scène du monde une foule de peuples jusqu'alors inconnus, et en éta- R
blissant des rapports entr’eux et les Européens, firent naître le besoin de visiter la Tartarie et Chine. Rappelons en peu de mots les événements de cng à six siècles. Le vaste empire des califes s'écroule; plusieurs monarchics naissent de ses débris. Caïrvan (An 800) devient la capitale du califat des Aglabites qui régnent sur l’Afrique propre et la Sicile. Les Fatemites (An 907.) héritent des dépouilles des Aglabites; le
Cairees l'Afriqu d'Alger Les AI mane, € d'Alger Mérinite autres, l'Afrique xv° siècl En As durée, L etautres plades se Druses et qui occ Turcoma et l’Aral tirée. L’ demi, le deux bra fut appel Les em vides rég dont le € ou Ghizni plus brill Khorasan jusqu’au cipal État nieh, dur.
quitla pr ainsi que Danube.
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u monde, Les uraient fait le ser, en 1934, yinces de son Angleterre se tion générale bibliothèques nes faites dans nieu Pris, sur d. Les monarfirent rassemt des terres où es villages avec s payaient. Tel 1 Guillaume le tion de la prind, Cumberland, est décrit de la habités ou dérvices auxquels des têtes de btit travailler, en territoriales du one, l'empereur arche de Branilla depuis 1375
le moyen âge.
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Caire est leur capitale : en l’an 1171, le grand Saladin les détrône. Dans l'Afrique occidentale, Zeiri fonde un royaume qui renfermait les pays d'Alger, Fez, Segelmesse et Tripoli ; il subsista pendant deux siècles. Les Almoravides (An 835) bâtissent Maroc, soumettent l'Espagne musulmane, et y regnent de 1050 en 4146. Les deux royaumes de Maroc et d'Alger sont réunis sous les Almohades qui règnent jusqu’en 1269; les Mérinites leur succèdent. Les États de Tunis, d’Alger, de Tlemcen et
l'Afrique septentrionale prit ses formes géographiques actuelles dans le xv° siècle.
En Asie, les révolutions nrovoquées par 1rs croisades, eurent peu de durée, Le royaume de Jérusalem, les pr'acipautés d’Antioche, d'Edesse etautres, disparurent peu de temns après leur naissance. Diverses peuplades sauvages acquirent u':e existence indénendante, telles que les Druses et les Curdes. Il arriva de l’intérieur de 1 sie des hordes nomades qui occupèrent les provinces dépeuplées jar la guerre; tels sont les Turcomans. Plusieurs émirs on prince: »rabes fondèrer:i de petits États, et l'Arabie retomba dans l’anarchi: d’où le génie de Mahomet l'avait tirée. L’enthousiasme le plus aveugle maintint, pendant un siècle et demi, le singulier État des Ismaéliens ou des assassins, dont il y avait deux branches ,l’une en Perse, l’autre en Syrie : le chef de ces derniers fut appelé vulgairement le Vieuc de l: Montagne.
Les empires fondés par les Turcs avaient plus de stabilité. Les Gaznévides régnèrent pendant le xie et le xne siècle sur un grand empire, dont le Caboul, le Candahar et le Khorasan formaient le noyau ; Gazna ou Ghizni était leur capitale. Les Se/djoukides eurent encore une fortune plus brillante : Togruli:: en posa les fondements par la conquête du Khorasan en 1037; toute :'Asie occidentale, depuis les côtes de Syrie jusqu'aux monts de Casbhar, fut conquise. Le royame d'Iran, le principal État des Seldjsukides, fut détruiten 1195 ; celui de Roum, ou d’Iconieh, dura jusq: en 1308; il embrassait l'Asie Mineure; de ses cendres naquit la puissance ottomane qui engloutit les restes de l’empire d’Orient ainsi que les royaumes de Bulgarie, de Servie et autres pays voisins du Danube,
Les Kowaresmiens où Chartssimites, indépendants depuis 4100, et, un siècle après, vainqueurs des Seldjoukides, étendirent leur domi-
autres, naquirent des démembrements qu’éprouvèrent ces monarchies.'
nation jusqu'aux confins de la Chine; leur empire s’écroula en 1931, Parmi les États moins vastes, on doit citer celui fondé en Syrie par Noureddin, et que le célèbre Saladin agrandit de l'Egypte, de la Palestine et de la Mésopotamie. Cet État meurt avec son fondateur; mais de ses débris on voit naître en Egypte la monarchie des Mamelouks. Un torrent de destruction entraîne les débris de la plupart de ces États; et, en Asie, la puissance des AMongols reste seule debout. Le génie
gigantesque de Gengis-Khan précipite cesnomades hors de leurs immen. !
ses céserts; bientôt son empire s’étend du Dniéper à la grande Muraille,
Oktaï soumet la Syrie, l'Asie Mineure, la Russie entière, la Pologne, la : Silésie et la Hongrie. Les Uzes, connus des Russes sous le nom de Polou- !
zes, et des Grecs sous celui de Cumanes, voient leur royaume, fondé aux dépens des Patzinakites, vainqueurs des Chazares, s’engloutir à son tour dans l'empire d’Oktai-Khan. A l’est, ce prince achève la conquête du pays des Nioutchi. Hangu met fin aucalifat de Bagdad. Æublaï-K han conquiert la Chine et une partie de l'Inde. L’Asie entière est sur le point d’être réunie en un seul empire. Les vents et les flots défendent le Japon. Bientôt l'immense monarchie mongole se partage en plusieurs khanats, L'Iran embrassait l’Asie occidentale, la résidence était Tauris, Dans le khanat de Kaptschak, était compris à peu près tout ce qui forme aujourd’hui l'empire de Russie en Europe et en Asie ; Saraï était sa capitale, Le Zagathai renfermait dans seslimites la Tartarie, la Kalmoukie, le Thibet et l’Inde; la capitale se nommait Bischbaligh. Le Khan de la Chine était censé le suprême chef de l'empire; mais l'éloignement rendait son pouvoir illusoire.
