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CHAPITRE VINGTIEME

BOURGOGNE. — DÉPARTEMENTS DE SAÔNE-ET-LOIRE , DE LA CÔTE-D'OR ET DE i/vONXE.

§ I. Limites et subdivisions. — La Bourgogne , qui doit son nom aux Burgondes, qui s'y établirent dans le cinquième siècle, était assise, sans limites naturelles, dans les trois bassins de la Loire, de la Saône et de la Seine , et était bornée au sud par le Lyonnais et la Bresse, à l'ouest par le Bourbonnais et le Nivernais, au nord par la Champagne, à l'est par la Franche-Comté. On la subdivisait en Dijonno'u, Aulunois, Chdlonnoit, Auxoit , Charolloit, Mùconnois, Auxerrois, etc. En 1789, c'était un gouvernement militaire qui comprenait de plus la Bresse, le Bugey, etc. Elle formait, aussi avec la Bresse, la généralité de Dijon. Elle était du ressort du parlement de Dijon , duquel dépendaient vingt-trois bailliages. C'était un pays d'étah. Elle formait quatre diocèses suffragants de Lyon, Dijon, Mâcon, Autun et Chàlons.

Sa superficie était de 2,560,000 hectares, sa population de 8^0,000 habitants. On en a formé, en y ajoutant certaines parties de la Champagne et du Câlinais, trois départements : Saône-el-Loire, Côte-d'Or, Yonne, qui ont aujourd'hui une population totale de 1,356.156 habitants.

§ IL Orographie. — La charpente orographique de la Bourgogne est foimée par le faite de partage des eaux de la France, depuis les sources de l'Azergues et de la

Grosne jusqu'aux sourcos de l'Ource et de la Tille, c'est-à-dire qu'elle comprend les monts du Charolais et de la Côte-d'Or, une partie du plateau de Langres, avec leurs contre-forts.

Les monts du Charolais s'étendent des sources de l'Azcrgues au seuil de partage du canal du Centre, pendant environ 55 kilomètres; leur hauteur la plus grande ne dépasse pas 700 mètres. Ce sont des montagnes doucement mamelonnées, cultivées et habitées jusqu'à leurs sommets ; leurs flancs sont couverts de pâturages et de vignes. La principale route qui les traverse va de Màcon à Charolles. Leurs contre-forts sont courts et peu importants; le plus remarquable court entre la Grosne et la Saône, et a des sommités qui atteignent près de Sologny 960 mètres.

Les monts de la Côte-d'Or s'étendent des sources de la Dheune et de la Bourbince aux sources de la Seine, pendant 70 kilomètres. Ils présentent généralement des pentes très-riches et couvertes de vignobles ; mais une partie de leurs sommets est stérile et décharnée. Les points les plus remarquables sont : le bief de partage du canal du Centre, élevé de 307 mètres; le mont Cents (589 m.); le mont iloresot (520 m.); le bief de partage du canal de Bourgogne m.); le mont Tasselot (608 m.) , etc. Ces montagnes renferment de très-grandes richesses minérales, principalement en houille et en fer. Les principales routes qui les traversent vont : de Chàlon à Autun, de Chàlon à Arnay-le-Duc , de Dijon à Sémur, de Dijon à Montbard , etc. Le chemin de fer de Paris à Lyon les coupe vers le mont TasseloL

Des contre-forts qui s'en détachent, ceux du levant, généralement couverts de forêts ou plantés de vignobles, descendent assez brusquement et par des escarpements bien marqués dans les vallées affluentes à la Saône ; ceux du couchant sont plus doui et plus prolongés. Le plus remarquable est celui qui , partant du mont Moresol , vers les sources de l'Arroux et de l'Armançon , forme l'origine de la grande série de hauteurs qui fait la séparation des eaux entre la Loire et la Seine (voir L I, p. 551 ). Elle court d'abord en arc de cercle autour de l'Arroux sous le nom de monts du Morvan et constitue un pays très-fourré, dans une longueur de 60 kilomètres ot une largeur de 30 kilomètres, pays que nous avons déjà décrit dans le Nivernais. Ces monts se continuent par les monts du Nivernais , déjà décrits , et sont traversés par la roule d' Autun à Sémur. Le plateau de Langres se compose d'une série de hauteurs à formes plates ou arrondies qui commence vers les sources de la Seine et se termine vers les sources de la Meuse. Sa hauteur moyenne est d'environ 500 mètres. Nous le retrouverons ailleurs.

S III. Hydrographie. — La Bourgogne, étant assise sur le faite général de partage des eaux, appartient aux trois bassins de la Loire , de la Saône et de la Seine.

1° Bassin de la Loire. La Loire , à sa sortie du Lyonnais , entre dans la Bourgogne, en continuant à couler du sud au nord ; elle passe près de Marcigny , sert de limite • entre la province et le Bourbonnais, arrose Digoin, incline vers le nord-ouest, passe près de Bourbon-Lancy et entre dans le Nivernais. Dans ce parcours elle reçoit : 1° la Reconce, qui passe à Charolles ; 2° VArroux, qui naît dans les monts du Morvan, près d'Essey, coule du nord-est au sud-ouest, en passant près d' Arnay-le-Duc , à Autun, où il est navigable, à Toulon, etc. Son cours, de 120 kilomètres, est embarrassé de roches et de sables; il finit au-dessous de Digoin, après s'être grossi d'un

grand nombre d'affluents : le plus remarquable est la Bourbince, qui est longée par le canal du Centre et finit près de Digoin.

2° Bassin de la Saône. Celte grande rivière, que nous avons vue affluer dans le Rhône à Lyon, prend sa source dans les monts Faucilles, et parcourt une partie de la Lorraine et de la Franche-Comté , où nous décrirons son bassin supérieur ; elle entre dans la Bourgogne au-dessus du confluent de l'Ognon , coule du nord-est au sud-ouest, arrose une série do jolies villes et qui ont presque toutes de la célébrité , Pontallier, Auxonne, Saint-Jean de Losne, Seurre, Verdun, Châlon, Tournus, Maçon, et sort de la Bourgogne au-dessus de Thoissey, après un parcours de 200 kilomètres. C'est une rivière très-molle, très-lente, et dont la navigation était difficile avant qu'on eût pratiqué dans son lit et sur ses bords de grands travaux. Ces travaux ont consisté en canaux de dérivation ayant pour but d'épargner aux bateaux certains passages remplis de graviers et de hauts-fonds, en barrages élevant la napp-; d'eau de la rivière au-dessus des hauts-fonds, en creusement du Ut et endigu ment de ses rives, etc. La Saône est faiblement encaissée; ses rives sont généralcinx nt accompagnées de plaines fertiles; au-dessous de Màcon et jusqu'à Lyon elle est bordée de coteaux magnifiques, des sites les plus pittoresques, de villages riants, de belles maisons, etc. — Ses affluents de gauche sont : 1» la Vingcanne, qui naît dans le plateau de Langres et passe à Fontaine -Française; 2* la Tille, qui passe à Is et à Genlis; 3" YOuche, qui passe à Dijon et finit au-dessus de Saint-Jean de Losne ; 4* la Dheune, qui naît derrière la Bourbince , est longée , comme celle-ci , par le canal du Centre , et se grossit du Roin, passant près de Beaune, et du Meuzin, passant à Nuits; 5° la Grosne, qui passe à Cluny. Aucune de ces rivières n'est navigable. Elias traversent des pays fertiles, accidentés, et renfermant les plus riches vignobles de la France.— Ses affluents de droite sont YOgnon et le Doubs, qui n'appartiennent à la Bourgogne que par leurs confluents, et nous les décrirons dans la Franche-Comté. Vient ensuite la Seille, qui naît dans la Franche-Comté, arrose Louhans, où elle est navigable, et finit non loin de la limite de la Bresse.

3° Bassin de la Seine. La Seine naît par trois sources qui descendent des monts Tasselots, à k 15 mètres de hauteur, dans le vallon de Buis de Seine. Elle coule d'abord , et à peu près du sud au nord , dans une vallée étroite et profondément encaissée, en arrosant quelques villages et en se grossissant de plusieurs affluents jusqu'à Chàtillon ; là elle coule dans un pays plus ouvert, plus large, bordée de fortes collines ou de berges élevées ; enfin , à Mussy-l'Évêque , après un cours de 70 kilomètres, elle entre dans la Champagne. Elle est flottable dès le village de Billy , à quelques kilomètres de sa source , mais elle n'est navigable que hors de la Bourgogne. Sa masse d'eau est si faible , que dans l'été certaines parties de son cours se trouvent entièrement à sec.

Elle reçoit à droite : 1° YOurce, qui est flottable dans tout son cours, passe à Recey et finit dans la Champagne; 2° Y Aube, qui pendant quelques kilomètres sert de limite à la Bourgogne, en arrosant Martigny et Gevrolles.

Elle reçoit à gauche YVonne, qui prend sa source dans les monts du Morvan, et dont le cours supérieur a été décrit dans le Nivernais. Elle entre dans la Bourgogne au-dessus de Coulanges, traverse un pays fertile et faiblement accidenté, arrose Crevant, Auxerre, où elle devient navigable et reçoit le canal du Nivernais, Joigny, VU—

Jeneuvc-Ie-Roy, Sens, Pont-sur- Yonne, Villeneuve-le-Guyard, où elle entre dans l'Ilede-France, pour aller se terminer à Montereau. C'est une rivière très-importante par les nombreuses marchandises qu'elle transporte et surtout pour les approvisionnements de Paris, en bois, vins, grains, fruits, etc. Elle se grossit de la Cure, du Serein et de VArtnancon, qui prennent leurs sources dans les monts du Morvan et coulent du sud-est au nord-ouest , dans des pays d'abord faiblement monlueux , puis presque entièrement plats. La Cure entre dans Ja Bourgogne près de Chastelux, passe près de Vezelay, reçoit le Cousin, qui arrose Avallon, passe à Vermanton et finit près de Crevant. Elle est flottable et importante par les bois très-nombreux qu'elle transporte à Paris. Le Serein passe à Guillon , à l'Isle, à Noyers, à Chablis, à Ligny , et se jette dans l'Yonne à Bonnard, après un cours flottable de 120 kilomètres. L'Armançon passe près de Pouilly , arrose Sémur, Ancy-le-Franc , Tonnerre , Flogny , Saint- Florentin, Brinon-l'Archevêque, et finit près de Cheny; il est longé en partie par le canal de Bourgogne et par le chemin de fer de Paris à Dijon ; son cours est de 165 kilomètres. Il se grossit de la Brenne, qui passe à Vitteaux et à Montbard, et qui reçoit la Loze, passant à Sainte-Reine.

