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DÉPENSES

Franc».

Dette publique 36,504,802

Doutions 3,890,77?

Justice 12,49?,74»

Affaire* étrangère* 2,3*0,882

Intérieur.

Travaux ;

Guerre

Finances

Kcinboursemeot* I Non-valeur*. . . |

La dette s'élevait en 1854 à 653,630,371 francs. Chaque année on amortit environ 5,000,000 de francs.

S VI. Armée et marine1. — L'armée belge est recrutée par le tirage au sort de tous les citoyens âgés de vingt ans. Il est permis de se faire remplacer. La levée annuelle est de 10,000 hommes; la durée du service est de huit années, dont la moitié se passe ordinairement au régiment; dans les quatre autres années, les hommes entrent dans la réserve et retournent dans leurs foyers.

L'infanterie se compose de :

15 régiments de ligne a 4 bataillon* ou 24 compagnies, de. . 3,672 homme*. )

1 — de carabiniers idem idem, idem. \ 46,000

2 — de chasseurs à 3 bataillon* ou 18 compagnies, de. . 2,800 hommes. )

Chaque régiment a un bataillon de réserve à 6 cornâmes. La cavalerie se compose de :

2 régiment* de chasseurs à 6 escadrons, de 913 homme*. 1

2 — de lanciers idem, idem. f

1 — de guides idem, idem. i 5,800

2 — de cuirassiers a 4 escadrons, de 619 homme*.)

Chaque régiment a un escadron de réserve.

• Voyez les Armées des puissances directement ou indirectement engagées dans la question d'Orient, traduit de l'allemand par le capitaine Delabarre-Duparc; l vol. in-8% 1855, page 133.

m LIVRE NEUVIÈME.

L'artiilerie se compose de :

4 régiments :

, ( 4 batterie» à cheval , ensemble 840

Le l« riment compte : ) fi irarti|leric de ^ enMniWe 840

Les 2', 3» et 4' régiments *c composent :

De l r. batteries de campagne , fortes ensemble de 5,582

De 18 compagnies d'artillerie de place. ) 7,700

Le train d'artillerie compte 560

La compagnie de pontonniers 174

La loinpagnie d'ouvriers d'artillerie 82

La compagnie d'armuriers 194

Chaque batterie compte 8 bout lies à feu ; le nombre total est de 152. Le génie se compose de :

1 régiment à 2 bataillon* ou 10 compagnies, comptant 1,690 nommes. 1

État-major du génie 60 officiers.)

La gendarmerie se compose de :

9 compagnies, comptant 1,408 hommes et 1,065 cheraux 1,408

La force totale de l'armée belge s'élève à environ 62,000 hommes et à 152 bouches à feu , sans les reserves; avec les réserves, le total s'élève à environ 100,000 hommes.

A coté de l'armée viendrait se ranger, en cas de guerre, la garde civique mobilisée, représentant une force de plus de 100,009 hommes. L'instruction des officiers est fort soignée. Il y a une école militaire à Bruxelles qui compte en moyenne 60 élèves. A Lierre, il y a une école pour 500 enfants de troupe, Ois d'anciens militaires ou de fonctionnaires civils sans fortune ; ils en sortent sous-officiers. A Ypres est l'école d'équilation où se forment les instructeurs de l'armée.

Quant à la marine de la Belgique , elle est insignifiante : elle compte un brick de 20 canons, une goélette de 12, 2 chaloupes canonnières à 5 canons et 3 vapeurs.

§ VIL Climat, agmcuituue, puoductions. — Les diverses parties du royaume de Belgique diffèrent principalement par leur humidité plus ou moins grande. Dans le duché de Luxembourg le climat est sain et tempéré, cependant plutôt humide que froid; le chêne, le frêne et le hêtre dominent dans ses belles forêts; les bêtes à cornes y trouvent des pâturages abondants; on y cultive quelques vignes qui donnent un vin médiocre; les arbres fruitiers y sont rares; le blé réussit avec peine, mais l'habitant tire un grand avantaee de la culture du seigle, de l'avoine et surtout de la pomme de terre. On y élève une très-bonne race de chevaux de trait, et les forêts nourrissent une grande quantité de porcs. Dans la province de Liège l'air est souvent bruineux ; ses vallées fertiles et bien cultivées, principalement celles qu'arrosent l'Ourthe et l'Emblève, donnent, outre les productions du Luxembourg, une belle qualité de froment; son territoire n'est pas moins riche que le précédent eu forêts, en gibier, en porcs et on bêtes à cornes. L'air de la province de Namur est vif et sain ; le sol , très-varié, est docile à la culture; les moutons ont une laine plus belle et une chair plus succulente que dans les autres provinces. On respire dans le Hainaut un air aussi sain ; on y jouit d'un climat aussi tempéré ; on y remarque la même fertilité , et les forêts, quoique plus disséminées, procurent de beaux bois de charpente. La Flandre occidentale et la Flandre orientale sont sous l'influence d'un climat