Cette grande révolution, en bnuleversant l’Asie, la fit connaître. Les victoires des Mongols et leurs courses en Pologne, en Sitésie et en Hongrie, tout en répandant la terreur parmi les chrétiens, produisirent un avantage inattendu pour la géographie. Ces événements attirèrent l'attention des Européens sur ‘a patrie de ces dévastateurs et sur les nations qu’ils avaient subjuguées. L'empereur Frédéric renouvela plusieurs fois ses exhortations par écrit pour engager les potentats de la chrétienté à se réunir. Le pape chercha, par ses envoyés et par des missionnaires, à détourner le fléau qui menaçait l'Europe. Quelques journaux de ces ambassades se sont conservés jusqu’à nos jours. Avant les conquêtes des Russes dans le nord de l'Asie, et les nouveaux voya-
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ges entrepris pour commercer avec les pays au delà de la mor Case pienne, ils offraient les seules sources où l’on pouvait puiser des ren seignements sur la Tartarie et les pays des Mongols. Le Plus grand nombre de ces relations est perdu, ou est enseveli dans la poussière des bibliothèques, comme l’Indicateur des routes de la grande Tartarie composé, en 1306, pour l'usage des missionnaires; le Voyage d'André Lu= cimel qui, en 1245, alla prêcher le christianisme chez les Mongols ; ou bien encore les Voyages en Tartarie de Ricold de Monte Crucis, traduits en français, en 1351, par Jean le Long d'Ypres. Les missions continuèrent ensuite durant quelques siècles. En 1312, Jean de Monte-Corvino était évêque de Pékin. Non-seulement des missionnaires isolés, mais même des troupes de prédicateurs entreprirent ces voyages pénibles par l’ordre des papes et par zèle pour la religion.
Suivant toutes les apparences, ces voyages en Asie furent précédés par la relation que le juif Rabbi Benjamin de Tudèle, en Navarre, écrivit en 4160, et où il décrit tout ce qui lui avait paru le plus curieux dans le midi de l’Europe, en Grèce, en Palestine, en Mésopotamie, dans les Indes, en Ethiopie et en Egypte. Il ne dit pas positivement qu'il ait visité tant de contrées diverses lui-même; il cite parfois les garantis de ce qu'il rapporte. D’ailleurs, la sécheresse de ses relations et ses bévues en géographie semblent prouver qu’en général il ne parle que d’après des oui-dire, surtout pour les pays hors de l’Europe. Il s’attache principalement à décrire les endroits où les Juifs vivaient réunis en grand nombre et retrace leur situation dans les différents États. A l’article dela Perse, il parle tout à coup de la ville de Samarcand, où se trouvaient alors cinquante mille Israélites; puis du Thibet, et de l’animal qui porte le musc. Il nomme la Chine ; mais les fables qu’il raconte pour donner une idée des dangers de la route, dénotent une extrême crédulité. Ses traducteurs trouvent aussi, dans son ouvrage, des indices d’un voyage aux Indes : à la vérité, il parle äe Bassora, de son commerce florissant, des Juifs noirs de l'Inde, de la culture du poivre et de l’origine des perles ; mais cet épisode est trop court pour qu’on en tire des lumières. Il est impossible d’éclaircir en aucune manière plusieurs noms des endroits qu’il mentionne. Peut-être ces noms ont-ils été défigurés par ses copistes en prenant une lettre hébraïque l’une pour l’autre. Quelques-
unes des villes qu'il attribue à l’Inde, étaient situées sur la côte d’Ara- [A 32
bie, comme Katifa (El-Katif), et Zabid (Zibid), sur la mer Rouge, où il s’embarqua pour l'Afrique.
L'infatigable esprit du commerce, qui probablement n’était pas étranger à Benjamin de Tudèle, anima bien d’autres voyageurs. Des marchands de Brême, jetés par la tempête sur la côte de Livonie, comme
“abral sur celle du Brésil, complétèrent les connaissances qu’on avait
déjà acquises sur la mer Baltique. Les chevaliers porte-glaives et les flottes danoises n’envahirent que les côtes de la Russie actuelle, mais les négociants anséatiques, en suivant les iraces des Permiens et des Wariègues, pénétrèrent probablement jusqu'en Tartarie. Nous connaissons mieux les découvertes des marchands italiens au delà de la mer Noire et de la mer Caspienne. Durant environ deux cents ans, les Génois et les Vénitiens firent, comme les Romains, le commerce de l'Inde et de la Chine par des caravanes : elles partaient des côtes de la mer Noire et de la Syrie, parce que l'Egypte, où les marchandises de l'Inde étaient apportées par la mer Rouge, leur resta fermée aussi longtemps que dura le premier feu de l’animosité entre les chrétiens et les mahométans. L'Égypte ne s’ouvrit probablement de nouveau aux chrétiens et à leur commerce de l'Inde, qu'après l’an 1260, lorsque les Génois eurent élabli les Grecs sur le trône de Constantinople. En récompense de ce service, ils obtinrent des avantages exclusifs pour leur commerce, Les Vénitiens, exclus de la mer Noire, firent un traité avec le soudan d'Égypte, et Alexandrie devint le grand marché des marchandises des Indes jusqu’à l’époque où les Portugais découvrirent la route du cap de Bonne-Espérance pour aller aux Indes et aux îles des Epiceries.
