‹ Géographie UniverselleChapitre 76 sur 93 · TOME II. U · texte numérisé non relu

TOME II. U

m> livmk huitième;

partie de sa population ayant embrassé le protestantisme, Philippe I! l'assiégea (i567), et la prit après quatre mois de siège ; elle voulut se révolter, mais le duc d'Albe la punit par un affreux pillage de quinze jours. Elle ne recouvra ses libertés, sa vie calme et paisible qu'après quarante années de souffrances. En 1G5G , Coudé força Turenne à en lever le sié^t»; en 1677, elle fut prise d'assaut, sous les yeux de Louis XIV, par Schomberg et Vauban; et le traité de Nimegue la donna à la France. En 1793, après la trahison de Dumnuriez, elle subit contre Cobourg un siège mémorable, et fut prise après quarante-trois jours de bombardement, pendant lesquels elle reçot 300,000 bombes ou boulets. Elle fut reprise Fan née suivante.

Avesnes, chef-lieu d'arrondis>cment et place forte, avec un collège et 3,776 habitants, est située sur le versant d'une colline e-carpée, près de la grande Helpe, dans un pays verdoyant, accidenté, qui était jadis couvrit par la forêt des Ardcnnes. Elle n'a pas de monuments. Son industrie consiste eu peigneries de lin, en savonneries, scieries de marbre; son commerce, en bois, marbres, ardoises, etc.

Celte ville doit son origine à un château bâti au onzième siècle par un seigneur qui est la lige des sires d'A\esnes. Cette seigneurie passa successivement de la maison d'Avesnes dans les maisons île Châlillon, de Bretagne, d'Albret, d'Autriche, etc. A la mort de Charles le Téméraire, Fouis XI envahit le llainaut et assiégea Avesnes, qui fut prise d'assaut et livrée à d'horribles exécutions : dix-sept personnes et huit maisons seulement échappèrent au désastre; elle ne fut repeuplée que cinq ans après. Le traite des Pyrénées la donna à la France. Elle a été prise par les alliés en 181/j et 1815.

U'azemmts (arrondissement de Lille), commune à 2 kilomètres de Lille, dont elle forme un faubourg, a 13,800 habitants et des rubriques de tulles, de tissus de laine, calicots, indiennes, produits chimiques, toiles, filatures de lin et de coton , blanchisseries de toile et de coton , etc.

Moulins- 1 A' le, autre commune à 2 kilomètres de Lille, dont elle est aussi un faubourg, a ,875 habitants. On y trouve un grand nombre de moulins et de machines à vapeur pour la fabrication des huiles, des fabriques d'appareils à vapeur, de cardes, de peignes pour filatures , quelques fonderies de fer et de cuivre , des fabriques de briques et de blanc de céruse, etc. Elle fait un commerce considérable de graines oléagineuses, huiles et teintures.

Itoubaix, chef-lieu de canton , avec une chambre des manufactures et un conseil de prud'hommes, est située sur le canal de la Marcq ; elle est belle , propre , bien bâtie, animée, mais sans monuments, sans histoire, sans souvenirs. C'est presque entièrement «ine des créations industrielles de notre temps, car au quinzième siècle ce n'était encore qu'un village; en 1811, elle avait 8,000 habitants; en 1830 1 13,000 hab.; en 18M, 2?i,000 hab.; aujourd'hui elle en compte 34.098. Cette augmentation est duc au voisinage de Lille, qui ne peut s'agrandir et dont Itoubaix est devenue la succursale industrielle; elle rivalise avec Elbeuf et Sedan pour les draperies, avec Laval pour le* coutils, cl avec toute la Flandre pour le linge de table, les étoffes pour meubles, les filatures de laine et de coton. En 1853 , on y comptait 166 fabriques d'articles de Itoubaix , h- filatures de laine ou de coton, etc.

