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MAINE. — DÉPARTEMENTS DE LA SARTHE KT DE LA MAYENNE

S Limites, subdivisions, description physique. — Le Maine était borné à l'est par l'Orléanais, au sud par la Tourainc et l'Anjou , à l'ouest par la Bretagne, au nord par la Normandie et le Perche. On le divisait en haut et bas Maine, il formait avec te Perche le gouvernement militaire du Maine, était compris dans le ressort du parle-

ment de Taris et dans la généralité de Tours, enfin composait le diocèse de l'évêchu du Mans.

On en a formé, en y ajoutant quelques parties du haut Anjou, les départements de la Sarthe et de la Mayenne.

Le Maine est, comme les derniers pays que nous venons de décrire, généralement plat ou faiblement accidenté. Sa situation physique n'est pas avantageuse et explique • le rôle très-secondaire qu'il a joué. En effet , il est compris entièrement dans le bassin de la Maine, et il ne possède qu'une des sources des rivières qui composent ce grand cours d'eau, celle de la Mayenne; de plus, et comme nous l'avons déjà vu, la partie inférieure de ce bassin est comprise dans l'Anjou. 11 suit de là que les hauteurs qui le composent ne sont que des contre-forts des collines du Perche et de celles de la Normandie. Ces contre-forts font du haut Maine une sorte de plateau faiblement élevé, mais assez accidenté , dont la pente méridionale est creusée par un grand nombre de petites vallées et de cours d'eau. Les plus remarquables sont : 1° celui qui court entre la Sarthe et la Mayenne : il donne source à une multitude de petites rivières, mais n'a qu'une élévation moyenne île 150 mètres; 2° celui qui part du plateau d'Ernée ou de Fougères, sépare la Mayenne de la Vilaine, et assez exactement, le Maine de la Bretagne, et qu'on appdle collinet du Maine. Ces collines ont 200 mètres de hauteur; elles se prolongent d'abord dans l'Anjou , ensuite dans la Bretagne en séparant les eaux de la Loire de celles de la Vilaine , et vont finir par des ondulations très-peu marquées à l'embouchure de la Loire.

La Mayenne prend sa source dans les collines de Normandie près de Pré-en-Pail , et coule d'abord de l'est à l'ouest dans un lit fort encaissé. Après le confluent de la Varenne, elle tourne au sud et ne cesse plus de couler dans cette direction en restant bordée sur ses deux rives par de forts coteaux, et en arrosant d'abord Mayenne, puis Laval, où elle devient large, profonde, navigable ; elle entre alors dans un pays plat, où sa vallée change de caractère et ne se compose plus que de vastes et belles prairies. Elle arrose ainsi Entrâmes, Cliàteau-Gonthier, et va finir dans le département de Maine-et-Loire. Elle reçoit à droite : YErnée, qui passe à Ernée en traversant un pays agreste et raviné ; YOudon, qui passe à Craon et que nous avons déjà vu dans l'Anjou. Ses affluents de gauche sont YAron, la Jouanne, etc.

La Sarthe prend sa source près de la Trappe, dans le plateau du Perche, coule d'abord du nord-est au sud-ouest en traversant une partie du Perche et Alençou. Elle arrose ainsi un pays très-accidenté, dans lequel ses rives sont encaissées de rochers ou de hauteurs boisées. Elle tourne ensuite au sud en faisant de nombreuses sinuosités, entre dans un pays découvert où elle traverse de vastes prairies , arrose le Mans , tourne au sud-ouest, passe à Malicorne et à Sablé, ^hi sa vallée redevient pittoresque et accidentée , et va finir dans le département de Maine-et-Loire après un cours de 88 kilomètres dans la province. Elle reçoit à gauche : 1° l'Orne, qui passe près de Mamers; 2° YHuisne, qui prend sa source dans le plateau de Mortagne, passe à Nogcnt-le-Rotrou (Eure-et-Loir), à la Ferté-Bernard , et va finir au-dessous du Mans. La vallée de l'Huisne est sinueuse, pleine de jolis sites, partout fertile, quelquefois humide et malsaine. Les affluents de droite de la Sarthe sont: la Vigre, YErve, la l'ai <je, etc.

Le Loir, que nous avons déjà décrit dans l'Orléanais, entre dans le Maine an confluent de la Braye ; il y coule dans une fraîche et jolie vallée couverte de gras pâturages, en arrosant Chàteau-du-Loir, où il est navigable, le Lude, la Flèche, et va finir dans l'Anjou, après un cours de 72 kilomètres dans le Maine.