Avant cette révolution commerciale, les Génois et les Vénitiens recevaient les marchandises de l'Inde et de la Chine par Caffr, Tana et Ajazzo; elles y arrivaient par deux voies différentes. On les faisait venir à Bassora, à l'embouchure du Tigre dans le golfe Persique; de là elles allaient par ce fleuve jusqu’à Tauris, puis elles traversaient l'Arménie et ensuite la mer Noire jusqu’à Tana, ville à l'embouchure du Tanaïs. Sanudo et Pegoletti ont parlé d’une partie de cette route du commerce ; mais les objets les plus précieux étaient portés de Tauris à 4jazzo, ou Aias, sur la mer Méditerranée. Sanudo semble indiquer la route de Bagdad par le grand désert, puisqu’il se borne à dire que, de cette ville,
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les marchandises fines étaient envoyées jusqu’à la Méditerranée aux marchands chrétiens. Le Florentin Balduci Pegoletti, qui se trouvait dans ces contrées en 1353, décrit la route des caravanes des Indes jusqu’à la Méditerranée dans le plus grand détail, et nomme tous les endroits qu’elles traversaient, même les moins considérables, ainsi que les villes où elles acquittaient des péages. Il démontre que la route commerciale remontait jusqu'à Tauris; il n’en indique point la raison et observe seulement qu’à Tauris, Torisso ou Tebriz, on faisait le commerce d’épiceries, de perles, d’indigo et autres articles. Les marchandises étaient portées par deschameaæux et autres bêtes de somme, de Tauris par lemont Ararat, par Erzeroum, et par Arzingan sur l'Euphrate, à Ajazzo, ville de commerce alors très-célébre dans la petite Arménie sur la mer Méditerranée. Marc-Paul en parle en ces termes : « Un » grand nombre de marchands s'y rend de tous les pays, même de » Venise et de Gênes, à cause de la variété des marchandises que l’on » y trouve, surtout des aromates de diflérenies espèces, et autres » articles rares et précieux qui y sont apportés des régions orientales » pour être vendus; car cet endroit est comme le port de tous les » pays d'Orient. » On aimait mieux faire venir par cette route détournée les articles précieux qui n’étaient pas d’un grand poids, que de les acheter à Alexandrie ; l’encens surtout y était d’une qualité supérieure à celui qui arrivait en Egypte par la mer Rouge.
Les marchandises de l'Inde qui venaientpar la deuxième granderoute commerciale, faisaient un long détour avant d'arriver à la mer Noire; peut-être on les envoyait de Camboja ou Cambaye, ville commerçante du Guzerate, jusqu’à l’Indus qu’elles remontaient tant qu’il était navigable; de là elles allaient par terre par le Candahar et le Tokharistan ou la Boukharie jusqu’au Gihon, d’où on les chargeait pour Astracan sur des chameaux, ou bien on les envoyait à Strava, l’Astrabad moderne, pour traverser ensuite la mer Caspienne. D’Astracan, les marchands se rendaient à Azof en longeant le pied du Caucasr. Cette route paraît avoir été commune aux caravanes qui, d’Azof, se rendaient à la Chine ; il est certain qu’elles passaient au nord de la Caspienne; el, suivant Mandeville, elles restaient en chemin onze mois ou un an. Muis au delà du Volga, cette route varia probablement selon les circonstances politiques. Il paraît que Marc-Paul, Mandeville et autres anciens
voyageurs, pour aller à la Chine et à la cour du grand mogol, pass-
rent par le midi de la petite Boukharie. Il n’y eut que Paschalis, moine , 4
franciscain, qui, en se rendant à Armaligh en 1338, suivit en partie la route des commerçants, tracée en détail par Pegoletti, et qui passait par le pays des Oigours pour se terminer à Pékin.
Tous ces voyages du moyen âge uffrent beaucoup d’obscurité et souvent peu d’intérèt. Les pays qu’on parcourait n'étant, en général, que des déserts habités par des nomades, on n’y rencontrait aucun de ces objets dont l'éclat commande l’attention du voyageur. Ces courses étaient accompagnées de fatigues et de dangers extraordinaires. Les envoyés européens étaient obligés de suivre les Tartares dans leur vie errante, même pendant les saisons les plus rudes, et d’endurer comme eux, et la fañn et le froid. Dans une pareille position, il leur était difficile de faire des observations sur ce qu'ils voyaient. Les missionnaires,
souvent trompés, ne pouvaient toujours connaîire les relations de !