Tourcoing, chef-lieu de canton, avec une chambre des manufactures, un conseil de prud'hommes, un collège, etc., est mie ville bien bâtie; mais, comme Roubaix,

elle n'a piis d'importance que de nos jours. Au douzième siècle, c'était un village avec quelques fabriques; en 1780, elle comptait 8,000 habitants; en 1811, 11.000 hab.; en 1838, 16,000 hab.; aujourd'hui elle en a 27,615. Elle ne rappelle qu'un souvenir historique, la victoire de Moreau sur les Autrichiens en 1794. Tourcoing est le siège principal de l'achat et de la vente des laines françaises et étrangères ainsi que de leur lavage, peignerie et filature. En 1833, elle comptait 50 négociants en laines brûles peignées ou filées, 30 filatures de laines cardées ou peignées, 12 de coton , 5 de lin; 54 fabriques de tissus de laine et coton, 2 fabriques de tapis et moquettes, 4 de savons. Le commerce de cette ville est si considérable, qu'en 1853 la douane y a perçu 2 millions et demi de droits d'entrée sur les laines.

Hatluin, commune du canton de Tourcoing, sur la Lys, avec 5, 408 habitants, est fort importante par ses blanchisseries et fabriques de toiles, calicots, molletons, linge de table, etc. Elle a beaucoup souffert dans les guerres civiles de la Flandre, a cause de son voisinage de Mcuin.

Armentièrcs, chef-lieu de canton , avec un collège et 8,840 habitants , est située sur la Lys, au milieu de fertiles prairies; elle est propre., bien bâtie, bien percée, et fort importante par son tissage de toiles de lin (25 fabriques) et de toiles de colon (9 fabriques), ainsi que par la fabrication du linge de table, toile à matelas et calicots, et par ses blanchisseries de toiles. Cette ville, qui a joué un grand rôle au moyen âge, fut fortifiée sous Charles-Quint et eut beaucoup à souffrir des ravages de la guerre; Louis XIV la fit démanteler après le traité d'Aix-la-Chapelle.

La liassce, chef-lieu de canton de 2,755 habitants, est située sur le canal du même nom , qui mène d'Aire à la Deule. C'est une ancienne place forte. Elle fait aujourd'hui une fabrication importante d'huiles, de bonneterie, poteries, cuirs, savons, et son commerce consiste en grains, lins et toiles. Elle a été prise par les Flamands (1303), par Maximilien d'Autriche (i486), par les Français (1641), et elle fut démantelée en 1688.

Quesnoij-sur-Dcule (4,238 hab.) possède une manufacture considérable de clous, chaînes, enclumes, des moulins à huiles, des blanchisseries de toiles, des brasseries, et fait un grand commerce de lin. C'était jadis une place forte qui fut entièrement ruinée en 1579 par Charles de Mansfeld.

Comines, ville de 5,298 habitants, située sur la Lys, fait une fabrication importante de rubans de fil et cotonneltes; elle a des blanchisseries et huileries. C'est la patrie de Philippe de Comines.

Loos, bourg de 4,082 habitants, était jadis célèbre par une abbaye qui, depuis 1817, est devenue une maison centrale de détention pouvant renfermer 1,500 individus. On y a annexé une colonie agricole pour 200 jeunes détenus.

Cysoing est un village de 2,876 habitants, jadis célèbre par une riche abbaye dont on voit encore les ruines et les magnifiques jardins, et qui possède des filatures de laine et de coton. Dans son canton se trouve Bouvinct, sur la Marcq, célèbre par la bataille de 1214.

Mom en-Pevèle ou en Puèlc, bourg du canton de Pont-à-Marcq , a 1,800 habitants, cl est célèbre par la bataille de 1304. Anirhe (arrondissement de Douai), bourg de 3,057 habitants, est important par ses

mines de houille , dont la concession comprend le territoire de 19 communes et une surface de 118 kilomètres carrés. On y trouve des verreries et des fabriques de sucre indigène.

ArUux, bourg de 1,721 habitants , situé sur un bras de la Sensée , a des fabriques de toiles de lin et île coton , de bonneterie , de sucre de betterave , de blanchisseries de toile, etc. C'est la patrie du conventionnel Merlin (de Douai). Elle avait jadis un château fort où fut emprisonné Charles le Mauvais, ot qui a joué un rôle important dans les guerres do la Fronde; Villars le démolit en 1711, et les Autrichiens l'occupèrent en 1793.

