‹ Géographie UniverselleChapitre 68 sur 93 · TOME il · texte numérisé non relu

TOME il

Il y a dans Seine -et -Oise 3 rivières navigables, sur 191 kilomètres (la Seine, 160 kil.; la Marne, 10 kil.; lOiso, 61 kil.); un canal, celui de l'Ourcq, sur 9 kil.; 26 routes impériales, sur 750 kil.; 56 routes départementales, sur 780 kil.; el 18,000 chemins vicinaux, sur 16,000 kil. Le département est en outre traversé par les 2 chemins de fer de Paris à Versailles et ceux de Paris à Saint-Germain , de Paris à Orléans, de Paris à Rouen , de Paris à la frontière belge , de Paris à Rennes, do Paris à Strasbourg, de Paris à Lyon, etc.

§ VIL Département de Seine-et-Oise. — Desciuption des villes. — Versailles , chef -lieu du déparlement, est le siège d'un évéché et possède des tribunaux de première instance et de commerce , un lycée, une école normale primaire, une belle bibliothèque de 50,000 volumes et une population de 36,000 habitants. C'est une grande et belle ville située sur une plaine élevée et entourée de bois, à 8 kilomètres de la rive gauche de la Seine et à 19 kilomètres de Paris, à laquelle elle est reliée par deux chemins de fer. Il n'est point de cités en France qui puissent rivaliser avec elle pour la magnificence de l'aspect général, la régularité des constructions , le nombre et la beauté des monuments publics. On y arrive, du côté de la capitale, par une belle avenue, celle de Paris, qui se termine en face et dans l'axe du château, sur la place d'armes, où do chaque côté viennent encore aboutir symétriquement deux autres avenues obliques, celles de Saint -Cloud et de Sceaux. L'avenue de Paris partage la ville en deux quartiers, Saint-Louis au sud et Notre-Dame au nord; un ancien faubourg, celui de Montreuil, forme le troisième quartier. On y trouve encore deux boulevards : celui de la Reine, qui mène aux Trianons, et celui du Roi, qui se prolonge hors de la ville par le boulevard Saint-Antoine et la roule de Saint- Germain. Toutes ces promenades, comme les rues elles-mêmes, sont larges, droites el bordées de belles maisons ; mais elles sont ordinairement tristes et silencieuses. La vie manque en eiïet à celte ancienne résidence royale, bâtie pour avoir 80,000 habitants et pour être le séjour d'une brillante cour. Sauf la culture des fleurs et les pépinières de Montreuil, il n'y a ni industrie ni commerce dans ectto ville, ce qu'il faut attribuer surtout à sa situation loin de cours d'eau naturels. Son ancienne manufacture d'armes, qui a eu de la célébrité, et sa manufacture d'horlogerie n'existent plus. Peuplée surtout de marchands retirés, de rentiers, de militaires en retraite qui viennent y chercher le calme et le bon air, elle n'a d'activité que par la présence de sa nombreuse garnison ou par l'affluence momentanée des visiteurs qui viennent en foule admirer son musée, son château et ses magnifiques jardins. C'est uniquement une grande ville de luxe, de plaisance et de retraite.

Le monument le plus remarquable de Versailles est le Château, qui a été Porigine de la ville, bâti par Louis XIV sur l'emplacement d'un rendez-vous de chasse qu'avait construit Louis XIII. C'est là qu'ont séjourné Louis XIV, Louis XV et Louis XVI; c'est là qu'a commencé la révolution de 1789. Ce château a été transformé en musée historique par Louis-Philippe , et nous ne saurions en donner une idée même imparfaite dans ce résumé ; nous renvoyons donc aux ouvrages spéciaux pour sa description et pour celle de ses jardins, de ses eaux, de son parc et des deux palais de Trianon, qui en sont des dépendances. Dans la ville même on remarque les églises Saint-Louis et Notre-Dame, les bâtiments du lycée, belle construction de 1766, les grandes et

petites écuries, situées sur la place d'armes et transformées aujourd'hui en casernes; l'hôtel de ville ; les anciens bâtiments du chenil et de la vénerie, depuis peu convertis en casernes; la bibliothèque publique, placée dans l'ancien hôtel des archives des affaires étrangères, où fut signé le traité de Versailles en 1783; l'hôpital militaire, autrefois le grand commun; le potager, créé par la Quinlinie; la salle du jeu de paume, fameuse par le serment du 20 juin; la place Hoche, ornée de la statue du général, etc. Il ne reste rien de l'hôicl des Menus-Plaisirs, où furent ouverts les états généraux de 1789, et qui était situé sur l'avenue de Paris.

Versailles est le lieu de naissance de l'abbé de l'Épée, de Ducis, du général Hoche, de Berthier, etc.

Corbeil, chef- lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance et 4,700 habitants, est agréablement située sur les bords de la Seine, qui y est fort large, à son confluent avec l'Essonne, qui y arrose un délicieux vallon. Elle possède des fabriques de toiles peintes, de chàlcs et de cachemires, des filatures de coton, des papeteries, une imprimerie, des tanneries importantes, une raffinerie, et, sur l'Essonne, plus de 40 moulins à farine. 11 s'y tient chaque semaine deux marchés aux grains fort considérables, et il s'y fait en outre un grand commerce de bestiaux, plâtre, etc.

Corbeil était dans le dixième siècle le chef-lieu d'un comté puissant et une ville forte qui avait une grande importance, à cause des approvisionnements de Paris. Elle a subi de nombreux sièges. Le principal est celui de 1590, où Alexandre Farnèse s'empara de la ville.

Ètampe», chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un collège et 8,000 habitants, est située dans une fertile vallée et traversée par deux ruisseaux qui vont se jeter dans la Juine. Ces cours d'eau font mouvoir plus de 40 moulins. La ville , fort ancienne , est bien bâtie , bien percée , entourée de beaux boulevards et a pour édifices publics l'église Notre-Dame, construite au treizième siècle et qui est classée dans les monuments historiques ; l'hôtel de ville ; le grenier de réserve, qui peut contenir 14,000 quintaux métriques de blé; la tour de Guinelte, seul débris de l'ancien château bâti par le roi Robert et détruit par Henri IV. Cette ville fait un grand commerce de grains et de farines pour Paris, de laines pour les manufactures de Louviers, Sedan, Elbeuf; on s'y occupe beaucoup de l'éducation des abeilles et on y exploite du grès à paver. On peut se faire une idée de son activité commerciale en sachant qu'il en sort chaque jour 3,600,000 kilogrammes de marchandises pour Paris.

Élampes était une des villes capitales du domaine des premiers Capétiens. Elle avait une charte de commune dès le règne de Louis VI. Son château fut souvent assiégé et pris dans les guerres des quinzième et seizième siècles. C'est le lieu de naissance de Geoffroy Saint-Hilaire.

Mantes, chef-lieu d'arrondissement , avec un tribunal de première instance, est une jolie ville de 4,400 habitants, située sur la rive gauche de la Seine et qui communique avec le bourg de Limay , placé sur l'autre rive, par 2 beaux ponts de pierre que sépare l'île Champion. Elle est bien bâtie et bien percée. On y remarque l'église Notre-Dame, due à la munificence de Blanche de Castille et de Marguerite de

Provencr, ttifcre et remme ne saint Louis : elle est d'une architecture Port délicate et a été restaurée dans ces dernières années ; la tour Saint-Maclou , seul reste d'une ancienne église de 1340 ; le palais de justice et l'hôtel de ville. On y trouve un grand nombre de moulins à farine, des fabriques de cuirs, des tanneries et brosseries renommées et une salpèlrerie de l'État. Son commerce consiste dans la vente des produits agricoles du pays.

Mantes serait, dit -on, une ancienne cité des Garantes. Elle fut prise et brûlée en 1087 par Guillaume le Conquérant. Louis VI lui donna une charte de commune en 1110, et elle joua un rôle important sous Philippe-Auguste, qui y mourut en 1223. Au quatorzième siècle elle eut beaucoup à souffrir des guerres contre les Anglais. Elle prit le parti de la Ligue et ne se rendit qu'en 1590 à Henri IV, qui y séjourna plusieurs fois.

Pantoise, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un collège et 5,600 habitants, s'élève en amphithéâtre sur le versant d'une haute colline, au confluent de la Yïosue, qui y met en mouvement 22 moulins, et de l'Oise, qu'on y traverse sur un beau pont; ses rues sont étroites, escarpées, tortueuses; cependant elle est assez bien bâtie, et l'on y voit un superbe hôpital , une bibliothèque et l'église Saint-Maclou, joli édifice de plusieurs stylos, et classé parmi les monuments historiques. Ville forte au moyen âge, elle possède encore une partie des murailles qu'escalada l'armée de Charles VII en 1442; on y trouve aussi les vestiges d'une voie romaine qui la traversait pour aller de Paris à Rouen. Elle a des fabriques de produits chimiques, et fait mi grand commerce de farines, de veaux et de bestiaux.

Pontoise, qui doit son nom à sa position, existait du temps des Romains. Sous les premiers Capétiens, c'était une place importante, et Guillaume le Conquérant la prit en 1087; Philippe-Auguste lui accorda une charte en 1188. Saint Louis aimait à y séjourner, et c'est là qu'étant tombé malade, il lit vœu de se croiser. Au quinzième siècle, tous les partis la ravagèrent : les Anglais la prirent en 1 1 9 ; chassés en 1423, ils la reprirent par ruse en 1437; Charles VII la leur enleva en 1442 après un siège mémorable. Les états généraux s'y tinrent en 1500. Louis XIV s'y retira pendant la Fronde, et en 1652 il y transféra le parlement, qui y fut encore exilé en 1720 et 1751.

Rambouillet, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance et 4,130 habitants, est située dans une belle vallée, près d'une forêt de 30,000 arpents, à laquelle elle donne son nom; elle est assez bien bâtie, mais fort triste; on y remarque l'hôpital fondé en 1731 par le comte, de Toulouse, l'hôtel de la sous-préfecture, et surtout son château, qui semble dater du seizième siècle; il est flanqué de tours dont une est crénelée, et c'est dans une de ses chambres que mourut François I" en 15ft7. Le parc dessiné à l'anglaise est remarquable par ses points de vue et par ses eaux. Rambouillet n'est pas moins importante par la ferme royale bâtie sous Louis XVI, dans le but d'encourager la naturalisation des mérinos, et qui a servi de dépôt au premier troupeau de ces animaux que la France ait possédé. Cette ferme est située hors du parc et n'a pas changé de destination. On fait dans cette ville un commerce assez considérable de bois, de grains et farines, de laines et de moutons mérinos provenant de la bergerie.

