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CHAPITRE TRENTIÈME

BRETAGNE. — DEPARTEMENTS DE LA LOIRE-INFÉRIEURE , Dl MORBIHAN, DU FINISTERE, DES CÔTES-DU-NORD , d'U.I.E-ET-VII.AINE.

§ I. Limites et surdivisions. — La Bretagne, la plus occidentale des provinces de la France, était bornée au nord par la Manche, à l'ouest et au sud par l'océan Atlantique, au sud-est par le Poitou, à l'est par l'Anjou et le Maine, et au nnrd-est par la Normandie. Sa superficie est de 34,000 kilomètres carrés. On la divisait en haute et basse Bretagne. La limite des deux Brctagnes commence à l'embouchure du Trieux dans la Manche ; elle suit cette rivière jusqu'à Pontrieux , passe à l'ouest de Chàtelaudren, atteint l'Oust à une petite distance de sa source, suit ce cours d'eau jusqu'à Malestroit, va rejoindre la Vilaine un peu au-dessous de Messac, et suit le cours de la Vilaine jusqu'à son embouchure. A l'est de cette limite est la haute Bretagne, habitée par les Gallois, parlant français; à l'ouest est la basse Bretagne ou Bretagne bretonnante , habitée par les Breyzads ou Bretons, de race kymrique, parlant le Irezounec, ou le bas breton.

~ La Bretagne se divisait aussi en neuf diocèses, et cette division ecclésiastique était celle dont se servaient en même temps l'administration financière et les états de Bretagne. Ces diocèses étaient, dans la haute Bretagne, ceux de Rennes, Saint-

Brieuc, Nantes, Dol, Saint-Malo; dans la basse Bretagne, ceux de Vannes, I/o», Quimper, Tréguier. La Bretagne formait un gouvernement militaire partagé en doux lieulenances et en petits gouvernements particuliers. Elle avait un parlement à Rennes. C'était un pays d'états, et nous verrons plus loin quels étaient ses privilèges financiers.

Les diocèses de Léon et de Quimper ont formé le département du Finistère et le sud-ouest du département des Côlcs-du-Nord ; le diocèse de Vannes a formé la plus grande partie du département du Morbihan; le diocèse de Nantes, la plus grande partie du département de la Loire-Inférieure; les diocèses de Rennes et de Dol ont formé le département d'Ille-et-Vilaine; le diocèse de Saint-Malo a formé l'ouest et le nord-ouest d'Ille-el-Vilaine, le nord-est du Morbihan, l'est des Côles-du-Nord; le diocèse de Tréguier a formé le nord-est du Finistère, l'ouest des Cotes du-Nord; le diocèse de Saint-Brieuc a composé la partie centrale des Cotes-du-Nord.

§ II. OnocBAPniE. — Constitution géologique. — Le faite de partage des eaux entre la Manche et le golfe de Gascogne, que nous avons déjà suivi à travers le Nivernais, l'Orléanais, l'Anjou et le Maine, se continue à partir du plateau d'Ernée (sources de l'Ernéc, du Couesnon, de la Vilaine) par les monts de Bretagne, suite de collines qui n'ont que 150 à 200 mètres d'élévation, et qui ondulent la surface du plateau septentrional de la Bretagne : c'est le prolongement des collines do Normandie; mais elles diffèrent de celles-ci en ce qu'elles sont déjà plus agrestes, inoins fertiles, et dans certaines parties entièrement couvertes de landes. Elles sont coupées par le canal d'Ille et Rance, et par les routes de Rennes à Fougères, à Saint-Malo, à Saint-Brieuc.

