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6 arrondissements 4s «aidons, (iii communes, 600,882 habitants.

Le département de la Manche forme le diocèse do l'évoché do Coûtâm es; il renferme à Cherbourg et Chefresne des églises du culte réformé. Il est compris dans le ressort de la cour d'appel de Cacn , et possède 6 tribunaux de première instance et Il tribunaux de commerce (Saint-Lô, Granvillc, Cherbourg, Coutances). On y trouve 6 collèges (Avranches, Cherbourg, Coutances, Valognes, Morlain, Saint-Uilairc-du- Harcouet), une école normale départementale a Saint-Lô, 5 écoles supérieures, 1,225 écoles élémentaires; il fait partie de la 16' division militaire, et comprend un dépôt de remonte à Saint-Lô, 2 places de guerre, Cherbourg et Granville, avec les forts de la Mougue, de Tatihou , de Saint-Marcouf. Il est compris dans l'arrondissement maritime et dans le sous-arrondissement de Cherbourg ; il comprend les 2 quartiers de Cherbourg et la Hougue, avec 10 syndicats, stations et 12 ports de mer : Courtils, Carentan, Saint- Vaast, Barfleur, Cherbourg, Omonville, Diélettc, Cartcrct, Port- Bail, Saint-Germain-sur-Ay, Regniville, Granville.

1^ Manche est un département agricole, d'exploitation et de commerce; il appartient à la région de culture riche et perfectionnée du nord de la France. C'est un pays peu élevé, peu accidenté, que les collines du Cotentin parcourent du sud au nord et divisent en deux versants; il comprend une grande étendue de côtes généralement bordées de falaises et de grèves, où l'on ne trouve que de mauvais ports. Presque tout le département est fertile-, les herbages, les prairies, les terres cultivées en occupent la presque totalité; l'Avranchin seul offre de vastes marais qui, tout perdus qu'ils soient pour la culture, n'en sont pas moins une source de grands produits; on y trouvo

peu de forêts. La récolte principale est en céréales, qui dépassent les besoins de la consommation, en pommes de lerre, lin et chanvre, fruits à cidre. Les fourrages, l'engrais des bestiaux dans les herbages, et le beurre qu'ils produisent, forment une grande partie des richesses du pays, qui possède de belles races de chevaux et de gros bétail; le Gotentin et le Ressin sont le centre de production de l'excellente rare bovine normande. On estime qu'il y a dans le département 210,000 tètes de gros bélail, 320,000 moutons, 85,000 porcs, 92,000 chevaux, etc.

Los richesses minérales de ce pays sont assez grandes; on exploite surtout le fer et le plomb, le sel, la houille et les carrières de beau granit, de marbre, d'ardoise, de grès à paver, de pierre de taille, de chaux et chaux hydraulique, de kaolin et d'argile à potier. L'industrie manufacturière est aussi active que variée; on travaille le fer, le zinc, le cuivre-, mais les principaux produits sont les étoffes de laine, de fil et de colon, les blondes, les dentelles, les verres, draps, papiers, tissus de crin, etc. Les produits du sol, les chevaux, les bestiaux, le beurre, le cidre, le miel, la cire, les volailles, le poisson, donnent lieu à un commerce considérable.

11 y a dans la Manche H rivières navigables sur 119 kilomètres (la Vire, 13 kil.; la Douve, 28 kil.; le Merderet, G kil.; la Sève, 5 kil.; la Taute, 23 kil.; la Teretle, 6 kil.; la Madelainc, 8 kil.; la Sienne, 8 kil.; la Sée, 6 kil.; la Sélune, 8 kil.; le Couesnon, 8 kil.) ; 8 routes impériales sur 400 kil., 23 routes départementales sur 750 kilomètres, et 14,000 chemins vicinaux.

