‹ Géographie UniverselleChapitre 80 sur 93 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

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g II. Flandre occidentale. — Bruget, chef-lieu de la province, est une belle et grande ville de /|5,000 habitants, située sur le canal de Gand à Oslendc, et communiquant par d'autres canaux avec l'Écluse et Nicuport; elle renferme un bassin ou port dans lequel les bâtiments tirant dix-huit pieds d'eau peuvent venir mouiller; elle est coupée intérieurement par plusieurs canaux que traversent plus de cinquante ponts. Cette ville est fortifiée, possède une école de navigation, des chantiers de construction et d'importantes fabriques de cuir, de labac et de toiles, l-es principaux monuments sont l'hôtel de ville, la halle, l'église de Notre-Dame, qui a une tour d'une grande hauteur,

• Carte allemande de Belgique, par Kicpeit, publiée en 1856.

ci renferme les tombeaux de Charles le Téméraire el de Marie de Bourgogne. Bruges était au treizième siècle une des plus importantes cités de la Flandre, et un des plus grands entrepôts de commerce de l'Europe; elle a beaucoup déchu de son ancienne splendeur.

Oslende, ville forte et port de mer, peuplée de 12,000 habitants, est célèbre par le siège qu'elle soutint, depuis le 5 juillet 1G01 jusqu'au 22 décembre IGOi, et a la suite duquel elle se rendit à Ambroise Spinola , qui commandait l'armée espagnole. Elle renferme une école de navigation, des fabriques de toiles à voiles et de tabac, el a de nombreux rapports avec l'Angleterre. Ses bains de mer sont très-fréquentés. On pèche sur la côte voisine une espèce d'huîtres qui est très-recherchée des gastronomes.

Aieuport, petit port situé à l'embouchure de l'Yscr, peuplé de 3,000 habitants, est triste, malsain, faiblement fortifié, peu commerçant; les habitants s'occupent de la pêche du hareng et de la morue ou font des filets et des cordages. Nieuporl a soutenu contre les Français un siège en 1488 et a été pris par eux en 1793. C'est auprès de ses murs que se livra , le 2 juillet 1600 , la célèbre bataille gagnée par Maurice de Nassau.

Furnes, petite ville de 5,000 habitants, est située a U kilomètres de la mer el à l'embranchement de plusieurs canaux. On y fait un grand commerce de chevaux, de bestiaux , de grains , de colzlï , de lin , de houblon el de fromage. C'était autrefois une place forte très-imporlante , qui fut prise en 1762 et en 1793 par les Français. En 1297, dans les plaines qui l'avoisincnt, se livra la bataille que Robert, comte d'Artois, gagna sur Guy, comte de Flandre.

Ypres, place forte sur le bord de l'Yperlée, était jadis la rivale de Bruges en industrie et en commerce; sa population était alors de 120,000 âmes; elle en compte à peine 18,000 aujourd'hui. Elle fabrique encore des toiles, des étoffes de laine et de la dentelle; mais elle n'est réellement importante que par ses fortifications rétablies depuis la paix. Parmi les édifices on doit citer l'hôtel de ville , appelé communément les halles, beau monument du quatorzième siècle. L'église de Saint-Martin est du treizième siècle et fort remarquable; l'évéque Jansénius y est enterré. Ypres a été pris par les Français en 1646, 1658, 1G78 et 1793.

Courlray, située sur la Lys, qui la traverse et la divise en deux quartiers à peu près égaux, est une grande ville, percée de belles rues et ornée d'édifices remarquables, tels que l'hôtel de ville, les églises de Saint-Martin et de Notre-Dame. C'est un centre industriel important. Ses blanchisseries de toiles, ses fabriques de toiles damassées, de linge de table, de toiles à carreaux, dites guitujans, de toiles de colon, de mouchoirs de poche; ses teintureries, ses fabriques de blondes el de dentelles alimentent un commerce très-considérable. Courlray est l'ancien Cortnriacum des Romains. Dès le treizième siècle cette ville était l'une des plus importantes de la Flandre par ses fabriques do draps. En 1302, ses environs furent le théâtre d'une sanglante bataille que les Français perdirent contre les Flamands, et que l'on appela la bataille des Éperons, parce que les ennemis trouvèrent sur le terrain plus de quatre mille éperons dorés. Eu 1382, Charles VI vengea celte défaite par la victoire de Itosebtc'ke, livrée un peu au nord de Courlray, et dans laquelle on tua 40,000 hommes TOME n. 87

aux Flamands. Après la victoire , Charles VI détruisit la ville, mais Philippe le Hardi la rebâtit en 1385. Les Français s'en emparèrent en 1643, 1666, 1679, 1683 et 1744. En 1794 eî 1814, il y eut plusieurs combats livrés aux abords de cette ville, et dans lesquels les Français vainquirent les Autrichiens.