La Seine reçoit encore à gauche le Loing, qui passe à Saint-Fargeau et à Blcneau, et que nous retrouverons dans l'Orléanais.

A tous ces cours d'eau il faut ajouter trois canaux importants :

Le canal de Bourgogne commence à la Roche-sur- Yonne , près Joigny , longe l'Armançon, la Brenne, franchit la Côte-d'Or, remonte vers le nord, côtoie l'Ouche et se termine à Saint-Jean de Losne, où il rejoint la Saône. Tonnerre, Montbard, Pouilly, Dijon sont les principaux points do passage de ce canal, qui unit la Méditerranée è la Manche; il a une longueur de 242, 044 mètres, dont 153,949 dans le versant de le Seine , 6,088 dans le bief de partage de Pouilly, et 82.007 dans le versant du Rhône.

Le canal du Centre part de Digoin, sur la Loire, remonte ce fleuve jusqu'au confluent de l'Arroux , suit alors cette rivière et la Bourbince, passe entre les monts du Cliarolais et de la Côte-d'Or, suit quelque temps les rives de la Dheune, puis, redescendant au sud-est, va joindre la Saône à Chàlon. Sa longueur totale est de 116.56C mètres, dont 65,574 pour le versant de la Saône , 4,076 m. pour le bief de partage, et 47,209 pour le versant de la Loire. Si l'on ajoute à cetlo quantité la longueur de la rigole de Torcy , qui réunit au canal du Centre le petit chemin de fer du Creuzot, on aura 121,737 m. pour la longueur totale du canal.

Le canal du Nivernais, qui part d'Auxerre, sur l'Yonne, remonte cette rivière et pénètre dans le Nivernais après un cours de 52,425 mètres en Bourgogne.

§ IV. Constitution géologique. — Le sol de la Bourgogne renferme des roches primitives et plutoniques au sud-ouest, des terrains tertiaires supérieurs ou alluvions anciennes au sud-est, des terrains crétacés et tertiaires moyens au nord-ouest, enfin des terrains jurassiques au nord-est et au centre : ces derniers sont les plus considérables. Indépendamment de ces roches principales, on rencontre encore, mais sur quelques points seulement, des terrains de transition, de la houille, du trias, et dans les principales vallées du bassin de la Saône ou de l'Yonne des alluvions modernes.

Les terrains primitifs forment en Bourgogne deux massifs principaux : le premier pparaitsur la limite méridionale de la province, où il pénètre avec les monts du

Charolais, dont il forme la crête depuis les sources de la Grosne jusqu'au passage du canal du Centre ; il disparaît sous une zone de terrains triasiques qui s'étend de Digoin à Couches. Le deuxième massif, beaucoup plus considérable que le premier, mais qui appartient autant au Nivernais qu'à la Bourgogne, s'étend dans le Morvan à peu près entre PAron et l'Arroux, entre l'Yonne et le Serein, étant à cheval sur la frontière du Nivernais et de la Bourgogne. Sa forme est à peu près celle d'un triangle dont le sommet serait à A vallon , et dont la base est marquée par uno ligne qui va de Saint- Agnan-sur-Loirc, par Toulon et Montcenis, jusqu'à Couches, où il semble se relier avec le premier massif primitif des monls du Charolais.

Au milieu de ces terrains primitifs se trouvent intercalées diverses autres roches : ainsi le centre du deuxième massif est occupé par un grand triangle porphyrique compris à peu près entre Ouroux, Luzy et Lucenay-l'Évêque. Les terrains porphyriques se rencontrent aussi dans les monls du Charolais, sur la crête et sur te versant oriental, dans la vallée de la Grosne , dans celle de la Monge, etc.

Outre les porphyres, on rencontre du trias, qui forme au sud de Montcenis et de Toulon , et jusqu'au canal du Centre , une longue zone qui part de la Loire entre Saint- Agnan et Digoin , traverse l'Arroux , et s'avance jusqu'au delà de la Dheune entre Saint-Léger et Dcnnevy. De là ce trias remonte au nord-ouest par Couches en une mince zone qui s'élargit dans les vallées de la Vesne et du Gors, affluents de l'Arroux. C'est dans ces terrains triasiques que se rencontrent les bassins houillers. Le plus considérable de ceux-ci se trouve compris entre Reclennes et Autun , entre la Selle et Içornay, et se prolonge à l'est par une zone étroite qui forme le fond de la vallée de la Vesne jusqu'au-dessus d'Épinac. Ces terrains houillers forment encore diverses bandes étroites et longues dirigées du sud-ouest au nord-est : l'une, qui limite à l'ouest la principale masse triasique de Saint-Agnan, par Curdin et Toulon jusqu'au nord-est de Saint-Eugène ; l'autre, qui la limite à l'est par-dessus la ligne de faite de la France depuis Perrecy-les-Forges, par Blanzy et Lnngpendu jusque vers Bourgneuf ; enfin d'autres plus petites, au nord de Montcenis vers le Creusot, dans la vallée de la Sorine au sud-ouest des Perrins; enfin dans la vallée de la Guye entre Saint-Macaud et Marcilly.

Le canton de Bourbon-Lancy, entre la Loire et ses deux affluents le Doidin et la Somme, à l'ouest du massif triasique sus-menlionné, est formé de terrains de transition que la Bourgogne ne présente nulle part ailleurs.

Les terrains supérieurs tertiaires ou d'alluvions anciennes occupent dans la Bourgogne toute la partie comprise au sud-est d'une ligne qui , parlant de Fontaine-Française, passerait par Dijon, Nuits, Bcaune, Givry, Saint-Gengoux, Sennecey, Tournus, et suivrait le cours de la Saône jusqu'à sa sortie de la province. On en trouve aussi quelques saillies isolées entre Charlieu et Seinur, et sur la rive droite de la Bourbince.

Les terrains jurassiques, qui occupent la majeure partie de la Bourgogne, apj>araissent sur le flanc occidental des monts du Charolais depuis Chàteauncuf-sur-Sornin jusqu'aux sources de la Reconce. Ils s'étendent jusqu'à la Bourbince, au nord de Paray et de Charolles; mais en aval de cette dernière ville ils restent sur la rive gauche, et s'étendent entre celle-ci et le Sornin jusque vers Anzy-le-Duc et Chàteauneuf. Interrompus par les terrains primitifs qui forment la crête des monts du Charolais, les juras» siques reparaissent sur l'autre versant, et occupent à peu près tout le pays compris tout ii. 39

entre Maçon, Cluny, Tournus, Sennecey, et les cours inférieurs de la Guye et de la Grosne. De là, par-dessus la Guye, ils remontent au nord entre les terrains primitifs du sud-ouest et les terrains d'alluvions anciennes du sud-est, dont nous avons déjà indiqué les limites. Ce n'est d'abord , à l'ouest de Saint-Gengoux et de Givry, qu'une zone très-étroite qui s'élargit un moment jusque vers Aulun en pénétrant dans le grand massif primitif qui se dresse entre le Nivernais et la Bourgogne; elle se resserre entre Beaune et Ivry, puis s'ouvre en éventail entre Nuits et Arnay-le-Duc, Dijon et Saulicu, Fontaine-Française et Avallon ; au delà de ce dernier point, elle se recourbe au sud-ouest pour entrer dans le Nivernais , et sort de la province entre la rive gauche de la Cure et les sources de la Vrille , enveloppant ainsi le massif primitif qui se dresse sur la frontière commune du Nivernais et de la Bourgogne d'une espèce de fer à cheval dont la branche occidentale appartient au Nivernais, tandis que la branche orientale, qui est tout entière en Bourgogne , sépare les terrains primitifs du sud-ouest des alluvions anciennes du sud-est de la province. Au nord-est, ces terrains jurassiques s'avancent par delà les frontières de la Côte-d'Or jusque dans la Franche-Comté , et surtout en Champagne; au nord-ouest, ils s'arrêtent à une ligne qui se dirigerait par Tonnerre, Chablis, Auxerre jusque sur la Loire entre Cosne et Pouilly.

Au nord-est de cette ligne succède une étroite zone de crétacé inférieur, puis des terrains tertiaires moyens , principalement sur la rive gauche de l'Yonne , et des crétacés supérieurs sur la rive droite. Enfin la Bourgogne présente des alluvions modernes au nord-ouest dans la vallée de l'Yonne, en aval de Vermanton , et dans les vallées secondaires du Serein, de l'Armançon et de l'Armance. Au sud-est, ce sont elles qui forment exclusivement le fond des vallées de la Sïône et du Doubs, et celui des vallées inférieures de la Vingcanne, de la Tille, de POuche, du Meuzin, de la Dheune, de la Corne, de la Grosne, et sur l'autre rive de la Saône, elles constituent le fond des vallées de la Seille et de ses affluents.

