CHAPITRE DIX-HUITIÈME
n 0 U H B 0 N N A 1 S. — DÉPARTEMENT DE L'ALLIER.
§ I. Limites, subdivisions, orographie. — Le Bourbonnais était borné au nordouest par le Berry, au nord-est par le Nivernais, à l'est par la Bourgogne et le Lyonnais, au sud par l'Auvergne et la Marche. Il avait environ 160 kilomètres de long de l'ouest à l'est , sur 75 de large du nord au sud , et sa superficie était d'environ 800.000 hectares. Sa population , en 1789, était de 280,800 habitants. Il formait un gouvernement militaire, était compris dans la généralité de Moulins, dont le ressort s'étendait aussi sur une grande partie du Nivernais et de la Marche , ressorlissait au parlement de Paris, et renfermait à Moulins un présidial établi en 1557. Sous le rapport ecclésiastique, il faisait partie des diocèses de Bourges et d'Autun.
Cette province , située sur les pentes nord-est du plateau central , est un appendice géologique de l'Auvergne ; mais elle n'est réellement montagneuse que dans sa partie méridionale. Ses montagnes ou collines sont le prolongement de deux chaînes dont nous avons déjà parlé, les monts du Forez, les monlt d Auvergne.
Les monts du Forez se terminent au Puy de Montoncelle (1,299 m.) , situé vers les sources de la Bèbre. Là la chaîne se bifurque : la branche du nord-ouest court entre la Bèbre et l'Allier par des montagnes peu élevées mais couvertes de forêts de hêtres et de sapins, qui constituent un pays très-accidenté qu'on appelle la petite Suisse. Ces montagnes, formées de roches primitives, sont d'abord abruptes et déchirées; mais ensuite elles s'abaissent et s'arrondissent, et finissent par des terrains tertiaires moyens. La branche du nord-est court entre la Bèbre et la Loire sous le nom de monts de la Madeleine, qui ont d'abord 1,200 mètres de hauteur; elle sert pendant 40 à 50 kilomètres de séparation entre le Bourbonnais et le Forez, diminue continuellement d'élévation , et finit au confluent de lu Bèbre.
L'ensemble de ces deux chaînes forme, entre les vallées de la Loire et de l'Allier, une sorte de plateau d'une hauteur moyenne de 250 à 300 mètres, s'appuyant au sud sur un massif de roches primitives ou porphyriques, tandis que, au nord, entre Jaligny et le Donjon ce plateau forme une dépression qui laisse apparaître le bassin houiller de Monlcombroux , les marnes irisées de Liernollcs et les terrains de transilion de Saint-Léon. Il finit par s'effacer dans les terrains tertiaires moyens, qui constituent le reste du pays entre Loire et Allier.
Les hauteurs de la partie occidentale du Bourbonnais se rattachent aux monts d'Auvergne, dont ils ne sont qu'un épanouissement. C'est vers les sources du Cher, au petit plateau de Saint-Avit, que commence le contre fort d'entre Cher et Allier. Il court d'abord entre le Cher et la Sioule, pénètre dans le Bourbonnais entre Montaigu et Montmaraull, sépare l'Œil et l'Aumance d'une part, d'autre part la Bouble, la Queune, la Bioudre, et va finir dans le Berry, où il se relève dans les hauteurs du Sancerrois. Ces hauteurs forment vers le sud-ouest du Bourbonnais une espèce de plateau composé de roches primitives , quelquefois granitiques, où apparaissent çà et là
quelques saillies porphyriques. Elles ont généralement 600 mètres d'élévation au sud de Montmarault; mais elles s'abaissent en s'avançant vers le nord, et les roches granitiques de Cérilly n'ont plus que 400 mètres. Tout ce massif de roches anciennes offrait sans doute de nombreuses dépressions, et c'est dans celles-ci que se sont formés les nombreux bassins houillers qu'on y rencontre à Commenlry et dans les vallées du Cher et de l'Aumance.
S II. Hydrographie. — Le Bourbonnais appartient au bassin do la Loire, et principalement à ses affluents, l'Allier et le Cher. C'est un pays très-bien arrosé. Toutes les grandes vallées y ont à peu près la même direction , et convergent vers la vallée centrale de la Loire.
