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TOME II

m LIVRE 11 Ij ITI KM L.

très-abondants, et les environs de Metz et de Pont-à-Mousson sont célèbres par leurs jardins fruitiers et légumiers. Nous verrons plus loin quelles sont les richesses minérales de la province.

S VI. Histoibe, population, etc. — Les pays que nous venons de décrire physiquement étaient, dans les temps anciens, habités par les Leuci (Toul), les Veroduni (Verdun), les Mediomatrki (Metz), peuples celtiques auxquels vinrent se mêler à différentes reprises des tribus germaniques. Après la conquête de la Gaule, ils se soumirent facilement à la civilisation romaine, et les antiquités trouvées à Natium (Naix), capitale des Leuci, à Metz, à Verdun, etc., témoignent de la splendeur de cette civilisation. Sous les rois mérovingiens, ces pays firent partie du royaume d'Austrasic, et, après le premier démembrement de l'empire de Charlemagne (843), ils formèrent la partie septentrionale du royaume de Lothaire, de la Lotharingie, d'où est venu le nom de Lorraine. On sait que ce royaume comprenait tout le pays entre Meus* et Rhin et tout le pays entre Saône et Jura ,* entre Rhône et Alpes. A la mort du premier Lothaire (855), la Lotharingie fut divisée entre deux de ses fils : la partie septentrionale , qui garda le nom de Lotharingie ou de Lorraine, échut à Lothaire II, et à sa mort (870) ce royaume fut partagé entre Louis I", roi de Germanie, et Charles le Chauve, roi de France. A la mort de Charles le Chauve (877), Louis II dit le Bègue, son fils , lui succéda au royaume de Lorraine ; mais Louis II , roi de Saxe , fils de Louis 1°, s'empara de ce royaume, et à sa mort (881) son frère, Charles le Gros, devint roi d'Italie, de Germanie et de Lorraine. Dans le deuxième démembrement de l'empire de Charlemagne, à la mort de Charles le Gros, la Lorraine échut (895) à Zwentibold, fils d'Arnoul , roi de Germanie , lequel était arrière-petit-fils de Charlemagne. A sa mort (900), la Lorraine fut disputée par les rois de Germanie et les rois de France; elle resta définitivement aux premiers, et fit partie de l'empire d'Otlon 1" dit le Grand (962); mais les grands vassaux y étaient déjà indépendants. On remarquait parmi eux les comtes de Hainaut, les ducs de basse Lorraine ou de Brabant , les ducs de haute Lorraine ou de Lorraine propre , etc. Ce dernier duché , qui , outre la Lorraine, comprenait l'Alsace, le Luxembourg et le pays de Trêves, appartenait alors à Frédéric, comte de Bar, dont la postérité le garda jusqu'en 1032. Alors il fut donné par l'empereur Henri 111 à un seigneur d'Alsace nommé Gérard, tige de l'illustre maison de Lorraine qui occupe aujourd'hui le trône d'Autriche. Mais les empereurs se réservèrent plusieurs villes ou comtés, comme Metz, Toul, Verdun, qui devinrent bientôt des villes fibres et impériales, indépendantes des ducs de Lorraine , et connues sous le nom de Troit-F.viehis. Nous en verrons plus loin l'histoire.

Quinze ducs succédèrent en ligne masculine à Gérard d'Alsace pendant trois cent quatre-vingt-deux ans. La plupart eurent des rapports très-fréquents d'amitié avec les rois de France, et s'empressèrent môme de se mettre à leur service; ils leur faisaient d'ailleurs hommage pour quelques fiefs qu'ils tenaient d'eux dans la Champagne : ainsi, des trois derniers ducs, le premier fut tué à Crécy, le deuxième fait prisonnier à Maupertuis, le troisième nommé en H18 connétable de France. Celui-ci, nommé Charles II, mourut en 1^30, ne laissant qu'une fille mariée à un prince français, René d'Anjou , qui venait d'hériter du duché de Bar. Voyons d'abord ce qu'était ce duché.

Le Barrois était un pays tout français qui avait des seigneurs particuliers depuis

9b* . iesqueis faisaient hommage aux comtes de Champagne. Par un traité conclu (1301) entre Philippe le Bel , devenu possesseur de la Champagne, et Henri III, treizième duc do Bar, celui-ci se reconnut vassal des rois de France. L'un de ses successeurs , ouard III, fut tué à Azincourt, et eut pour héritier son frère, Louis 1"', qui était cardinal. Celui-ci laissa son duché (H19) à René d'Anjou , prince de la maison de Valois , petit-fils de sa sœur Yolande.