S V. Aspect cénéral, productions, agriculture. — La nation française comme le sol français a été formée d'éléments divers : chaque province lui a apporté sa part, ses qualités et ses défauts; nous avons vu ce qu'ont dû lui fournir les pays du midi et du centre depuis le Roussillon jusqu'au Berry, et combien la nuance étrangère, le sentiment d'hostilité, l'esprit d'opposition diminuent à mesure qu'on s'approche des pays du nord. Nous voici arrivés à l'une des provinces qu'on peut dire fondamentales de la France, parce qu'elles ont plus contribué que les autres , par leur position géographique, leurs sentiments, leurs qualités et leurs souffrances, à la formation de la nationalité française. Ces provinces sont, au premier rang, l'Ile de France, la Picardie et l'Orléanais, c'est-à-dire l'ancien royaume des premiers Capétiens ; au deuxième rang, la Champagne, la Normandie et la Bourgogne. En effet, en entrant dans la Bourgogne, on se sent dans un pays essentiellement français par la position géographique, la nature et les produits du sol, le caractère et le génie des habitants, pays qui a un air de force et de vie, d'abondance et de solidité, et dont l'aspect réjouit, anime et réconforte. On n'y trouve point les perspectives pittoresques et stériles, les accidents poétiques et inutiles des pays voisins des Pyrénées et des Alpes, mais des montagnes doucement mamelonnées et partout fertiles, de belles »■' tranquilles rivières, des plaines couvertes de riches produits.

Assise sur la ligne de partage des eaux de la France, la Bourgogne, par sa partie nnnl-ouesl, dépend du grand bassin géologique qui a Paris pour centre, et, comme nous venons de le voir, son fonds est de l'argile sableuse reposant le plus souvent sur de la craie ou des sables et des calcaires tertiaires : elle présente de ce côté des pentes décroissantes dont les crêtes, hautes quelquefois de 600 mètres, ne laissent que d'étroits défilés pour le passage des nombreux cours d'eau qui convergent vers la Seine. De l'autre côté, c'est-à-dire vers la Saône et la Loire, la Bourgogne fait partie de ce qu'on appelle le plateau central ; son sol y est primitif ou jurassique, et il renferme l'un des principaux bassins houillers de la France.

Avec sa diversité de pentes et de sols, on comprend facilement que cette province offre une grande variété de produits et d'aspects. Dans la partie orientale du département de Saône-el-Loire , celle que domine le Jura occidental, le climat se ressent du voisinage des montagnes; la neige y dure plus qu'ailleurs; des torrents sillonnent le sol; les hauteurs sont arides, couvertes de taillis, de forêts, de landes et de terres incultes : elles ont des pâturages qui fournissent des fromages renommés; les pentes sont plantées de vignes, mais la récolle des céréales est insuffisante. A l'ouest de la Saône, les deux versants des monts du Charolais nous offrent dans leur part e la plus élevée des roches ou des débris de roches, et un sol lourd qui ne produit qu'à force d'engrais. Le versant oriental est riche en céréales, vignes et pâturages, surtout le long du cours de la Saône, où le pays est l'un des plus beaux de la France, et renommé à la fois pour la splendeur de ses sites et l'abondance de ses produits; le versant occidental, au contraire, présente surtout d'immenses prairies dans les parties argileuses, ou bien des plaines sablonneuses et stériles qui s'étendent jusqu'à la Loire. En résumé, le département de Saône-et-Loire, que les monts du Charolais divisent par le milieu, du sud au nord, en deux vallées contraires, est à l'ouest hérissé de montagnes sur les trois quarts de sa superficie, tandis qu'à l'est s'étend une plaine ondulée presque partout fertile.

Si, remontant vers le nord, nous pénétrons dans le département de la Côte-d'Or, que la chaîne du môme nom traverse aussi par le milieu, nous trouvons un pays entrecoupé de montagnes, de collines, de vallées et de plaines. Lo sol est généralement pierreux, et formé surtout de débris de pierres calcaires; il est d'une nature alcaline et absorbante propre au développement de la végétation. Les vigms, qui occupent presque tous les coteaux , ne sont pas en effet la seule culture du département, bien qu'elles en fassent la richesse ; les céréales abondent dans les plaines. C'est à l'est des monts de la Côte-d'Or, vers la Saône, que se trouvent surtout les premières; les secondes se récoltent à l'ouest des mêmes hauteurs, vers la Seine, principalement dans les vallées de Montbard, d'Époisses et de Saint-Thibaut. La Côted'Or possède en outre des pâturages excellents et de nombreuses forêts qui ne couvrent pas inoins du quart de sa superficie , et d'où l'on tire une grande quantité de bois de construction , de chauffage et de merrain.

L'arrondissement de Châlillon-sur-Seine (Côle-d'Or), et le département de l'Yonne, situés dans le bassin de la Seine , sont couverts de collines projetées par le plateau de Langres et les monts de la Côte-d'Or; ces collines s'élargissent en plateaux qui s'étendent à mesure qu'ils s'éloignent de leur origine ; le plus remarquable est celui qui

forme l'arrondissement de Châlillon ; il est peu accidenté , bien boisé , et n'a pas moins de 12 à 15 kilomètres de large. Dans le département de l'Yonne, l'arrondissement d'Avallon participe de la nature du Morvan auquel il est contigu ; les bonnes terres y sont rares et perdues au milieu de terrains montueux et infertiles, de pâtures et de landes couvertes de genêts. Le reste du département est plus fertile, bien que l'arrondissement d'Auxerre renferme une certaine quantité de terrains sableux assez ingrats. Les vallées de l'Yonne, du Serein et de l'Armançon sont bordées de coteaux couverts de vignobles moins renommés que ceux de la Côtc-d'Or, de prairies fertiles et de bois; ces derniers couvrent un cinquième de la superficie. Dans les terrains où domine l'argile , les étangs sont nombreux.

Après ses vignobles, t ui sont la gloire de la Bourgogne, et qui occupent dans les 3 départements 110,000 hectares, ce pays trouve de grandes ressources dans l élève des animaux. Dans la Côte-d'Or, les chevaux sont bons, mais en petit nombre; il en est de môme des bœufs; les bêtes à laine y sont très-perfectionnées. Dans la Saôneet-Loire, l'ancienne race chevaline du Chalonnais, assez estimée jadis, est aujourd'hui dégénérée, mais, en revanche, le Charolais et le Brionnais nourrissent de magnifiques bêtes à cornes fort renommées que certains agronomes mettent au-dessus de celles de la Suisse; elles ne sont pas toutes originaires du pays, mais tirées de l'Auvergne, d'où elles viennent s'engraisser dans les beaux pâturages de Saône-et-Loire. Quant aux moutons, les indigènes ne donnent qu'une laine courte et grossière; les passagers, qui, vers le printemps, viennent surtout du Cher et de l'Allier, leur sont bien supérieurs. Le département de l'Yonne ne donne généralement en chevaux et bestiaux que des produits médiocres.

Outre ses richesses agricoles , la Bourgogne renferme encore de grandes richesses minérales. Au premier rang se place la bouille, dont les principaux gisements, comme nous l'avons déjà dit, se trouvent dans la partie qui appartient aux dernières pentes du plateau central, et qui offre deux bassins importants, celui d'Aulun et d'Épinac, celui de Blanzy et du Creusot. Le premier renferme une houille de bonne qualité , très-abondante surtout à Épinac , et dont l'exploitation comprend 5 concessions, 8,600 hectares, et a donné, en 1856 , 1 ,0/13,000 quintaux mv triques; les bancs les plus bitumineux , de 2 à 3 mètres d'épaisseur, sont distillés et fournissent de 5 à 9 centièmes d'huile à éclairage. Le deuxième se compose de couches très-bouleversées et coupées par des failles; la qualité de la houille y est de beaucoup inférieure à celle du bassin d'Autun ; il comprend 10 concessions, 32,867 hectares, et a founji , en 1856, 4,057,000 quintaux métriques. Ces bassins houillcrs doivent d'ailleurs leur prospérité à la facilité de communications qu'offrent les cours d'eau qui les avoisinent.

§ VI. Histoire, population, mœurs, etc. — Le pays appelé aujourd'hui Bourgogne était habité dans les temps anciens par les Èdutns, qui passaient pour le peuple le plus riche, le plus civilisé de la Gaule, et qui formaient avec les Ambarri (Bresse), les Segusiani (Forez), les Biluriges (Berry), etc., une grande confédération rivale de celle des Arvcrnes. Ils firent la faute, pour vaincre leurs ennemis, d'appeler les Romains à leur aide, se trouvèrent bientôt , sous le titre d'alliés, réduits à la servitude, et facilitèrent ainsi à César la conquête de la Gaule. Mais dans la grande insurrection que commandait Vercingétorix, ils prirent les armes contre les conquérants, et ce fui sur

leur territoire que se réfugia l'armée gauloise. On sait quel siège terrible elle eut à subir dans les murs d'AUtia; comment, vaincue et détruite, sa défaite amena la soumission entière de la Gaule. Le pays des Éduens fut compris dans la deuxième Lyonnaise.

