‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 3)Chapitre 17 sur 24 · O DA · texte numérisé non relu

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rama est, dit-il, à 5,400 stades de Leptis. » C'est précisément la distance de Leptis ou Lebida à Gherma, d’après les cartes modernes, mais il faut l’évaluer en stades de 833 au degré. Marin l’a évaluée en stades de 500 au degré; il en résulte qu’il porte Garama à 21 degrés au lieu de 27. Si l’on réduit dans la même proportion le reste de ia marche de Septimius Flaccus, on trouvera 27 degrés au lieu de 45, pour la distance de Garama à Agizymba; cetterégion viendra se placer sous l’équateur et répondra à l’Anzigo des modernes. Cette marche, même ainsi réduite, est encore au rang des choses presqu’impossibles. Marin de Tyr avait encore rassemblé les détails de plusieurs navigations faites depuis le cap d’4romata, aujourd’hui de Guardafui, jusqu’au promontoire Prasum, et avait pensé que le Prasum devait être situé sous le tropique d’hiver. Ptolémée, d’après une nouvelle évaluation de ces itinéraires, fixe le Prasum au 15° degré de latitude sud. Il assigne la même position à la contrée Agizymba. Cette nouvelle extension de l'Afrique, en renversant l’ancienne opinion sur les bornes de cette partie du monde et sur l'Océan qu’on avait supposé sous la zone torr.de, semble avoir engagé Ptolémée à ressusciter les idées d'Hipparque et à joindre l’Afrique à l'Asie par une terre australe imaginaire. Mais Gosselin a prouvé que les navigations le long des côtes orientales de l'Afrique, recueillies par Marin, ne s’étendaient que jusqu’au cap Prasum. Le dessin de Ptolémée, rétabli d’après les prolégomènes de sa géographie, et l'évaluation exacte des mesures données par les itinéraires ne laissent aucun doute raisonnable sur ce résultat. Les côtes occidentales de l’Afrique présentent plus d’incertitudes. Les tables de Ptolémée semblent offrir une côte qui, du détroit des Colonnes, court droit au sud, jusqu’à 5 degrés au nord de léquateur. Le grand nombre de noms qu’elles contiennent, donnent à ces découvertes un air de réalité. Cependant, nous avons vu que l'expédition des Carthaginois sous Hannon dut s'arrêter en deçà du cap Blancs. A quelle époque les Romains auraient-ils fait le voyage dont ces découvertes auraient pu être le fruit ? Pourquoi, d’ailleurs, la côte est-elle représentée comme allant droit au midi, tandis que, dans la réalité, elle se dirige au sud-ouest ? Enfin, pourquoi les mêmes noms y sont-ils répétés jusqu’à trois fois ? C’est en développant ces arguments que Gosselin a cherché à démontrer que les côtes tracées par Ptolémée, offrant

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L'intérieur de l’Afrique chez Ptolémée présente une grande masse de notions confuses. Il est cependant le premier des anciens qui ait annoncé avec certitude l’existence du Niger, obscurément indiqué par Pline. Sur les bords de ce fleuve qui, en se dirigeant de l’ouest à l’est, s'écoule dans les sables ou dans un petit lac, Ptolémée place les villes de Tucabath, de Nigirr, la métropole de Ta-Gana et de Panagra, dans lesquelles on a cru retrouver Tombouctou, Cashnah, Ganah et Wangara sur les rives de notre Niger ou Jolyba. Le mont Afandrus, près des sources du Niger, rappelle le nom des Mandingos ; les montagnes de Caphas semblent devoir être cherchées dans le pays de Kaffaba. Mais le point le plus difficile à expliquer dans l'Afrique centrale de Ptolémée, c’est sans contredit de savoir à quel fleuve on doit appliquer le nom de Gyr. On y e voulu voir tantôt le fleuve de Bornou ou le Bahr-al- Gazel, tantôt la rivière nommée Babr-el-Misselad. Ici la science doit se résigner à douter.

L’Asie de Ptolémée offre trois points principaux ; les côtes de l'Inde en decà ct au delà du Gange, la rorte de la Sérique et la forme de la mer Caspienne.