§ II. Constitution géologique. — Aspect général. — Productions. — La partie orientale du bas Maine est formée de terrains tertiaires moyens, surtout entre le Loir et la Braye. Le, fond des vallées (celle du Loir exceptée) y est toutefois formé par les grès verts du crétacé inférieur. A l'ouest de ces terrains tertiaires moyens, il présente successivement trois bandes parallèles dirigées du sud au nord. La plus orientale est formée de grès verts du terrain crétacé inférieur: c'est le prolongement de ceux qui constituent le haut Maine , et sa limite occidentale est formée par une ligne tirée de la Flèche à Bellesme, par Malicorne, Goulans et Saint-Cosme. Les terrains tertiaires moyens y sont encore assez fréquents , par exemple au nord et au sud de la Flèche sur les doux rives du Loir, entre Malicorne et la Suze, etc. Vient ensuite une bande de terrains calcaires jurassiques appartenant successivement aux étages moyen et inférieur du système oolithique; cette zone s'arrête à l'ouest vers Précigné, Sablé , Fresnay et Alençon , et s'entremêle avec les grès verts mentionnés plus haut. Enfin, la lisière occidentale du déparlement est formée par des terrains de transition moyens qui se prolongent dans le département de la Mayenne.

Ce sont ces terrains de transition moyens qui constituent presque tout le haut Maine en alternant avec le granit. Ce dernier forme au nord d'Évron , de Martigné et de Juvigné, un vaste massif presque sans interruption qui s'avance à l'est jusqu'à Villaines et Lassay , et qui au nord et à l'ouest s'appuie sur la limite du déparlement , qu'il franchit au sud de Landivy pour pénétrer en Bretagne. Quant à la partie méridionale du département de la Mayenne, elle est également formée de terrains de transition moyens dont nous avons déjà signalé la présence dans l'Anjou et qui , se prolongeant en Bretagne, vont avec le granit constituer tout l'ouest armoricain. Tous les terrains de transition que l'on trouve dans ce département appartiennent à l'étage moyen; les inférieurs, qui sont fréquents en remontant vers le Cotentin, n'apparaissent dans le département de la Mayenne qu'aux environs d'Ernéc et de Mayenne. Les supérieurs, très-abondants sur la rive droite de la Loire, entre Oudon et Savonnières, ne se montrent dans la Mayenne et la Sarthc qu'entre Laval et Sablé, dans les vallées de la Vaige et de l'Èvre. Cà et là on trouve dans ce déparlement quelques saillies de tertiaires moyen».

Pour terminer cet aperçu géologique, il nous reste à dire que la vallée du Loir, depuis Montoire (Loiret), est formée d'alluvions modernes que l'on ne retrouve plus que dans la vallée de la Sarthe au nord et au sud du Mans.

Le Maine se divise naturellement en partie haute et partie basse. La première comprend, surtout au nord-ouest de la province, le bassin de la haute Mayenne formé, comme on sait, d'un plateau granitique ou schisteux, élevé, accidenté, couvert de landos et peu fertile. Partout ailleurs on ne rencontre plus que des plaines ondulées qui constituent le bas Maine. Beaucoup plus accidentée que la précédente, cette partie de la province e*t entrecoupée de collines et de vallées assez profondes, bien arrosée par un grand nombre de ruisseaux et de rivières; on y rencontre beaucoup d'étangs

et peu de bois. Généralement sablonneux ou calcaire , le sol y est pourtant fertile. Les campagnes de Laval et de Chàteau-Gontier, les vallées de l'Huisne, de la Sarlhe et du Loir, sont de riches contrées produisant de beau blé et de magnifiques pâturages. Le sol entrecoupé de cette contrée est, du reste, très-favorable à tous les genres de culture: le froment, l'avoine, l'orge et le méleil y couvrent les bonnes terres; le seigle, le maïs, le sarrasin et les pommes de terre sont réservés pour les terres médiocres ; la récolte suffit généralement aux besoins de la population. Çà et là on rencontre, par exemple entre Solesmes et Sablé, des landes sablonneuses et stériles; mais on les utilise en y plantant des pins. Vers le sud, h ces landes succèdent les forêts de Vibraye et de Bercé et les vignobles du Loir. Ce n'est guère, en effet, que dans la partie méridionale qu'on cultive la vigne; mais elle rend peu au cultivateur, ~parce que les produits ne supportent pas le transport; cependant les crus de Chàteaudu-Loir, d'Asnières et de Champagné, sont assez connus dans le commerce. Le cidre et le poiré donnent, au contraire, des produits considérables. Il y a beaucoup de prairies artificielles; le trèfle, favorisé par une succession de temps humides et de temps secs, donne de magnifiques récoltes; le chanvre que Ton fait rouir dans le courant des rivières y est fort beau.