A l'époque do l'invasion des barbares, ce pays fut occupé par les Bwgundes ou Bourguignons qui fondèrent un grand État dans tout le bassin de la Saône , et une partie des hauts bassins de la Loire et de la Seine. Cet État fut conquis par les Francs (536), et après avoir été longtemps distinct, finit par n'être plus qu'une province de leur empire. Dans le premier démembrement de l'empire de Charleraagne qui suivit la bataille de Fontanet , l'ancien royaume des Bourguignons se trouva partagé : la partie occidentale, appelée plus tard le duché, resta au royaume de France, qui eut alors la Saône pour limite ; la partie orientale, ou la comté, se trouva comprise d'abord dans la Lotharingie , et plus tard dans l'empire. Nous verrons ce que devint celle-ci dans la description de la Franche-ComU ; nous n'avons pour le présent à nous occuper que de la Bourgogne occidentale, Dans le deuxième démembrement qui suivit la mort de Charles le Gros, on trouve cette Bourgogne, devenue un duché dont était possesseur Richard le Justicier, institué, dit-on, par Charles le Chauve en 877. Son fils Raoul fut élu roi de France par les seigneurs du nord, et il s'intitulait « roi par la grâce de Dieu, des Français, des Bourguignons et des Aquitains, » ces trois peuples formant encore trois nations distinctes. Il mourut sans enfants (036), et eut pour successeur au duché de Bourgogne son frère Hugues le Noir. Mais Hugues le Grand, duc de France, fit la conquête de ce pays, et à sa mort, il laissa le duché de France à son fils aîné Hugues Capet, le duché de Bourgogne à son deuxième fils Henri, qui mourut sans postérité. Le roi Robert, fils de Hugues Capet, hérita de la Bourgogne, et la donna à l'un de ses fils, Robert (1032). Celui-ci commença une lignée de douze ducs qui finit à Philippe de Rouvre en 1361. Alors, Jean, roi de France, hérita de la Bourgogne et la donna à son fils Philippe le Hardi , qui eut trois successeurs célèbres : Jean Sans-peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire.

Jusqu'à l'avènement de Philippe le Hardi , on voit que la Bourgogne, depuis qu'elle avait été conquise par les Francs , encore bien qu'elle fut un pays distinct par ses lois, ses habitants, même sa langue, avait eu son existence continuellement mêlée avec celle de la France: ses princes étaient français-, elle n'avait pris part à aucune des luttes du Midi contre les rois de France. Avec les ducs de la maison de Valois, une autre existence lui est donnée, existence contraire à sa nature et à sa position géographique: ces ducs, devenus mallres de la Franche-Comté, de l'Artois, de la Flandre et de vingt autres provinces plus ou moins hostiles à l'unité française , voulaient faire de la Bourgogne un pays étranger et ennemi de la France. Ils ne purent y parvenir. Cette province, assise* dans les trois bassins contigus de la Seine, de la Loire et de la Saône, a une position éminemment française et qu'elle voudrait vainement renier: par le premier bassin elle touche à Paris, dont elle est le principal centre d'approvisionnement; par le second, elle touche au plateau central et l'unit au bassin géologique de la Seine ; par le troisième, elle met Paris en contact avec Lyon , elle est le grand chemin du nord vers le midi , enfin elle touche au Jura , presque au Rhin et aux Alpes , et elle devient ainsi l'un des boulevards de la France. Nulle province

n'a ses destinées et sa mission plus nettement marquées par la nature. La Bourgogne est le trait d'union entre les parties les plus importantes de notre pays, et rien ne le démontre mieux que les canaux qu'on a pu ouvrir à travers son territoire, el qui joignent les quatre mers qui enceignent la France , la mer du Nord , la Manche , le golfe de Gascogne, la Méditerranée. Ce fut donc en vain que les ducs de la maison de Valois entraînèrent la Bourgogne dans leurs projets ambitieux, dans leurs entreprises aventureuses; malgré l'éclat dont ils la couvrirent, malgré l'appât qu'ils lut offraient comme centre du royaume qu'ils voulaient créer, elle les suivit à contre-cœur et vit avec regret ses enfants mourir d'abord comme alliés des Anglais, comme ennemis de Jeanne d'Arc, ensuite à Beauvais, à Morat, à Nancy, pour une ambition hostile à la France. Enfin, quand la puissance gigantesque de Charles le Téméraire s'écroula, elle abdiqua sans peine, elle rentra presque sans résistance dans l'unité française, elle reprit sa position de province, mais de province favorite et privilégiée, en gardant ses États, sa cour de justice transformée en parlement , ses libertés, enfin tout ce qui lui donnait une existence réellement indépendante.

A peine redevenue française, elle montra ses sentiments nationaux dans les guerres contre la maison d'Autriche. Quand François l" fut réduit dans le traité de Madrid à céder la Bourgogne à Charles-Quint, les députés de la province déclarèrent dans l'assemblée de Cognac que « leur pays ne voulait pas être séparé de la France, et qu'il résisterait au traité de Madrid par la force des armes. »

La Bourgogne , patrie de saint Bernard , où l'on trouve les illustres abbayes de Cluny , de Citeaux , de Vezelay et tant d'autres fondations religieuses auxquelles elle doit le défrichement de ses coteaux, la plantation de ses vignobles, ses lumières et sa civilisation, la Bourgogne est un pays essentiellement catholique : la réforme luthérienne y eut donc peu de prosélytes, mais la province n'en eut pas moins à souffrir de leurs dévastations; aussi elle se jeta dans la Ligue avec ardeur, et nulle part le duc de Mayenne, qui était gouverneur de la Bourgogne, ne fut plus populaire. A la mort de Henri III, la noblesse se décida à reconnaître Henri IV, mais la plupart des villes résistèrent, et ce fut seulement après le combat de Fontaine-Française que Dijon ouvrit ses portes à l'armée royale.

Dans la guerre de Trente-Ans, la Bourgogne, frontière orientale de la France, se montra digne de celle position : 50,000 Impériaux que commandait Galas, l'envahirent , brûlèrent Verdun, dévastèrent les euvirons de Beaune et de Dijon, enfin vinrent assiéger Saint- Jean de Losne. Cette bicoque avait à peine des fortifications, des armes et des défenseurs; elle supporta huit jours de canonnade et deux assauts, et les força à la retraite.

La conquête de la Franche-Comté par Louis XIV réunit les deux parties si longtemps séparées de l'ancienne Bourgogne. Le duché cessa alors d'être province frontière, el put se livrer à ses améliorations intérieures; gouverné par la famille de Coudé, mais administré réellement par ses Étals, il vit ses villes s'accroître et s'embellir, des roules se percer, le canal de Bourgogne se creuser, des écoles, des hôpitaux, des établissements industriels se fonder, en même temps que ses vins trouvaient de nouveaux débouchés à l'intérieur et à l'étranger; nous verrons tout à l'heure la foule d'homme!» éininents qu'il donna alors à la France.

Comme tous les pays qui avaient conservé des libertés et des goûts d'indépendance sous le régime absolu, la Bourgogne, malgré la prospérité et les privilèges dont elle jouissait, accueillit la révolution de 1789 avec, transport, et elle envoya aux assemblées des hommes moins fameux par l'exaltation de leurs idées que par leur patriotisme, Carnot, Prieur de la Côte-d'Or, Bazire, Roberjot, Berlier, etc. Des bataillons et des volontaires de la Bourgogne , il sortit de grandes illustrations militaires : Davout , Marmont, Junot, Beurnonville, Heudelet, etc. Enfin, dans l'invasion de 1814, quand tant de villes ouvraient leurs portes à l'étranger, la Bourgogne, sans armée et sans garnison, osa repousser les Autrichiens; les bourgeois de Chàlons, de Tournus, de Saint-Jean de Losne , s'illustrèrent par leur résistance.

Nous venons de voir la Bourgogne province éminemment française par sa position géographique et par son rôle historique ; nous n'avons pas besoin de dire qu'elle l'est encore par les produits généreux de son sol , qui ont eu une si grande influence sur l'esprit national ; mais nous devons ajouter qu'elle est française à un titre bien plus glorieux : c'est la province qui a eu l'insigne fortune de donner à la France le plus d'hommes éminents dans tous les genres, et quelques-uns de ces hommes sont ceux qui ont fait de notre pays l'honneur du genre humain : ainsi , dans le clergé , c'est saint Bernard , c'est Bossuet, ces deux derniers pères de l'Église; dans les sciences, BufTon, Monge et Fourrier; dans les lettres, M. de Lamartine; dans les arts, Jean Cousin, Rameau, Sou (flot; dans la guerre, Vauban, Carnot, Marmont, Davout. Et au-dessous de ces grands noms l'on trouve : les évôques saint Germain et saint Didier, Théodore de Bèze, le géographe Robert, le naturaliste Daubenton, le chimiste Guy ton Morveaux, le médecin Roux, les bénédictins D. Martenne, D. Clémencet, D. Vidal, les érudits Saumaise, Larcher, Frérot, Lacurne Saint- Palaye, Barbazan, Lebeuf, Guichenon, Petitot, Guérard, les trois savants présidents au parlement de Dijon, Durey de Noirville, de Brosses et Bouhier; les poètes Crébillon, Piron, Sedaine; les littérateurs Rétif de la Bretonne, Cazotte, madame de Genlis, le peintre Greuzc, les statuaires Prudhon et Boichot, l'antiquaire Denon, le prévôt de Paris Hugues Aubriot, le comte de Saulx-Ta vannes, le président Jeannin , l'archevêque Languet deGergy, l'historien Lacretelle, Maret, duc de Bassano, le comte Garnier, les préfets de Paris Frochot et Rambuteau, l'amiral Roussin, etc., etc.

D'après cette glorieuse énumération , est-il nécessaire de dire que la population de la Bourgogne est celle qui a fourni au génie français le plus d'éléments , que c'est une des populations les plus intelligentes, les plus éclairées qui soient au monde? Le Bourguignon ressemble aux vins de ses riches coteaux : il est fin, délicat, vif, fort et bienfaisant; il aime les lettres, les arts, les sciences, tout ce qui est lumière, idée et civilisation ; il aime la société , le luxe , les plaisirs , le progrès; il aime son pays, dont il est fier à juste titre; il aime la France, dont il est un des plus glorieux enfants.

S VIL DÉPARTEMENT DE SaÔNE-ET-LoWE. — STATISTIQUE, ACRICULTURE, COMMERCE, ETC.

— Ce département a été formé de la Bourgogne propre (735,829 hect.) et du Méconnais (120,581 hect.). Sa superficie est de 856,410 hectares, dont 653,000 de terres cultivées, 167,000 de bois et 35,000 de landes ou pâtis; sa population était, en 1801, de 452,673 habitants; en 1821, de 52/(,180 hab. ; en 1841, de 551,543 hab. ; elle est aujourd'hui de 574,720 habitants.

