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GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET POLITIQUE DES PAYS-BAS

§ I". Situation, relief , constitution géologique et aspect général. — Le royaum «es Pays-Bas, situé entre 28' et 53' 30' de latitude nord, et entre 1° V et d° 53' de longitude orientale, est borné à l'ouest et au nord par la mer du Nord, à l'est par le Hanovre et la Prusse rhénane , au sud par la Belgique. A ce royaume est annexée

la partis orientale du duché de Luxembourg, bornée à l'est par la Prusse, au sud par la France, à l'ouest par la Belgique. La superficie des Pays-Bas est de 34,175 kilomètres carrés, ce qui donne une moyenne de 100 habitants par kilomètre carré, la population s élevant à 3, 433,372 habitants an 31 décembre 185/j.

Tous les Pays-Bas, formant l'extrémité occidentale de la grande plaine de l'Europe septentrionale, sont absolument plats, unis et très-peu élevés; les rivages sont même, ainsi que nous allons le voir, au-dessous du niveau des hautes mers. Quelques ondulations, que l'on appelle à tort des collines, sillonnent çà et là certaines parties des provinces de Gueldre, d'Over-Yssel et d'Utrecht. Tout le sol est formé de sables et d'alluvions argileuses modernes. C'est un grand delta, bas, Lablonneux, marécageux, inondé à chaque marée extraordinaire, traversé et coupé en tous sens par les bouches de l'Escaut, de la Meuse et du Bhin, et par une infinité de canaux et de fossés. On comprendra ce que la race hollandaise a dû déployer de vigueur, de ténacité, d'habileté, pour arracher ce sol à la mer, l'endiguer, le dessécher, le fertiliser, transformer enfin cet immense marais en un pays riche, abondant, couvert de cités industrieuses et de magnifiques pâturages, si l'on songe que celte terre ne renferme ni bois, ni fer, ni pierres, et qu'il a fallu apporter tout cela de la Suède et de la Norvège.

Si l'on examine avec plus de détail les provinces hollandaises, on trouve que les landes de la Campino se prolongent dans le Limbourg, où commencent les marais de Peel , qui ont 30 lieues carrées et couvrent une partie du Brabant ; quelques bouquets de sapins rompent l'uniformité de ces plaines, où alternent les bruyères et les pâturages , et dans lesquelles, à force de culture et de fumier, on récolte du lin, du chanvre, du seigle et un peu de froment. La Zélande (pays de la mer) est un archipel dont les lies, plates et basses, endiguées de toutes paris, riches et fertiles, occupent les embouchures de l'Escaut et de la Meuse ; leur sol , gras et fertile , produit en abondance le blé, l'orge, la garance, des fruits, des légumes, et les pâturages nourrissent de nombreux bestiaux. La Hollande méridionale est couverte de flaques d'eau, coupée de fossés et de canaux pour l'écoulement des eaux et de rivières endiguées. Les mêmes détails de topographie se retrouvent dans la Hollande septentrionale ; on y rencontre d'immenses pâturages remplis de bestiaux , des vergers , des jardins où l'on cultive surtout les légumes et les fleurs, où l'on élève une grande quantité d'abeilles; de toutes parts des moulins à vent établis sur le bord des fossés élèvent l'eau dans des canaux qui se déchargent par des écluses dans les rivières. La province d'Utrecht est plus élevée et moins marécageuse que la Hollande : cependant Utrecht n'est qu'à 16 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer; le sol est presque partout couvert de pâturages; très-fertile sur les rives du Leck , il devient aride , inculte , en approchant de la Gueldre. La Gueldre offre le plus souvent un sol plat, marécageux du côté de l'est, couvert de landes du côté de Nimègue et de Zutpheu , fertile et riche en pâturages presque partout; le canton de la Gueldre, appelé le Velau, est accidenté par le Ncdcrrynsche- U 'ald, monticules couverts de bruyères. L'Over-Yssel, sauf quelques hauteurs à l'est et au centre, est un pays marécageux , humide et malsain , couvert de bruyères, de tourbières ou de pâturages. Le long de l'Yssel, les terres sont fertiles et produisent du seigle, du sarrasin, du chanvre, des fruits, des légumes; on y élève par masses les abeilles. La Drenthe est une plaine un peu plus élevée que les provinces iinitrophes, mais

