‹ Géographie UniverselleChapitre 65 sur 93 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

lalion de 6,300 habitants. On y fabrique de la grosse coutellerie, de la quincaillerie, du carton , du papier, et ces divers articles donnent lieu à un grand commerce.. On y trouve encore des moulins à huile.

Bar/leur est un gros bourg maritime de 1,200 habitants, situé à l'extrémité nordest de la presqu'île du Cotenlin. Son port, d'un accès très-difficile, ne peut recevoir que des bâtiments de 3 à 400 tonneaux , et fait le commerce d'exportation des produits agricoles du pays. C'était, au moyen âge, une des principales villes maritimes de la Normandie, une place forte et le point ordinaire d'embarquement pour l'Angleterre. C'est en sortant de ce port, en 1120, que la famille de Henri I", roi d'Angleterre, périt tout entière.

Saint-Vaa$t-la-Hougue , bourg maritime de Z» ,300 habitants, est un des meilleurs ports do la Manche. En avant est une rade vaste et profonde qui peut recevoir des bâtiments de premier rang. Ce port a pris un très-grand accroissement depuis quelques années. On y fait des armements pour la pèche de la morue. Son surnom de la Hougue ou de la Hogue vient du fort qui défend la jetée et le port , à l'est duquel est l'Ile de Tatiftou, aussi fortifiée et contenant un lazaret. Parmi les événements dont la rade de la Hougue a été le théâtre, on peut citer les débarquements des Anglais en 1137, 1605, 1/|12, et celui du comte de Matignon, en 1576, venant au secours des protestants de Normandie avec des renforts envoyés par Éiisabeth. En 1692, après la grande bataille où Tourville avait tenu tète aux Hottes combinées de l'Angleterre et de la Hollande avec des forces inférieures de plus de moitié, douze vaisseaux français, les plus maltraités, furent obligés de chercher un refuge dans celte baie, où ils furent aussitôt attaqués par l'ennemi. Tourville les brûla pour empêcher qu'ils ne tombassent au pouvoir des Anglais. Celte affaire malheureuse démontra la nécessité de défendre la rade de la Hougue, et en 1696 on y éleva les forts de la Hougue el de Tatihou.

Le département de la Manche renferme plus de /|0 villes ou bourgs qui ont une population de plus de 2,000 habitants; on peut citer : Saint-James (3,300 hab.), où l'on fabrique des droguets, des huiles, etc.; Tourlavillc (6,000 hab.), qui a des fonderies et scieries mécaniques; Hambye (3,300 hab.), où se trouve une fonderie de cloches; Rriqucbcc (6,500 hab.) ; Portbail, port de cabotage; Saint-Sauveur-lc- Vicomte, où l'on voit les ruines d'un château du dixième siècle.

§ IX. DÉPARTEMKNT DU CALVADOS. — STATISTIQUE, AGRICULTUHK , COMMENCE, ETC. —

Le département du Calvados est composé des anciens pays du Dessin, du Bocage, de la vallée d'Auge, du Lieuvin, etc. Sa superficie est de 552,073 hectares, dont 310,000 de terres labourables, 123,000 de prés, 60.000 de bois. 13,000 de landes, etc. Sa population était, en 1801, de 651,830 habitants; en 1*21 , de 692,013 hab.; en 1861, de 696,702 hab.; elle est aujourd'hui de 691,210 habitants. Il a pour chef-lieu Caen, el se subdivise ainsi :

Arrondissement do Cacn 9 cantons |!»7 nnniiumes, uïj,'»22 habitants.

— deflayeux 5 — 1 47 — 7i),'»76 —

— dcFalaivc ô — 130 co,.,.it —

— de Lisieuv il — lii — f.7,059 —

— de l'ont rilvéquc. . . . 5 — lis - 5(i,fiii — de Vire 6 — t>7 87,075 —

« arrondissements .37 cantons, S33 onuintims, j'.?,07.1 habitants.

Ce département forme le diocèse du l'évêché de Bayeux , et renferme pour le culte protestant une église consistoriale à Caen. 11 est dans le ressort de la cour d'appel de Caen, et contient, outre las tribunaux ordinaires, 7 tribunaux de commerce (Caen, Bayeux, Falaise, Lisieux, Honfleur, Vire, Condé-sur-Noireau). On y trouve un lycée à Caen, & collèges (Bayeux, Falaise, Lisieux, Vire), 503 écoles primaires, dont 7 écoles supérieures. H forme une subdivision de la 2* division militaire (chef-lieu Rouen). Pour l'administration maritime, il est compris dans le premier arrondissement, et renferme dix ports: Isigny, Port-en-Bcssin , Courseulles, Luc, Caen, Sallenelles, Dives, Touques, Trouville, Honfleur.

Le Calvados appartient à la région de culture riche et perfectionnée du nord de la France; il est peu élevé et généralement formé de grandes plaines que séparent des vallées peu profondes; sa partie méridionale seule est accidentée par l'extrémité de quelques contre-forts des collines de Normandie. Le sol, fertile surtout dans les vallées, produit des céréales en surabondance et beaucoup de fruits à cidre; le lin, le chanvre, les graines oléagineuses y sont également cultivés-, mais la principale richesse du pays consiste dans ses herbages ou prés naturels, ainsi que dans ses prairiis artificielles, où l'on élève une très-grande quantité de chevaux et de gros bétail. Le Bessin, comme le Cotentin, est le centre de production de la belle race bovine normande ou cotentine; les herbages de la vallée d'Auge servent à l'engraissement de ces boeufs, qui fournissent principalement la boucherie parisienne. L'ancienne race chevaline normande , transformée depuis quelques années en un cheval anglo-normand, fournit des chevaux de luxe, de cavalerie de réserve et de ligne; les principaux pays de production de la race sont dans les départements, de l'Orne et de la Manche, mais la plaine de Caen est le grand centre d'élevage de ces chevaux. Les moutons, les porcs et les volailles abondent aussi dans le département, et donnent lieu à un grand commerce, dont la consommation parisienne; est le principal débouché. On estime qu'il y a dans le Calvados 180,000 tètes de gros bétail, 185,000 moutons, 46,000 porcs, 60,000 chevaux, etc.

Les principales richesses minérales sont les houilles, la tourbe, les marbres et les granits; on exploite aussi d'excellente pierre de taille, de bonne terre à poterie, faïence et porcelaine. Il y a des sources minérales exploitées à Roques, Brucourt, Caen /etc. On fait sur les cotes une pêche très-active d'huîtres, de harengs, maquereaux, etc.

Le département du Calvados a la spécialité d'une élégante industrie, la fabrication des dentelles, qui s'exerce à Caen et dans les environs, à Bayeux, où elle est dans tout son éclat, et, sur tout le littoral jusqu'à Cherbourg; ce travail embrasse les grandes pièces en fil, les dentelles noires, les blondes légères, les blondes mates, blanches et noires pour l'exportation , et occupe plus de 70,000 femmes. La bonneterie de Caen, les toiles et molletons de Lisieux, les draps, sont les autres produits manufacturiers du Calvados. Ce sont aussi , après les produits agricoles, les principaux objets de son commerce.