Rambouillet évitait au huitième siècle ; au déhut du quatorzième , il appartenait

à la maison d'Angcnncs, que le nom do Rambouillet a rendue fameuse. En 1706, le comte de Toulouse, l'ayant achetée, la lit ériger on duché-pairie et y commença de grands travaux. Louis XVI en lit l'acquisition du duc de Penthièvre en 1783, et dépensa plus de 3 millions dans le chà:eau; Charles X y signa son abdication en faveur du duc de Bordeaux le h août 1830.

Les localités importantes de l'arrondissement* de Versailles sont très -nombreuses; voici les principales :

Saint-Cyr-f École , village de 1,700 âmes, situé à h kilomètres de Versailles, renferme l'école spéciale militaire de France destinée à fournir à l'armée une partie de ses officiers d'infanterie, de cavalerie et d'éiat-major. Ce village acquit une grande renommée sous Louis XIV, lorsque madame de Maintcnon, en 1680, y eut fondé la maison royale de Saint-Louis pour les demoiselles de noblesse pauvre'. C'est là que furent représentées devant le roi Esther et Alhalie. La fondatrice y mourut et fut enterrée dans la chapelle de celte maison, qu'on supprima en 1793. Alors Saint- Cyr fut transformé successivement en hôpital, en succursale des invalides, en prytanée militaire; enfin on y transféra en 1808 l'école militaire fondée d'abord à Fontainebleau.

Sèvres est une ville de /|,750 habitants, bâtie sur la rive gauche de la Seine, à l'extrémité d'un beau pont de pierre, où passe la route de Paris à Versailles, et entre deux coteaux dont sa rue principale occupe le milieu. Réunie h une partie du bourg de CfiavUle, qui lui fait suite du côté de Versailles, elle s'étend sur une longueur de près de 4 kilomètres. On y remarque la belle manufacture de porcelaine créée par Louis XV en 1750 , et dont les produits surpassent tout co que l'on fait dans ce genre en Europe; l'on y exécute aussi de magnifiques peintures sur verre, et l'on y a établi un musée céramique du plus grand intérêt, où se trouvent des poteries de toutes les époques et des principales contrées connues. Sèvres renferme encore des fabriques de faïence, de bouteilles, de toiles, de châles, de produits chimiques, de nombreuses blanchisseries de linge. Elle fait un commerce actif en fers, ardoises, tuiles, briques, bois, huiles, vins, etc. Les coteaux sur lesquels elle est située renferment de riches carrières de pierre à bâtir.

Sainl-Cloud, commune du canton de Sèvres, est un bourg de 3,800 habitants, assis sur le flanc d'une colline qui descend jusqu'à la rive gauche de la Seine, qu'on traverse sur un beau pont de pierre. Elle est célèbre par son château, ainsi que par son parc, ses bassins et ses eaux, qui sont l'œuvre de Le Nôtre. C'est dans l'une des allées de ce parc, le long de la Seine, que se lient la foire de Saint-Cloud, l'une des plus populaires et des plus fréquentées des environs de Paris, Ce bourg doit son origine à un monastère fondé par saint Clodoald, petit-fils de Clovis, sur l'emplacement d'un village appelé Sorjent. Henri III y fut assassiné en 1589, dans le château bâti par Jérôme de Gondi, et son cœur déposé dans l'église du village. Louis XIV ayant acheté ce domaine, en fit don à son frère, le duc d'Orléans, qui y fit construire le château actuel. Ce château fut acquis par la reine Marie-Antoinette, qui y fit faire de grands embellissements. C'est lit qu'eut lieu le coup d'État du 18 brumaire. Napoléon affectionnait cette résidence, et la fit restaurer. C'est là que Charles X signa en 1830 ses fameuses ordonnances.

' Voir Y Histoire de la maison royale de SainKyr, par Th. U> allée.

Meudon, bourg de 3,700 habitants , bâti dans une situation très-pittoresque, près d'une belle foret , est célèbre par son château , qui s'élève sur une éminence d'où la vue embrasse Paris et toute la vallée de la Seine avec ses nombreux villages. Ce château, bâti sur les ordres de François I" par Philibert de Lorme , appartint à la maison de Guise, et passa en 1654 à Abcl Scrvien, et en 1680 à la famille du chancelier le Tellier. La veuve de Louvois le céda â Louis XIV, et depuis cette époque il est resté â la couronne. Le grand Dauphin y mourut en 1711.

Dans le voisinage de Meudon se trouvent : le hameau du Bat- Meudon, important par sa grande verrerie dite de Sèvres; le Val-Fleury, où se trouve, sur le chemin de fer de l'Ouest, un viaduc de 1&2 mètres sur 36 mètres de hauteur; les Moulineaux, commune fameuse par ses vastes carrières de craie ; Bellcvue, renommée par ses jolies maisons de campagne, et où Louis XV avait fait construire pour la marquise de Pompadour un château qui a appartenu aux tantes de Louis XVI , et dont il ne reste que la terrasse.

Palaiseau, situé dans la vallée de l'Yvette, a 1,800 habitants, et fait un commerce considérable de fourrages. On fait remonter son origine à un château où le roi Childebert I" assembla ses leudes en 512 , et que Clolaire III habitait au septième siècle. Il ne reste plus que quelques ruines de ce château, qui existait encore en 1757.

Argenteuil est un gros bourg de 4,800 habitants agréablement bâti sur une colline couverte de vignobles, près de la rive droite de la Seine, qu'on y franchit sur un pont. Il a une église paroissiale fort ancienne, et doit sa renommée à ses vignobles, dont les produits, célèbres dès le huitième siècle, s'élèvent annuellement à 100,000 hectolitres de vin. On y fabrique aussi du vinaigre et de l'horlogerie estimée. Quelques pans de murailles y incliquent l'emplacement d'un monastère de filles fondé au septième siècle, et célèbre par la retraite d'Héloïse, qui y prononça ses vœux et en devint supérieure. C'était au seizième siècle une place forte qui eut beaucoup à souffrir des guerres de religion. Ses remparts, démolis en 1810 , ont fait place à de jolis boulevards.

Marly-U-Iloi (1,200 hàb.), bourg situé sur une hauteur et à quelque distance de la rive gauche de la Seine, est célèbre par le magnifique château que Louis XIV y avait fait bâtir; le parc avec ses bosquets ornés de statues, ses bassins et ses eaux en faisaient un délicieux séjour. Abandonnée sous Louis XV, cette résidence fut dévastée pendant la révolution ; il n'en reste plus que des vestiges.

Auprès de Marly-le-Roi est Marly-la- Machine . bâti au pied d'une haute colline près de la rive gauche de la Seine. On y remarque une pomjie à feu destinée à faire monter les eaux de la rivière, qu'un bel aqueduc de trente-six arcades, haut de 30 mètres et long de 1,980 moires, amène à Versailles. Celte pompe fut commencée en 1812 pour remplacer une énorme machine hydraulique , œuvre remarquable de Hennequin Sualem, construite sous Louis XIV, et dont une partie fonctionne encore.

Rueil, joli bourg de 5,200 habitants, est situé non loin de la Seine au pied d'une colline et dans une contrée pittoresque et fertile. On y remarque de belles casernes, et une église où l'on trouve les tombeaux de l'impératrice Joséphine et de la reine Hortense. Ce bourg a une antique origine; Childebert I" y avait une villa en 512. En 870 , Charles le Chauvo lit don do celle terre à l'abbaye de Saint-Denis. Le

cardinal de Richelieu en avait fait sa résidence favorite. Près de là se trouve la Malmaison, belle propriété où résida le premier consul avec Joséphine, et qui a été achetée, il y a quelques années, par la reine Christine d'Espagne.

Saint-Germain en I/tye, belle ville de 12,500 habitants, bien bâtie, avec des rues larges et irrégulières, est située sur une éminence de 63 mètres, qui domine la rive gauche de la Seine, à côté d'une magnifique foret, qui s'étend jusqu'à Poissy, dans toute la pçesqu'lle dont la rivière dessine le contour. Cette forêt, qui n'a pas moins de 8,500 arpents, est entourée de murs, et percée de belles avenues qui en font une magnifique promenade. La ville possède d'ailleurs le long du fleuve, sur une longueur de 2,^00 mètres et une largeur de 30 mètres, une belle terrasse d'où l'on jouit sur la vallée de la Seine d'une admirable vue. C'est une des promenades les plus fréquentées par les Parisiens. Près de là s'élèvo le château, vaste pentagone irrégulier, flanqué de cinq gros pavillons élevés par Mansard et entouré d'un fossé; c'est un monument fort laid et fort triste, et que ses briques rouges et sombres font ressembler à une prison. Saint- Germain possède encore un vaste marché, de beaux quartiers de cavalerie et une jolie église construite sous la restauration, où se trouve le tombeau du roi Jacques II. Cette ville a des fabriques de crin, des tanneries, et fait le commerce de bois et grains. Elle a pour origine une église fondée au onzième siècle par le roi Robert au milieu de la forêt de Ledia ou hiya, et dédiée à saint Germain; la ville qui se bâtit autour de cette église en prit le nom, et au douzième siècle, sous Louis le Gros, elle avait un château, qui fut plusieurs fois pris et dévasté. François 1" le lit réparer et y fixa sa résidence -, Henri II y naquit. En 1562 il s'y tint une assemblée d'où sortit l'édit de Saint-Germain favorable aux protestante; Henri III, en 1583, y convoqua les notables; Henri IV y fit bâtir pour Gabrielle d'Estrées, à 600 mètres de l'ancien château sur le haut de la colline, le château neuf, dont il ne reste plus aujourd'hui qu'un pavillon. Louis XIII y fut élevé, Louis XIV y naquit et y résida jusqu'à la fondation de Versailles ; c'est lui qui fit achever la terrasse commencée par Louis XIII et bâtir les cinq pavillons du vieux château. Il le donna pour résidence en 1688 à Jacques II, qui y mourut en 1701. Dès lors ce château fut presque entièrement abandonné. Napoléon y établit en 1809 l'école de cavalerie, la Restauration en fit une caserne et Louis-Philippe un pénitencier militaire; il est aujourd'hui en voie de restauration.

Dans la forêt de Saint-Germain se trouve la Maison des toges, où l'on a établi une succursale de la maison de Saint -Denis pour les demoiselles de la Légion d'honneur.

Le Pecq, bourg de 1,000 habitants, est le faubourg de Saint-Germain. Il est bâti en amphithéâtre sur le flanc de la colline que couronne cette ville, et descend jusqu'à la Seine sur laquelle il a un beau pont. C'est là que les alliés ont franchi le fleuve en 1815 pour tourner Paris par le midi.

Maisons-sur-Seine, village de 1,400 habitants, situé au pied d'une colline sur la rive droite de ia Seine et dominé par la foret de Saint-Germain , est célèbre par son beau château , bâti par Mansard pour le surintendant des finances Longueil. 11 a appartenu au comte d'Artois , puis à Jacques Lafiittc. Il s'est formé dans le parc , morcelé et vendu, un village rempli de jolies habitations et qu'on appelle Maitont-LaffitU.