Les terres sont très-divisées dans tout le pays et présentent beaucoup de petites " fermes nommées bordages et closeriet; une haie vive enclôt chaque exploitation rurale avec un talus et un fossé , comme dans le Bocage vendéen. L'usage de limiter de cette façon les propriétés, joint à l'humidité du climat, rend le pays impraticable pendant les pluies, les chemins qui se trouvent ainsi fortement encaissés devenant alors de véritables torrents.

Le Maine nourrit un grand nombre de bestiaux. Les bœufs du haut pays sont petits, trapus, forts, sobres et bons pour la charrue: c'est la race mantelU; ceux des vallées basses se rapprochent de la race angevine. La race mancdle a une grande aptitude à se croiser avec la race anglaise dite Durham, type des animaux de boucherie, et sous l'influence de ces croisements, la race mancellc pure tend à disparaître. L'arrondissement de Chàteau-Gontier est le centre de l'élève des durhain-manceaux. I^es moutons sont grands et donnent une laine longue et forte. Les chevaux sont trèsestimés et appartiennent à l'excellente race percheronne.

Cette province renferme des mines de fer généralement limoneux , peu de houillères, des tourbières, des carrières de grès, de pierre calcaire et de meulière, d'ardoises et de marbres. Enfin on y trouve de la marne, du kaolin, de l'argile à poterie, etc.

§ III. Histoire et population. — Le Maine, habité jadis par les Cenomani, les Diablinltt, les Arvii, passa de la domination des Romains sous celle de Clovis, et devint au milieu du dixième siècle un comté particulier dont les possesseurs, placés entre les ducs de Normandie et les comtes d'Anjou , eurent grand'peine à maintenir leur indépendance. Ce comté passa en 1110 au comte d'Anjou, Foulques V, et dès lors il suivit le sort de l'Anjou. Il fut réuni à la France en 1203 par Philippe-Auguste ; apanagé par saint Louis à son frère Charles en 1246, cédé en dot à Charles de Valois par Charles II, roi de Sicile, réuni à la couronne en 1328 par l'avènement de Philippe VI , héritier de Charles de Valois, apanagé de nouveau en 1364 par le roi Jean à

son fils Louis, chef de la seconde maison d'Anjou. Il fui séparé du duché d'Anjou en 1417 à la mort de Louis II, duc d'Anjou, et passa à son fils Charles, comte du Maine, dont le fils Charles il , mort sans enfants, le laissa à Louis XI , qui le réunit définitivement à la couronne. Le Maine n'a pas d'histoire particulière pas plus qu'il n'a de trait caractéristique dans sa topographie , dans ses mccurs et dans sa langue. Pays plat, il a toujours été soumis à l'influence dominante de voisins plus forts, les ducs de Normandie, les comtes d'Anjou ou les rois de France. Traversé par les Vendéens dans leur expédition au delà de la Loire, il prit parti pour eux, fut alors le théâtre de terribles batailles, et devint plus tard un des principaux centres de la chouannerie.

La population du Maine a peu de traits qui la distinguent; elle est généralement active, laborieuse, grave, de mœurs sévères, très-attachée aux vieux usages, religieuse, âpre au gain et d'humeur processive. Les habitants du haut Maine se confondent entièrement avec ceux du Perche ou de la Normandie , les habitants du bas Maine avec ceux de l'Anjou et de la Bretagne.

Dans le Maine sont nés le grand sculpteur Germain Pillon, le bibliographe Lacroix du Maine, le mathématicien Mersenne, Chappe, l'inventeur du télégraphe, l'évoque Bernier, le maréchal de Cossé-Brissac , le conventionnel Levasseur , etc.

