TOME 11. 6U
3,000 habitants, qui fut le théâtre en 1793 de violents combats entre les républicains et les Vendéens; le Loroux, Itezé , Sainl-Philbcrt , etc., petites villes ayant de 2 à G,000 habitants, qui n'ont d'importance que par leur industrie agricole.
Monlrclais (arrondissement d'Ancenis) , petite ville de 2,500 âmes, renferme des mines de houille importantes. — Près de là , sur la rive droito de la Loire , est le bourg de l'araJes (3.&00 hab.), où Tannée vendéenne, battue par les Mayençais, repassa la Loire.
La plus imporlante ville de l'arrondissement de Chateaubriant est Mort sur l'Erdrc, qui a 5,600 habitants, avec des mines de houille. On y trouve encore Xozay (3,!,00 hab.), dans le voisinage de laquelle est l'école d'agriculture de Grandjman, qui renferme une fabrique d'instruments aratoires et un haras. — Près du petit bourg de Meiileraye est un couvent de la Trappe , qui renferme aussi une école d'agriculture.
L'arrondissement de Paimbœuf renferme trois petites villes maritimes : iiounjneuj (2,800 hab.), sur la baie de même nom, port de pèche très-actif, et près duquel sont des marais salants ; le Ptllerin (1,800 hab.), sur la Loire , petit port où s'abritent les vaisseaux qui sont trop chargés pour remonter jusqu'à Nantes; Pornic (1,400 hab.) , port de cabotage , important par ses eaux ferrugineuses et ses bains de mer.
Guérande, qui a 8,600 habitants, est la ville la plus imporlante de l'arrondissement de Savcnay. Elle est située sur un coteau à 6 kilomètres de l'Océan , et elle possèdo des fabriques de lin, de coton, de basins et des raffineries de sel très- estimées. C'est une ville très-ancienne, qui avait autrefois 15,000 habitants, et qui a conservé son vieux château et ses remparts. Elle fut prise d'assaut par Charles de Blois en 1362, et presque détruite, assiégée vainement par Clisson en 1373, et prise en 1379 par du Guesclin. Là fut signé le traité de paix qui mit fin à la guerre entre les maisons de Blois et de Montfort.
Blain (6,000 hab.) est située sur l'Isac, et n'est plus importante aujourd'hui que par son commerce de bois. C'était autrefois une ville très-forte par son château , dont il reste d'imposantes ruines. Ce château, fondé en 1105 par Alain Fergcnt, duc de Bretagne, appartint ensuite aux familles de Clissou et de Rohan, qui l'habitèrent. Il fut pris en 1586 par le duc de Mercœur, et en 1628 par les troupes de Louis XIII, qui en ordonna la démolition. Le fameux duc de Rohan y était né.
Dans l'arrondissement de Savenay on trouve trois ports : 1° Balz (3,800 hab.), situé sur l'Océan et au milieu de marais salants, est remarquable par sa position pittoresque et sa belle église; il a pour dépendance le Puuliguen, petit port de cabotage, qui a des raffineries de sel. 2° Le Cmi.uc (2,500 hab.), situé sur un petit gnlfe qui y forme un très-bon port au milieu de vastes marais salants; on y fait une pèche considérable et un grand commerce de sel. Il y a un établissement de bains de mer très-fréqueuté. S" Sainl-.Xazaire, situé à l'embouchure de la Loire, cl qui a une bonne rade où s'allègent les grands navires pour monter à Nantes, et un bassin à Ilot qui peut abriter des frégates. C'est là que résident presque tous les pilotes qui dirigent l'entrée des navires dans la Loire.
On trouve encore dans le même arrondissement Cmtèron (/i.300 hab ), qui a une importante verrerie; Gnàiu'né (4.G00 hab.), Hnbitjuac (3,000 hab.), Ponl-Chàlcau (3,600 hab.), Saint-Èlitnnc-dc Monlluc ('j.800 hab.), etc.
§ IX. DÊPAnTFMENT DU MoRBIlUN. — STATISTIOUE , AGRICULTURE, COMMERCE , ETC.
— Le département du Morbihan, formé de la basse Bretagne, a une superficie de 680,32Zi hectares, dont 200.000 de terres labourables, 70,000 de prés. 36, 000 de bois, 106,000 de landes. Sa population était, en 1801, de A 0 1 , 2 1 5 habitants; en 1821, de 416,226 hab.; en 1861, de .666,35 1 hab.; elle est aujourd'hui du ^78,172 habitants. 11 a pour chef-lieu Vannes, et est ainsi subdivisé :
Arrondissement de Vanne* Il canton*, 74 communes, 132,171 habitants.
— de Lorient Il — i9 10:,,
— de Ploënnel. . . . » — 61 — • 14R.779 — de Pontivy. . ... 7 — 45 — 91, "m —
4 arrondissements 37 cantons, commune*, i7s,i7? habitant.*.
Ce département forme le diocèse de l'évécbé de Vannes; il ressortit à la cour d'appel de Rennes, et, outre les tribunaux ordinaires, renferme 2 tribunaux de commerce à Vannes et Lorient. Pour l'instruction publique, il renferme un lycée à Ploermel, 5 collèges à Lorient, Ploermel , Auray, Josselin. Vannes, 3 écoles supérieures communales, 2S3 écoles élémentaires. Il forme une subdivision de la 16' division militaire, et renferme comme places de guerre Lorient, Port-Louis, Belle -Islc avec les forts de Ilouat et de llœdic, Dumet, Penthièvre et Lacroix. Il est du 3* arrondissement maritime (chef-lieu Lorient) et du sous-arrondissement de Lorient; il renferme 6 quartiers (Lorient, Auray, Vannes, Belle-Isle en mer), 21 syndicats et 9 stations. On y compte 25 ports : Kernevel , Lorient, Hennebon, Port Louis, Jutel, Croix, Porlhaliguen , la Trinité, Port Philippe, le Palais, Auray, Lamorbaden , Vannes, Iled'Arz, les Quatre-Vents, Saint-Armel, Noyalo, Port-Navalo, Suscinio , Bellecroix, Ambon, Sarzcau , Pénerf , Rilliers, la Roche-Bernard et Tréhiguier. Le tonnage de ces ports est donné tonte 1", p.v^e 622.
C'est un département agricole et d'exploitation; le pays est assez élevé, et ondulé vers le nord-oue>t par quelques contre -forts de* montagnes Noires, ou vers le centre, entre l'Oust et le Blavct, par un rameau du Menez. Le sol y est en général peu fertile et l'agriculture arriérée; les landes et les terres incultes y occupent une grande éLendue; toutefois la récolte est surabondante en céréales, surtout en seigle et sarrazin; la pomme de terre, le chanvre, le lin, le maïs et les fruits à cidre sont les autres produits. L'élève est considérable en bestiaux et en chevaux excellents connus sous le nom de bidets; il y a aussi beaucoup d'abeilles. On estime que le Morbihan renferme 203,000 tètes de gros bétail, 255,000 moutons, 60,000 porcs, 10,000 chèvres, 62,000 chevaux, etc.
L'exploitation minérale porte principalement sur le fer, et ensuite sur le sel marin, le granit , les pierres de taille , la terre à potier, les ardoises , etc. L'industrie est peu développée: la principale est le travail de la fonte et du fer, dont le produit est d'environ 600,000 francs par an. Vient ensuite la fabrication de toiles estimées, puis celle de drap?, et de lainages, cuirs et papiers, la construction des navires, etc. Le commerce des chevaux est considérable; les bestiaux, les grains, le pain de seigle, le miel, la cire, les poissons, les salaisons, etc., forment les principales branches d'exportation. La pêche est active sur les côtes, et forme une des richesses du département ; celle de la sardine y occupe plus de 500 petits bateaux.
Il y a dans le Morbihan 5 rivières navigables sur 81 kilomètres (le Scorf, 15 kil.; le Btavet, U kil.; la Vilaine, 42 kil.; l'Air. 6 kil.; l'An, 4 kil.); 2 canaux sur 188 kil. (canal du Dlavet, 59 kil.; canal de Nantes à Brest, 129 kil.); 7 routes impériales sur 560 kil., 13 routes départementales sur 306 kilomètres, 2,475 chemins vicinaux, etc.
g X. Département du Morbihan. — Description des villes. — Vannes, chef-lieu du département et siège d'un évéché, avec des tribunaux civil et de commerce, une école d'hydrographie, etc., est une ville maritime fort ancienne, située près du Morbihan et peuplée de 13,600 habitants; son port est petit, bordé de beaux quais, mais il ne«peut recevoir que des bâtiments de 100 tonneaux. La ville est construite sur le sommet et le versant d'une colline , et doit à sa situation un aspect pittoresque ; mais elle est sale , mal bâtie , percée de ruelles sinueuses et mal pavées. La cathédrale» qui est du quinzième siècle, et l'hôtel de la préfecture, qui est l'ancien château de la Molhe, reconstruit en 1720, sont les principaux édifices. Une partie des anciennes fortifications et des portes existent encore ; mais il ne reste de l'ancien château de l'Hermine, bâti en 1387 par Jean IV, que la tour du Connétable, où fut enfermé Clisson. On y fait commerce dp sel, grains, toiles, chanvre, beurre, etc.
Vannes est une ville fort ancienne que d'Anville regarde comme étant Darioricum, la métropole des Venètes. Elle joua dans l'histoire de la Bretagne un rôle important ; C'est là que furent tenus les premiers États; les ducs y résidèrent souvent, et ils y avaient construit au treizième siècle le beau château de la Mothe, et au quatorzième siècle celui de l'Hermine. L'histoire de Vannes est celle de toutes les villes de Bretagne : assiégée , prise , dévastée pendant les guerres du quatorzième siècle et les troubles du seizième; tranquille pendant la monarchie des Bourbons, agitée pendant la révolution , et subissant depuis cette époque celte lente mais constante transformation qui renouvelle peu à peu toute l'ancienne France.