. plate cl rouverte presque partout de bruyères où l'on élève aussi de grandes quantités d";i!:eil!es ; des nuirais, des étangs, des tourbières, quelques pâturages, pas un arbre, n u f quelques chênes nains, couvrent la surface de cette steppe; ça et là on y rencontre des tumuli celtes ou germains, formés de blocs erratiques appelés hunebedden, apportés par les glaces , et qui ont été amoncelés par les habitants primitifs pour en foi nier peut-être des tombeaux. L'ensemble de ces steppes et de ces landes forme une espèce de petit désert qu'on défriche lentement. La Frise, très-plate partout, est si basse dans ses parties maritimes, que tous les ans, en automne, elle est inondée ; alors les villes et les villages bâtis sur des terpen , hauteurs artificielles, forment un archipel au milieu des eaux. Aussi, lorsqu'un violent ouragan, comme celui de 1825, vient à précipiter la mer contre les digues et que celles-ci se brisent , ce malheuroux pays est littéralement noyé et dévasté. Les parties orientale et méridionale de la Frise sont un peu plus élevées et plus fertiles , quoique généralement couvertes de bruyères, de marais et de tourbières; mais les pâturages y nourrissent une belle race de chevaux. Les Frisons forment un beau peuple, énergique, vigoureux, tenace, et célèbre par la beauté de ses femmes. La province de Groningue , basse et unie, présente au sudest les vastes marais de Bourtange. On y trouve aussi beaucoup de tourbières; vers la Dronthe, le sol est sablonneux; mais, excepté de ce côté, toute la province n'est qu'un grand pâturage coupé en tous sens de canaux et de fossés, où l'on élève des chevaux de race frisonne.

§ 11. IlYiiRoc.iuPHiE. — Les Pays-Bas sont arrosés par les embouchures de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin , et ne sont en réalité que les deltas de ces trois cours d'eau.

V Escaut , après avoir arrosé Anvers, sort de Belgique et entre dans les Pays-Bas au fort de Rath ; aussitôt il se partage en deux grandes branches qui embrassent l 'archipel de la Zélande. 1-a branche méridionale, appelée Y Escaut occidental ou le Hont, coule de l'est à l'ouest entre le littoral de la Flandre hollandaise, à gaucho, et les îles de Sud lU'veland et de Walcheren, à droite; il finit entre Flessingue et l'Écluse par une embouchure de l'i kilomètres, encombrée comme son lit de sables et d'ilote; ses nombreuses dérivations coupent la Flandre hollandaise en plusieurs lies : celle à' Axel, où est Terneuse; celle de Cadsand, etc. La branche septentrionale de l'Escaut, ou Y Escaut oriental, coule d'abord au nord, entre le Brabant à l'est et l'île de Sud-Beveland à l'ouest : a pri s avoir arrosé Bcrg-op-Zoom , il tourne à l'ouest et coule entre les îles de Sud-Bcveland, Nord-Bevcland, Walcheren , au sud, et les lies de Tholen et de Schouwen, au nord. Ixs deux branches de l'Escaut communiquent par les dérivations qui séparent les îles Sud et Nord-Beveland de l'Ile de Walcheren. L'Escaut oriental se joint aussi à la Meuse par un bras qui sépare l'île de Tholen du Brabant et par un autre bras qui sépare Tholen de l'Ile de Schouwen.

La Marne , après avoir quitté la Belgique, sert de limite entre ce royaume et celui des Pays-Bas depuis Maastricht jusqu'à Maseyck; il coule alors entièrement sur le territoire hollandais, et passe à Ruremondc, à Venloo, à Grave, tourne à l'ouest, forme avec le Wahal l ile de Bommel, se réunit à lui à Gorcum, et, au-dessous de rette ville, se sépare en deux principales masses d'eau : l'une va au nord-ouest, l'autre au sud-ouest, et tontes les deux traversent un pays coupé par un labyrinthe de ruisseaux et de canaux qui morcellent la terre en une multitude d'Iles de toutes

grandeurs. La masse d'eau do la Meuse méridionale traverse d'abord le B'mboch ou le bois des Joncs; c'était un pays riche et fertile lorsqu'on 1/<21 une inondation de la Meuse l'engloutit, détruisit 72 villages, noya 100,000 habitants, et changea le tout en un vaste lac. Ce lac est aujourd'hui desséché presque entièrement et présente un fertile territoire traversé ou plutôt irrigué par les innombrables ruisseaux dans lesquels se ramifie la Meuse méridionale. Plus bas, celle-ci passe devant Gertruydenberg, Wilhemsladt, puis elle se partage en deux bras: l'un, appelé le Holland- Diep, coule droit à l'ouest entre les lies d'Over-Flakkée et de Corée au >ud, celles de Beveland et de Voorn au nord; il passe à Ilolvoet-Sliiys, grand arsenal de la Hollande; le second bras coule d'abord au sud, entre le Brabanl cl Over-Flakkée, puis à l'ouest, entre Over-Flakkée et Corée au nord, les iles de Tholen et de Schouwen au sud : c'est ce bras de la Meuse qui communique avec l'Escaut, comme nous l'indiquions tout à l'heure.

La masse d'eau de la Meuse septentrionale coule droit à l'ouest au-dessous de Corcum ; elle est moins large que la précédente ; elle se partage à Dordrecht en deux bras qui forment l'Ile d'Ysselmond , se joint au Leck , passe à Rotterdam et à Brielle. Son lit est entre le rivage de la Hollande au nord et les îles de Ysselmond et Voorn au sud.

Les affluents de la Meuse en Hollande sont la Dommel et la Merck. La Dommel naît dans les marais de Pcel. traverse du sud au nord un pays complètement plat et inondé de ruisseaux et de marécages, reçoit un grand nombre d'affluents, arrose Bois-le-Duc et finit au fort Crèvecœur. — La Merck est une rivière canalisée qui coule du sud-est au nord-ouest , arrose Bréda et finit au-dessous de ^'ilhemstadt.

