tome h
Likjiiij, ville fie 2,700 habitants, située sur la Marne, est remarquable par ses moulins a farine et son commerce de grains. Elle était autrefois fortifiée, et, s'étant révoltée sous le règne de François I'r, elle fui prise d'assaut par les troupes que commandait le capitaine de Lorges , tous les hommes massacrés et les femmes livrées à la brufalilé des soldats.
On remarque encore da:is l'arrondissement de Meaux : C.rinj, petite ville située sur le Morin , et qu'entourent encore ses vieilles murailles; Usy-sur-Ourcq , où se fait un grand commerce de grains et de laines-, Xantouillct, village où éuR un château bâti par Francis Pr. et où mourut le chancelier Duprat ; ViUe-Par'uis, qui a une exploita! ion considérable de plâtre.
Dans l'arrondissement de Provins, on remarque Brtty-sur-Snnc , petite ville de 1,800 habitants , importante par son port et son commerce de blés; Donne marie (1,300 hab.), qui a une belle église; Xaïujh, ville de 2,200 habitants, qui fait un grand c mmrrce de be-liaux, grains, laines, etc.
£ XII. DEl'AItTKMEXT l'E L'OlSi;. — Sl ATISTIOli:, ACHICULTIT.E , COMMERCE , ETC.. —
(> déparlement a été formé des anciens pays du Beauvaisis (25'i.G30 hect.), du Valois (12l.ll0hect.), du Noy minais (01, 900 hect.) et de parties du San terre. (102,101 hect.), de l'Amiénois (30,50.5 hect.), etc.. Sa superficie est de 'jnl hectares, d Mit 390,000 de terres arables, 30. 000 de prés, 2, MO de vignes, 80,000 de bois, 1f>,000 de landes. Sa population était, en 1801, de 350,85'j habitants; en 1821. de 37:>,XI7 hab. ; en 1831, de 397,725 hab. : elle est aujourd'hui de 403,857 habitants. Il a pour chef-lieu Beauvais, et se subdivise ainsi :
Arrondissement de Itoiin;»*. . . |'«. rml. »ns, 210 communes, 101 .oss lnbilant>.
— de Clermoiit. . . t» — il.) — !>0,:iia — ,. — de Coinpio^no. . 8 — 149 — 9S.I90 —
— deseulss. . . . 7 — 126 — 8.1,109 --
4 arrondissements 3i rantons, 030 commîmes, 4i)l,sjT lialiita-iU.
Le département de l'Oie forme le diocèse de levé' hé de Beauvais; il est compris dans le ressort de la cour impériale d'Amiens, et renferme '., tribunaux de première instance et 2 tribunaux de commerce à Beauvais et à Compiègue. Il possède 3 collèges communaux il S'il écoles prima n s; enfin il fait partie de la Indivision militaire.
Ce département est à la fois agricole et manufacturier: le sol y est fertile et l'agriculture bien entendue; les principaux produits sont les céréales et les légumes secs en surabondance, les pommes de terre, les légumes, des fruits estimés surtout à cidre, la betterave en quantité très-importante, le chanvre, le lin, le colza, les fourrages, le bois et le chardon des bonnetiers, qui e-t l'objet d'une grande culture. On y fait une 'élève considérable de moutons , qui pour la plupart appartiennent a des races perfectionnées; |«» s volailles sont très abondâmes II y a environ 100,000 têtes de gros bél.iil, 000,000 moulons, 50,000 porcs. 1.500 chèvres, 00,000 chevaux, 2,500 mulets et 8.000 ânes.
Les terrains offrent une grande variété de dépots; si le bois y était moins cher, on pourrait y exploiter dans les grès ferrugineux de riches minerais; le principal produit de l'exploitation actuelle e-4 la tourbe; il faut encore citer les belles pierres de taille dites de Sainl-Lcu, le grès, la chaux, l'argile, etc.
Le tlépaiiouieiit de l'Oise a une industrie variée; une de ses fabrications les plus importantes esL le sucre de betterave; viennent ensuite les tapisseries de Beauvais, les poteries et la faïence de Creil, la-verrerie, les cordes de tilleul, la brosserie, la tabletterie, etc. Le commerce est considérable; les grands articles d'exportation sont les produits manufacturés, les grains ct les bois.
On trouve dans ce département 3 rivières navigables, l'Oise, l'Aisne et l'Oureq, sur 136 kilomètres; 2 canaux, le canal latéral à l'Oise, le canal de lOurcq, sur 33 kil. ; 12 routes impériales sur 587 kil.. 18 roules départementales sur 500 kil., 4.5U0 chemins vicinaux; il y a en outre le chemin de fer du Nord qui traverse le département tout entier pendant 70 kilomètres.
§ X4 1 1. Département de l'Oise. — Description des villes. — Beauvais, chef-lieu du département et ancienne capitale du Boauvaisis. est le siège d'un évéché, d'un li> bunal civil et d'un tribunal de commerce; on y trouve une bibliothèque de 15,000 volumes et U.200 habitants. C'est une ancienne vilje située dans un vallon entouré do hauteurs boisées et traversée par le Thérain, qui y forme plusieurs bras. Elle est mal bâtie et mal percée; quelques maisons de bois sont richement sculptées. Les monuments les plus remarquables sont, outre des antiquités romaines, la cathédrale, qui est l'un des plus beaux édifices gothiques d>' la France, encore bien qu'elle ne soit pas achevée, le palais épiscopal , l'hôtel de ville, etc. Beauvais possède une manufacture de tapisseries destinées à l'ameublement des palais, et qui a été créé • sous Colbert. On y fabrique encore des draps, des couvertures de laine, de la poterie de grès et des sangles pour l'ébéni>leiïe et la tapisserie, ('elle ville est le centre d'un commerce considérable de tabletterie, de boulons, de brosses, de manches et d'une foule d'autres objets en nacre, en os et en ivoire, qui se fabriquent dans les villages de l'arrondissement.