§ VIII. Département de la Manche. — Description des villes. — Saint -Lô, chef- lieu du département, avec un tribunal civil, un tribunal de commerce, un collège, une bibliothèque et 9,600 habitants, est située sur un rocher qui domine la Vire. Elle n'a que des rues escarpées et tortueuses, peu de belles maisons, et pour monuments ses deux églises de Notre-Dame et de Sainte-Croix. On y trouve des fabriques importantes de draps dits droguets de Saint-Lô, de flanelles, de coutils, de dentelles, de coutellerie fine, etc. On y fait un grand commerce de chevaux, de bestiaux, blé, beurre, volaille. Il s'y trouve un dépôt d'étalons pour la remonte de la cavaltrie. Saint-Lô est une ville ancienne qui tire son nom d'un évêque de Coulances qui en était seigneur. Charlemagne y fit construire une forteresse qui arrêta quelque temps Rollon et ses Normands. De nombreux sièges pendant les guerres contre l'Angleterre et pendant les troubles du seizième siècle sont les traits saillants de son histoire.

Avrancha, chef- lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège, une bibliothèque et 9,000 habitants, est située dans une position charmante, sur un coteau d'où l'on dé ouvre toute la baie du Mont- Saint -Michel. On y trouve des fabriques de couvertures, de dentelles, d'instruments aratoires, et l'on y fait commerce de chevaux", de bestiaux, de grains, de sel , de beurre, de fil, de cire. Avranches est une ville ancienne qui, au temps des Romains, s'appelait Abrincatui; elle a subi de nombreux sièges.

Cherbourg, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, un collège, un musée et 28,000 habitants, est le siège de la 1'* prèfecture maritime et l'un des cinq grands ports de guerre de la France. Elle est située à l'extrémité de la presqu'île du Cotentin, «dans une position audacieuse, » dit Vauban, parce qu'elle regarde le principal port militaire de l'Angleterre , au fond d une baie comprise entre

les caps Levl et la Hague, étant abritée au sud par une hauteur qu'on appelle lu m -utagne du Roule. C'est une place forte de premier ordre et dont toutes les approches sont défendues par des redoutes ou des forLs. L'industrie n'y consiste qu'en exploitation de granit, fabrique de soude, construction de navires; mais le commerce y est important en objets nécessaires à la marine, muleLs pour les colonies, denrées pour l'Angleterre, grains, farines, lin, chanvre, etc. On y trouve deux ports : l'un pour le commerce, et qui se compose de deux bassins; l'autre pour la guerre, et situé à un kilomètre environ vers le nord-ouest, au fond d'une baie de 7,000 mètres d'ouverture et de 3,000 mètres de profondeur. Celui-ci, formé entièrement par la main humaine et composé de 3 bassins, a été creusé dans le roc à 19 mètres de profondeur au-des-ous de la haute mer, et peut contenir 50 vaisseaux ; il est entouré de cales magnifiques pour la construction des bâtiments de guerre, de formes de radoub , de chantiers, d'ateliers, d'arsenaux, etc., et enveloppé par une enceinte bastionnée. Pour creuser ce port, on a extrait du rocher 3,600,000 mètres cubes de granit, En avant des deux ports, à 4,000 mètres du port de commerce et à 1,200 mètres du fort Royal, se trouve la fameuse digue qui forme la rade artificielle de Cherbourg, ouvrage gigantesque, le plus considérable de ce genre qui soit sorti de la main des hommes Sa longueur est de 3,638 mètre>; elle a 150 mètres de largeur à sa base, 80 mètres à son sommet et 22 mètres de hauteur. On a jeté dans la mer pour la construire 4,600,000 mètres cubes de pierres. Elle est séparée du continent par deux passes, dont l'une, à l'e>t, a 1,000 mètres d'ouverture, l'autre, à l'ouest, 2,400 mè:res. Les forts établis sur la jetée et ceux de la côte croisent leurs feux sur les passes et les rendent inabordables à l'ennemi. U rade de Cherbourg, fermée par cette digue, occupe une position avancée et dominante dans la Manche, d'où l'on découvre toutes les avenues de cette mer, d'où l'on peut toutes les surveiller ou les occuper. Elle peut recevoir 400 vaisseaux qui sont à l'abri de toute atteinte; car elle ne saurait être bloquée, parce que, dans les gros temps, aucun vaisseau ne peut tenir au delà de la jetée, dans cette mer continuellement agitée et dangereuse. Au contraire, nos flottes peuvent y entrer et en sortir par presque tous les vents.