Le Rhin quille les États prussiens au-dessous du fort de Schenk et entre en Hollande ; aussitôt il se partage en deux grands bras qui coulent sur un plan presque horizontal ; le fleuve n'est plus alors qu'un va -te chaos d'eaux lentes et sales, qui se répandent de toutes parts sur un terrain sans pente. De ces deux bras, celui du sud-ouest se nomme YVahal , celui du nord-ouest retient le nom de Rhin.

Le Wahal arrose ÎNimegue, et au-dessous de Thiel il se joint à la Meuse par plusieurs dérivations qui forment de grandis lies; 8 kilomètres après, il s'en sépare, et, arrosant Bommel, va de nouveau et définitivement se réunir à la Meuse devant Corcum après avoir formé, comme nous venons de le voir, avec celte rivière l'île très-fertile de Bommel. Le Wahal et la Meuse sont encaissés par des digues très-considérables. Le terrain que ces digues protègent, plus bas que le lit des fleuves, forme une immense prairie coupée de fossés largos et profonds, riche contrée qui a continuellement le spectacle effrayant de masses d'eau suspendues à 8 ou 10 mètres au-dessus de son sol.

Le Rhin, après la séparation du Wahal. coule au nord-est au milieu des bruyères, et un peu au-dessous d'Arnheim, se partage en deux branches : celle de l'est s'appelle YVêsel, et n'est autre qu'un canal dérivé du Rhin par Drusus dans la rivière d'Yssel. Cette rivière naît au nord de Wesel, coule du sud-est au nord-ouest, arrose Ysselbourg, se joint au canal de Drusus à Doesbourg, arrose Zutplien, Deventer et Kampen, et au-dessous de cette ville se jette dans le Zuyderzée par plusieurs bouches embarrassées de sables et de bas-fonds.

Le Rhin , après la séparation de la branche ou du canal de l'Yssel , arrose Arnheim,

fait plusieurs détours au sud-ouest , el à Ducrstède il se partage encore en deux bras : celui du sud prend le nom de Leck, celui du nord garde le nom de Rhin. Le Uck emporte une masse d'eau considérable, arrose Vianen, puis Schoonhoven etNieuport, et se joint à la Meuse au-dessus de Rotterdam. L'espace compris entre le Wahal et le Leck se nomme le Betaw; il est célèbre dans l'invasion de la Hollande par les Français en 1672.

Le Rhin , après la séparation du Leck , très-diminué de largeur et de volume , se traîne lentement au nord-ouest à travers la province d'Utrecht , et , arrivé à celte ville, il se partage en deux bras : celui du nord , s uis le nom de Vecht, va se jeter dans le Zuyderzée par deux branches, à Amsterdam et à Muyden; le bras du sud-ouest, qui n'est plus qu'un filet d'eau bourbeuse, garde le nom de Rhin : il arrose Leyde et finit au-dessous de Katwyk, dans la mer du Nord, par un canal éclusé construit en 1807, el dont nous reparlerons.

Au delà de l'Yssel, le Zuydcrzée reçoit plusieurs cours d'eau : le Zwarte-Waler (eau noire), formé de la Regge, de la Verhle et de la Reetf, qui arrosent l'Over-Yssel et Zwolle; la Hume, qui sort du Bourtanger-Moor, arrose la Drenthe et Groningue, et se jette dans le Lauwerzée; le IVolter-Aa, qui sort des mêmes marais, va finir dans le golfe de Dollart, etc.

On remarque en Hollande un grand nombre de lacs. Les principaux sont, dans la province de Groningue, le Opweerder, le /.éclater, le Hoekt, le Zuidlaarder, le Sckild; dans la province de Frise, le Rergumer, le Sneerker, le Tjeuke, le Heeger; dans la province de Drenthe , le Zuidlaarder, etc. Tous ces lacs sont très-poissonneux. Le plus considérable de tous, la mer de Harlem, n'existe plus. Ce lac, qui n'avait en 1506 que 4,000 arpents du Rhin , en 1591 s'était déjà agrandi jusqu'à 10.000 arpents, et cet agrandissement continuait sans cesse, causé par l'affaissement général el successif du sol de la Hollande , dont nous reparlerons plus loin. En 18*10 , le gouvernement so décida à entreprendre son dessèchement. On endigua tout le pourtour du lac; puis, avec des machines à vapeur, on en tira les eaux, qui furent jetées dans un canal de dérivation dirigé sur Katwyk. Ce grand travail dura quinze ans et a donné à la Hollande 18,000 hectares de terrains de la plus riche qualité qui peuvent nourrir 100,000 habitants avec le bétail qui leur sera nécessaire. La dépense totale a été de 8,981 ,36a florins de Hollande , et le produit des terres à vendre est évalué à 8 millions de florins. Déjà une partie de ces terres est vendue et mise en culture ; dès fermes commencent à se construire, et bientôt l'ancien lit du lac sera couvert de villes. Le succès de l'entreprise a été tel, qu'il a donné l'idée d'un travail plus gigantesque, celui de l'endiguemcnt el du dessèchement du Zuyderzée. De cette façon, le génie opiniâtre et industrieux des Hollandais rendrait au continent européen tuul ce que la mer lui a enlevé dans las temps anciens.

