76 — "7, 585 —

3 arrondissements 29 cantons, 291 communes, 306,?CI habitants.

Ce département forme avec celui de l'Indre le diocèse de l'archevêché de Bourges. Pour le culte protestant, il y a deux temples à Sancerrc et Asnières, et un oratoire à

BERKY.

Bourges. Bourges est le siège d'une cour d'appel ; il y a dans le département 3 tribunaux de première instance et un tribunal de commerce. Il renferme , en outre , un lycée à Bourges, 2 collèges à Saint-Amand et Sancerre, une école normale primaire (Bourges), 2 écoles primaires supérieures et 274 écoles élémentaires. Il fait partie de la 19* division militaire.

Ce département, généralement plat, est un pays agricole et d'exploitation ; le sol, sablonneux au nord , n'est fertile que sur les bords de la Loire ou de l'Auron-, ailleurs il est de qualité diverse, mais généralement médiocre. Ce qu'on y trouve de plus remarquable, ce sont de belles forêts et de très-bons pâturages. Les principaux produits agricoles sont les blés et les grains, dont la récolte dépasse les besoins de la consommation; les châtaignes et les noix, les fruits et les légumes. La principale richesse du pays est dans les troupeaux : on estime qu'il y a dans le Cher 114,000 têtes de gros bétail, 830,000 moutons, 38,000 porcs, 12,000 chèvres, 33,000 chevaux, 8,000 mulets et ânes. On y élève aussi beaucoup d'abeilles.

L'exploitation minérale consiste surtout dans le fer, dont l'extraction annuelle donne une valeur de plus d'un million de francs. On y trouve encore des pierres de taille, meulières et lithographiques, de la houille, de la terre à porcelaine et de l'argile à potier.

L'industrie la plus développée est celle des fers, pour l'exploitation desquels il y a 25 hauts fourneaux, produisant annuellement 24 millions de kilogrammes de fonte et 4 millions de kilogrammes de gros fer; les usines les plus importantes sont celles de Vierzon, considérées comme les principales de toute la France centrale. Il y a en outre dans le département des fabriques de draps et tissus de laine, des tanneries nombreuses, quelques brasseries, teintureries, chamoiseries , fabriques de porcelaine, poteries. Le commerce consiste en grains, bestiaux, bois, laines, chanvre, cuirs, vins, châtaignes.

Il y a dans le Cher 8 routes impériales sur 485 kilomètres, 22 routes départementales sur 629 kilomètres, 30 chemins de grande communication sur 625 kilomètres; enfin 2,472 chemins vicinaux sur 10,135 kilomètres, 2 canaux (du Berry et latéral à la Loire) sur 250 kilomètres, une rivière navigable (la Loire) sur 136 kilomètres: en tout 12,260 kilomètres environ de voies de communication. Il faut y ajouter la partie du chemin de fer d'Orléans à Moulins, traversant tout le département sur une étendue de 140 kilomètres.

§ IX. Département du Cher. — Description des villes. — Bourges, wcienne capitale du Berry, aujourd'hui chef-lieu du département du Cher et de la 19* division militaire, est le siège d'un archevêché, d'une cour d'appel, et de tribunaux de première instance et de commerce. On y trouve un lycée , une école normale , une bibliothèque publique et une population de 25,000 habitants. Elle est agréablement située sur les pentes d'un coteau , près de la rive droite de l'Auron , à son confluent avec l'Yèvre, qui y reçoit plusieurs ruisseaux. On la divise en vieille et nouvelle ville, et elle a une enceinte d'environ 4 kilomètres; mais de ses fortes murailles garnies do 80 tours il ne reste que quelques débris. Son intérieur est fort laid : c'est l'une des villes de France les plus vieilles, les plus tristes et les plus mal bâties. Ses édifices les plus remarquables sont la cathédrale et l'hôtel de ville. La première est l'un des plus beaux tome ii. 36

monuments gothiques de France, et l'un des mieux conservés; le second est l'ancienne maison de Jacques Cœur, argentier du roi Charles VU, et l'un des plus curieux édifices du quinzième siècle. On doit encore citer l'archevêché, la préfecture, bâtie sur l'emplacement de l'ancien palais des ducs de Berry; la maison de Cujas, dans la rue des Arènes; le musée Jacques Cœur, etc.

Bourges est une des villes les moins animées de la France, l'une de celles où les inno- \at.ons modernes ont le moins pénétré; néanmoins on y trouve des fabriques de draps et de couvertures de laine, des brasseries, tanneries, coutelleries, et Ton y fait le commerce de grains, chanvre, peaux, bois et fruits. Son histoire est celle du Berry : prise, pillée, ravagée dans toutes les guerres ou révolutions de la province, elle n'a joué do rôle important qu'à l'époque où elle était la deuxième capitale de la France et le refuge de la monarchie des Valois.

Saint- Amand-Montrond , chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège et 8,000 habitants, est une ville jolie et régulière, située sur les bords de la Marmande , à son confluent avec le Cher, près de la branche méridionale du canal du Berry. Elle fait commerce de bois, de bestiaux, de grains, vins, châtaignes, etc.

Cette ville doit son origine à un monastère fondé dans le septième siècle. Près de ses murs était le fameux château de Aïonlrond, qui appartint successivement aux maisons de Déols, de Sully, d'Albret et de Clèves; c'était la plus forte place du Berry, et il avait avec ses murs et ses fossés une circonférence de h kilomètres. Condé y soutint un long siège pendant la guerre de la Fronde, et il fut alors démoli par ordre de Louis XIV.