§ IV. DÉPARTEMENT DE LA SARTHE. — STATISTIQUE, ACIUCULTinE , COMMFUCE, ETC. —

Le déparlement de la Sarthe a été formé du bas Maine (588,632 hect.), du haut Anjou (50,921 hect.), et d'une petite partie de l'Orléanais. Sa superficie est de 620,593 hectares, dont 393.000 en terres labourables, 58,000 en prés, 10,000 en vignes, 08,000 en bois, 45,000 en landes, elc. Sa population était, en 1801, de 388,1^3 habitants; en 1821 , de 428, 432 hab.; en 1841, de 470,535 hab., elle est aujourd'hui de 473,071 habitants. Il a pour chef-lieu le Mans, et se subdivise ainsi:

Arrondissement du Mans 10 cantons, 1 1 r. communes, 173,102 habitants.

— de SainWalais. . . f, — 56 — (>S,2G9 —

— de lu Flèche . ... 7 — 70 — 103, igu —

— de Maim-rs 10 — 143 — m,:,*! —

4 arrondissements 33 cantons, 391 communes, 473,071 habitants.

Ce département forme le diocèse de l'évèché du Mans; il est compris dans le ressort de la cour impériale d'Angers , et renferme 4 tribunaux de première instance et 2 tribunaux de commerce au Mans et à Maraers; il possède 5 collèges (le Mans, Mamers, Sablé, Saint-Calais et Courdemanchc), une école normale départementale, 8 écoles supérieures, 609 écoles élémentaires; enfin il fait partie de la 18' division militaire.

Le département de la Sarthe est surtout agricole; c'est un pays de plaines accidenté par quelques collines et qui généralement est assez fertile, surtout dans les vallées: il s'y trouve encore beaucoup de landes entre la Sarlhe, l'Huisne, la Braye et le Loir, mais qui chaque jour tendent à disparaître. L'agriculture est assez prospère, et la production des céréales y est suffisante pour la consommation locale ; le vin y est de qualité inférieure et généralement remplacé par le cidre; les pommes de terre, le maïs, le sarrasin, les légumes de toute espèce, les arbres fruitiers, y sont cultivés avec soin ; le chanvre y donne de belles récoltes. Ou y cultive aussi en grand le trèfle,

dont la graine esl exportée en Angleterre el dans d'autres pays du Nord pour plusieurs millions de francs. Les prairies naturelles et artificielles y sont abondantes et nourrissent de nombreux bestiaux de belle race. On fait une élève considérable de chevaux très-recherchés pour la poste et la voiture, de mulets, de moutons, et surtout de volailles estimées. Le commerce des poulardes dites du Mans est une des richesses du département, où l'on estime qu'il y a environ 123,000 télés de gros bétail, 122,000 m utons, 76.000 porcs, 20,000 chèvres, 56,000 chevaux, etc.

L'exploitation minérale est assez considérable, et ses produits principaux sont le fer, le marbre, le grès à paver, les ardoises, les pierres meulières, la marne, la pierre à chaux , etc.

L'industrie principale esl la fabrication des toiles fines et communes , du linge de table, des étamincs à pavillon. Les blanchisseries de toiles et de fil , les fabriques de piqués (Mamers) et de serges (Saint-Calais), de ganterie de peau (Sablé), de cire et de bougie sont nombreuses et renommées. Le miel , les fruits cuits et desséchés alimentent le commerce, qui comprend aussi les noix el les châtaignes.

Il y a dans le département 2 rivières navigables sur 158 kilomètres (Sarthe, 8/4 kil.; Loir, 7/i kil.); 7 routes impériales sur 398 kil.; 10 routes départementales sur 359 kilomètres; 6,690 chemins vicinaux, etc. On y trouve aussi le chemin de fer de Paris à Rennes, qui traverse le département par la Ferlé-Bernard, le Mans et Sillé sur 95 kilomètres.

§ V. Département de la Sartre. — Description des villes. — Le Maiu , ancienne capitale du Maine, aujourd'hui chef-lieu du département et siège d'un évôché, possède en outre des tribunaux civil et de commerce , un lycée , une bibliothèque de /i5,000 volumes, un musée, etc. Sa population est de 27,000 habitants. Elle est bâtie sur le versant d'un coteau qui domine les vallées de la Sarlhe et de llluisne, près du confluent de ces deux rivières ; la ville basse esl mal bâtie et a des rues étroites et tortueuses. Les édifices les plus remarquables sont: la cathédrale, monument trèsélégant construit du onzième au quinzième siècle , el qui porte des traces de fortifications; les églises de la Couture, de Notre-Dame-du-Pré, de la Visitation, l'hôtel de la préfecture, etc. L'industrie consiste en fabrication et blanchiment de toiles, fabrique de couvertures de laine , préparation de conserves alimentaires ; le commerce est très-important en toiles, chanvres, graine de trèfle, bestiaux , épicerie et droguerie, volailles, plumes et duvets, etc.