Nous avons vu que Ptolémée connaissait en détail beaucoup de pro= vinces, de villes, de rivières et de montagnes de l'Inde en deçà du Gange; nous avons concilié ses principales notions avec celles que présentent Pline et le Périple de la mer Erythrée. Malgré l'exactitude de ces détails, Ptolémée a donné à l’Inde une configuration bizarre. Ayant, avec Eratosthène, tracé toutes les côtes d’Asie, et par conséquent les embouchures de l’Indus trop au sud, 11 donnait. une étendue démesurée à s'île de Taprobane, suit qu’il ait faussement évalué les stades dont les premiers navigateurs s'étaient servis, soit qu’on ait longtemps cone fondu la presqu'île de Malabar et Coromandel avec ile de Ceylan. L'Inde, resserrée par ces deux motifs, n’offrait plus rien de péninsu= lire; mais comme Ptolémée devait y placer les détails que de fré-

quentes navigations avaient fait connaître, il ne put trouver l’espace nécessaire qu’en donnant à la côte beaucoup plus de courbures et de saillies qu’elle n’en présente réellement.

Ptolémée croyait que les extrémités de l’Asie se dirigeaient au sud, et se confondaient avec une terre inconnue qui allait à l’ouest joindre l'Afrique. Il est donc évident que les voyageurs suivis par Ptolémée, n'avaient point franchi la péninsule de Malaca, puisque dans ce cas ils auraient su que l’Asie, en remontant au nord, était terminée par un vaste Océan. Les géographes antérieurs à Ptolémée ont, à la vérité, circonscrit l’Asie à l’est par une mer qu’ilsnommaient Océan oriental, mais cet Océan n'avait aucun rapport avec les mers de la Chine; ce n’était que le golfe de Bengale qui, par la manière très-détectueuse dont Eratosthène et les géographes venus après lui avaient orienté l’Inde, se trouvait tout entier tourné à l’est. Pline et Méla s’expliquent clairement sur ce point en disant : Que l’Inde était non-seulement bornée par l'Océan meridional, mais encore par l'Océan oriental; que la Taprobane commençait à l’Océan oriental ; enfin, que la mer des Indes nes’étendait que depuis l’Indus jusqu’au coude où commence la mer Orientale. Ce coude était le promontoire Colis ou Coliucum qui répond au cap Comorin d’aujourd’hui, après lequel la côte était censée remonter toujours au nord et être baignée par l’Océan oriental; et c’est ce qui a fait croire, jusque vers le temps de Ptolémée, que l'embouchure du Gange était tournée à l’orient, quoiqu’elle le <‘‘*au midi. Dans l’un et l’autre système des anciens, les terres cor au delà du Gange ne pouvaient donc avoir que peu d’étendue à l’esr. Les détails suivants confirmeront cette opinion.

Apr: l'embouchure orientale du Gange, confondue avec celle de la rivière de Mégna, Ptolémée place le fleuve Lataméda qui répond à la rivière de Morée. Baracura-Emporium se trouve dans un lieu nommé Barracoon, situé entre la rivière de Morée et celle de Curmfullée, qui est le Tocosanna de Ptolémée. La ville de Lambra peut répondre à Santatoli; et les rivières de Zajoo et de Dombac représentent les fleuves Sadus et Temala. Le promontoire Temala, qui répond au cap #otermango

| d'aujourd'hui, est, dans Ptolémée, le commencement du golfe Sabaracus. À la hauteur de Botermango, la mer forme un golfe qui reçoit la rivière d’Aracan, comme le Sabaracus reçoit le Besynga. Ta rivière d’Aracan se reconnaît encore pour être la Besynga, par le nom de Béting

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Ce qui caractérise le plus la Chersonèse d'Or dans Ptolémée, est l’embouchure d’un grand fleuve qui vient s’y diviser en trois branches avant de se jeter dans la mer. Ces canaux ont paru si considérables que chacun d’eux portait le nom de fleuve; on les appelait Chrysoana, Palandas et Attabas. Ptolémée ne donne aucun nom à ce fleuve au-dessus de sa division, et il n'indique point le lieu de ses sources. Ce géographe n'avait aucune connaissance de l’intérieur de la contrée nommée Lestorum regio, puisqu'il n’y détermine la position d’aucun lieu. Elle était habitée par un peuple de brigands chez lequel on évitait de passer; les Indiens que le commerce attirait chez les Sines, suivaient une route tracée au nord de ce pays.