Beauvais parait être l'ancien Bratuspantium, métropole des Dellovari; son histoire ne présente rien de remarquable avant le treiz ème siècle : elle devint alors une des principales communes de la France. Au quatorzième siècle, pendant le règne du roi Jean, le Heauvaisis fut le centre et le point de départ de la Jacqurrie. En 1417, Beauvais se déclara pour le duc de Bourgogne contre les Armagnacs, et 1 evéque Pierre Cauchon fut l'un des juges ou des bourreaux de Jeanne d'Arc. Eu U72, celte ville soutint contre Charles le Téméraire un siège célèbre, dans lequel les femmes et surtout Jeanne Hachette se distinguèrent par leur courage. C'est en l'honneur de ce siège (pie fut instituée par Louis XI la fête de Sainte- Angadrème, où l'on porte en procession le drapeau bourguignon (pie Jeanne arracha au soldat qui le plantait sur le rempart.
CUrmont en Reaumiùs, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège et 5,000 habitants, est bâtie mit le sommet et les flancs d'une hauteur d'où l'on jouit d'une vue très-étendue, et elle est dominée par un ancien château que l'on a transformé en maison de détention pour les femmes. On y fait commerce de blé, de lin et de toiles, et l'on y trouve nue maison d'aliénés. Cette ville, qui a subi des sièges très-nombreux, était le chef-lieu d'un comté qui appartint à l'un des fils de saint Louis, tige île la maison de Bourbon; il entra en 1605 dans la maison de Coudé.
Cumjiicjne, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un
tribunal de commerce et 10,800 habitants, est située sur la rive gauche de l'Oise, que l'on traverse sur un beau pont, entre celte rivière et une grande forêt. Elle est généralement mal bàlic et mal percée, et n'a de monument remarquable que son château, construit par Louis XV sur les dessins de Gabriel , et qui a remplacé un vieux manoir : c'est un palais remarquable par son étendue et sa magnificence, qui est accompagné de beaux jardins, au delà desquels commence une forêt qui a 15,000 hectares de superficie, et qui est percée de 1,200 kilomètres de roules.
Cette ville fait un grand commerce de bois, de chanvre , de cordages, de toiles de chanvre, de bateaux, de boissellerie , etc. Quelques débris de construction antique ont fait croire qu elle était d'origine romaine. Sous les rois des deux premières races, elle devint l'une des plus importantes cités de la France. Clotaire Ier y mourut. Louis le Débonnaire y fut déposé en 833. Charles le Chauve y fonda l'abbaye de Saint-Corneille. Louis le Bègue y fut enterré. Eudes, comte de Paris, en 888, y fut élu roi de France. L'imporiance de Compiègne diminua sous les Capétiens. Elle eut beaucoup à souffrir des guerres du quinzième siècle : ;iprès avoir été prise par les Bourguignons, elle ouvrit ses portes à Charles VII et fut assiégée par les Anglais. La Pucelle d Orléans se jeta dans la ville, et, ayant fait une sortie pour favoriser l'entrée d'un secours, elle tomba aux mains de ses ennemis (2fj mai 1630).
Sentis, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 5,800 habitants, est située au confluent de la Nonette et de l'Aunelte , sur la pente d'un coteau. C'est une vieille ville percée de rues étroites et tortueuses, et qui est entourée de trois faubourgs. Celte ancienne cilé des St/lvanccies a encore des vestiges de son enceinte romaine, el les restes d'un château du treizième siècle ; on y remarque sa belle cathédrale. Elle fait commerce de grains, farines, laines et bois de charpente.
Chaumont en Vexin (arrondissement de Beauvais) est une jolie petite ville de 1,200 habitants, située sur le sommet et le flanc d'un coteau que couronne une belle église ; elle est bien bâtie et bien percée. Placée sur les limites de la Normandie, elle . fut île bonne heure fortifiée, et eut quelque importance pendant les guerres des ducs de Normandie et des rois de France. On y fait commerce do bestiaux.
Gerberoy, petite ville qui compte à peine 300 habitants, a été au moyen âge une forteresse importante. Bâtie sur une éinincnce qui domine toute la campagne et sur la frontière de Normandie, ce fut dans ses environs que Guillaume le Conquérant, en 1076, livra bataille à son fils rebelle, Robert, que soutenait le roi Philippe 1er; Guillaume assiégea ensuite le cliateau, et fut, pendant le siège, blessé par son fils. En 1150, 1107, 1418, 1432, 1W5, U45, Geiberoy fut encore assiégée, prise, pillée et dévastée; les mêmes calamités recommencèrent pour elle pendant la Ligue; enfin la destruction de ses remparts, au dix-septième siècle, lui a donné le repos, mais aussi a amené sa complète décadence.
Méru, petite ville située dans une vallée arrosée par le ru de Méru , est peuplécdc 2,500 habitants; c'est le centre d'une fabrication de tabletterie très-considérable, consistant en bois d'éventail, boutons, dominoterie, mètres, billes de billard, ustensiles de bureau en ivoire, fiches, etc.
Savigniet, gros village situé près el au sud de Beauvais, est important par ses fabriques de poterie, qui existaient déjà sous les Romains et peut-être avant eux. Au seizième
siècle , la poterie azurée de Beau vais, ainsi que ses painctres et potiers de terre, étaient célèbres dans toute l'Europe, et sont cités par tous les auteurs du temps, notamment par Rabelais. Aujourd'hui on fait à Savignies de la poterie de grès , des carreaux de faïence, des creusets, des fontaines, cornues, tuyaux en grès, etc.
Trye, village de 900 habitants, situé sur la petite rivière de Troëne, est remarquable par les ruines de son château et par sa belle église, qui a la forme des basiliques romaines et date peut-être des premiers temps du christianisme. C'était au moyen âge une ville fortifiée et une seigneurie qui appartint à la maison de Conti. On y trouve aujourd'hui une filature de laine et do cachemire. Dans son voisinage était l'abbaye de Gomerfontainu . dont madame de Maintenon avait tenté de faire une succursale de Saint-Cyr.
