‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 3)Chapitre 13 sur 24 · RARE SE · texte numérisé non relu

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À trois journées de navigation de ce cap, Pythéas parvint à des îles dont la principale était nommée Uxisama. On s’est généralement accordé à considérer cette île comme étant l’Uvantis de l’Itinéraire d’Antonin, et l'ile d’Ouessant de nos cartes.

La grande île d’Albion se présente ensuite au nombre des pays visites par Pythéas ; il lui donne 20,000 stades de long, inesure prise en stades égyptiens et qui correspond à peu près à ia longucur réelle, en suivant les sinuosités de la côte occidentale, depuis le cap Landsend jusqu’au cap Wrath en Écosse. Il faut évaluer de même et avec moins de rigucur,

|! la mesure de circonférence d’Albion, indiquée à 40,000 stades par

| Strabon. Mais quand Pline assure que Pythéas fivait cette même circon-

| fcrence à 30, 600 stades, il est clair que cette dernière indication était

| exprimée en stades de 833 au degré, ct qu’au fond elle était identique avec la première.

Il paraît que Pythéas orientait mal le Grande-Bretagne, qu'il l’éten-

\ dait en longueur de l’est à l’ouest ou au nord-ouest, et qu’en tracant la

| côte méridionale plus nord et sud qu’elle ne l’est, il regardait la pointe

orientale de l'Angleterre comme formant une des extrémités septentrio-

nales de cette grande île. C’est à peu près ainsi que Strabon et une foule

| d'autres réographes orientaient leur Albion ou Britannia; ct en attri-

11 buant à Pythéas l'erreur commune de tant d'autres anciens, on conçoit

comment ce voyageur a pu placer l'extrémité septentrionale de la Grande-Bretagne à 42,700 stades de l'équateur; mesure qui, prise en

Di stades de 833 au degré, coïncide avec la latitude de 51 degrés, 15 minu-

tes, el, par conséquent, à peu de chose près avec la pointe nord-est du Kent. Cette pointe devait, aux yeux du navigateur marseillais, terminer Albion au nord.

Eu continuant son voyage au nord-est, ou, comme il croyait, au nord, Pylhéas trouva, à six journées de navigation au delà d’Albion, une partie de la côte du Jutland, nommée aujourd’hui Thy ou Thyland, et, dans l’ancien scandinave, Thiuland. 11 changea ce nom en Thule ou Thyle; \ il cstima sa navigation à 600 stadez par jour, ou à 3,600 en tout, et dut,

1 cu conséquence, fixer la latitude de Thule à 46,360 stades de l'équateur, $ où à 55 degrés 35 minutes, le degré pris à 833 stades ; ce qui est pres- ; que un degré trop au sud. Mais la description de la nature du pays offre

la vérité la plus frappante. Les dunés sablonneuses du Jutland, ses L Ÿ

collines monvaniss au gré des vents impétueux, ses marais couverts d’une croûte de sable où le voyageur imprudent est englouti, enfin les brouillards d’une espèce particulière qui infestent cette contrée ; voilà les phénomènes qui tirent dire à Pythéas qu'aux environs de Thule, le

mer, l’air et la terre semblaient se confondre en un seu) éiémcat. Les À

nuits, réduites souvent à deux ou trois heures par les longs crépuseul::,

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la culture du millet dans le nor, et celle du blé dans le midi, labon- }

dance du miel, l'usage de l’hydremel, la coutume de dessécher les blés dans de vastes granges; tout ce talcou de fhule convient éminemment aux côtes occidentales du Jutland.

Telle est, nous le croyon:, la vraie explication de la plus faineuse énigme que renferme la Géographie ancienie. Les autr.- opinions qu'en à pronosées à cet égard, ne sont fondées que sur des expressions

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erronées de {uclques geographes anciens qui semblent s'être mépris È

sur la vaiet r des stades employés par Pythéas. C’est ainsi qu'Ératos-

théne, es évaluant les stades à 700 par degré, plaça Thule à 66 degrés, À

où sous le cercle polaire, ce qui est contraire à un passage authentique de Pythéas lui-même, conservé par Gémimus, et dans lequel il dit « que » les nuits, à Thule, lui paraissaient être de deux à trois heures. » Parmi les défenseurs modernes de l’erreur d’Éraiosthènes, la plupart

y ont ajouté une nouvelle invraisemblance en rapportant cette latitude |

aux extrémités septentrionales de l’Islande, comme si Pythéa, venant du midi, n :üt pas dù indiquer de préférence la position des côtes méridionales. D'ailleurs ce voyageur n’avait point dit que Thule était une île plutôt qu’une partie du continent : c’est une assertion des écrivains postérieurs même à Strabon. Enfin des Islandais ont complétement démontré que la description de Thule n’offre pas un seul trait de ressemblance avec leur patrie.