Il a pour chef-lieu Màcon, et forme cinq arrondissements ainsi répartis :

Arrondissement de Mâcon 9 cantons, 1 3 1 communes, 122,401 babilanta.

— d'Autun 8 — 85 — 100,286 —

de Chalon-sur-Saône. . 10 - 152 - l33,30i —

— deCharolles 13 — 136 — 130,173 —

— de Loulians 8 — 81 — 88,556 —

5 arrondissements 48 canton», 585 communes, 574,720 habitants.

Il forme le diocèse d'Autun , est du ressort de la cour d'appel de Dijon , a 5 tribunaux civils et 5 de commerce. On y trouve un lycée à Màcon, 5 collèges (Autun, Chàlon-sur-Saône , Charolles, Cluny et Louhans), une école normale départementale , 7 écoles supérieures et 670 écoles élémentaires. U fait partie de la 8* division militaire.

Ce département est un pays agricole et d'exploitation. La vigne est sa principale richesse : elle est cultivée sur 45,000 hectares, et produit 6 à 800,000 hectolitres de vins : les plus renommés sont ceux de Romanèche, des Thorins, de Moulin-à-Vent, de Givry et de Mercurcy. Les céréales y donnent une récolte suffisante ; car si Màcon et Autun sont obligés d'en demander aux contrées voisines, Charolles et Louhans en exportent. On cultive aussi le chanvre, le mûrier, la betterave. Les prairies naturelles donnent des fourrages excellents : aussi fait-on une élève considérable de gros bétail, et surtout de porcs et de moutons: le gros bétail y compte plus de 240,000 têtes, les porcs environ 150,000, et les mouton? 370,000 ; les bœufs du Charolais ont une juste renommée, et peuvent être comparés aux plus beaux animaux de la Suisse. Les forêts de Planoise, Bourcier, Jonchères, Chapoize et Germigny, donnent à Saône-et- Loire une place importante parmi les déparlements forestiers. Ses richesses minérales consistent principalement en houille , ainsi que nous l'avons déjà vu , en manganèse (à Romanèche), qui donne annuellement 60,000 quintaux de minerai, en fer, plomb, gypse, pierres à bâtir, etc. Les eaux minérales sont assez nombreuses : les principales sont celles de Bourbon-Lancy.

L'industrie du département est très-active ; outre les importantes forges et fonderies du Creusot, sur lesquelles nous donnerons quelques détails, on y trouve des usines à fer, des fonderies de cuivre, des verreries, des papeteries, des fabriques de sucre, de couvertures de coton, des filatures, des teintureries, tanneries, tuileries, etc. Le commerce consiste dans les vins, les houilles, les bestiaux, etc.

Le département possède 576 kilomètres de routes impériales , 764 kil. de roules départementales, 12,166 kil. de chemins vicinaux, 422 kil. de voies navigables, et 90 kilomètres du chemin de fer de Paris à Lyon passant par Chàlon, Tonnerre, Màcon, etc.

§ VIII. DÉPARTEMENT DE SaÔNE-ET-LoIRE. — DESCRIPTION DES VILLES. — MÛCOH, chet-

lieu du département, est peuplée de 14,883 habitants, et possède des tribunaux civil et de commerce , une école normale primaire , une bibliothèque publique , etc. Elle est située sur la rive droite de la Saône et sur le penchant d'une colline, dans un pays très-riche en vignobles renommés. Elle est peu animée et mal bàlie, mais elle a de belles promenades, des quais larges, élevés et garnis de jolies maisons, un beau pont de 12 arches, qui date du onzième siècle ; une belle église de construction récente,

trois hôpitaux, etc. Son industrie, peu active, ne consiste qu'en fonderie de cuivre, horlogerie , quincaillerie , son commerce en vins et bois.

C'est une ville d'origine gauloise. Elle fut plusieurs fois ravagée par les Huns, par les Sarrasins, par les malandrins; enfin, et principalement en 1567, par les protestants , qui ruinèrent les églises et massacrèrent une partie de la population. Le Méconnais était administré par des États particuliers.

Autun, chef-lieu d'arrondissement et siège d'un évêché, possède des tribunaux civil et de commerce, un collège, une bibliothèque publique et 12,000 habitants. Elle est située près de la rive gauche de l'Àrroux, sur la pente rapide d'une colline qui s'appuie sur trois montagnes. C'était l'ancienne capitale des Éduens , la Bibracte que Rome avait appelée ta teeur et son émule. Elle fut incendiée après la conquête romaine, rebâtie par Auguste, dont elle prit le nom (Augustodunum) , détruite par Tetricus, qui s'était fait élire empereur des Gaules , rebâtie do nouveau et repeuplée par Constantin. Les Bourguignons s'en emparèrent; Attila la réduisit en cendres; la reine Brunehaut y fut enterrée dans l'église Saint-Martin ; les Sarrasins, les Normands, les grandes compagnies la dévastèrent ; enfin elle subit un siège mémorable contre les troupes de Henri IV en 1591. Malgré tant de calamités, tant de désastres, Autun a gardé quelques vestiges de sa splendeur passée , un temple de Janus , dont trois faces existent encore, deux portes remarquables par leur conservation et l'élégance de leurs proportions, de nombreux débris de statues, de tombeaux, des médailles, etc. On y remarque encore sa cathédrale, l'une des plus belles de la France, les bâtiments du grand séminaire, le palais de l'évéché, etc. Son industrie consiste en tanneries, fabriques d'huile? de schiste, de tapis de pied, de poteries; son commerce en bois, bestiaux, chevaux et grains.

Châloru, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, un collège, une bibliothèque publique et 16,589 habitants, est la ville la plus importante et la plus animée du département. Elle est située sur la rive droite de la Saône, au dél)ouché du canal du Centre, dans une plaine agréable et fertile. On y remarque son ancienne cathédrale, ses quais, son pont, ses hôpitaux, etc. Son industrie ne consiste qu'en fonderies de cuivre, tuileries, fabriques de vinaigre, de sucre de betterave; mais son commerce est très-actif, et consiste principalement en vins, fers, grains, bois, etc. Elle est d'ailleurs l'entrepôt de toutes les marchandises qui, de la Méditerranée et de l'Océan , sont dirigées dans l'intérieur de la France.

C'est une ville d'origine gauloise : on l'appelait Cabillo Eduorum, et les rois mérovingiens de Bourgogne y firent leur résidence. Elle fut vingt fois dévastée par les barbares, les guerres du moyen âge et celles du seizième siècle. En 181& , ses habitants rompirent leur pont, et tinrent en échec pendant vingt jours une division autrichienne.

Charollet, autrefois capitale du Charolais, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement, avec 3,470 habitants, des tribunaux civils et de commerce, un collège, etc., est une jolie petite ville située entre deux coteaux, au confluent de la Semence et de l'Arconce; elle est dominée par une colline où se voient les ruines de l'ancien château des comtes de Charolais. Les bestiaux , les vins , le blé , le fer et le charbon de terre y sont l'objet d'un commerce assez actif. Les environs renferment des forges. tome u. 40

3U L l V A E HUITIÈME.

Isruhans, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, un collège, et 3,853 habitants, est située sur la rive gauche de la Scille, qui y est navigable , et près de deux autres petites rivières. C'est une ville assez laide , mais importante par sa position , qui lui permet d'être l'entrepôt des marchandises qui vont de Lyon en Suisse. Elle a des moulins à farine et fait un grand commerce de bestiaux, chevaux, grains, volailles, etc.

Cluny (arr. de Maçon) est une petite ville de 4,400 habitants , située dans une vallée qu'arrose la Grosne, entre deux montagnes boisées. Guillaume I", duc d'Aquitaine, y fonda, en 910, une abbaye qui devint le chef-lieu de l'ordre de Saint-Benoit et qui avait environ 300,000 francs de revenu. Ce fut, pendant tout le moyen âge, le rendez-vous des rois, des papes, des évêques, qui y venaient faire leurs dévotions ou y avaient des entrevues. Les magnifiques bâtiments de cette abbaye ont été détruits, et il ne reste que des débris de son église, qui était l'une des plus belles de la France.

La ville a un collège, un dépôt d'étalons de l'État, des tanneries, une fabrique de poteries, etc.; elle fait commerce de grains, bois et bestiaux.

Romanèche est un bourg situé à 17 kilomètres de Màcon, dans un territoire fertile en excellents vins. On y trouve une riche mine de manganèse. Sa population est de 2,482 habitants.

Tournut (arr. de Màcon) est une jolie ville qui a un tribunal de commerce, et 3,524 habitants. Elle est située sur la rive droite de la Saône ..dans une contrée fertile. On y remarque son beau quai, son pont, son hôtel-Dieu , etc. Elle est assez active et possède des fabriques de couvertures de coton, de machines à vapeur, de sucre de betterave, d'eau-de-vie , etc. On y fait commerce de grains, vins, eaux-de-vie , etc. Elle est ancienne et doit son accroissement à une abbaye fondée par Contran , roi de Bourgogne , abbaye dont il ne reste que l'église , qui est un beau monument. Tournus fit une résistance héroïque à l'invasion étrangère en 181 4. C'est la patrie de Greuze.

Le Crcuzot, commune de l'arrondissement et à 30 kilomètres d'Autun , est une des localités les plus importantes par ses mines de houille, qui comprennent plus de 32,000 hectares, son usine, la plus vaste de ce genre qui soit en France, ses hauts fourneaux , ses forges et ses ateliers de construction de machines. L'ensemble de ces exploitations emploie 9,500 ouvriers et 95 machines de la force de 3,500 chevaux. En 1837, le Creuzot avait 2,900 habitants; en 1847, 7,500; en 1855, il en a 14,500. En 1835, les produits annuels s'élevaient à 2 millions et demi ; en 1847, à 10 millions; en 1855, ils s'élèvent h 22 millions. C'est une merveilleuse création à laquelle il semble que rien ne manque, grandeur des machines et de l'outillage, étendue et solidité des constructions, église, écoles, hôpitaux, etc. Il serait injuste d'en séparer le nom de MM. Schneider. Un chemin de fer de 10 kilomètres unit le Creuzot au canal du Centre.