§ III. Cotes. — Toutes les côtes des Pays-Bas baignées par la mer du Nord sont sablonneuses , très-basses , et défendues contre les hautes mers par des dunes de sable très-lin qui ont été solidifiées par des plantations d'arundo arenaria, cl qui forment le long du rivage un bourrelet d'environ 3,000 mètres de large sur 13 à U de hauteur. Le rivage des bras de mer intérieurs et des golfes , celui des lies qui se trouvent aux bouches des fleuves, est également sablonneux, encombré de vases el d'ailuvions; il

est aussi très-bas, mais ri n'est plus bordé de dunes; on a donc été obligé de le défendre contre la nier par des digtit*s ou murs de mer, dont la consiniction a commencé au douzième siècle. En moyenne, les cotes de la Hollande sont de 60 à 70 centimètres au-dessous du niveau des hautes mers ordinaires : à Katwyk, par exemple, à l'embouchure du Rhin, la incr baisse jusqu'à 80 centimètres* au-dessous du niveau des terres, et quelquefois, par les vents d'est, jusqu'à un mètre; mais la marée y monte jusqu'à 70 centimètres, cl souvent, par les vents du nord et de nord-ouest, jusqu'à 2 mètres au-de^us du sol. Dans l'Y, vis-à-vis Amsterdam, la mer basse descend de 23 à Z|5 centimètres au-dessous du niveau des terres , mais la marée s'y élève aussi à 70 centimètres, et quelquefois, par certains vents, jusqu'à 2 mètres.

Ce fait étrange d'un grand pays plus bas que le niveau de la haute mer est dit, dit-on, à un abaissement presque insensible, mais continu du sol. Ainsi que nous l'avons vu d^uis la géographie physique du globe, on a constaté ainsi sur plusieurs parties de l'Europe des changements de niveau considérables, soit que le sol se soulève comme en Suède, soit qu'il s'affaisse comme en Hollande, soit qu'il s'exhausse et s'affaisse alternativement comme le rivage du golfe de Baies. Quoi qu'il en soit de la cause de ce phénomène, il est indispensable que le rivage d'un pays constitué physiquement comme la Hollande soit garanti ou par des dunes naturelles ou par des digues artificielles partout où la marée se fait sentir, sous peine d'être immédiatement submergé. Aussi, sur tous les points où la nature n'a pas placé de dunes, on a construit de* digues, dont quelques-unes ont 15 mètres de haut sur 40 de largeur à la base. Il a fallu aussi fermer les embouchures de certaines rivières par des écluses, pour, à marée haute, empêcher la mer de pénétrer par le lit du fleuve, et pour, à marée basse, laisser l'eau s'écouler. De plus, comme sur un sol aussi bas les rivières doivent déborder à la moindre crue, et que les fleuves qui le traversent sont sujets à des crues fréquentes et redoutables , il a fallu aussi les endiguer. La construction des digues et leur entretien constituent dans les Pays-Bas une science toute particulière, la plus importante de toutes, puisque d'elle dépend l'existence même du pays. Un corps spécial d'ingénieurs, le water-slaat , agissant au nom de l'État, est donc chargé de tout ce qui regarde les grands murs de mer, les digues des rivières, les canaux, les écluses, etc. Malgré tous ces travaux, il arrive sans cesse les plus déplorables accidents. On a calculé que, de l'année 515 à 1825, il y avait eu 190 catastrophes dans les Pays-Bas, ce qui donne en moyenne une grande inondation tous les sept ans, sans compter les inondations partielles moins désastreuses, mais beaucoup plus nombreuses. Parmi ces déluges on cite celui qui inonda la Frise en 1230, et où cent mille personnes furent noyées; celui de 1277, où l'étendue de pays qui forme aujourd'hui le golfe de Dollart fut engloutie ; celui de 1287, qui forma le Zuyderzée et submergea 80,000 personnes avec d'innombrables bestiaux. C'est la Frise surtout qui est exposée à ces terribles catastrophes, ainsi que la province de Groningue ; ainsi, en 1686, l'Océan, dépassant les dignes de huit pieds, convertit momentanément la Frise en une vaste mer. Les causes de ces désastres sont les vents violents de nord-ouest, qui, lorsqu'ils

soufflent avec violence, poussent les flots de l'Allaulique sur le rivage de la Hollande,

1 On rapporte en Hollande toutes ces cMes de nivollciitcnt à un plan qui e»t censé représenter le niveau moyen de la incr.

euipiissent le» golfes du Zuyderzéo, du l.au\verzée^du Dollartzée et les font déborder par-dessus les digues; on bien encore la trop grande durée du vent d'ouest qui, s'oppiwmt à la descente des eaux du Rhin et de la Meuse, les arrête dans les canaux où ces lleuves devraient s'écouler. Si, dans un pareil moment, la mer soulevée par le vent vient amonceler ses vagues contre les digues et opposer un nouvel obstacle à l'écoulement des eaux des rivières, alors digues de mer et digues de fleuves sont brisées, emportées. La destruction des digues est encore certaine et l'inondation irrésistible si le 'vent d'ouest ou de nord-ouest vient à souffler avec impétuosité à l'époque de la fonte di s neiges, au moment où les fleuves, gonflés par une crue subite, apportent un volume d'eau que leurs canaux ne peuvent contenir.