On trouve encore dans l'arrondissement de Beauvais : AUonne, qui a des fabriques de grès vernis; Andeville, la Itoisiière, Coudray, qui renferment de nombreuses fabriques de boutons, brosses, éventails et autres articles de Méru; Courcetlet, village célèbre par le combat livré en 1198 entre Philippe-Auguste et Richard Cœur de lion; Formerie (1,300 hab.), où l'on fabrique de la bonneterie de laine, et où l'on fait commerce de bestiaux; Grandcilliers (2,000 hab.), bourg important par sa fabrication de bonneterie, de serges, de bas, etc. ; Marseille (900 hab.), où se trouvent des tanneries; Mollines (1.000 hab.), important par ses fabriques de bas et bonneterie de laine ; Noailles, joli bourg de 1,100 habitants, appelé autrefois Longvillcrs , et qui doit son nom et sa prospérité à l'illustre famille de Noailles; Saint-Samson, qui a ses fabriques de miroiterie, de poterie et de creusets; Songeons, important par ses fabriques de lunettes et instruments d'optique.
Breteuil (arrondissement de Clermont), petite ville de 2,700 habitants, située sur la Noye, est mal bâtie, mal percée, et, selon quelques auteurs, serait voisine de l'ancienne ville de Bratuspanlium. On y fabrique de la faïence et des souliers pour la troupe.
Liancourt, bourg de 1,500 âmes, situé sur un coteau. et près d'une belle vallée, est remarquable par les restes d'un beau château, propriété de la maison de la Rochefoucauld: c'est là que l'illustre duc de Liancourt, mort en 1827, avait fait tant d'établissements utiles et bienfaisants ; c'est là qu'il a été enterré. On trouve dans Liancourt des fabriques d'ustensiles de chimie, de faïence, de limes et aciers, etc.
Mouy, petite ville de 2,800 ames, située sur le Thérain, est devenue très-importante par ses fabriques de draps, au nombre de 40 , sa bonneterie et ses filatures de laine, etc.
On remarque encore dans l'arrondissement de Clermont : Crèveeœnr (2,400 hab.), qui renferme plusieurs fabriques de mérinos, inoussclines-lainc, cachemire, etc.; le Mtsnil-Saint-Firmin, hameau qui renferme un institut agricole et une colonie d'orphelins, avec deux fabriques de sucre de betterave, une autre de vitraux peints, une autre d'instruments aratoires, une briqueterie, etc. ; Alonchy-Saint-Eloi , où est la fabrique de crayons de Humblot-Conté ; Mouchy , important par son beau château appartenant à la maison de Noailles; Saint-Just (1,/jOO hab.), où l'on fabrique de la bonneterie, etc.
Noyon (arrondissement de Compiègne) est une ville très-ancienne, peuplée de 6,300 habitants, et située à 1 kilomètre de l'Oise, au pied d'une colline, dans une
riche vallée ; elle est bien bâtie , percée de belles rues et traversée par la Vorse. Son principal monument est sa belle cathédrale. On y fabrique des toiles de chanvre et de colon, et l'on y fait commerce de sucre de betterave, de laines et cuirs, de blé et d'avoine. Noyon, l'antique Xoviowagus , devint au sixième siècle le siège de l'évêque du Vermandois, qui lui-même devint plus lard comte et pair de France. Charlemagne y fut couronné en 768 ; Hugues Capet y fut élu en 987; elle fut assiégée et prise plusieurs fois aux douzième et treizième siècles par les Anglais. François I" et Cliarles- Quint y signèrent un traité en IMG. Après la balaillo de Saint-Quentin, les Espagnols la dévastèrent. Noyon est la patrie de Calvin, dont on montre encore la maison, et du sculpteur Sarrazin.
Pierre/on dt , bourg de 1,500 habitants, situé près de la forêt de Compiègne, est célèbre dans l'histoire du Valois par son château, bâii par Louis, duc d'Orléans et de Valois, en 1390, sur une croupe do montagne. Ce château a subi plusieurs sièges pendant les guerres contre les Anglais et pendant la Li^w. mais sous Louis XIII on le démantela. Ses ruines sont un des plus curieux débris de l'architecture militaire du moyen âge.
Chantilly (arrondissement de Senlis) est une j 'lie petite ville de 2,500 habitants, située sur la Noneltc. C'est un centre considérable de fabrication de blondes et de dentelles; et l'on y trouve aussi une manufacture de porcelaines. Il s'y fait des courses de chevaux fameuses en mai et en novembre, sur sa grande pelouse, qui est, dit-on, le plus bel hippodrome de l'Europe. Chantilly e>t célèbre par la magnifique résidence que s'y étail faite le grand Condé, et qu'habitèrent ses descendants. Ce château a été détruit pendant la révolution ; il en reste encore les écuries, qui sont un admirable morceau d'architecture. Sons la Itestauration, le dernier prince de Condé a relevé une partie de l'ancienne habilalion de sa famille.
Creil, petite ville de 2,700 habitants, bâtie sur la rive gauche de l'Oise, à rembranchement du chemin de fer de Saint-Quentin sur le chemin de fer du Nord, renferme une importante manufacture de faïence dite porcelaine opaque; on y fa t un grand commerce de blé , de bois et de charbon de terre. Celte ville , dès le neuvième siècle , a eu de l'importance à cause de son château fort, dont il ne reste plus que la base d'une tour.
Crépu, ancienne capitale du duché de Valois, est une petite ville de 2,800 habitants, où l'on fabrique des tissus de colon, el l'on fait commerce de blé et de farine. Elle n'était à l'origine qu'un château fort dont il est question dès le dixième siècle : de ce chàleau et des fortifications de la ville il ne reste que des débris.