Poissy, petite ville peuplée de 6,300 habitants, est située sur la rive gaucho de la Seine, qu'on y franchit sur un pont très-long. Elle est assez mal bâtie, malpropre, et, grâce aux débris de ses anciennes fortifications et de ses vieilles tours qui rappellent les guerres civiles, elle a un aspect triste et sombre. On y remarque l'église paroissiale, qui date du douzième siècle et est classée dans les monuments historiques, et la maison de détention fondée en 1818 dans un ancien couvent d'ursulincs. Elle a des fabriques de savons, produits chimiques, toiles cirées, passementerie et une imprimerie importante; mais elle est surtout fameuse par son marché de bestiaux , qui est très-considérable , et destiné à l'approvisionnement de la boucherie de Paris.

Poissy est une ville ancienne, Robert le Pieux y avait un manoir; saint Louis y fut baptisé en 1215 : c'est lui qui lit construire le pont et y établit le marché. Elle devint ville communale vers 1216. Elle est célèbre par le fameux colloque do Poissy tenu en 1561.

Meulan, jolie petite ville de 2,000 habitants, est bâtie en amphithéâtre sur la rive droite de la Seine, en face d'une ile qui divise son cours en deux bras. On y remarque l'église paroissiale de Saint-Nicolas, l'hôtel-Dieu, quelques tanneries et des moulins à farine. C'était jadis une ville fermée et défendue par un fort situé sur la Seine; elle obtint une charte de commune en 1189, et fut prise et dévastée plusieurs fois dans les guerres du quinzième siècle.

On remarque encore dans l'arrondissement de Versailles : Bezons, village situé sur la rive droite de la Seine, et célèbre par son château construit par le maréchal de Bezons ; Rue, village bâti dans un frais vallon qu'arrose la Bièvrc, et qui possède un bel aqueduc construit en 1686 pour amener à Versailles les eaux de plusieurs étangs; la Celk-Sainl-Cloud , où se trouve un beau château que Louis XV donna à madame de Pompadour, et qui a appartenu à Morel de Vindé ; Chalou, village de 1,200 habitants agréablement situé sur la rive droite de la Seine, et remarquable par ses jolies maisons de campagne et ses fabriques; Conjlttns-Saink-lhmotïne , village de 1,500 habitants, situé sur la Seine près du confluent de l'Oise, et remarquable par son château, ses fabriques et ses carrières; Griyuon, célèbre par son école d'agriculture; Jouy (1,500 hab. ) , bourg situé dans la jolie vallée de la Bièvre, important par son beau château, et qui était célèbre par la manufacture de toiles peintes créée par Oberkampf ; iMuvccienues , village situé près de la Seine, et où madame Dubarry avait fait construire un joli château ; Orçay (1,300 hab.), qui a un beau château, et où l'on exploite le grès à paver; Rocrjucncnurt , village qui renferme un beau château, et où le 1" juillet 1815 un corps prussien fut battu par les Français; Triel, joli bourg de 2,000 habitants sur la Seine, et où l'on exploite des carrières; l'illcjircux, qui a une fabrique importante de cachemires.

* Essonne (arrondissement de Corbeil) est un bourg important de 3,500 âmes, situé dans un joli vallon, au bord de l'Essonne, près de son confluent avec la Seine; il forme presque un faubourg de Corbeil. On y fabrique des indiennes, de la chaux renommée, des couleurs, du papier. On y trouve au>si des filatures de coton, une ûlaiure mécanique de lin, des fonderies et lamineries de cuivre, etc.

Lorxjjumcau , bourg de 2,000 âmes situé sur l'Yvette, se compose d une seule rue longue et bien bâtie; son église a un portail gothique très-remarquable. On y trouve

des tanneries considérables , un grand établissement pour l'apprêt des laines , et l'on y fait un commerce important de bois, de cuirs, de grains et de meules.

Arpajon , petite ville de plus de 2,000 habitants, est bien bâtie et située sur la rive gauche de l'Orge. Elle a des tanneries, brasseries, lavoirs de laine, et fait un grand commerce de beurre, grains, porcs, veaux et volailles.

Montlhéry est une petite ville de 1,800 âmes, bien bâtie, quoique fort ancienne, sur la pente d'une montagne dont le sommet était occupé par un célèbre château construit en 1015; il n'en reste plus que le donjon, haut de 32 mètres. Les seigneurs de Montlhéry ont joué un grand rôle dans l'hir-loire des premiers Capétiens; ce fut Louis le Gros qui les réduisit à l'obéissance et détruisit leur redoutable forteresse. Louis XI livra près de là une bataille indécise aux seigneurs de la ligue du Bien public (U65).

On remarque encore dans l'arrondissement de Corbeil : Erharcon, hameau situé près de l'Essonne et important par sa belle papeterie; Kvry, joli village d'où dépend le château de Pelit-Bourg, propriété célèbre du duc d'Anlin, qui a appartenu au financier Aguado et aujourd'hui est transformée en une colonie agricole pour des enfants; Longpont, où l'on trouve une belle église et qui avait une abbaye célèbre, etc.

Méréville (arrondissement d'Étampes) , bourg de 1,700 âmes, est situé dans la jolie vallée de la Juine et possède une belle halle où se tiennent les plus importants marchés du département de Seine-et-Oise. On y admire le château de Folie- Méréville, dont le magnifique parc est parcouru par la Juinc.

Milly, bourg situé près de la petite rivière d'École, affluent de la Seine, a 2,280 habitants et fait le commerce de grains et de farines. Elle est remarquable par son hôtel-Dieu fondé par les anciens seigneurs, son église paroissiale, son château gothique fort bien conservé, qui s'illustra contre les Anglais sous Charles VII.

Botny (arrondissement de Mantes), est située sur la rive gauche de la Seine, qui y forme deux lies, dans l'une desquelles se trouve un ancien château où naquit Sully en 1560. Ce château a été une maison de plaisance de la duchesse de Berry ; le cœur de son époux y est déposé dans la chapelle de l'hospice qu elle y a fondé.

Houdan, petite ville de 2,000 âmes située sur la route de Paris à Dreux, au confluent de la Vesgre et de l'Oplon, fait un grand commerce de grains, veaux, volaille et laines. Son origine parait être celtique. On y a trouvé des médailles et poteries romaines, des armes franques qui attestent son importance à l'époque gallomérovingienne. C'est la patrie du fameux Simon de Montfort, qui en 1065 y fonda l'église.

0:i remarque encore dans l'arrondissement de Mantes: Magny , bourg de 1,500 habitants, qui possède de nombreuses fabriques et fait commerce de grains et bestiaux ; la Boche- Guyon, village de 800 habitants bâti sur la rive droite de la Seine, au pied d'un rocher escarpé et célèbre par son château; Saint-Cluir-sur-Eple , village célèbre par le traité de 911 , qui donna la Normandie à Rollon.

L'He-Adam (arrondissement de Ponloise) est un bourg de 1,700 âmes bien situé sur la rive gauche de l'Oise , en face d'une île qu'on y franchit sur 3 ponts et au milieu d'une contrée couverte de maisons de plaisance. On y exploite d'excellente pierre TOME ii. 74

do taille et l'on y trouve une manufacture de porcelaine. C'était une ancienne seigneurie qui a donné des grands maîtres à l'ordre de Malte , et qui a ensuite appartenu aux Montmorency et aux Condé. Il ne reste du beau château bâti dans une Ile de l'Oise que deux pavillons.

Kcoucn, bourg de plus de 900 âmes, possède une filature de coton et fait le commerce de grains, de fruits et de blondis. 11 est bâti sur une hauteur que domine un château renommé comme l'un dos plus beaux édifices du seizième siècle. Dès le onzième ou douzième siècle la terre d'Écouen appartenait à la maison de Montmorency , et, comme tous les biens de celle famille, elle passa dans la maison de Condé. Le château fut construit pour le connétable Anne de Montmorency, par Bullant. Sous le Consulat il fut converti en caserne; Napoléon y établit ensuite une maison d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'honneur, sous la direction de madame Campan. Au retour des Bourbons, il fut rendu ù la maison de Condé, d'où, par testament, il passa au duc d'Aumalc, fils de Louis-Philippe. C'est aujourd ïuii une succursale de la maison de Saint-Denis.

Montmorency, petite ville de 2,000 habitants, est bâtie sur le sommet d'une colline qui domine une vallée célèbre par sa beauté, sa richesse et ses nombreuses maisons d«' campagne. Auprès d'elle s'étend une forêt où l'on trouve Y ermitage que madame d'É;>inay fit construire pour Jean-Jacques Itousseau , et où mourut Grélry en 1813. Celte ville, dont le marché est très-fréquenté , lait un commerce considérable de légumes pour l'approvisionnement de Paris, de fruits et surtout de cerises renommées. Klle est célèbre depuis le onzième siècle par ses seigneurs, « les premiers b«nms chrétiens, » qui y avaient un château devant lequel les troupes royales furent souvent tenues en échec. Au dix-septième siècle ce domaine passa par mariage dans la famille de Condé.

Entjhien est un village dépendant des communes de Deuil, Sois y et Saint-Gralicn. Il est remarquable par les élégantes maisons de campagne qui se sont groupées autour de deux établissements de bains d'eaux" sulfureuses et par le beau lac ou étang de Saint -C ration , qui ajoute encore à l'agrément du site. Dans son voisinage on remarque le château de Saint-Gralicn , où résida et mourut le maréchal de Catinat.

(ionesse est un bourg de 2,500 âmes situé près de la rive droite du Crould. H a une belle église gothique , «les fabriques de passementerie , des blanchisseries de toiles et f.iit un important commerce de grains, farines et fourrages. Ce bourg était déjà célèbre an douzième siècle, et Philippe-Auguste y naquit, dit-on, en 1165. Au quatorzième siècle il s'y trouvait d'importantes manufactures de draperies.

I.nrif, annen bourg peuplé de 1,100 âmes, était célèbre par son abbaye fondée en liO'J par Philippe-Auguste et qu'habita souvent madame de Sévigné. C'est près de là eue >e trouvaient le château et la forêt du Itaincy, ancienne propriété du roi Louis- Philippe, aujourd'hui morcelés et vendus.

On remarque encore dans l'arrondissement de Pontoise : Saint Ouen-l' Aumône , bourg de 1,000 habitants, où se trouvait la grande abbaye de Maubvisson, fondée par la reine Blanche, et où elle mourut en 1252; il n'en reste rien; Beanmont, ville de 2,000 habitants, située sur l'Oise, et qui fait un grand commerce de grains et de be-liaux; c'était une comté -pairie, et il rosle une tour de son château; Luzarches,

bourg de 1,500 habitants, qui a des fabriques de dentelles, boutons de soie , franges de cbàles; son enlise est fort ancienne; Louvret, village de 1,000 habitants, où l'on fabrique des blondes et l'on exploite la pierre de taille; F.pinay - Cfiampluln ux, célèbre par son château construit par Matthieu Mole et qui n'est pas s .rti de la famille de ce grand magistrat ; là est mort dernièrement le comte Molé , ministre sous Louis-Philippe.