/.orient, chef-lieu d'arrondissement, peuplé de 25,700 habitants, est le siège d'une préfecture maritime, d'un tribunal civil, d'un tribunal de commerce, de l'École du génie maritime , d'un collège , etc. Elle est située sur l'Océan , au fond de la baie de Saint-Louis, au confluent du Scorf et du Blavet. C'est une grande et belle ville, forte et bien bâtie ; le port est vaste et sûr ; la rade qui le précède offre un mouillage excellent et d'une étendue suffisante aux plus fortes escadres. Lorient, qui est un de nos cinq grands ports de guerre, est le premier comme port de construction : on peut bilir sur ses cales trente vaisseaux de guerre à la fois. On y trouve un parc d'artillerie, un arsenal, un atelier pour machines à vapeur, des fonderies, des forges, etc. Le commerce y est très-actif, et consiste en sardines, fournitures de la marine, fers, cire, miel , etc. Cette ville est toute moderne : elle a été fondée par la compagnie des Indes que créa Louis XIV en 1664; mais en 1689 ce n'était encore qu'un petit port de commerce. La compagnie ne mit à profit les avantages de Lorient que sous la régence du duc d'Orléans: la ville et une partie de ses établissements furent alors bâtis; on la fortifia; le commerce y prit une grande activité; en 1765 le port contenait 35 vaisseaux ou frégates et un très-grand nombre de bâtiments de 900 ;'i 1 200 tonneaux ; des escadres de la compagnie en sortaient sous le commandement de la Bourdonnaye, pendant que Bussy et Dupleix soumetlaient à ses lois
toute llnde méridionale. En trente ans, Lorient était devenue une ville de premier ordre. La guerre de Sept-Ans détruisit toute cette prospérité, et en 1769 la compagnie, qui avait pensé fonder un empire français dans l'Inde, fut obligée de procéder à une liquidation ; le gouvernement de Louis XV acheta aux actionnaires, moyennant 1,200,000 livres de rentes perpétuelles, le port, ses bâtiments, ses magasins, les vaisseaux et le matériel de la compagnie.
Plœrmel, chef-lieu d'arrondissement, avec 5,000 habitants et un tribunal civil, est une ville ancienne autrefois fortiliéc, qui a été prise et dévastée par le roi Charles VIII en 1687, par le duc François 1" en 1&88, et par les troupes de Henri IV en 1591. Elle est bien bâtie , ses rues sont larges et propres, l'air y est d'une salubrité renommée. On y fait commerce de bestiaux , laines et chanvres.
Pontiuj, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et un lycée, est situé sur la rive gauche du Blavet et peuplé de 8,000 habitants. C'est une ville très-commerçante en grains, cuirs, chevaux , bestiaux, et ses foires ont une grande importance. Napoléon avait voulu faire de Pontivy, située au cœur de la Bretagne, un grand centre politique ; il changea son nom en celui de NapolionvUle et y fit commencer île grands travaux. Ces projets n'ont pas réussi.
Elvtn (arrondissement de Vannes), gros bourg de 3,500 habitants , est remarquable par les ruines de son magnifique château, l'une des plus belles constructions du moyen âge , et dont le donjon est dans un état parfait de conservation ; bâti en 1256 par Eudon de Malestroit , dans un paysage plein de sévérité, il fut démantelé en U96 par ordre de la duchesse Anne de Bretagne.
Sainl-Gildat , village situé dans la presqu'île de Rhuys sur le bord de l'Océan, renferme les ruines d'une abbaye célèbre, dont Abailard fut abbé en 1.125. Aux environs l'on trouve le beau château de Sueinio, construit en 1260 par le duc Jean le Roux, plusieurs fois assiégé, et où la duchesse Anne aimait à résider; quoique dégradé, cet édifice présente encore un aspect imposant.
Grand-Champ, ville de 5,000 habitants, située sur une hauteur, à 15 kilomètres de Vannes, est fameuse par deux combats livrés en 1795 et en 1800 entre les républicains et les royalistes.
La Roche-Bernard (1,300 hab.) , petite ville située à 16 kilomètres de l'embouchure de la Vilaine , a un petit port très-fréquenté et un pont suspendu élevé de 33 mètres au-dessus des plus hautes marées. On y construit de petits bâtiments.
Sarzeau, jolie ville de 7,500 habitants, située dans la presqu'île de Rhuys, est remarquable par les nombreux monuments druidiques qui se trouvent dans ses environs; le plus curieux est le grand tumulus ou gafgal de Tumiac, grand cône de terre ayant 33 mètres de hauteur et 100 mètres de circonférence. Sarzeau est la patrie de Lesage.
Pluherlin, village de 1,700 habitants, à 32 kilomètres de Vannes, a dans son voisinage la lande de Haut-Brambien. plaine de h kilomètres carrés, couverte de plus de 2,000 blocs de pierre gisant sur le sol sans alignement; les plus petits ont & mètres, le plus grand a 10 mètres de long sur 3 mètres 50 de larye.
L'arrondissement de Vannes renferme encore un grand nombre de grosses communes : Carentoir, avec 5,300 habitants; QuaUtubert, avec 3,800 habitants, etc.
Aurai/ (arrondissement de Lorienl) est une jolie ville maritime, bien bâtie et bien située, avec un bon port et 3,000 habitants. Le commerce et le cabotage y sont actifs, principalement pour le< grains, les bestiaux, les chevaux, les fruits, les huîtres. On y remarque la belle église du Saint-Esprit, la jolie promenade qui domine la ville et .surtout la chapelle isolée de Sainte-Anne d'Auray, le plus fréquenté des pèlerinages ou des pardons de la Bretagne. Auray est célèbre dans l'histoire de Bretagne par la bataille livrée dans ses environs, au village de Iircch, en 136/j, par du Guesclin et Charles de Blois contre Chandos et Jean de Montfort. Charles de Bbis y fut tué et du Guesclin tomba au pouvoir des Anglais. C'est la que, en 17'J5, furent fusillés les prisonniers de Quiberon. La Restauration a fait élever à ces victimes un monument funèbre dans une chapelle attenante à l'ancienne Chartreuse du village de Brech. — A Brcch, peuplé de 2,500 habitants, est né Georges Cadoudal.
Carnac, bourg de 3,800 habitants, situe sur une hauteur près de la mer, à quelques kilomètres au sud-ouest d'Auray et près de la base de la presqu'île de Quiberon, est peuplé de 1,800 habitants. A un kilomètre se trouvent, dans une vaste lande, les innombrables pierres levées (menhirs), qu'on désigne ordinairement sous le non*. d'avenues ou aliyneinenls de Carnac ; elles sont répandues sur une étendue de plus de /»0 kilomètres le long de la côte, entre Erdeven à l'ouest, et Carnac à l'est. Pierres levées ou menhirs, dolmens et tumulus abondent sur cette cûle, « que l'on ne peut s'empêcher de considérer tout entière comme une terre sacrée. Son aspect général est celui d'une plaine légèrement accidentée , dont toutes les parties en culture sont entourées d'une multitude de petits murs bâtis de pierres sèches. Ça et là les monticules coniques élevés de main d'homme se distinguent parfaitement des mouvements de terrain naturels*. » Bien qu'un grand nombre des pierres aient été abattues, enlevées et brisées, que les lignes soient coupées par des haies et des murs, on reconnaît sans peine un ordre régulier et des alignements suivis. On compte dix avenues immenses formées par onze lignes de menhirs. Ces blocs de granit, hauts de 5 à (> mètres, et quelquefois seulement de 2 mètres, sont absolument bruts, et on les trouve fichés en terre ou reposant sur le sol. Toute celle masse se divise en deux parties, les menhirs d'Erdeven et ceux de Carnac, cl dans ces deux masses on trouve la même orientation et le même nombre de lignes. De nombreuses hypothèses ont été faites pour déterminer le but et l'usage de ce gigantesque amas de plus de il, 000 pierres. Les habitants du pays s'en tiennent à la tradition qui rapporte que saint Corneille, poursuivi par une armée de païens, courut, se sauvant devant eux, jusqu'au bord de la mer; là, ne trouvant pas de bateau, sur le point d'être pris, il métamorphosa en pierres les soldats qui croyaient le saisir. « Pour avoir la clef de l'architecture de la Gaule, dit M. Jean Reynaud ce sont les livres de la Judée qu'il faut ouvrir. » En effet, les ressemblances entre la Judée et la Gaule sont, sur ce point, si frappantes, que la Bible supplée parfaitement au manque absolu de documents sur l'architecture gauloise. Chez les Juifs, les pierres brutes Ural) servaient d'autels, de monuments commémoralifs , de contrats, d'indications de sépultures, de limites : il en a été de même chez les Gaulois.
' P. Mt'rinwc, iïotes d'un voyage dans l oues! de la fiance, |>ai;e 2.13, 1 Article Druidisme, de I' 'Encyclopédie noucriie.
IjKmariaker, village de 2,200 habitants, est situé sur le bord de la mer, a l'entrée de la rivière d'Auray. Quelques antiquaires croient que c'est l'ancien Darioricmn, métropole des Yt nètes. On y voit encore quelques débris de monuments romains et d'importants monuments celtiques qui cuivrent toute la presqu'île. On y remarque surtout deux grands monticules élevés de main d'homme, composés de pierres amoncelées au-dessus d une bulle de terre, longs de 200 pieds sur 40 de hauteur : ce sont des gnljaU. L'un d'eux est appelé le tombeau de César. Plus loin c'est la tranche de beurre, grand menhir renversé et brisé. Tout à coté on en rencontre un autre renversé aussi et brisé en quatre morceaux, et long de 6G pieds sur 13 de diamètre. La foudre seule paraît avoit pu jeter à bas ce bloc de plus de 250,000 kilogrammes. Il y a aussi plusieurs dolmens, monuments a wposés de deux pierres verticales surmontées d'une tr"i.-ième en forme de table, et qui paraissent avoir été des autels. Le dolmen qu'on appelle la Table des marchands ofïi e quelques ornements sculptés en bas reliefs, fait très-rare dans les monuments druidiques, qui sont presque tous formés de pierres brutes.
En face de Locmariaker se trouve, à l'entrée du Morbihan, Gavr'innis, Vile de la Chèvre : c'est un rocher de granit recouvert d'une mince couche de terre végétale. On y remarque un immense galgal qui contient une allée couverte ou souterrain de 15*"65 de long et d'à peu près deux mètres de hauteur, formée d'immenses pierres toutes o uvertes de bizarres sculptures représentant des serpents, des crochets, des zigzags, des ronds, des lignes droites, brisées, tracées et combinées de cent manières différentes. « Je ne saurais mieux les comparer, dit M. Mérimée, qu'au tatouage des insulaires de la Nouvelle -Zélande. »
Ucnncbon est une petite ville maritime de 6,700 5mcs, dont le port, sur le Blavcl, peut recevoir des bâtiments de moyenne grandeur. Fille est située sur le flanc d'une colline qui domine la rivière, mal bàlie , très-salc, mais très-animée; elle se trouve à l'intersection de six grandes roules, et fait un commerce actif, surtout pour les grains, le fer, les bois, la cire, les bestiaux. On ne voit plus aujourd'hui que des ruines du château qui défendait Hennebon et qui fut assiégé plusieurs fois, notamment en 13/fl, où Jeanne de Mmilfort força Charles de Blois à se retirer; en 1373, où du Guesclin passa toute la garnison anglaise par les armes ; en 1590 , où il fut pris par le duc de Mercocur et les Espagnols, qui déjà sciaient établis au Blavet (Port-Louis).