leurs prédécesseurs et les remarques faites par d’autres missionnaires qui erraient en même temps qu'eux parmi les Mongols. Il en résultait pour eux une difficulté extrême deremplir les lacunes qu’avaient laissées leurs confrères et d’éviter les contradictions dans les noms des lieux dont ils parlaient. Plusieurs de ces relations ne furent j * composées sur les lieux mêmes; le voyageur les écrivait de mémoire à son retour, comme le prouvent les exemples de Marc-Paul et de Mandeville ; c’est ce qui fait que les pays, les peuples, les noms, la position des lieux, y son. quelquefois indiqués d’une manière entièrement inexacte. Ces écrivains ne distinguent pas toujours assez scrupuleusement ce qu’ils ont vu par eux-mêmes, de ce qu’ils ont appris par oui-dire ; et la plupart, suivant le goût de leur siècle, cherchent à plaire à leurs lecteurs en racontant des prodiges, des histoires merveilleuses et des légendes. C'était mêinc sous le titre de merveilles que les voyageurs publiaient leurs relations. Plusieurs de ces écrits n’existent plus en original ; nous n’en avons plus que des extraits ou des copies altérées par le caprice de ceux qui les ont transcrites.
Les cartes de cette époque joignaient, aux défauts qui résultent du manque de connaissances, ceux qui proviennent d’un arrangement systématique d’après des hypothèses imaginaires. On peut diviser les cartes du moyen âge en deux grandes clisses, celles dans lesquelles
on copia dans lesq lement di Dens !a présenten minant 1 que, mals tosthène « Parmi les en propos commerc projet d’u peuples e États du:
habitée p ouvert à | pays inha tièrement les Arabe tares occ Parmi celles qui de l'Euro montré q été déco Mais ces péens du sud-oues nuées d’ Une cs Afrique c Un man de l'île À jura, pr historien Doria et
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on copia simplement les idées de Ptolémée et des anciens, et celles dans lesquelles on crut pouvoir insérer des terres nouvelles,soit réellement découvertes, soit dont on soupçonnait l'existence.
Dans la première classe, on trouve plusieurs mappemondes qui représentent l’Europe, l'Asie et l'Afrique comme une grande ile, en terminant l’Afrique au nord de l'équateur. Nous avons déjà observé que, malgré l'autorité contraire de Ptolémée, cette opinion des Eratosthène et des Strabon s'était conservée dans l’Europe occidentale. Parmi les géographes qui l’adoptèrent, il faut citer Martin Sanudo qui, en proposant, vers l’an 1321, une nouvelle croisade pour arracher le commerce des Indes des mains du soudan d'Égypte, accompagna son projet d’une carte qui faisait connaître les pays dont il parlait : tous les peuples et les royaumes de l’Europe y sont marqués; mais les trois États du nord tiennent à la Russie par une langue de terre très-étroite, habitée par les Caréliens, nation infidèle, Le midi de l'Afrique semhle ouvert à la navigation ; mais l’excès de la chaleur y rend l’intérieur du pays inhabitable. La figure de l’Asie méridionale lui était presqu’entièrement inconnue, de même que les îles de l’Océan indien. D’après les Arabes; il place Gog et Magog dans le nord-est de l'Asie; les Tartares occupent le nord de cette partie du monde.
Parmi les cartes de la seconde classe, les plus remarquables son celles qui semblentindiquer les découvertes importantes faites à l’ouest de l’Europe et de l'Afrique dans les xrie et x‘ siècles. Nous avons démontré que Terre-Neuve ct les côtes voisines de l'Amérique avaient été découvertes :t même occupées par les Normands depuis l'an 1000. Mais ces navigations au nord-ouest, inconnues à la plupart des Européens du midi, n’ont rien de commun avec certaines navigations au sud-ouest, indiquées seulement par des cartes géographiques, et dénuées d’autres preuves historiques certaines.
Une carte de 1346, écrite en castillan, présente le cap Bojador en Afrique comme an point connu, et que les navigateurs avaient doublé. Un manuscrit conservé à Gênes, nous apprend qu’en 4346 un bâtiment de l'île Majorque partit pour aller à un fleuve nommé Vedamel ou Ruijura, probablement Rio-do-Ouro; on n’en eut point de nouvelles. Les historiens génois nous assurent que deux de leurs compatriotes, Tedisio Doria et Ugolino Vivaldi, entreprirent de se rendre à l'Inde par l’ouest ;
on ignore quel fut le sort de ces navigateurs. Les îles Canaries n’ont Jamais été entierement perdues de vue, puisque les géographes arabes les ont connues et ivrites; elles paraissent sur la carte castillane de
4346, où Ténérifie porte ie nos d'/ifierno ou île d’Enfer, sans doute à !
cause de son voicun. !l y a plus : l'iie de Madère se montre sur une carte de 4384, sous le rom Visuia à legname, île aux bois, ce qui est aussi le sens de son nom actuel. Aurait-elle donc quelque fondement, ectte touchante h:stoire de l’Ecossais Robert Masham, qui, s’étant enfui avec la belle Anne d’Arfé, crut trouver, dans cet Elysée insulaire, un
asile pour ses amours, mais qu:, bieï:tôt livré aux angoisses de la faim, !
vit son amante expirer dans ses bras, et ayant en vain fait retentir toutes 1:3 sulitudes des c::5 de son désespoir, ne trouva le terme de ses meux que dans la tobe?