Il y a dans ce département 6 cours d'eau navigables (Touques, Dives, Vie, Orne, Vire et Aure) sur 96 kilomètres , 9 routes impériales sur ZjOG kil., 17 routes départe-

mentales sur 532 kil., 3,2/|0 chemins vicinaux. Enfin on y trouve le chemin do for de Paris à Cherbourg passant par Lisieux et Gien.

§ X. Département ou Calvados. — DESCRIPTION des villes. — Caen, chef-lieu du département et siège d'une cour d'appel , avec des tribunaux de première instance et de commerce, est peuplée de 45,280 habitants. C'est la cité savante et littéraire de la Normandie : on y trouve trois facultés (droit, sciences et lettres) , une école préparatoire de médecine, un lycée, un beau musée de peinture, une bibliothèque de 45,000 volumes, etc. Celte grande et belle ville est située au confluent de l'Orne et de l'Odon, qui y forment un petit port, à 12 kilomètres de la mer, à laquelle il communique par un canal maritime praticable à des bâtiments de 200 tonneaux. On y trouve plusieurs beaux monuments, la cathédrale, qui renferme le tombeau de Guillaume le Conquérant ; l'église de la Trinité, l'église de Saint-Pierre, l'hôtel Valois , où l'on a placé le musée et la bibliothèque. Son industrie consiste en fabrication de blondes, dentelles et tulles brodés, qui occupe 50 maisons, en fabriques de bonneterie de coton, qui occupe 30 maisons, fabriques de tissus et toiles de coton, d'huiles, etc. Son commerce, fort actif, a pour principaux objets les œufs, le beurre et les fruits, qu'on exporte en grande quantité à Londres; l'huile de colza, les grains, les salaisons, les denrées coloniales, les bois du nord, le sel. Les foires de Caen sont très-considérables; celle du premier lundi de carême a pour objet les chevaux de luxe.

Caen ne date que du dixième siècle. Guillaume le Conquérant en fit une ville forte et le siège de la cour de justice dite Y Echiquier ; il y bâtit des monastères. Peu d'événements marquent l'histoire de cette ville; elle fut prise par les Anglais en 1340 et en 1417; Dunois la leur enleva en 1450. En 1793, après le 31 mai, Caen fut le foyer du soulèvement des Girondins contre la Convention.

Bayeux, située sur l'Aure, est le siège d'une sous-préfecture, d'un évêché, d'un tribunal civil et d'un tribunal de commerce; elle a un collège, un musée et 9,300 habitants. Cette ville est située dans une plaine célèbre par la richesse de ses herbages; elle est bien bâtie , mais percée de rues étroites et tristes. Sa principale industrie est la fabrication des dentelles, qui sont très-renommées, des porcelaines, etc.; le commerce des chevaux , des bestiaux , du beurre , du cidre et des pommes y est considérable. Parmi les monuments de Bayeux, on doit citer la cathédrale et l'hôtel de ville ; c'est dans ce dernier édifice qu'est conservée la célèbre tapisserie exécutée par la reine Mathilde, grande broderie de 19 pouces de haut sur 21 k pieds de long, qui retrace les principaux événements de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant.

Bayeux est une ancienne cité gauloise , appelée sous les Romains Bajocasses. Dès le quatrième siècle, l'élément Scandinave y prit racine; des pirates saxons s'y établirent, et imposèrent leur nom au pays, qu'on appela Littus Saxon icum et OUinga Saxonia ou Petite Saxe. Ces Saxons ou Sema de Bayeux, après avoir commis d'affreux ravages dans toute la contrée, finirent par devenir, comme tous )m envahisseurs de l'empire , des lèles ou vassaux des empereurs , leur devant en celle qualité le service militaire; leurs contingents figuraient dans les rangs de la grande armée d'Aëlius, qui repoussa celle d'Attila. Plus tard, Clovis les soumit ù

son autorté, et le Dessin devint un des comtés de l'empire franc. En 844 , les Norlhmans, conduits par Biarn et Hastings, commencèrent à paraître dans le Bessin; mais ils furent mal accueillis par les anciens Saxons, devenus catholiques et agriculteurs; néanmoins, après de nombreux ravages, Bayeux et le Bessin tombèrent en leur pouvoir. Ceux des Northmans qui demeurèrent païens après la conversion de Rollon, les nouveaux venus de Norvège, attirés par le dialecte germanique des Sesnes, se fixèrent à Bayeux, qui devint une petite Scandinavie païenne, dans laquelle la langue danoise était seule j)arlée et se maintint longtemps encore. Le Bessin resta Scandinave jusqu'à la conquête de la Normandie par Philippe- Auguste ; dès lors, les anciennes mœurs disparurent peu a peu, et ce petit pays vint se fondre ilans la grande nation sous la double action du catholicisme et «le la royauté.

Falaise, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil cl de commerce, un collège et 9,000 habitants, est bâtie sur un terrain accidenté et se divise en trois parties : sur les hauteurs à l'est on trouve le célèbre faubourg de Guibray ; puis en descendant on arrive à la ville; enfin plus bas sont les deux faubourgs du Val-d'Ante, baigné par le ruisseau de ce nom , et de Saint-Laurent. Cette ville, est renommée pour sa bonneterie de coton, qui occupe plus de 4,000 métiers et 40 maisons, ses siamoises, ses filatures et ses teintureries de coton; le commerce y est aussi actif que l'industrie ; la foire de Guibray est célèbre dans toute la France; elle se tient le 15 août; on y fait d'immenses affaires, surtout en chevaux, bestiaux et laines.

Falaise commence à figurer dans l'histoire dès le neuvième siècle; son château était fort important vers le onzième , et c'est dans ses murs que naquit Guillaume le Conquérant. Elle a été assiégée et pri^e plusieurs fois pendant les guerres contre les Anglais et pendant les guerres de religion ; Henri IV en fit détruire les fortifications. Les raines du château existent encore, et l'on y voit, pratiquée dans l'épaisseur des murs du donjon , la pièce où fut enfermé Arthur.

Lisieux, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et do commerce, un collège et 11,700 habitants, est située dans une belle vallée qu'arrosent la Touques et rOrbcc. Elle n'a que des rues étroites et de laides maisons, niais ses environs sont charmants. On y remarque sa cathédrale , qui renferme une chapelle bâtie par l'évêque Pierre Cauch"ii, l'un des bourreaux de Jeanne d'Arc. Lisieux est une ville industrielle, qui a d. s fabriques importantes de draps, flanelles et molletons, de toiles et cretonnes, de lacets ci fils mécaniques. On y trouve aussi des filatures de coton, de laine et de lin. C'était une cité romaine du nom de Lexovii; elle devint une ville forte et le siège d'un évéché dont l'évêque était seigneur. Elle fut prise par les Anglais en 1415, et par Charles VII en 1448.

Pont-l Èvtquc , chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, est une petite ville de 2,000 habitants, située dans une belle vallée sur la Touques. On y fait commerce de bestiaux, bois, cidre, fromages, etc. C'est à Pont-l'Évêque que Guillaume le Bâtard tint les états où fut décidée la conquête de l'Angleterre.