Marchiennu (3,047 hab.), située sur la Searpe, est une ville très-laide qui doit son origine à une abbaye fondée en 6/i3, et dont la suppression en 1790 l'a fait déchoir de son important'*'. Elle a des fabriques de bonneterie, des brasseries, et fait un grand commerce d'arbres fruitiers et de lin. Brûlée en 1340 par les Anglais, en 1477 par les Français, prise par Gassion en 1645, occupée en 1712 par le prince Eugène , qui y établit ses magasins pendant le siège de Landrecies , ce qui amena sa défaite à Denain , elle fut enfin prise et démantelée par Villars à la suite de cette bataille.

Archiet, chef-lieu de canton, est une ville de 3,508 habitants, bien percée, bien bâtie, et fort importante par ses tuileries, tanneries, clouteries, brasseries, huileries, distilleries ; elle fait un grand commerce de grains et de bestiaux. Dès le dixième siècle elle était célèbre par ses fabriques. Elle a été ravagée plusieurs fois dans les guerres de Flandre. Il ne reste de ses fortifications qu'un mur tombant en ruines.

Bailleul (arrondissement d'Hazebrouck), vieille ville de 10,000 habitants, avec un collège, est bâtie sur une éminence, a des rues propres, de belles maisons et un aspect tout germanique. On y trouve des fabriques de fils retors, de dentelles, coutils, huiles, et l'on y fait de la bière et le commerce de houblon. Bailleul date du temps des Romains et avait alors un château fort; elle fut détruite par les Normands en 882, et brûlée six fois du treizième au seizième siècle. Ses seigneurs étaient des vassaux très-puissants des comtes de Flandre.

Ctusel, ville de 4,300 habitants, avec un collège, est bâtie sur une éminence isolée de 110 mètres de hauteur, d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur une grande partie de la Flandre : on y aperçoit, dit-on, cent villes ou villages, et môme la mer du Nord. Ses rues sont propres, ses maisons bâties e;i briques; on y trouve une belle église construite en 1290 , un joli hôtel de ville, quelques débris de portes et de murailles, vestiges de ses anciennes fortifications, et des fabriques de dentelles , cuirs, savons, huiles, etc. C'était, à ce que l'on croit, l'ancienne capitale des Morins; les Romains en firent une forteresse autour de laquelle la ville se forma; en 1071, on l'entoura de fortes murailles, et sous ses murs Philippe \" fut battu par Robert le Frison. Philippe- Auguste la prit en 1214 ; en 1328 , les Flamands furent battus près de là par Philippe le Bel, qui prit la ville et la ravagea. Assiégée inutilement en 1347 par Jean, fils de Philippe VI , elle fut prise et brûlée en 1477 par Louis XI. En 1677, le duc d'Orléans y battit le prince d'Orange, et l'année suivante le traité de Nimègue la réunit à la France.

Fttairet, ville de 6,800 habitants, avec un collège, est située sur la Lys, dans un pays très-fertile ; elle est importante par sa fabrication de toiles et de serviettes, dont

il s'y fail un grand commerce, et par ses blanchisseries. C'est aujourd'hui une v ile ouverte, mais qui jadis était fortifiée; elle date des Romains, fut brûlée par les Flamands en 1347 , prise par les Espagnols en 1648 et par les Français après la bataille de Lens.

Mardick (arrondissement de Dunkerque) est un village de 400 habitants, qui était bous les Romains un des trois ports de la Belgique; elle avait jadis un château fort, et joua un rôle dans les guerres de Flandre; elle fut prise par les Français en 16î|6 . par les Espagnols en 1652, et reprise par Turenne en 1657; le traité des Pyrénées le donna à la France, et elle fut alors démantelée. Apres le traité dTtrcchl (1713), qui prescrivait la démolition du port de Dunkerque, Louis XIV essaya d'y établir un port nouveau et y fit exécuter de grands travaux. Lu canal , par une ligne brisée de 6 kilomètres, allait de Mardick à la rade de Dunkerque, avec laquelle il communiquait par une écluse à deux sas, dont l'un pouvait recevoir des vaisseaux de 70 canons. Ce canal avait 55 mètres de largeur moyenne et 6°',.r)0 de profondeur. Le régent, en exécution d'une clause secrète du désastreux traité de 1717 conclu avec Georges I", le fit combler; ce n'est plus aujourd'hui qu'une grande lagune bouchée du côté de la mer.