Port-Louis était autrefois un village nommé Iilavrt, où les Espagnols établirent en 1590 des ouvrages fortifiés qui commandaient la rade de Saint-Louis et l'embouchure du fleuve; ils ne l'évacuèrcnt qu'après la paix de Vervins, en 1508. En 1(>18, Louis XIII ordonna que ce lieu fut retranché, f<— oyé et fermé de murailles, bastions et remparts, et qu'il portai à l'avenir le u m de Port-Louis, «afin de faire connaître et de laisser à la postérité une marque signalée de son affection à cet ouvrage. » On y construisit une citadelle sous Louis XIV: mais la fondation et le développement de Lorient arrêtèrent la prospérité de la ville. Son poi l est cependant vaste et bon et petit recevoir des vaisseaux de guerre. Ce n'est aujourd'hui qu'un grand port de pèche, principalement pour la sardine, et peuplé de 3,000 habitants.
(Jmhf.ron, h >urg situé à l'extrémité de la presqu'île de Ouiberon et peuplé de 3,500 habitants, a un port, dit aussi Pori- Maria, qui sert de relâche et de communi-
cation avec Belle -Islc. U presqu'île, que défend le forl PentJiièvre, itst célèSro dans l'histoire de nos guerres civiles par le débarquement el la défaite des émigrés en 1795.
On trouve encore dans l'arrondissement de Lorient : Ètel, petit port de commerce important pour la péclie de la sardine; Kcrvujnac (2,600 hab.), avec une fennemodèle et un haras; Plouay (6,600 hab.), qui a des scieries hydrauliques; Pluvigncr (6,800 hab.), près de laquelle sont des forges et hauts fourneaux ; Guidel (6,000 hab.) ; iMngvidic (6,600 hab.); Montée (6,000 hab.); Plemœur (8,600 hab.).
Josstlin (arrondissement de Ploermel), est une petite ville de 2,800 habitants, située sur l'Oust, dans une jolie situation. On y fait commerce de grains, de laine et de chanvre. Il s'y trouve un beau château qui a joué un grand rôle dans l'histoire de la Bretagne; il date du onzième siècle, fut pris et rasé en 1162 par Henri II d'Angleterre, rebâti au commencement du quatorzième siècle, embelli et fortifié par le connétable de Clisson , qui en fit son principal séjour, y mourut el y fut enterré. Son tombeau a été rétabli dans l'église de la ville.
Sur la route, et à mi-voie de Josselin à Ploermel, se trouvent les landes dites de Mi-Voie, où, le 27 mars 1351 , trente chevaliers bretons, que commandait le marquis de Beaumanoir, vainquirent trente chevaliers anglais que commandait le comte de Pembroke. Un obélisque de granit rappelle ce combat fameux dans les annales de la Bretagne.
On trouve encore dans l'arrondissement de. Ploermel : Gver, petite ville de 3,900 habitants, qui a des moulins importants; Malcstroit (1,800 hab.) , autrefois fortifiée, et qui a été prise trois fois dans les guerres de religion ; Rohan (500 hab.) , érigée en duché-pairie en 1603 pour l'illustre famille du même nom ; Saint- Jean-Brevelay, qui a dans ses environs des monuments druidiques , etc.
Guémené, petite ville de 1 ,500 âmes située à 15 kilomètres de Pontivy, avait avant 1789 le titre de principauté. On y voit les mines d'un château fort qui fut démantelé après les troubles de la Ligue. C'est la patrie du lieutenant de vaisseau Bisson.
On trouve encore dans l'arrondissement de Pontivy : Baud (5,600 hab.); CUgueree (3,900 hab.); G»urin (3,600 hab.) ; Plumélian (6,300 hab.), etc.
Iles. — Bellc-hlc, située à 17 kilomètres ouest de Quiberon, a 16 kilomètres de long sur 8 dans sa plus grande largeur. Elle est environnée de rochers, a un territoire fertile, un climat très-doux et produit d'excellent froment, des pâturages qui nourrissent des chevaux estimés, etc. On y trouve deux ports d'échouage et un excellent mouillage. Elle renferme une ville, le Palais, cl 3 bourgs. Le Palais a 5,000 habitants, un bon port et une forte citadelle qui sert de prison d'État. Bclle-lslc appartenait autrefois à l'abbaye de Quimperlé, qui la céda dans le seizième siècle au roi Charles IX. On y commença des fortifications qui furent achevées par le fameux Fouquet, lequel avait acquis le marquisat-pairie de Belle Islc. Ses descendants en prirent le nom; mais l'Ile avait été réunie au domaine eu 1718. Les Anglais se sont emparés de cette Ile en 1761 , et l'ont vainement attaquée en 1 705.
Croix, située en face de l'embouchure du Blavet, n'est qu'un rocher trè.s-élcvé recouvert d'une mince couche de terre, el pourrant assez fertile. Elle a 3,300 habitants, tous marins ou pêcheurs. Elle est défendue par le fort Lacroix,
S XI. DÉPARTEMENT DU FINISTÈRE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE, ETC.
— Ce département a été formé d'une partie de la basse Bretagne. Sa superficie c i de 671,767 hectares, dont 270,000 de terres labourables, 40,000 de prés, 31,000 de bois, et 268,000 de landes. Sa population était : en 1801 , de 439,046 habitants; en 1821, de 483,095 hab.; en 1841, de 576,068 hab.; elle est aujourd'hui de 617.710 habitants.
11 a pour chef-lieu Quimper-Corentin et se subdivise ainsi :
Arrondissement de Quimper . . . . 9 cantons, os communes, 117, 489 habitants.
— de Brest 12 — «3 — 204,705 —
— de Cliiteaulin ... 7 — 5H — lOâ.ObS —
— deMorbm 10 — às — 142,803 —
— de Quimperlé ... 5 — 20 — 49,93ô —
5 arrondissements 43 cantons, 282 communes, 617,710 habitants.
Ce département forme le diocèse de l'évêché de Quimper; \\ ressortit à la cour d'appel de Rennes et renferme 5 tribunaux de première instance et 3 tribunaux de commerce (Quimper, Brest et Murlaix). Pour l'instruction publique, il possède 6 collèges (Brest, Quimper, Quimperlé, Lesnevcn, Saint-Po) de Léon et Landcrnau), 3 écoles supérieures communales , 364 écoles élémentaires. I) forme une subdivision de la 16e division militaire, et l'on y trouve une grande place de guerre, Brest, avec de nombreux forts et batteries. Pour l'administration maritime , il est compris dans le 2* arrondissement (chef-lieu Brest), et renferme les 3 quartiers de Morlaix, Brest et Quimper, avec 29 syndicats et 9 stations. On y trouve 29 ports : Morlaix , Paimpoul, Roscoff, Plouescat, Pontuzval, Paluden, l'Aberwach, Portzall, l'Abérildut, le Conquet, Recouvrance, Brest, Landerneau, Plougastel , le Faou, Port-Launay , le Fret, Camaret, Morgat, Douarncnez, Treboul, Audierne, Pont-l'Abbé, Quimper, Cap-Cozla-Forest, Concarneau, Pontaven, Douëlan, Quimperlé.
C'est un département agricole et d'exploitation ; il est généralement peu élevé et néanmoins a l'aspect montueux, à cause des monts d'Arrée et des montagnes Noires. 11 comprend la partie de la Bretagne qui s'avance le plus dans l'Océan , et doit à cette position son nom de Finii-Terrœ. L'agriculture y est arriérée; et quoique le sol ne soit que médiocrement fertile, on y récolte beaucoup de grains, de chanvre, de lin et de fruits à cidre. A côté de quelques landes incultes , les montagnes se couvrent d'épaisses forêts où dominent les sapins, et les vallées se parent de. riantes prairies. Les pluies et les brouillards, qui y sont très-fréquents, en font le département le plus humide de toute la France. Les pâturages y sont très-nombreux. Aussi l'industrie agricole s'y livre surtout à l'élève du gros bétail et à celle des chevaux. L'excellente race bretonne fournit, dans le Léon , de bons chevaux de gros trait, et dans le reste du déparlement des chevaux de trait léger et de cavalerie de ligne. La petite race bovine de Bretagne est très-bonne laitière ; les moutons sont petits, peu nombreux et appartiennent à la race des bruyères, qui donne une laine grossière, mais une chair exquise. Les abeilles y sont en grande quantité. On estime qu'il y a dans le Finistère 290,000 têtes de gros bétail, 100,000 moulons, 70,000 porcs, 1,600 chèvres, 110,000 chevaux, etc.
Ce déparlement a des richesses minérales importantes : on y trouve une belle mine tome n. 65.
de plomb argentifère à Poullaouen, qui donne pour 200 000 francs de plomb, 100,000 francs de litharge et 250,000 francs d'argent. On exploite aussi de belles ardoises, du granit, de la terre à poterie, des pierres à aiguiser.
Les bestiaux, les chevaux , le miel et la cire, le beurre, alimentent un commerce important ; la fabrication des toiles ordinaires et des toiles à voiles , des papiers , de l'huile de lin, de la poterie est assez considérable ; mais la pêche tient le premier rang dans l'industrie de ce département. Celle de la sardine occupe plus de 4,000 hommes et produit plus de 2 millions de francs.
Il y a dans le département un canal (de Nantes à Brest), sur 84 kilomètres; 5 mutes impériales, sur 400 kil.; 10 routes départementales, sur 384 kil.; 4,500 chemins vicinaux, sur 9,000 kilomètres, etc.