Combien d’aventureuses courses dont l’histoire n’a conservé aucun souvenir! Combien d’infortunés précurseurs de Christophe Colomb, qui, engloutis dans les flots de l’Océan, ou naufragés sur quelque plage déserte, n’out recueilli, pour fruit de leur noble audace, qu’une mort ignorée! D’autres sont revenus en Europe; ils ont fait connaître ces
îles de Brazil, c'est-à-dire du Feu, de Corvos marinos, de Sant-Jorzi, et |
autres dont la position sur les cartes du xiv° siècle annonce que les Îles Açores étaient obscurément connues dès l’an 1380, ou mème plustôt, si tant est que le nom évidemment arabe de l’île de Bentufla, sur la carte de Bianco, nous autorise à y voir une découverte des Arabes d'Espagne,
Aucune de ces découvertes ne compromet en rien la gloire de Colomb; mais on en cite une qui, si elle était démontrée réelle, réduirait tout le mérite de ce navigateur à avoir retrouvé des terres connues un siècle avant qu'il n’eût vu le jour. Cette prétendue découverte se trouve indiquée dans une carte faite en 4436 par André Bianco, et que l'on conserve dans la bibliothèque de Saint-Marc. Formaleoni en à donné une description détaillée, et a fait graver deux feuilles de dix qu’elle contient. Voici de quelle manière il représentait la terre. Les trois parties de l’ancien monde forment un grand continent partagé en deux portions inégales par la Méditerranée et par l'Océan indien qui court de l’est à l’ouest, et renferme une grande quantité d'îles. L’Alrique s'étend de l’ouest à l’est parallèlement à l’Europe et à l'Asie;
l'Ethiopi qu’à son minée au du côté figurée. | a presqu Bengale.
rées par sur la m deux se ; de Cathai septentri puis la P.
à l’excep voit la Te et qui es grande n
Sur ce maleoni a
désigner graphes
il donne allongée,
anaries n’ont raphes arabes
» castillane de 4 sans doute à :
ontre sur une ois, ce qui est e fondement, , S'étant enfui
e insulaire, un !
sses de la faim, !
in fait retentir Le terme de ses
Dnservé aucun ophe Colomb, quelque plage >, qu’une mort
> Sant-Jorzi, et nnonce que les ou mème plusde Bentufla, sur erte des Arabes
a gloire de Coie réelle, rédui- ; terres connues e découverte se é Bianco, et que ormaleoni en à k feuilles de dix ait la terre. Les nent partagé en céan indien qui té d'îles. L’Afripe et à l'Asie;
t connaître ces
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE. 255 l'Ethiopie orientale et le royaume du prêtre Jean se prolongent jusqu’à son extrémité méridionale; c’est encore l’Afrique des anciens ter minée au nord de l'équateur : aussi le golfe profond que la mer forme du côté de la Guinée, n’y est pas marqué. L’Asie est tout aussi mal figurée. La côte méridionale court tout droit de l’est à l’ouest. Il n'y a presque point d'indice des deux péninsules de l'Inde ni du golfe du Bengale. La partie orientale consiste en deux grandes presqu’iles sépa= rées par un golfe immense : sur celle du nord, on voit Gog et Magog, et sur la méridonale, le Paradis d’où sortent quatre grands fleuves dont deux se jettent dans la mer Caspienne. Ensuite viennent les royaumes de Cathai, de Cambalich on Cocobalich ; la ville de Samarcand et l'Inde septentrionale, avec quelques villes dont les noms sont inintelligibles; puis la Perse et la Syrie. Les royaumes de l'Europe sont mentionnés, à l'exception de la Pologne et de la Hongrie. Dans leur voisinage, on voit la Tartarie avec la grande Russie qui occupe presque tout le nord, et qui est grossièrement séparée de la Suède et de la Norwége par une grande montagne.
Sur ces cartes si imparfaites, on trouve trois indications que Formaleoni a voulu appliquer à l'Amérique. Dans la septième feuille, où sont représentés les royaumes du nord, l’Islande et la Frisiande de Zéno, on voit une île de Scorafixa ou Stokafiæa. Formaleoni prétend que ce nom est celui de stockfisch ou morue en allemand, et qu’il désigne l'île de Terre-Neuve. Toutefois, comme l'Islande était dès lors fameuse pour la pêche, et comme Zéno observe dans son voyage que la Frislande avait une assez grande abondance de poissons pour en fournir la Flandre, l'Angleterre, le Danemarck et d’autres pays encore, le mot de stockfisch dans la carte de Bianco, pourrait, selon Sprengel, ne point désigner une île en particulier; mais, suivant l’usage des anciens géographes et entr’autres de Ribero et de Martin Behaim, ce Vénitien aurait voulu marquer sur sa carte les curiosités de ces pays éloignés. Nous avouons qu’en attendant une édition très-correcte et très-soignée de cette carte et d’autres monuments, nous penchons plus pour lopilion de Formaleoni que pour celle de ses critiques. Mais continuons à examiner les indications d'André Bianco. A l’occident des îles Canaries, il donne le nom d’Antilia à une grande terre de forme carrée et trèsallongée, qui se retrouve de mème, seulement moins étendue, sr Lo
globe de Martin Behaim. En Italie, on est parti de là pour avancer que l'Amérique méridionale et les Antilles avaient été connues beaucoup plus tôt qu’on ne pensait ; mais les critiques allemands, loin de soutenir les prétentions apparentes de leur compatriote, ont considéré Antilia comme un produit de l’imagination des géographes. Les découvertes de Marc-Paul et des autres voyageurs du xur° siècle, obligèrent les dessinateurs de cartes et de globes d'étendre plus à l’est le conti-
nent de lAsie. Quand on se rappelle que Marin de Tyr et Ptolémée |