humide qui fait naître fréquemment des lièvres dangereuses; l'été y est chaud, mais pluvieux; l'hiver y est froid. Les vents du nord -ouest rendent souvent dans la première de ces provinces cette saison redoutable par les inondations qu'ils causent. Les pâturages des deux Flandres nourrissent des chevaux excellents pour le trait et une très-bonne race de vaches laitières. Les végétaux qui y réussissent le mieux sont le tabac, la garance et surtout le chanvre et le lin, principales richesses du pays, qui en produit annuellement pour 30 à 60 millions de francs. Elles sont dépourvues de forets, mais abondantes en tourbe. Les provinces du Brabant méridional, d'Anvers et du Brabant septentrional sont saines, quoique humides; le sol y est partout fertile, excepté dans le nord des deux dernières, où les bruyères et quelques forêts de pins couvrent encore des landes sablonneuses. Le Limbourg, contrée parfois marécageuse , se livre avec un grand avantage à l'éducation des bestiaux et des abeilles.

Sur les 2,945,596 hcclares dont se compose le territoire belge, on évalue le sol labourable à 1 505,595 hectares; les jardins et vergers, à 107,926 hoc t.; les près, à 219,080 hoct.; les pâtures, à 110,197 hect.; les terrains essartés, à 88,256 hect. ; les bois, à 558,896 hect. ; les hnublonnières, à 1,262 hect.; les bruyères et terrains vagues, à 236.976 hect.; les marais et étangs, les dunes et laisses de mer, les rivières et ruisseaux, les chemins et canaux, les bâtiments, rues, etc., à 112,821 hectares.

S VIII. IxDt'STME et commerce. — L'industrie manufacturière est extrêmement développée en Belgique , et marche de pair pour la perfection de ses procédés avec l'industrie anglaise et française. Ses plus importants produits sont les tissus et les articles en métal. Au premier rang il faut placer les draps, dont les principales fabriques cont à Verviers, Liège et Dolhain-Limbourg. En 1853, Verviers et son rayon manufacturier occupaient 65,000 ouvriers, et produisaient 120,000 pièces valant 28 millions de francs. Les fabriques de lainages, tels que flanelles, étamines, serges et camelots, sont principalement à Hodimont, Stavelot, Tirlemont, Thuin, Ypres et Poperinghc. Les couvertures de laines se confectionnent à Bruxelles, Liège, Malines et Verviers. Tournay a une manufacture de tapis qui est l'une des plus considérables de l'Europe. Le tissage des toiles, industrie nationale des Flandres, est aussi trèsrépandu dans toute la Belgique; on évalue à 100 millions de francs le prix des 750,000 pièces de toiles qui se fabriquent à Gand, Alost, Saint-Nicolas, Termonde, Lokeren, etc. Bruxelles, Bruges, Neuve-Église et surtout Courtray font de beau linge damassé ; Alost, Ninove et Saint-Nicolas, du fil à coudre ; Tournay et Courtray, du fil à dentelles-, Bmine-le-Comte et Soignies, du fil à batiste qui s'emploie dans les manufactures do France. L'industrie des dentelles, moins importante qu'autrefois, fournit cependant de magnifiques produits fabriqués à Bruxelles, Malines, Anvers, Lierre, Turnhoul et dans la plupart des villes de la Flandre. La broderie occupe plus de 60,000 ouvrières. Gand est le principal centre de la fabrication des cotonnades; les autres fabriques sont à Saint-Nicolas, Liège, Anvers, Turnhout, Malines et Lierre. 125,000 ouvriers produisent environ 2 millions de pièces de calicots et d'indiennes. Les grandes imprimeries d'indiennes sont à Gand et à Bruxelles. La bonneterie de coton et de laine occupe 50,000 ouvriers; son principal centre est l'arrondissement de Tournay avec Bruxelles.

m LIVRE NEUVIEME.