§ XII. DÉPARTEMENT DU FINISTERE. — DESCRIPTION DES VILLES. — Quimpcr-Coretltin,
chef-lieu du département et siège d'un évêché, avec un trihunal civil , un tribunal de commerce et 10,900 habitants, est située au confluent de l'Odet et du Théirs, à 14 kilomètres de la mer. Son port peut recevoir des bâtiments de 300 tonneaux. On y trouve des fabriques de poterie et faïence, et l'on y fait un grand commerce de grains, cire, chevaux, sardines, salaisons, etc. Elle parait être l'ancienne capitale des Corisopites. Ses habitants furent convertis au christianisme par saint Coron tin , qui fut le premier évêque de la ville: Pierre de Dreux l'entoura de fortifications et en fit une des plus fortes places de la Cornouaille; aussi cette ville a-t-clle soutenu plusieurs sièges. En 1344 elle fut enlevée d'assaut par Charles de Blois; en 1364 elle fut prise par Jean IV. Pendant les troubles du seizième siècle elle se prononça pour la Ligue , et fut encore assiégée et prise en 1594 par le maréchal d'Aumont. La cathédrale de Quimper, bâtie en 1424, est, dit-on, la plus grande église de la Bretagne; on remarque les belles sculptures de son portail méridional.
Brest , chef-lieu d'arrondissement et de la 2' préfecture maritime , avec des tribunaux civil et de commerce, l'école navale, une école de maistrance, un lycée, etc., est située à 574 kilomètres de Paris et renferme une population de 61,000 habitants, dont 24,000 de population flottante. Elle est située sur le bord septentrional d'une magnifique rade et possède un port , qui est l'un des plus beaux et des plus sûrs de l'Europe, et le premier port de guerre de la France. Ce port est formé par la Penfeld, rivière courte et profonde , sur les bords de laquelle la ville s'élève de chaque côté en formant deux quartiers, Brest et Recouvrance. Celte ville est assez mal bâtie et n'a pas d'autres monuments que les édifices de la marine. Son commerce et son industrie consistent presque uniquement dans les approvisionnements et les objets nécessaires au service maritime.
Au onzième siècle Brest n'était qu'un village avec un château fort qui appartint jusqu'en 1240 aux seigneurs de Léon. Ce- château fut vendu au duc de Bretagne, Jean le Roux, qui commença à le rebâtir et en fit mie des plus fortes places de son duché. Pendant la guerre de la succession de Bretagne, Brest fut assiégé à plusieurs reprises; il tomba en 1372 au pouvoir des Anglais, et ne fut rendu qu'en 1397 au duc de Bretagne. Pendant la Ligue, il se prononça pour Henri IV, qui en confia la garde à Sourdéac, de la famille de Mieux. 11 fut alors attaqué par les Espagnols (1594), qui élevèrent à l'entrée du goulet, sur la pointe de Roscanvcn,
un fort qui coupait les communications de la ville avec la mer. Les troupes de Sourdéac , soutenues par les Anglais , chassèrent les Espagnols. Cependant Brest n'était encore qu'une bourgade de 1,500 âmes que l'on avait fortifiée à cause de sa position, mais où il n'y avait aucun établissement maritime. De l'autre côté de la Penfeld il s'était élevé un village autour d'une chapelle bâtie à Notre-Dame de Recouvrance. En 1031, Richelieu, sur l'avis de Leroux d'infreville, commença à faire établir à Brest un magasin et des hangars; mais, tout occupé de Brouage, il ne poussa pas plus loin les travaux. Enlin Colbert résolut de faire de celte ville le grand port de guerre de la France sur l'Océan. Les plans lui furent donnés par Duquesne et Leroux d'infreville. En 1665 on commença les travaux; et seize ans après, grâce à l'intendant de Seuil, au maître charpentier Hubac, aux ingénieurs Sainte-Colombe et Féry, et à l'architecte Garangeau , Brest existait, avec son port, ses fortifications, ses arsenaux , ses chantiers , ses magasins , et Seignelay faisait frapper la médaille commé» morative qui porte pour inscriptions : Bretti par lut et navale, 1681. — Tulela clatsium.
Brest devint dès ce moment le centre principal de nos armements maritimes. Vauban compléta ses fortifications. Mais dans les dernières années de la guerre de la ligue d'Augsbourg, le mauvais état des finances et l'incapacité des successeurs de Seignelay réduisirent notre marine à un rôle secondaire ; le port de Brest fut alors négligé et les travaux arrêtés. Ils ne reprirent qu'en 17/i5. Alors l'ingénieur Choquet de IJndu acheva les quais, construisit la corderie et le bagne, compléta l'enceinte, fil faire les trois immenses bassins de granit qu'on appelle formes de Pontaniou; enfin l'ingénieur Pelit construisit en 1767 l'admirable machine à màter. Les tentatives multipliées des Anglais contre ce port, pendant le règne de Louis XV, décidèrent le gouvernement à compléter le système de fortifications ; et lorsque Choquet de Lindu mourut, en 1790, l'œuvre de Colbert était achevée'.
Le port de Brest est assez grand pour contenir plus de cinquante bâtiments de haut bord à flot et à l'abri des vents ; des batteries formidables en défendent toutes les parties. A gauche de l'entrée est la batterie à fleur d'eau du Fer-a-Cheval ; à droite, le château , avec ses batteries basses. Les établissements de ce vaste arsenal maritime sont très-nombreux. Nous citerons seulement le parc à boulets , les magasins d'artillerie, le magasin à poudre, le parc aux vivres, contenant d'immenses magasins de comestibles, des ateliers de salaisons et uno grande manutention. Vient ensuite le magasin général d'approvisionnements , les magasins Keravel pour la voilerie et la garniture, d'immenses chantiers où sont placées les bouches à feu , les corderies, les magasins des brais et goudrons, l'atelier de clouterie établi dans l'ancien magasin général fondé par Richelieu ; l'arsenal de l'artillerie , avec un parc et les ateliers de charronnage, d'affûts, d'armurerie; la fonderie, un grand atelier de menuiserie, des forges, des chantiers de construction, des bassins de radoub, des dépôts de bois et de charbon, etc. Cette ville est la patrie des amiraux Lamothe-Piquet, d'Orvilliers et Linois , des ingénieurs Petit et Choquet de Lindu , etc.
CMteauïm, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 2,800 habitants, est situé dans un vallon pittoresque entouré de montagnes schisteuses, et se trouve
• Histoire des villes de France, toute I».
divisé en deux parties par la rivière d'Aulne, qui y forme un petit port. C'est une ville ancienne, généralement mal bâtie; elle a été autrefois fortifiée, et l'on y voit encore les ruines d'un château fort bâti sur une colline qui la domine. Les excellentes ardoises exploitées dans les environs de cette ville et la pêche du saumon donnent au commerce une assez grande activité.
Morlaix, jolie ville maritime, est située à 11 kilomètres de la mer, au confluent des rivières Jarlo et Kefleut; c'est un chef- lieu d'arrondissement, et elle a un tribunal civil, un tribunal de commerce, une école d'hydrographie et 12,300 habitants. Resserrée entre trois collines escarpées, elle s'élève en amphithéâtre des deux cotés du port; les versants de ces collines sont couverts de belles maisons modernes, de jardins en terrasses , et , par des rues en escalier d'une malpropreté extrême , on arrive au plateau de Saint-Martin, où se trouve la partie la plus élevée et la plus ancienne de la ville. Morlaix est la cité la plus commerçante de la basse Bretagne. Son port est bon et sa rade très-sure. L'industrie y est active; on y fabrique des toiles , de l'huile , du tabac ; on y fait des armements pour la pèche de la morue , et le commerce y est considérable, surtout avec la Normandie; il consiste en produits du sol , grains et farines, beurre, fromage , gibier, fruits, bois, cuirs, porc salé, cire et miel, plomb et lilharge, etc. Ses monuments les plus remarquables sont les églises de Saint-Matthieu et de Saint-Melaine.
Morlaix est une ville ancienne; dans les guerres du quatorzième siècle elle prit parti pour Charles de Blois contre Jean IV et les Anglais; c'était déjà un port de commerce considérable et sa rivalité avec l'Angleterre très-vive. Devenu maître de la ville par l'appui des Anglais, le duc Jean IV les laissa s'y établir; mais les habitants chassèrent par deux fois cette garnison de pillards. En 1522, les Anglais s'emparèrent encore par surprise de Morlaix , et livrèrent la ville au pillage. Ce désastre décida François 1" à élever, en 1525, le fort du Taureau pour la défense de la rade.
Quimperlé, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 6,000 habitants, est situé au conlluent de l'Isole et de l'Ellé , et entourée de montagnes qui enceignent une délicieuse vallée. C'est une des plus jolies villes de la Bretagne , et son aspect est plein de gaieté et de fraîcheur. Quimperlé était une place forte qui fut assiégée et prise plusieurs fois au quatorzième siècle , et dont les fortifications furent démantelées en 1680.
Audierne (arrondissement de Quimper), petite ville de 1,500 habitants, a un petit port â l'embouchure du Goyen , au fond de la vaste baie qui porte son nom.
Concarneau, petite et forte ville maritime, située au fond de la baie de la Forêt, a 2,300 habitants et un bon port, qui fait un commerce considérable de sardines, grains, sels, conserves alimentaires. La pêche de la sardine est sa principale industrie. Celte ville est entourée de vieilles et solides fortifications ; du Guesclin s'en empara en 1373.
Douarnenex, petit port situé sur la grande baie qui porte sou nom , a 4,200 habitants, et fait une pêche très-considérable de sardines.
Penmarch est un village de 1,500 habitants situé à l'extrémité d'une pointe fameuse en naufrages et sur laquelle un phare de premier ordre est établi. « Rien , dit Cambry, ne donne l'idée de l'Océan frappant les rochers de Penmarch pendant la tempôle.
BRF.TAGNK.
Ces rochers noirs et sépares se prolongent jusqu'aux bornes de l'horizon; d'épais nuages de vapeurs roulcnl eu tnurbil!> ns; le ciel et la nier se confondent. Vous n'apercevez dans un sombre brouillard <]ue d'énormes globes d'écume qui s'élèvent, se brisent et bondissent dans les airs avec un bruit épouvantable; on croit sentir trembler la terre, et l'on est machinalement tenté de fuir. »
Pont-VAbbi (3,800 hab.) est située dans un terril» >ire très-fertile, et a un petit port où l'on fait commerce de grains, de vins, de cire, etc. On s'y livre à l'éducation des abeilles.
On trouve encore dans l'arrondissement de Qtiimper : Briec ( 5,500 hab.), Ftmetnant (3,400 hab.), Plonêour (3,000 hab.), Pont-Croix (2,200 hab.).
Le Conquet (arrondissement de Brest), petit port de 1,500 habitants, a une rade sûre que défend un fort, et fait commerce do soude de varech. Les Anglais le prirent en 1597.