On conçoit maintenant tout le parti que la Hollande, en temps de guerre, peut tirer pour sa défense de sa constitution physique : elle peut, en rompant la digue d'un fleuve , en fermant ou ouvrant une écluse , en faisant une brèche aux murs de mer, inonder telle portion du pays qui lui convient et arrêter l'ennemi. C'est ce que Guillaume III fit en 1672, lorsque la Hollande était envahie par Louis XIV.

Le long des côtes endiguées où la mer a peu de fond , l'action des eaux amoncelle en avant des digues une grande quantité de vases cl d'alluvions, et forme une laine de mer qu'on appelle la terre d'avant (voreland); comme ces vases s'exhaussent continuellement , il arrive un moment où la mer y est assez peu profonde pour qu'on puisse endiguer ce terrain ; le terrain ainsi conquis sur la mer devient un polder; une fois qu'il est entouré de digues, on le dessèche à l'aide de moulins à vent. Puis le travail de la vase recommence au delà de la nouvelle digue; de nouvelles terres se fonnent encore, sont endiguées à leur tour et ajoutent de nouveaux polders aux anciens. On trouve donc ainsi tout le long des côtes et dans l'intérieur des rivières une série de polders d'une fertilité prodigieuse , formant une ceinture de terres dont le niveau est de 2 à 5 mètres au-dessous des plus basses marées. On conçoit, en cas de rupture des digues, quels ravages peut occasionner l'inondation dans un pareil terrain. Ainsi donc et pour nous résumer, les Pays-Bas sont continuellement en lutte avec l'Océan, et cette lutte est à la fois défensive et agressive; pendant qu'ils se défendent sans relâche et par des travaux gigantesques contre l'invasion de la mer et contre le débordement des fleuves , ils conquièrent du terrain sur elle par des dessèchements continus, tantôt en formant des polders, tantôt en transformant des lacs en terres cultivables, enfin en faisant agir cette infinité de moulins à vent qui couvrent le pays, et sont occupés sans cesse à extraire les eaux intérieures, à les faire monter dans des canaux . à les jeter dans les rivières et de là à la mer. Nul pays au monde ne présente un pareil spectacle : l'homme dispute à l'Océan ou conquiert sur lui le sol, morceau par morceau, y mettant le pied dès qu'il peut le porter, le formant, le façonnant luimême et avançant toujours; l'Océan, vaincu par cot e persévérance, fait tout à coup un effort furieux; il reprend ce qu'on lut a pris; mais l'homme revient à la charge avec une lenteur, une patience inépuisable, et en définitive c'est l'Océan qui recule devant l'opiniâtre labeur et l'audace sublime de cette race hollandaise, l'une des plus solides , l'une des plus admirables qui soient sur le globe.

% IV. Histoire et population. — Les divers pays qui forment aujourd'hui le royaume de Hollande avaient été des Étals féodaux, ayant eu leurs priuces particuliers, lorsque,

dans le quinzième siècle, ils arrivai ont par mariage ou héritage à la maison de Bourgogne-Valois. On sut comment ils passèrent à la maison d'Autriche et à la branche espagnole de celte maison. En 1579, les sept provinces de Hollande, Zélande, Vlrecht, Gueldre, Gronintjue, Frise et Over-I'ssel se déclarèrent indépendantes de la domination de Philippe II, et se constituèrent en république des Provinces-rnies avec Guillaume le Taciturne pour stathouder. Après une longue lutte dans laquelle l'Espagne succomba et où les Sept -Provinces eurent la protection et l'appui de la France, le traité do YYeslphalie consacra leur indépendance. Cette république formait alors 1111 élat fédératif composé des sept provinces souveraines que nous venons de nommer, et avait dans sa dépendance les pays dits de la généralité, c'est-à-dire soumis aux Étals-généraux, et qui étaient: la Flandre hollandaise, le Brabant hollandais, la haute Gueldre, le Liinb mrg hollandais ou pays d'Outre Meuse. On sait comment ce morceau de boue, grâce à la pèche du hareng, source première de sa richesse et de sa grandeur, grâce au caractère de ses habitants, à leur génie commercial, à leurs 12,000 navires, devint le premier état maritime de l'Europe : ses intrépides marins parcouraient les mers, ayant un balai pour pavillon de défi; s« s tonnes d'or soldaient la moitié des princes chrétiens; il fit une grande révolution en Angleterre, et arrêta le soleil de Louis XIV. Cette puissance dura plus d'un siècle. En 1795, la Hollande fut conquise par les Français et l'ancienne constitution détruite. Alors fut établie la république batave, qu'on divisa en huit départements. En 1800 , la république batave devint royaume de Hollande, fut divisée en onze déparlements et donnée à Louis, frère de Napoléon; mais en 1810 ce royaume fut incorporé à l'empire français, dans lequel il forma huit départements : Bouches-de-la-Mcuso , chef-lieu La Haye; Bourhesde-l'Yssel, chef-lieu Zwollo; Ems-Occidenlal, chef-lieu Groningue; Frise, chef-lieu l.euwarden; Yssel-Supéi iour, chef-lieu Arnheim; Zuyderzée, chef-lieu Amsterdam; Bouches -de-IT/scaul, chef-lieu Middelbourg; Bout hcs-du-Ithin , chef-lieu Bois-le Duc; partie de la Meuse-Inférieure , chef-lieu Maastricht. D'après les tra.té.s de 1814, on forma de l'ancien territoire des Provinces-Unies, auquel on réunit la Belgique ou les anciens Pays-Bas espagnols, un royaume des Pays-Bas, qu'on donna à la maison d'Orange. La Belgique s'en sépara en 1830, et aujourd'hui le royaume des Pays-Bas e>t réduit au territoire des Provinces-Unies, auquel on a ajouté cependant une partie du Luxembourg.