Cette route rencontrait un fleuve considérable nommé Daona ou Doanas, que Ptolémée conduit jusqu’à la ville du même nom qu’habitaient les Daonæ. De là jusqu’à son embouchure, le cours de ce fleuve n'étant appuyé d'aucune position intermédiaire, fait assez voir qu'il est tracé au hasard. Il paraît être le même que celui qui vient se rendre dans la Chersonèse d'Or; et tous ces bras de fleuve, joints ensemble, peuvent représenter le Delta formé par la rivière d’Ava, partagée entroisbrasprincipaux, orientés précisément comme les fleuves Chrysoana, Palandas et Attabas. La preuve que les deux fleuves de Ptolémée ne peuvent se rapporter qu’à la rivière d’Ava, c’est la position de la ville de Duona sur le fleuve du même nom, puisque cette ville existe encore sur la rivière d’Ava, et se nomme actuellement Dana-Plou. Le fleuve même se nomme Kien-Duen ou rivière Duen, nom peu éloigné de Doanas. Il est d'autant plus difficile de ne pas reconnaître la Chersonèse d'Or dans le Deita péninsulaire du fleuve d’Ava que cette contrée seule, dans ces régions, présente une assez grande abondance de métaux précieux pour donner naissance aux épithètes pompeuses dont on la dévorait. Longtemps avant Ptolémée, on avaig parlé d’une île d'Or, d’un pays où le sol était composé d’or et d’argent; les Timules ou habitants de la côte de Ccromandel y naviguaient, et c’est d’eux que Ptolémée déclare tenir Ics vagues relations qu’il est obligé de suivre.

L'extrémité du Delta du fleuve d’Ava, nommée aujourd'hui pointe de Bragu, représente le Grand Promontoire de Ptolémée, auprès duquel il plaçait Zabæ. Le Perimulus Sinus est une des petites baies formées par les embouchures orientales du fleuve; elle tiraitson nom d’une ville nommée Perimula, située dans une île où l’on péchait des perles. On ne saurait admettre, avec D’Anville, que le Perimulus Sinus soit le détroit de Sincapour. Coinment croire en effet que des navigateurs aient pu prendre un détroit pour un golfe, surtout lorsque, dans l’opinion de D’Anville, ils devaient passer par ce détroit, le suivre dans toute a longueur et en sortir pour arriver au grand promontoire? D'ailleurs, on ne pouvait approcher le détroit de Sincapour, sans avoir en même temps connaissance de Sumatra dans près de deux tiers de son étendue. Il est cependant certain que Ptolémée n’a connu aucune grande île dans la mer des Indes, au delà de Taprobane.

Plaçons-nous maintenant à la pointe de Bragu où était autrefois Zabæ, et consultons la route que tenaient les navigateurs pour se rendre de cette échelle à Catigara, principal entrepôt du commerce des Sines, Marin de Tyr, qui avait rapporté les ilinéraires dont Ptolémée a fait usage, disait que les navigateurs, en partant de Zabæ pour Catigara, dirigeaient leur route vers le midi, et encore plus vers leur gauche : c’est-à-dire, qu’ils couraient dans une direction sud-est. Or, en partant de la pointe de Bragu, cette route mène directement à la côte occidentale du royaume de Sian ou Siam, qui doit par conséquent représenter le pays des Sines. Ce pays, suivant Marin, Ptolémée et Marcien d’Héraclée, devait être terminé au nord par les Sères, au levant et au midi par des terres inconnues, et au couchant par la mer. Il est facile de voir que, dans tous les parages de l’Inde, la côte occidentale du royaume de Siam est la seule qui soit précisément orientée comme ce passage l'exige.