René d'Anjou, duc de Bar, devint duc de Lorraine par sa femme; mais il trouva un compétiteur dans le comte de Vaudcmont, neveu du dernier duc. Celui-ci, s'étant fait aider de Philippe le Bon , duc de Bourgogne , battit René à Bulgnéville et le fit prisonnier. Néanmoins il n'obtint pas la Lorraine , qu'un jugement de l'empereur Sigismond attribua à René , à la condition que celui-ci donnerait en mariage Yolande , l'une de ses filles, au comte de Vaudemont. La Lorraine, avec un prince français, allait se trouver mêlée à toutes les affaires de la France. René , sorti de prison , voulut faire reconnaître sa suzeraineté à Metz, Toul et Verdun, qui étaient restés indépendants , et il demanda l'appui de Charles VII, qui conduisit à cet effet 25,000 aventuriers en Lorraine. Meta fut assiégée, et elle ne parvint à conserver son indépendance, ainsi que les deux autres villes, qu'en payant tribut à René et à Charles VII. La royauté française venait de faire une reconnaissance en Lorraine ; elle n'allait plus cesser de convoiter ce pays. Mais une autre ambition vint encore le menacer.

Charles le Téméraire, voulant se créer dans le nord de la France un royaume de Gaule-Belgique , jeta ses vues sur la Lorraine , qui séparait la Bourgogne de ses provinces du nord. René, devenu comte de Provence, roi de Naples, etc., avait laissé cette province à son fils Jean, dit de Calabre, qui prit tant de part aux ligues des seigneurs contre Louis XI, et à Jean avait succédé son fils Nicolas, qui mourut sans enfants (1473). La Lorraine revint alors à Yolande, fille de René, mariée au comte de Vaudemont, laquelle céda le duché à son fils, appelé aussi René. Charles le Téméraire parvint à enlever la Lorraine à ce jeune prince ; mais , après la bataille de Moral, toutes les villes chassèrent leurs garnisons bourguignonnes, et René II y fut reçu avec transport. Charles le Téméraire vint assiéger Nancy : on sait qu'il trouva la mort devant ses murs (U77). René recouvra tout son duché, et il hérita de son grand-père du duché de Bar, qui se trouva ainsi de nouveau réuni à la Lorraine , mais en restant un fief de la couronne de France ; les descendants de René se trouvèrent donc à la fois vassaux des rois français et des empereurs. L'un des fils de ce René fut Claude, comte de Guise, qui, n'ayant hérité que des domaines que sa famille possédait en Champagne, vint s'établir sous Louis XII à la cour de France, fut nommé gouverneur de Champagne, duc et pair par François 1", et mourut en 1550 , laissant six fils fameux dans notre histoire, et qui pensèrent déposséder les Valois de la couronne de France.

La maison de Lorraine, essentiellement catholique, prit parti dans les guerres d'Allemagne pour Charles-Quint contre les princes protestants : aussi, dans le traité d'alliance que ceux-ci conclurent avec Henri II, fut-il stipulé qu'il attaquerait la Lorraine, « et l'on trouvait bon qu'il s'impatronisât au plutôt des villes qui appartiennent d'ancienneté à l'Empire et qui ne sont pas de la langue germanique, c'est-à-dire de Toul, de Metz, de Verdun, et qu'il les gardât comme vicaire de l'Empire. » Henri II s'empara (1552) en effet de ces trois villes, qu'il garda, mais dont la possession ne

fut légitimée que par Je traité de Westphalie en 16f|8. Ce n'étaient pas seulement trois villes que la France acquérait, mais c'étaient les positions militaires qui donnent la * domination de la Lorraine. En effet, Verdun sur la Meuse, Metz sur la Moselle, Toul sur la Moselle , à l'endroit où cette rivière n'est distante de la Meuse que de trois lieues, sont placés aux trois sommets d'un triangle intérieur par lequel on domine tout le pays. Aussi , à dater de cette époque , la Lorraine se trouva ouverte sans obstacle à toutes les invasions françaises, et elle devint militairement une province de la France.