Dourdan (arrondissement de Rambouillet), ville de 2,500 habitants, est située d;ms la vallée de l'Orge et près d'une forêt. Elle possède une jolie église gothique, un château fort assez bien conservé, des fabriques de bas et d'ouvrages de nacre, une filature hydraulique, des blanchisseries, et fait le commerce de blé et de laines. Elle est très-ancienne et a été jadis une place forte. Son château avait été bâti au sixième siècle par Contran , roi de Bourgogne. C'est le lieu de naissance de la Bruyère.

Chevrcuse, bourg de 1,800 âmes, est situé dans une charmante vallée qu'arrose l'Yvette. Il possède des tanneries, tuileries, et fait le commerce de blé et de laines. C'était jadis un lieu important que défendait l'un des plus forts châteaux de la contrée, construit au sommet de la colline qui domine la ville. Il n'en reste aujourd'hui que des ruines. Louis XIH en fit un duché-pairie en faveur du duc de Luyncs.

Plus en amont sur la rive gauche de l'Yvette se trouve le village de Dampierre, peuplé de 750 habitants et remarquable par son château du seizième siècle appartenant à M. le duc de Luyncs , qui l'a fait restaurer avea autant de goût que de magnificence.

Magny-Us- Hameaux est un village de 500 âmes situé à l'extrémité d'une longue plaine que terminent les bois de Trappes, et célèhre par les ruines de l'abbaye de Port-Royal des- Champs , qu'on voit aux environs. Cette abbaye, érigée dans un lieu pittoresque, mais malsain, en 120/|, devint célèbre par les saintes religieuses qui l'habitaient au dix-septième siècle et par les solitaires qui s'étaient bâti dans leur voisinage des retraites que rendront éternellement célèbres les noms d'Arnault, de Nicollc , de Pascal , de Racine , etc. On sait que c'était 15 le foyer du jansénisme , et que Louis XIV, désespérant de vaincre la résistance des religieuses, ordonna.cn 1709, de détruire leur maison. On voit encore leurs tombeaux.

Montfort-l'Amaury, jolie petite ville de 1,800 âmes, est bâtie près de la forêt de Saint-Léger, sur la pente et au pied d'une montagne couronnée par les restes d'un ancien château. On y fait le commerce de blé, fruits, fourrages renommés, chevaux, bestiaux. C'est l'un des plus anciens bourgs de l'Ile-de-France. Place très-forte, défendue par son château , qui datait de la fin du dixième siècle , elle était le siège d'une seigneurie dont les comtes ont joué un grand rôle dans notre histoire et dans celle de l'Angleterre.

On trouve encore; dans l'arrondissement de Rambouillet : Limours, petite ville de 1,000 habitants qui possède quelques fabriques, et qu'avait rendue célèbre son château bâti par François Ier, que Henri II donna à Diane de Poitiers, et qui fut acheté par Richelieu; Marcoussis, bourg de 1,500 habitants qui avait aussi un château célèbre; Ctrnay, village d'où dépendait la célèbre abbaye des Vaux de Cemay , fondée en 1128 et dont il ne reste que des ruines; Saint- Léger-tn- Yveline* , qui porte le nom du fameux évéque d'Aulun, martyrisé dans ce lieu en 67lJ, etc.

§ VIII. DÉPARTEMENT DR LA SEINE. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE , ETC. —

Le département de la Seine est entièrement enclavé dans le département de Seine-et- Oise. Sa superficie est de 67,550 hectares, dont 29,295 de terres labourables, 1,543 de prés, 2,784 de vignes, 1,354 de bois, 250 de landes. Sa population est de 1,^22,065 habitante, ce qui donne 2,991 habitants par kilomètre carré, et s'explique par l'énorme population concentrée à Paris et aux alentours de la capitale. Elle était, en 1801, de 631,585 habitants; en 1821, de 822,171 hab. ; en 1831, de 935,108 hab.; en 1841, de 1,194,603 habitants, etc. Ce département a pour chef-lieu Paris et se subdivise ainsi :

Arrondissement de Paris l,OM,262 habitant*.

— de Saint-Denis . 4 cantons, 37 communes, 23(3,792 —

— de S<rauv. ... 4 — 43 — 135,01 1 —

3 arrondissements. 8 cantons, 80 commune», 1,422,065 habitants.

Le département de la Seine forme le diocèse de l'archevêché de Paris; il est compris dans le ressort de la cour impériale de Paris , et renferme un tribunal civil formé de huit chambres et un tribunal de commerce pour tout le département. Il fait partie de la 1" division militaire.

Le sol de ce département est assez, fertile , mais surtout richement cultivé , principalement pour la production des fruits, des légumes et de la vigne; le vin qu'on y récolte est très-médiocre , mais sert à la consommation des cabarets de la banlieue de Paris. L'élève se réduit aux moutons et aux vaches laitières : ces dernières sont très-nombreuses , cependant leur production ne peut suffire aux besoins de la capitale, qui lire du lait d'un rayon de plus de /|0 lieues. Les moutons sont de race commune mais améliorée ; on trouve aussi de précieux troupeaux de race mérinos. Il y a dans le département 18,000 tôles de gros bétail, 30,000 moutons, ft.OOO porcs, 38,000 chevaux, etc.

L'ex|iloitation minérale se réduit à celle des carrières de plâtre, de moellons et de pierres à bâtir (calcaire grossier); mais elle est fort considérable, et son produit est évalué à 4 millions. L'industrie et le commerce , concentrés à Paris et dans les communes de sa banlieue, sont les plus considérables de toute la France. .

Il y a dans le département 2 rivières navigables sur 82 kilomètres (la Seine, 58; la Marne, 24 kil.); 6 canaux (canal de l'Ourcq, 10,5 kil.; canal de Saint-Denis, 6,6 kil.; canal de Saint-Martin, 4,6 kil.; canal de Saint-Maur, 1 kil.); 15 roules impériales, sur 124 kil. ; 81 routes départementales, sur 247 kil.; 1,200 chemins vicinaux. Enlin le département est sillonné par tous les chemins de fer qui, de Paris, se dirigent vers les frontières de la France.

§ IX. Département de la Seine. — Description des villes. — Paris, capitale de la France, est le chef-lieu du département de la Seine, le siège d'une cour d'appel , de tribunaux de première instance et de commerce, d'un archevêché, de la 1" division militaire, etc. C'est là que résident le gouvernement, les corps législatifs, les ministères, la cour de cassation, la cour des comptes, l'Institut, l'Université , la Banque de France. Elle renferme les É nies polytechnique et d'état -major, des facultés de droit, de médecine, do sciences, de lettres , 5 lycées et une multitude d'autres établissements d'instruction.

Paris est situé par 48° 50' 13' de latitude septentrionale, et par 19° 53' 45" de longitude occidentale (méridien de I île de Fer). Il s'étend sur les deux rives de la Seine, qui le divise en deux parties inégales, outre les lies, et il occupe le fond d'un largo bassin qui est circonscrit par une suite de collines peu élevées. En avant de ces collines est son inur d'octroi , percé de 58 portes , en arrière est son mur d'enceinte fortifié.

La partie septentrionale de Paris forme un demi-cercle dont le fleuve serait le diamètre : les hauteurs dont elle est enveloppée longent d'abord la Marne, s'abaissent entre Rosny et Montreuil, se relèvent dans le plateau de Belleville (137 m.), s'effacent dans la plaine Saint-Denis (57 ni.), s'escarpent dans la butte isolée de Montmartre (138 m.) , se prolongent par la haute plaine des Batignolles (65 m.), et finissent par les coteaux de Chaillot cl do Passy. Colle partie est défendue en arrière du mur d'enceinte par le fort de Xogent, le château de Vineennes, las forts de Rosny, de Noisy, de Romahiville, par les redoutes du canal de l'Ourcq et du canal Saint-Denis, par le fort d' Aubervilliers , par la place de Saint-Denis, qui garde le cours de la Seine.

La partie méridionale forme; aussi un demi-cercle dont la Seine serait le diamètre : elle est bornée à l'est par des terrains en pente douce qui se relèvent à peine dans le petit plateau d'Ivry, et sont interrompus par le cours de la Bièvre ; au sud par le plateau de Sainte-Geneviève, élevé de G7 mètres, et qui a derrière lui le plaleau de Montrouge; à l'ouest par les faibles éminences qui avoisinent les barrières du Maine et de Vaugirard , et par la plaine de Grenelle. Cette partie est défendue par le fort de Charenton, situé au confluent de la Marne et de la Seine; par les forts d'Ivry, de Bicitre, de Montrouyc, de Vantes, d'Issy. Quant à la partie occidentale de la ville, elle est gardée par la citadelle du Mont-Valérien, qui observe le double cours de la Seine de Meudon à Saint-Denis, et de Saint-Denis à Saint-Germain.

La superficie de Paris jusqu'au mur d'octroi esl de 34,398,000 mètres carrés , et jusqu'à l'enceinte fortifiée de 267,558,000 mètres carrés. On a calculé qu'elle était sous Jules César de 44 arpents, sous Julien de 113, sous Philippe-Auguste de 739, sous Charles VI de 1,284, sous François I" de l,414i sous Henri IV de 1,600, sous Louis XIV de 3,228, sous Louis XV de 3,919, sous Louis XVI de 3,958. Le développement de sa circonférence est de 24,287 mètres, ou de plus de 7 lieues. Paris renferme environ 1,200 rues, 48 marchés, 100 places, 180 cours, impasses, etc. Le développement de toute sa voie publique est de 450 kilomètres. Le nombre de ses maisons est d'environ 30,000. Sa population était, en 1789. de 524,186 habitants; én 1801, de 546,856 hab.; en 1811, de 622,636 hab. ; en 1821, de 713,966 hab.; en 1831 , de 785,862 hab.; en 1841, de 935,361 hab. ; en 1851, elle était officiellement de 1,053,262 hab.; mais elle s'élève probablement aujourd'hui à 1,200,000 habitants. On divise la ville en 12 arrondissements et 48 quartiers.

Paris est tout un monde spécial pour lequel nos résumés ordinaires deviennent tout à fait insuffisants. Nous renvoyons donc aux ouvrages spéciaux pour la description des monuments, musées, bibliothèques, établissements de tout genre que celle ville renferme; nous y renvoyons aussi pour l'exposé de ses industries, qui sont au nombre de plus de 300, et occupent 70,000 chefs d'industrie el 400,000 ouvriers; nous y renvoyons enfin pour son histoire , qui est en grande partie celle de la France *.

' Voir V Histoire de Parts, par Th. lavalli*. Paris, j s :» i , l toi. gr. iu-8".