Lambezellec, gros bourg situé à 3 kilomètres au nord de Brest, a une population do 11 ,000 habitants, et renferme des fabriques de cuirs, do briques et carreaux, d'engrais, des exploitations de marbre et de granit, etc.
Landerneau (5,000 hab.), jolie ville située sur l'Élorn, avec un bon port, est remarquable par srm animation industrielle, ses fabriques de cuirs et de toiles, sa filature de lin , son grand commerce de toiles de tout genre.
Lctneven (2,800 hab.) est une ville très-ancienne, autrefois fortifiée , et qui fait un assez grand commerce de vins, de planches et de charbons. A 1 kilomètre se trouve l'église de Notre-Dame du Fohjoat, fondée en 1423 par Jean V, duc de Bretagne, et qui est un des monuments historiques les plus précieux de la France. Cette église est l'objet d'un pèlerinage très-fréquenté.
On trouve encore dans l'arrondissement de Brest : Guipavas (6,000 hab.), Guisscny (3,200 hab.), Hanvec (3,200 hab.), Kerlouan (3Jj00 hab.), Lannilu (3,400 hab.), Plabennec (3,700 hab.). Ploudalmezau ( 3,200 hab.), Ploudanid (3,600 hab.), /Vougastel (6,000 hab.), Plowjuerntau (6,200 hab.), Plouuler (3,000 hab.), Saint-Picrrc- Quilbignon (4,200 hab.), etc.
Carhaix (arrondissement de Chàteaulin), petite ville de 2,200 "habitants située sur l'Aven, était déjà connue des Romains, et, pendant tout le moyen âge, a joué un grand rôle à cause de sa situation au cœur de la basse Bretagne. C'était alors une forte place qui fut assiégée plusieurs fois.
Camaret, bourg de 1,200 habitants, situé sur l'Océan dans une anse de même nom, a un mouillage où peuvent tenir les plus gros bâtiments, mais son port ne reçoit que des bateaux de pèche. Près de là , à la pointe de Toull-lnguet, que défend un fort, so trouvent des pierres druidiques analogues à celles de Carnac. Dans l'anse de Camaret débarquèrent les Anglais en 1694 pour attaquer la rade de Brest : ils y furent battus.
Crozon, bourg maritime de 8,800 habitants, a une assez grande importance par sa position sur la baie de Douarnenez et par sa pêche de la sardine.
Huelyoat et Poullaouen (3,700 hab.) sont deux bourgs du canton de Carhaix, célèbres par leurs mines de plomb argentifère exploitées depuis trois siècles et qui occupent huit cents ouvriers.
On trouve encore dans l'arrondissement de Chàteaulin : Bratpart (3,000 hab.), Pleybcn (4,900 hab.). Pionevcx du Faou (3,700 hab.), etc.
Saint-Pol-de-l.éon (arrondissement de Morlaix) est une ancienne ville , située sur le versant d'une colline à peu de distance de la Manche, qui y forme un petit port, et peuplée de 7,000 habitants. Ses édifices les plus remarquables sont : la cathédrale, bel édifice du quinzième siècle; l'église de Kreizker, bâtie au quatorzième siècle, et célèbre par son magnifique clocher, élevé de 123 mètres, d'une élégance et d'une hardiesse sans égale , et le plus beau monument de ce genre qui soit en France. L'ancienne capitale du léonais était le siège d'un évêché considérable, qui a été supprimé à la révolution ; elle renfermait de nombreux établissements ecclésiastiques, et portait le nom de Ville sainte chez les bas Bretons ; elle a actuellement perdu toute son importance.
On trouve encore dans l'arrondissement de Morlaix : CUder (5,000 hab.), Guidon (3,500 hab.), Undivuiau (3,600 hab.), PUihert- Christ (3,600 hab.), Plouenan (3,000 hab.), Ploueseal (3,700 hab.), Plougouven (6.600 hab.), Plouigneau (5,000 hab.), Plounéour (4,000 hab.), Plounevez-I^cftrist (6,500 hab.), Plouvorn (3,600 hab.), Roscoff{ 3,600 hab.). Saint- Tfo'gounec (3,800 hab.), Sizun (3,900 hab.), etc.
L'arrondissement de Quimperlé renferme aussi de nombreuses agglomérations de hameaux, qui forment des communes importantes seulement par leur population : Bannalec (6,000 hab.), Clohars-Carnoët (3,300 hab.), Notion (6,600 hab.), Scaër (6,300 hab.), etc.
lia. 1° Les Glénans sont un groupe de neuf petites lies , situées à 20 kilomètres de la pointe de Penmarch, et qui sont environnées d'écueils très-dangereux. La plus grande, Ponfret, a un bon mouillage; les autres lies sont: Guyolée, Guimenet, du Loch, qui renferme un étang; Thème; Saint-Nicolas , qui a un bon mouillage; la Cieogne, située au milieu du groupe et en dominant toules les passes; son mouillage est bon et défendu par un fort , etc.
28 Sein, qui a 3 kilomètres de long sur un de large, est une lande stérile toujours couverte par d'épais brouillards, sujelte aux plus violentes tempêtes, submergée souvent par les hautes marées; elle est cependant habitée par une vigoureuse population de pêcheurs. Au temps de l'indépendance gauloise et des druides, ceUe lie était célèbre par l'oracle d'une divinité celtique , qui était servie par neuf vierges appelées Cènes. « Les Gaulois croyaient, dit Pomponius Mêla, qu'animées d'un génie particulier, elles peuvent par leurs vers exciter des tempêtes dans les airs et sur la mer, prendre la forme de toute espèce d'animaux, guérir les maladies et prédire l'avenir. »
3° Ouessant, située à 22 kilomètres de la côte, a environ 30 kilomètres de tour, est bordée de rochers inaccessibles, et n'a qu'un petit port de pêche. Son territoire est fertile et abonde en prairies. Sa population est de 2,200 habitants, tous marins et faisant la pèche de la sardine. Elle renferme un village, Saint-Michel, et trois hameaux. Il s'est livré dans ses eaux une bataille navale entre les Français et les Anglais en 1778. ,-,
6* Batz, située à 2 kilomètres de Roscoff, a 6 kilomètres de long sur 3 de large, et se trouve entourée de brisants qui en rendent l'abord difficile. On y trouve quelques prairies cl quelques cultures, mais pas un arbre. Il y a trois villages et 1,200 habitants. Quatre batteries et deux forts forment sa défense. La passe qui se trouve entre l'Ile et la cote, grâce aux travaux qui y ont été faits récemment, offre une excellente
relâche pour tous les vaisseaux de guerre ou de commerce qui entrent dans la Manche. Plus de 6,000 s'y abritent annuellement.
S XIII. Département des Côtes- du -Nord. — Statistique, agriculture, commerce, etc. — Toute la partie orientale de ce département, à droite d'une ligne menée de Paiinpol à Loudéac, est formée de la haute Bretagne; toute la partie occidentale à gauche de celte ligne est fermée de la basse Bretagne. Sa superficie est do 688,6M hectares, dont /iOO.OOO de terres labourables, 50,000 de prés, 60,000 de bois, 120,000 de landes, etc. Sa population était, en 1801, de f>0'i,303 habitants; en 1821 , de 552,.'i2.'j hab.; en 1**1, de 607,572 hab.; elle est aujourd'hui de 632,613 habitants. Il a pour chef-lieu Saint-Brieuc, et se subdivise ainsi;
Arrondissement «le Saint-Brieuc. . . . n canton», 95 communes, 180,275 habitants.
— de Dinan 10 — 91 — 1 1 »,3?8
— de (iuinuamii. ... 10 — 73 — I2t.,r.>3 —
— de Lannion 7 — M — Il ',,737 —
— de Loudéac 9 — 56 — 9'\vi0 —
• 5 arrondissements 4s cantons 377 communes, «3?, <i 13 habitants.
Ce département forme le diocèse de Saint-Brieuc ; il est dans le ressort de la cour d'appel de Bennes, et renferme 5 tribunaux de première instance et 3 tribunaux do commerce (Saint-Brieuc, l'aimpol, Quintin). Il possède 5 collèges (Dinan, Lannion, Guingamp , Saint-Brieuc , Lamballe ) , 5 écoles supérieures , 396 écoles élémentaires. Il fait partie de la 16e division militaire, et possède un dépôt de remonte à Guingamp. Les côtes appartiennent au deuxième arrondissement maritime; on y trouve trois quartiers, ceux de l'aimpol et Saint-Brieuc, compris dans le sous-arrondissement de Brest, et celui de Dinan, qui relève du sous-arrondissement de Saint-Servan. Ix» ports principaux sont : le Légué, Binic, Portrieux, Paimpol, Tréguier et Lannion.
Ce déparlement est un pays agricole «t industriel; il est peu élevé, traversé de l'est à l'ouest par la chaîne des monts Menez que nous avons décrite. L'agriculture y est fort arriérée ; cependant on y récolte en céréales et en pommes de terre au delà des besoins de la consommation locale. On y récolle aussi du lin, du chanvre, des betteraves, et beaucoup de légumes estimés. Les essences dominantes des forêts sont le chêne, le hêtre et le bouleau; le châtaignier y vient bien; les arbres verts et le pin maritime réussissent dans les landes; la douceur du climat permet de cultiver le myrte et le figuier en pleine terre. Les prairies sont assez abondantes, el les pâturages de bonne qualité favorisent l'élève do bestiaux et chevaux estimés; l'éducation des abeilles se fait avec succès. On pense qu'il y a dans le département 265,000 tètes de gros bétail, 190,000 moutons, 100,000 porcs, 7,000 chèvres, 90,000 chevaux, etc.
L'exploitation minérale est peu importante; ses principaux produits sont le fer el le sel ; mais on exploite aussi de très-beau granit, des ardoises, de la pierre à chaux, de la terre à poterie, de la plombagine. Sur les côtes près de Pordic, on remarque les restes d'une forêt sous-marine. Les sources minérales sont nombreuses : celles de Dinan sont très-fréquentées.
La grande et la petite pèche maritime sont les principales industries des arrondissements de Lannion, Sainl-Brieuc et Dinan. Dans les arrondissements de Guingamp et de Loudéac, la fabrication du lil et des toiles tient, avec les tanneries, la première place;
les fers, les cuirs, les peaux et les papiers, les lainages communs, la poterie, l.i faïence, etc., sont les autres produits. Le commerce, fort étendu, consiste dans l'exportation des produits agricoles, bestiaux, chevaux, suifs, miel, cire, beurre; les toiles de Bretagne sont spécialement expédiées dans l'Amérique du Sud.