Ermenonville, joli village de 500 habitants, doit sa célébrité à son château et à ses jardins; ce château, bâti pour M. de Girardin, fut la résidence de J.-J. Rousseau, qui y mourut le 2 juillet 1778.
Saint- 1 au est un bourg de 1.300 habitants, bâti sur la pente d'un coteau au pied duquel coule l'Oise; son église gothique est un remarquable monument; Louis Bonaparte , roi de Hollande, y est enterré. La pierre à bâtir que l'on lire des carrières de Saint-Leu est très-renommée , et il s'en fait un grand commerce.
Pont -Sainte Muxenre, jolie ville située sur la rive gauche de l'Oise el au pied d'une colline que recouvre la forêt de Hallate, esl bien bâtie, percée de belles rues, et pos-
sède un beau pont sur l'Oise, baii par Perronnet. Sa population est de 2,500 habitants. Il s'y fait un grand commerce de blé destiné a la consommation parisienne.
Verberie est située nu pied d'une colline et sur la rive gauche de l'Oise, que l'on y passe sur un pont suspendu. Elle est peuplée seulement de 1,500 habitants. C'est une ville très-ancienne et qui a eu beaucoup d'importance sous les rois des doux premières rares. Les Mérovingiens y avaient un palais que Charlemagne fit rebilir.
On remarque encore dans l'arrondissement de Senlis : Cfiambfy (1,400 hab.), qui fait un grand commerce de farines; ilnyt , où l'on fabrique des cordes à puits et des colons retors; Cruuy, qui a des fabriques de boutons; Gouvinir, où l'on trouve des filatures de laines, des tissages de crins, des tréfilcries de fer, etc.; Montât/tire (1,600 hab.), important par ses forges, fonderies et laminoirs-, Mnrtr/ontaine, célèbre par son beau château, où Bonaparte, en ISOO, signa un traité d'alliance avec les Étals-Unis; Xcuilly en T/iclle, qui possède des troupeaux de mérinos, etc.
g XIV. DÉPARTEMENT I>F. l.'AlSNK. — STATISTIQUE , AGRICULTURE , COMMERCE , ETC. — \j&
département de l'Aisne a été formé du Vermandois (lll,8i>0 hert.) et du Thiérache (182,200 heet.), qui faisaient autrefois partie de la Picardie, du Valois (00,707 hect.), dh Laonnais (179.'|S5 hect.}, du Soissonnais (18:1,206 hect.), enfin d'une partie de la Brie pouilleux», nppartenanl à la Champagne. Sa superficie, est de 7;>5,.r>/j3 hectares, dont . /|06. 000 de terres labourables , /,0.000 de prés, 10,000 de vignes, 90.000 de bois cl H.nOO de landes. Sa population était en 1801 de 485,981 habitants; en 1821, de 459.0G6 hab.: en 18:il, de 513.000 hab.; elle est aujourd'hui de 558.989 habitants. Il a p >ur chef-lieu Laon et se subdivise ainsi :
Arrondissement d< Lnon il unions, 2>s chdiuuuvs, I7l,lns luliitants.
— ito « li.Uiau-lleorry. . :> — ri — «ii.is» —
— «!•• Saiiil-Qnentin . ... 7 — 1?7 — l?1t,«79 —
— de boissons C. — 107 — 7l,Si9 —
— »)c Venins '. . s — no i2i,<;:ii —
l irroiitlUscments 37 cantons, g:iu commune* , :,:,*,»*:> habitant*.
Le déparlement de l'Aisne forme le diocèse de l'évèi hé de Soissons ; il est compris dans le ressort de la cour impériale d'Amiens; on y trouve 5 tribunaux de première instance et 2 tribunaux de emmené, à Saint-Quentin jet à Vervins. Il renferme 5 collèges, Château-Thierry, Soiss.us, Laon, Vervins, Saint-Quentin, et 1,004 écoles primaires. Il fait partie de la 4* division militaire (chef-lieu Chalons-sur-Marne), et renferme 4 places fortes : Soissons, la Fère, le château de Guise et la citadelle de La m.
Ce dépLU-i'-::i-"it est un des plus riche-, de la France; il e<t à la fuis agricole et manufacturier; nous avens déjà dit que le sel y est fertile et l'agriculture très-riche et perfectionnée. Ses principaux produits sont les 'céréales, dont on exporte un tiers environ; les plantes oléagineuses, la betterave, lu lin et le chanvre; des légumes renommés (haricots de S tissons, artichauts de Laon) ; le houblon, donnant 100,000 hectolitres de bière: le cidre ; 180,000 hecl.); enfin des vins de qualité médiocre (230,000 hect.). Les forêts y occupent une étendue considérable ; la faine (fruit du hêtre) donne par an 200,000 francs d'huile consommée dans le pays; les oscraies sont si abondantes que, dans l'arrondissement de Vervins, la vannerie n'occupe pas
moins de k à 5,000 individus. Les prairies naturelles sont nombreuses et l'élève considérable en besliaux d'engrais, surtout en moutons. Le gros bétail appartient à la belle race flamande ; les moutons sont mérinos ou de race picarde ; les chevaux sont de race boulonnaisc. Les porcs et la volaille sont aussi très-abondants. On estime qu'il y a dans le département 110,000 têtes de gros bétail, 990,000 moutons, 50,000 porcs, 3,000 chèvres, 80,000 chevaux, 2,300 mulets, 10,500 ânes.
L'exploitation des carrières fournit de belles pierres de taille, du gypse, de la tourbe, de l'argile, de l'alun et de la couperose. Le département occupe un rang important dans l'industrie manufacturière , et quelques-unes de ses villes sont au nombre des grands centres industriels de la France : telles sont Saint-Quentin pour ses fabriques de cotonnades, de batistes et de linge fin; Saint-Gobain , pour sa belle manufacture de glaces , etc. On y trouve en outre les grandes verreries de Prémontré, de Folembray et de Quiquengrogne ; de nombreuses fabriques de sucre de betterave, la vannerie d'Origny, etc. Le commerce est considérable en produits agricoles et manufacturiers, bétail, chevaux, laine, etc.