La Loire sert de limite au Bourbonnais et à la Bourgogne (Saône-et-Loire), depuis Avrilly jusqu'à Gannay, pendant environ 64 kilomètres. Dans tout ce parcours elle n'arrose aucun lieu remarquable, et elle est continuellement longée par le canal latéral, sa navigation étant très-difficile à cause des bas-fonds. Kilo reçoit des affluents qui descendent soit des monts de la Madeleine, soit des hauteurs entre Bèbrc et Allier. Voici les principaux :
1° La Vouzance, qui passe près du Donjon. — 2° Le Roudon, qui naît dans le bassin h« uiller de Montcombroux. — 3° La Bèbre, qui naît au Puy de Monloncellc, arrose la Palisse, Jaligny, Dompierre, et finit après un cours de 80 kilomètres; elle reçoit une foule de ruisseaux, dont le plus important est, à droite, le Barbenan. — h" VAcotin, qui arrose Clievagncs et va finir dans le Nivernais. — 5° V Allier, né au mont Lozère , après avoir traversé la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme , pénètre dans le bourbonnais un peu en amont de Saint- Yorre : il y arrose Vichy, Saint-Germain des Fossés, Billy, Moulins, Aubigny, où il n'appartient plus au Bourbonnais, qu'il sépare du Nivernais , que par sa rive gauche, sur laquelle on trouve le Veurdre. La, après 98 kilomètres de cours dans le Bourbonnais, il quitte celte province, et séparant le Berry du Nivernais, il va finir dans la Loire. Cette rivière, déjà décrite page 198, présente jusqu'à Moulins des rives d'une grande beauté; de nature torrentueuse, elle déborde souvent, roule des sables mouvants, enlève et délaisse tour à tour les terres de ses bords : ses crues moyennes sont de 2 mètres ou 2 mètres et demi ; ses crues extraordinaires atteignent près de 5 mètres.
L'Allier reçoit dans le Bourbonnais, à droite : 1° le Sichon, qui naît dans la petite Suisse, et coule au nord-ouest dans une jolie vallée, cù il arrose Cussct; 2° le Mourqon, qui finit à Saint-Germain-des-Fossés; 3° le Valençon, qui baigne Varennes. A gauche : 1° YAndelot, qui coule au nord-est en arrosant Gannat, et finit en face de Varennes après s'être grossi de la Toulcne; 2° la Simule, qui naît sur le versant nordouest du mont Dore, traverse une partie do l'Auvergne (voir p. 199) , pénètre dans le Bourbonnais, y arrose Kbreuille, Saint-Pourçain , et finit près de Cnntigny après un cours total de 100 kilomètres, dans lequel elle coule presque toujours entre dos collines très-rapprochées et à pic; quand les versants sont moins rapides, ils sont hérissés de blocs de rochers entre lesquels poussent des buis et des genêts. La Sioule se grossit à gauche de la Bouble, qui arrose ChantclIc-le-Cliàlcau, et finit un peu au dessus de Saint-Pourçain, après avoir reçu un grand nombre de ruisseaux. — L'Allier reçoit encore à gauche : 3° la Queune, qui prend sa source un peu au nord de Montet-
aux-Moincs , coule au nord-est à travers un bassin houiller très-important en arrosant Souvigny, et se jette dans l'Allier un peu au-dessous de Moulins; W »e Chamaron grossi de la Barge, qui arrose Bourbon -l'Archambault; 5° la Moudre, qui finit an Veurdre après avoir reçu plusieurs affluents.
Le dernier affluent de la Loire est le Cher, qui entre dans le Bourbonnais près du confluent du Buron ; il y coule généralement du sud au nord en n'y arrosant d'autre lieu remarquable que Montlucon ; il en sort à Urçay après un parcours de 60 kilomètres. Ses bords sont peu élevés, ses débordements fréquents. Il est longé depuis Montlucon par le canal du Berry. Ses affluents de gauche ne sont que des ruisseaux sans importance. A droite il reçoit VAumance, qui naît près de Monlct-aux-Moines , coule généralement de l'est à l'ouest en passant à Hérisson et à Meaulne, cù elle se jette dans le Cher après 48 kilomètres de cours, dont 27 flottables. Elle se grossit elle-même d'un grand nombre de petits affluents, parmi lequels l'Œil, qui passe à Commenlry.
A tous ces cours d'eau il faut ajouter : i° le canal du Cher, qui commence à Montlucon, longe la rivière jusqu'à Sainl-Amand, et dont nous avons déjà parlé dans le Berry; 2° le canal latéral à la Loire, que nous avons déjà décrit.