Vire, ville de 7,200 âmes, située sur un plateau escarpé, dont le pied est baigné par le cours sinueux de la Vire, est le siège d'une sous-préfecture, d'un tribunal civil et d'un tribunal de commerce. C'est une vieille ville qui a beaucoup d'établissements

utiles et peu de monuments de luxe. Après avoir été une place forte et en avoir subi les vicissitudes ordinaires, elle est aujourd'hui une ville industrielle, et se livre avec activité à la filature de la laine et à la fabrication des draps, qui occupent 35 maisons. On y trouve aussi des fabriques de papiors, de cardes , etc. Ses environs renferment le joli paysage appelé les Vaux de Vire, célèbre par les poésies d'Olivier Basselin, dont on voit encore la maison. On sait que des Vaux de Vire de Basselin sont nés les vaudevilles.

Courteullet (arrondissement de Caen) est une petite ville maritime de 1,600 habitants, qui a un petit port de pêche et de relâche très-fréquenté. On y fait la pêche en grand du hareng, et l'on y trouve des fabriques importantes de dentelles.

Luc-sur-Mer, petito ville maritime de 1,600 habitants, fait la pêche du hareng et du maquereau et le commerce de poisson salé. On y fabrique aussi des dentelles.

Cette fabrication des dentelles se trouve dans presque toutes les communes de l'arrondissement de Caen, et principalement à Argenté», bourg de 1,600 habitants, sur la Muance; à Creully, sur la Sculle; à Gonneville, à Tillysur-Seulle , etc.

Itigny (arrondissement de Baveux), petite ville de 2,200 habitants, avec un tribunal de commerce, est situé au confluent de la Vire et de l'Esques. Son port peut recevoir des bâtiments de 120 tonneaux. 11 s'y fait un commerce considérable de beurre, de cidre, de salaisons, etc.

On trouve encore dans l'arrondissement de Bayeux : Balleroy (1,400 hab.), qui a des fabriques de tulles et dentelles; Littry (2,400 hab.), importante par sa mine de houille découverte en 1741 ; Port-en-Bessin, petit port de pêche de 600 habitants, à l'embouchure de la Drome, où l'on a commencé des travaux qui doivent en faire un port de refuge sur cette côte dangereuse; Formigny, village célèbre par la bataille du 15 août 1450, où le connétable de Richemont battit les Anglais.

Orbec (arrondissement de Lisieux), petite ville de 3,400 habitants, située sur l'Orbec, dans une belle vallée, a des fabriques d'étoffes légères, de frocs, de bonneterie, etc.

Honfleur (arrondissement de Pont-l'Évêque), ville maritime, à l'embouchure et sur la rive gauche de la Seine, peupléo de 9,400 habitants, est le siège d'un tribunal de commerce et d'une école d'hydrographie. Ce port , quoiqu'il ne soit accessible qu'à la haute mer, est très-fréquenté ; il fait un grand commerce de bois avec les pays Scandinaves, de houille , d'œufs et de fruits avec l'Angleterre, et expédie chaque année plusieurs navires au banc de Terre-Neuve. On y trouve des raffineries de sucre, des brasseries, des fabriques de produits chimiques, des ateliers de construction de navires. Honfleur fut prise par les Anglais en 1346 et en 1417. Dunois la leur enleva. La ville est vieille et composée de laides maisons; mais ses environs sont délicieux, et contiennent des points de vue admirables. Le plus beau est celui de Notre-Dame de Grâce, chapelle vénérée des marins, et bâtie sur une hauteur escarpée, d'où l'on domine toute l'embouchure de la Seine, le Havre et la haute mer.

Condi-tur-Koireau (arrondissement de Vire), ville de 6,300 habitants, avec un tribunal de commerce, est une des cités industrielles de la Normandie. On y trouve de nombreuses fabriques d'étoffes de coton, de droguels, de linge de table, des filatures de coton, des teintureries, des tanneries, etc. On y fait aussi un grand com-

merce de bêles à cornes. C'est une vieille et laide ville, qui a joué un rôle important dans les guerres de religion.

S XI. Département de l'Orne. — Statistique, agriculture, commerce, etc. — Le département de l'Orne a été formé d'une partie du Perche, du comté d'Alençon, des Marches, du Houlme et du Corbonnais. Sa superficie est de 61 0,069 hectares, dont 333,000 de terres labourables, 131,000 de prés, 72,000 de bois, 18,000 de landes. Sa population élait, en 1801, de 395,738 habitants; en 1821, de 622,886 hab.; en 1831, de 461,881 hab.; elle est aujourd'hui de 639,886 habitants. Il a pour cheflieu Alençon, et se trouve ainsi subdivisé :

•PAIcnron. . . . C cantons, »5 communes, 72,298 habitant».

d'Argentan . . . il — 191 — 106,«oi —

de Dornfront . . 8 — 93 — 138,r.57 —

de Mortagne. . . 11 — 155 — 127,075 —

4 arrondissements . ....... 3» cantons, 53» communes, 439,*84 habitants.

Ce département forme le diocèse de l'évêché de Séez; il est du ressort de la cour d'appel de Caen, et, outre les tribunaux ordinaires, renferme 5 tribunaux de commerce (Alençon, Argentan, Vimoutiers, Tinchebray, l'Aigle). Pour l'instruction publique, il renferme 6 collèges, Alençon, Argentan, Dornfront, Séez; une école normale départementale à Alençon, 3 écoles supérieures Communales, 623 écoles élémentaires. Il forme une subdivision de la 2* division militaire.

C'est un pays agricole et manufacturier, formé en général de plaines peu élevées , et traversé de l'est à l'ouest par la chaîne peu considérable des collines de Normandie. L'agriculture n'y est pas aussi avancée que dans les autres parties de la province, bien que le sol soit généralement fertile; on y récolte à peine assez de grains, mais beaucoup de fruits à cidre, ainsi que du chanvre et du lin, qui sont cultivés avec un grand soin. La culture herbagère est la plus importante du déparlement; les prairies artificielles ne s'y multiplient, il est vrai, qu'avec lenteur; mais plus d'un dixième du sol est occupé par des prairies naturelles, qui fournissent d'excellents pâturages, surtout dans les vallées arrosées par la Touques et la Vie. On y trouve aussi de nombreux étangs et marais couvrant environ 1,800 hectares. Les forêts sont assez nombreuses , et les bois forment un des bons produits du département.

Ce déparlement est un des principaux centres de production des chevaux : l'arrondissement d'Argentan , au Merlerault principalement, produit le cheval anglo-normand; l'arrondissement de Mortagne (Perche), l'excellente race percheronne, qui fournit de très-bons chevaux de trait léger. Les bêtes à cornes et les moutons sont aussi trèsnombreux et de bonne race; il en est de même des porcs et de la volaille, qui est surtout destinée à la consommation parisienne. Le département renferme environ 135,000 têtes de gros bétail, 215,000 moutons, 30,000 porcs, 52,000 chevaux, etc.

Les richesses minérales donnent lieu à une exploitation assez considérable en fer, en tourte , granit, belle pierre de taille, kaolin , terre à potier, etc. Il y a à Bagnoles des sources thermales et des bains très-fréquentés.

Le département renferme de nombreuses usines et fabriques, et l'industrie y est surtout active pour le travail des métaux et la fabrication de la toile. Outre les forges et hauts fourneaux, on y trouve des Iréfileries de fer, cuivre et laiton, des clouteries,

des quincailleries, des fabriques renommées d'aiguilles et d'épingles (l'Aigle), des fabriques de coutils, calicots, basins (Condé, Fiers, la Ferlé-Macé) ; enfin les dentelles d'Alençon ont une grande réputation.