Ptolémée place dansle pays des Sines un grand fleuve sous le nom de Senus, dont il n’a point connu la source, mais qu’il savait descendre du nord pour furmer un coude vers le sud, et remonter ensuite pour se jeter dans la mer. Le cours de ce fleuve est parfaitement représenté par

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que le Senus reçoit, dans la partie méridionale de son cours, le petit fleuve Cotiaris, qui est encore représenté par une petite rivière que le

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C’est sur le Cotiaris que Ptolémée place l’ancienne ville de Thinæ, métropole de tout le pays des Sines. Nous pensons que cette ville est la même que Tena-Serim, dont le nom est composé de deux mots qui, traduits littéralement, signifient : peuple ‘e de Tena. Merghi, le port de Tena-Serim, représente Catigara, le port de Thinæ. Cette place conserve encore sa célébrité; l’avantage de sa situation, et son port, qui passe pour un des plus beaux de l’Asie, avaient engagé l'ancienne compagnie française des Indes orientales à y établir un comptoir qu’une révolution lui enleva peu de temps après. L’analogie qu’on vient de remarquer entre deux villes également intéressantes à connaître, est encore confirmée par le nom du pays méme où elles sont situées; car la dénominotion moderne du royaume de Siam, ou Tsian, comme disent les Malais, présente assez de conformité avec le nom de Sinæ que ces peuples portaient autrefois. La dernière de ces observations n’avait point échappé à Isaac Vossius; mais il a eu tort d’en conclure que la ville de Sian devait représenter la capitale des Sires de Ptolémée, qu’il nomme indifféremment Sinæ ou Thinæ. Vossius n’a point fait attention que Thinæ était l'ancienne capitale de ces peuples; que le nom de Sina metropolis est moderne par rapport à Ptolémée, et qu'il n’a été en usage qu’au commencement du viesiècle, Le premier auteur qui en parle, nous paraît être Étienne de Byzance, qui écrivait sous Anastase.

C’est aussi de Sian que parle Édrisi, sous le nom de Sinia Sinarum, en la plaçant dans la partie orientale du pays des Sines; tandis que, d’un autre côté, il indique la situation de Caïtaghora ou Catigara, ville d'un grand commerce, à l'embouchure d’un fleuve, sur la côte occidentale des Sines baignée par la mer des Indes; ce qui s’accorde parfaitement avec la position de Merghi. Cosmas, auteur du vie siècle, est k premier qui ait su que Tzinista, c’est-à-dire le pays des Tzines, était borné à l'est par l'Océan; mais, quand il parle de la ville Tzinitza, il en décrit la situation conformément à Ptolémée.

La recherche de Thinæ nous a fait laisser en arrière la description du grand golfe (Magnus Sinus), qui doit baigner une partie de la côte des Si-

nes. On le reconnaît dans eelui de Martaban. La plus intéressante des positions est celle du fleuve Serus, que Ptolémée place précisément dans le fond du golfe : ce fleuve répond à celui du Pégu : son nom indique qu’il descend de la Sérique ou du Thibet. La ville de Tomara, située sur sa rive gauche, près de son embouchure, se retrouve aujourd’hui dans un lieu appelé Mararco, dont le nom n’a subi qu’une légère altération. Aspithra, qui vient après, doit être Martaban, situe, comme elle, à une petite distance de la mer, et sur un fleuve peu considérable. Enfin, Rhabana et le fleuve Ambastus peuvent se rapporter à Tavay et à la rivière du même nom.

Nous avons reconnu plus haut le Senus et le Cotiaris dans les deux rivières qui baignent les murs de Tena-Serim. Le reste de la côte, qu’on savait se diriger vers le midi, a fait naître l’idée qu’elle se prolongeait jusqu’en Afrique où elle allait joindre le promontoire Prasum. Les auteurs modernes, qui ont placé les Sines chez les Chinois ou dans la Cochinchine, n’ont pas fait attention que, si les connaissances de Ptolémée s'étaient étendues jusque-là, jamais il n’aurait imaginé que cette cbie retournât à l'occident pour former de la mer Erythrée un vaste bassin. Tous les renseignements que les anciens auraient pu recueillir, leur auraient indiqué au contraire que la côte remontait au nord sans interruption.