Matin, place forte, située sur la Lys, peuplée de 8,500 habitants, a été prise par Turenne en 1658 et restituée aux Espagnols en 1659. Reprise par Louis XIV, auquel le traité de Nimègue la céda , elle fut fortifiée par Vauban , et resta 5 la France jusqu'au traité d'Utrccht. En 1744, les Français la reprirent et détruisirent ses fortifications. En 1792, les Autrichiens en furent chasses par les Français. Depuis 1815 Menin est redevenuc une place importante.

Les autres villes de la Flandre occidentale sont : Rimlers ou Iloustelaer (11,000 hab.), qui fabrique des toiles dites voilettes, cl fait un grand commerce de grains; DixmutU (6,000 hab.), située sur la rive droite de l'Yser, plusieurs fois prise par les Français; on y fait un grand commerce de grains , de bestiaux , de chevaux et surtout de beurre, qu'on exporte en France et en Angleterre; Pofvringfie (11,000 hab.), sur un afiluenl de l'Yser, ville ancienne et commerçante; Uarneton, sur la Lys (6,000 hab.) : c'était autrefois une place forte considérable; Werwkk (6,000 hab.), où les Français, en 1793, battirent les Autrichiens; Comines, située sur la Lys, qui la partage en deux parties; celle de la rive droite est à la France depuis 1667; la partie belge est peuplée de 3,500 habitants. Cette ville est renommée par ses rubans de fil , ses toiles à matelas , ses mouchoirs, ses fabriques de nankin , de siamoises et de tabac.

§ III. Flandre orientale. — Gand, chef-lieu de la province, est située dans une belle plaine, au confluent de l'Escaut, de la Lys, de la Liève et de la Moère, et bâtie sur vingt-six lies formées par ces rivières et réunies par une grande quantité de ponts. Elle est très-étendue, et sa population, de 100,000 habitants, semble perdue dans son cercle de trois lieues de tour, et qu'occupent des jardins, des prés, des étangs. Les monuments les plus remarquables sont la cathédrale de Saint-Bavon , l'uno des plus somptueuses églises de la chrétienté, et qui ressemble à un musée de l'école flamande ; l'église Saint-Michel, l'église Saint-Nicolas, le beffroi, le château des comtes, le palais de justice, le théâtre. On doit citer encore le beau bassin du canal de Neuzen, ouvert en 1828, et qui peut contenir 400 bâtiments. Gand est fortifiée et renferme une citadelle construite en 1822 sur le mont Blandin. Son industrie est très-considérable; on y trouve des blanchisseries, des lilalures de coton, des imprimeries sur tissus de coton, des fabriques de cotonnades et de toiles. 60,000 ouvriers sont employés à ces diverses industries, soit dans la ville, soit dans le voisinage.

Gand, fondée au dixième siècle, devint la capitale des comtes de Flandre en 1180 ; son industrie et son commerce la rendirent si puissante , qu'elle resta pendant deux siècles la terreur et l'admiration de l'Europe. Jacques d'Artevelt, ntvaert de Flandre, y établit le siège de son autorité, et y fut tué le 24 juillet 1345. Les révoltes continuelles des Gantois contre tous leurs souverains, leurs luttes avec Bruges, amenèrent peu à peu la décadence de la ville, qui, au seizième siècle, tout en restant la fleur et la perle de tous le* pays de l'archiduc, était bien déchue de son ancienne splendeur. Les Français s'en emparèrent en 1678, 1708, 1745, 1792 et 1794. Louis XVIII y résida pendant les Cent-Jours. C'est sous la domination hollandaise que Gand s'est relevée

et a repris son importance industrielle et commerciale. Charles-Quint y naquit le 25 février 1500 dans le palais appelé la Cour-des-Princes, transformé aujourd'hui en lilature.