Le département renferme i rivières navigables : la Marne, l'Oise, l'Aisne, l'Ourcq, sur ihk kilomètres; 4 canaux : des Ardennes, latéral à l'Oise, Saint-Quentin , de la Sambre à l'Oise, sur 135 kilomètres; 12 routes impériales (612 kil.). 15 routes départementales (336 kil.), 16,000 kilomètres de chemins vicinaux, etc. Il y a en outre le chemin de fer de Saint-Quentin à Maubeuge et le chemin de fer de la Fère à Reims.
S XV. DÉPARTEMENT DE L'AlSNE. — DESCRIPTION DES VILLES. — Uon , chef-lieU du
département, avec un tribunal de première instance, un collège et 10,000 habitants, est située au sommet d'une montagne élevée et isolée au milieu d'une plaine vaste et fertile; elle est mal bâtie, quoiqu'elle s'embellisse tous les jours; une vieille muraillo flanquée de tourelles l'entoure ; dos boulevards en terrasse y forment une promenade^ agréable, et cinq faubourgs s'étendent à ses pieds -, sa citadelle réparée récemment et l'escarpement de la montagne où elle est située en font une forte position en avant de l'Aisne, sur la roule d'Avesncs à Paris. Ses principaux édifices sont : la tour de Louis d'Outremer, la tour penchée, qui est inclinée d'environ 10 degrés; l'ancienne cathédrale de Notre-Dame, qui date de l'an 1115, et dont le style tient à la fois du roman et du gothique : elle est surmontée de deux tours non achevées; l'église Saint-Martin, surmontée aussi de quatre tours tronquées-, l'hôtel de la préfecture, établi dans l'ancienne abbaye de Saint- Jean, ainsi que la bibliothèque de la ville, qui compte 17,000 volumes, avec une collection d'antiquités et de médailles; l'hôtel-Dieu, établi dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Saint-Martin.
Laon a des fabriques de clous et de chapellerie, et son dépôt de mendicité fabrique des draps communs, des couvertures, bas et chaussons de laine, etc. Elle fait le commerce de grains, de vins, de- légumes , et surtout d'artichauts renommés et de boissellerie.
Cette ville doit son origine à une forteresse gauloise qui , au cinquième siècle , portait le nom de Laudunum; les Vandales, en /|07, et Attila essayèrent vainement de s'en emparer, mais elle tomba au pouvoir des Francs et fut habitée par Brunehaut après le meurtre de Sigebert, son époux. Les derniers rois de la deuxième race, Charles le Simple et Louis d'Outremer, ne possédant plus que le Laonnais propre , en
avaient Tait la capitale de leurs États; aussi la ville fut-elle à diverses reprises assise et conquise par leurs adversaires les ducs de France. Lothaire et Louis V y reçurent le jour. Elle devint ville communale au commencement du douzième siècle ; et l'histoire de la lutte des bourgeois contre leur évêquo, qui était aussi leur seigneur, forma un des chapitres les plus intéressants de l'histoire de la formation des communes de France. Pendant les guerres des Anglais et celles de religion , Laon fut souvent assiégé et pris par les différents partis. Henri IV s'en empara sur la Ligue en 1594. Elle perdit de son importance au dix-septième siècle , ses fortifications étant devenues inutiles. En 1814, Napoléon essaya vainement de s'en emparer dans une terrible bataille de trois jours, où il fut défait; enfin, en 1815, quoique démantelée, elle soutint quinze jours de siège contre les armées victorieuses a Waterloo. C'est la patrie de saint Rémy et du maréchal Serrurier.
Château-Thierry, chef-lieu d'arrondissement , avec un tribunal de première instance , un collège et 5,500 habitants, est bâtie en amphithéâtre sur une colline qui borde la rive droite de la Marne, avec un faubourg de l'autre côté de la rivière, qu'on y traverse sur un beau pont de pierre. Un rocher escarpé, couronné des ruines de l'ancien château, la domine et contraste avec l'aspect riant qu'elle présente de toutes parts. Le commerce des cuirs, du plâtre, des grains et farines, du vinaigre, ainsi que le flottage de la Marne, entretiennent une assez grande activité dans cette ville, qui possède des fabriques de toiles, une filature de coton, des teintureries, tanneries, blanchisseries, et deux sources d'eaux minérales ferrugineuses.
Cette ville doit son origine au château que Charles Martel fit construire en 720 pour servir de résidence au jeune roi Thierry IV. Au dixième siècle, elle était déjà une place de guerre importante , qui fut assiégée et prise par Raoul , duc de Bourgogne ; les Anglais ne purent la prendre en 1371 ; la trahison les en rendit mailrcs en 1421 , mais quatre ans plus tard, les habitants les en chassèrent. Charles-Quint, dans son invasion en Champagne, s'en empara en 1544; en 1591, elle tomba au pouvoir de Mayenne et des Espagnols, qui y commirent les plus grandes atrocités. Le 8 février 1814, un terrible combat s'engagea sous ses murs entre les alliés et Macdonald: la ville fut livrée au pillage; quatre jours plus tard, Napoléon y battit les Prussiens.
Tous ces combats, toute cette existence guerrière d'autrefois, toute son industrie d'aujourd'hui, ont donné moins de célébrité à Château -Thierry que d'avoir été le lieu de naissance de La Fontaine : on a conservé la maison du bonhomme et sa statue en marbre décore le pont à l'entrée du boulevard.