Saint-Denit, chef-lieu d'arrondissement, est située dans une belle plaine, sur les ruisseaux du Croukl et du Rouillon, qui font mouvoir de nombreuses usines, près de la rive droite de la Seine et du canal Saint-Denis. Elle est peuplée de 15,702 habitants. On y trouve un dépôt de mendicité et la maison destinée à élever les filles des membres de la Légion d'honneur, laquelle comprend les bâtiments de l'ancienne abbaye. • Saint-Denis est aujourd'hui une cité manufacturière, et qui est principalement remarquable par ses impressions sur étoffes, ses lavages de laines, ses fabriques de plomb laminé , de bleu , d'amidon , de produits chimiques , etc. Elle est populeuse , animée par un grand commerce, et généralement assez mal bâtie.

C'est une ville tout historique, et dont les annales sont liées aux annales de la monarchie française. Elle doit son origine à une chapelle où furent déposés, vers le milieu du troisième siècle, les restes de saint Denis et de ses compagnons, et près de laquelle se forma un monastère. Dagobcrt, dans le septième siècle, agrandit ce monastère, le combla de biens, et fit bâtira la place de la chapelle une magnifique église,' où il fut enterré, et qui devint depuis cette époque le tombeau privilégié des rois. Cette église fut reconstruite ou restaurée par Pépin le Rref et Charlemagne. Il n'en reste presque plus rien. Celle qui existe aujourd'hui a été commencée en 1130 par Suger, abbé de Saint-Denis et ministre de Louis VII, et achevée en 1281. C'est un magnifique monument , dont la nef a un caractère saisissant de grandeur et de majesté. Les tours étaient couronnées par une flèche de 56 mètres de hauteur, dominant toute la plaine et annonçant à Paris la sépulture de ses rois; cette flèche a été récemment détruite. On remarque dans l'intérieur de l'église les mausolées de François I", de Louis XII et de Henri IL La crypte sépulcrale renferme les tombeaux des rois, reines, princes et princesses de la famille royale depuis Clovis et Clotilde ; mais ces tombeaux sont vides depuis le décret de la Convention du 31 juillet 1793 : ils furent alors brisés, et les ossements qu'ils renfermaient jetés péle-mele dans deux fosses qu'on recouvrit de chaux. La restauration de l'église et des tombeaux de Saint-Denis a été commencée en 1808 et achevée avec splendeur sous le règne de Louis-Philippe.

Sceaux, chef-lieu d'arrondissement, peuplé de 2,000 habitants, est une jolie petite ville , qui a une grande importance par son marché aux bestiaux. Colbert y avait fait bâtir un magnifique château, qui fut acheté par le duc du Maine, et devint un lieu de délices et le rendez-vous des hommes les plus distingués dans les lettres. Ce château passa au duc de Penthièvrc en 1775, et c'est là que mourut Florian. Il fut détruit pendant la révolution, et il n'en reste que le parc, qui est aujourd'hui un lieu de promenades et de plaisirs pour les Parisiens.

Les localités importantes du département de la Seine sont très-nombreuses et pressées les unes sur les autres. Quelques-unes, par leur population et leur industrie, marqueraient parmi les plus grandes villes si elles étaient éloignées de la capitale. En effet, sur les 81 communes qui composent ce département, il y en ail qui ont de 10 à 35,000 habitants, et 27 qui en ont de 2 à 10,000. La plupart sont des annexes industrielles de Paris, et renferment de nombreuses maisons de plaisance. Celles qui avoisinenl immédiatement le mur d'octroi sont remplies de cabarets, de restaurants, de guinguettes, de bals publics, etc. Les communes les plus importantes de l'arrondissement de Saint-Denis sont :

Aubervilfiers , village de 2,500 habitants, situé dans la plaine de Saint-Denis, était autrefois célèbre par son église dite Xotre-Dame-des- Vertus, et qui devint l'objet d'un pèlerinage fréquenté. Il fut pris et repris plusieurs fois par les alliés et les Français dans la bataille de Paris. On y a construit un fort qui couvre les approches du canal Saml-Denis et du canal de l'Ourcq.

Auteuil (4,274 hab.) est situé sur une colline qui borde la rive droite de la Seine, près du bois de Boulogne. C'est un des plus heureux sites des environs de Paris, et, dès le dix-septième siècle, il était couvert de maisons de campagne. Boileau, Molière, d'Agucsseau, Nicolaï, Helvélius, Condorcet, Franklin, Boufflers l'ont habité. La maison de Boileau existe encore; elle a appartenu au médecin Goudron, qui est enterré dans le cimetière. On trouve dans cette commune des impressions sur étoffes, des corderies, des fabriques de produits chimiques, des magasins de bois de charronnage, etc.

BatignolUs-Monceaux est une sorte de grand faubourg de Paris qui n'a pas moins de 28,700 habilants, et qui est situé entre la barrière de Clichy et la commune de même nom, dans un terrain plat, monotone et assez' élevé. Ce n'était au commencement du siècle qu'une grande plaine cultivée , ayant à peine une ou deux baraques ou guinguettes, et il s'y livra un coml>al très-violent dans le voisinage de la barrière le 30 mars 1814. Après la paix, des entrepreneurs s'avisèrent d'y construire quelques maisons, et en 1830 la population était déjà de 3,428 habitants; en 1835, de 6,850; en 1842, de 14,073. Ce chiffre est aujourd'hui doublé, et le hameau des Batignolles est devenu une grande ville, où l'on trouve de larges rues, de belles maisons avec des établissements industriels importants, les ateliers des chemins de fer de l'Ouest, des ateliers de construction pour le matériel des chemins de fer, des fabriques d'appareils à gaz, de cuirs, de vernis, de liqueurs, de savons, etc.

BeUeville (35,000 hab.) est située sur la pente méridionale et le sommet d'un plateau qui domine la partie >eplentrionale de Paris. Elle touc he le mur de la ville, et on y arrive par une large rue bordée de guinguettes et de restaurants qu'on appelle la Courlille. « C'est là que le peuple parisien va chercher ses plaisirs dans des salles nues, puantes, hideuses, où le vin frelaté n'est pas même égayé par l'ombre d'une charmille, où la danse ignoble se cache du grand air et du soleil, et n'a pour horizon que des murs peints et enfumés, où les regards ne peuvent s'arrêter que sur des rues fétides et boueuses, de laides maisons peuplées de milliers de tables, une foule souvent immonde et brutale, quelquefois criminelle'. » La commune de BeUeville renferme de nombreuses maisons de campagne, des maisons d'éducation et des fabriques importantes d'acier poli et fondu, de limes, de boutons, de cuirs vernis, de noir végétal, de produits chimiques, des ateliers de construction de machines, des fonderies de cloches, des apprèleurs d'étoffes, etc. La partie la plus escarpée du plateau comprend la butte Chaumont, qui est creusée de nombreuses carrières.

BeUeville .est un village ancien, mais qui n'avait au commencement du siècle quo 12 à 1500 habitants. Son plateau a été le principal théâtre de la bataille de Paris.,

Boulogne (7,600 hab.) est situé entre le bois qui porte son nom et la Seine qui le sépare de Saint-Cloud. C'est un ancien village qui renferme, avec de nombreuses4 Th. Uvall*^, Histoire de Parts, page 207.

maisons de campagne , plus de /|00 blanchisseries de linge , dos fabriques de produits chimiques, etc.

Le bois de Boulogne, qui a environ 8.000 hectares de superficie , est la promenade la plus fréquentée des Parisiens. Il servit en 1815 de campement aux Anglais, qui en coupèrent cl brûlèrent presque tous les arbres. Il a été depuis cette époque replanté, embelli, percé de nouvelles roules, et l'on vient de le transformer en un magnifique jardin anglais. A l'une des portes de ce bois, près de la Seine, était autrefois une abbaye dile de /.otiyrfiamp , qui était visitée par les Parisiens dans la semaine sainte pour y entendre le chant des religieuses. La visite pieuse se changea peu à peu en promenade mondaine, où l'on faisait assaut de riches toilettes et de beaux équipages. L'usage de cette promenade s'est conservé, bien que l'abbaye n'existe plus depuis 1792.

11 y avait autrefois dans le bois de Boulogne le château de Madrid, construit par François I", qui fut habité par plusieurs rois, et servit quelquefois de prison: il a élé délruil en 1787.

La Chnpelle-Saint-Denis (18,700 hab.) est une des communes les plus populeuses, les plus animées de la banlieue de Paris. Elle est le prolongement du faubourg Saint- Denis, et ouvre par sa grande rue les routes de Rouen, de Beauvais, d'Amiens, etc. Il s'y lient des marchés très-considérables de porcs et de vaches laitières. On y trouve les ateliers des chemins de fer du Nord et de l'Est, des fonderies de fer et de cuivre, des chaudronneries, des raffineries, des fabriques de cuirs vernis, huiles minérales, équipages militaires, etc. C'est dans son voisinage que se tenait la fameuse foire du Lamfit. » La foire du Landit datait, dit-on, de Charles le Chauve, et avait lieu dans le mois de juin. La plaine Saint-Denis devenait alors une ville immense avec rues remplies de tentes, de cabanes, de tréteaux , où abondaient les marchands de France et de Flandre, les divertissements, les botes curieuses, les jongleurs et les filles de joie. On y vendait principalement du parchemin , dont il se faisait alors une grande consommation. L'Université allait s'y en fournir, et c'était l'occasion d'une montre ou procession magnifique , où assistaient tous les régents et écoliers , à cheval et bien équipés, avec tambours, fifres, drapeaux. Ces cavalcades entraînant beaucoup de désordres furent supprimées en 1558 ; mais la foire continua de subsister jusqu'en 1789 ; il en reste à peine quelques vestiges »>

Charonne (6,850 hab.) esl encore un gros village tumultueux, situé à l'une des extrémités du faubourg Saint-Antoine , et qui est une annexe de ce grand quartier industriel; on y trouve des fabriques de couleurs, de cuirs vernis, de chales, de toiles cirées, de porcelaines, <ïe savons, des magasins de bois de sciage et de teinture , etc. On y cultive aussi en grand le pécher.

Clichy-la-Garennc (6,^50 hab.) est situé sur la rive droite de la Seine, et se joint à Balignollcs par une grande rue couverte de maisons et des ateliers du chemin de fer de Rouen. On y trouve des fabriques de machines à vapeur, do céruse, de cristaux, de passementerie, de produits chimiques, une verrerie, etc. C'est un village fort ancien , où les Mérovingiens avaient un palais qui fut la principale résidence de Dagobert. Trois conciles y ont été tenus au septième siècle Saint Vincent de Paul, en 1612, en a été le curé, et c'est luf qui a fait bâtir l'église. En 1796,

• TU. L* vallée, Hutoirc de Pari*, page 3S0.

il s'y tint un club de royalistes , dont les projets furent rouverts par la journée d.: 18 fructidor.