Absl est une jolie ville sur la Dendre, peuplée de 17,500 habitants. Son principal monumonl est son hôtel de ville. Ses blanchisseries de toiles sont célèbres, ainsi que ses tanneries et ses confections d'objets en cuir.

iMeren, ville de 17,000 habitants, située sur la Deurme, fabrique des rubans, des chapeaux, du savon, du tabac, renferme des imprimeries sur étoffes de coton, et fait, ainsi qu'Àlost, le commerce de graines oléagineuses, des céréales, du lin et du chanvre.

Sainl-Mcolat, situé au centre du fertile pays de Watt, est un immense village industriel, peuplé aujourd'hui de plus de 20,000 habitants; ses rues sont larges et régulièrement bâties. On y fabrique des étoffes de toutes sortes, mais surtout des mouchoirs de coton; on y fait aussi un grand commerce de lin, de houblon et de grains.

Renaix (13,000 hab.) fabrique des cotonnades et fait un grand commerce de toiles.

Oudenarde (5,500 hab.) est située au pied d'une hauteur et dans une belle vallée que traverse l'Escaut. On y remarque l'hôtel de ville. Sa principale industrie est la fabrication des toiles de nankin. Une bataille fut livrée sous ses murs le 11 juillet 1708, dans laquelle les Français furent battus.

Termondc ou Dendermonde , ville de 8,500 habitants, est située au confluent de la Dendre et de l'Escaut, au miliou de riches prairies et de champs fertiles. C'est une place importante par sa position entre Gand, Bruxelles, Malines et Anvers. Sa citadelle a été bâtie en 1584 par le duc de Parme. Louis XIV ne put prendre cette ville en 1667 à cause des inondations; les alliés l'enlevèrent en 1705; les Français la prirent en 1745. On fait à Termonde un grand commerce de chanvre et de lin; c'est le • centre d'une fabrication très-considérable de couvertures de coton.

Liefkenskak, place forte sur l'Escaut, au-dessous d'Anvers et en face lefort Lillo, ferme l'Escaut et peut être inondé du côté de la terre.

§ IV. Hainaut. — Mons, chef-lieu de la province, est une grande ville fortifiée, bâtie sur la Trouille , qui se jette dans la Haisne en dehors des fortifications. Elle est dominée au sud-est par le mont Panisel , et s'élève partie en amphithéâtre sur le flanc d'une colline, partie dans la plaine. L'église de Saint- Waudru est son plus bel édifice. Ce n'est point une cité manufacturière, mais on y fait le commerce des houilles, des pierres à meule, des chevaux et des bestiaux élevés dans les environs. Cette ville parait devoir son origine à un rastrum élevé par César; aux quatorzième et quinzième siècles, elle avait d'importantes fabriques de draps et d'orfèvrerie. Elle a été prise par les Français en 1691 et en 1745. Elle passe aujourd'hui, avec ses quatorze bastions et ses inondations, pour une des plus fortes places de l'Europe, et la clef rie la Belgique du côté de la France.

Dans les environs de Mons, on remarque Sainte-Anne, où l'on exploite des carrières de marbre; Jemmapes, où Dumouriez battit les Autrichiens le 6 novembre 1792; Saint-Ghulain, centre d'un immense commerce de houilles; Bouisu, village célèbre par son château; Rœulx, Binche, Chièvrc, etc.

Tournai/, grande place forte sur l'Escaut , est partagée par ie fleuve en ville vieille et ville neuve; dans celle-ci, un superbe quai planté d'arbres forme la promenade la plus fréquentée; les maisons en sont bien bâties, les rues propres et assez droites; l'autre quartier , moins beau, s'élève sur l'emplacement de Tornacxtm, qui servit de résidence aux rois francs, et fut érigé en évêché au cinquième siècle. On admire la construction de la cathédrale, dont les quatre clochers s'aperçoivent à une grande distance. Le tombeau de Childéric 1" fut découvert par hasard en 1653, en démolissant une vieille maison à côté de l'église de Saint-Brice. Une fouille faite à sept pieds de profondeur mit au jour un sac de cuir renfermant plus de 100 pièces de monnaie d'or et autant en argent; le fer d'une hache et celui d'un javelot, une lame d'épée, cinq agrafes, un étui avec un style pour écrire, les charnières de deux tablettes , une petite tétc de bœuf émaillée , deux anneaux dont l'un portait un cachet sur lequel on lisait ces mots : C/iilderici régit. Ces divers ornements en or étaient accompagnés de plus de 300 petites abeilles en or et en argent , qui paraissaient avoir appartenu à un manteau royal; le tout se trouvait mêlé à des ossements, parmi lesquels on remarquait deux tètes humaines et le squelette d'un cheval , co qui servit à confirmer la coutume qu'avaient les Francs de se faire enterrer avec leurs armes, leurs habits, leur cheval de bataille, leurs bijoux les plus précieux, et peut-être quelques dépouilles de leurs ennemis, car l'une de ces deux tètes était vraisemblablement celle d'un esclave ou d'un guerrier vaincu.