Les monts de Bretagne se continuent à l'ouest, vers les sources de la Rance, par les monts Menez, fortes collines arides, rocailleuses, remplies de défilés, qui ont 300 mètres de hauteur; elles se perdent au nord en pentes douces et au sud en sables stériles. Leur point culminant, le Mcncz-Belair, au sud-est de Monconlour, atteint 3^0 mètres. Elles se prolongent à l'ouest par le mont Feubusquet, vers les sources du Gouet, et par le mont Menebret, à la source de l'Aven, affluent de l'Aulne. Là commencent les monts d'Arrez ou d'Arrée, qui se prolongent jusqu'à la pointe Saint-Matthieu. Ils atteignent jusqu'à 400 mètres, et sont composés de rochers schisteux couverts d'arbustes rabougris; leurs sommets sont arides et d'une grande àpreté, mais les vallées qui en descendent renferment de beaux pâturages; ils s'abaissent en approchant de la mer, et finissent par un terrain peu élevé et ondulé au cap Saint-Matthieu. Ils sont traversés par trois routes : la première, de Carhaix à Guingamp par Callac, traverse le faite dans une dépression tellement évasée que la chaîne semble interrompue; la deuxième, de Carhaix à Morlaix, franchit, à travers un pays à demi sauvage, plusieurs crêtes parallèles qui paraissent comme des murailles; la troisième, de Carhaix à Landernau, est la plus basse et la plus facile.

De toute cette série de hauteurs «'étendant du plateau d'Ernée à la rade de Brest, se détachent au nord des contre-forts courts, arrondis, peu élevés, mais généralement âpres et pe>i fertiles, qui séparent les nombreuses rivières allant dans la Manche. Sur le versant méridional beaucoup plus étendu, plus large, plus ouvert, ces contre-forts sont encore moins longs et moins inarqués; ils le sont si peu qu'ils laissent au milieu

de la presqu'île une longue dépression allant de la rade de Brest au plateau d'Ernéc ; c'est à travers cette dépression qu'ils se rattachent, surtout vers les sources de l'Oust, à une suite de petites chaînes parallèles à la série des monts d'Arrée, de Menez et dp Bretagne, chaînes qui sont coupées par toutes les rivières descendant dans le golfe de Gascogne, mais qui ensemble n'en ferment pas moins au sud toute la dépression dont nous venons de parler. I,a plus remarquable et la plus occidentale est celle qu'on appelle montagnes Xoires; elle n'a de jonction avec les monts d'Arrée que par les collines très-peu marquées que coupe le canal de Brest à Nantes, entre Carhaix et Rostrenen; elle est granitique , escarpée, sauvage, et n'atteint pourtant dans son point culminant, le Mentz-C'hom, près de Chàleaulin, que 330 mètres; elle se dirige au sud-ouest entre les bassins de l'Aulne et de l'Odet , et à la source du Théirs se bifurque et couvre de ses contre-forts les presqu'îles de Crozon et de Douarnenez. On la traverse par deux routes principales, de Lorient à Carhaix, de Quimper à Chàteaulin.

La partie de la presqu'île que hérissent les monts d'Arrée et les montagnes Noires, double chaîne désignée par les habitants sous le nom <X Echine de la Bretagne (Kein- Breis), est la plus sauvage de cette province; elle est coupée de nombreuses vallées étroites et rocheuses, déchirée d'innombrables ravins , couverte de landes, 'de sables, de marécages, de broussailles et de forêts, ouverte seulement par des chemins difficiles. C'est un pays très-favorable à la guerre civile, et qui a été pendant la révolution un des centres de la chouannerie.

Les montagnes Noires se rattachent vers le sud -est à la série de hauteurs parallèles à la côte dont nous avons parlé, hauteurs qui donnent source à l'Ellé et au Scorf, franchissent le Blavet, longent l'Oust et ses affluents, franchissent la Vilaine, longent l'isac et l'Erdre, et se continuent par les collines^du Maine que nous avons déjà décrites.

Cette série de hauteurs, qui irait ainsi de la pointe du Raz au plateau d'Ernée par un demi-cercle embrassant les parties centrales de la Bretagne , n'est pas isolée ; elle se rattache aux autres séries de hauteurs parallèles qui courent dans l'intérieur du pays, principalement entre les affluents du Blavet et ceux de la Vilaine , de sorte que la presqu'île entière peut être regardée comme composée de petites chaînes parallèles se dirigeant à peu près toutes de l'est à l'ouest, ou parallèlement aux côtes de la Manche et du golfe de Gascogne, et formant ainsi autant de rides dont la surface du pays se trouve sillonnée.