11 y a dans le département de l'Orne 8 routes impériales sur 327 kilomètres, ik roules départementales sur 472 kilomètres, 12,000 chemins vicinaux, etc.

g XII. DÉPARTEMENT DE L'OllNE. — DCSCIUPTION DES VILLLS. — Alençon, clief-lieil dll

département, avec un tribunal civil, un tribunal de commerce, un lycée, une bibliothèque et 14,760 habitants, est une assez belle ville, située dans une grande plaine très-fertile et entourée de bois de toutes parts, au confluent de la Sarthe et de la Brillante. Elle est bien bâtie, percée de larges rues, et renferme quelques beaux édifices, parmi lesquels on remarque la cathédrale et l'hôtel de ville, construit sur l'emplacement de l'ancien château , dont il reste trois tours. On fabrique à Alençon des toiles , des mousselines-laine, des broderies et des dentelles très-célèbres, connues sous le nom de point* d' Alençon; on y fait le commerce des produits de l'industrie et de l'agriculture du pays.

Celte ville ne date que du onzième siècle. C'était le siège d'un comté qui relevait des ducs de Normandie, et que Philippe-Auguste acquit en 1220 par la cession que lui en fit la dernière héritière. Le comté d' Alençon fut apanagé par saint Louis à Pierre, son cinquième fils, qui mourut sans enfants en 1283. Philippe le Bel le donna alors à Charles de Valois, son frère, qui lui-même l'apanagea à son second fils Charles, tige de la maison d' Alençon : en 1414 , le comté fut érigé en duché-pairie, et le dernier des princes de la maison d' Alençon étant mort en 1525, François I" réunit le duché au domaine royal. Les Anglais furent les mai Ires d' Alençon de 1417 à 1450, et celle ville eut beaucoup à souffrir des guerres de religion.

Argentan, chef-lieu d'arrondissement, avec de.s tribunaux civil et de commerce, un collège et 5,600 habitants, est une jolie ville située sur une hauteur, dans une belle plaine que traverse l'Orne. Elle est propre, bien bâtie, entourée; de remparts qui lui forment une promenade, ayant pour édifices remarquables l'ancien château, où est le tribunal, l'église Saint-Germain, etc. Son industrie con>isle en tanneries et mégisseries, et il s'y fait un grand commerce de chovaux et de volailles.

A 13 kilomètres de cette ville est le haras du Pin, magnifique établissement fondé par Louis XIV en 1714, et le plus important de la France. On y trouve une école des haras et uno vacherie expérimentale.

Dom/ront, ancienne capitale du pays d'Houlme, est une petite ville de 2,800 habitants, située sur un rocher escarpé, dont le pied est baigné par la Varennes; elle est le siège d'une sous-préfecture et d'un tribunal civil. C'est une ville triste, mal bâtie, et qui n'a d'autre édifice remarquable que l'église Nutre-Dune. Les environs sont remplis de forêts, de bruyères et de n arais. On y fait un grand commerce de chevaux, bestiaux, grains, toiles et cuirs, et ses foires sont très-fréqucnlées. Celte ville a commencé par être un château fort, qui fut construit en 1011 par Guillaume l,r, seigneur de Bcllesme; elle été assiégée et prise souvent pendant les guerres des Anglais et les guerres de religion. — A 20 kilomètres de l-hunlront se trouve Bagnoles, village situé dans un vallon pittoresque et renommé pour ses eaux minérales.

Mortagne, ancienne capitale du Perche (5,000 hab.), siluée au sommet et sur le

NOHMANME ET PEIlCHE. 553

penchant d'une colline, est le siège d'une sous-préfecture et d'un tribunal civil. Celle ville est assez bien bâtie, animée, ayant de nombreux édifices d'utilité. C'est le centre d'une fabrication et d'un commerce considérables de toiles fortes; ses foires et ses marchés hebdomadaires sont fort actifs, principalement pour les grains, les fils, les bestiaux et les chevaux. L'arrondissement de Mortagne, pays élevé et très-salubre, a une spécialité singulière; c'est là que l'administration des nourrices à Paris recrute son personnel ; c'est par les femmes saines et fortes de1 ces plantureuses campagnes que les enfants de !a bourgeoisie parisienne sont allaités; on les y compte par milliers; Mortagne est le centre de cette industrie. Par sa situation, cette ville devait être au moyen âge et fut en effet une place forte importante ; elle fut souvent assiégée ; on dit que, pendant la Ligue, en trois ans, elle fut prise et pillée vingt-deux fois par les deux partis.

Séez (arrondissement d'Alençon), ancienne vi'le, sur l'Orne, peuplée de 5,000 habitants, est le siège d'un évéthé. On y remarque la cathédrale, édifice du douzième siècle, et le palais épiscopal, élevé au siècle dernier, et contenant une collection remarquable de portraits des évoques de Séez. Cette ville e*t d'origine romaine, et a porté les noms de Suii et de Civilas Sayiorum. Elle était fortifiée.

On trouve encore dans l'arrondissement d'Alençon Carmuyrs, petite ville de 2,000 habitants, célèbre par son beau château, et qui fait un commerce important d'ardoises, de fer et de bestiaux ; le Gast, qui a des verreries; Jouc du-Bois, où se fait une exploitation de granits.

Le Merlerault (arrondissement d'Argentan), bourg de 1.500 habitants, situé au milieu des herbages les plus riches de la haute Normandie, est un des principaux centres de production du cheval anglo-normand. On y fait aussi commerce de bestiaux.

Vimoutiers, ville industrielle de fi, 000 habitants, avec un tribunal de commerce, située sur la Vie, est le centre d'une fabrication importante de toiles cretonnes, qui est répandue dans plus de 1 00 communes voisines. On y trouve aussi des blanchisseries de fil de lin et de toiles, et l'on y fait commerce de fromages.

On trouve encore dans l'arrondissement d'Argentan : Fcouché, bourg de 1,500 habitants, où se fait un grand commerce de laines et de. moutons; Garé, (1,000 hab.), important par son commerce de bestiaux et ses fabriques de toiles; Saint- Fvroult, où sont des verreries, etc.

La Fcrté-Macé (arrondissement de Domfront) est une ville industrielle de G, 000 habitants; elle renferme des fabriques de toiles de fil el colon.de coutils, de rubans de fil, de croisés bleus, qui occupent 32 maisons; des passementeries, des filatures» des blanchisseries et des teintureries; des fabriques de peignes el de tabatières en buis, etc.

Fiers, ville de 8,.'j00 âmes, qui prend chaque jour de l'accroissement , est le centre d'une fabrique considérable de coutils et de linge île table , qui n'occupe pas moins de 65 petit* s fabriques ; on y trouve aussi des blanchisseries, des teintureries et des filatures. Cette ville est le chef-lieu d'un district industriel qui embrasse la partie occidentale de l'Orne et déborde sur le Calvados. Vire, Condé-sur-Noireau , la l'erlé-Macé en sont les centres secondaires. 30,000 ouvriers sont compris dans ce .'le régi-.n, qui s'occupe surtout de la fabrication des tissus de coton. tiers était anciennement une Tout II. 70

55ft LIVRE HUITIÈME.

baronnie, qui fut érigée en comté au seizième siècle et en marquisat en 1696; on y voit encore les restes d'un beau château.