Les ducs de Lorraine prirent part à toutes les intrigues des seigneurs contre les rois français, soit pendant la Ligue, soit pendant le règne de Louis XIII. Plusieurs fois la province servit de refuge aux mécontents, et plusieurs fois les troupes françaises l'occupèrent. A la fin, un arrêt du parlement (1632) déclara le duc Charles IV rebelle, ordonna la confiscation du Barrois et l'occupation de la Lorraine. Louis XIII entra dans ce pays avec une armée et soumit toutes les places. Le duc se sauva en Allemagne. Il essaya plusieurs fois de rentrer dans ses États à la tôto des armées impériales, ne fut pas compris dans le traité de- Westphalie , et resta dépossédé de ses États. Le traité des Pyrénées stipula que la Lorraine lui serait rendue , sous condition que les villes seraient démantelées ou occupées par les troupes françaises, et qu'une route pour pénétrer en Allemagne serait cédée à la France en toute souveraineté* Il refusa d'accéder à ces conditions , et la Lorraine continua d'être occupée et gouvernée par les Français. Deux autres traités furent faits avec lui, en 1662 et 1670, à peu près sur les mêmes bases; mais, comme il refusa de les exécuter, il resta tant qu'il vécut dépouillé de ses duchés et commanda les troupes impériales contre la France. Sou successeur, Charles V, ne fut pas plus heureux, et la Lorraine demeura au pouvoir de la France jusqu'en 1698. Alors, et par le traité de Ryswick, elle fut restituée à Léopold I", fils de Charles V, à l'exception de Saarlouis, que Louis XIV avait fondée et fortifiée , et à la condition d'être ouverte à volonté aux armées françaises. C'était en réalité la perte de son indépendance , et la Lorraine, qui s'était habituée pendant quatre-vingts ans au gouvernement des Bourbons , n'était plus qu'une province française. Aussi garda-t-elle une neutralité toute favorable à la France pendant la guerre de la succession d'Espagne , et Léopold ne s'occupa qu'à ramener la prospérité dans ses États. 11 mourut en 1729. Son fils, François IV, épousa Marie-Thérèse d'Autriche, unique héritière de l'empereur Charles VI. Comme on prévoyait que celte princesse chercherait à faire monter son mari sur le trône impérial , la Lorraine devenait entre les mains d'un empereur une possession très -dangereuse pour la France et pour la tranquillité de l'Europe; aussi, dans le traité de Vienne, en 1735, il fut stipulé que les duchés de Lorraine et de Bar seraient donnés à Stanislas, roi dépossédé de la Pologne , pour en jouir de son vivant , et , à sa mort , être réunis à la couronne de France. François IV reçut en échange la Toscane ; il fut élu empereur, et commença la dynastie de Lorraine-Hapsbourg , qui règne aujourd'hui sur le trône d'Autriche. Stanislas donna à la Lorraine les plus beaux jours de son histoire en y faisant fleurir le commerce, l'industrie et les arts; sa mémoire y est encore l'objet de la plus touchante vénération. A sa mort (1766), la Lorraine et le Barrois, déjà réunis de fait à la France depuis plus d'un siècle , y furent réunis officiellement ; et ils sont devenus depuis cette époque une des provinces où Je sentiment national est le plus vif, et

l'une de celles qui ont fourni aux armées françaises le plus d'illustrations. Il en était sorti, dans les temps anciens, le grand-duc de Guise, défenseur de Metz et conquérant de Calais, les maréchaux de Bassompierre et Fabert, Chevert, Grimoard, etc.; il en est sorti depuis 1792 les maréchaux Victor, Gouvion-Saint-Cyr, Oudinot, Molitor, Lobau, Gérard, Excelmans, les généraux Custines, Houchard, Drouot, Gouvion. Rampon, Haxo, Fabvier, Fririon, Jacqueminot, d'Anlhouard, Barrois, Bellavène, Morland, Kellermann, Richepanse, Lasalle, Lallemand, Êblé, Paixhans, l'amiral de Rigny, etc., etc. A cette glorieuse liste, il faudrait ajouter celle des hommes politiques , parmi lesquels on remarque le duc de Choiseul , Stanislas de Girardin , Merlin de Thionville, Rœderer, Lavalette, François de Neufchâteau, Régnier, de Serres, Barbé -Marbois, Montalivet, le baron Louis, l'évéque Grégoire, Boulay (de la Meurthc), etc. Les lettres et les arts donnent moins de noms célèbres, et l'on ne peut guère citer que le P. Maimbourg, Boufflers, Gilbert, Saint-Lambert, Beauzée, D. Calmet, Callot, Gelée, dit le Lorrain, Isabey, etc.