I! paraît que d’autres géographes, ayant calculé les stades à 500 par degré, plaçaient Thule près du pôle, à 87 degrés de latitude, et, pour être conséquents, faisaient dire à Pythéas que les jours et les nuits y étaient de six mois.

Quelques anciens, choqués de l’invraisemblance d’un voyage aussi lointain, employérent sans doute un stade de 750 ou 769 au degré indiqué par Pline et Hipparque : leur calcul réduisit la latitude de Thaleà 60 ou 62 degrés de latitude; ce qui correspond à la latitude dela Norwés:

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HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE, 67 méridionale, où il existe un canton nommé Thélémark, Thilemark, ci même dans une saga islandaise, Thulemark ; c'est peut-être la Thule, vuc de la flotte romaine qui fit le tour de la Grande-Bretagne ; c’est certainement la contrée indiquée sous ce nom dans Ptolémée. Des géographes savants ont ponsé que c'était aussi la. terre découverte par Pythéas; et cette opinion mériterait une discussion plus détaillée, si la brièveté que nous prescrit le plan de notre ouvrage, ne nous la défendait. Nous observerons seulement que, postérieurement à Pythéas, tout ce que les anciens ont dit sur Thule, nous paraît vague, contradictoire et uniquement fondé sur la confusion des stades. C’est sans doute en cherchant à réunir ces traditions opposées, que Procope a été conduit à considérer toute la Scandinavie comme étant comprise sous le nom de Thule : les curieux détails dans lesquels il entre sur les mœurs des Finnois et des 5oths (en observant même l'orthographe scandinave de ce dernier nom), ont tellement frappé quelques savants, qu'ils n’ont pas hésité de lui donner une préférence exclusive. Il est cependant probable que le nom de Thule n'a Jamais eu, ni dans la relation de Pythéas, ni dans la Scandinavie même, une acception aussi générale.

Pythéas connaissait encore d’autres parties du nord ; il parlait d’une grande île qu’il nomme Basilia, c’est-à-dire l'ile du roi ; et Pline semble croire que c'était la même que Xénophon de Lampsaque appelait Baltia. On ne saurait déterminer quelle partie dela Scandinavie ces anciens ont voulu désigner, puisque le mot belt où balt paraît avoir dénoté originairement toute étendue de mer parsemée d'îles, quoique la signification en ait été ensuite restreinte à l'ensemble des canaux d'entrée de la mer Baltique, et même, dans les temps modernes, à deux de ces canaux. L'opinion commune cst pour la Suède méridionale qui, encore longtemps après, passa pour une Île sous le nom de Scandia ou Scandinavie.

On ne saurait pas non plus décider si Pythéas a visité lui-même la côte de l’ambre jaune, c’est-à-dire la Prusse orientale. Pline lui fait dire « que les Guttones, nation germanique, habitaient l’espace de 6,000 » stades au bord d’un golfe de l'Océan, nommé Mentonomon. A une » journée de la contrée des Guttones était l'ile Abalus où l’on recueillait » l’ambre jaune ; les habitants le vendaient à leurs voisins les Tewtons. »

C5 CHAPITRE CGINQUEENEE,

La mer Baltique est le seul golfe de l'Océan septentrional auquel convienne la mesure de 6,000 stades qui, à 833 par degré, équivalent à 140 ou 150 lieues marines. Les peuples qui habitaient la Scandinavie, le Danemarck, la Prusse, portaient le nom commun des Goths : ce sont les Guttones, ou plus exactement les Goutones de Strabon, les Gothones de Tacite, les Gythones et les Gutæ de Ptolémée, les Gautes de Procope cet des Islandais. Le voyageur marseillais a évidemment employé le nom de Gutltones dans cette signification générale ; signification que les recherches des vrais savants ont depuis longtemps mise hors de doute. Il est donc impossible de décider si Pythéas, en visitant les côtes de la Prusse, y a connu les branches des Goths qui, selon les Islandais, ne sembleraient s’y être établis que trois siècles plus tard, ou si ce voyageur s’est arrêlé parmi les Goths de la Scandinavie, qui ont pu lui apprendre ce qu’il a rapporté sur la mer Baltique et le commerce de l’ambre jaune.