Sancerre, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un collège et une population de 3,700 âmes, est bâtie sur un plateau qui couronne une montagne de 130 mètres d'élévation, d'où l'on domine la rive gauche de la Loire. La vue y est magnifique, et s'étend au loin jusqu'aux montagnes du Nivernais et du Morvan. C'est d'ailleurs une petite ville laide, mal bâtie, avec des rues très-escarpées, étroites et tortueuses. Elle était autrefois fortifiée , mais ses remparts ont été transformés en un boulevard. C'était, dans le dix-septième siècle, une des places d'armes des protestants , qui y soutinrent en 1573 un siège horrible.

Les environs de Sancerre sont fertiles en vignes, céréales, chanvre, etc. Son commerce consiste surtout en laines, vins, grains, noix et bestiaux.

Vierzon (arrondissement de Bourges) est une ancienne et jolie ville de 6,700 habitants, située à l'embranchement des chemins de fer de Bourges et de Châtcauroux, un peu en amont du confluent de l'Yèvre et du Cher. Sa position est pittoresque : au nord et au nord-est s'étendent des coteaux couronnés d'une vaste forêt, au pied de laquelle s'étagent de riches vignobles; au sud et au sud-est, les deux vallées du Cher et de l'Yèvre offrent de magnifiques pâturages semés de bouquets de bois. Vierzon, malgré ses vieilles maisons en bois, a un aspect riant; sa grande rue, que suit la route de Paris, est très-belle; on y remarque son égliso, son hôtel de ville , autrefois couvent des Cordelicrs, les deux tours de son ancien château, etc. C'est une ville qui depuis trente ans a pris un grand accroissement. Elle a do nombreuses tanneries, des manufactures de porcelaine cl de faïence, des papeteries, etc. Elle fait aussi un grand commerce de laines, de vins, de fers, de bestiaux, etc.

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En face de Vicrzon se trouve lier zon- Village, faubourg de 4,800 âmes, situé sur ia rive gauche de l'Yèvre. On y trouve des forges très-considérables, qui mettent annuellement dans le commerce plus de 2,500,000 kilogrammes de fer.

Mehun-tur-Vèvre, avec 4,200 habitants, est une ville ancienne, située sur la rive droite de l'Yèvre et sur le canal du Berry, dans une plaine fertile. On y remarque les deux tours et les ruines de l'ancien château , et une belle église , qui date du douzième siècle. Son commerce consiste en chanvre , bois , laines et tissus divers provenant de ses fabriques.

Cette ville est surtout célèbre pour avoir été le séjour favori de Charles VII, qui y fit bâtir un château, où il mourut en 1461.

Chartt est un bourg de 1 ,600 âmes , assez mal bâti , mais situé dans une charmante position , sur lu rive gauche de l'Arnon. On y remarque l'église de Saint-Martin , et près de là les ruines d'un ancien château fort. Jadis ville de guerre et entourée de fortifications qui furent détruites pendant la guerre de la Ligue, Charost fut au moyen âge le chef-lieu d'un comté , érigé plus tard en duché-pairie.

Chàteaumeillant (arrondissement de Saint-Amand) est une petite ville de 3,000 âmes, située près de la rive gauche de la Sinaise , sur le flanc d'un joli coteau , dans un pays agréable et varié. On y remarque un ancien château, datant, dit-on, du quinzième siècle , et qui a appartenu à la famille de Lusignan.

Cullan, bourg de 1 ,200 âmes , est agréablement situé près de la rive gauche de l'Arnon, sur le flanc d'un mamelon que couronnent les ruines d'un château, très-important dans le moyen âge, et dont il reste encore trois grosses tours. C'était le chef-lieu d'une seigneurie puissante et célèbre dans l'histoire du quinzième siècle.

Ligniïrcs, petite ville de 2,600 âmes, située sur la rive gauche de l'Arnon, dans une jolie vallée . était jadis entourée de murailles et défendue par un château qui servit souvent de refuge à Charles VII. Ce fut une des premières cités où Calvin prêcha et qui embrassa la réforme. Elle fut dévastée plusieurs fois pendant les guerres religieuses.

Dun-le-Roi est une petite ville de 5,000 âmes, située sur la rive droite de l'Auron, et qui n'a de remarquable que son église. C'est une cité d'origine gauloise, et, dans le quinzième siècle , elle était très-importante , surtout par son château , où le connétable de Richemont fit saisir et jeter dans la rivière Pierre de Giac, favori de Charles VII.

Aubigny (2,500 hab.), petite ville de l'arrondissement de Sancerre, est située sur les bords de la Nère, affluent de la Sauldre. Elle est petite, sale, laide, et n'a de remarquable que son église. Au onzième siècle , c'était une forte place, avec de hautes murailles et un bon château. Charles VII, pour récompenser Jean Sluart, connétable d'Ecosse, lui en fit don en 1422. Ce seigneur rebâtit le château, et sa famille l'a gardé jusqu'à la révolution.

Henrichemont (3,000 hab.), située aux sources de la Pclite-Sauldre, est une jolie ville, qui s'appelait d'abord Boisùelle, et qui fut rebâtie par le ministre Sully, lequel lui donna le nom de Henri IV. Elle appartint ensuite à la maison d'Albret.

A quelques kilomètres au nord-ouest est le petit village lïfvoy-le-Pré, qui possède une verrerie à vitres et à bouteilles, et une belle usine, où se Tabriquent des pièces pour les machines à vapeur.

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