Blanzy, commune de l'arrondissement et à 37 kilomètres d'Autun, exploite des mines de houille , qui, avec celles du Creuzot , produisent plus de 4 millions de quintaux métriques. On y trouve aussi des verreries à bouteilles. La population est de 3,789 habitant».

Epinac, commune de l'arrondissement et à 18 kilomètres d'Autun , est remarquable par ses riches mines de houille d'excellente qualité dont le bassin s'étend sur plus de 8,000 hectares, et qui produisent plus d'un million de quintaux métriques. Sa popu-

iation est de 3,273 habitants. On y trouve aussi d'importantes verreries à bouteilles. Un chemin de fer de 28 kilomètres joint Épinac au canal de Bourgogne.

Givry, petite ville de rarrondissoment de Chàlon, peuplée de plus de 3,000 habitants , est remarquable par ses rues tirées au cordeau , son église paroissiale , et surtout par ses coteaux , qui donnent les meilleurs vins du Châlonnais. On y fait une grande exploitation de pierres à bâtir qui sont très-recherchées.

Verdun-sur-Saône est une jolie petite villo de 2,000 habitants, située au confluent du Doubs et de la Saône, dans une plaine fertile, protégée contre les inondations par des levées qui datent du quatorzième siècle. On y fait commerce de grains, de tuiles et de vinaigre. Celte ville , aujourd'hui si obscure , date du temps des Romains. Dans le moyen âge on la divisait en château, dans l'Ile située entre la Saône et le Doubs, ville et bourg Saint-Jean. Les deux rivières et quatre fossés en faisaient une place considérable. Ce fut une des cités qui résistèrent à Louis XI quand il réunit la Bourgogne à la couronne ; elle fut alors prise d'assaut , et il ne resta debout que quarantetrois maisons. Elle fut une des principales villes du parti de Henri IV contre la Ligue, et subit alors deux sièges. En 1636 , les Impériaux s'en emparèrent , après une vive résistance, et la dévastèrent. Il ne reste aujourd'hui rien de ses fortifications ni de son château.

Bourbon- Lanaj (arr. de Charolles) est une petite ville de 3,160 habitants, située sur une colline voisine de la Loire que couronnent les ruines d'un vieux château ; on y jouit d'une vue magnifique, qui s'étend jusqu'aux montagnes d'Auvergne. Elle est célèbre par ses eaux thermales , déjà connues des Romains et très-fréquentées.

Chauffaillct, bourg de 3,826 habitants , n'était qu'un pauvre village il y a cinquante ans. Il a pris une grande importance par ses manufactures et blanchisseries de toiles, ses filatures de coton, ses fabriques de couvertures , de doublures, ses tuileries , etc.

Digoin, petite ville de 3,300 habitants, est importante par sa position sur la Loire, à la jonction du canal du Centre. C'est l'entrepôt des vins du Mâconnais.

JJ IX. DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-n'On. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, COMMERCE, ETC.

— Ce département a été formé de la Bourgogne (Auxois, Auxonnois, Beaunois, etc.). Sa superficie est de 876,072 hectares, dont 660,000 de terres labourables, 66,000 de prés, 28,000 de vignes, 180,000 de bois, etc. Sa population était, en 1801, do 340,500 habitants; en 1821 , de 358,148 hab.; en 1861, de 393,316 hab.; elle est aujourd'hui de 400,297 habitants. Son chef-lieu est Dijon, et il compte quatre arrondissements ainsi subdivisés :

de Dijon 14 cantons, 267 communes, 151,331

de Reaunc 10 — 201 — 124,206

de Châlillon-sur-Scine. 6 — lia - 54,075 —

dcSemur « — 143 — 70,685 —

4 arrondissements 36 cantons, 727 communes, 400,297 habitant».

Il forme le diocèse de l'évéché de Dijon, et renferme h tribunaux de première instance et h tribunaux de commerce ressortissant à la cour d'appel de Dijon. On y trouve un lycée à Dijon, 7 collèges (Arnay-le-Duc, Auxonne, Beaune, Chàtillon, Saulieu, Semur, Seurre) , une école normale, 20 écoles supérieures, 900 écoles élémentaires, etc. Il fait partie de la 1' division militaire (Besançon)

Ce département est principalement agricole ; nous avons déjà dit quelle était la nature de son sol. Les plaines présentent une grande variété de culture , et , outre les céréales, elles donnent d'excellents fruits , des légumes qu'on exporte jusqu'en Angleterre, du chanvre, du lin, des plantes oléagineuses, etc. Les collines sont en partie couvertes d'excellents pâturages, en partie couvertes de vignes qui produisent les vins les plus délicats de l'Europe ; ceux de qualité supérieure proviennent des vignes plantées sur la chaîne qui porte , à cause de cet admirable produit , le nom de Côtc-d'Or, et qui se divise en deux parties : la première, dite côte de Xuitt, s'étend entre Dijon et Nuits ; la seconde , dite côte Beaunoite, est comprise entre Nuits et la Dheune. C'est dans la première que se récoltent les vins célèbres de la Romanée, du C/oi- Vougeot, de Chambertin, de Richebourg, de la Tâche, de Nuits, de Chambollc. La seconde produit les vins de Volnay, de Pommard, de Beaune, de Lapeyrière ; elle fournit en outre des vins blancs d'une grande qualité , tels que le Montrachet et le Afeursault1. La production annuelle du vin est estimée à 600,000 hectolitres, dont moitié est exportée et donne un revenu de 5 millions.

Après les vins, les produits les plus abondants viennent des forêts, qui couvrent le quart du département et donnent un revenu annuel de 10 millions. L'éducation des bestiaux est bien entendue : les bœufs du Morvan sont très-estimés , les mérinos et métis nombreux , les vaches bonnes laitières et donnant des fromages recherchés. On élève aussi beaucoup d'abeilles. La race des chevaux est bonne pour l'agriculture; elle s'est améliorée, surtout dans l'arrondissement de Semur, par l'inlroduction des chevaux normands.

Les mines de fer occupent le premier rang parmi les richesses minérales de la Côled'Or; elles donnent par an plus d'un million de quintaux métriques de minerai préparé, qui acquièrent par la préparation et la fabrication une valeur de plus de 12 millions. Les autres substances minérales sont les granits du Morvan , exploités pour dalles et trottoirs, le marbre, les pierres de taille et lithographiques, les pierres à ciment, qui donnent les fabriques de ciment de Pouilly et de Montbard; le gypse, l'argile à poterie et à briques, etc. On trouve des sources minérales à Alise, à Pruneaux , à Auvillars, à Brcssy-le-Grand , etc.

L'industrie consiste principalement dans les 100 forges et hauts fourneaux , qui produisent du fer, de l'acier naturel et cémenté, des limes, des tôles, des fils de fer, etc. Ensuite vient la fabrication des vinaigres, de la moutarde, du sucre de betterave, des eaux-de-vie de marc et de grains; les tuileries, poteries, faïenceries, qui occupent plus de 120 établissements, les tanneries, papeteries, draperies, etc. Le commerce consiste principalement dans les vins et les fers.

Le développement des voies de communication est d'environ 13,000 kilomètres, dont une rivière (la Saône), sur C3 kil.; 2 canaux, sur 155; 8 routes impériales, sur 660; 18 routes départementales, sur 8!|0; 8,000 chemins vicinaux, etc. Il faut y ajouter le chemin de fer de Paris à Lyon , qui traverse le département sur une étendue de 126 kilomètres, depuis Aisy jusqu'à Meursault, en passant par Montbard , Dijon, Nuits, Beaune, etc.

§ X. DKPAflTKMI NT DE LA CÔTK-d'OR. — INSCRIPTION DES VlU.fcS. — Dijon, 311- » Statistique de la ( ùlc-il Or, |ar lYurlict et CUanlaire.

cienne capitale de la Bourgogne , aujourd'hui chef-lieu du département , siège d'un évêché et d'une cour d'appel , renferme en outre des tribunaux de première instance et de commerce, une faculté de droit, des sciences et des lettres, un lycée, une école secondaire de médecine, une école spéciale des beaux -arts, une école normale primaire, une bibliothèque de 46,000 volumes, etc. Sa population est de 32,253 habitants.

Elle est située non loin du mont Afrique, sur l'Ouche et le Suzon , dans une plaine magnifique et qui ressemble, par la richesse de ses cultures et la variété de ses sites, à un immense jardin ; ses rues sont larges, bien percées, bordées de belles maisons-, ses fortifications ont été détruites et remplacées par des plantations et des boulevards qui lui forment une ceinture de verdure. Il est peu de villes en France dont l'aspect soit plus agréable, les promenades plus belles, les dehors plus riants, l'intérieur plus avenant et plus animé : c'est bien l'image de la fertile et spirituelle Bourgogne. Ses monuments les plus remarquables sont : la cathédrale, dédiée à Saint-Bénigne, édifice du treizième siècle, dont la flèche s'élance à plus de 100 mètres de hauteur, et qui renferme les mausolées de Philippe le Hardi et de Jean Sans-peur ; l'église Notre- Dame, l'église Saint-Michel, le palais des États, reste de l'ancien palais des ducs de Bourgogne, et qui fut reconstruit dans le seizième siècle; le palais de justice, le théâtre, le cabinet d'histoire naturelle, le jardin botanique, l'école de droit, etc.