D'après tout ce que nous venons de dire, on voit que, « considérée en grand, la structure de la Bretagne est extrêmement simple : elle consiste en deux vastes plateaux se dirigeant de l'est à l'ouest , et séparés par une vallée longitudinale ou bassin intérieur, qui se prolonge de la rade de Brest aux limites du bassin hydrographique de la Vilaine. Cette vaste dépression se subdivise , près des sources de l'Oust, en deux parties à peu près d'égale longueur. Celle subdivision n'est point hydrographique, ou fondée sur des lignes de partage d'eau, mais naturelle et fondée sur l'existence des petites chaînes de Kênécan et du Quilfo, qui joignent le plateau du sud à celui du nord.

» Le plateau méridional, borné au sud par l'Océan, commence à la pointe du Raz, et se diriye à peu près de l'est à l'ouest. Il s'appuie au nord sur les collines de la baie

do Douarnenez o( sur la chaîne de? montagnes Noires, qui, sur une longueur de &8 kilomètres, montre une double cime à peu près rectiligne. Près de Rostrenen (sur lo Doré), ce plateau forme un cap avancé vers le nord; niais il ne se joint pas au plateau élevé du nord, comme toutes les caries l'indiquent. Ses limites, généralement bien tracées, sont surtout très-net les entre Montfort et la Guerchc; partout on voit ses collines rougeàtres et stériles plonger d'une manière abrupte vers le nord, et envelopper le riche bassin de Hennés, dont la surface est plane et légèrement ondulée. En faisant abstraction des montagnes N ires, qui forment une crête redressée contre les parois du plateau, nulle part il ne dépasse 300 mètres d'élévation; on peut le considérer comme un vaste plan incliné vers le sud. Ce plateau méridional est sillonné par un grand nombre de vallées transversales et longitudinales : les premières dominent dans la région granitique ; les secondes, au contraire, dans le plateau de transition de Bain (sur la route de Hennés à Nanti s).

» Le plateau du nord cornu. ence entre Braspart et Sizun, dans le département du Finistère. Là , il supporte la chaîne des montagnes d'Arrez , qui jette plusieurs rameaux vers la rade de Brest et la presqu'île de Crozon. Sa direction générale est de l'ouest à l'est; son maximum de hauteur est de 330 mètres. Les crêtes schisteuses qui le surmontent dans le département du Finistère, et qui sont connues sous le nom de montagnes d'Arrez, atte gnent '|00 mètres d'élévation. En face du golfe que forme la mer entre Saint-Malo et (Iran ville, le plateau se déprime fortement, ne présente plus de continuité, et une dépression de 100 inèire» suffirait pour réunir, par plusieurs vallées, les eaux de la Manche et de l'Océan : 175 mètres sont à peu près son maximum d'élévation. La limite méridionale de ce plateau est à peu près parallèle à la limite nord du premier plateau, en snrte que le bassin intérieur imite, par sa forme sinueuse, par ses saillants et ses rentrants correspondants, la forme habituelle des vallées d'érosion *. »

La Bretagne fait partie d'un massif géologique qui comprend la basse Normandie, le haut Maine, l'Anjou occidental, la Vendée et la péninsule armoricaine. Elle est partagée en trois zones, à peu près d'égale largeur, allant de l'ouest à l'est. La zone du nord, qui forme presque tout le plateau septentrional, est composée de terrains primitifs présentant surtout des granits, et ça et là des sienites, des micaschistes et des gneiss; ce terrain primitif est divisé eu grosses masses, séparées constamment entre elles par des bandes étroites de terrains de transition, l^a zone centrale est tout entière formée par les terrains de transition inférieur et moyen; le bassin de l'Aulne et les monts d'Ame, sont composés du terrain de transition moyen; le milieu de la zone, dans un rayon de 18 kilomètres autour de Loudéac, pris comme centre, est constitué par le terrain de transition inférieur; la partie orientale de la zone, c'est-à-dire le bassin de la "Vilaine depuis Saint-Aubin jusqu'à Rieux, est, comme la partie occidentale, formée de terrain de transition moyen. Au sud de cette zone centrale vient la troisième zone, celle du midi, formant la presque totalité du plateau méridional de la Bretagne, et présentant, comme celle du nord, une longue bande de terrains primitifs large d'environ 30 kilomètres. Dans sa partie orientale,