avaient reculé les contrées d’Ava, de Pegou et de Siam jusqu’à la position des îles Mariannes, on conçoit que la Chine et les îles Zipangri ou le Japon, d’après les relations vagues de Marc Paul, durent s’étendre
presqu’aux lieux où se trouve l’Amérique septentrionale. Quelques sa- | vants, en partant de cette fausse idée, conclurent, comme le fit Paul |
Toscanelli, le conseil de Colomb, que les îles en avant de l’Inde n’étaient pas extrêmement éloignées dés côtes occidentales de l'Europe. Des traditions vraies ou fabuleuses confirmaient cette opinion. On racontait que, lors de la conquête de l'Espagne par les Arabes, plusieurs chrétiens étaient allés se réfugier avec leur fortune dans une île où ils avaient bâti sept villes. Il semblerait, d’après la lettre de Toscanelli à Colomb, que le peuple donnait à cette île le nom de Sette Cittade ou Sept-Villes, tandis que les savants l’appelaient Antilia, nom que Colomb appliqua modestement aux îles qu’il a proballement visitées le premier. Car,
lorsque les Espagnols découvrirent le nc'veau monde, ils firent beau-
coup de recherches pour trouver ces sept villes, mais elles furent toutes infructueuses. |
Au nord d’Antilia, à peu près à la place de Terre-Neuve, la carte de Bianco présente une autre grande île appelée Isola de lo Man Satanaæio (île de la main de Satan). Ce nom prouverait, selon Sprengel, qu’on ne doit entendre par là ni Terre-Neuve, »ni le Labrador; mais que Bianco, à l’exemple des anciens géographes, a placé l'enfer dans ces régions inconnues. On pourrait encore voir dans ce pays fabuleux un conte arabe du moyen âge. Dans la mer des Indes, disait-on, il y avait une île auprès de laquelle on voyait une main qui sortait hors de l’eau pendant le jour, et qui, la nuit, entraînait les habitants du pays dans les abîmes de la mer. Cettemain ne pouvant être, d’aprèsles idées du temps, que celle du diable, Bianco l'anommée sur sa carte l’Ile de la main de
Satan. Ce mondes d $e servire qui se tre voyage fr on voit u une Île su tous ces inexactes parlent di carte de 1 rivages d’.
navigateu Tous ce tes encore celles qu’a celles qui l'état actu de l’Amér l'an 1001
avancer que es beaucoup in de snutconsidéré An- , Les découle, obligèrent
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squ’à la posis Zipangri ou rent s'étendre
Quelques sa- |
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Inde n’étaient !
rope. Des tra- , On racontait usieurs chrée où ils avaient elli à Colomb, ou Sept-Villes, lomb appliqua premier. Car,
ils firent beau- }
s furent toutes
ve, la carte de
Man Satanaæxio prengel, qu’on dor; mais que enfer dans ces ys fabuieux un it-on, il y avait it hors de l’eau à pays dans les idées du temps, , de la main de
Satan. Cette île se trouvait probablement sur plusieurs autres mappemondes dont les navigateurs, qui les premiers découvrirent l'Amérique, se servirent dans leurs voyages. Une carte faite en France en 4543, et qui se trouve dans Ramusio, pour servir à l'intelligence d’un vieux voyage français, place au nord de Terre-Neuve l’île des Diables, dont on voit une Kgion voltiger à l’entour. Corteréal paraît avoir donné à une île sur la côte de Labrador le nom d’Isola de los Demonios. Peut-être tous ces contes ne devaient-ils leur origine qu’à des descriptions inexactes de ces fameuses statues placées dans les îles Açores, et dont parlent déjà Ibn-al-Ouardi, Edrisi et d’autres écrivains arabes. Une carte de 1367, par Picigano, offre le dessin d’une statue placée sur les rivages d’Antilia, et qui, en levant une main gigantesque, indique aux navigateurs le danger qu’il y aurait d’aller plus loin.
Tous ces indices obscurs pourront être renforcés par quelques cartes encore ensevelics dans la poussière des bibliothèques, telles que celles qu'avait composées, en 1471, Graciosus Benincasa d’Ancône, ou celles qu'avait tracées, en 1488, Martin frazl, allemand. Mais, dans l'état actuel des connaissances, l’histoire ne connaît d’autre découverte de l'Amérique avant Christophe Colomb que celle qu'ont faite en l'an 1001 les Normans Scandiraves,
oyages d’Ascclin, de Carpin, de Rubruquis et de Marc-Paul, An 1245-1290,
Nous allons examiner les principales relations des voyageurs nommés dans le chapitre précédent. Commençons par les trois missionnaires Ascelin, Carpin et Rubruquis, hommes aussi dignes que les Colomb et les Cook de l’éternelle reconnaissance des géographes, quoique des motifs supérieurs à la science aient excité et soutenu leur courage, C'était la voix du souverain pontife qui leur ordonnait de franchir tant de fleuves glacés et tant d’âpres montagnes pour aller fléchir le cœur
des maîtres du désert, ct pour détourner sur l’empire de Mahomct Nayman lorage qui menaçait les peuples chrétiens. chrétier
prélr'e Je sols, et seurs pc
Ascelin, moine dominicain, fut envoyé en 1245, par le pape Innocent IV, aux khans tartares et mogols qui, peu aupéravant, avaient ravagé la Pologne, la Silésie et la Hongrie, et qui alors gouvernaient la
Russie avec un sceptre de fer. Il traversa la Syrie, la Mésopotamie et la noir ( Ce Perse, et se rendit auprès de Bajothnoi où Baju-Novian, général mogol, À Chitanie qui probablement campait avec ses nomades dans le Khowarezm, sur I: Ellarriva
khan des Voyés étr vint par | bYzantins ivait parc
rive orientale de la mer Caspienne. Comme il ne dit que peu de mots sur les pays qu'il traversa, et qu'il n'entre dans quelques détails que relativement à son séjour parmi les Mogols, son voyage n’a pas beaucoup enrichi la géographie : en outre sa relation ne nous est pas parvenue cn entier.