Tournay renferme 30,000 habitants; elle est industrieuse et commerçante; ses lapis, ses toiles, ses camelots, sa bonneterie et ses porcelaines sont connus dans toute l'Europe. Elle fut cédée par François I" à Charles-Quint par le traité de Cambrai en 1529. Elle fut reprise par Louis XIV en 1667, et rendue aux Pays-Bas par le traité d'Ltrecht. Reprise encore en 1745, elle fut encore rendue en 1768 à l'Autriche. Les Français s'en emparèrent en 1792 et en 1 794- Aux environs de Tournay est le château des princes de Ligne.

Le llaiuaut renferme plusieurs lieux mémorables dans notre histoire militaire. Près de Tournay, Funtenuy rappelle la victoire gagnée en 1745 sur les Anglo-Hanovricns par le maréchal de Saxe. La petite ville de Fleunu est célèbro par la bataille que livra avec tant de succès en 1690 le maréchal de Luxembourg à l'armée des alliés; par la journée du 16 juin 1794, dans laquelle Jourdan défit les Anglais et les Autrichiens, et lit tomber la Belgique au pouvoir des Français; enfin par celle qu'y gagna Napoléon sur les Prussiens en 1815. Le village de Saint-Denis est célèbre par la bataille où le prince d'Orange, le 14 août 1678, attaqua le maréchal de Luxembourg, après la signature de l'armistice qui venait d'être conclu à Nimègue. Sleenkerque est fameuse par une autre attaque et aussi infructueuse du mémo prince contre le même maréchal en 1692. Enfin Seneffe a été le théâtre d'une bataille que Condé y gagna en 1674 sur les alliés, et d'un combat où Marceau battit les Autrichiens le 2 juillet 1794.

Alh, sur la Dcndre, peuplée de 8,500 habitants, est une ville forte très-importante. Dans ses environs, sur la route de Mons à Lille, on remarque : I*uzt, ville de 6,000 habitants, bien bâtie, qui renferme des fabriques de siamoises, de bonneterie, de toiles et des teintureries. C'est dans son voisinage que le maréchal de Luxembourg livra en 1091 un combat au prince de Waldeck, dans lequel les vingt-huit

escadrons de la maison du roi mirent en pleine déroute les soixante-douze escadrons ennemis.

Charleroy, place forte et peuplée do 7,500 habitants, est bâtie sur les deux rives de la Sambre et en partie sur un roc élevé. Celte ville fabrique des clous et des canons de fusil. Elle a subi des sièges très-nombreux, et principalement de la part des Français; le plus célèbre est celui de 1794.

Chimay, petite ville érigée en principauté en l/i89, est remarquable par son château, qui occupe le centre de la ville et couronno un rocher de 20 métrés de hauteur.

S V. Province de Namur. — Namur, chef-lieu de la province, est une place forte, peuplée de 22,000 habitants, et située au confluent de la Sambre et de la Meuse. C'est une ville bien bâtie, percée de rues larges et propres. Des ouvrages considérables la défendent sur les deux fleuves, et sa citadelle domine la ville du haut d'un rocher escarpé. Les sièges de Namur sont nombreux; les plus célèbres sont celui de 1692, fait par Louis XIV et Vauban ; celui de 1695 , par le prince d'Orange; ceux de 1766, de 1792 et de 179/|. Cette ville fabrique de la coutellerie renommée; elle renferme des tanneries, des clouteries, des taillanderies, des fonderies de cuivre et de fer, des ateliers d'orfèvrerie; on y fait aussi beaucoup de poterie. Les environs renferment d'immenses carrières de marbre , dont on fait un très-grand commerce.