Tinchebray, petite ville de ?i,200 habitants, avec un tribunal de commerce, située sur le Noireau, a de l'importance par ses fabriques d'articles de quincaillerie, clouterie, ustensiles de ciiisine. C'est au pied de son ancien château fort que se livra en 1106 la bataille perdue par le duc de Normandie Robert contre son frère Henri, roi d'Angleterre.

On trouve encore dans l'arrondissement de Domfront: C/iampsrcret (3.800 hab.), qui renferme des blanchisseries de fil , des fabriques de toiles , des usines à fer; Chenu (2,700 hab.), qui a des fabriques de quincaillerie et serrurerie pour la marine, occupant 17 maisons, des fabriques de coutils, des exploitations de pierre de (aille; Coutherne, qui a des fabriques de toiles et de coutils; Saint-Georges, important par la teinture et la blanchisserie des toiles, etc.

fiellesme (arrondissement de Mortagne) , jolie ville peuplée de 3,000 habitants, est située sur une hauteur et près d'une belle forêt ; elle est bien bâtie , a de belles promenades, et l'on y fabrique de la toile et des sabots. Par sa position , cette ville fut au moyen âge une très-forte place, qui lut assiégée à plusieurs reprises; on ne voit plus que quelques ruines de ses remparts et de son château.

L'Aigle, jolie ville, sur la Rille, avec un tribunal de commerce et 5,600 habitants, est le centre d'une fabrication considérable et d'un grand commerce d'épingles, d'aiguilles â coudre cl à tricoter, de passe-lacets, de dés à coudre, de boucles, d'agrafes, d'anneaux, de cordes d'acier et de cuivre pour pianos, de broches à tisserands, de charnières, d'entrées en cuivre pour meubles, de cosses en cuivre pour voilure, d'élastiques, de fil de fer, de cuivre et de laiton, de fils pour cardes et pour peignes à tisser, de toiles métalliques , de pointes et de clous, d'articles de sellerie cl de bourrelerie, de roulettes pour meubles, d'objets de quincaillerie et de taillanderie. On y fabrique aussi des papiers et on y coud beaucoup de gants à la mécanique. Toutes ces industries sont répandues dans les communes voisines, et donnent lieu à un mouvement de 10 millions d'affaires. L'Aigle a été fondée au onzième siècle; c'est une ville bien bâtie, sur le versant de deux coteaux; on y remarque le château, édifice en briques, bâti au dix-septième siècle et entouré de tilleuls célèbres par leur grosseur.

Soligny-la-Trappe , village de 1,000 habitants, à 12 kilomètres de Mortagne, dans un pays boisé et accidenté, aux sources de l'Iton, renferme la fameuse abbaye de la Trappe, fondée en 1140 par le comte du Perche Rotrou II; celte abbaye est devenue célèbre par la règle que l'abbé de Rancé y introduisit en 1666.

On trouve encore dans l'arrondissement de Mortagne un grand nombre de localités importantes par l'industrie du fer et du cuivre : Chauday, où l'on fabrique des planches et fils de cuivre et de laiton; GundriUiers , qui a des trélilories et des fabriques d'aiguilles; Lmujny (2,700 hab.), où se trouvent des forges et hauts fourneaux; Sainl- Sulfuce sur Mlle, où l'on trouve une fabrique de plumes métalliques, une filature de laine, etc.; 'J\ntroitnr (2,0'UJ hab. ), qui a des verreries; Tuhe.uf, des tnTileries, etc.

î$ Mil. ItM'.Mi ii Mi m m iTi i i:. — Si vTivriui k, www i.n i.i:. < > jM.mi ! ■ k, kt<:. — l e dépariemeiil «k l'hote a été formé du Vexin normand, du pays d'Ouche, d'une partie

NORMANDIE ET PERCEE. 555

du Perche et du Roumois , et des pays d'Auge et de Lieuvin. Sa superficie est de 696,527 hectares, dont 358,000 hect. de terres labourables, 23,000 de prés, 111,000 de bois, 18,000 de landes, etc. Sa population était en 1801 de 602,706 habitants; en 1821, de&16,178hab.;en I831.de /|24,248 hab.; elle est aujourd'hui de/415,777 habitants. 11 a pour chef-lieu Évrcux , et forme cinq arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement d'Évreux Il cantons ?«3 communes, 120,374 habitants.

— des Andeljs 6 — 133 — 64,717 —

— de Bernay 6 — 139 — 77,202 —

— de Louviers 5 — lis — 08,859 —

— de Pont-Audemer . . 8 — 143 — 84,<U5 —

6 arrondissements 3C cantons, 798 communes, 415,777 habitants.

Ce département forme le diocèse de l'évéché d'Évreux. Il est du ressort de la cour d'appel de Rouen , et outre les tribunaux ordinaires possède h tribunaux de commerce (Évreux, Bernay, Louviers et Pont-Audemer). Il renferme 3 collèges (Bernay, Évreux, Gisors), une école normale départementale à Évreux, 5 écoles supérieures dont k communales, 752 écoles élémentaires. Il forme une subdivision de la 2" division militaire. On y trouve, à Vernon, le parc central de construction des équipages militaires, et, au Bec, une succursale du dépôt de remonte de Caen. Les côtes relèvent du premier arrondissement maritime (Cherbourg) et du sous-arrondissement du Havre. On y trouve h ports, Quillebœuf, Pont-Audemer, Conteville et Aizier.

Ce département, à la fois agricole et manufacturier, est à ce double titre l'un des plus florissants de toute la France; c'est un pays bas et de plaines que sillonnent des vallées généralement étroites ; le sol y est presque partout très-fertile , et l'agriculture très- perfectionnée. La récolte est surabondante en céréales (principalement en froment et avoine), dont on exporte une partie, en fourrages, lin et chanvre, fruits à cidre. On y cultive également beaucoup de graines oléagineuses; enfin on y trouve de très-belles forêts. Les pâturages et les prairies artificielles nourrissent un grand nombre de chevaux et de bestiaux, entre autres les plus beaux bœufs que l'on remarque aux marchés de Sceaux et de Poissy; le nombre des moutons indigènes, des mérinos et métis-mérinos est très-considérable , et la volaille est en abondance. On estime que le département renferme 105,000 têtes de gros bétail, 512,000 moutons, 50,000 porcs, 50,000 chevaux, etc.

L'exploitation minérale a pour principal produit le fer; viennent ensuite la pierre de [aille, la pierre à chaux, le grès à paver, la pierre meulière, la pierre à porcelaine et à poterie et la tourbe. 11 y a des eaux minérales en exploitation à Hondouville et Vieux-Conches.

L'industrie manufacturière est très-variée et très-florissante : de nombreux cours d'eau y alimentent plus de 1,200 usines. La fonderie de cuivre de Romilly, la plus considérable de France, les fabriques de clous et d'épingles, des environs de Rugles, les belles tréfileries de Tillières, les manufactures de draps de Louviers et de nombreuses filatures de coton prouvent l'activité de cette industrie. La fabrication des draps et autres tissus de laine occupe environ 12,000 ouvriers; la filature de coton, 3,000; les toiles peintes et blanches, 4,000 ; les fabriques de rubans de fil, 6,000; les usines de fer et de cuivre, les clouteries et tréfileries, 8,000; enfin la bonneterie et

la fabrication du verre et du papier, 3,000. On peut donc, en y comprenant un grand nombre d'établissements d'une faible importance , porter à plus de 40,000 les indiv idus qui peuplent les ateliers de ce département, et confectionnent pour 30,000,000 de francs de produits, les principaux articles de commerce sont: les grains, les chevaux, les bestiaux gras, les bois, le beurre et les produits manufacturiers.