§ III. Constitution géologique, aspect général, productions, etc. — Le sol géologique du Bourbonnais est très-varié; il est en grande partie constitué par les terrains primitifs, qui forment presque tout l'ouest, le sud-ouest, ainsi qu'une petite partie du sud-est du déparlement, et les terrains tertiaires moyens qui forment surtout l'est et le nord-est. En outre, on trouve au nord-ouest un massif triasique assez considérable, et sur la frontière du Berry de ce côté quelques saillies jurassiques-, au centre, les grandes vallées de l'Allier et de la Sioule offrent des terrains d'alluvions anciennes et récentes, ces dernières se retrouvant aussi, au nord de Montlucon, dans le lit du Cher. Enfin çà et là, mais surtout à l'ouest, apparaissent des bassins houillère assez considérables : ils sont situés généralement entre Montlucon et Souvigny, et les principaux sont : celui du Monlet, dans la vallée de la Qiieune, qui par Fins et Noyant remonte au nord-est jusqu'à Mcssarges, et qui, au sud-ouest, apparaît ça et là jusqu'à Montmarault; celui de Commentry, depuis celte ville jusqu'à Néris; celui du Doyet, formant plus au nord un petit massif au sud-ouest de Villefranche, et un aulre plus considérable à l'est de la même ville entre Villefranche , Chappes et Chavenon ; celui de la Bandes vers Buxièrc-la-Gruc , entre le Morgon et la Bandes; enfin celui de VAumance, situé sur les deux rives et vers le confluent de cette rivière, au sud de Meaulne. Ces bassins houillère appartiennent à la partie occidentale de la province; dans la partie orientale on ne trouve que le bassin de Moncombroux situé à l'ouest du Donjon, a l'extrémité septentrionale des terrains primitifs et porphyriques du sud-est du département.
On donne le nom de haut pays à la partie sud du Bourbonnais , et à la partie nord celui de bas pays. Ce n'est en effet qu'au sud cl surtout au sud-est que le Bourbonnais est réellement montagneux: là se trouve la partie la plus pittoresque de la province; là seulement le pays est sauvage et agreste , le climat rude et froid sans néanmoins cesser d'être sain; là seulement, sur les roches granitiques des contre-forts des monts du Forez , la neige persiste une grande partie de l'année. Partout ailleurs on ne trouve guère que des coleaux peu élevés, et le terrain s'abaisse assez rapidement vers le
nord pour former des plaines considérables, principalement aux environs de Cannât, de Monlluçon , et dans l'arrondissement de Moulins. Dans ces terres basses et un per monotones la neige devient rare, la température moins variable, le climat plus doux, la végétation plus précoce. Les vallées méridionales du pays sont généralement profondes, agrestes et tristes; les vallées septentrionales sont ouvertes, plates et d'un aspect peu varié. Celle de l'Allier est la plus remarquable : près de Moulins elle est généralement peu accidentée, et les bords de la rivière sont nus et tristes ; mais en remontant au sud ils se garnissent de peupliers et de saules, et aux environs de Vichy ils deviennent vraiment délicieux. C'est là d'ailleurs que commence la Limagne.
Les cantons montagneux du Bourbonnais sont d'une culture diflicile. Ce sont surtout les plaines et les coteaux , c'est-à-dire les basses terres qui forment la partie la plus fertile du pays. On estime que la moitié du sol à peu près, surtout dans le haut pays, est sablonneuse et siliceuse avec un fond granitique, tandis que l'autre moitié, formée généralement de dépôts d'alluvions argileux et siliceux mêlés de graviers, repose sur un fonds d'argile, et constitue surtout les basses terres; le fonds des vallées et le bord des rivières y présentent des terres argileuses d'une grande fertilité où le froment réussit bien ; avec le môme fonds d'argile les terres deviennent plus fortes et plus profondes entre Cannai et le Donjon, dans le pays qu'arrosent la Double, la Sioule et la Bèbre : ces terres fortes sont surtout favorables à la culture de la vigne; enfin sur les bas coteaux la couche d'argile qui les recouvre généralement sur une grande étendue est plus ou moins décomposée à la surface . De cette diversité de terrains naît la diversité des produits et môme des aspects dans certaines parties. Ainsi , à côté de belles plaines verdoyantes ou couvertes de moissons, principalement au bord des cours d'eau, se trouvent les brandes, espèces de landes do l'aspect le plus triste et le plus sauvage, qui ne produisent que des genêts, des bruyères et quelques joncs. A côté de gorges arides et désolées, on rencontre de belles vallées