Le Mans esl une ville ancienne dont l'histoire ne présente qu'une longue suite de dévastations et de calamités : on peut compter que jusqu'au douzième siècle elle ava't été déjà prise ou saccagée vingt-six fois. Elle était établie en commune dès l'an 1070, et c'est la date la plus éloignée qu'on trouve dans l'histoire de France pour cette sorte d'institution. C'est en sortant du Mans , où il avait rassemblé une armée contre le duc de Bretagne, que Charles VI , en 1392 , fut attaqué de folie. Le 11 décembre 1793, il se livra dans celte ville une grande bataille où l'armée vendéenne fut entièrement détruite. Cette bataille commença à Pontlieue, se prolongea pendant toute une nui', dans les rues et sur la place des Halles, et devint une boucherie dans laquelle les royalistes furent massacrés jusqu'à 50 kilomètres sur la route de Laval. Le Mans fut en partie saccagée par les vaincus et les vainqueurs. Le 15 octobre 1797, une bando

de chouans s'empara encore de cette ville, et ne l'évacua qu'au bout de deux jours, après avoir pillé les caisses publiques.

A 2 kilomètres du Mans, sur l'Huisne, se trouve Pontlieue, bourg de 3,400 habitants, remarquable par la bataille de 1793, et renfermant aujourd'hui des blanchisseries de tuiles, des fabriques de futaines, des ateliers de machines hydrauliques, etc.

Saint -Calais, chef-lieu d'arrondissement avec un tribunal civil et 3,800 habitants, est une petite ville située sur l'Anille dans un pays de landes. On y fabrique des serges, et l'on y fait commerce de blé et graines de trèfle.

La Flèche, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 7,000 habitants, est une jolie ville placée dans une belle position sur la rive droite du Loir, qui y est large et profond. Elle est bien bâtie et assez animée. Son principal monument est l'ancien collège des jésuites fondé par Henri IV en 1603 , et occupé aujourd'hui par un prytanée ou collège militaire destiné à l'éducation de fils d'officiers sans fortune. L'église de ce collège possède le cœur de Henri IV et l'épée du grand Condé.

La Flèche a des fabriques de colle forte, de gants et de papiers. On y fait un grand commerce de poulardes et chapons du Mans.

Mameri, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, un collège et 6,000 habitants, est située vers les sources de l Orne, dans un pays montueux et peu fertile. C'était dans le moyen âge imc place très-forte , que les Anglais démantelèrent en 1628. Aujourd'hui c'est une ville industrielle qui a des fabriques importantes de toiles , de calicots ot de piqués.

SilU-U-Guiltaume (arrondissement du Mans), petite ville de 3,200 habitants, située dans un pays fertile , était autrefois une place forte qui a soutenu de nombreux sièges; elle a encore son vieux château du quatorzième siècle, et qui est très-bien conservé. C'est aujourd'hui une ville industrielle qui a des blanchisseries de fil , des fabriques de toiles et de dentelles, etc.

L'arrondissement du Mans renferme encore un grand nombre de villes importantes surtout parleur population et leur industrie agricole : Ballon (2,000 hab.), Kcommoy (3,600), Mont/orl, Parigné (3,500), qui ont des fabriques de toiles -, la Suzt (2,400), où l'on trouve des tanneries, des poteries et un grand marché de volailles; ïvril'Évéqu* (2,300), qui a des filatures de lin et de chanvre, etc.

Châttau-du-Loir (arrondissement de Saint-Calais ) , petite ville de 3,000 habitants, est située sur le penchant d'un coteau qui domine l'une des plus belles parties de la « vallée du Loir. Ce n'était autrefois qu'un château fort, célèbre pour avoir soutenu dans le onzième siècle un siège de sept ans contre Geoffroy-Martel , comte d'Anjou. Ce château a disparu et se trouve remplacé par une promenade. La ville se compose d'une grande et belle rue et de ruelles inontueuses et mal bâties. On y remarque une belle église. L'industrie y est très-active , et consiste en toiles de chanvre , linge de table, saboterie, qui occupent aussi tous les villages voisins.

On trouve encore dans l'arrondissement de Saint-Calais : Bessé-surBrayt (2,400 hab.), qui a des fabriques importantes de siamoises ; Condrecicux , qui pos^ède une grande verrerie; Grand-Luci (2,500 hab.), Vibraye (3,000 hab.), etc.