Dijon est principalement une ville d'instruction , de magistrature, de noblesse, d'aisance et de société. L'instruction y est très-répandue , les mœurs y sont pleines de bon goût et d'aménité. Nulle part il n'est né plus d'hommes éminents, surtout dans les lettres ; car plus de la moitié de la longue liste de célébrités qu'a fournies la Bourgogne appartient à Dijon. Cependant on y fabrique des vinaigres, de la moutarde, de l'eau-de-vie de marc, de l'huile de graines, des draps et couvertures de laine, des cuirs, des machines agricoles; on y fait commerce de vins, liqueurs, chanvres et farines.

Cette ville est d'origine ou romaine ou gauloise. Elle était municipale, et échangea , au douzième siècle, son régime romain contre le régime communal du moyen âge. En 1357, Philippe de Rouvre la fit fortifier. Louis XI y construisit un château fort qui devint une prison d'État, et dont une partie existe encore. Elle fut assiégée par les Suisses en 1513.

Beaune, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, un collège, une bibliothèque publique, et 11,000 habitants, est située au pied de la Côted'Or, près du Roin , sur la ligne de fer de Paris à Lyon. Elle est bien bâtie et arrosée par les eaux de la fontaine de l'Aiguë, que lui amène un aqueduc construit au quinzième siècle. On y remarque un bel hôpital fondé en 1M3 par Nicolas Rollin, chancelier de Philippe le Bon, et l'église Notre-Dame.

Cette ville est le centre de la contrée viticole de la Bourgogne. Elle exporte annuellement 30 à 40,000 pièces des vins des coteaux qui l'avoisinent, et dont les plus célèbres sont les Aiglots, les Cras, les Grèves, les Fèvct, les Marconnets, les Cent-Vigncs , et les Breuontet. C'est aussi le principal marché des grains de l'Auxois. Elle a des fabriques de grosse draperie, de coutellerie, de sucre de betterave, de vinaigre, d'eaux-de-vie de marc, de cuirs, d'huile, de fécule. On y voit aussi de belles pépinières d'arbres à

fruits. Cette ville était la Belna des Éduens. Elle fil une vive résistance à la domination de Louis XL

Chdtillon-sur-Seine , chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux de première instance et de commerce, un collège, et 5,000 habitants, est située dans un pays accidenté , sur la Seine, qui y reçoit la Douix. Elle est propre, bien bâtie, d'un agréable aspect. On y remarque l'hôtel de ville , le palais de justice, le château de Chaumont, avec son parc, qui appartenait au duc de Ragusc, etc. C'est l'entrepôt des produits des nombreuses forges des environs, et l'on y fait un grand commerce de fers, de laines, de farines, de bois, de cuirs, etc. On y trouve des hauts fourneaux, des forges, des tanneries, des fabriques de draps et de futailles, des moulins à foulon , etc. Ses environs renferment de belles carrières de pierre. Elle est célèbre par le congrès de 1816.

Semur, ancienne capitale de l'Auxois, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement, avec 3,971 habitanLs, un tribunal civil, un collège et une bibliothèque de 15,000 volumes, est située sur un rocher granitique et escarpé, à la base duquel l'Armançon forme de jolies cascades qui se prolongent dans la vallée où il creuse son lit. Un pont d'une seule arche et d'une grande élévation domine les maisons bâties sur la rive droite , et complète cette situation pittoresque. Elle est bien bâtie , a de jolies promenades et une église paroissiale classée au nombre des monuments historiques. C'était autrefois une place forte, et il en reste plusieurs tours et un donjon très-élevé. Semur fabrique des draps et des serges , a des Qlatures de laine , des moulins à tan et à foulon , et fait commerce de grains , de chevaux et de moutons.

Auxonne (arr. de Dijon) est une ville de guerre située sur la rive gauche de la Saône et qui a 6,265 habitanLs. Elle est bien bâtie, entourée de beaux remparts et défenduo principalement par un château flanqué de tours qui date de Louis XII. C'est une place importante à cause de sa position sur la route de Besançon à Dijon. On y trouve un arsenal de construction et de belles casernes. Elle fait commerce de vins, eauxdc-vie et quincaillerie, et fabrique des draps, des clous, des toiles, etc.

Sur les limites du département, près de la Vingeanne , se trouve le bourg de Fon- /aine-Française, célèbre par la victoire de Henri IV sur les Espagnols. Ce bourg a 1,200 habitants, et produit de la poterie commune, des pépinières et de la fonte pour les rouages des manufactures.

Givrey-Chambertin, à 16 kilomètres de Dijon , est une commune de 1,500 habitants, célèbre par les produits de son fameux clos de Chambcrlin et par ceux de Bixe, des Varoillet, de Mazit, de la Grillotle, des Charmes et de la FoutAère.

It-sur-TilU (arr. de Dijon) était une ville forte qui fut plusieurs fois ravagée et principalement pendant les guerres de la Ligue. On y trouve aujourd'hui des forges et hauts fourneaux, des fabriques d'huile, etc. Sa population est de 1,500 habitants.

Pontaillier est un bourg de 1,300 habitants, élevé sur deux lies de la Saône, et dont le port est fréquenté. On y fait commerce de chevaux et de grains. Dans les environs, à Vonget, est une poudrerie de l'État.

Arnay-U-Duc (arr. de Bcaune) , petite ville située sur un coteau, près de la rive gauche de l'Arroux , avec un collège et 2,500 habitants, est importante par ses fabriques de limes, de toiles, de chandelles, etc. Ses environs sont délicieux. Elle est célèbre par le combat livré en 1570 entre les protestants et les catholiques.

BOURGOGNE. m

CtUaux (comm. de Saint-Nicolas, arr. de Beaune) est célèbre par son abbaye fondée en 1098, et qui devint si fameuse, qu'elle avait, dit-on, dans sa dépendance 3,000 monastères. Une colonie agricole de jeunes détenus y a été fondée en 1849.

Meurtault est un joli bourg situé sur un coteau , au centre d'un vignoble renommé par ses délicieux vins blancs. Les coteaux des Charma, des Perrièra, des Genevière$ et de la Goutte-d'or., sont les plus estimés. Sa population est de 2,000 habitants.

Nolay, situéee sur la Cuzance, dans un territoire qui produit les vins de Chassagne et de Monlrachet, esl importante par sa mine de fer et son commerce do vins, grains, laines. Sa population est de 2,250 habitants. C'est la patrie de Carnot.

Nuits est une jolie petite ville située sur le Meuzin , dans un territoire qui produit les meilleurs vins de la Bourgogne. Les crus les plus renommés sont ceux de Saint- Georga, des Vaucrint, des Forêts, des Cailla, des Pruiiert, des Thorilt, des Margert, des Cras, des Boudott. Sa population est de 3,300 habitants.

Pommard, village de 1,200 habitants, est célèbre par ses vins, dont les principaux sont ceux de Citeaux, des Rugiens, des Êpenots, des Arvolays, des Boucherotta, etc.

Pouilly-en-Monlagne, bourg situé sur le canal de Bourgogne, ne renferme que 1,200 habitants, mais est renommé par ses fabriques de chaux hydraulique et de ciment romain.

PouUty-tw-Saône , village de 800 habitants, est important par ses fabriques de produits chimiques, ses tuileries, ses forges, etc.

Saint-Jean de Lotne est une petite ville située dans une vaste prairie, sur la rive droite de la Saône, à la jonction du canal de Bourgogne et près de l'embouchure du canal du Rhône au Rhin. Sa population est de 2,226 habitants. C'était autrefois une place forte qui a encore son enceinte de briques. On y fait un commerce considérable de grains, vins, bois, tuiles, etc. Celte ville jouit d'un renom immortel pour la résistance qu'elle fit a l'année des Impériaux en 1636. Elle était mal fortifiée, n'avait pour la défendre que 8 canons, 150 soldats mal disposés et 300 bourgeois valides. Malgré le feu d une nombreuse artillerie, malgré une brèche de douze toises, un premier assaut, qui dura trois heures, fut repoussé. Alors les échevins firent signer à tous les défenseurs le serment de combattre jusqu'à la mort : si la ville était forcée , les habitants devaient mettre le feu à leurs maisons et se retirer en combattant par la porte du pont de la Saône, dont on abattrait une arche. Un deuxième assaut fut donné, encore plus terrible et qui dura quatre heures. Les femmes et les enfants jetaient de l'huile bouillante et du plomb fondu sur les assaillants. L'assaut fut repoussé ; mais la ville était réduite à l'extrémité, quand le comte de Rantzau arriva avec des renforts et força les Impériaux à lever le siège. Louis XIII combla d'éloges les habitants, leur concéda les plus beaux privilèges , leur permit de mettre des fleurs de lis dans leurs armes , et donna à la ville le nom de Belle-Défense.

En 18H, les habitants de Saint-Jean de Losne se souvinrent de la gloire de leurs pères : ils firent, comme ceux de Tournus, de Chàlon, une glorieuse et inutile résistance. Napoléon les en récompensa à la façon de Louis XIII : il ordonna que ces trois villes porteraient l'aigle dans leurs armes.

Seurre est une ancienne et jolie ville , située sur la Saône , dans une plaine magnifique, et qui compte plus de 3,000 habitants. On y remarque son hôtel de ville et un

beau château. Elle fait par la Saône un commerce considérable de grains, colzas, bois, charbon, vins communs, etc.

f/oinay est un village de 600 habitants, situé dans un territoire fertile en vins délicieux. Les crus les plus distingués sont les Caillerclt, la Bouche-d'Or, les Angles, les Campant, les Chevrets, etc.

Vosne, village de 500 habitants, est situé dans un territoire qui produit les vius fins de la Romanée, Richtbourg, la Tâche, etc.