• tissai sur ta configura/ inn rl la constitution géologique de la Bretagne, |«r M. Puillon- Boblaye,«laos le tome XV de* Mémoire* du Muséum.

au sud de la Loire, le sol est composé principalement de micaschistes et de gneiss, puis de quelques parties de terrain tertiaire moyen , auxquelles succède bientôt le terrain granitique qui constitue ensuite la Vendée.

Ici comme ailleurs, « l'influence de la nature des roches sur la fertilité du sol et sur le genre de culture est très-remarquable : souvent elle suflit pour indiquer au géologue la différence des terrains. Le sol formé de la destruction des granités et des roches fcldspathiques produit à peine du blé noir; le terrain de transition, beaucoup plus fertile, donne dans quelques circonstances des récoltes abondantes, et les pâturages y sont toujours excellents, excepté cependant dans les parties formées par le grès; Hir ce sol ordinairement maigre il croît à peine des ajoncs et des bruyères rabougries. Du reste, dans beaucoup de parties de la Bretagne, la présence des landes n'est pas toujours une preuve de l'infertilité du sol : elle est due à l'insuffisance de la population; mais alors les landes sont vigoureuses et touffues, tandis (pie dans les terrains sablonneux elles sont grêles et clair semées. Les lambeaux de terrains tertiaires, qui recouvrent quelques plateaux, sont tous d'une stérilité remarquable. L'humidité constante qu'entretient la proximité de la mer donne aux prairies des côtes une grande valeur \ »

§ III. Rivières et canaux. — La presqu'île bretonne est divisée par les monts de Bretagne, Menez et d'Arrée, en deux versants, l'un au nord, et qui jette des eaux à la Manche, l'autre à l'ouest et au sud-ouest, et qui jette des eaux au golfe de Gascogne.

\jc versant septentrional est très-étroit, et ne peut contenir que des rivières trèscourtes, mais celles ci sont très-nombreuses, profondes, et traversent généralement des pays fertiles et bien cultivés. Leurs bassins forment la partie la plus riche et la plus peuplée de la Bretagne :

1° Le Couesnon sort du plateau d'Ernée ou de Fougères, passe à Fougères, à Antrain, et, au-dessous de Pontorson, finit dans les grèves du mont Saint-Michel. Son cours est d'environ 60 kilomètres. M est navigable dans les grandes marées jusqu'à Antrain.

2e Le Guyoul passe à Dol , où il est navigable, au Vivier, et finit dans la baie de Cancale.

3° La Itfiuce prend sa source dans les monts Menez, pa*so à Saint-Jouan, à Evran, à Dinan, à Saint-Servan , et se jette dans la baie de Saint-Malo. Son cours est de 50 kilomètres. Elle est navigable depuis Evran dans les grandes marées.

h" L' Aryttenon descend des monts Menez, et passe à Jugon.

5° Le Gouestant passant à Lamballe, Y Urne, le Gouet passant à Saint-Brieuc et au Légué, finissent dans la baie de Saint-Brieuc.

6' Le Trieux passe à (ïuingamp, et se grossit du /✓//"passant à Chàlelaudren.

On trouve encore : le Trètjukr, formé du (iuhuhj et du Jaudy, et qui finit audessous de Tréguier ; le Guer, qui passe à Lannion, où il est navigable; le Jarlo, qui passe à Morlaix; la Flèche, Y Abcr-Vrach , YAhcr-lldut, etc.

Sur le versant du golfe de dasrogne on trouve :

1" L'Efarn, qui desrend d»-s monts d'Arrée, traverse un pays tr." s -pittoresque et de ri> |i«s prairies, pa.-so à !.;.!h!ernau , et m> /.le >\.-.<\ l.i rade de lîie-t. • lUjftiaition tic la tarte </ttdwjnjue de la moue, fuiuc I", ^ -js.