Les découvertes de Pythéas n'auraient jamais paru suspectes aux yeux de la critique, si l’on se fût rappelé combien d’autres notions, à la vérité incohérentes, mais d’une authenticité frappante, les Grecs, avant Sirabon, avaient obtenues sur le nord de l’Eurvpe. Outre Xénophon de Lampsaque, on cite Timée et Philémon comme ayant donné bcaucoup de détails sur ces régions; on savait qu’ils’y trouve beaucoup d'îles, parmi lesquelles, outre Baltia, on remarquait Raunonia, dont le nom cest Scandinavien et signifie l’île à ambre jaune ; on parlait d’une Île Baunomanna, et cenom, également scandinavien, veut dire : « Hommes » allumant le phare. » Des méprises semblables auraient-elles pu être faites autrement que sur les lieux mêmes? Mais l’orgueilleux esprit de système, au lieu d’étendre ces premières découvertes, les rejeta comme des fables.

Strabon dédaigne de discuter le voyage de Pythéas, et, quittant les îles britanniques, qui sont pour lui l'extrémité du monde, il s’en retourne vers le midi pour décrire les Alpes et les contrées situées entre les branches de cette chaîne de montagnes. Quoique semée de détails historiques assez intéressants sur les Rhétiens et autres nations alpicoles, cette description, qui paraît être prise dans les ouvrages de Polybe, prouve que les anciens n’avaicnt point de notions précises et complètes sur ces

fameuses montagues. Strabon fixe le commencement des Alpes près de

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HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE, C9 Géacs, tandis cue Polsbe, cnles plaçant aux environs de Marseille, scimble avoir regardé le mont Ventoux comme en formant le promontoire occidental, Les ZIpes finissent, selon Strabon, au mont Ocra, au nord de l'istrie ; d'autres les étendaicnt jusqu'aux confins de la Macédoine et de la Thrace. Notre géographe fait mention desglaciers et des avalanches, mais d’une manière un peu confusc.

Des Alpes, Strabon passe à l'Italie et aux îles voisines de cette célèbre contrée. Il est curieux de voir ce savant géographe discuter gravement si l'Italie a la figure d’un triangle ou bien celle d’un carré; nos enfants en savent plus à cct égard. Les détails physiques et historiques offrent pourtant beaucoup d'intérêt : nous le suivons avec plaisir dans sa marche rapide à travers les fertiles plaines de la Gaule Cisalpine, déjà comprises sous le nom d'Italie; nous apprenons que les vastes marais traversés par Annibal avec tant de peine, occupaient une partie des champs aujourd’hui si riauts qui avaisinent Parme et Modène ; nous trouvons Ravenne, située alors précisément comme Venise aujourd’hui, au milicu des lagunes et ayant des canaux en place de rues; nous visitons les rochers cultivés par le laborieux Ligurien, le port de Luna avec ses carrières de marbre, aujourd'hui si célèbres sous le nom de Carrare ; les antiques villes de l’Étrurie, premier siége de la civilisation en Jtalie; les régions des Sabins et des Umbriens, riches en pâturages ; le petit canton de Latium qui renfermait la capitale du monde. Strabon passe ensuite aux plaines de la Campanie, dont de tout temps on admirait l’inépuisable fécondité ; il nous montre le commerce et les flottes de la Méditerranée concentrés à Putéoli, tandis que les mœurs presque grecques de Néapolis y attiraient les Romains lassés du tumulte de la capitale. Le Vésuve reposait alors depuis plusieurs siècles, mais il montrait à Strabon des indices d’ancienne éruption. Après avoir parcouru Je Samnium, dépeuplé par les sanglantes victoires de Sylla, la Lucanie, le Brutium (la Calabre des modernes), l’4pulie ct d’autres moindres provinses, toujours en suivant la division par nations quisubsistait encore, Strabon rapporte quelques traits curieux de l’histoire des colonies grecques qui avaient civilisé ces contrées, et parmi lesquelles Locri, Crotone et Tarente même s’éclipsaient devant la grandeur alors naissante et aujourd’hui anéantie de Brundu’ium. Notre géographe décrit ensuite avec som la riche Sicile, le grenier de Rome; tandis que la Sardaigne