Dinant (5,000 hab.), ville forte, située sur la rive droite de la Meuse, entre cette rivière et un rocher escarpé , est une des plus anciennes villes do la Bolgique. Au moyen âge ce fut une cité importante par sa population et son industrie. On y fabriquait de beaux ouvrages en cuivre coulé , battu et ciselé , désignés sous le nom de dinandtrit. Cette grande prospérité fut détruite en 1!|66. Les habitants ayant pris parti pour Louis XI contre le duc de bourgogne, le comte de Charolais, Charles le Téméraire, y entra le 25 août, livra la ville au pillage pendant trois jours, fit jeter dans la Meuse 800 Dinantais liés deux à deux, dos contre dos, lit transporter à Liège le reste de la population, et raser toutes les constructions qui avaient résisté aux flammes. Ce ne fut qu'en 1?|69 que les chanoines de Dinant obtinrent la permission de rebâtir leur église et ensuite la ville. Sa principale industrie est la fabrication des pains d'épice.

Les deux autres villes importantes de la province de Namur sont PhUippeville, petite place forte située sur une colline. C'était en 1555 un village nommé Corbigny; Marie, reine de Hongrie et sœur de Charles-Quint, le fit fortifier et lui donna le nom de Philippe II, son neveu. On n'y compte que 1,200 habitante. A 8 kilomètres au sudouest, la place de Marienbourg , a été bâtie par la même princesse, qui lui a donné son nom. Ses fortifications ont été réparées et augmentées en 181 S. Ces deux villes, acquises par Louis XIV en 1659. ont été enlevées à la France en 1815. Nous avons déjà dit quelle est leur importance. •

§ VI. Luxembourg. — Arlon. chef-lieu de la province, est située sur une colline, près de la source de la Semoy. C'est une jolie petite ville, peuplée de 6,000 habitante, et assez importante par ses forges et ses tanneries. Arlon est l'ancien Oroiaunum vieus; au dixième siècle c'était le siège d'un comté. Autrefois elle était fortifiée, et fut prise en 1558. 1651 et 1793 par les Français.

tn LIVRE NEUVIÈME.

On remarque dans le Luxembourg belge: la Hoche, petite ville qui doit son nom aux rochers qui la dominent ; Marche, autre petite ville qui renferme des usines : on lui donne le nom de Marche en Famine, parce qu'elle est dans le pays de Famine, contigu au Condros, et qui, comme celui-ci, doit son nom au peuple antique qui l'habitait , et que César appelle les Pœmani ou Phamani. On trouve encore sur la petite rivière de Willz Bastotjne, renommée pour ses excellents jambons : elle est située dans le lieu même où Childebert, roi d'Austrasie, possédait une maison de plaisance appelée BeUonacum. Au pied des montagnes qui séparent le cours de l'Ourthe de celui de la Lesse, est Saint-Hubert, ancienne petite ville qui s'appelait Andaïn, lorsqu'en 825 on y transporta les reliques du saint que les chasseurs ont pris pour patron et qui est regardé comme celui des Ardcnnes. Sa chapelle reçoit encore les fréquentes visites des paysans qui veulent mettre leurs personnes et leurs troupeaux à l'abri de la rage. L'église de cette ville est d'une belle architecture. Xeu/châleau, sur la Vierre, fait un commerce assez considérable de grains et de bétail. Bouillon, petite ville de 3,000 habitants est située nir les rives de la Semoy, dans une gorge profonde et dominée par son château fort. C'était le siège d'un duché fort ancien et dont le titulaire le plus célèbre est Godcfroy de Bouillon. Réunie à la France en 1794, elle lui fut conservée par le traité de 181/j ; mais celui de 1815 l'a donnéo à la Belgique.