Sainl-Qucntin, chef-lieu d'arrondissement avec des tribunaux de première instance et de commerce, une chambre consultative des arts et manufactures, un conseil de prud'hommes, un collège, 25,000 habitants, est située sur le sommet et le versant d'une éminence, isolée d'un côté par une profonde vallée, de l'autre par la Somme, à l'est par le canal du mémo nom construit en 1732, et dont les bords forment une agréable promenade. Elle était fortifiée au moyen âge, mais chaque jour de nouvelles démolitions font disparaître les défenses et les constructions de celte époque pour faire place à des promenades nouvelles, à de nouveaux quartiers. En résumé, c'est aujourd'hui une ville assez bien bâtie et percée de larges rues; elle a trois faubourgs sur les trois routes de Cambrai, de Guise et de Péronne, qui viennent aboutir au tome u. 77
centre sur la grande place. On y remarque l'hôtel do ville, la cathédrale, monument hardi , qui couronne la colline où la ville est bâtie et d'où l'on domine toute la contrée, l'église Saint-Jacques, le palais de justice, l'Hôlel-Dieu, la bibliothèque* publique, qui renferme 15,000 volumes, etc.
C'est un grand centre industriel pour la fabrication des tissus de coton. Les articles dits de Saint-Quentin consistent en batistes, linons, piqués, jaconas, mousselines, calicots, doublures, lustrines, cravates et mouchoirs à vignettes, tissus à plis consolidés pour devants de chemises, linge de table , bordures de rideaux , nouveautés pour ameublements, basins, percales, etc. La fabrication des tulles unis et brodés, des dentelles de fil , des broderies et des festons, s'y fait sur une très-grande échelle ainsi que la filature de coton. Tous les bourgs et villages de l'arrondissement prennent part à cette active fabrication, qui occupe près de 80,000 individus, et grâce à laquelle la population de la ville a plus que doublé depuis 1790. L'industrie de Saint -Quentin comprend encore les machines, les produits chimiques, les blanchisseries, teintureries, etc. Le commerce est alimenté par les produits de l'industrie locale, par les cotons filés et les grains; il est favorisé d'ailleurs par le canal qui traverse sous terre une étendue de plus de 8 kilomètres.
Saint-Quentin , au temps des Romains, était déjà une ville importante sous le nom A'Augutta l/eromandunrum ; pri.se et dévastée pendant les invasions du cinquième siècle, elle devint au douzième siècle une des grandes communes de Picardie. En li35, par le traité d'Arras, elle fut cédée au duc de Bourgogne; mais en H70 ses habitants se soulevèrent contre Charles le Téméraire , et se replacèrent sous la domination de Louis XI. Pondant le règne de Henri II , Saint-Quentin fut assiégé par Philippe II, et le connétable de Montmorency fut battu sous ses murs le 10 août 1557; k la suite de cette défaite , la ville succomba après une résistance héroïque, mais elle fut rendue à la France par le traité de Cateau-Cambrésis.
Soitsons, chef-lieu d'arrondissement , siège d'un évèché et place forte de première classe, renferme encore des tribunaux de première instance et de commerce, un collège, une bibliothèque de 2/i.000 volumes et 9,500 habitants. Cette ville est située sur la rive gauche de l'Aisne dans un beau vallon. Quoique fort ancienne, elle est généralement propre, assez bien percée et bien bâtie; ses fortifications, depuis les événements de 1814, ont été augmentées et en font un centre important de défense, sur la roule de Paris à Maubeuge. Elle renferme d'ailleurs plusieurs édifices remarquables: l'ancien château flanqué de grosses tours rondes; la cathédrale, basilique curieuse, dont les fondements datent du douzième siècle; l'ancienne abbaye de Saint- Jean-des-Vignes, édifice du onzième siècle, dont il ne reste plus que deux clochers conservés comme objet d'art; enfin, auprès de la ville, les ruines de la célèbre abbaye de Saint-Médard , fondée en 5/i5 , et où Louis le Débonnaire fut enfermé par ses enfants.
Celte ville a des fabriques de grosses toiles, de papiers peints, de poterie vernissée, des tanneries, bras-eries, corderies et blanchisseries de toile. Elle fait un grand commerce de bestiaux , laines, lin, chanvre, grains, haricots renommés, charbon et bols de chauffage ou de construction. C'est un des principaux centres d'approvisionnement de Paris pour le blé et la farine.
L'origine de Soissons est très-ancienne: sous les Gaulois c'était une ville forte nommée NovioHunum. En 486, elle fut le théâtre d'une bataille qui plaça la Gaule sous la domination de Clovis, et à la mort de ce prince elle devint la capitale d'un des royaumes francs. En 923, Robert de France, frère du roi Eudes, y battit Charles le Simple. En 1311, elle devint une commune importante, et pendant les guerres civiles des Armagnacs et des Rourguignons , elle fut plusieurs fois prise et horriblement ravagée. En 1567, les huguenots s'en emparèrent, et elle eut à subir un nouveau désastre; Mayenne la leur reprit et l'entoura de fortifications. En 1814, elle fut prise et reprise quatre fois par les coalisés et les Français.
Vervint, chef-Keu d'arrondissement avec un tribunal de première instance et un collège, est une petite ville de 2,700 âmes, batic en amphithéâtre sur le versant d'un coteau au pied duquel coule le ruisseau du Vilpion. Elle renferme quelques fabriques de batistes, linons, toiles de lin imprimées et nouveautés pour chemises, bonneterie de laine, etc. C'est une ville ancienne, qui obtint une charte de commune en 1238, fut prise par les Armagnacs en 1412, et par les Anglais en 1419. Elle fut pillée par Henri VIII en 15/(4, brûlée par les Impériaux en 1552 et en 1557, etc. Elle est surtout célèbre par le traité signé le 2 mai 1598, entre Henri IV et Philippe IL
Cretpy-en-l.aonnoit (arrondissement de Laon), est une petite ville de 2,873 habitants, située sur la route de Laon à la Fère, dans une contrée qui produit des vins d'assez bonne qualité. Érigée en commune en 1184, sous le règne du roi Philippe- Auguste, c'était jadis une ville forte que les Anglais et les Rourguignons saccagèrent plusieurs fois. Elle est surtout célèbre par le traité de 1544, qui mit fin aux guerres de François I" et de Charles-Quint.