Il y a dans le département 6 rivières navigables, sur 56 kilomètres (l'Argucnon , 6 kil.; le Gouet, 5 kil.; le Trieux, 15 kil.; l'Effe, 3 kil.; le Tréguier, 21 kil. ;le Guer, 6 kil.); 2 canaux sur 73 kil. (canal d'Hic et Rance, 16 kil.; canal de Nantes à Brest, 57 kil.) ; 6 routes impériales sur 385 kil. ; 17 routes départementales sur 476 kilomètres; 4,560 chemins vicinaux.
§ XIV. Dépautf.mf.nt dfs Côtf.s-du-Nord. — Description des villes. — Saint- lirieuc, chef-lieu du département et siège d'un évéché , renferme en outre un tribunal de première instance, un tribunal de commerce, un lycée, une bibliothèque de 25,000 volumes et un musée d'histoire naturelle. Sa population est de 14,000 habitants. C'est une ville maritime fort agréablement située , près de l'embouchure du Gouet. Elle est laide, mal bâtie, et sans autre édifice que sa cathédrale. On y fait commerce de denrées du pays, de sel, de toiles, etc. Son port est au Légué, à 1 kilomètre au-dessous de la ville; il est sûr et accessible à des bâtiments de 350 tonneaux; on y fait quelques armements pour Terre-Neuve et pour les Antilles. Sur les falaises qui sont à l'entrée du port, on remarque les ruines de la tour de Cesson, bâtie en 1395 pour défendre l'entrée du Gouet, et qui fut démolie en 1598 par ordre de Henri IV. Saint- Bricuc doit son origine â un monastère fondé au cinquième siècle; elle fut assiégée et prise pendant les guerres des quatorzième et seizième siècles, comme toutes les villes de la Bretagne; ses fortifications furent détruites en 1788, et remplacées par une belle promenade de tilleuls.
Dinan, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 8,400 habitants, est bâtie sur une colline escarpée, qui s'élève à 60 mètres au-dessus do la rive gauche de la Rance. Son port ne reçoit que de petits navires de 90 à 100 tonneaux, et communique avec celui de Saint-Malo au moyen de la marée. Le commerce des grains et des autres productions du sol, ainsi que des fabriques de Utiles à voiles, donne quelque activité à cette ville, qui est mal bâtie, et percée de rues étroites et tortueuses; ses monuments les plus remarquables sont le c bateau de Dinan, énorme donjon construit au quatorzième siècle, et qui servait de résidence aux ducs de Bretagne; l'église Saint- Sauveur, édifice gothique , où est déposé le cœur du connétable du Guesclin , à qui l'on a élevé, en 1823, une statue sur une place qui porte son nom. A peu de distance de la .ville, on trouve des eaux minérales ferrugineuses et salines qui jouissent d'une réputation méritée.
iMnnhn, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 6,200 habitants, est eue petite ville placée dans une bonne position pour le commerce, sur le Guer, où elle a un port d'un accès facile et peu éloigné de la Manche. Elle est triste, sale, mal •bâtie, percée de rues escarpées et étroites, mais le quai du port est large et spacieux. Elle fait un commerce important de chevaux , be>tiau\, chanvre, lin, laines, beurre, etc.
Loudéac, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et une chambre des manufactures, a 6,300 habitants; elle n'est remarquable (pie par son commerce d-.
bestiaux, et comme étant le centre d une fabrication considérable de toiles dites de Bretagne.
Guingamp, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 7,000 habitants, est située sur le Trieux, au milieu de belles prairies. On y trouve des fabriques importantes de draps, de lils retors, de cuirs, etc.
Binic (arrondissement de Saint-Brieuc) est peuplé de 2.000 habitants. C'est une petite ville qui s'est formée depuis trente ans, et qui était au! refois un hameau dépendant d' Etablis, autre petit port de 2,800 habitants, qui se livre à la pêche. I.e port de Binic est petit , profond et très-commerçant. Il fait des expéditions pour Terre-Neuve.
LambalU (4,300 hab.) est une ville ancienne, située sur le versant d'un coteau et sur le Gouessant, bien bâtie, riche et industrieuse. Elle était autrefois le chef-lieu du comté de Penthièvre; elle a été fortifiée et défendue par un château très-fort, qui fut souvent assiégé, et qui a été détruit par ordre du cardinal de Richelieu. On y trouve des mégisseries et des tanneries.
Paimpol, petite ville maritime de 2,200 habitants, avec un tribunal de commerce, possède deux ports bien placés et regardés comme les meilleurs de la cote comprise entre Saint-Malo et Morlaix. Elle est bâtie sur le versant d'une haute colline, se trouve presque entourée par la mer, et ne communique avec la terre que par un pont. C'était autrefois une ville forte, que Henri IV donna aux Anglais ses alliés; elle fut prise et saccagée par les ligueurs. On y trouve des corderies et des tanneries. Le commerce maritime y est important, ainsi que la pèche.
Portrieux est un petit bourg maritime qui fait partie de la commune de Sninl Quatj (3,000 hab.); il a un beau port, défendu par une jetée, et se trouve précédé d une rade étendue. Cette rade est le rendez-vous de tous les bâtiments appartenant a cette côte qui vont à la pêche de la morue. On y trouve des bains de mer très-fréquentes.
Quintin (£,000 hab.), petite ville, avec un tribunal de commerce, est bâtie dans un beau vallon, sur le Gouet; elle a un joli château construit sur les ruines d'une ancienne forteresse, et' se distingue par ses manufactures de toiles excellentes, et qui sont renommées par toute la France.
On trouve encore dans l'arrondissement de Saint-Brieuc 27 communes, qui ont une population de 2 à 5,000 habitants. Les plus importantes sont : Chûlelmidrcn , célèbre dans l'histoire des ducs de Bretagne; Moncontour, qui a des fabriques de cardes et des tanneries; Plaintel (3,/|00 hab.), Plédran (3,700 hab.), Plèh (^,£,00 hab.), PUneuf, où l'on fait des armements pour Terre-Neuve ; Plêrin (5,600 hab.), Plamc (5,200 hab.), Mouette (4,400 hab.), Plouha (5,000 hab.), Pordic (5,000), etc.
Broont (arrondissement de Dinan), bourg de 2,500 habitants, est remarquable par les ruines du château de Lamolte-Broons, où naquit du Gticsclin.
Saint-Cast, village situé près de la côte de la Manche, à 33 kilomètres au nordouest de Dinan, est célèbre dans l'histoire de la Bretagne et do nos luttes avec l'Angleterre par la victoire (pie le duc d'Aiguillon remporta, le 11 septembre 1758, sur les Anglais, qui avaient débarqué le /j, au nombre de 10 à 12,000, dans l'anse de Saint-lîi iriic. Ceux-ci furent obligés de se rembarquer avec perte de 2,^00 \v t,::hos.
Corsutl , bourg de 3,300 habitants, est situé sur l'emplacement de l'andc, capitale des Cni iowlUcs. On y trouve de nombreuses ruines et des débris d'antiquités romaines. tome u. 66
Évran, petite ville de 6,600 habitants, située sur le canal d'IUe-et-Rance, dans de vastes landes, est la patrie du célèbre Beaumanoir, dont les descendants habitent encore le pays.
Plévenon, bourg de 1,200 habitants , est voisin du cap Frèhel, célèbre par l'agitation extrême de la mer, par la fissure appelée Trou-d'enfer, où s'engouffrent les flots, enfin par le château de la I/ilte, qui commande la baie de Fresnay.
On trouve encore dans l'arrondissement de Dinan : Plenée-Jugon (6,500 hab.), Pleudihen (6,900 hab.), Plouher (6,000 hab.), etc.
Pontricux (arrondissement de Guingamp) est une petite ville de 2,000 habitants, assez bien bâtie, située sur le Trieux, qui est navigable jusqu'à la mer. Son port reçoit les marchandises destinée? à Guingamp. — L'arrondissement de Guingamp renferme en outre : Bégard (6,000 hab.), Bourbriac (6,600 hab.), Callac (3,600 hab.), (Jlomel (3,800 hab.), Louargat (6,600 hab.), Plougouver (6,000 hab.), etc.
Perras-Guirec (arrondissement de Lannion), bourg de 2,600 habitants, est important par son havre, qui est sûr même pour des bâtiments de guerre. Il est couvert au nord par l'île Thomi, sur laquelle on trouve un bon mouillage.
Jm Rufhe-Derrien , petite ville de 1,700 habitants, doit son origine à Derricn , comte de Penthièvre, qui y bâtit en 1070 un château célèbre dans les traditions fabuleuses et dans l'histoire de la Bretagne. Charles de Blois l'assiégea en 1367, et fut fait prisonnier sous ses murs.
Trêguier (3,500 hab.) est bâtie en amphithéâtre sur un coteau qui fait face à la mer. Elle possède une ancienne cathédrale classée au nombre des monuments historiques, un bon port et une rade excellente, qui peut recevoir des navires de tout tonnage. On y fait commerce de bois, de grains, de vins, etc. C'est une ville trèsancienne, qui a beaucoup souffert des guerres de la Ligue.
L'arrondissement de Lannion renferme encore : Lezardrieux (2,200 hab.), fMgvivy- Phugrat (3,300 hab.), Plettin (6,500 hab.), Ptouanl (5,300), Ploubezre (3,600 hab.), PloumiUiau (3,500 hab.).
Uicl (2,000 hab.), située sur l'Oust, est la ville la plus importante de l'arrondissement de Loudéac par ses fabriques et son commerce de toiles. — On trouve encore dans cet arrondissement : Lamottt (3,000 hab.), où l'on fabrique aussi des toiles; Merdrignae (3,000 hab.), importante par ses forges; Plestala (3,300 hab.), Plouguenast (3.800 hab.), Plumievx (3,600 hab.), etc.
Iles. — 1° Les Sepl-lUt sont un groupe d'Iles rocheuses non habitées, et qui n'offrent que des mouillages peu sûrs. La principale est l'Ile aux Moines, qui est défendue par un fort cl des batteries.
2* Bréhat, séparée de la côte par un bras de mer de 1,700 mètres de large, a environ 5 kilomètres de long sur 3 de large. Elle est en partie rocheuse, en partie cultivée, et habitée par une population vigoureuse d'excellents marins qui s'élève à 1,700 âmes. Le climat est assez doux, mais la végétation est contrariée par des vents continuels. L'Ile est défendue par un fort et douze batteries. Elle présente trois havres, dont l'un a 8 brasses d'eau à marée basse. C'est le seul port de la côte depuis Saint-Malo jusqu'à Brest où les frégates puissent entrer, et c'est le lieu de relâche de tous les bâtiments en temps de guerre.