Le Lufle (arrondissement de la Flèche) est une petite ville de 3,500 habitants, située sur la rive gauche du Loir dans une position irès-piltorcsque. Elle est vieille, triste,

MAINE. m

mal bâtie, mais possède un beau château sur le coleau qui domine la rivière. On y trouve des tanneries.

Pontmla'm, bourg de 2,000 habitants, situé sur un aflluentdu Loir, est célèbre par la bataille que gagna Duguesclin sur les Anglais en 1369.

Sablé, ville de 5,200 habitants, est bâtie dans une jolie situation sur le penchant d'une colline et près de la Sarthe , qui la divise en deux parties. I,e sommet de la colline était couronné autrefois par un château très-fort, et le seul de la province qui resta aux Français à l'époque de la guerre des Anglais; sur son emplacement a été bâti par Mansard pour Colbert de Torcy un magnifique château d'où l'on jouit d'une vue charmante sur les belles prairies qu'arrose la Sarthe. Sablé a des fabriques de gants et de serges, des carrières de marbres noirs, une mine d'anthracite et un marché considérable de bestiaux. C'est dans cette ville que fut signé le traité qui, en mariant Charles VIII avec Anne de Bretagne, réunit la Bretagne à la France.

Sotama, village de 800 habitants, situé à h kilomètres de Sablé, est célèbre par son abbaye de bénédictins, qui a été rouverte et restaurée depuis vingt ans. L'église, qui date du treizième siècle, renferme des sculptures qui peuvent être regardées comme: une des merveilles que possède la France. On les connaît sous le nom des saints de Solesmes: ce sont des statues de grandeur naturelle ou de grands bas-reliefs en ronde-bosse , qui représentent l'histoire de Jésus-Christ et de la sainte Vierge. Les parties les plus anciennes sont du quinzième siècle et dues à un ciseau français t esté inconnu, les parties les plus modernes ou du seizième siècle sont probablement dues à un ciseau italien.

On trouve encore dans l'arrondissement de la Flèche : Aïatjft (3,700 bah.) et Précigné (3,000 hab.), où l'on fabrique de grosses étoffes et des draps communs ; Maticornc, qui a des moulins a farine; Gastine, où l'on exploite l'anthracite, etc.

Bonnetable (arrondissement de Mamers), ville de 5,000 habitants, siluée dans <n pays très-fertile, est remarquable par son lourd château féodal, mmutnenl bien conservé du quinzième siècle. On y trouve des fabriques de siamoises et de faïence.

La Ferlé-Bernard (2,600 hab.) est située sur l'Huisne, et était autrefois une place forte qui fut prise en 1189 par Philippe-Auguste, en 1/j24 par les Anglais, par le.» troupes de Henri IV en 1590. On y remarque une belle église qui a de jolies sculptures, l'hôtel de ville et les restes de l'ancien château. C'est aujourd'hui une \il'e industrielle où l'on fabrique en grand des toiles jaunes et écrues pour les colonies. On y fait aussi commerce de bestiaux.

Fresnay, ville de 3,300 habitants, située sur la pente d'un coteau que baigne la Sarthe, est remarquable par sa fabrication de toiles fines , qui n'occupe pas moins de. seize maisons, et son commerce de graines de trèfle. C'était autrefois une place l'orio qui fut prise quatre fois par Guillaume le Conquérant, en 1350 et en H 17 par les Anglais, en lf|50 par Charles VII, etc. On y remarque les restes de son ancien château et son église.

L'arrondissement de Mamers renferme encore : Bcaumont-snr-Sarlhe (2, '200 hab.), où l'on trouve des fabriques de toile; Montmirail (1,100 hab.), célèbre par le traie de 1169 entre Louis VII et Henri II, et qui possède une des verreries les plus considérables de France ; Champrond, Montrcuil-le-Chétif, où l'on trouve des forges , eU;.

TOMP II. 61

$ Vf. Département de la Mayenne. — Statistique, agmcultire , commerce, etc. — Le déparlement de la Mayenne a été formé du haut Maine ( 61!», 988 hect.) et du haut Anjou (101,113 hect.). Sa superficie est de 516,201 hectares, dont 35.'i,000 de terres labourables, 69,000 de prés, 26,000 de bois, 24,000 de landes; sa population était, en 1801, de 305.654 habitants; en 1821, de 3/(3,810 hab.; en 181(1, de 361,392 hab.; elle est aujourd'hui de 37.'i,566 habitants. Il a pour chef-lieu Laval, et se subdivise ainsi :

Arrondissement de Latal 9 fanions, <j2 communes, 130,5? 3 habitants.