malsaine ct la sauvage Corse ne lui avaient paru mériter qu'une mention passagère à côté de la petite île d’Jlva ou Elbe.

Après avoir consacré deux livres à la description de l'Italie, notre géographe comprend dans un seul tout le nord de l'Europe, depuis le Rhin jusqu’au Tanaïs. Au delà de l'Elbe, Strabon, en dépit de Pythéas, ne veut plusrien connaître; et même, en dedans de cette limite, il dénombre les nations germaniquesavec si peu d’ordre ct de clarté, que nous ne croyons pas devoir anticiper sur l’aperçu que nous donnerons de la Germanie, d'après Tacite et Pline. Cependant il se rencontre, dans la confuse description de Strabon, quelques traits lumineux sur la géographie physique et sur la migration des peuples; il marque bien «cette » chaîne de montagnes qui s'élève dans le midi de la Germanie, s'étend » au loin vers l’orient, mais n'égale point les Alpesen hauteur; » on ne saurait y méconnaître la chaîne Hercynio-Carpathienne. Strabon décrit, sans le nommer, le lac de Constance; il sait que les Helvétiens et les Vindelici habitaient sur des plateaux ou plaines élevées ; trait qui convient très-bien à la Haute-Bavière et au nord de la Suisse. La nature des contrées situées entre le Rhin et l’Elbe lui est également connuc. Les Romains avaient déjà gagné et perdu beaucoup de batailles dans ce pays couvert de forêts d’un côté, et de l’autre de vastes marais. Les Langobardi, déjà établis sur les bords de l’Elbe, paraissent avoir été le peuple le plus éloigné qu’atteignirent les armes romaines. Le grand État fondé par Afaroboduus, dans la Bohême ou Boiohemum, la Silésie et les contrées voisines, bouleversé par un prince des Gothons ou Goths, était visité par des marchands romains dont même quelques-uns s’y établirent. Une tradition apportée sans doute à Rome, soit par ces marchands, soit par des Germains prisonniers ou fugitifs, avait fait connaître au géographe grec les noms des peuples qui habitaient vers la Vistule, et même au delà, et sur lesquels Maroboduus avait étendu sa dénomination. Parmi ces peuples, les Luii nous paraissent être les Lygii des auteurs romains, les Lièches du moyen âge, et par conséquent les ancêtres des Polonais modernes. D’autres noms, rapportés par Strabon semblent être polonais ou slavons, et beaucoup de circonstances venant à l'appui de ces ressemblances de noms, nous font croire que la race slavonne était déjà établie en Europe au siècle de Strabon. Ce géographe distingue en effet, sous le nom de Bustarnes probablement créé

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par les Grecs, une nombreuse nation demeurant à l'est des Germains, ets’étendant plus au nord. Les Bastarnes les plus reculés vers le nord et l'est, étaient les Roxaluni ou Roæani ; ce sont peut-être les Russes qui eux-mêmes écrivent par un o leur nom national. Il est, d’un autre côté, très-probable que les Gètes, autrement nommés Daces ou Davi, étaient de race slavonne. Ces peuples, très-puissants du temps de Strabon, par les conquêtes de leur roi Bærebistes, excitaient la jalousie des Romains, et arrêtaient, sur les bords du Borysthène, les courses des Sarmates qui, originaires des contrées situées entre le Caucase, le Tanaïs et la mer Caspienne, étaient entrés en Europe à l'instigation de Mithridate, et avaient détruit etenvahi l'antique l‘tat des Scythes, dont le nom dès lors commence à disparaître. Peu de temps après Strabon, les Sarmates, quittant leurs chariots et leur vie vagabonde, s’établirent dans la Lithuanie et les régions voisines où ils devinrent la souche de nations entierement étrangères à la race slavonne.