§ XV. DEPARTEMENT D'IlLE-ET-ViLAINE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE, COMMERCE, ETC.
— Le département d'Ille-et-Vilaine est tout entier compris dans la haute Bretagne. Sa superficie est de 672,736 hectares, dont 390,000 de terres labourables, 70,000 de prés, &2,000 de bois, 100,000 de landes. Sa population était, en 1801, de 488,846 habitants; en 1821, de 533,207 hab. ; en 1841, de 549,417 hab.; elle est aujourd'hui de 574,618 habitants. Il a pour chef-lieu Rennes, et se trouve ainsi subdivisé :
Arrondissement do Rennes 10 cantous, 81 communes, U9,i7l habiUuta.
— de Fougi-res « — 58 — 85,151 —
— de Mont fort 5 — 46 — 60,615 —
— de Redon 7 — 46 — S2.287 —
— deSant-Malo 0 — 60 — 123,385 —
— de Vitré 6 — 63 — 85,509 —
6 arrondissements 43 cantons, 349 communes, 674,618 habitants.
Ce département forme le diocèse de Rennes. Il est compris dans le ressort de la cour impériale de Rennes , et renferme 6 tribunaux de première instance et 2 de commerce. Pour l'instruction publique, il possède un lycée à Rennes, 4 collèges communaux (Dol, Fougères, Saint-Servan et Vitré); une école normale départementale à Rennes, 9 écoles supérieures et 473 écoles élémentaires. Il forme une subdivision de la 16* division militaire, et renferme 2 places de guerre, Saint-Malo et le fort des Rimains. Pour l'administration maritime, il est compris dans l'arrondissement de Brest et dans le sous-arrondissement de Saint-Servan ; il comprend le quartier de Saint-Malo, qui compte 8 syndicats et 5 stations. On y trouve 7 ports principaux : la lloulle, Saint- Malo, Saint-Servan, Saint-Juliac , la Richardais et Redon.
C'est un département qui est principalement agricole ; le pays y est peu élevé et traversé de l'est à l'ouest par les hauteurs schisteuses et granitiques des collines de Bretagne. Des forêts , des landes et des bruyères couvrent près de la moitié du sol ; mais les bords des cours d'eau et les fertiles marais de Dol produisent d'abondantes récoltes, qui cependant suffisent à peine à la consommation locale. L'agriculture y fait de sensibles progrès; ses principaux produits sont le sarrasin et le seigle, du tabac, du lin et d'excellent chanvre. Les chevaux et les bœufs sont nombreux et estimés, surtout les premiers ; ils donnent lieu , avec le beurre et les produits du sol , à un commerce considérable; il y a également beaucoup d'abeilles. On estime que le département possède 245,000 tèLcs de gros bétail, 190,000 moutons, 74,000 porcs, 11,000 chèvres, 65,000 chevaux.
L'exploitation minérale est assez faible; elle consiste surtout en fer (arrondissement de Vitré), ardoises (arrondissement de Redon), granit, grès à paver, pierre à chaux, etc. Les sources minérales sont assez nombreuses, bien qu'il n'y ait pas d'établissement de bains -, elles sont en général ferrugineuses et froides.
L'industrie du département consiste surtout dans la fabrication des toiles fortes, dans le filage du chanvre et du lin; les cuirs, les cordes et cordages, le verre, la poterie, la faïence, etc., en forment les autres produits; Saint-Malo possède une manufacture impériale de tabacs. On estime que les usines du département élaborent annuellement pour plus de 500,000 francs de gros fer. Quant aux principaux objets du commerce, ce sont les chevaux et les bestiaux , du beurre très-renommé pour la table
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(la Prévalaye) , les produits du sol, les volailles, cire, miel, bois, etc. l a pèche est très-active sur les côtes; la baie de Cancale est renommée pour ses huîtres, et Saint- Malo expédie de nombreux bâtiments pour la grande pêche.
On estime qu'il y a dans l'Ille-et-Vilaine : 5 rivières navigables sur 122 kilomètres (Cnuesnon, 8 kil.; Vilaine, 98 kil. ; Meu, 5 kil. ; Cher, 5 kil.; AIT, 6 kil.); 2 canaux sur lk kil. (canal d'Ille-ct-Rance, 08 kil.; canal de Nantes à Brest, 5 kil.); 11 routes impériales sur 250 kil. s 1,185 chemins vicinaux sur 3,606 kilomètres, etc. On y trouve de plus le chemin de fer de Laval à Rennes.
§ XVI. Département d'Ille-et- Vilaine. — Desciuption des villes. — Retinet, ancienne capitale de la Bretagne , est le chef-lieu du département d'Ille-et- Vilaine ; c'est le siège d'un évéché, d'une cour impériale, d'un tribunal civil, d'un tribunal de commerce, d'une faculté de droit, d'un lycée, d'une école secondaire de médecine, d'une école des beaux-arts et d'une école d'artillerie. La population est de 30,500 habitants. Elle est située au confluent de l'Ille et de la Vilaine, dans une belle plaine, au pied et sur le flanc d'une colline. C'est une ville toute française, toute moderne, et qui n'a aucun des caractères des villes de la Bretagne: rues larges et belles, langue, mœurs, costumes, aspect, monuments, rien n'est breton; on est en plein pays gallot. Presque toute la vieille ville a brillé en 1720, et elle a été alors rebâtie; les anciens remparts ont été détruits dès le règne de Henri IV, et il n'en existe plus guère que la Porte- Morde la ise ou Porte-Royale , par laquelle les ducs de Bretagne faisaient leur entrée. Presque tous les monuments de Rennes ont été construits du seizième au dixhuiiième siècle ; les plus remarquables sont : le palais, où siégeait le parlement, bel édifice élevé sur une grande place carrée, et qui est occupé par la cour d'appel et l'école de droit; la cathédrale, l'hôtel de ville, la bibliothèque publique de 30 à 60,000 volumes, le musée, etc.
L'industrie de Rei nes consiste en manufactures de toiles à voiles, de fils retors, tanneries, blanchisseries de toiles; le commerce est alimenté par les toiles, les fils, les cuirs, la minoterie, le miel roux, les volailles dites de Janzé, le beurre de la Prévalaye, etc.
Rennes, ancienne capitale des Redonet, porta d'abord le nom de Condate; après la conquête romaine, elle devint un municipe important, auquel aboutissaient plusieurs ivtites, et qui fut de bonne heure une des villes les plus belles de la Gaule. Clovis la soumit à sa domination, et y établit des comtes qui paraissent avoir été, dans ces temps peu connus , vassaux tantôt des rois francs, tantôt des rois ou ducs de Bretagne. Pendant les luttes de Nomenoë contre les empereurs carlovingiens, Rennes fut fortifiée et de-linée à couvrir la frontière bretonne contre l'invasion des Francs; elle devint la résidence principale des ducs de Bretagne, le siège du premier évéque de Bretagne et des états du duché. Dès le douzième siècle, l'esprit et l'idiome de la France étaient déjà si complètement établis à Rennes, que les actes des états de Bretagne étaient rédigés en fiançais, et que le plus ancien document législatif, Y Attise du comte Geoflïoi, est écrit aussi dans cette langue. Pendant les guerres civiles du quatorzième siècle, Rennes fut assiégée plusieurs fois. Au seizième, pendant la Ligue, elle fut le théâtre de l' iipics ngilaiions soulevées par l'ambition du duc de Mercœur. La révolte du duc de VeiKloiiie (1614), qui voulut se rendre indépendant en Bretagne, des luttes presque
continuelles entre le parlement de Rennes et la royauté, et l'incendie de 1720, qui dévora presque toute la ville, sont les seuls événements de l'histoire rennaise jusqu'à la révolution. Les luttes du parlement contre les ducs d'Aiguillon et de Chaulnes, gouverneurs de Bretagne, et l'affaire La Chalotais, préparèrent les esprits aux événements de 1789. Nulle part le tiers état ne parut animé de dispositions plus hostiles à la nobles:*} : aussi, le 27 janvier 1789 , un combat s'engagea sur la place du Palais entre la bourgeoisie de Rennes et la noblesse appuyée par ses valets ; la victoire fut remportée par le tiers état, à la téte duquel on avait placé le jeune Moreau, prévôt de l'école de droit, et qui commença ainsi son métier de général. Pendant la révolulion, la population de Rennes et son maire Leperdit se distinguèrent par leur fermeté inébranlable pour maintenir les principes de 1789 et pour éviter les sanglants excès de 1793. Rennes est la patrie des jurisconsultes Bertrand d'Argentré et Toullier, de l'avocat La Chalotais, du constituant Chapelier et de l'historien dom Lobineau.
Fougère», chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, est une jolie ville do 9,000 habitants, située sur une hauteur, au confluent du Nançon avec le Couesnon; ses environs sont délicieux ; elle est régulièrement balie , animée et industrieuse. C'était une baronnie et l'une des plus fortes places de la Bretagne. Elle fui prise par Jean Sans-Terre on 1202, par Dugucsclin en 1372, par les Anglais en 1468, par le duc de la Trémoille en U88. par le duc de Mercœur en i:>88; en 1630 on démolit ses fortifications, mais il en reste le château. Fougères est très-importante par ses manufactures de toiles à voiles et de toiles de chanvre dites de Saint-Georges, qui s'exportent en Amérique, par ses teintureries de flanelles écarlates et par ses tanneries. On trouve dans la forêt qui l'avoisine des monuments celtiques.
Monifort, chef- lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 2,000 habitants, est une petite ville très-ancienne, située sur un coteau, entre le Meu et le Garun. Ses environs sont fort pittoresques et boisés ; on y va visiter les ruines du tombeau du célèbre enchanteur Merlin , composé de deux dolmens en ruines.
Redon, jolie ville bien bâtie, située sur la Vilaine au pied d'une montagne, est le siège d'une sous-préfecture et d'un tribunal de première instance ; sa population s'élève à 5,800 habitants. Elle a un port très-fréquenté ; son commerce est actif, et se compose de sels, de vins, de mid , de cire, de bois et de fers. Redon doit son origine à un célèbre monastère fondé en 832.