La population de la Lorraine est une des plus solides de la France. Elle présente deux nuances distinctes : celle de la basse Lorraine ou de la Lorraine allemande, où l'on parle encore un patois germanique, où l'on retrouve le flegme, le calme, la lourdeur, la grossièreté de l'Alsace avec son esprit laborieux , honnête et persévérant; celle de la haute Lorraine, des Trois-Évéchés, du Barrois, où l'on retrouve la vivacité, l'entrain, l'imagination, l'esprit de la Bourgogne avec le goût des sciences abstraites et la culture des arts. Les traits communs aux deux parties sont le courage, l'amour du travail, la patience , la fermeté, la prudence, la fidélité aux affections, le respect des vieilles coutumes avec le goût du progrès, la soumission aux lois, l'instinct de la guerre, enfin un vif sentiment d'honneur national et de patriotisme. La Lorraine est, avec l'Alsace, la province qui donne à l'armée le plus d'engagés volontaires et de remplaçants. Les défauts principaux du Lorrain sont sa parcimonie* son âpreté au gain, sa sécheresse de cœur, son humeur querelleuse, son goût pour le vin, sa facilité à rompre ses engagements , etc.

Les juifs sont en assez grand nombre dans la Lorraine, et principalement à Metz; ils y exercent la même influence et y font les mêmes métiers qu'en Alsace ; ils y sont également détestés. On trouve aussi , surtout dans les Vosges, quelques bandes de bohémiens qui mènent une vie nomade et vivent en faisant le commerce de verreries.

§ VIL DÉPARTEMENT DES VOSGES. — STATISTIQIE, AGRICULTURE, COMMERCE, ETC. — Ce

département, formé de la partie méridionale de la Lorraine, a de superficie 607,996 hectares, dont 240,000 en terres labourables, 76,000 en prés, 130,000 en bois, 36,000 en landes, bruyères, etc. Sa population, qui était en 1801 de 308,920 habitants, en 1821, de 357,727 hab., en 1861, de 419,992 hab., est en 1851, de 427,406 habitants.

H a pour chef-lieu Épinal , et se trouve ainsi subdivisé :

de NeufcliMeau.

de Remireinonl.

de Saint-Dié . .

6 cantons,

munîmes, «9,885 habita

5 arromIUsetnenU. . 30 cantons, 646 communes, 427,406

Ce département forme le diocèse de l'évèché de Saint-Dié , est dans le ressort de la cour d'appel de Nancy, et renferme 5 tribunaux de première instance ; il compte 6 collèges : à Épinal, à Mirecourt, à Neufchàteau, à Rambervilliers, à Remiremont et à Saint-Dié; une école normale départementale, 11 écoles supérieures, 770 écoles élémentaires. Il fait partie de la 5« division militaire.

Ce département, agricole et manufacturier, est presque entièrement montueux, et n'offre qu'un terrain peu favorable à l'agriculture. Néanmoins, et grâce à l'industrieux labeur des habitants, il produit à peu près les céréales nécessaires à la consommation ; le vin y est de qualité médiocre et insuffisant; mais on y récolte beaucoup de fruits; le merisier est cultivé en grand pour la fabrication du kirsch , ainsi que le houblon pour la fabrication de la bière. On y trouve encore du lin, du chanvre, de l'angélique, etc. L'un des meilleurs produits consiste dans les bois, surtout dans les bois de construction, qui alimentent plus de 300 scieries hydrauliques, et une fabrication de boissellerie et autres objets ou instruments en bois qui est très-active et répandue jusque dans les hameaux. Après les bois viennent les pâturages, qui sont nombreux et abondants , mais qui partout ne nourrissent que des chevaux et des bêles à cornes de petite espèce. Les premiers y comptent 42,000 têtes, les secondes 142,000 ; les moutons ne sont qu'au nombre de 100,000, et les chèvres de 20,000 ; mais les porcs sont l'objet d'une exportation considérable , et comptent plus de 110,000 têtes. On fabrique dans les Vosges des fromages renommés, dont on exporte annuellement plus de 1,200,000 kilogrammes.