En 4246, Jean de Plano Carpini, frère mineur de l’ordre de Saint- François, avait été envoyé avec quelques-uns de ses confrères au khan Batou qui régnait dans le Kaptschack. Celui-ci l'avait dépêché au khan Ajouk, souverain seigneur de toutes les hordes mogoles. Le fidele tableau que Carpin et Rubruquis ont tracé des mœurs des Mogols démontre que, depuis six siccles, ces nomades n’ont pas beaucoup changè leur maniere de vivre. Carpin passa par la Bohème, la Silésie et la Po-
trsé par ] l'Haithon.
tles Basct
An 1945-1290,
voyageurs nomrois missionnaique les Colomb es, quoique des u leur courage, de franchir tant fléchir le cœur re de Mahomct
Je pape Innoravant, avaient gouvernaicnt là ‘sopotamie et la général mogol, owarezm, Sur à 1e peu de mots ques détails que e n’a pas beau- Jus esf ps pur-
ordre de Saintnfrères au khan ‘pêché au Khan es. Le fidèle la- Mogols démonaucoup changé ilésie et la Po-
logne pour aller à Kiow, alors Capitale de Mogols, qu'il nomme toujours Tartares qui aujourd’hui S'appelle Kaniow; Puis il traversa la Cumanie où la Partie sud-est de Ja Russie, 1e long de la mer Noire, jusqu’au quarticr- Sénéral du khan Batou. Dans sa roule, il apprit les Noms actuels des quatre grands fleuves qui arrosent la Russie ; le Dnieper, le Don, le Volga et le Jaïk, noms auparavant peu CONNUS : il traversa aussi Je PAYS des Cangles OU Cangittes, nation soumise alors © dont il est Tuestion avant cette Époque sous le gens dans les annales russes, byzantines Cl 'allemandes, bu camp de Batou, Carpin fut CNVOYÉ à la horde du grand khan Ajouk qu'il nomme cuine; il y arriva par Ic pays des Bisermines, où il rencontra beaucoup de villes ruinées. Le nom de ce PCuple est sans doute une Corruplion de celui de Muüusulman, et désigne les Mahométans qui demeuraient sur les côtes Orientales de la mer Caspienne. Plus loin, il tr Naymans, Peuple mogol visité à cette époque chrétiens, et qui, Suiv
int quelques-uns, av lrélre Jean, Ce prétendu pr
sols, et Carpin est le pr
la Russie; i] rencontra les à Canove, ville sur le Dnicper,
aux Cumaniens, Nom de Petschenç
aVCrsa le pays des Par plusieurs voyageurs ail pour SOuVCrain le fameux ince avait dés lors été Subjugué par Jos MoeMicr qui parle de son CMpire que des VOYA= SCUTS postérieurs ont SOulenu avoir L'OUvÉ, IL passa aussi par le Kithai noir ( Carakitaï), c'est-à-dire Je Cashgar tributaire, ou le Pays que les Chitaniens occidentaux avaient COnquis depuis le Sihon jusqu’à l'Oby.
orde dorce, quartier
général du grand audience, ainsi que pl
khan des Mogols; il y obtint usicurs autres en- VOyés étrangers, fut ENVOYÉ avec une lettre Pour le Saint-Pére, ct re= Vnt par la même roule jusqu'à Kiow. Ce que les Arabes et les auteurs byzantins avaient écrit avant Carpin, sur Les peu
bles et les Pays qu’il dvait Parcourus, n’ayant pas {6
répandu chez les chrétiens de l'Europe (Ccidentale, il est Je D'emicr qui tes leur ait fait Connaitre. Outre ses lropres observations, il à inséré dans sa Narralion tout ce qu’il apprelait de ses COMmpagnons de VoYage le long de Ja route. C'est ainsi qu’il "tre dans des détails sur l'ancienne Cumanie, nommee Kaptchack par lubruquis, et dont Haithon l’Arménien Parle comme d'un État rentrsé par les Mogols, et Qui confinait au Nord avec la Russie OU Fassia l'Haithon. Au dela des Russes, habitaient les Morduines, les Bulgares
les Baschkirs que Ca - Ces derniers étaient, sui-
er, 4" '
260 CHAIMERE DIX-HEITIÈME,
vant lui, anccélres et frères des Hongrois (Magyar),ct parlaient la mé langue. Dans ces mêmes régions, vivaient les Samoyèdes et les l'arossites, Ceux-ci paraissent être un de ces peuples fabuleux que les voyageurs du moyen âge introduisent si volontiers dans leurs relations, afin de flatter le goût de leur siècle pour les prodiges surnaturcls, Les Parossites ne pouvaient manger à cause de la petitesse de leur bouche et de leur estomac, et ne vivaient que de la fumée des mets qu'ils préparaient.