S VIL Provinck de Liège. — Liège, chef-lieu de la province, est située dans un vallon traversé par la Meuse, au confluent de l'Ourthe. Une partie de la ville est bâtie sur le versant d'une colline où est construite la citadelle. Les rues sont en général étroites, bordées de hautes maisons, sans air et malpropres. Les quais de la rive gauche de la Meuse forment la plus belle partie de la ville. On y remarque de nombreuses églises, l'ancien palais des évoques, qui est devenu le palais de justice, la statue de Grétry, la fontaine dite le Perron et que les anciens Liégeois regardaient comme le symbole de leur liberté et le palladium de leur ville. Sa population est . d'environ 60,000 habitants. Liège était jadis très-fort iûée ; elle n'est plus aujourd'hui défendue que par deux ouvrages extérieurs: au nord-ouest, par une vaste citadelle bâtie en 1820, et par le fort do la Chartreuse, à un kilomètre au sud-est de la ville, sur le mont Cornillon. Cette ville, par sa position sur la Meuse, fait un grand commerce d'exportation avec la France et la Hollande. L'industrie y est très-llorissante : on y fabrique des armes de luxe et de guerre, des machines à vapeur, et l'on y trouve une fonderie de canons et des fonderies de cuivre et de zinc. L'exploitation et le commerce de la houille y sont très-considérables. Liège est la patrie du musicien Grétry. des graveurs de médailles Warin et Jean Du vivier, de Henncquin Sualem, constructeur de la machine de Marly. Elle était avant la Révolution le siège d'un évéché souverain dont les titulaires sont presque tous célèbres par leur caractère belliqueux et leurs brigandages. Les Français l'ont prise en 1701 et en 1794. Ce fut à ses portes, au village de fiaucoux, que le maréchal de Saxe gagna, le 11 octobre 1746, une victoire complète sur les alliés. Les environs de Liège sont très-pittoresques; ils sont le quartier général de l'industrie métallurgique de la Belgique.

Seraing, grande commune près de Liège, peuplée de 4,000 habitants, est importante par ses usines métallurgiques établies dans l'ancien palais des évêques de Liège.

Verviert, ville de 25,000 habitants, située dans un vallon étroit arrosé par la Vesdre

et entouré de hauteurs, est une ville mal percée, humide et malsaine; mais c'est un centre industriel de premier ordre : on y compte 53 fabriques de drap, 8 fouleries, 33 teintureries, et dans l'arrondissement &00 usinas. On y fabrique annuellement 150,000 pièces de drap valant 30 à A0 millions de francs, et qui s'exportent surtout dans le nord de l'Europe, l'Amérique et le Levant. Cette grande prospérité est chèrement achetée par les maladies qui accablent la population ouvrière : les drapiers sont affectés d'ulcères atoniques, les ouvrières employées aux machines à tondre expient leurs fatigues par des anévrismes du coeur, et les tisserands sont soumis à de terribles ophthalmtes.

Spa, petite ville de 4,000 habitants, est située au milieu des hautes faynet des Ardennes, dans une vallée très-pittoresque, entourée de forêts et de montagnes; elle est bien bâtie, propre et percée de belles rues. Elle doit toute son importance à ses eaux minérales, à la salubrité de son climat et au grand nombre d'étrangers qui viennent prendre ses bains.

Neeruinden est célèbre par la victoire que Luxembourg y gagna le 28 juillet 1693 sur le prince d'Orange, et par la défaite de Dumouriez , qui y fut battu par les Autrichiens le 18 mars 1793.

Stavelut, sur la rive droite de l'Amblève, s'appelait autrefois Stabulans ou Slabulum , parce que, disent les chroniques, dans ce lieu jadis désert les bêtes sauvages venaient boire et manger aussi tranquillement que si c'eut été leur étable. Saint Remacle y fonda en 655 un monastère qui devint l'origine de la ville. L'abbé de Stavelot était souverain avec le titre de prince de l'empire. Il y a dans cette ville /i.OOO ames, des fabriques d'étoffes de laine et des tanneries.

Les autres villes de la province, sont : Huy, ville forte de 7,000 habitants, sur la Meuse, dans un territoire montueux et e-carpé. Pierre l'Ermite y mourut en 1115. Elle a été prise et brûlée par les Français en 1693, démantelée en 1718 par les Hollandais et fortifiée de nouveau en 1815. — Herstal ou Hérist/ial, ville de 6,000 habitants qui ne forme qu'une longue rue sur la rive gauche de la Meuse. Les premiers Carlovingiens y avaient une villa. — Theux, bourg de 5,000 habitants, sur la Hoene; c'était le siège du marquisat de Franchimont.