Anhy-ie-C/iàteau est un village de 1,000 habitants, autrefois célèbre par un château qu'avait construit en 1540 le cardinal de Rourbon. Il est connu aujourd'hui par ses fabriques de produits chimiques qu'on trouve aussi dans plusieurs autres villages du môme arrondissement, tels que ceux d'Andekin, de CAailvet, de Bucy, de Brunhamel.
Coury-U-Chàteau , village de 830 habitants environ, agréablement situé sur le penchant d'une colline, est entouré de hautes murailles flanquées de tours, d'où l'on jouit d'une vue magniûque sur la jolie vallée de la Lette. On y voit encore les ruines très-curieuses de son ancien château si célèbre au moyen âge, et dont les seigneurs avaient cette devise superbe :
Je ne suis roi , prince , ni comte aussi , Je suis le sire de Coucy.
Blérancourt, bourg de 1,200 âmes, situé sur la route de Laon à Noyon , renferme des fabriques de toiles et de treillis, et fait un grand commerce de grains, de bestiaux et de chevaux. C'est la patrie de Saint-Just.
Prëmonlré, village de 440 habitants, est célèbre par son abbaye, fondée en 1120 par saint Norbert , et saccagée en 1567 par les calvinistes. Elle fut reconstruite au dix-huitième siècle. Une partie a été conservée, et l'on y a établi une verrerie qui occupe 400 ouvriers.
Folembray, village de 1,000 habitants, situé près de la rive droite de la I-ette, est remarquable par sa belle verrerie dile du Vivier, qui date de 1441 . occupe plus de 000 ouvriers, et où l'on fabrique annuellement plus de 2 millions de bouteilles et 150,000 cloches de jardin. C'est à Kolembray que fut conclue la paix entre Henri IV et le duc de Mayenne, dans un château souvent habité par François Iw et Henri II, mais qui n'existe plus.
Quhrzy , très-ancien village de 770 habitants, situé sur la rive gauche de l'Oise, est célèbre par l edit qu'y rendit Charles le Chauve en 877, et qui est regardé comme le point de départ du régime féodal. On y voit les ruines d'un ancieu manoir des rois de la deuxième race.
C/ianny, ancienne ville de 6,300 habitants, est située dans une belle plaine, partie sur la rive droite de l'Oise, partie dans une île. Elle a un port sur cette rivière qui y devient navigable, et sur le canal de Saint-Quentin, qui vient s'y embrancher. C'est une ville commerçante et industrielle, qui possède des fabriques de chaussons de laine tricotés, de toiles et de treillis pour sacs, des filatures de coton, tanneries, blanchis» séries renommées, etc. On y fabrique encore des produits chimiques, des feuilles d'élain, de l'émeri, et elle a une machine hydraulique pour polir les glaces, qui sortent brutes de la fabrique de Saint-Gobain. Son commerce a pour objets principaux la houille, le bois de construction, le chanvre, les grains, le cidre, les chevaux et les bestiaux.
La Fère, place forte qui renferme un arsenal de construction, une école d'artillerie, un polygone et 4,400 habitants, est située dans un joli vallon entouré de coteaux boisés à l'extrémité méridionale d'une grande lie de l'Oise. Elle fait le commerce de grains, de toiles et de laines. Au dixième siècle, c'était une place importante appartenant à l'évéquc de Laon , et qui a été prise plusieurs fois pendant les guerres de religion. En 1814 et en 1815 elle fut assiégée et prise par les Prussiens.
Saint-Oobain , bourg de 2,200 habitants, renferme une célèbre et magnifique manufacture de glaces, dont l'origine remonte à 1540 , mais qui fut réellement fondée par Colbert. Elle a servi de modèle à toutes les usines de même genre Créées en Europe. Ses produits sont estimés les plus parfaits qui soient au monde.
Marie, bourg de 1,850 âmes, situé sur la rive gauche de la Serre, est important par son commerce de laines, de toiles de chanvre et de lin, par ses fabriques de toiles et de vannerie. C'était une ville forte, qui fut érigée en commune en 1174 par Raoul , le premier des sires de Coucy, et qui a subi de nombreux sièges et dévastations.
X<>(re-I)un>e-dc- Liesse est un village de 1,500 âmes bâti à l'époque des croisades, et qui est célèbre par son église et par son image miraculeuse de la Vierge, apportée, dit-on, du Caire en une nuit par une fille du soudan d'Égypte; elle est l'objet de nombreux pèlerinages. C'est dans cette église que Louis XI jura le traité qu'il avait signé ù l'éronne avec Charles le Téméraire en 1468.
On trouve encore dans l'arrondissement de Laon : Manicamp (1,200 hab.), centre d'une fabrication considérable de grosses toiles; Neufchâlel , sur l'Aisne, où se fait un grand commerce de grains, et qui était encore une ville forte au dix-septième siècle; Juvinrotirt, célèbre par les mérinos-Mauchamp ; Craonne, théâtre de la bataille du 7 mars entre Napoléon et les Prussiens, etc.
Ntuilly-Saint-Front (arrondissement de Château-Thierry), bourg de 1,800 habitants, était autrefois fortifié, et résista à Charles-Quint en 1540. Il s'y livra un combat en 1816. On y trouve des fabriques de bas et de gilets de laine.
La Ferté-Milon, petite ville de 2,000 aines, située près de la forêt do Villors-Coltcrets , est bâtie en amphithéâtre sur un joli coteau baigné par la rivière canalisée de rOurcq, dont les sinuosités arrosent de vastes prairies. Elle est entourée de murailles, et conserve les ruines d'un vieux château fort du douzième siècle; on y remarque ses trois églises, son hôpital d'assez bonne construction, et, sur la place de l'hôtel do ville, la statue de Racine, qui est né dans cette ville. Elle possède des filatures de laine, des fabriques de bonneterie, et fait un commerce important de blé, de bois et de laine.