— de (lialeau-Goiilhier. . (. — 72 — Ts.Sf,? —

— de Mayenne i'i — 110 — ig:>,isi —

3 arroiidissetnenti! 27 cantons, 274 communes, 374,5<ï« habitants.

Ce département fonne le diocèse de l'évèché de Laval ; il est compris dans le ressort de la cour impériale d' Angers, et renferme 3 tribunaux de première instance et 2 de commerce (à Laval et h Mayenne) ; pour l'instruction publique, il possède un lycée à Laval, 3 collèges à Château-Gonthicr, Ernée et Mayenne, une école normale départementale h Laval, 3 écoles supérieures communales, 427 écoles élémentaires. Il forme une subdivision de la 16' division militaire.

Borné à l'ouest par les collines du Maine, le département de la Mayenne est généralement composé de plaines ondulées où l'on ne trouve ni chaînes élevées ni vallées profondes; c'est d'ailleurs un pays essentiellement agricole; et, bien que le sol ne soit pas partout fertile, l'agriculture y a fait de notables progrès. L'arrondissement de Mayenne, le moins favorisé du département, ne suflU pas h nourrir ses habitants; les autres arrondissements sont beaucoup plus productifs, et la récolte en céréales y est surabondante. Les vallées sont fertiles en blé, surtout en seigle et orge ; le> pommiers et poiriers très-multipliés produisent annuellement 600,000 hectolitres de cidre et de poiré ; la vigne y est fort rare et ne se rencontre guère que vers le sud ; ses produits sont d'ailleurs très-médiocres. Le lin et le chanvre y sont cultivés avec beaucoup de soin. Parmi les plantes légumineuses on remarque surtout le chou-cavalier, dont la hauteur excède celle d'un homme. Ce déparlement est l'un des moins riches de la France en forêts. Les prairies y sont peu étendues, mais les landes et les terres que l'on laisse en jachère nourrissent un grand nombre de bestiaux. L'élève est importante en bétail de bonne race; les bëtes à cornes, les porcs, les chevaux , les m niions, y sont nombreux et estimés, ainsi que les volailles et les abeilles. On pense qu'il y a dans le département 180,000 tètes de gros bétail, 1/|0,000 moutons, 50,000 porcs, 50,000 chevaux, etc.

Les principaux produits de l'exploitation minérale sont le fer, l'anthracite, la houille, la pierre à chaux, les marbres (Argentré et Binchamp), les ardoises (Renazé et Javron), puis le granit, le manganèse, la pierre de taille, etc.

Le principal produit industriel du département est la toile, connue sous le nom de toile de Laval et de Mayenne; après elle vient le fer, qui sort des forges du Port- Brillet, d'Aron et de Saint-Martin de Connée. On y fabrique aussi du linge de table, des mouchoirs, des coutils excellents, des toiles à voiles, etc.

Il y a dans la Mayenne : une rivière (la Mayenne) navigable sur 47 kilomètres, 5 routes impériales sur 252 kil., 11 routes départementales sur 286 kil., 1,248 chc-

mins vicinaux. Le département est d'ailleurs traversé par le chemin de fer du Mans à Hennés passant par Laval.

§ VII. Département de la Mayenne. — Descfui'Tiûn des villes. — Laval, chef-lieu du département et siège d'un évéehé , avec des tribunaux civil et de commerce, tin lycée et 19,000 habitants, est joliment située sur le penchant d'un coteau que baigne la Mayenne ; un beau pont la réunit à un vaste faubourg , qui forme le tiers de la ville. ' Elle est encore entourée d'un cordon de vieilles murailles, et ne présente dans son intérieur qu'un entassement de ruelles noires, tortueuses, escarpées, de vieilles et sales maisons de bois, dont quelques-unes n'ont pas moins de six à sept siècles d'existence; tout cela est dominé par un lourd et vaste château situé au bord de la rivière, et dont le donjon, jadis séjour des ducs de Laval et de la Trémouille, est converti en prison. Les autres édifices de la ville sont ses vieilles églises, ses deux hospices, la halle aux toiles; enlin, sur la place de l'Hôtel de ville, la statue élevée à Ambroise Paré né dans les environs , à Bourg-llersenl. La partie la plus curieuse de Laval est la Mayenne elle-même, dont les deux rives présentent des aspects trèsvariés et très-pittoresques, par ses détours, les vieilles maisons qui bordent son cours, les jardins, les cascades qu'y forment les « hausses des moulins, et la perspective que présente le charmant monticule du Belair.