I.e département renferme h rivières navigables sur 181 kilomètres (la Seine, 6G kil.; l'Andclle , 1 kil.; l'Eure, 80 kil.; la Rille, 28 kil.); 11 routes impériales sur A/i5 kilomètres-, 27 routes départementales sur 802 kilomètres; 30,000 chemins vicinaux. Il faut y ajouter le chemin de fer de Paris à Cherbourg, qui a dans le département \ 02 kilomètres, et celui de Paris à Rouen ayant dans le département hh kilomètres.

g XIV. Département de l'Eure. — Description des villes. — Êvreur-, chef-lieu du département et siège d'un évéché avec des tribunaux civil et de commerce, un collège et 12,877 habitants, est une très-ancienne ville, située dans la jolie vallée de l'iton, et arrosée par cette rivière, qui se partage en trois bras avant d'y entrer. On y remarque la belle cathédrale, l'église Saint-Thaurin, la tour de l'Horloge, et des ruines romaines. On y fabrique des coutils, de la bonneterie, des draps, de la quincaillerie, et l'on y fait un commerce important de grains et d'épicerie.

Cette ville d'origine gauloise était le chef-lieu des Êburovicet. Au dixième siècle elle devint la capitale d'un comté que le duc de Normandie donna à l'un de ses fds, et qui passa ensuite aux rois d'Angleterre. Philippe-Auguste s'en empara sur Jean Sans-Terre, prit la ville d'assaut et y fit massacrer toute la population. Philippe le Bel apanagea le comté à l'un de ses fils, tige de la maison capétienne d'Évreux, dont était Charles le Mauvais. Charles V le confisqua en 1378 et le réunit au domaine royal. I,a ville fut tour à tour prise et reprise par les Anglais et les Français dans le quinzième siècle. Ce fut l'un des ( entres de la tentative d'insurrection girondine dans les déparlements de l'Ouest.

A 2 kilomètres d'Évreux était le magnifique château de Navarre construit pour le duc de Bouillon en 1686, par Mansard, et qui a servi de résidence à l'impératrice Joséphine. Il est aujourd'hui entièrement détruit.

Los Andelyt, chef-lieu d'arrondissement avec un tribunal civil et 5,200 habitants, se composent de deux villes situées à un kilomètre l'une de l'autre: le Grand-Andcly, sur le Gambon à quelque distance de la Seine , est le plus ancien , et doit son origine à une abbaye dont l'église existe encore-, le Petit-Andcly est placé sur la rive droite du lleuve et date du treizième siècle. On y fait commerce de bestiaux, grains, laines, toiles, et l'on y fabrique des draps fins.

Près du Petit Andely et dominant la Seine, se trouvent les ruines du Château-Gaillard, construit en 1193 par Richard Coeur de lion, et qui était l'une des plus formidables forteresses de la France. Philippe-Auguste ne put s'en emparer qu'après huit mois de siège ; c'est là que furent enfermés les femmes de Louis le Hutin et de Charles le Bel, Charles le Mauvais, etc. Les Anglais s'en emparèrent en U18 après un Mége de sept mois, et n'en furent chassés qu'en Henri IV en ordonna la démoli-

tion. Il r-e composait de dix-sept tours et d'un donjon, et était placé sur les trois pointes d'un coteau escarpé.

Près des Amlelys, au hameau de lïlliert, est né en 159'j le plus grand peintre de la France. Nicolas Poussin.

Bernât], chef-lieu d'arrondissement avec des tribunaux civil et de commerce, un collège et 7,3f>0 habitants, est bâtie dans une position agréable sur la Charentonne. On y remarque les restes de son ancienne église abbatiale qui servent de halle aux toiles, l'église de la Coulure et plusieurs vieilles maisons de bois. C'est une ville industrielle où l'on trouve des filatures de coton et de laine, des fabriques de draps, de frocs, flanelles, toiles de lin, etc. Il s'y fait un commerce important de grains, de laines, de bestiaux et principalement de chevaux. La foire fleurie est renommée par la vente des plus beaux chevaux de la Normandie, et attire 60,000 personnes.

Bernay doit son origine à une abbaye de bénédictins fondée dans le onzième siècle. Elle a subi de nombreux sièges; ses fortifications ont été détruites en 1589.

Louviert, chef-lieu d'arrondissement avec des tribunaux civil et de commerce, un conseil de prud'hommes et 10,500 habitants, est située sur l'Eure, qui s'y partage en plusieurs bras ; elle jouit d'une renommée universelle par sa fabrication de draps fins, qui comprend vingt manufactures, six filatures de laine, six fabriques de machines à~ carder, filer, et fabriquer les draps, etc. Tout cela occupe dans la ville et aux environs 12,000 ouvriers, bmviers est une ville ancienne dont la partie neuve, h la droite de l'Eure, est bien bâtie, mais dont la partie vieille, à la gauche de la rivière, est construite en bois, percée de sales ruelles et habitée par une population d'ouvriers dont la misère, l'ignorance et la démoralisation pourraient faire maudire toutes les conquêtes de l'industrie, et ce progrès industriel dont la France est aujourd'hui si fière. On ne trouve dans cette ville qu'un seul monument remarquable, son église; mais ses fabriques se distinguent par la construction de leurs bâtiments et l'admirable disposition de leurs machines.

Louviers est une des villes qui ont le plus souffert dans la guerre des Anglais : prise par Henri V en 1 41 8, elle eut ses principaux bourgeois décapités ou rançonnés ; reprise par les Français en U50, elle fut assiégée l'année suivante par le duc de Bedford, qui, après vingt-trois semaine-, s'en empara et la détruisit entièrement. Elle ne fut repeuplée que dix ans après. Sa manufacture de draperie date de 1680 : elle n'en produisait en 1789 que 3 à 4,000 pièces par an; elle produit aujourd'hui 30 à £0,000 pièces, mais la fabrication exclusive des draps fins a été abandonnée.

Pont-Audemer, chef-lieu d'arrondissement avec des tribunaux civil et de commerce, et 6,300 habitanLs, est située sur la Rille, qui y est navigable, dans une contrée trèsfertile. C'est une des plus jolies villes de la Normandie: elle est ceinte de murailles et bien bâtie. On y fabrique de la bonneterie et des papiers, et l'on y trouve des tanneries, des corroieries, des bourreleries, des éperonneries très-renommées.

Breteuil (arrondissement d'Êvreux), petite ville de 2,200 habitants, est située sur l'Iton, près d'une vaste forêt dans une contrée abondante en mines de fer. On y remarque son église. Son industrie, comme celle de tout l'arrondissement d'Évreux, consiste dans les forges, hauts-fourneaux, fonderies, tréfileries, etc.

Conches, petite ville de 2,000 habitants, située près de l'Iton dans une contrée fertile en pâturages , est remarquable par les ruines de son château et par ses forges et hauts-fourneaux.