Courbevoie (6,000 hab.) est situé sur la rive gauche de la Seine, et n'est séparé de Neuilly que par un beau pont. On y trouve de magnifique* casernes construites s uis Louis XV, des blanchisseries de laines, des impressions sur étoffes, etc.

Kpinay (1,200 hab.), situé sur la rive droite de la Seine, au delà de Saint-Denis, renferme des ateliers de sondage pour les puits artésiens, dos- fabriques de fer creux, de produits chimiques, d'impression sur étoffes, etc. CY-t un village fort ancien où Dagobert faisait résidence. Ses maisons de campagne ont été habitées par l'ouivroy, Lacépède, madame d'IIoudetol, etc. C'est le lieu de nais an« e du maréchal Maison.

Montmartre (23,000 hab.) est situé sur le sommet et sur les pentes d une bnîlt calcaire isolée , qui culmine la partie nord-ouest de Paris. Ses mai-ons t in lient au mur d'enceinte, et il renferme un des cimetières de la capitale, (in y trouve îles appréleurs d'étoffes, des fabriques de couleurs et vernis, de cuirs, de toiles cirées , de plâtre, etc. Son église date du douzième siècle, et l'on y jouit d'une vue magnifique sur l'océan de maisons qui compose la Itabybne moderne. I.a hutte Montmartre est entièrement composée de dépôts de calcaire et de gyp-e a ver. i< ■■quels Paris a été construit: elle a été tellement creusée, fouillée, évidée, pour eu tirer ces précieuses pierres, qu'elle semble n'avoir plus que sa croûte, et ne porter que par miracle la commune populeuse et pittoresque qui est as -.j e sur ses croupes. Les carrières de Montmartre sont célèbres pour avoir fourni à Georges Cuv er la plus grande partie des débris fossiles avec lesquels il a reconstruit quelques-uns des animaux antédiluviens.

Le nom de Montmartre vient de Mons Martis ou de Mons Murtymm. l ue tradition populaire, qui ne manque pas de vraisemblance, vouhit que saint Denis et ses compagnons y eussent souffert le marlyre, près d'un temple de Mars ou de Mercure, dont au dix septième siècle on croyait encore voir les restes. Dès le septième siècle, il y avait sur cette montagne une église dédiée h saint Denis, et qui de\i:it en une abbaye de bénédictines fondée par Louis VI. La veuve de ce roi s'y relira et y nu. unit. Henri IV, lorsqu'il assiégea Paris, y établit son quartier général, cl les religieuses s'y livrèrent avec les seigneurs de son armée aux plus grands dé-nnlivs. 11 reste à peine aujourd'hui quelques débris de murailles de cette abbave.

Xanlerre (2,700 hab.) est un village fort ancien, et qui a été ivndu très-célèbre par la naissance de sainte Geneviève , patronne- de Paris. Son église , qui e-t encore l'objet d'un pèlerinage très-fréquenté , n'a rien de remarquable. CY: lit autrefois un h urg fortifié, et qui fut saccagé plusieurs fois. On y trouve un grand abattoir à porcs pour la capitale; on y exploite des pierres à bâtir, 'et l'on y fabrique de la chaux hydraulique, des produits chimiques, des gâteaux renommés, (>lc.

Xeuilly (16,000 hab.) est situé sur la rive droite de la Seine et près du bois de Boulogne, dans le prolongement des Champs- Élysées. Il doit à cette situation s m rapide accroissement et ses maisons de c impagne. Ou y voyait un beau château, construit au dix-huitième siècle par le ministre de la guerre d'Argens >u , et qui , après avoir appartenu àTalleyrand et à Murât, devint l'habitation favorite du roi Louis-Philippe, qui y avait réuni un beau parc , des îles de la Seine , etc. Le château a été détruit pendant le, journées de février iS'48 cl le parc morcelé et vendu. On remarque à Neuilly le Tout: 11. 75

pont qui unit celle commune à Coui bevoie, œuvre de Perronnet, et l'un des plus beaux qui soient en France. On y trouve des appréleurs d'étoffes, des fabriques de bougies, de savons, de cuirs vernis, de pompes, elc.

Près de Neuilly, au tournant de la grande route et du chemin dit de la Révolte, le duc d'Orléans, le 13 juillet 18/t2, se tua en tombant de voiture. Une chapelle a été élevée sur l'emplacement de la maison où il rendit le dernier soupir.

Pantin (3,400 bab.) est situé près du canal de l'Ourcq sur la grande route du nord; il renferme des carrières de plâtre, et l'on y trouve des fabriques de chaux hydraulique , de produits chimiques , etc. Ce village fut le théâtre d'un sanglant combat les 29 et 30 mars 1814.

Pat*y (11,500 hab.) est bâti dans une position charmante sur une colline qui domine la rive droite de la Seine , près du bois de Boulogne et à l'extrémité des Champs- Élysécs. On y trouve, avec de très- nombreuses maisons de campagne, des fabriques de grillages, de voitures, de canons de fusil, de conserves alimentaires, etc. Passy a été habité par les financiers la Popelirmre et Berlin, l'actrice Contât, le comte d'Estaing, Baynal, Piccini, André Chénier, etc.

Dans sa dépendance est le château de la Muette, où mourut la duchesse de Bcrry, 011e du régent; il fut plusieurs fois habité par Marie-Antoinette; c'est aujourd'hui une maison de santé.

Pré-Saint-Cervais (1,800 hab.) est un village situé entre le canal de l'Ourcq et le bois de Komainville , et dont le territoire , coupé de vergers et cultivé en fruits et en fleurs, est couvert d'habitations champêtres. Il a été l'un des théâtres de la bataille de Paris.

Puteaux (4,300 hab.) est situé à la rive gauche de la Seine, sur la pente d'une colline cultivée en légumes et en rosiers. On y trouve des fabriques importantes d'impression et teinture sur toiles, de produits chimiques, de savons, etc.

Itomainville (2,000 hab.) est célèbre par son bois aujourd'hui presque entièrement détruit, et qui était un lieu favori de promenade pour les Parisiens. Ce bois a été le théâtre de violents combats le 30 mars 1814.

Saint-Ourn (1,800 hab.) est situé dans une position charmante sur la rive droite de la Seine, où il a un port et une gare très -importante accessible aux plus gros bateaux. On y trouve des ateliers de construction de machines, d'impression et d'apprêts d'étoffes, etc. C'est un village fort ancien, où Dagobert avait, dit-on , un manoir, et dont l'église était l'objel d'un pèlerinage fréquenté, à cause des reliques de saint Ouen qu'elle possédait. Ce manoir fui habité par plusieurs rois, et Jean y institua l'ordre de l'Étoile. Il fut remplacé par une belle habitation construite dans le siècle dernier, où Louis XVIII séjourna, et où il donna le 2 mai 1814, la veille de son entrée à Paris, une déclaration préliminaire de la Charte.

Suresnet (3,175 hab.) est situé sur la rive gauche de la Seine et au pied du mont Valérien. Son territoire est planté de vignes, qui donnent un vin fameux par son âcreté, et qui néanmoins fournit les cabarets des environs de Paris. C'est un village ancien et où se tinrent en 1593 des conférences à la suite desquelles Henri IV se convertit au catholicisme. L'architecte Perronnet y est né.

Le mont Valérien, l'une des plus hautes collines qui environnent Paris, était autre-

fois surmonté d'un couvent et d'une église, qu'on appelait le Calvaire, et qui était, surtout dans la semaine sainte , l'objet d'un pèlerinage très-fréquenté. Cette fondation religieuse, supprimée en 1790, fut rétablie sous la Restauration et détruite en 1830. Les bâtiments ont été transformés en casernes, et l'on a fait de la montagne un vaste *)rt destiné à éclairer le cours de la Seine au levant de Paris.

La l'UUtU est un gros bourg de 18,650 habitants, qui forme le prolongement du faubourg Saint-Denis , et se trouve situé sur le grand bassin du canal de l'Ourcq , à l'endroit où commence la dérivation du canal Saint-Marlin. Celte position a fait la fortune de cette commune, qui est un grand annexe de l'industrie parisienne, et l'une des plus Tories agglomérations manufacturières de la France. On y trouve en effet des raffineries de sucre, des fonderies de suif, des affinages de métaux, des fonderies de fer, des fabriques de liqueurs et de savons très-nombreuses, dos fabriques de creusets, de cuirs, de blanc de zinc , de produits chimiques, de carrosses, de charrettes, de chaudronnerie, de cartonnage, d'allumettes, etc. On y fait un immense commerce de houille, de charbons, de bois de construction et de chauffage, de fer, de vins, etc. I«a Villeite et les liords du canal de l'Ourcq ont été l'un des principaux théâtres de la bataille de Paris.

L'arrondissement de Sceaux renferme, comme celui de Saint-Denis, une multitude de localités remarquables par leurs belles habitations, leurs industries et leurs souvenirs historiques. Nous citerons :

Alfiirl ou Maisons-Alfort (1,900 hab.), village situé sur la Marne, près de son confluent avec la Seine, est remarquable par son école vétérinaire fondée par Bourgelat en 1766, et qui renferme une ménagerie, des cabinets d'anatomie et de pathologie , etc. Les élèves de l'école d'Alforl ont bravement défendu le pont de Charenton en 1814.

Arcueil (3,000 hab.) est situé dans une vallée agréable sur la Bièvre, et renferme de nombreuses maisons de plaisance. On y trouve des blanchisseries, des teintureries sur étoffes, des carrières de pierre, et l'on y remarque un bel aqueduc, construit par Jacques Debrosse, d'après les ordres de Marie de Médicis, qui conduit les eaux de Rungis à travers la vallée de la Bièvre dans la capitale. Sa longueur est de 600 mètres et sa hauteur de 24. Il est contigu à un aqueduc construit par les Romains, et qui conduisait aussi l'eau de Rungis au palais des Thermes.

Bercy (10,800 hab.), situé sur la rive droite de la Seine, en amont de Paris, renferme les plus vastes entrepôts de vins, d'eaux-de-vie, d'huiles, de vinaigres, qui soient en France. On n'y compte pas moin< de 288 négociants en vins, /|5 commissionnaires-entreposilaires, 22 courtiers, etc. On y fait aussi un grand commerce de bois, de tuiles, de fromages, et l'on y trouve plusieurs fabriques.

Itourg-ta-Reinc (1,500 hab.), situé dans un vallon agréable sur la Bièvre, renferme de jolies maisons dont une a appartenu à Gabrielle d'Estrées. C'est là que Condorcet, proscrit par la Convention , s'empoisonna.