Les richesses minérales sont grandes, et consistent en fer de bonne qualité, manganèse, houille, tourbe, marbres, granit, pierres meulières, argile à poterie. Les eaux minérales sont nombreuses et très-célèbres ; les principales sont celles de Bains, de Bussang, de Contrcxéville, de Plombières, etc.

L'industrie est très-active et consiste en fabriques de fer-blanc, d'acier On , lamineriesde fer, tréfileries, clouterie, coutellerie, taillanderie; en fabriques de dentelles et de broderies, d'instruments de musique dont le centre de fabrication est à Mirecourt, de papier qui est célèbre depuis deux siècles sous le nom de grand-raisin des Vosges , en filature et tissage de coton , en scieries de planches , fabrication d'objets en bois, distillation de kirsch, imagerie d'Épinal, verreries, faïenceries, etc. Tous ces objets fabriqués donnent lieu à un commerce important, qui s'exerce encore sur les bois, le houblon, les fromages, etc.

Le département renferme 6 routes impériales sur 200 kilomètres, 24 routes départementales et 4,000 chemins vicinaux. Il n'a pas de rivière navigable.

S VIII. Département des Vosges. — Description des villes. — Épinal, chef-lieu du département, avec un tribunal civil, un collège, une chambre consultative des manufactures, une bibliothèque, un musée, etc., renferme une population de près de 11,000 habitants. Elle est située dans l'étroite et pittoresque vallée de la Moselle, sur les deux bords de cette rivière , qui la divise en trois parties au moyen d'une lie qu'elle y forme : ces trois parties sont réunies par cinq ponts, et présentent des rues étroites et assez bien bâties, un beau collège, de belles casernes, une église paroissiale datant du onzième siècle, etc. La ville est dominée par les ruines d'un vieux château, et ses environs sont remplis de jolies promenades. Son industrie consiste en chau-

dronnerie, coutellerie, taillanderie, scieries de marbre, exploitation de grès blanc pour verrerie, carrosserie très-estimée , imagerie grossière, dont les produits sont colportés dans toutes les campagnes, etc. Ou y fait commerce de grains, vins, bestiaux, papiers, etc.

Cette ville doit son origine aux évêques de Metz , dont elle fut longtemps un fief; elle se donna, dans le quinzième siècle, aux ducs de Lorraine. Elle fut prise par le maréchal de Créqui en 1671, et démantelée.

Mirecourt, chef-lieu d'arrondissement, avec 5,M3 habitants, des tribunaux civil et de commerce, un collège, une école normale primaire et une bibliothèque, est située sur le bord du Madon , et n'offre aucun monument digne d'intérêt. Elle a des fabriques renommées d'instruments de musique qui occupent, dans la ville ou aux environs, 20 maisons, plus de 6,000 ouvriers, et produisent plus d'un million d'instruments à archet ou à cordes, d'orgues pour églises, d'orgues portatives et de serinettes. Les dentelles, les tulles et les broderies y sont aussi l'objet d'une fabrication importante, occupant 23 maisons et 25,000 ouvrières dans la ville ou dans les campagnes. Il s"y fait un commerce important de produits de ses fabriques, de vins et de bestiaux.

Neuf château, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège, une bibliothèque et 3,735 habitants, est une jolie petite ville, située sur le Mouzon, à son confluent avec la Meuse. Des montagnes la dominent de toutes parts, et de jolis sites embellissent ses environs. Elle est assez bien bâtie. 11 s'y tient un marché important pour les bestiaux, les grains, les toiles communes fabriquées dans l'arrondissement, la boissellerie, la clouterie et la quincaillerie.

Remiremont, chef-lieu d'arrondissement, dont la population est de 5,349 habitants, a un tribunal civil, un collège, une bibliothèque publique, etc. C'est une jolie petite ville , située au pied des montagnes , sur la rive gauche de la Moselle. Ses rues sont généralement bien percées et arrosées, ses maisons propres et régulières; des jardins plantés dans les anciens fossés lui servent de ceinture. Son plus bel édifice est son église, qui était celle d'une ancienne abbaye de dames nobles fondée en 620 par saint Romaric, et à laquelle la ville doit son origine.