Cochtrel, village sur l'Enre, est célèbre par la victoire de du Guesclin en 136/» sur Charles le Mauvais.

Ivry-la-Bataille, bourg de 900 habitants, est situé dans une belle plaine sur l'Eure, et doit son surnom à la victoire de Henri IV sur l'armée de la Ligue, le 1Z| mars 1590. Une pyramide a été élevée sur le champ de bataille. Ivry était autrefois une place forte. On y trouve des fabriques considérables de cuirs.

Nunancourt, jolie petite ville de 1,500 habitants, située sur PAvre dans un pays très-pittoresque, était autrefois fortifiée, et fut prise d'assaut par Henri IV en 1590. C'est là qu'en 1190, Philippe-Auguste et Richard Cœur de lion eurent une entrevue et partirent pour la croisade. On y trouve des fabriques de bonneterie et couvertures de laines.

Pacy (1,600 habitants), est très-agréablement située sur l'Eure, et avait autrefois de grandes fortifications. Phi lippe- Auguste et saint Louis résidèrent dans son château. Oa y fabrique de la tadlanderie.

liuyles, petite ville de 2,000 habitants, est l'un des principaux centres de la fabrication du fer dans la Normandie : on y trouve des fonderies, des laminoirs, des forges, des Irélileries qui produisent principalement des épingles , des clous, de la quincaillerie, etc. Tout cela occupe dans la ville et aux environs plus de 7,000 ouvriers.

Verneuil, ville de 3,900 habitants, située dans une belle vallée qu'arrosent PAvre et Piton, est importante par son industrie, qui produit de la bonneterie, des coutils, des droguets, des fils de fer et de laiton, etc. C'est une ville très-ancienne et qui a été saccagée ou prise vingt fois. En 1424, il se livra sous ses murs une bataille où les troupes de Charles VII furent défaites par celles du duc de Bedford. Il ne reste de son fort château et de ses autres défenses que le donjon.

Vernon, ville de 6, 400 habitants, située ^ur la Seine que l'on traverse sur un pont de vingt-deux arches , est généralement mal bâtie , mais entourée de jolies promenades. On y remarque son église et la tour aux archives.. Le principal établissement de cette ville est le parc de construction des équipages militaires, le seul qui soit en France. Près de Vernon est le château de Bizy, où est mort le duc de Fenlhièvre en 1795.

On trouve encore dans l'arrondissement d'Évrcux un grand nombre de localités importantes pour leur industrie: Aniienay, Auvcryny , qui ont des tréfilcries , Bois-le- Jloyel Ezy où l'on fabrique des peignes, Bonneville , Gauville, Trézay, la GuirouLU, I ietllt-l.yre, qui ont des hauts-fourneaux, Bourth, où l'on fabrique des épingles, La Coulure, qui a des manufactures importantes d'instruments à vent, Mesnil-sur-Eslrce, où est une fabrique de papiers, Titlières. qui produit des cuivres laminés, etc.

Gitors (arrondissement des Andelys), est une jolie ville de 3,600 habitants, située sur l'Epie dans une plaine fertile. Elle est entourée de remparts sur lesquels on a construit de jolies promenades. Elle était autrefois défendue par un château fort dont les restes servent aujourd'hui de halle. On y trouve un bel établissement de filature hydraulique.

L'amndissem ni des Andelys renferme de nombreuses localités ayant des filatures de coton, Charleval, Douville, Flcury-sur-Andellc , Ikbecmirt, Manesqueville, Perruel, Pont-Saint-Pierre, Ratlepont. On y trouve encore Iiomilly, village de 1,200 habitants, qui possède la plus belle fonderie de cuivre qui soit en France et qui date de 1782; Lkmyu et Tiercevilb, qui ont des fonderies et des laminages de zinc , etc.

Deaumont-le- Roger (arrondissement de Bernay), pelile ville de 2,000 habitants, située sur la Rille près d'une belle forêt, était autrefois une ville forte et défendue par un château qui a été pris plusieurs fois dans les guerres des Anglais. Il n'en reste rien. On y trouve aujourd'hui des blanchisseries de toiles, des fabriques de draps, d'huiles . de grains, etc. C'est la patrie de Laplace.

Le Bec-Hellmin était une célèbre abbaye fondée en 1060, et qui a eu pour abbés les hommes les plus illustres du onzième et du douzième siècle, principalement saint Anselme; la réputation de ?es écoles était européenne. Elle fut fortifiée et plusieurs fois prise dans les guerres du quinzième siècle. 11 n'en reste que quelques bâtiments claustraux où l'on a établi un dépôt de remonte pour la cavalerie.

BrUmne, ville de 3,300 habitants , située sur la Rille , était , comme toutes les villes que nous venons de décrire , une place forte défendue par un château qui a subi des sièges nombreux. On y trouve des blanchisseries de toiles, des lilaiure^ de coton, des fabriques de draps , etc.

Broglie, bourg de 1,200 habitants, s'appelait autrefois Chambrais. Il fut érigé en 17£|2 en duché-pairie pour la famille de Broglie, qui est originaire du Piémont, et il en a pris le nom. On y voit un beau château où est mort le maréchal de Broglie eu 1 765 , et où sont nés le maréchal de Broglie, ministre de la guerre sous Louis XVI , et le duc de Broglie, ministre sous Louis-Philippe, etc.

Gaitfan, bourg de 3,200 habitants, renferme des fabriques de peluche en soie, de lacets, etc. On y trouve une vaste maison de détention qui a été bâtie sur les débris ou sur l'emplacement d'un magnifique château appartenant aux archevêques de Rouen. C'était un des monuments les plus beaux de l'ancienne France. Ce château , bâti par le cardinal d'Amboise pendant le règne de Louis XII, avait été attribué à l'architecte italien Giocondo : la publication des comptes de dépenses de sa construction 1 restitue ce chef-d'œuvre h Guillaume Senault, à Pierre Fain, à Pierre Drlorme, architectes et sculpteurs de Rouen; à Colin Byart, de Blois; à Pierre Valence, architecte et sculpteur de Tours. Les admirables sculptures en bois qui décodaient l'intérieur de ce palais étaient l'œuvre de vingt et un sculpteurs ou menuisiers de Rouen, entre lesquels on trouve le célèbre Richard Taurigny. Le château de Gaillon a été démoli sous le Directoire ; il n'en reste que le porche d'entrée et une tour de la chapelle. Un portique admirable, œuvre de Pierre Fain , a été sauvé et placé dans la cour de l'École des Beaux-Arts, à Paris.

Le Neubourg, ville autrefois fortifiée et peuplée de 2,000 habitants, est un centre de commerce important pour les chevaux, les bestiaux et les divers produits de l'agriculture. Les ruines du château existent encore : on y retrouve la salle <Je la comédie, où l'on exécuta le premier opéra en France. Ce fut pendant la régence d'Anne d'Autriche, et la pièce était la Toison d'or de Pierre Corneille. C'est au Neubourg qu'est né Dupont de l'Eure.

Notre-Dame-de- Vaudrai il , bourg de 1,000 habitants, sur la rive gauche de l'Eure , doit être cité pour sa culture en grand et son commerce de gaude et de chardon.