La Fère-en-Tardenois , petite ville de 2,500 habitants sur le canal de l'Ourcq , renferme les restes d'un beau château fort , des filatures de laine et des fabriques de bonneterie; elle fait le commerce de grains, graines, vin, chanvre, laines, bois, chevaux, etc.
Bohain (arrondissement de Saint-Quentin) est située au milieu d'un pays très-boisé, sur le canal des Torrents, qui mène à l'Escaut les eaux tombées entre Bohain et le Catelet. C'est une petite ville assez agréable de 4.200 habitants, qui fait le commerce des bestiaux, renferme des fabriques d'horlogerie d'Allemagne, et qui est surtout le centre d'une fabrication très-active de châles façon cachemire, de gazes, baréges, de voiles et d'écharpes, qui se font aussi dans les villages voisins. Bohain a jadis été fortifiée. On y voit les ruines d'un château bâti par Louis de Luxembourg, que Louis XI fit décapiter.
Fremoy U-Grand, bourg de a. 000 habitants, renferme des fabriques de châles et tissus de laine, et fait un grand commerce de houblon que l'on cultive sur son territoire.
Le Catelet, petite ville déchue de 600 âmes, est située sur la route de Saint-Quentin à Cambrai , et possède des filatures de chanvre et de lin. C'était autrefois une ville forto très-importante, qui eut pour origine un château bàli par François Iw en 1520. Elle a été prise par les Espagnols en 1537, en 1 :>95 , en 1636, en 1650; enfin ses fortifications furent détruites en 1674.
Origny-Sainle- Benoîte , située sur la rive gauche de l'Oise et la route de Saint- Quentin à Vervins, est une localité de 1,800 âmes, qui possède des fabriques de passementerie, de gaze , de tissus cachemires, etc. Elle était célèbre avant la révolution , s son abbaye de bénédictines, fondée en 854 par la femme de Charles le Chauve, et près de laquelle était la collégiale de Saint- Vast, fondée au douzième siècle. ,
Braisne (arrondissement de Soissons), petite ville de 1,650 habitants, est bâtie dans une jolie situation sur la rive droite de la Vesle. On y remarque l'église de l'abbaye des Prémontrés, bel édifice du treizième siècle, et les murs flanqués de tours d'une ancienne forlere-.se. C'est une ancienne ville déjà importante au temps de Clotaire l", qui y avait une villa où étaient cachés ses trésors; Pépin y tint une diète en 756.
Villert-CottertU, petite ville de 3,600 habitants, est située sur la grande route de
Paris à Soissons, au milieu d'une forêt. On y trouve un dépôt de mendicité établi dans un ancien château construit sous François I", des huileries et des fabriques de jouets d'enfants, d'acier poli , de bonneterie et de châles, de boissellerie. Il s'y fait un grand commerce de grains et de bois pour l'approvisionnement de Paris.
Celte ville a pour origine un ancien manoir que Philippe de Valois habita souvent. François 1" y signa l'ordonnance du 10 août 1539, qui prescrivait l'emploi de la langue française dans la rédaction de tous les actes. Charles-Quint y résida avant la paix de Crépy.
Le Nouvion (arrondissement deVervins), bourg de 3,300 habitants, situé près d'une forêt sur le Noirieu , affluent de l'Oise , possède des fabriques de rouenneries et de fils retors, des filatures de coton, des verreries. Dans la forêt voisine, il se fait une fabrication active de boissellerie, de vases en bois et ustensiles de ménage, dont on exporte une grande quantité pour Paris. Les environs sont couverts de beaux pâturages, où l'on engraisse des vaches, dont le lait sert à fabriquer des fromages estimés.
La Capelle, petite ville de 1.C00 ames, est située dans une plaine fertile à l'intersection des cinq routes de Mézières, Laon , Saint-Quentin , Cambrai et Avesnes. Elle a des brasseries, des fabriques de chicorée, et fait un grand commerce de grains. Ce n'était encore au seizième siècle qu'une chétive bourgade, dont François I" fit une place forte, et qui dès lors devint importante; elle a soutenu de nombreux sièges, et fut prise par les Espagnols en 1557, en 1636, en 1656. Ses fortifications furent rasées en 1668.
Hirson, situé sur l'Oise près de ses sources, est un bourg de 3,200 âmes, où l'on fabrique des clous, de la ferronnerie et de la poterie en terre; aux environs se trouvent des filatures de colon , des forges et fonderies.
Origny-en-ThièracAe , bourg situé sur le Ton, affluent de l'Oise, et peuplé de 2,500 âmes, est le centre d'une fabrication très-considérable de vannerie, dont on fait un grand commerce en France et à l'étranger; cette industrie remonte dans le pays à une époque très-reculée.
Qttiqncngrogne , situé dans la commune de Wimy, renferme plusieurs verreries renommées, où l'on fabrique chaque année plus de 2 millions de bouteilles.
Guite, petite ville forte de 4.000 habitants, est située dans une belle position sur la rive gauche de l'Oise, et traversée par un canal de dérivation de cette rivière. Elle est défendue par une enceinte flanquée de tours et de bastions, et par un château qui s'élève sur un escarpement à pic du côté de la ville, qu'il domine d'une hauteur de 50 mètres. Elle possède des fabriques de toiles et tissus de coton , des filatures de lin et de coton, des tanneries, briqueteries, tuileries, ele. On y exploite des eaux minérales, djes terres à vitriol et des carrières de grès à paver.
C'est uns ville ancienne, qui a i-ubi de nombreux sièges surtout dans le quinzième siècle. Elle fut érigée en duché-pairie pour Claude de Lorraine en 1528.