2' L'Aulne descend des monts d'Arrée, passe à Châtcauneuf et à ChMeaulin, et finit dans la rade de Brest. Il est grossi de Y Avon on Hières, qui descend du mont Mencbret et arrose Carhaix. Presque tout le bassin de cette rivière forme une des parties les plus pauvres, les plus dépeuplées, les plus mal cultivées de la Bretagne. La culture n'y consiste qu'en blé noir , et la richesse en chevaux et bestiaux de petite race.

3' VOdet descend des montagnes Noires, passe à Qirimper et se grossit du Théirt. W VAvon arrose Rosporden et finit à Pontaven.

5° VEllé reçoit le Laita qui passe au Faouet, baigne Quimperlé, où il reçoit Y isole, et traverse un charmant pays pour se rendre à la mer.

6° Le Blavet prend sa source dans le mont Mencbret, passe a Gounrec, où il reçoit le Doré, qui passe près de Rostrenen, est longé par le canal de Brest à Nantes, et tourne au sud ; il arro>e Pontivy, c>t longé par le canal du Blavet , arrose Hennebon , où il est naturellement navigable, forme avec le Scorf le port de Lorient, et finit audessous de Port-Louis après un cours de 150 kilomètres. Son principal affluent est le Scorf, qui passe à Guéméné, a Pont-Scorf, et finit à Lorient.

7° UAuray arrose Auray, Locmaria , et se jette à l'entrée du Morbihan.

8* La Vilaine descend du plateau d'Ernée, coule du nord-est au sud-ouest, arrose Vitré, Chàteaubourg , Rennes, où elle reçoit l'Ille et tourne au sud; elle traverse une belle et riche vallée, abondante surtout en prairies naturelles, passe à Pontreau , à Redon, à Ricux, à la Roche Bernard, et finit par une largo embouchure, après un cours de 200 kilomètres navigable depuis Rennes. La vallée de la Vilaine est la plus considérable de la province ; elle comprend presque toute la haute Bretagne et une partie de la basse; ses affluents sont très-nombreux. On trouve d'abord, à droite: Ville, qui finit à Rennes, et ouvre le canal de Rennes à Dinan; le Mm, qui passe à Monlfort; l' Oujf, qui descend du mont Feubusquel, passe près de Loudéac, à Rohan, à Josselin, à Malestroit, où il est navigable, près de Redon, où il finit, après avoir reçu un grand nombre d'affluents, dont le plus remarquable est le Due passant à Ploermel. La Vilaine reçoit à gauche : la Seiche, qui passe près de la Guerche; le Samtton, le Don, grossi du Cher, qui passe à Châteaubriant; Vhac, qui est longé par le canal de Brest à Nantes.

9° La Loire, ainsi que nous l'avons dit dans la description de l'Anjou, sert de séparation à cette province et à la Bretagne, depuis Ingrande jusqu'au confluent de . la Divetté. Elle arrose ainsi sur sa droite Varadi s et Ancenis, entre ensuite dans la Bretagne, prend une largeur de 1.000 mètres, se couvre d'iles, s'encaisse de riches collines, et arrive à Nantes. -Là, le fleuve a une largeur de 2,000 mètres avec ses îles; il pas e ensuite à Indret , à Paimlxruf, où s'arrêtent les bâtiments qui ne peuvent remonter jusqu'à Nantes, au Pellerin, à Saint-Nazaire; sa masse d'eau dans ce parcours est rapide et majestueuse, et dans la fonte des neiges elle inonde comme un torrent les plaines qui la bordent; enfin il se termine, entre la pointe de Chcmoulin et le Pointeau, par une embouchure de 7,000 mètres, que défendent le fort de la Ville- Martin et les batteries de Mindin, et qui forme une rade immense toujours couverte de vaisseaux. Cette embouchure est d'une navigation très diilicile : la masse des sables que le fictive entraîne dans son cours de 880 kilomètres s'y accumule en vastes bancs

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