Berguet, ville forte de 6,000 habitants, avec un collège, est située dans une plaine marécageuse, au pied d'une colline, à la jonction des trois canaux de Dunkerque, de la haute et de la basse Colme : le premier, construit en 1634, a 8,700 mètres de long, 1",20 de profondeur et 20 mètres de largeur; il forme un port commode, qui peut recevoir des bâtiments de 300 tonneaux. Ses seuls monuments sont : l'hôtel de ville, bati en 1664, et dont le beffroi a 50 mètres de haut; les deux tours de l'ancienne abbaye, qui servent do point de mire aux navigateurs, etc. Elle a des fabriques d'huiles et de bonneterie, des raffineries de sel, brasseries, tanneries, et fait un commerce important de grains et bestiaux. Elle date du dixième siècle; Baudouin II la fit clore de murailles, et Baudouin IV y fonda un monastère. Au treizième siècle, elle était célèbre par ses fabriques de draps et de toiles; en 1383, elle fut surprise par l'armée de Charles VI pendant q elle offrait de se rendre, et fut horriblement dévastée; il ne resta debout que l'abbaye, l'église Saint-Pierre et le couvent des dominicains. Rebâtie par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne . elle eut le même sort en 1558, où le maréchal de Thermes la prit d'assaut; rcbàlic encore par Philippe II d'Espagne, ello fut encore prise par le duc d'Orléans en 16'i6, et par Turenne en 1658. Rendue au traité des Pyrénées, reprise en 1667, elle fut cédée à la France l'année suivante par le traité d'Aix-la-Chapelle. Elle a élé fortifiée par Vauban, et a pour ouvrage détaché le fort Français, situé sur le canal de Dunkerque, et par lequel elle se relie au fort Louis et à Dunkerque ; ses écluses lui permettent d'inonder ses abords.

Gravelints, port et place de guerre, peuplée de 5,678 habitants, située à l'embouchure de l'Aa, est aujourd'hui propre et bien bâtie; elle n'a pas de monuments remarquables , mais elle est bien fortifiée , possède un arsenal et a pour ouvrage détaché le fort Philippe. Son port est du troisième ordre ; il fait un commerce important avec l'Angleterre pour les fruits et les œufs. On y arme aussi pour la pèche du hareng, de la morue , etc.

Au septième siècle, ce u'élail qu'un vUlage nommé Saint- Willebrod, et situé au

milieu des inondations do l'Aa, qui se jetait alors imparfaitement dans la mer. En 1160, Thierry d'Alsace y bâtit une forteresse , et son fils fit creuser jusqu'à la mer, pour l'écoulement des eaux de l'Aa, un canal nommé Graf Limjhe (canal du comte), qui a donné son nom à la ville. Prise par les Anglais en 1383 et 1405, fortifiée par Charles- Quint en 1513, elle est célèbre par la bataille do 1558, où les Français furent défaits. Prise par Gaston d'Orléans et Tromp en 1644. reprise en 1652 par les Espagnols, elle se rendit de nouveau aux Français en 1658, et leur fut cédée par le traité dos 'Pyrénées. Elle était alors renommée pour son insalubrité à cause des marais iniects qui l'entouraient; malgré les travaux de Vauban et de Deville, elle resta malsaine, et n'avait que 800 habitants en 1764; mais depuis un demi-siècle on a fait à l'Aa un nouveau chenal, qui va aujourd'hui à 1,500 mètres au delà de la laisse de haute mer; aussi, malgré les dépôts que ne cesse de former la rivière, la ville a perdu sa mauvaise renommée.