L'industrie des métaux a son principal centre à Liège et dans les environs. On y fabrique de la fonte , du fer forgé , de la tôle , de l'acier, des machines , des armes , des canons, des clous, de la poêlerie, de la quincaillerie, de la taillanderie, de la tréfilerie et de la ferronnerie. Les autres localités importantes pour l'industrie métallurgique sont Seraing pour la construction des machines, Huy pour les tôles, Dinant pour la chaudronnerie, Chenée pour les enclumes, Malincs pour les articles en cuivre. Namur et sa province pour la coutellerie , etc.

On trouve d'importantes tanneries à Liège et à Stavelot, des fabriques d'huiles à Alost, Ninove et Roulers, des manufactures de tabac à Bruxelles, Anvers, Gand, Liège-, de porcelaine et de faïence à Tournay, Andennes et Viiny; de la poterie de grès a Bouvignes, de la poterie de terre à Tirlemont.

Les raffineries de sucre sont à Bruxelles, à Anvers et à Gand. Les fabriques de sucre de betterave abondent dans le Hainaut. La bière, qui est la principale boisson du pays, occupe plus de 2,800 brasseries; les meilleures fabriques sont celles de Bruxelles, de Louvain, de Gand et de Tournay. On trouve plus de 1,000 distilleries d'eau-de-vie de grains produisant 280,000 hectolitres. Le genièvre de Hasselt est renommé. On évalue à 24 millions de kilogrammes la quantité d'orge employée dans les brasseries et les distilleries.

Le commerce de la Belgique avec les États étrangers est très-considérable et su;t une marche progressive. On évalue , en valeurs réelles , les importations à 051,600,000 de francs, et les exportations à 702,800,000 de francs, soit un ensemble d'affaires s'élevant à 1,3514,400,000 de francs. En valeurs permanentes ou officielles, on trouve les chiffres de 621,900,000 de francs pour les importations, et de 713,500,000 de francs pour les exportations. Total : î .335,^00,000 de francs. La comparaison des résultats que présentent les valeurs officielles fait ressortir un accroissement de plus de 1/|1 millions ou 12 pour 100 sur 1853, et de près de VA millions ou 34 pour 100 sur la moyenne fournie par la période quinquennale de 1849-1853. Le commerce spécial de la Belgique se trouve compris en 1854 pour 739 millions et demi dans le total général des valeurs officielles , et pour 732 millions et demi dans celui des valeurs réelles. Voici les principaux produits belges exportés en 1854 :

Craint. . 7a,5sa,ooo kilng

Lin 25,500,000 —

Sucre raffiné 21,500,000 —

Houblon 3,GOO,ooO —

Zinc brut et laminé I :>,028,ooo —

Houille 3,ooo,ooo tonn.

Fonte 103,000 —

Fer* forgés 20,i:.4,ooo kilog

Clou* . 11,904,000 —

Autres ouvrages en fer . . . . 4,443,000 —

Les principaux articles importés sont :

Café is,427,000 kilog.

Sucre brut 27,.M>o,ooo —

Coton ii,i..9,t»oO —

... 5,89?, OOO —

Huiles de graines 06,000 hect.

Bétail 272,400 téle*

Cheiaui et poulains 20,000 —

Drap* et lainages 19,000,000 franrs

Cotonnades 13,160,000 —

Tissus de lin et de chanvre . . 12,000,000 —

Verrerie* 12,225,000 —

Armes 9,500,000 —

Papier 4,892,000 —

Tulles et dentelles 3,500,000 —

Vin 84,000 hect.