Charenton se divise en deux communes: Charenton-le-Pont (3,200 hab.), et Charenlon Sainl-Maurice (2,600 hab.). La première doit son surnom à un pont sur la Marne, très-important pour les approvisionnements et la défense de Paris, et qui a été pris par les Normands en 865, par les Anglais en 1436, par l'armée du Bien public

on l'iGf), par les calvinistes en 1507, par Henri IV en 1500, par tes troupes royales en Ifi'i'J, par les alliés en 181 'i. Charcntnn est une commune agricole qui renferme une manufacture de porcelaine el plusieurs autres fabriques. Sa mairie est établie dans un château qui a appartenu, dit-on, à C.abrielle d'Lslrées. Dans son voisinage est le château de Gn» flans, qui appartient aux archevêques de Paris.

Charenton-Saint-Maurico est remarquable par sa maison de sauté pour le traitement des aliénés. Celle maison, qui est un établissement de l'état, est bâtie sur une colline d'où l'on jouit d'une très-bi lle \ue sur la Marne; elle peut recevoir 500 malades. On y trouve encore des filature- de cachemires et de laines, des forges laminoires, une scierie mécanique , etc. Col à Saint-Maurice qu'était le temple accordé par l'édit de Nantes aux protestants de Paris : il avait été bâti par Jacques Debrosse, pouvait contenir L'i.000 personnes, el fut détruit en 1085.

Chuisij-lc-lloij (:>.270 hab.) est une jolie ville située sur la rive gauche de la Seine et qui renferme, avec de charmantes maisons d'agrément, une verrerie et une crista'lerie in s -importantes, une manufacture de porcelaine, des fabriques de draps et chapeaux de feutre, de maroquins, de produits chimiques, etc. On y remarquait autrefois un beau château construit par Mansard pour mademoiselle de Montpensicr, et qui pa-v-a au dauphin, fils de Louis XIV, à la princesse de Conti et à Louis XV. Celui-ci y séji urnait souvent et avait fait construire un autre petit château pour madame de pompadour. Tout cela a été détruit.

Fontrnay-soits-Bois (.1,200 hab.) est contigu au bois de Vincenncs el renferme une jolie église où se trouve le tombeau de Dalayrac. On y remarque de nombreuses maisons de campagne dont une a été habitée par Le Kain.

Cuutttly (13,800 hab.) est une t,rr^>e commune de la vallée delà Bièvre, el qui est formée de Gentil!'/, de Mettre, de la Glaciire et de la Maison-Manche. On y trouve des fabriques de cuirs cl de produits chimiques, des raffineries de sucre, etc.

bicèlre tire son nom d'un château bâti en 12'.»0 par un évéque de Winchester, el qui fut r,- on n uit par le duc de lkrry, onde de Charles VI. Ce château étant tombé en ruines, Louis Mil y établit pour les soldats invalides un hôpital que Louis XIV donna en i0.r»f> à l'Iièi.iial général, pour y enfermer les fous et les mendiants. Avant la révolution , ce'. lit un hôpital et une prison qui offraient la réunion de tous les maux et de (mis le-; crime-;. lin 17<>2, les massacreurs de septembre en égorgèrent tous les habitants, pri > ■ tnniers , galériens, malades, etc. Aujourd'hui c'est un hospice pour les fous et les vieillards.

Grenelle (7,800 hab.) est situé dans la vaste plaine qui s'étend sur la rive gauche de la Seine, entre Issy et Vau-irard. C'est une commune de construction récente cl qui est très-importante par ses nombreuses fabriques. On y trouve les magasins de l'entreprise de b turniiiage de Paris, des fabriques de bougies, de cartons-, de chaux, de cordes harmoniques, de couleurs, de cristaux , de cuirs vernis, d'émaux, de briques, de tuiles, de noir animal, de pâtes alimentaires, de poterie réfractaire, de produits chimiques, etc.

Dans la plaine de Crénelle était pendant la révolution une poudrière qui fit explosion pji lTO'i, et ébranla tout Paris. C'est encore le lieu des exécutions militaires, et là fut fusillé en 1813 le général Lab'doyère.

luy (/i,312 hab.) est situé sur le penchant d'une colline qui descend jusqu'à la rive gauche de la Seine en aval de Paris, il est peuplé de maisons de campagne el renferme, outre une école secondaire ecclésiastique, des fabriques de blanc de Meudnn. de briques, de chaux hydraulique, de ciment , de produits chimiques.

Ivry (8,600 hab.) est une grosse commune comptée d /iry, de la Gare et d'Avtler/itt; elle est située sur une colline qui horde la rive gauche de la Seine en amont de Paris. On y trouve de grands magasins de bois de charpente, de charbon de bois et de houille, des raffineries de Fucre, une grande verrerie, des fabriques de toiles imperméables , de cuirs vernis, de céruse , de chaux hydraulique , etc. On y fait aussi un grand commerce de vins.

Montreutl mnu-liuh (3,800 hab.) est une commune renommée dans toute la Franco pour la culture des pêchers, qui date dans ce b»urg de plus de deux Mèclcs et qu'on regarde comme poussée jusqu'à la perfection. Celte culture occupe environ 300 hectares, qui sont coupes en tous sens par des murs de refend sur lesquels sont établis les espaliers. La récolte est annuellement de 1- à l "> millions de pêches, qui sont envoyées jusqu'en Russie. Les habitants de Montreuil sont encore renommés pour la culture de la vigne, des fraises, des fleurs, etc.

Monlrouge (9,200 hab.), bourg situé sur la route. d'Orléans, et dont les maisons atteignent la barrière d'Knfer, renferme un hospice dit de la Rochefoucauld, des ateliers de typographie, des fabriques de chicorée, de chandelles, d'eaux minérales, d'huiles, de mécaniques, de produits chimique- , des établissements importants d'horticulture, de vastes carrières, etc. Là sont le- •. ntrées des immenses souterrains qui courent sous toute la partie méridionale de Paris et qu'on appelle Catarombts.

laugirard (15,500 hab.) est un gros bourg p- puleux et animé, situé à l'extrémité de la barrière de son nom, et qui renferme îles manufactures de sSic, de briques, de cartons, do cordes, de cuirs vernis, de produits chimiques, de tabletterie, etc.

Vincennet (8,.'j'»0 hab.) e t célèbre par son buis qui contient 7.320 hectares, et par son château fort qui renferme une garnison , une école d'artillerie et un arsenal. Ce bourg doit son origine à Philippe-Auguste, qui fit entourer le bois de murailles et y fit construire un manoir. Saint Louis aimait à y résider: « maintes fois il advint, dit Joinville, que en été il alloit seoir au bois de Vinccnues après la messe, et se accotoyoit à un chesne, et tous ceux qui avoient affaire vcnoienl à lui sans huissier ni autre. » En 1337 le manoir de Philippe- Auguste fut détruit, et Philippe VI y fit construire le donjon qui existe aujourd'hui ; Charles V continua les travaux et lit bâtir le bel édifice qu'on appelle la Sainte-Chapelle. Tous les rois l'habitèrent, mais Louis XI commença à en faire une prison où furent enfermés une foule de personnages célèbres, le prince de Condé, Mirabeau, Diderot, le duc de Polignac, les ministres de Charles X, etc. Le 20 mars 1801, le duc d'Enghien y fut fusillé dans les fossés du château. En 1814 et 1815, ce château, commandé- par Daumesnil , refusa de se rendre à la & Qimation des alliés, et tout le matériel de guerre qu'il renfermait fut ainsi conservé à la France.

lïlry-lct-Arbres (2,000 hab.), bâti sur la pente de la montagne de Villejuif, a tout son territoire couvert de pépinières el d'arbres à fruit. 11 s'en fait un commerce immense par toute la France, et dont la valeur annuelle dépasse 3 millions.

S X. Département de Seine-et-Marne. — Statistique, agriculture, commerce, etc. Le département de Seine-et-Marne a été formé des anciens pays du G&tinais français, de la Brie française et d'une grande parlie de la Brie champenoise. Sa superficie est de 590,933 hectares, dont 367,000 de terres labourables, 33,000 de prés, 19,000 de vignes, 80,000 de bois. Sa population était, en 1801 , de 299,160 habitants; en 1821, de 303,150 hab.; en 1831, de 323,893 hab.; elle est aujourd'hui de 365,760 habitants.

Il a pour chef-lieu Melun et se subdivise ainsi :

Arrondissement de .Melun «canton*, 106 communes, 62,205 babilanU.

— de Coulommiers. . 4 — 80 — :,4,984 —

— de Fontainebleau. . 7 — 104 — 78,917 —

— de Meaux 7 — ICI — 94,038 —

— de Provins b — 106 — 5i,!»32 —

S arrondissements 29 cautons, a.i7 communes, S4i,07« habitants.

Le département de Seine-et-Marne forme le diocèse de l'évdché de Meaux ; il est compris dans le ressort de la cour impériale de Paris; on y trouve 5 tribunaux de première instance, 3 tribunaux de commerce (à Montereau, à Meaux et à Provins); il renferme k collèges et 577 écoles primaires. Il fait partie de la 1" division militaire.

Ce département est un pays essentiellement agricole et de riche culture; il a pour principaux produits les grains, vins, pommes de terre , légumes secs et fourrages en surabondance , les fruits , notamment le chasselas de Fontainebleau , le safran , cultivé en grand dans le Gàtinais, et les bois. L'élève des moutons, en grande parlie de race mérinos, forme l'une des principales industries du département. Le gros bétail appartient à la race flamande : on y compte environ 85,000 bêles à cornes, 750,000 moutons, 23,000 porcs, 2,000 chèvres, 36,000 chevaux, 3,600 ânes et mulets.

L'exploitation des carrières y est très -importante : elles produisent le grès de Fontainebleau, les excellentes pierres à meules de la Ferlé- sous -Jouarre, la belle pierre à balir de Chateau-Landon , l'argile de Montereau, du sat)le pour les verreries. L'industrie de Seine-et-Marne est variée, mais peu considérable : les faïences de Montereau et les papiers du Marais en sont les principaux produits. Le commerce est trèsimportant en grains et farines pour la consommation de Paris, fromages, bois, fourrages, laine, produits des carrières et des fabriques.

On trouve dans ce département 5 rivières navigables, la Seine , l'Yonne, la Marne, l'Ourcq et le Grand-Morin, sur 258 kilomètres; 3 canaux, de Cornillon, du Loinget de l'Ourcq, sur 66 kil.; 10 roules impériales, sur 515 kil.; 27 routes départementales, sur 567 kil.-, 9,650 chemins vicinaux, sur 18,000 kil. 11 esl traversé par le chemin de fer de Paris à Strasbourg pendant 5/4 kil., par le chemin de fer de Paris à Lyon pendant 53 kil., et par l'embranchement de Montereau à Troyes pendant h'i kilomètres.

§ XI. Département de Seine-et-Marne. — Descuiption des villes. — Melun, chef-lieu du département, avec un tribunal civil et 10,600 habitants, est une ancienne ville, agréablement située au pied d'une colline et arrosée par la Seine; elle est en général bien bâtie et percée de rues assez larges et propres ; mais elle est fort triste. Son principal monument est l'église de Saint-Aspais. On y trouve une maison centrale de détention, des casernes de cavalerie, des fabriques de faïence et déplâtre, une filature de lin , etc. Le principal commerce est celui des grains.