Hondtehoolc, ville de 3,800 habitants, est située sur un embranchement du canal de la Colme ; elle a des blanchisseries de toiles , des tanneries, des filatures de lin , et fait le commerce de graines et de bestiaux. C'était au moyen âge une ville considérable, que les guerres ont ruinée; elle avait au seizième siècle plus de 20,000 habitants. Les Français l'ont prise en 1383, 1558, 1657, et y ont gagné, le 8 septembre 1793, sur les Anglais, une bataille qui amena la levée du siège de Dunkerque.

Bourbourg, ville de 2,500 habitants, est située dans une contrée marécageuse, sur la rive droite de l'Aa et le canal de Bourbourg à Dunkerque ; elle a des fabriques d'huiles, de produits chimiques et de savons, et fait le commerce des grains et bestiaux. Jadis fortifiée, elle fut prise et reprise par les Anglais et les Français dans les guerres de la Flandre, dans celles de Louis XI et pendant la guerre de Trente- Ans. Cédée à la France par le traité des Pyrénées, elle fut alors démantelée.

M' a tien (1,200 habitants) est située sur l'Aa, au pied d'une colline, et fait la culture et le commerce du chanvre. Elle est très-ancienne, et les Romains y avaient une forteresse; les guerres du seizième siècle l'ont ruinée. Gassion, les Espagnols et Turenne la prirent en 1643, 1647 et 1557. Elle avait une célèbre abbaye, dont il ne reste qu'une tour servant de point de mire aux navigateurs.

Cateau-Cambrésis (arrondissement de Cambrai), ville de 8,233 habitants, avec ur. collège, est située près d'un petit affluent de l'Escaut et a une industrie très-active; on y trouve des filatures considérables de laine et de coton, d'importantes fabriques do mérinos, châles, lainages; des fonderies de cuivre, des tanneries, brasseries; elle fait le commerce des grains, graines grasses, houille, etc. Elle a eu pour origine une forteresse bâtie au onzième siècle par les évéqnes de Cambrai. Sa situation à l'entrée de la Picardie lui donna une grande importance et l'exposa à des sièges et à des ravages presque continuels : les Français la prirent en 1477, 1481, 1521, 1553, 1635. Louis XIII en fit abattre les remparts et les maisons, et elle resta déserte jusqu'en 1644 ; la France l'acquit on 1678. C'est là qu'a été signé le traité de 1559. Le Cateau est la patrie du maréchal Mortier.

Anzin, commune de 5,000 habitants (arrondissement de Valencienncs) , a sur son territoire les mines de houille les plus abondantes de la France. Elles ont une étendue île 118 kilomètres carrés avec douze puits d'extraction, et occupent plus de 2,000 ou-

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vricrs. La profondeur des fosses varie de /»5 à 318 mètres. Ces houilles sont grasses, médiocres pour la forge, bonnes à faire du coke. Outre les mines, Anzin renferme des ateliers immenses pour la fabrication des machines nécessaires à l'exploitation des forges, des hauts fourneaux, des' fonderies, des verreries. Un chemin de fer mène d' Anzin à Denain sur l'Escaut, et de là, par Abscon, à Douai, sur le chemin de fer de Belgique.

Famars, village du cantop de Valenciennes , est célèbre par le camp que les Français avaient établi près de là en 1793, où Dampierre fui enterré. C'était jadis un temple de Mars (Fanum Martis), qui devint une forteresse après la ruine de Bavay et une ville considérable pillée plusieurs fois par les Barbares et ruinée par Attila. Des fouilles récentes ont amené la découverte des fondations du temple, des vases, des médailles, etc.

Douchain, petite place de guerre, avec 1,000 habitants, est située dans une forte position sur l'Escaut ; elle ressemble plutôt à une citadelle qu'à une ville ; ses abords peuvent être inondés. On y remarque la tour d'Oslrcvant, reste de l'ancien château. Elle a été prise par Louis XI en l'i77, François I" en 1521, le duc d'Orléans en 1676, les alliés en 1711 et Villarsen 1712.