Quelqu’incomplète que soit l’esquisse du nord et de l’est de l’Europe chez Strabon, il sait pourtant qu’à partir de la Germanie et de la Dacie jusqu’à la mer Caspienne, l'œil erre dans une plaine immense. Les notions exactes d’'Hérodote sur la nature de ces contrées, sont dédaigneusement passées sous silence par le géographe d’Amasée qui se borne à décrire vaguement quelques animaux, parmi lesquels on reconnaît l’élan. 11 y avait un grand commerce entre ces pays et l'empire romain; on échangeait des pelleteries contre des vins et des objets d'habillement. Olbia, nommée aussi la ville du Borysthène, dut à ce commerce une existence brillante qui se prolongea jusque dans le vi* siècle après J.-C. La ville de Tanais, située sur la rive européenne du fleuve de mème nom, après avoir attiré dans ses murs un grand commerce, fut détruite par les rois du Bosphore, mais refleurit dans le moyen âge sous le nom de Tana.

Strabon donne des détails topographiques sur la Chersonèse taurique, où florissait, sous la protection des Romains, la cité libre de Chersonesus, dont les ruines se voient près Giurichy aux environs de Sewastopol, et le royaume du Bosphore avec la ville de Panticapæum, colonie antique des Milésiens, nommée aussi Bosporus, et celle de Théodosia, sur les débris de laquelle s’éleva dans le 1v° siècle la cité de Capha qui existe encore. Il entreprend ensuite la description des pays

qui s'étendent le long de la rive méridionale du Danubr. Les Htomains comprenaient ordinairement sous le nom d'Illyrie, toutes les contr © situées entre l'Helvétie, l'Italie et le Danube, limite géntrale de la Germanie, jusqu'aux confins de la Grèce et de la Macédoine, Les habitants de ces régions étaient en partie Celtes et en partie Hlyriens.

Le nom illyrique, dans l'acception la plus stricte, comprenait Jr, petites nations qui occupaient l’Albanie des modernes : Scylax fixe leur limite méridionale à Aulon ou Valon; mais des peuples illyricns habitaient également la Dalmatie avec la ville commerçante de Salona, et l'Istrie avec Pola, ainsi que la Pannonie des Romains, appelée constamment Péonie par les Grecs, ce qui peut faire croire que le petit canton de la Macédoine, appelé Péonie, était peuplé par la même race. Strabon établit une différence entre les Illyriens et les Thraces qui se pcignaient le corps au moyen de piqûres, et les Geltes qui s’enduisaient le corjs d'une couche de couleur. Les monuments historiques ne suffisent point pour décider si cette race illyricnne s’est, éteinte ou si elle s’est mêlée avec les Slavons qui, dans le xvi° siècle, occupèrent ces pays.

Les Boii étaient la principale nation ceitique de ces contrées; ils étendirent, un siècle avant Strabon, leur domination sur une grande partie de la Bavière et de l'Autriche actuelles : leurs terres atteignaicnt même le lac Peiso, probablement le lac Balaton en Hongrie. Dans leurs migrations, ils envahirent le Borohemum, et lui donnèrent leur nom. Les Taurisci habitaient les Alpes de Saltzbourg, de la Carinthic et de la Styrie : leur nom semble signifier montagnards, car la plupart des montagnes de ces contrées portent encore le nom de Tauer; les Romains, que les mines d’or ct de fer attirèrent dans ce pays, l’appelèrent Noricum, peut-être d’après la ville de Norcia qu’ils subjuguèrent la première. Les Scordici, troisième grande tribu celtique, demeuraient sur la Save inférieure, mais étendaient 2eurs courses piratiques jusqu’en Macédoine. Toutes ces nations, presque détruites par les armes des Daces ou des Romains, laisserent entre les mains de ces derniers des régions en grande partie désertes, ct qui, peuplées de colonies romaines, formerent les provinces Noricur et Pannonta; mais la situation de cette dernière province ne répondait pas exactement à la région habitée par les Pannoniers et qui s’étendait depuis le milieu de la Carniole jusqu’en Macédoine.

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