L'importance de Cherbourg date de cent ans à peine. Dans le moyen âge , c'était un port médiocre et un château fort qui furent pris plusieurs fois par les Anglais. En 1686, Vauban comprit l'importance de cette position, et il y fit commencer quelques travaux qui furent abandonnés quelques années après. La bataille de la Hougue avait pourtant cruellement démontré la nécessité pour la marine française d'avoir un refuge dans cette mer de la Manche si orageuse, de navigation si difficile, et en face de l'Angleterre. Mais on hésitait entre Cherbourg et la Hougue, et à cause des travaux immenses qu'il y avait à faire sur l'un et l'autre point. Enfin, dans la guerre de Sept Ans, les Anglais ayant encore pris Cherbourg sans résistance et ayant rançonné les habitants, il fut résolu d'en faire un port militaire; mais les travaux ne commencèrent que sous Louis XVI, en 1777; et malgré 200 millions qui y ont été dépensés, ils ne sont pas encore complètement achevés.

Coulante*, ancienne capitale du Cotentin, est aujourd'hui un chef-lieu d'arrondissement qui renferme des tribunaux civil et de commerce, un évêché, un collège et 8,000 habitants. C'est une des villes les plus jolies de la Normandie. Bâtie sur une

r,y, LIVRE HUITIEME.

colline, à 7 kilomètres de la mer, file a des ruts droites et mal perches ; mais ses environs sont délicieux, et elle même préseule le fouillis le plus pittoresque de vieilles mai. .ns de bois cachées dans la verdure, d'antiquités moussues, d'habitations modernes, de vergers, de jardins, le tout dominé par la vieille cathédrale, monument si plein d'élégance qu'il semble atteindre la perfection de l'art chrétien au m-iyen ùi;e. On remarque encore à Coûtâm es l'aqueduc romain dit des Piliers, l'Hôtel- Dieu, 1rs boulevards, etc. On y trouve des fabriques de coutils et siamoises, des marbreries, des parrheminerics et mégisseries, etc. Le commerce consiste en bestiaux, chevaux, grains, volailles, etc. Cette ville a subi des sièges nombreux; il ne reste rien de ses remparts. On croit qu'elle doit son nom à Constance Chlore, qui l'avait fait fortifier.

Mortain, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège et 2,500 habitants, est située sur la Cance, dans un site qu'environnent des rochers escarpés. On y remarque les ruines du château, qui a joué un grand rô!e dans le moyen âge; l'église, qui offre un mélange d'architecture romane et d'architecture ogivale; la belle cascade, qui est aux environs de la ville , etc. On y fabrique de la toile et des broderies, et l'on y fait commerce de chevaux et de bestiaux. Cette ville était le chef-lieu d'un comté particulier dont les possesseurs avaient une grande importance territoriale. Il appartint en dernier lieu à la maison de Montpensier et ensuite à celle d'Orléans.

l'afotjncs, chef lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil , un collège, une bibliothèque et 6,000 habitants, est une jolie ville, mais qui n'a qu'une médiocre importance. On y fait commerce de produits agricoles et l'on y fabrique de l'horlogerie cl de la dentelle. Elle était autrefois fortifiée-, et comme elle était la résidence d'une partie de la noblesso qui prit part à la guerre de la Fronde, Louis XIV lit détruire ses murailles.

Carentan (arrondissement de Saint-Lô) est une petite ville de 3,000 habitants située au milieu de marais, au confluent de la 'faute et de la Douve. Elle était autrefois bien fortifiée, et son château comptait encore il y a quelques années parmi les places de guerre, comme défendant l'entrée du Cotentin; on le laisse aujourd'hui tomber en ruines. Celte ville, fait commerce des produits agricoles du pays.

Toriymj, petite ville de 2,200 habitants, sur la Vire, esl bien bâtie et fait un grand commerce de volailles et de chevaux. On y trouve un magnifique château construit par le maréchal de Matignon, qui sert aujourd'hui d'holcl de ville et qui est classé parmi les monuments historiques.