Pont-de-V Arche , petite ville de 1,800 habitants, est située sur la rive droite de la Seine , non loin du confluent de l'Eure, et possède un beau pont de 22 arches sur ce

' Par M. Dcvillc. Voir los Documents inédits sur l'histoire de Fiance.

neuve. Elle est ancienne et était autrefois fortifiée. On y fait commerce de grains et de bestiaux.

Plusieurs localités de l'arrondissement de Louvicrs renferment des filatures de laino : on en trouve à Arquiyny, AmJ 'rcvillc, Cailly, Funtainelfeudecourt , etc.

QuiUcWuf (arrondissement de Pont-Audemer) , petite ville de 1,000 habitants, située sur la rive gauche de la Seine , a un port très-important qui sert de relâche aux bâtiments qui montent ou descendent le fleuve à l'endroit où sa navigation devient dangereuse.

Les communes de l'arrondissement de Pont-Audemer sont à citer principalement pour leur commerce de bestiaux : on remarque ainsi lieuteville (2.G00 hab.), Lieurey (2,300 h;ib.), Saint-Georges-dc-lïèvre, etc. On trouve encore des fabriquas de bonneterie à Cormcillex, des fabriques de toiles à Martainville, une grande usine pour le tissage mécanique à Sainl-Vhilbert , etc.

§ XV. Département de la Sei\k-Im'£meckf.. — Statistique, agriculture, commerce, etc. — Le département de la Seine-Inférieure a été formé des pays de Caux et de Bray, du Roumois et du Vcxin normand. Sa superficie est de 604,129 hectares, dont 378,000 de terres labourables, 28,000 de prés, 68,000 de bois, 18,000 de landes, etc. Sa population était, en 1801, de G09.8/|3 habitants; en 1821, de 655,804 hab. ; en 1831 , de 693,683 hab. ; elle est aujourd'hui de 762,039 habitants. 11 a pour chef-lieu Rouen et forme 5 arrondissements ainsi subdivisés :

Arrondissement de Rouen. ... 15 cantons, Ii5 commune*, habitants.

de NeufcliAI. 1 .

UJ —

5 arrondissements M) cantons, Tcu roiMinincs, 7ri?,u:t<.> li.dntnnls.

Il forme le diocèse de l'archevêché do Rouen, et renferme, pour le culte protestant, 2 églises consistoriales, à Rouen et à Bolbec. Il est dans le ressort de la cour d'appel de Rouen , et , outre les tribunaux ordinaires , a 6 tribunaux de commerce (dans les cinq chefs-lieux d'arrondissement et h Fécamp); il possède un lycée à Rouen, 5 collèges, à Aumale, Dieppe, le Havre, Eu et Montivilliers; une école normale départementale à Rouen, k écoles supérieures communales, 1,128 écoles élémentaires. II forme une subdivision de la 2' division militaire, et renferme, comme places de guerre, le H ivre, le château de Dieppe et les batteries de Mers et du Tréport. Pour l'administration maritime, il est de l'arrondissement de Cherbourg et du sous-arrondissement du Havre; il comprend k quartiers : Dieppe, Fécamp, le Havre et Rouen, avec 18 syndicats et 22 étalions. On y trouve 12 ports : le Tréport, Dieppe, Saint- Valéry , Fécamp, le Havre, Ilarllcur, Caudebec, Crois>et, Duclair, Rouen, la Bouille et la Mailleraye.

C'est un département très-riche, à la fois agricole, c-inmerçant et manufacturier; il est formé de plaines (pie traversent des vallées en général peu profondes et bordées seulement de faibles hauteurs. Le sol y est très-fertile et l'agriculture très-perfectionnée; il produit beaucoup de céréales, de fruits à cidre, de graine^ oléagineuses, de lin, de fourrages, de houblon, etc. Les cultures industrielles sont généralement

très-développées ; les herbages, surtout dans le pays de Bray , sont d'une riches j extrême; les bois forment aussi un produit important. On y élève un nombre considérable de chevaux , do gros bétail et de moutons. Le pays de Caux produit des chevaux de la race boulonnaise, qui fournit les meilleures bêles de trait; le même pays est le centre de production de la race ovine normande ou cauchoise. On estime qu'il y a dans le département 150,000 têtes do gros bétail , 550,000 moutons, 60,000 porcs, 90,000 chevaux.

L'exploitation minérale se borne à l'extraction des carrières, dont les principaux produits sont les marbres, la pierre à bâtir, le grès à paver, la marne, la craie, l'argile à potier, le sable pour verrerie, la tourbe, etc. Il y a quelques sources minérales ; les seules qui soient fréquentées sont celles de Forges. On fait sur les côtes une pèche importante qui alimente les marchés de Paris, et l'on y récolte le varech pour faire de la soude et surtout des engrais.

Le département de la Seine-Inférieure est très-important par son industrie manufacturière ; il est renommé depuis plusieurs siècles pour la fabrication des étoffes de laine et des toiles peintes. On y compte un grand nombre de blanchisseries qui donnent aux toiles un blanc supérieur à celui des autres blanchisseries de France, de teintureries, de fabriques de rouenneries, de calicots. L'art de teindre les cotons filés et d'imprimer les toiles y est arrivé à sa perfection. La ûlalurc de la laine , la fabrication des draps, des toiles de lin , les raffineries de sucre, les fabriques de couleurs et de produits chimiques n'y sont pas moins importantes que les précédentes industries.

Il y a dans le département une rivière navigable, la Seine, sur 156 kilomètres; 12 routes impériales, sur 572 kil.; 16 routes départementales, sur 382 kil.; 23,000 chemins vicinaux. On y trouve en outre 2 chemins de fer : Ie de Paris à Rouen et au Havre, ayant dans le département 105 kil.; 2* de Rouen à Dieppe, ayant 61 kilomètres.

S XVI. DÉPARTEMENT DE LA SEINE-INFÉRIEURE. — DESCRIPTION DES VILLES. — ItoUCn,

ancienne capitale de la Normandie, est le chef-lieu du département de la Seine-Inférieure et de la 2* division militaire, le siège d'un archevêché, d'une cour d'appel, d'un tribunal de première instance, d'un tribunal et d'une chambre de commerce, d'un conseil de prud'hommes. Elle renferme un lycée, une bibliothèque de plus de h 0,000 volumes, un musée de tableaux , un musée d'antiquités locales, etc. Sa population s'élève à 100,000 habitants. Celte ville est construite dans une belle situation sur la rive droite de la Seine , au pied de coteaux qui l'environnent de toutes parts. Le plus élevé de ces coteaux est la montagne Sainte-Catherine , d'où l'on domine toute la ville , le magnifique cours de la Seine et les campagnes environnantes. Trois ponts traversent le fleuve et unissent Rouen à son faubourg de Saint-Scver. Le port, bordé d'un beau quai , peut recevoir, à cause des marées , des bâtiments de 400 tonneaux. « L'importante cité rouennaisc est assise au milieu d'innombrables ateliers pour la filature, le tissage mécanique, l'impression du coton. La ville manufacturière étale ses constructions récentes, simples et monotones autour de la ville gothique, dont les monuments émerveillent les regards par l'élégance et la variété de leurs forint'?. Du côté de Saint-Sever et de Sottevillc la plaine est couverte de ces grandes fabriques qu'on prendrait pour des casernes. A une autre extrémité de la cité commence la vallée de Deville et de Maroinme, étroitement resserrée entre des collines verdoyantes, o i

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