Condi', ville de guerre, avec un collège et 5,000 habitants, est située dans une forte position au confluent de la llaisnc et de l'Escaut, près d'un canal qui se dirige sur Mons; elle a un arsenal, de grandes casernes, un bel hôtel de ville. Ses fortifications sont dues à Vauban et à Deville; ses abords peuvent être inondés. On y trouve des tanneries , des tuileries , des clouteries , des chantiers de construction pour bateaux, et elle fait le commerce de houille. Elle a pour origine un château bâti par les comtes d'Avesncs au début du douzième siècle -, nu seizième siècle c'était uno seigneurie de la maison de Bourbon. Elle fut prise eu 1éj77 par Louis XI, par d'Harcourt en 16!|9, par Turennc en 1655, par les Espagnols en 1656, par Louis XIV en 1676. On la réunit à la France en 1678. Elle s'est illustrée par le siège de 1793, où elle fut prise par les Autrichiens.

Denain, ville de 8,691 habitants, est située sur l'Escaut, au milieu d'un riche terrain houiller; elle a pris un accroissement considérable depuis vingt ans, car elle n'avait que 800 habitants en 1826. Elle a des forges, trois hauts fourneaux, des fabriques de machines , de coke , de sucre indigène. Elle doit son origine à une abbaye fondée en 76fi , et a conquis une grande célébrité après la victoire gagnée par Villars, le 2k juillet 1712, sur les Impériaux.

Fresnes (/i,91/j habitants), située sur l'Escaut, a des fabriques de clous, des verreries, des chantiers de construction pour bateaux, et surtout est importante par ses mines de houille, dont la concession comprend le territoire de trois communes et une étendue de 20 kilomètres carrés.

Saint-Amand , ville ancienne, avec un collège et 9,500 habitants, est 3i'tuée dans une belle plaine, sur la rive gauche de la Scarpe, à 3 kilomètres de sou confluent avec 1 Escaut. Elle doit son origine à une abbaye fondée par saint Arnaud, l'un des premiers apôtres belges, près du village d'Elnon, et autour do laquelle se forma une ville qui obtint une charte de commune au onzième siècle. Elle fut ravagée en 1360 par le comte de Hainaut, en U77 par Louis XI, et réunie à la France

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en 1G68. De son abbaye, renommée par ses écoles, ses saints et ses abbés, quelquefuis de race royale, il ne reste plus aujourd'hui qu'une leur de 100 mètres de hauteur, qui date de 1637. Le territoire de Sainl-Amand est le centre de la culture du lin de fin pour la fabrication des batistes. On y fabrique des fils à dentelles, de la bonneterie, de la porcelaine, de la clouterie, des huiles, etc.

A 2 kilomètres de là, au hameau de la Croisctte, se trouvent les eaux ou boue* minérales de Sainl-Amand, connues déjà des Romains; elles renferment trois sources, ont 21 degrés de chaleur et sont peu fréquentées. C'est dans la maison des bains que Duinoiirie/. (H arrêter les députés de la Convention.

Jtaisme, ville de 3,600 habitants, possède des fonderies, des forges, des fabriques de fer battu , clous , chaîne- , etc. Kllc a aussi de l'importance par ses mines de houille, dont la concession comprend, sur 48 kilomètres carrés, le territoire de 5 communes. Ces mines occupent 1,300 ouvriers et donnent habituellement 1,200,000 hectolitres de houille.

Morlagnc, bourg de 1,200 habitants, est situé sur la rive gauche de la Scarpe, près de son confluent avec l'Escaut, et doit son origine à un château fort qui, grâce à sa position, a joué un rôle militaire important. Pris en 1338 par les Anglais, en 1570 par Mansfeld , en 1709 par les Impériaux , il est aujourd'hui détruit. On y trouve des fabriques de bonneterie.