§ Vlll. Bradant. — Bruxelles , chef-lieu de la province et capitale du royaume de Belgique , est située sur la Senne et sur une éminence. C'est une grande et belle, ville, très-salubre , percée de rues larges, très-propres, bordées de trottoirs et de maisons simples, mais régulières et commodes. On y compte 125,000 habitants et 13,563 maisons. Sou principal monument» est l'hôtel de ville, bijou du XV* siècle, que surmonte une flèche aussi hardie que délicate, de 106 mètres de hauteur, et qui est regardé comme le plus bel édifice de ce genre qui soit en Europe. C'est là qu'abdiqua Charles- Quint. La place où il est situé est entourée de splcndides logis de la même époque et qui ont conservé un tel caractère qu'en les voyant on se croit transporté au temps de Charles le Téméraire ou de Marguerite de Parme. Sur cette place furent décapités les comtes d'Egmont et de Hom. Après l'hôtel de ville vient l'église de Sainte-Gudule, l'église du Sablon, où est enterré Jean-Baptiste Bousseau ; le palais du roi , vaste édifice d'une grande simplicité, situé dans le magnifique quartier dit la Montagne de la Cour; la belle promenade du Parc, etc. CeLte ville est le siège du gouvernement et des prin-

cipales administrations; on y trouve une académie royale, une académie des beauxarts, une belle bibliothèque, un musée, un conservatoire de musique, etc. Elle est le centre d'un commerce de librairie très-important. C'est la patrie des peintres Van der Meulen et Philippe de Champagne , du général Clairfay t , du prince de Ligne , du médecin Van Helmont.

Bruxelles paraît avoir commencé par être une villa appartenant à Pépin et à Charlemagne, dont les noms sont liés aux plus anciennes traditions bruxelloises. Au dixième siècle c'était une ville qui devint commerciale, industrielle et la résidence des ducs de Brabant. Sous le duc Philippe le Bon, au quinzième siècle, elle comptait 60,000 habitants; sous Philippe le Beau, fils et héritier de Maximilien, elle devint la capitale des Pays-Bas et le séjour de la cour. Pendant le règne de Philippe II, elle se révolta contre la domination espagnole; mais elle fut soumise par le prince de Parme en 1586. En 1660 on la fortifia, et en 16U5 Louis XIV la fil bombarder par le maréchal de Villeroy. Bruxelles fut prisé par Dumouriez en 1792, et devint , jusqu'en 1814, le chef-lieu du département de la Dyle.

Les localités les plus remarquables des environs de Bruxelles sont : Laehen, où est un palais royal avec un parc, bàli de 1782 à 178/i pour servir de résidence d'été aux gouverneurs autrichiens des Pays-Bas. — Waterloo, au delà de la forêt de Soigne , théùtre de la bataille du 18 juin 1815; près de là, au Mont Saint-Jean, se trouve le lion colossal en bronze élevé par le gouvernement hollandais en mémoire de cette bataille. — A. ïerlteht, ville de 10,000 âmes, importante par ses manufactures de coton, ses teintureries et ses brasseries. — l'ihordc, ancienne ville, autrefois fortifiée, située sur la Senne et peuplée de 3,000 habitants; on y remarque une grande maison de détention fondée en 1776 par Marie-Thérèse.

Louvain, sur la Dyle et la Voer, est une grande ville très-ancienne, qui a compté, dit-on, 200,000 habitants au quatorzième siècle, et qui aujourd'hui n'en renferme que 30 000. Elle e>l importante par son université, ses brasseries, qui fabriquent par an plus de 200,000 tonneaux de bière, son hôtel de ville, merveille de grâce et de broderie lapidaire, cl son église de Saint-Pierre.

Tir Uni ont, située sur la grande Cette, est une ville très-grande, mais peuplée seulement de 10,500 habitants. On y remarque l'église de Saint-Germain, avec sa belle tour romane. Ses brasseries sont renommées. Jean Bollandus y est né. En 1703, les Français y battirent les Autrichiens.

Les aulrcs localités importantes du Brabant sont : Landen, petit village de 800 habitants, qui était jadis une ville fort importante. Il a été, le berceau des Carlovingicns. Pepjn de Landen, maire du palais sous Dagoberl l'r, puis duc d'Austrasie, y avait un palais. — Diest, place forle sur la Demer, peuplée de 8,500 habitants, fabrique de la bière renommée. — Aerschot, sur la Demer, était le siège d'un duché qui appartint aux Croy et à la maison d'Arenberg. — Nivelles, ville de 8,000 habitants, est arrosée par un ruisseau appelé la Thinne. On y fabrique de belles toiles, des siamoises, de l'huile, etc. — Genappe, petite ville sur la gauche de la Dyle, possédait un château où Louis XI, étant Dauphin, se retira en 1/|56; il y resta cinq ans.

Le Brabant renferme encore plusieurs lieux importants dans l'histoire militaire : Ligny, où Napoléon, le 16 juin 1815, battit les Prussiens; lïavra, où le maréchal

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