Montigny (arr. de Châtillon), bourg situé sur la rive gauche de l'Aube, a dans se3 environs la bergerie de Gevrollet, qui appartient à l'État , et qui a propagé une race nouvelle de mérinos dont la toison douce et lisse donne des mèches plus nerveuses et plus propres au travail du peigne que toutes les laines connues.

A lise' Sainte-Reine (arr. de Semur) est un village de 800 habitants, renommé aujourd'hui par ses eaux thermales, et qui occupe à peu près l'emplacement d'Ain ta, la grande cité fameuse par la défense de Vercingétorix, et dont la prise mit fin à l'indépendance de la Gaule. On y trouve de nombreuses antiquités.

Monibard (2,179 hab.) est une des plus jolies villes de la Bourgogne ; elle est bâtie au pied et sur le penchant d'une colline qui domine la Brennc et le canal de Bourgogne. On y remarque un beau château , où est né et où habitait Buffon ; les jardins y sont disposés en terrasses, et le sommet de la colline est couronné par une vieille tour isolée. On trouve dans cette ville des fabriques de ciment romain , des tuileries , des tanneries, une fonderie de fonte, etc. Le commerce est actif en bois, chanvre, cuirs, etc.

§ XI. Département de l'Yonne. — Statistique, agriculture, commerce, etc. — Ce département a été formé de partie des provinces de Champagne (199,612 hect.), de Senonais (162,723 hect.) , de Gatinais (166,015 hect.), de Bourgogne propre (136,618 hect.), d'Auxerrois (75,606 hect.). Sa superficie est de 762,804 hectares, don! 650,000 de terres labourables, 165,000 de bois, 38,000 de vignes, 32,000 de prés, etc. Sa population, en 1801, était de 320,596 habitants, en 1821 de 332,905 hab., en 1861 de 362,961 hab. ; elle est aujourd'hui de 576,720 habitants.

Il a pour chef-lieu Auxerre , et compte 5 arrondissements , savoir :

Arrondissement d'Auxerre. .

cantons ,

communes ,

151,559 habitants.

d'A vallon. .

de Joigiiv. . .

de SffOS. . . ,

de Tonnerre .

5 arrondissem

cantons ,

commune ,

381 , 1 33 habitants.

Ce département forme le diocèse de l'archevêché de Sens; il est compris dans le ressort de la cour impériale de Paris et dans la 1" division militaire (Paris) ; il renferme 5 tribunaux de première instance et 5 do commerce, 6 collèges (à Auxerre, A vallon, Joigny, Noyers, Sens et Tonnerre), une école normale départementale, 5 écoles supérieures , 509 écoles élémentaires.

Le département de l'Yonne, qui appartient au bassin de la Seine, est essentiellement agricole et très-important à cause des approvisionnements de Paris. Nous avons déjà dit quelle est la nature du sol, entrecoupé de coteaux couverts de vignobles, de collines stériles, de belles vallées, de grandes forêts et d'excellents pâturages. Les

KOURGOGNE. 321

vignes y sont, comme dans les autres départements de la Bourgogne, la principale richesse du pays; elles donnent annuellement 900,000 hectolitres de vins, parmi lesquels on distingue ceux de Coulanges, d'Auxerrc, de Chablis, de Tonnerre, de Joigny , etc. La récolte des céréales dépasse les besoins de la consommation. Les légumes et les fruits sont aussi bons qu'abondants. On récolte encore des châtaignes, des betteraves, du chanvre, etc. Malgré l'excellence des pâturages, les chevaux et les bêtes à cornes sont de race médiocre ; les moutons sont nombreux.

Les richesses minérales sont peu considérables; on trouve cependant du minerai de fer, des carrières très-abondantes de pierre de taille, à Courson et à Lezinncs, du grès, de l'argile, etc.

L'industrie est peu active, et se porte principalement sur les briques et les tuiles, qui sont de qualité supérieure , l'exploitation des carrières de pierre , la fabrication du ciment (à Vassy), du sucre de betterave, la filature et le tissage des laines, la verrerie, la faïencerie, etc. Le commerce consiste principalement dans les produits du sol.

On y trouve 32,000 kilomètres de voies de communication, dont : une rivière (l'Yonne), sur 104 kil.; 2 canaux, sur 144 kiL; 6 routes impériales, sur 530 kil.; 20 routes départementales, sur 640 kil.; 12,000 chemins vicinaux, sur 30,000 kilomètres, etc. Il faut y ajouter 150 kilomètres du chemin de fer de Paris à Lyon et passant par Villeneuve-la-Guyard , Sens, Joigny, Saint-Florentin, Tonnerre, etc.

g XII. DÉPARTEMENT PE L'YONNE. — DESCRIPTION DES VILLES. — AuXOTe , Chef-HeU

du département, avec des tribunaux civil et de commerce, un musée, un collège, une bibliothèque et 14,000 habitants, est située sur la rive gauche de l'Yonne et sur le penchant d'une colline, au milieu d'une contrée très-riche en vignobles. Elle a un port commode et fréquenté. C'est une ville très-ancienne, et qui a beaucoup souffert des guerres des Anglais et de la Ligue. On y remarque son antique cathédrale, l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture du moyen âge-, l'église Saint -Germain, qui dépendait d'une abbaye royale fondée en 623 , et où l'on voit le tombeau de saint Germain l'Auxerrois; l'hôtel de la préfecture, qui est l'ancien palais épiscopal. On fabrique dans cette ville des futailles, de la bonneterie, des draps, des couvertures de laine , de la faïence , de l'ocre rouge et jaune , etc. Elle fait un grand commerce de bois, de charbons et de vins renommés, que fournissent les clos de \z Chainctlt et de Migraine, situés à ses portes.

Avalion, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, un •collège et 6,000 habitants, est bâtie sur un rocher de granit rouge, à l'issue d'une jolie vallée , sur la rive droite du Cousin , qui serpente à plus de 30 mètres de profondeur, au pied d'une terrasse à pic. Elle fait un commerce assez actif de grains, vins, fourrages, bétail, tonneaux, merrain; elle fabrique des draps, des papiers, des cuirs et de la moutarde.

Joigny, chef-lieu d'arrondissement , avec des tribunaux civil et de commerce , un collège et une population de 6,455 habitants, est située sur le penchant d'une colline baignée par l'Yonne. Celte ville est d'un accès difficile à cause de la roideur de la rampe sur laquelle s'adossent ses rues mal dessinées. Son église paroissiale, qui date du quinzième siècle , est très-belle. Elle fait un commerce assez étendu des vins que tome u. 6t

lui fournissent en abondance les coleaux de Saint-Jacques, des Tuées, de Saint-Michel et de Migraine. C'est dans ses environs, à Cerisiers, Dixmont, Piffonds, que se fabrique le raisiné.

Sens, chef-lieu d'arrondissement et siège d'un archevêché, avec des tribunaux civil et de commerce, une chambre consultative des manufactures, un collège, une bibliothèque de 10,000 volumes et une population de 10,645 habitants, est une grande ville, assez régulièrement bâtie, entourée de fortifications de toute date, et arrosée par l'Yonne, qui vient de se grossir des eaux de la Vanne. On y remarque l'église métropolitaine, qui a presque l'étendue et les formes de Notre-Dame de Paris, et qui renferme un mausolée élevé au grand Dauphin , fils de Louis XV, chef-d'œuvre de Coustou. Sens a des fabriques de bonneterie, de coutellerie, de blanc d'Espagne, des fonderies de fonte et de cuivre , et de nombreuses tanneries. Elle fait un commerce assez étendu de grains, vins, bois flotté, tuiles, feuillettes et cuirs.

Tonnerre, chef-lieu d'arrondissement, avec 4,672 habitants, un tribunal civil et un collège, est située près du canal de Bourgogne et sur la rive gauche de l'Armançon. On y fait un grand commerce de vins rouges et blancs des coteaux des Préaux , de Pitoy, des Perrièrcs. L'industrie consiste dans l'exploitation des pierres dites de Tonnerre, la fabrication de chaux hydraulique, les filatures de laines, les scieries de bois, les moulins à tan , etc.

Chablis, qui appartient au territoire champenois, est renommée pour ses vins blancs: cette petite ville, située sur la rive gauche du Serain, compte 2,601 habitants; elle a des fabriques de draps, de mousselines, d'encre, etc.

Gravant (arrondissement d'Auxerre), petite ville de 1,300 habitants, située au confluent de l'Yonne et de la Cure, était autrefois fortifiée, et fut prise en H23 par les Anglais et les Bourguignons, à la suite d'une bataille perdue par les troupes de Charles VII.

Vezelay (arrondissement d'Avallon) est une petite ville située dans un territoire fertile en bons vins, et près de la Cure. Elle doit son origine à une abbaye fondée dans le neuvième siècle. C'était une ville communale, et l'histoire de ses luttes contre l'abbaye est une des plus curieuses du moyen âge. C'est à Vezelay que fut préchée la deuxième croisade par saint Bernard. Son église, qui est magnifique, est classée parmi les monuments historiques.

Uleneau, petite ville du Gâtinais, située sur le Loing, est célèbre par la victoire de Turenne sur le prince de Condé, au moment où celui-ci allait s'emparer de la famille royale.

Saint- Far geau, petite ville du Gâtinais, située sur le Loing, est importante par son commerce de bois et par son château , qui a appartenu à Jacques Cœur, à madame de Monlpensier et à Lepelletier de Saint-Fargeau, conventionnel assassiné en 1793.

Ancy-U-Frane (arrondissement de Tonnerre) est une petite ville de 1,800 habitants, où l'on remarque un magnifique château, bâti sur les dessins du Primatice, qui fut acquis par Louvois, dont la famille le possède encore. On trouve à Ancy des forges, hauts fourneaux, tuileries, etc.

Noyers, jolie petite ville de 1 ,800 habitants, est située sur le Serain et enveloppée de vieilles murailles. Elle est célèbre dans l'histoire des guerres civiles du seizième siècle.

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