Laval est le centre d'une fabrication de coutils et de toiles très- renommés, qui n'occupent pas moins de 32 maisons, de lin et coton filés, de flanelles, de marbreries, etc. On y fait commerce de grains, fils, bestiaux, toiles, marbres, etc.

Cette ville doit son origine à un château fort construit dans le douzième siècle pour arrêter les incursions des Bretons. Louis XI I érigea en duché. Le 22 octobre 1793 , il se livra sous ses murs une bataille terrible où les républicains furent mis en déroute par les Vendéens.

Châleau-Gonlhier, chef-lieu d'arrondissement, a\ec un tribunal civil et 6,800 habitants, est situé au milieu d'une riante et fertile campagne sur la Mayenne; elle n'a que de laides rues, mais d'assez belles maisons, et ses environs sont délicieux. II ne reste rien du fort château qui lui a donné son nom , et qui fut bâti dans le onzième siècle par Foulques Nerra. Cette ville a des fabriques importantes de flanelles , de cotonnades, de serges, etc. On y fait commerce de fils, toiles, graines de trèfle, bois et bestiaux.

Mayenne, chef-lieu d'arrondissement , avec des tribunaux civil et de commerce et 10,000 habitants, est située irrégulièrement sur deux coteaux que sépare la Mayenne. C'est une vieille ville très-laide, composée, comme Laval, de ruelles escarpées, de maisons antiques et bizarres, et qui n'a d'autre édifice remarquable que son vieux château, situé sur la rive droite de la rivière. Elle est le centre d'une fabrication considérable de toiles, de mouchoirs et de calicots. On y fait commerce de ces objets, de bestiaux et de grains. Mayenne ne rappelle d'autre fait historique que d'avoir été érigée en duché-pairie par Charles IX, en faveur de Charles de Lorraine, fameux sous le nom de duc de Mayenne.

On remarque dans l'arrondissement de Laval : Argenlré (1.800 hab.) et Bonehamp, où sont des carrières de "marbre; la Braconnière (2,800) et Bazouges, où sont des mines de houille et d'anthracite; Chatlland (2,500), qui a des forges et hauts fourneaux; Entrâmes, où se trouve une abbaye de trappistes, et qui est célèbre par une

bataille que gagnèrent les Vendéens; Êvron, ville de 4,500 habitants, importante par son ancienne abbaye, par ses fabriques de toiles et son marché de volailles; Saint- Jean-sur-Krve, village bâti sur les ruines de l'ancienne capitale des Arvii, et où l'on trouve des grottes naturelles très-curieuses; Moutsurs, qui a des fabriques de toiles; le Port-Brillet, qui renferme des forges donnant 700,000 kilogrammes de fer par année.

Dans l'arrondissement de Chàtcau-Gonthier on remarque Craon, petite ville de /i,200 habitants sur l'Oudon, qui était jadis le siège d'une puissante baronnie, et où l'on fait un grand commerce de grains, bestiaux, fils, toiles, laines, etc.

Emit (arrondissement de Mayenne), ville de 5,600 habitants, avec un collège, était autrefois une place forte. Elle fut prise par les Vendéens en 1793. On y trouve des fabriques de fils écrus et des filatures de laine.

Jublains, petite ville de 1,900 habitants, occupe l'emplacement de l'ancienne ville des Diablintes ou de AWanum. Les Romains y avaient construit un fort considérable , dont il reste des vestiges. On y a trouvé aussi des traces d'un temple et d'un colisée , avec des médailles , des vases , etc.

On remarque encore dans l'arrondissement de Mayenne : Ambrières (2,600 hab.), qui a des fabriques de calicots; Aron, où se trouvent des forges considérables, qui donnent 1,200,000 kilogrammes de fer par an; Saint- Martin-de-Connée (2,200 hab.), qui a aussi des forges importantes; Saint-tkorges-Buttavent (2,500 hab.), qui a des filatures de coton; Lastay (2,600 hab.), qui était autrefois une place forte; Prèzm- Pail (3,800 hab.), qui fait un grand commerce de bestiaux, etc.

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