Tout le royaume des pays- Bas est habité par des Frisons el îles Hollandais, d'onginû allemande, el parlant la langue hollandaise ou la langue frisonne. Le Luxembourg seul est I abité par des Allemands.

On compte dans les Pays-Bas 1,834,924 protestants, 1,164.148 catholiques, 58,518 israéliles, etc.

S V. GotVEnxF.MF.NT, ADMINISTRATION , FINANCES, etc. — Les Pays-Bas forment une monarchie constitutionnelle. La couivnne est héréditaire en ligne masculine et féminine. Comme grand-duc de Luxembourg et duc de Limbourg, le roi des Pays-Bas est membre do la Confédération germanique. La représenlation nationale, ou les Etatsgénéraux, se compose de deux chambres : l'une qui comprend de 40 à 60 membres nommés par le roi , l'autre 58 députés nommés par les états provinciaux el renouvelés par tiers chaque année. Le royaume est divisé adnnnislrativement en dix protome il. 89

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vinces et en deux duché.;, ceux de Luxembourg et de Limbourg. Chaque province a sa législation particulière et ses états provinciaux , qui se composent de députés des trois ordres. Le pouvoir exécutif y appartient a un gouverneur nommé par le roi et qui le représente. Tous les cultes sont égaux et libres. Le cuite protestant est administré par les synodes provinciaux , et le culte catholique par l'évoque d'Uirccht. Les ministres de ces deux cultes sont payés par l'État. L'organisation judiciaire est à peu près la même qu'en France, sauf l'institution du jury, qui n'existe pas : il y a une cour suprême à Amsterdam, des cours provinciales, des tribunaux d'arrondissement, etc. Le haut enseignement est représenté par trois universités, Leyde, Ulrecht et Groninguc, et par les athénées d'Amsterdam et de Uuventer. L'instruction secondaire était distribuée en 185fi par 67 établissements, ayant 1,826 élèves, cl l'instruction primaire par 3,37/i écoles et par 7,027 maîtres et maîtresses , ayant 321,850 élèves, filles ou garçons. Les écoles spéciales sont: l'Académie royale de la marine et de l'armée à Bréda; l'école du Waltrstaat à Bn'di; l'Académie royale de Dclft, établie pour former des ingénieurs et des fonctionnaires pour le service des Indes; l'école des officiers de santé à Ulrecht pour la marine, l'armée et les colonies; l'école vétérinaire d'Ulrecht; l'école d'économie rurale de Groninguc ; l'institut du commerce et de l'industrie d'Amsterdam , etc.

Les finances sont depuis plusieurs siècles très-habilement administrées. Voici quel a été le budget proposé pour 1855 :

RECETTFS '. DfjTXSC*.

Impôts direct» 18,964, 700)1. »c. Maison du roi 800,000 (1. »e.

19,9 '.0,069 99 , Hauts collèges de l'État et

Impôts indirects 10,2 53,40<r » cabinet du roi . .... 540,636

Droits d'entrée, de sortie et ' Affaires étrangères 41)0,07-4 ■»

de navigation 4,633,970 » justice 2,i53,023 »

Garantie d'ouvrages d'or et Intérieur V*s,7l3 70

d'argent 207,000 » , Culte protestant. ..... i,f.sr.,(..'9 31

Domaine» 1,304,600 ;n» j Cuite catholique .5*0,2,3 es

Postes 1,400,000 » Marine 7,r,7:>,itf>3

Loterie 400, (00 » ; finances 1 dette publique). . 35,7!»:», ih7 37

Droits de chasse et pécbc . . R.5,000 » ; f niant es (adiniii^tratiuii) . 6,37«,9)>2 22

Droits des mines 1,1;

Recettes diverses 1,209,421

Rente belfie 400,000

Intérêts a rembourser par les

possessions d'outre-mer. . 9,800,000 »

Excédant du fonds de l'administration coloniale dans la

mère patrie 4,700,000 »

(".mire 11,4 15,270 »

Colonies (administration centrale) 11.5.029 50

Dépenses imprévues 100.00:1 »

La delte publique s'élevait en 18j;> à 1.192,110,830 florins 70 centimes, portant intérêt de 34,858,82/j florins 87 centimes.