Samt-Malo, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, et 10,000 habitants, est située sur 111*' d'Aron , qui est jointe à la terre ferme par uno étroite chaussée appelée le Sillon. Son port est fort bon, très-fréquenté, mais d'un accès diflicile; il est précédé, à l'ouest de la ville, par une rade que sépare de la mer une ceinture d'Ilots et que défendent sept forts , dont le plus considérable est la Conekie, ouvrage de Vauban. l.es fortifications de Saint-Malo sont également l'œuvre de l'illustre ingénieur; ce sont d'immenses et solides murailles bastionnées, bâties sur le roc et garnies partout d'une puissante artillerie. De toutes les anciennes parties fortifiées de la ville Vauban n'a conservé que le château, construit, selon la tradition, par la reine Anne : c'est un bâtiment carré, tout en granit, d'une grandeur imposante, ayant une grosse tour à chaque angle; l'une de ces tours est le donjon dans lequel fut enfermé La Chalotais.
Saint-Malo est un port de commerce el de grande pèche : les armements pour les Indes, pour la pèche de la baleine et de la morue, y sont nombreux; les constructions navales, la fabrication du tabac, des hameçons, des cordes, des toiles et de tous les objets nécessaires à la pèche et à la navigation, lui donnent une grande activité; le commerce y est considérable et porte sur les denrées coloniales, les épices, les produits de l'Inde, de la Chine, de l'Afrique occidentale, el sur les produits do l'industrie et de l'agriculture bretonnes.
Cette ville paraît avoir été fondée au dixième siècle par le déplacement d'une partie de la population d'IUth, vieille cité gauloise qui était située sur le territoire de Saint-Servan. L'ilc d'Aron , où l'on commença à bâtir Saint-Malo, renfermait alors un monastère élevé au sixième siècle; la ville nouvelle se groupa autour de ce monastère et prit le nom d'un évéque d'Aleth. Elle forma dès lors une cité à peu près indépendante sous le gouvernement de ses évôques et du chapitre , se livrant à la course et au commerce , et ayant des relations très-suivies avec l'Espagne et une profonde antipathie pour les Anglais. Aussi les Malouins résistèrent avec opiniâtreté à Jean de Montfort, que soutenait le roi d'Angleterre; ils se donnèrent à Clisson, puis au roi de France, et ne se soumirent aux ducs de Bretagne qu'au milieu du quinzième siècle. Enfin la reine Anne les brida par la construction du château, sur une tour duquel elle fit graver cette inscription : Quic en groujnc, ainsi sera : c'est mon plaisir. La réunion de la Bretagne à la France fut pour Saint-Malo le signal d'une trèsgrande prospérité : alors que Brest n'existait pas , cette ville devint le premier port de la France sur l'Océan. Ses navigateurs découvrirent le banc de Terre-Neuve, et l'un d'eux, Jacques Cartier, le Canada; ils suivirent de près les Hollandais dans la mer des Indes. Leur puissance était devenue si considérable au dix-septième siècle, qu'on voit une escadre de Malouins forcer le port de Tunis en 1609 et châtier les pirates en leur brûlant trente-cinq bâtiments; en 1622, ils équipèrent une flotte de trente voiles pour aider Richelieu à soumettre la Rochelle. En 1fi65, ils envoyaient une frégate de trente-six canons, commandée par Porconde la Barbinais, pour mettre à la raison les Algériens. Leur réputation était telle que Louis XIV, par ses ordonnances ^ de 1655 et de 1668, prescrivit que le vaisseau amiral de ses flottes serait toujours monté par des matelots, officiers, mariniers et canon niers malouins. Pendant la guerre de 1688 h 1697, contre l'Angleterre, les corsaires de Saint-Malo enlevèrent plus de 1,500 bâtiments à l'ennemi : aussi les Anglais, pour se venger, essayèrent de détruire la ville: ils la bombardèrent en 1693, et lancèrent contre elle une machine infernale qui échoua à l'entrée du port; en 1695, ils la bombardèrent de nouveau. Pendant la guerre de la succession d'Espagne, les corsaires malouins recommencèrent leurs courses avec autant de succès, et la richesse de la ville était telle qu'elle prêta 30 millions à Louis XIV. Duguay-Trouin et Labourdonnais portèrent la renommée des marins de Saint-Malo à son comble; mais sous le règne de Louis XV, les succès des Malouins contre les Anglais furent moins marqués, et la ville eut à souffrir de ces ennemis, en 1758, un nouveau bombardement. Pendant les guerres de la révolution, elle maintint sa glorieuse réputation et produisit alors le fameux Surcouf. Aujourd'hui Saint-Malo, comme port de guerre, n'a plus qu'une importance secondaire; mais comme port de commerce, c'est encore un des points manliines les plus considérables de la France.
Vitré, chef-lien d'arrondissement , avec un tribunal civil, un collège et 8,800 habitants, est située su: la rive droite de la Vilaine, dans un pays pittoresque; elle est entourée de vieux remparts, et dominée par un ancien château féodal; ses maisons sont en général mal bâties et ses rues sales et tristes. L'église de Notre-Dame et la maison qu'habitait madame de Sêrigné en sont les édifices les plus curieux. Quelques fabriques de toiles lui donnent une certaine activité. Pendant la révolution, les arrondissements de Vitré et de Fougères furent Irès-agilds par la chouannerie. — A 2 kilomètres au sud de Vitré, on remarque le château des Rwhert, si célèbre par le séjour et les lettres de madame de Sévigné.
Châleauqiron (arrondissement de Rennes) est une petite ville de 1,700 habitants, qui avait autrefois le titre do baronnie et était fortifiée; on y fait un commerce assez important de toiles et de fils, qui est alimenté par le travail des communes environnantes.
On trouve encore dans l'arrondissement do Rennes : la Rouexure (2,500 hab.), qui a des forges et hauts fourneaux; Hédé (1,000 hab.), célèbre par les ruines de son vieux château, qui était l'une des places fortes de la Bretagne; Janzé (6,700 hab.); Pont-Pèan, qui a une mine do plomb argentifère; Noyai (3,300 hab.), etc.
Antrain (arrondissement de Fougères), petite ville de 1,700 habitants, située sur le Conesnon, a des minoteries importantes et était autrefois fortifiée. Les républicains y furent battus par las Vendéens en 1793.
Saint- Aubin-du-Cormier, petite ville de 1,900 habitants, située près d'une colline, est célèbre par la bataille de l/(88, gagnée par les troupes de Charles VIII sur le duc de Bretagne François II. On y voit les ruines d'un vieux château bâti par Pierre de Dreux.
On peut citer encore dans l'arrondissement de Fougères : Dazovge-la~ Péroute (4,200 hab.), la Hayed'lré et Laiyntltl , qui ont d'importantes verreries; Louv'ujné (3,800 hab.), etc.
Dècherel (arrondissement de Montfort), petite ville de 900 habitants, est bâtie s'ir le sommet d'une colline d'où l'on découvre les laudes d'Évran, Dinan et une multitude de villages. C'était une place forte dont les Bretons ne s'emparèrent, en 1379, qu'après un an de siège. Près de là, en 1382, du Guesclin fut fait prisonnier par les Anglais. On y fait commerce de grains et fil de lin.
Paimpont (3,600 hab.) est une petite ville située dans la forêt qui porte son nom, près de la source de PAIT. On y trouve les forges les plus considérables de la Bretagne, des clouteries, des blanchisseries de fil, etc. La forêt de Paimpont, qui n'a pas moins de 10,000 hectares, est célèbre dans les romans de chevalerie, sous le nom de Brocéliande, par les enchantements de Merlin.
On trouve encore dans l'arrondissement de Montfort : Iff ndie (^00 hab.), Plélan (3,500 hab.), Montauban { 3,000 hab.), Saint-Mcen (2,800 hab.), etc.; et dans l'arrondissement de Redon : Bain, qui a des tanneries et des mégisseries, avec A, 000 habitants; Gukhen (3,600 hab.), qui a une source d'eau minérale; Fougnay (5,000 hab.), Maure (/|,200 hab.), etc.
Cancale (arrondissement de Saint-Malo), petite ville de 5,800 habitants, est importante par ses pêcheries d'huîtres, et se divise en deux parties : Cancale, située sur une hauteur, et la Houle, qui renferme le port. On y jouit d'une vue délicieuse sur
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toutes les côtes de la baie. les Anglais débarquèrent à Cancale en 1758 pour ailcr brûler Saint-Servan.
.Çhàlcauncnf , bourg de 800 habitants , situé près de la Rance, était autrefois défendu par un fort château, qui a subi des sièges nombreux. Henri IV le fil démanteler, et il n'en reste que des ruines. A côté de ce château on a bâti, en 1777, un hexagone régulier et casematé, qui couvre la roule de la côte sur Saint-Servan et se trouve compris dans les ouvrages détachés 4e Saint-Malo.
Dol, petite ville de £.200 habitants, est située sur une hauteur qui domine un terrain très-fertile et composé de marais desséchés. C'est une ville malsaine, triste, mal bâtie, présentant quelques restes de ses anciens remparts. Par sa position elle fut longtemps un des boulevards de la Bretagne contre la Normandie. Klle fut assiégée deux fois par Guillaume le Conquérant, prise par Henri II, assiégée trois fois dans les guerres de la Ligne, prise par les Anglais en 1758. En 1793, les Vendéens s'y réfugièrent , et forcèrent les républicains à la retraite après quinze heures de résistance. On y remarque sa belle cathédrale.
Saint-Serran, situé à l'embouchure de la Rance et à 2 kilomètres au sud de Saint-Malo, est un chef-lieu de sous-arrondissement maritime et compte 10,000 habitants ; c'est une ville bien bâtie , agréable , et où la vie est active ; elle a deux ports très-sûrs, le port Solidor et le port Saint-Père; on y construit de grands bâtiments et même des frégates, et l'on y fait une fabrication importante de câbles. Le cabotage cl la pèche de la morue y emploient un grand nombre de bâtiments et de marins. En 1758, les Anglais s'emparèrent de Saint-Servan , et y détruisirent les vaisseaux avec les approvisionnements. C'est pour garantir ce port important de construction qu'on a bâti le fort de Chàteauncuf.
On remarque encore dans l'arrondissement de Saint-Malo : Combmirg (5,000 hab.), où est né Chateaubriand; Parami (3,600 hab.), PUurtuit (5,000 hab.), Tinteniac (2,000 hab.), etc.
L'arrondissement de Vitré ne renferme que peu de localités remarquables : Argentré (2,800 hab.), la Guerche (4,600 hab.), Martigné (3,800 hab.), etc.