Remiremont est l'entrepôt des produits des montagnes environnantes , c'est-à-dire des fromages de Gérardmer et de Vachelin , de bestiaux , de toiles et de bois de sapin. Elle a des fabriques de toiles de coton, de siamoises et de mousselines, qui occupent dans l'arrondissement 10,000 métiers; de coutellerie, de taillanderie, de kirschenwasser, etc.

Saint-Dii, chef-lieu d'arrondissement et siège d'un évêché, a un tribunal civil , une chambre consultative des manufactures, un collège et une bibliothèque publique. Sa population est de 8,959 habitants. Elle est bâtie sur les bords de la Meurthe, au pied de la montagne d'Ornion . Brûlée en 1756 , elle fut rebâtie par les soins du roi Stanislas et doit à cette circonstance d'être percée régulièrement et bien arrosée. L'industrie de cette ville consiste dans la fabrication des cotonnades, guingamps, madras, mousselines, tulles, qui occupent 16 maisons. On y trouve aussi de nombreuses brasseries. Le bois, les grains, le lin, le chanvre, les bestiaux, le fer, les fromages; et les produits de ses manufactures alimentent son marché.

Bains (arrondissement d'Épinal) est une petite ville de 2,600 habitants, située dans

ftOO LIVRE HUITIÈME.

un beau vallon que traverse un petit affluent du Coney. Elle est célèbre par ses eaux minérales, déjà connues du temps des Romains, qui n'ont été reprises que dans le dix-huitième siècle, et que fréquentent annuellement 7 à 800 malades. On trouve à Bains une fabrique de fer-blanc, la plus ancienne de France, qui renferme 5 feux d'affinerie, une fonderie de fonte et de cuivre, etc.

Rambervillert, petite ville de 4,800 habitants, avec un collège et une bibliothèque, est située sur la Mortagne, bien bâtie, bien arrosée, et fait un commerce considérable de houblon, qui est cultivé dans tous les environs, de grains, de vins , de papiers, do planches , de poterie de terre , de cuirs , etc. C'est une cité très-ancienne , et l'on voit encore les restes de ses fortes murailles.

On trouve encore dans l'arrondissement d'Épinal des localités importantes : Xertigny, remarquable par ses forges, sa clouterie, sa taillanderie; Thunimont et Razey, où sont des forges ; Fontenoy-le-Château, qui a des fabriques de broderies et de fils de fer; Archet et DocelU, où sont des papeteries, etc.

ContrexévilU (arrondissement de Mirecourt) , village de 600 habitants , situé sur le Vair, dans un joli vallon, est célèbre par ses eaux minérales, aujourd'hui très-fréquentées. Ses environs sont délicieux.

On trouve encore dans l'arrondissement de Mirecourt la petite ville de Darney, où sont de nombreuses fabriques de couverts en fer battu; la Hutte, importante par sa manufacture d'acier naturel ; Monthureux, par ses fabriques d'ouvrages en fer; Portieux, par sa verrerie , etc.

BulgnévilU (arrondissement de Neufchàteau) , petite ville de 1,100 habitants, est célèbre par la bataille de 1631," où René, duc de Lorraine, fut battu et pris par le comte de Vaudemont. On y fabrique des souliers communs et des broderies sur mousseline.

C'est dans l'arrondissement et à 9 kilomètres de Neufchàteau que se trouve le joli village de Domremy*, éternellement célèbre pour avoir donné le jour, en 1412, à la sainte patronne de la France , Jeanne d'Arc. Il est bâti à mi-côte sur le penchant d'une colline que baigne la Meuse, dans un charmant paysage qu'encadre la double ligne des monts de la Meuse et de la Moselle , et qui est digne par sa grâce et sa simplicité de l'épopée dont il a été l'origine. La modeste maison où est née Jeanne d'Arc existe encore : la piété des habitants l'a conservée, et, en 1820 , le gouvernement royal l'a achetée et restaurée. A côté d'elle on a bâti une maison d'école pour les jeunes filles, et au-devant s'étend une place avec une belle fontaine que surmonte le buste de la martyre. Ce petit monument, élevé aux frais du département, est le seul souvenir qu'ait eu la France pour le personnage le plus héroïque de son histoire !