§ VI. Akmék, MAittNE , colonies. — L'armée Imllandaise est recrutée par le tirage au sort, avec faculté de remplacement. La durée du service est de cinq années à partir de vingt ans. On recrute autant que passible des enrôlés volontaires pour former et maintenir les cadres, ce qui permet de renvoyer après quelques mois de service les

» En florin» et centimes dis Pays-Bas. Le florin valant 2 francs 13 centimes et demi.

jeunes soldats dans leurs foyers, où ils restent comme miliciens, n'étant plus exercés qu'une fois par an pendant plusieurs semaines.

I régiment de grenadiers H chasseur* a 4 bataillons . . 3,031 hommes.'

» régiment* «le liune a 4 bataillons , avec un «lepot, cha«|uc régiment

comptant 4,T'.j hommes 39,400

I hâta Hou «l'instruction a 4 compagnie* ilO — ( '

I kitaillon de discipline a 2 compagnies 134

I dc|«ot d'enrôlement colonal a 2 compagnie* ?i0

4 regim- nls de dragons a 3 esedrons ; clique régiment de 943 h. . 3,::''

1 régiment de clia>seurs a ? encadrons G-î.'i — \ 4,405

2 e-culron* de marcrliausNer>. } I i ruinent d'artillerie de caiii|tagne, 1 1 batteries de 8 bouches a feu 2,5i;0 hommes. \

3 r. pinents d'artiliene de |'laret rh.»]iie r<». à 13 comp. et I.Ts î h. 5,3i2 — f

I î. gmient d'ailillene à chcial, 4 laiterie» «le t» bombes à feu. . . 745 — / 9'

1 corps de pontonniers 21? —

I bataillon de mineurs et de sapeurs 74s domines. 74»

For>e totale de l'année hollandais , 57,ti00 hommes, avec 170 bouches a feu.

Il existe en dehors de l'armée une réserve (dite des sr/tuttert ou tireurs) qui n'est mise sur pied qu'en temps de guerre; elle se partage en trois bans et embrasse tous les hommes en état de porter les armes depuis vingt-cinq jusqu'à trente-cinq ans. Le premier ban se compose de 53 bataillons

Au \" juillet 1855, la marine hollandaise comptait :

is -.Licites «le 6 canons, dont une à hélice 19 bâtiment* à vapeur.

2 corvettes «le «barge.

2 fripâtes et une corvette, servant de de ports, avec 100 canons.

1 vaisseaux «le ligne de 84 canon».

2 idem de 7 ♦ ci lions.

6 frégates «le r.O à il canons «tout 7 à hélice. 8 frvgales de 14 à 3 S canons.

I frégate rasée «le 2 h canons.

12 corvelles «le 18 a 3S canons, dont 2 a hélice, i :>s chaloupes canonnières, avec 174 canons. 10 bricU<le 12 à 18.

Au total, UO bàiiments avee 2,000 canons, 6<V't officiers de marine, médecins et officiers d'administration, G.GOO marins et 1,500 soldats de marine.

La Hollande poss<'-dc de tn's-impor tantes colonies dont la population totale s'élève à 20.23H.322 habitants; ces col-mies sont situées dans l'Océanie (Indes orientales), en Afrique et en Amérique. Le tableau suivant en indique la superficie et la population :

S m-rfirir , ,

ti»St. ..nés. en

/ Ja>a et Ma«!ura 2,445 9,584,130^

I Sumatra 6,7t9 3,430,000

I lUnUa et tlc|«eu 'auces 356 50,000 J

j li'ou» et ili peiMtances 149 70,0001

f Tnrfrs orientâtes ttoriico 9,374 1,700,000'

nca tuitdaiHS. ' CYlelies . . 2,li0 3,000,000 '-'0,0^7,630»

| Molut|ues et d«'[tenilanres (Nou-

ve:ie-<;nin«H-, etc.) 7,497 7 18,500 1

Timor et dtjwmlanrcs ..... 1,042 800,000

^llali et l.oml>i>k 191 1,205,000,

• Armées des pul**nnces directement ou indirectement engages dans la question d'Orient, traduit «le I . Ileiuand par M le < apit.iine l)«-l;«l(,iTe-|)iip.irt<j , | \oliime in-H-.

