CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME
NORMANDIE ET PKRCHE. — DÉPARTEMENTS DE LA MANCHE, DU CALVADOS, DE L'ORNE, DE L'EURE ET DE I.A SEINE-INFÉRIEURE.
S *• Limites et subdivisions. — La Normandie tire son nom des Northmant ou hommes du Nord, qui vinrent s'y établir dans le dixième siècle; elle était bornée au nord et à l'ouest par la Manche, au sud-ouest par la Bretagne, au sud par le Maine et le Perche, à l'est par l'Ile-de-France, au nord-est par la Picardie. Sa plus grande longueur de l'est à l'ouest est de 220 kilomètres, sa largeur est de 100 à 150 kilomètres. On la divisait en basse Normandie, capitale Caen, haute Normandie, capitale Rouen, qui étaient séparées à peu près par la Touques, et se subdivisaient ainsi : Dans la basse Normandie: Avranchin (capitale Avranches), Colenlin ( cap. Cou-
lances) , qui ont formé avec le comté de Mortain le département de la Manche ; Bocage (cap. Vire), Bestin (cap. Bayeux), pays d'Auge (cap. Ponl-l'Évêque), qui ont formé le département du Calvados; dans la haute Normandie : Lievvin (cap. I.isieux) , qui a formé aussi le département du Calvados; Marches (cap. Argentan ) , et pays d'Houlme (cap. Domfront) , qui ont formé une partie du département de l'Orne ; pays d'Ouchc (cap. Évreux), qui a formé le département de l'Eure ; pays de Bray (cap. Neufchàtel), l'exin normand (cap. Gisors), Boumois (cap. Rouen), pays de C.aux (cap. Dieppe) , qui ont formé le département de la Seine-Inférieure. Quant au re-te du département de l'Orne, il a été formé du haut Perche, qui se divisait en Corlmnois (cap. Mortagne) et Belesmois (cap. Bclesme).
La Normandie formait un gouvernement militaire; elle avait un parlement qui siégeait à Rouen, se divisait en trois généralités, et avait un archevêché, Rouen, et six évèchés, Lisieux, Avranches, Coutances, Séez, Bayeux, Évreux. Le haut Perche faisait partie du gouvernement du Maine.
§ IL OnocnAPHiE. — Constitution géologique. — La Normandie. est un pays généralement plat ou faiblement accidenté. Ses hauteurs, qui nulle part ne dépassent 300 mètres, appartiennent : 1» au faite de partage des eaux entre la Seine et la Loire; 2° au faite de partage des eaux entre la Somme et la Seine.
Les premières traversent d'abord le Perche par des collines assez élevées, et qui donnent à tout le pays un aspect montueux; puis elles pénètrent dans les Marches, vers les sources de la Rille, de la Sarthe et de l'Orne, dans un plateau élevé de près de 300 mètres, coupé de vallées assez profondes, mais larges, bien arrosées et fertiles ; de là elles courent à l'ouest en séparant les eaux de l'Orne de celles de la Mayenne, et traversent le pays d'Houlme dans lequel on trouve la butte Charlemagnc et le mont Hallouze, dont les sommets atteignent 300 mètres. Arrivées aux sources de la Vire, de la Sée et de la Varenne, elles deviennent plus rudes et plus rocheuses, tournent au sud, séparent PAvranchin du pays d'Houlme, puis la Bretagne du Maine, et pénètrent en Bretagne, où nous avons achevé de les décrire.
Il se détache de cette chaîne plusieurs rameaux , qui se dirigent en général vers le nord , et enceignent les cours d'eau de la basse Normandie. Ces rameaux sont peu élevés, arrondis et couverts de riches cultures. Les plus importants sont, entre la Rille et l'Avre, affluent de l'Eure, entre la Touques et la Rille, entre la Divc et l'Orne, entre l'Orne et la Vire. Le second de ces rameaux, entre Touques et Rille, appelé quelquefois collines du Lieuvin, est l'extrémité de la ceinture du bassin de la Seine. Aux sources de la Vire , il se détache de la chaîne principale un cinquième contre-fort plus important que les précédents : ce sont les collines du Cotentin, qui traversent cette presqu'île du sud au nord , et vont finir à la pointe de Bardeur et au cap de la Hague.
l.e faite de partage des eaux entre Somme et Seine, après avoir traversé une partie de la Picardie, entre dans le pays de Bray, vers les sources de l'Epie et du Thcrain, le traverse de l'est à l'ouest ainsi que le pays de Caux, et va finir, en s'inclinant un peu vers le sud, aux falaises de la pointe de la Hève, à l'embouchure de la Seine. O'i hauteurs sont plus larges qu'élevées, arrondies, d'une grande fertilité; elles n'ont pas plus de 100 mètres de hauteur, et les nombreuses vallées qu'enceignent leurs ramifications retiennent des herbages de la plus grande richesse.