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CoulommLrs , chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance et îi ,250 habitants, est situé dans un joli pays, sur le Grand-Morin, qui y fait mouvoir plusieurs moulins. Elle n'a d'autre monument que son église. Ses rues sont étroites et mal percées. On y fait commerce de laines, de fourrages, de bestiaux, de fromages et de grains pour l'approvisionnement de Paris.

Fontainebleau, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 10,/tOO habitants, est une belle ville, bien bâtie, percée de rues larges et propres. Elle est située au milieu d'une des plus belles forets de la France , et doit son origine à un château royal construit au onzième siècle et qui fut le séjour de presque tous les rois. François I" le fil reconstruire et décorer par les artistes italiens qu'il appela en France. Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Napoléon et Louis-Philippe, en y faisant faire de grands travaux , ont complété l'ensemble de ce magnifique palais. Louis XIII y naquit. La reine Christine de Suède, après son abdication, y demeura; et c'est là, dans la galerie des Cerfs, qu'elle lit assassiner Monaldeschi. Louis XIV y signa la révocation de Pédil de Nantes. Le grand Coudé y mourut en 1686. En 1803 on y établit l'école spéciale militaire, qui fut transférée en 1808 à Saint-Cyr. Napoléon y tint captif le pape Pie VII. C'est là qu'il signa son abdication et qu'il lit ses adieux à sa garde. Le parc et les jardins répondent à la magnificence du château. La forêt est la plus intéressante du nord de la Fiance par les sites pittoresques, les beaux arbres, les plaines coupées de gorges arides qu'elle présente; sa surface est évaluée à 16,000 hectares.

On fait à Fontainebleau une grande exploitation de grès à paver et un grand commerce de chasselas qui ont une renommée européenne. La culture de ce précieux fruit se fait principalement à TAomery, village à 7 kilomètres de Fontainebleau, qui en expédie chaque année pour plus d'un million et jusqu'en Russie.

Meaux, chef-lieu d'arrondissement et siège d'un évêché, avec des tribunaux civil et de commerce, a près de 10,000 habitants. C'est une ville ancienne, située sur la Marne, qui la divise en deux parties, près du canal de l'Ourcq. Elle est asse* bien bâtie et a pour monument principal sa cathédrale, commencée vers le onzième siècle, non achevée, et dont on admire surtout le chreur et le sanctuaire; du haut de sa tour, élevée de 77 mètres, on distingue le mont Valérien et Montmartro; elle renferme le tombeau de Bossuet. On remarque encore dans cette ville les bâtiments de l'évéché, la bibliothèque publique, etc. Il s'y trouve de nombreux moulins à farine, des ateliers de construction pour les machines de moulins, des filatures de coton, et l'on y fait un grand commerce de grains et de farines.

Meaux était autrefois très-forte et se partageait en trois places : la ville, sur la rive droite , le marché, sur la rive gauche, et Pile, qui joint ces deux parties. Elle a subi de nombreux sièges : le plus célèbre est celui de 1421 , où Henri V resta huit mois devant ses murs, et où , après la prise de la ville , tous les habitants furent rançonnés ou chassés. Elle fut cruellement agitée par les guerres religieuse et eut sa Saint- Barthélemy.

Provins, chef-lieu d'arrondissement, avec des tribunaux civil et de commerce, et 7,200 habitants, est une jolie ville située sur la pente d'un coteau et dans une vallée qu'arrose la Vourzie. Elle se divise en basse et haute vdle : la première a des rues

600 1 . 1 V R F: HI'ITIKME.

larges et bien bâties, la seconde est formée de rues escarpées; toutes deux sont ceintes de murailles flanquées de tours. On y remarque l'église Saint-Quiriace, qui couronne le c leau; la tour de César, édifice carré, flanqué de tourelles, dont l'origine est inconnue el qui domine tous 1rs environs. On y trouve des fours à chaux, des fabriques de cuirs et grosses étoffes, el l'on y fait commerce de blés, de laines et de roses , qui sont cultivées sur le territoire de temps immémorial.

Provins est probablement YAijcmlkum dont il est parlé dans César. Dans le onzième siècle les comtes de Champagne y établirent leur cour, et elle devint très-célèbre par les clercs et les chevaliers qui la fréquentaient. C'était alors une des villes les plus populeuses el les plus animées de la France. Sa prospérité fut encore augmentée par l'établissement de foires célèbres qui y attiraient les marchands de tout le nord de l'Europe. Elle subit plusieurs sièges, principalement en 1/(32 et en 1 .'>92.

Bric-Comlf-lioforl (arrondissement de Melun), capitale de la brie française, n'est aujourd'hui qu'une petite ville de 2,700 habiianL; située sur Hères, dans une contrée fertile dont les grains alimentent son commerce. On y exploite la pierre de taille et la clmix, et l'on y remarque l'église et les restes du château. C'est une ville ancienne, autrefois f rlifiée el qui a été a-siégée et prise plusieurs fois.

On trouve encore dans l'arrondissement de Melii.i : Licunaint, qui a des pépinières importantes; Mormant, bot;i , de 1 ,100 habitants, célèbre par la bataille du 17 février 181/i; Vaux, où était le < liàtcm que bâtit le surintendant Ft-uquet, etc.

Dans rarrondissem. nl de Coulommiers on remarque: CourtaUn , où sont d'importantes fabriques de papier: Farmautitrs , bourg de 900 habitants, et qui possédait avant la Hévolulion une cé'.r-bre abbaye de bénédictins; U F< rt< -Gaucher, petile ville de 2,000 habitants, sur le Morin , qui fait commerce de bestiaux el de grains; Jouysur- Marin , où est le centre des céîèlrcs papeteries du Marais et Sainte - Marie ; llrlais (1,200 hab.), qui fait commerce de grains; Ruzoy , jolie petite ville sur rVères, etc.

Château- Landau f arrondissement de Fontainebleau), petile ville de 2.500 habitants, située sur un coteau, près du Suzain, est célèbre par se* carrières de belles pierres dures el jaspées, se polissant comme le marbre. L'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris, a été construit avec ces pierres. Chàleau-Lnulon estime très-ancienne ville, dont le château a élé pris plusieurs fois dans les guerres des Anglais et les guerres de religion.

Montrreau, ville de 5,.r>00 habitants , avec un tribunal de commerce, est située au confluent de F Yonne et de la Seine, qui la divisent en trois parties: la plus considérable csl à la rive gauche de l'Yonne et unie par un pont à la rive droile ; un autre p • 1 1 1 unit les deux rives de la Seine , et ce pont est célèbre par l'assassinat de Jean Sans-Peur en F'jl'J. Celte ville est bien bâtie el très-animée; elle est dominée, sur la ri\e droite de la Seine, par un coteau élevé que couronne le château de Surville, d'où l'on jouit d'une belle vue sur les deux rivières. C'est sur ce coteau que Napoléon battit les Autrichiens le 1S février lSl'i. On fabrique à Montereau de la porcelaine, delà faïence, de la poterie, des Unies, et l'on y l'ait un grand commerce de grains cl de bois pour Paris.

Muret, | élite ville de 1,700 habitants, située sur le Loing et près de la rive gauche

de la Seine, est bien bâtie et fait commerce de vins, de bois, de pavés, etc. C'était autrefois une ville très-forte qui fut prise d'assaut par Charles VII en 1430. Il ne reste de ses fortifications que les portes, classées au nombre des monuments historiques. Il y avait a Morct un château qui fut habité par tous les rois depuis Louis Vil jusqu'à Henri IV, et dont François 1" ût restaurer une partie par Jean Goujon. Fouquet y fut enfermé pendant son procès. Il a été détruit il y a près de trente ans, et la partie sculptée par Jean Goujon a été transportée à Paris, dans les Champs Élysées, où elle est connue sous le nom de maison de François I".

Nemours, jolie ville de /i,000 habitants, avec un collège, est située au fond d'un vallon pittoresque que traverse le Loing et qui est environné de collines cl de rochers. Elle est bien bâtie , percée de belles rues et a de jolies promenades. On y remarque son vieux château , et l'on y trouve des fours à chaux, des moulins à farine, des tuileries.

Chellei (arrondissement de Mcaux), bourg de 1,700 habitants, est célèbre par le manoir royal qu'y possédaient les Mérovingiens et où Chilpéric fut assassiné par Frédégonde en 584 ; il l'est aussi par son abbaye fondée au septième siècle par la reine Bathilde et qui était l'une des plus riches du royaume. Une fiJle du régent d'Orléans en fut abbesse. Démolie en 1793, il n'en reste pas un vestige.

Dammarlin, jolie ville de 1,900 habitants, est située sur une montagne d'où l'on jouit d'une vue qui s'étend à plus de 40 kilomètres. Il s'y fait un grand marché de grains et de bestiaux, et l'on y fabrique des dentelles et des blondes. Les comtes de Dammartir ont joué un grand rôle dans notre histoire : le plus célèbre est Antoine de Chabannes, qui a fait construire dans la ville une belle église où il est enterré. Le • château de Dammarlin était très-fort cl fut démantelé en 1622.

La Ferlé-soiu-Jouarrc , belle ville de 4,200 habitants, située sur la Marne, dans un joli vallon, au confluent du Petit-Morin, est entourée de belles promenades, de sites pittoresques et de maisons de plaisance. Elle est célèbre dans le monde entier comme étant le centre de la fabrication et du commerce des meules à moulins, qui s'expédient jusqu'en Amérique, et dont la vente est de 80 à 100,000 par année. Tous les terrains qui environnent la ville reposent sur des bancs siliceux , d'où l'on extrait les blocs qui servent à la confection de ces meules.

La Ferlé était autrefois une ville forte, qui a joué un grand rôle dans l'histoire des guerres de religion. Il s'y livra un combat entre Blûcher et Macdonald en 1814. C'est le lieu de naissance de madame de Pompadour.

Jouarrc, bourg de 2,700 habitants , est bâti sur une éminence d'où l'on découvre la ville de la Ferlé, le cours de la Marne, vingt villages, toute une magnifique vallée dont les flancs sont couronnés de vignes et couverts de bois. Ce bourg avait autrefois une abbaye célèbre fondée dans le septième siècle, et dont il ne reste qu'une crypte souterraine dite la Sainte-Chapelle, monument très-curieux, et qui est l'objet d'un pèlerinage fréquenté.

JuiUy, bourg de 800 habitants, est célèbre par son collège fondé en 1638 par les Pères de l'Oratoire, et qui devint la principale maison d'éducation et de retraite de celle illustre congrégation. Ce collège, vendu pendant la révolution, fut racheté et rouvert sous l'empire par les anciens Pères, et depuis cette époque il est resté l'un des principaux instituts de la France.

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