GramilU (arrondissement d'Avranches) , ville maritime , avec un tribunal de commerce et 9,000 habitants, e^t située à l'embouchure- du B>sq et bâtie sur un rocher qui s'avance dans la mer. Elle e^t entourée de fortes murailles, qui furent vainement attaquées par les Vendéens en 1793. Son port est sûr et commode, mais peu large et peu profond. On y fait des armements pour Terre-Neuve, pour le grand cabotage, pour la pêche des huîtres, et c'est le principal port de communication avec les lies anglo-normandes , où l'on exporte des bestiaux et des denrées. Le commerce y est très-actif et consiste principalement en grains, sels, soude, salaisons, toiles à voiles, pierres de Chausey , etc. « La population de Granville est, comme celle d'Arles, renommée par la beauté de ses femmes et distincte de toutes celles qui

l'avoisinent. Ses caractères physiques, ses mœurs, et jusqu'à son simple et gracieux costume, tout révèle en elle une différence d'origine. Les yeux bleus avec des cheveux noirs, le nez droit des Hellènes, traits peu rares à Granville, sembleraient annoncer un mélange de sang méditerranéen. Et, en effet, de toutes les traditions obscures qui se rapportent à co sujet , la moins invraisemblable est celle qui fait descendre cette population des Normands de Robert Guiscard et de femmes qu'ils auraient ramenées de la Grande Grèce et de la Sicile. Ce croisement expliquerait du moins comment la grâce du type grec s'allie souvent ici avec la carrure du type normand*. »

Nous avons déjà dit que le Mont-Saint-Michel est un rocher isolé qui s'élève au milieu de vastes grèves que la mer recouvre à chaque marée, à environ 3 kilomètres de la côte. L'abbaye du Mont-Saint-Michel date du huitième siècle. Au onzième siècle elle fut entourée de fortifications importantes, et avait dès lors à ses pieds un bourg également fortifié. Elle subit plusieurs sièges; le plus célèbre est celui de 1423, où 15,000 Anglais, maîtres de la mer et des côtes, essayèrent vainement de s'en empareri elle était défendue par 120 chevaliers et les habitants du bourg; une flotte bretonne battit la flotte anglaise et délivra la place. Cette abbaye, l'une des plus riches de la France, était un lieu de pèlerinage très-fréquenlé. Une foule de princes la visitèrent, et parmi eux l'on remarque Louis XI , qui y fonda l'ordre de Saint-Michel. Après la suppression des couvents, on en fit, et elle est encore, une maison de détention et une prison d'État. C'est un monument aujourd'hui bien dégradé, mais qui excite le plus vif intérêt par son architecture comme par son site. On y remarque surtout le réfectoire et l'ancienne salle des chevaliers, la galerie du cloître, enfin l'église, dont le chœur est bien conservé.

Le Mont-Saint-Michel est entouré de hautes murailles flanquées de tours. La pente du levant et du midi est seule habitée; c'est là que se trouve le bourg, peuplé de 1,100 habitants presque tous pécheurs.

Pontorton, petite ville de 2,000 habitants, située à l'embouchure du Couesnon, à l'entrée de vastes marais que cette rivière submerge , était autrefois une place forte importante par sa position sur la frontière de Bretagne , et dont les murailles ont été détruites sous Louis XIII.

l'iUedieu-Us-Poéles, petite ville sur la Sienne et peuplée de près de 4,000 habitants, est un centre considérable de fabrication de dinanderie, de chaudronnerie et de poélerie (55 fabriques) , de clous de cuivre, de robinets, de serrures en cuivre, de planches de cuivre , de fonderies de cloches, etc. On y fabrique encore des croix, lampes, encensoirs, candélabres et autres objets pour les églises, que l'on y grave, cisèle et argenté. Les femmes y fabriquent de la dentelle.

Saint- Hilaire-du-Harcouet, ville de 4,200 habitants (arrondissement de Mortain), entre la Sélune et l'Airon , est un centre de commerce considérable entre la Bretagne et la Normandie pour les bestiaux, les grains, les fils, les toiles et la cire. On y fabrique des boutons de nacre, de la chaudronnerie, des cuirs, etc. Le château de Saint-Hilaire était une place forte que sa position sur la frontière de Normandie rendait fort importante; il n'en existe plus que les fossés.

Suurdtval, bourg situé sur la Séc, à H kilomètres au nord de Mortain , a une oopu-

' llaudc , 1rs cèles de la Manche.

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