bien arrosées offrant la plus riche végétation, quelques-unes même le cèdent à peine aux plus jolies vallées de la Suisse. L'arrondissement de Moulins, qui occupe presque tout le nord et renferme la majeure partie des plaines du département, en est aussi la partie la plus boisée ; ses terres légères et sablonneuses sont favorables à la culture du mûrier, qui y réussit bien , et à celle des jardins, qui donnent d'excellents légumes; on y trouve encore des vignobles et de belles prairies, mais aussi des étangs nombreux et des brandes, qui se prolongent à l'ouest. L'arrondissement do Cannât est formé, principalement au bord de l'Allier, de terres noires et profondes très-fertiles, où l'on cultive surtout le froment et les arbres fruitiers; on y trouve aussi de beaux vignobles, qui donnent des vins blancs assez estimés; le chanvre et le lin y viennent bien. L'arrondissement de Monlluçon, qui est constitué en grande partie par le granit, est généralement entrecoupé de coteaux et de plaines bien arrosées et fertiles; la vallée du Cher depuis Monlluçon jusqu'à Saint-Amand y présente de magnifiques pâturages, et sur la frontière septentrionale on y trouve de belles forêts. Mais de ce côté le sol se relève, et sur toute la frontière du Berry on ne trouve que des brandes, qui s'étendent à perte de vue. Sur les frontières de la Marche le sol se relève encore plus, el présente de fertiles vallées que dominent d'énormes blocs de granit. Entre la Marche et le Berry, vers l'extrémité la plus occidentale de
l'arrondissement, se trouve le pays dit de la Châtaigne, contrée très-pittoresque, où les voies de communication sont difficiles, les habitants rares et les cours d'eau nuls. Quant à l'arrondissement de la Palisse, il est sablonneux et pauvre, ou tout au moins formé de terres argileuses et froides ; la partie sud-ouest est tout à fait montagneuse.
Quoique l'agriculture dans le département de l'Allier soit arriérée, elle donne des récoltes en céréales et en vins qui dépassent les besoins de la consommation ; les prairies y sont belles, abondantes, et nourrissent de nombreux troupeaux : les moutons des brandes donnent annuellement plus de 160,000 kilogrammes de laine. Les forêts sont belles et étendues : elles occupent les deux quinzièmes du département.
Le Bourbonnais renferme aussi d'assez grandes richesses minérales : Bresnay a du . sulfure d'antimoine, Bourbon du minerai de fer, Pierrefitte du manganèse, Leprugne etSaiut-Léon du plomb, Échassière du kaolin, Vindeîat, Chatel-Perron et Ferrières des marbres blancs ou colorés; Commentry, Noyans, Montet, Fins, Montcombroux, ont des mines de houille. On connaît une mine de cuivre non exploitée , et l'on extrait du porphyre , du granit, de la marne, de l'argile à potier et du grès; enfin on trouve des eaux minérales célèbres depuis des siècles à Bourbon-1' Archambault, Vichy, Néris, et dans plusieurs autres localités.
g IV. Histoire, population, etc. — Le Bourbonnais, placé entre l'Auvergne, le Berry et la Bourgogne, est encore une de ces provinces intermédiaires entre le nord et le midi de la France, qui n'ont pas de physionomie particulière, et qui n'ont pas joué de rôle historique; mais il a eu l'insigne honneur de donner son nom à la plus illustre famille de l'histoire moderne.
11 était habité dans les temps anciens par les Boit, clients tantôt des Éduens, tantôt des Arvemes , et qui suivirent les destinées de ces deux peuples. Compris dans l'Aquitaine première, il fut conquis d'abord par les Visigoths, ensuite par les Francs, et prit part à la résistance de l'Auvergne contre les conquérants du Nord. Il fil partie du duché d'Aquitaine» et dans le démembrement de l'empire de Charlemagne il eut ses seigneurs particuliers, dont le premier est Aimar, fidèle du roi Charles le Simple : il demeurait au château de Bourbon et fonda Moulin». La dynastie d'Aimar finit en 1218 avec Archambault VII, dont la fille unique porti le Bourbonnais h son mari Guy de Dampierre, déjà maître du Nivernais. Celle deuxième maison de Bourbon ne donna que deux seigneurs, et en 1272 Béatrix, petite-fille d' Archambault IX, ayant épousé Robert de Clermont, sixième fils de saint Louis, le Bourbonnais entra dans la famille des rois capétiens et n'en sortit plus. Il fut érigé en duché-pairie par Charles le Bel , et il resta une seigneurie vassale des rois de France jusqu'au fameux connétable de Bourbon, qui eut tous ses biens confisqués. Alors il fut réuni à la couronne , et donné en apanage dans le dix-septième siècle à la maison de Condé.