Dans l'arrondissement de Neufchàteau on trouve encore AttignévilU, qui a des hauts fourneaux ; Lahayevaux, important par sa ferme-école , ses troupeaux de mérinos, ses tuileries, etc. ; Liffol, qui est connu par ses fabriques de sabots et d'ouvrages en bois, etc.

1 Domremy n'était pas compris dans la Lorraine ; il appartenait à la partie de la Cfiarn pagne qu'on appelait le Ynllage, laquelle avait une annexe sur la Meuse formant enclave dans le Hanoi» : le chef-lieu de celte annexe était Vaucouleurs. Jeanne d'Arc n'était donc née ni dans la Lorraine, qui n'était pas alors française , ni dans le l'arrois , qui n'était qu'un fief des rois de France, mai» dans U Champagne , province entièrement française.

Bnssang (arrondissement de Remireraont), bourg de 2,200 habitants, est situé dans les Vosges, près de la principale source de la Moselle , au pied de montagnes d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur toute l'Alsace. Il est célèbre par ses eaux minérales, qui sont très-fréquentées et qu'on expédie en boisson par toute la France. Le pays est rempli de sites agrestes et variés.

Plombières, petite ville de 1,500 habitants, est célèbre dans toute l'Europe par ses eaux minérales, qui sont les plus fréquentées des Vosges, et qui attirent chaque année 2 à 3,000 malades. Elle est située sur l'Angronne, dans une étroite vallée renommée par ses sites pittoresques et ses jolies promenades. On y remarque la fontaine de Stanislas : située au milieu d'un petit bois, au pied d'un chêne immense qui a ses racines dans un vaste rocher, elle est couverte d'inscriptions en l'honneur du roi auquel Plombières doit sa restauration , et la Lorraine des années de calme et de prospérité. On trouve dans cette ville des fabriques de broderies et de quincaillerie en fer poli.

Val-tfAjol, ville de 7,000 habitants , située sur le ruisseau de Combaut, est importante par ses fabriques de calicots, ses distilleries de kirsch, ses scieries, etc. Elle est célèbre par la famille des FUwrot, qui depuis plusieurs siècles y excelle à guérir les luxations et les fractures, et qui, par son dévouement à servir les pauvres, a acquis une touchante renommée.

Gerardmer (arrondissement de Saint-Dié), ville de 5,700 habitants, est située au nilieu des Vosges, à la source de la Vologne, près du beau lac qui porte son nom. C'est moins une ville qu'un assemblage de hameaux dispersés dans toute la vallée et sur les bords du lac. On y fabrique de la boissellerie et une foule d'objets en bois, des toiles, et surtout les fameux fromages de Géromé.

Schirmeck, ville de 1,500 habitants, située au fond d'une longue et belle vallée, sur la Rrusche , est importante par ses filatures et tissages de coton , ses fabriques de tuiles et briques , etc.

On trouve encore dans l'arrondissement de Saint-Dié : Framont, important par ses mines de fer et ses hauts fourneaux; Rolhau, qui a des filatures et tissages de coton; Scnona, ville de 2,600 habitants, importante par la même industrie , etc.

§ IX. DÉPARTEMENT DE LA MECRTHE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, COMMERCE , ETC.

— Ce département est formé d'une partie du duché de Lorraine et des Trois-Évêchés. Sa superficie est de 609,406 hectares, dont 300,000 de terres labourables, 70,000 de prés, 16,000 de vignes, 116,000 de bois, 6,000 de landes et bruyères, etc. Sa population était, en 1801, de 338,115 habitants; en 1821, de 379,985 hab. ; en 1841, de 444,603 hab. ; elle est aujourd'hui de 450,423 habitants, qui se répartissent dans cinq arrondissements :

Arrondissement de Nancy 8 canton», 187 communes, 147,978 habitants.

— de Cbâteau-Saliiu . . . & — |47 — 68,6»* —

— deLunévllIe 6 — 146 — 88,978 —

— deSambourg & — lt6 — 76,667 —

— deTOUl & — 119 — 68,166 —

ft arrondissements ~29~ cantons ,~7Ï4 communes, 450,4» habitants.

Ce département forme le diocèse de l'évêché de Nancy, est du ressort de la cour d'appel de Nancy, renferme 5 tribunaux de première instance et un de commerce, un

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