('.raines oléagineuse* ..... fi|H,000 -- Soieries 9,700,000 ;

I^es échanges avec les pays d'Europe représentent à eux seuls 84 pour 100 du commerce spécial pour la Belgique. La France y tient le premier rang : la Belgique lui a envoyé en 1854 pour 118 millions et demi de francs de produits de son sol et de son industrie (laines, lin, tissus de coton, beurre, houille, grains, bestiaux, cuivre, zinc, fer, armes, machines, draps, huiles), et elle a tiré de la France pour 57 millions et demi de vins, indigos, laines et lainages, sel, potasse, houblon , estampes, horlogerie et bois de construction. L'Angleterre vient en deuxième ligne : la Belgique lui a fourni 28,500,000 kilogrammes de graines, 45,4*>0 têtes de bétail, 1,249,000 kilogr. de viandes, 3,302,000 kilogr. «e beurre et pour 1,300,000 d'œufs. La Hollande vient en troisième ligne, avec 68 millions de francs à l'importation et 51 millions et demi à l'exportation ; puis le Zollwerein avec 38 millions de francs à l'exportation et 46 à l'importation. Viennent ensuite les États-Unis, la Russie, le Brésil, les villes anséatiques, etc., etc. Le transit, qui n'est point compris dans les chiffres précédents, a figuré en 1854 dans le commerce général de la Belgique pour une valeur officielle de 297 millions, ou une valeur réelle de près de 314 pour 100.

Les recettes des douanes ont produit en 1854 11,569,000 francs. Le mouvement général de la navigation des ports avec les pays étrangers a présenté un total de 4,839 navires avec 565,509 tonneaux de chargement effectif, entrées et sorties réunies1. Enfin la marine marchande belge comptait en 1850 154 navires jaugeant 32,119 tonneaux ; sur ce nombre, Anvers en possédait 83 et Ostende 23.

§ IX. Routes , canaux kt chemins de fer. — La Belgique est sillonnée de roules et de chemins en tout sens; leur développement total est de près de 130,000 kilomètres. Les grandes routes passent pour les plus belles de l'Europe, et ont une étendue d'environ 5,000 kilomètres.

Les canaux de la Belgique sont nombreux; nous citerons : le canal Beige du Nord, entre l'Escaut et la Meuse, d'Anvers à Venloo ; le canal de Liège, entre la Meuse et la Moselle, de Liège à Trêves; le canal de Charleroy à Bruxelles, le canal de Mons à Condi, le canal de Bruxelles, entre Bruxelles et Anvers; le canal de Terneuse, de Gand à Terneuse ; le canal d' Ostende, entre Ostende et Gand , par Bruges ; le canal d Ostende à Dunkerque, par Nieuport.

La navigation belge par canaux et rivières est très-considérable; cette navigation, entre la Belgique et la France, employait, en 1850, 6,400 bateaux de 800,000 tonneaux, dont 4,500 bateaux belges de 600,000 tonneaux.

La Belgique est traversée par un remarquable réseau de chemins de fer, cotulruit et exploité par l'État. Ce réseau joint les chemins de fer français à ceux de l'Allemagne du Nord et de la Hollande. Le centre du réseau belge est à Malines ; de cette ville partent quatre lignes principales : 1* la ligne de l'Est, sur la Prusse, par Louvain, Liège et Verviers, sur Aix-la-Chapelle ; 2° la ligne du Nord, sur la Hollande, par Anvers, à Rotterdam; 34 la ligne de l'Ouest, par Gand, Bruges et Ostende, se continuant par un service régulier de paquebots à vapeur sur Londres; 4° la ligne du Sud, sur la France, par Bruxelles et Mons, se reliant au chemin français du Nord , entre Quiévrain et Valenciennes. Viennent ensuite les lignes de Gand à Courtray, se reliant entre Mouscron et Tourcoing avec une branche du chemin français du Nord ; de Liège a

' Extrait det Annales du commerce extérieur.

Erquelines, se joignant au chemin français de Creil à Maubeuge, ce qui forme la grande ligne de France en Allemagne. Sur ce chemin s'embranche à Marchiennes une \oie qui se dirige au sud et aboutit à Vireux , sur la Meuse , dans le département dis Ardennes.

Les autres grands embranchements sont : sur la ligne du Nord , une voie allant de Lierre à Turnhout ; sur la ligne de l'Est, une voie allant de Unden à Hasselt ; sur la ligne du Sud, une voie allant de Bruxelles à Namur, une autre allant de Braine-le-Comte à Charleroy et détachant un embranchement de Manage à Mons. Sur la ligne de l'Ouest, une voie joignant Wichelen et Mons, par Alost et Ath, avec embranchement d'Alh à Mouscron, par Tournay ; une autre voie allant de Bruges h Courtray, avec embranchement sur Dixmude; sur la ligne de Gand à Courtray, une voie allant de Courtray à Poperinghe par Meuin et Ypres*.

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