A part les princes de la maison de Bourbon , ce pays n'a donné à la France qu'un petit nombre d'hommes célèbres : la Palisse, le maréchal de Villars, l'amiral d'Orvillicrs, le poète Gilbert, etc.
Le caractère do la population est, comme l'histoire de ce pays, très-secondaire et presque effacé dans le caractère des provinces voisines. « Les habitants de l'Allier, dit un écrivain du Bourbonnais, sont légers, spirituels, enclins à la plaisanterie, humains, hospitaliers, poussant à l'excès leur empressement envers les étrangers.
généreux par caractère, jamais par calcul. Il y a dans leur entretien plus de raison et de gaieté que de culture d'esprit. Les femmes sont jolies et ont une amabilité remarquable. Les habitants des campagnes passent pour être tracassiers et pour aimer les procès; ils sont très-attachés au lieu qui les a vus naître. Jusqu'à présent il a été près* que impossible de vaincre leur obstination dans certaines pratiques routinières. En général, ils sont doux, honnêtes, économes, hospitaliers; malgré leur tranquillité apparente, ils sont gais, vifs et adonnés aux plaisirs. »
g V. DÉPARTEMENT DE L'ALLIER. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , INDUSTRIE , COM- MERCE, etc. — Ce département, formé de l'ancien Bourbonnais, a une superficie de 742,272 hectares, dont 481,000 de terres labourables, 78,000 de prés, 16,000 de vignes, 62,000 de bois, 26,000 de landes, pâtis, bruyères, etc. Sa population était, en 1801, de 268,864 habitants; en 1821, de 280,025 hab. ; en 1836, de 309,270 hab. Elle est aujourd'hui de 336,758 habitants.
Il a pour chef-lieu Moulins , et forme quatre arrondissements ainsi subdivisés :
Arrondissement de Moulins. ... 9 cantons, 84 communes, 97,002 habitant».
— île Monthiçon . . b — 67 — 68,898 —
— de Cannât ... 6 — 75 — 78,840 —
— de la Palisse. . 6 — 91 — 92,518 —
4 arrondissement* 26 cantons, 317 communes, 336,758 habitant*.
Ce département forme le diocèse de l'évéché de Moulins. Il ressortit à la cour d'appel de Riom , et renferme 4 tribunaux de première instance et un tribunal de commerce (à Moulins). Il possède un lycée à Moulins, 2 collèges à Gannatet Montluçon, une école normale primaire à Moulins, et environ 150 écoles élémentaires. 11 fait partie de la 19* division militaire.
C'est un pays principalement agricole et d'exploitation minière. Nous avons déjà dit quelles en étaient les parties fertiles et stériles. La récolte des grains dépasse annuellement 2,600,000 hectolitres; celle des vins est de 400,000 hectolitres, dont les deux tiers sont livrés à l'exploitation ; celles de l'avoine et des pommes de terre s'élèvent chacune à environ 600,000 hectolitres. Le département produit en outre des fourrages, des légumes secs, du lin et du chanvre , des betteraves, des fruits surtout, des pommes, des noix, etc. Quant aux bestiaux, on estime qu'il y a 153,000 têtes de gros bétail, 507,000 moutons, 75,000 porcs, 13,000 chèvres^ 10,000 chevaux, 500 mulets et 1,100 ânes. Nous avons dit aussi quelles sont les principales mines ou carrières exploitées, les eaux minérales, etc. L'industrie est très-dé veloppée, surtout l'industrie du fer. Il y a dans le département plus de 100 forges et hauts fourneaux ; 400 fabriques , manufactures et autres usines; 650 moulins, etc. Au premier rang nous citerons les vastes usines de Commentry, les torges du Tronçais, qui livrent annuellement au commerce une moyenne de 500,000 kil. de fer; les forges et hauts fourneaux de Messarges, qui datent de 1751 ; ceux de Beauregard, qui remontent à 1742. 11 y a de plus une superbe manufacture de glaces et de verres à Commentry, une verrerie à Souvigny, des manufactures de porcelaine et de verrerie à Lurcy-Lévy et à Champroux, une belle papeterie à Cusset; Moulins est renommée pour sa coutellerie, et le département renferme encore des manufactures de draps, de couvertures de laine et de colon, Ces filatures, tanneries, corderies, fabriques de produits chimiques, etc.