Nous venons de constater les limites des découvertes que les anciens avaient faites dans le midi de l’Asie. Ptolémée nous offre encore quelques :umières nouvelles sur les progrès des connaissances dans l’intérieur de cette partie du monde. On avait de nouveau appris que la rer Caspienne n’était pas un golfe de l’Océan septentrional, et qu’elle en était même fort éloignée, puisque le Wolga avait été remonté jusqu’à ses sources. Mais dans la partie orientale de la même mer, Ptolémée nous paraît faire une erreur : c’est de porter au nord-est la côte de toute l’Hyrcanie jusqu’au fleuve Polytimetus, quoiqu’elle dût aller directement au nord, ce qui aurait diminué la largeur de la mer de ce côté. Cette erreur tenait à des notions imparfaites sur le lac Aral, qu’on croyait faire partie de la mer Caspienne. Par une conséquence nécessaire, les fleuves Zuxartes, notre Syr-Daria ou Sihon, et Oœus, notre Gihon, étaient censés s’écoulcr dans cette mer.

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Wolga à l’ouest, la Scythie s’étendait au nord jusqu’à des terres inconnues, et à l’est au delà d’une chaîne de montagnes nommée Imaüs, par-

at de l’Inde et se dirigeant au nord; ayant dépassé cette chaine, clle tenait toucher à la Sérique. Si l’on cherche ces montagnes sur une carte moderne, on n’y verra que les monts Belour, et leur suite, les monts d'Eygour. Les nations les plus remarquables de la Scythie en decà de lmaüs, étaient les nombreuses tribus des Alains et des Massagètes, vers knord et le nord-est ; les Jaxartæ, sur le fleuve du même nom; les

Bonadi, autour des sources de ce même fleuve, et les Sacæ, dans le can-

ton de la Boukharie nommé aujourd’hui Sakita. Dans la Scythie au delà de l'imaùüs, le point le plus reconnaissable est la Casia regio, dont le nom est resté à Cashgar. L’Auzakilis regio semble être le canton d’Acsou, aunord-est de Cashgar. On ne trouve aucune trace du nom des Zcsedones ou Essedones de la Scythie; on sait par Hérodote qu’ils demeuraient vis-àvis des Massagètes, et Ptolémée place ceux-ci au nord-est de Sacæ. On ait encore que ces peuples, vivant sur des chariots (ainsi que leur nom le dit), occupaient le même pays où les Myrméces, les fabuleuses [hurmis indiennes, ramassaient des sables d’or. Ces circonstances sembent leur assigner leur demeure dans l'Igour et vers les monts Altaï. Les Chatæ Scythæ ne doivent point être cherchés à Koten, mais dans une allée de l’Imauüs, vers les sources de l’Indus, qui, selon des rapports modernes, prend son origine dans un pays nommé Cathay, c’est-à-dire k désert. Sans nous livrer à de plus longues recherches sur les tribus tagabondes nommées Scythes d'Asie, ‘12 nous croyons être les Tatares ou les Turcs du moyen âge, sans exam aer si le lac de Tenghis, autrebis plus étendu, a pu offrir aux anciens l’image trompeuse d’un gite de œprétendu Océan scythique, sur les bords duquel Pline et Méla indiquent même des promontoires, tandis que Ptolémée, plus instruit, le remplace par une vaste étendue de terres inconnues; tàchons de fixer la position de la fameuse Sérique, la patrie du coton et de la soie, le lrme des découvertes des Grecs et des Romains du côté de l’orient. «Les Sères demeurent au milieu des régions orientales dont les Scythes » etles Indiens occupent les deux extrémités ; » voilà ce qu'assurent unanimement Pline et Méla. Or, puisque ces deux auteurs terminaient

qu'ils regardaient comme ur golfe du prétendu Océan scythique et s4-

l'Asie un peu à l’est du Gange et un peu au nord de la mer Caspienne,

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