* Extrait du rapport présenté en iSj'l aux tLtals-^éuéraux par le ministic de la marine.

i Guyane — 5I,S3S\

Curaïao — Ifi.s.iij

Ifonairc — 2,33'.if

7 i n sninifjiK. - Aruba — 3,701 \ K0.091

jsaiiil-EusIache — l,Sôr>i

I Saint-Martin — 2,918 j

(>ba — 1,709/

3« En Afrique . CAte de Guim'c 500 100,000 100,000

§ VII. Climat, acmculthiu: , piioductions. — Le climat des Pays-Bas est humide; l'air y est si chargé do vapeurs, que l'on y compte à peine quarante ou cinquante jours sereins par année. l.e temps est très-inconstant et varie plusieurs fois dans la même journée. I,a température moyenne est de -j- 8", 33 cenligr. Les températures extrêmes de 181/j à 183/i sont de — 28°,G0 à -|- 38°,89. L'hiver est rude; le canal du Nord, d'Amsterdam au Helder, reste gelé pendant trois mois-, le Zuyderzée lui-même gèle quelquefois, comme en 1795; il en est de même des cours d'eau du midi, le Rhin et la Meuse. Les vents dominants sont ceux du nord et du nord-est; nous avons déjà dit quels dangers amènent ceux d'ouest et de nord-ouest lorsqu'ils soufflent avec violence. L'air est généralement malsain à cause des eaux stagnantes, surtout dans les polders , où régnent des fièvres très-dangereu-es.

L'agriculture, favorisée par un sol généralement très-fertile, produit partout du seigle, du sarrasin, de l'orge et de l'avoine ; du blé en Frise, en Zélande et près d'Utrecht; des pommes de terre, des légumes, de la garance, du colza, du lin, du chanvre, du houblon , de la betterave. Près de Harlem, la culture des tulipes et des autres oignons de fleurs se fait sur une grande échelle et donne lieu à une exportation considérable. Sur les 3,f|00,000 hectares du royaume, la superficie des terres non cultivées est de 860,000 hect.; celle des terres cultivables est d'environ 2,000,000 d'hectares; celle des eaux et marais s'élève à 180,000 hect. Les pâturages comptent pour les deux tiers dans les 2,000,000 d'hectares cultivables. La Hollande élève, en effet, mie très-grande quantité de gros bétail de race excellente pour la production du lait, du beurre et du fromage;; beaucoup de chevaux de trait, surtout en Frise; d'immenses quantités d'abeilles.

Les reptiles sont très-abondants dans les marécages et dans les terres humides; mais les grues, qui les dévorent par myriades, sont très-nombreuses; des mesures intelligentes sont prises pour assurer la conservation et même l'augmentation de ces utiles animaux.

Les principales pêches qui se font sur les côtes sont celles de la morue, du turbot, de la sole. La pêche du hareng, qui a fait la fortune de la Hollande, est beaucoup moins importante qu'autrefois : le nombre des harengs péchés et encaqués ne s'élève plus maintenant qu'à une moyenne de cinquante millions et demi.

Les productions minérales ne sont que de deux sortes : la tourbe et l'argile. La tourbe, qui abonde dans 1rs provinces de Frise, Groningue, Divnthc et Over-Yssel, est le principal combustible du pays. En 183/j, sa consommation était de 22 millions de tonnes; en 1852, elle s'est élevée à près de Zk millions de tonnes.

§ Mil. Industrie et commence. — L'industrie est fort active dans les Pays-Bas, et plusieurs de ses produits sont justement renommés. Les principaux sont : les toiles de Hollande et les blanchisseries de Harlem, la céruse, le borax et le salpêtre d'Amsterdam; la cirerie de Harlem, le genièvre de Schiedam, de Gouda et d' Amersfort ; le vermillon d'Amsterdam, le papier de la Hollande septentrionale , surtout de Saardam; les draps do Leyde, les étoffes de soie de Harlem et d'Ltrecbt, les velours d'Llrecht, les cotonnades de Harlem, les tanneries de Maéstricbt, le tabac d'Amsterdam et des autres villes de Hollande, la faïence de Delft, les pipes de Gouda, les aiguilles de Rotterdam et de Bois-le-Duc, les raffineries de sucre d'Amsterdam, de Rotterdam et de Durdrecht, les cordages, les navires, les briques et les tuiles. L ue industrie toute spéciale à Amsterdam est la taille des diamants.

Le commerce des Pays-Bas est très-considérable ; ses voies principales sont la mer et le Rhin. Les principaux articles d'importation ont été, en 1853: le sucre brut (106,000,000 kilogr.), le café de Java (038.000 ballots), les épices, le thé, l'indigo 1 10,200 caisses), la cochenille, le tabac de Maryland et de Virginie, l'était) de Banka, la laine, le coton, le chanvre, les grains, les bois de construction, le fer, la coutellerie, la quincaillerie, le sel, les vins de France, etc. Les grands objets d'exportation ont été : le beurre (13,jQO;000 kilog.), le fromage (25.000,000 kilog.), 83.000 tôles de gros bétail, 200.000 moutons, les poissons salés, la garance, le genièvre. Les produits manufacturés s'écoulent avec moins de facilité. L'habileté des Hollandais dans les constructions navales fait rechercher leurs bâtiments par toutes les nations commerçantes.

Le mouvement commercial des Pays-Bas en 1853 est détaillé dans le tableau suivant :

iiiroitT/rrioxs.

EirOKTITIOJi».

Amérique (moins les Ktats-t ni* ' . . . .

Autriche ......

l.">*»o,r>si

Hanovre et OluVn-

J;t\a , ele

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