Bavay (arrondissement d'Avesnes) est un bourg de 1,635 habitants, qui n'est plus remarquable aujourd'hui que par ses antiquités, ses fabriques de quincaillerie et de clouterie, etc. C'est la plus ancienne ville du nord de la France : elle existait du temps des Gaulois et était la capitale des Xervii, sons le nom de Bagantm. César la prit d'assaut après la bataille de la Sambre. Devenue très-florissante sous les Romains, elle avait des murailles, des temples, des palais; 8 grandes voies, dont 7 existent encore sous le nom de chaussées de Brunehaul , et qui furent construites sous Auguste, s'y réunissaient près d'une colonne milliaire qui a subsisté jusqu'au dix-septième siècle, et que remplace aujourd'hui une colonne septangulaire. Ruinée par les Barbares , elle ne fut plus bientôt qu'un bourg avec murailles et donjon. Elle fut encore saccagée par Louis XI (1477) et Henri II (1554), prise par d'Harcourt (1649) et Turennc (1654) . et réunie à la France en 1678; elle fut alors démantelée et réduite à l'état de village. C'est là que l'armée française battit en retraite après la bataille de Malplaquct.

Ualplaquet, village du canton de Bavay, est célèbre par la bataille du 11 septembre 1709, où les Français, malgré leur belle résistance, furent défaits par Marlborough et le prim e Eugène.

iMndrecics, place forte de 3,984 habitants, est située sur la Sambre, dans une belle prairie et près de la forêt de Mormal. Elle n'a pas de monuments; mais, grâce à la canalisation de la Sambre, elle fait un commerce important de grains, lin, bois, charbon, bestiaux. Elle a pour origine un château bâti en 11. '|0 par !es seigneurs d'Avesnes, et est célèbre par les nombreux siég«-s qu'elle a subis: les Français la prirent en 1477, 1521, 15'i3; l'année suivante Charles-Quint échoua devant ses murs avec 50,000 hommes; elle fut prise encore par les Français en 1637, par les Espagnols en 1647, par Turennc en 1655; enfin elle fut réunie à la Franco en 1668.

Vauban et Deville en ûrenl une ville très-forte ; et elle supporta encore deux sièges célèbres, celui de 1712 , où elle fut délivrée par la bataille de Denain , et celui de 1793. où elle fut prise par les Autrichiens.

Maubeuqe, place de guerre, est une ville de 7,719 habitants située sur la Sambre, non loin de la frontière de Belgique. Elle avait jadis une manufacture d'armes créée par Louis XIV en 1704 et supprimée en 1835. Aujourd'hui son industrie consiste en quincaillerie, clouterie, fonderies, scieries, et son commerce en houille, ardoises et marbres Elle doit son origine à une abbaye fondée par sainte Aldegonde au septième siècle. Prise par les Français en 1477, 1563, 1553, 1637, par les Espagnols en 1641 , par d'Harcourt en 1649, par Louis XIV en 1655 , elle fut enfin acquise à la France par le traité de Niinègue. Vauban la fortifia en diminuant son étendue. Assiégée de nouveau en 1793 par les Autrichiens, et délivrée par la victoire de Jourdan à Watlignies, elle le fut encore en 1814 par les alliés, qui ne purent s'en emparer, et en 1815 , où elle fut prise après un bombardement de vingt-quatre jours.

Ualtigma, commune du canton de Maubeuge, avec 2,236 habitants, est célèbre par la bataille de 1793 gagnée par Jourdan.

Le Qwtnoy, place forte de 3,531 habitants, avec un collège, est située près de la Rouelle, sur une émiuence qui domine une belle prairie. Elle est assez bien bâtie, n'a pas de monuments remarquables, et fait le commerce de fers et de grains. C'était au onzième siècle un manoir des comtes de Hainaut , qui , sous les ducs de Bourgogne, acquit une grande prospérité par ses fabriques de draps et de serges. Elle a été prise par Louis XI (1477), Henri II (1552), Turenne (1654) , le prince Eugène (1712), Villars (1713), enfin par les Autrichiens en 1793, après un siège et un bombardement de trente-six jours'.

' Voir, pour le rôle et l'importance de tonte» le» place» fortes de la frontière du .Nord, m Géographie militaire, pages 127 et suivantes.

Tout U.

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