Au midi de la Cumanic, était le pays des Alains auxquels Carpin donne le nom d’Ases et Rubruquis celui d’Acas ct Acias, Les Ases de Carpin sont probablement les Awchases ou Abases sur la côte orientale de la mer Noire, qui existent encore aujourd’hui, et chez lesquels on trouve quelques vestiges de christianisme; ils se donnent le nom d’Absne, et ont celui d'Abasa chez leurs voisins les Circassiens, que Carpin appelle K'aergis. Plus loin étaient les Chazares ou Ghazrri, peuple de la Russie méridionale et de la Crimée, appelés encore Ghazariens par les Russes dans le x siècle. Notre voyageur place à leur suite les Ibériens, anciens habitants de la Géorgie, puis les Cates, probablement les habitants de Kachete, également en Géorgie. Parmi les autres pcuplades du Caucase, il fait encore mention des Brutachi qui étaient juifs, et se rasaient entièrement la lète ; peut-être Carpin veut-il parler des Chaitakhi qui habitent sur la frontière du Schirwan, et qu’on metaunoinbre des Lesgiens. Dans leur voisinage vivaient alors les Ciches qui, selon Rubruquis, crraient en hordes nombreuses près de l'embouchure du Don, ct dont il est aussi question à une époque antérieure dans l’histoire de ce pays. Carpin finit par nommer les Géorgiens et les Arminiens.
Il avait aussi appris le nom des quatre principales tribus mogoles; mais ceux qu’il cite ne s’accordent pas avec ceux qu’on doit à d'aulrcs auteurs du même temps. Haithon fait mention de sept principales tribus mogoles, dont les noms ne ressemblent pas aux précédents. Enfin, dans les subdivisions modernes de cette nation, il est question de tribus entièrement différentes. Sans doute Carpin aura pris des hordes particulières pour des tribus principales. La notice quil donne des peuples soumis les uns après les autres par les Mogols, n° contient que des noms de tribus asiatiques sans aucune remarqui
ct le ligic prin etn broe bass préc situé son ] quif lang:
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tribus mogoles; n doit à d'autres sept principales aux précédents.
on, il est qués- Carpin aura pris , La notice quil ar les Mogols, ni ueune remarqui
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE, 261 sur Je licu qu’elles habitaient, leurs mœurs et autres particularités.
lassons au voyace de Guillaume Rubruquis. Une lettre supposée ct le bruit général que le grand khan des Mogols avait embrassé la religion chrétienne, portèrent saint Louis, roi de France, à envoyer à ce prince un frère minceur de l’ordre de Saint-François, natif de Brabant, et nommé par les uns Aubruquis, par d’autres plus exactement Ruisbroeck, accompagné du frère Barthélemi de Crémone. Le moine ambassadeur partit en 1253, prit la même route que ceux qui l'avaient précédé, et après bien des fatigucs, arriva dans la ville de Caracorum, située dans ke désert de Gobi que le Khan Mangu parcourait alors. A son passage par la Crimée, il y découvrit les restes des anciens Goths qui parlaient allemand; étant originaire des Pays-Bas, il comprenait ce langage. Depuis lors, Josaphat Barbaro et Busbeck ont confirmé sa découverte. Les provinces russes qu'il visita ensuite, le long du Volga ct de la Caspienne, étaient dévastées par les Mogols. De Ià il voyagea pendant deux mois jusqu’au quartier-général du khan Sartach sur lo Volga, sans centrer une seule fois dans une tente ou dans une auberge, ct passant loutes les nuits dans son chariot. Les Mogols qu’il rencon- {ra étaient très-incommcdes : à chaque instant ils lui demandaient des présents, des vivres et même des friandises; mais ils ne lui volèrent rien. Dans les déserts entre le Don et le Volga, vivaient alors les Morduines qu’il appelle Hoæels, ct qu’il dépeint comme païens. Ils n'avaient point de villes et habitaient des huttes éparses dans les forêts. Au nord de cette peuplade, il en trouva une autre appelée Merdus où Merduas; ils étaient mahométans, ct s’étendaient jusqu'au Volga. On reconnaît dans ces deux tribus les Tchérémisses qui, dans leur langue, se donnent le nom de Mari, et les Morauans qui se nomment enx-mêmes Moksha, Rubruquis, très-bien reçu du khan Sartach, fut encore obligé d’aller vers le khan Batou qui errait plus loin à l’est avec sa horde. A son retour, il le trouva habitant la ville de Saray sur le Volga; il traversa ensuite le fleuve Jaïk ou Oural, et le pays des Baschkirs qu'l nomme Pascatir, et qui parlaient la même langue que les Hongrois. Plus loin, il arriva à la ville de Kenchat où il trouva des vignes; il vit une grande rivière qui sortait des montagnes voisines, mais il ne put apprendre ni son nom ni celui du pays d’alentour. À peu de distanee était la ville de Talach où quelques Allemands demeuraient parini les Mogols. Apres
avoir éprouvé bien des fatigues ct traversé bien des déserts, il atteignit Equius, ville dont les habitants parlaient la langue persane. On n’a pas encore retrouvé ces villes avec toute la certitude désirable; il est probable ’que la grande rivière est le Syr-Daria ou l'Iaxartes, et que la ville de Talach était situce sur la rivière nommée de même. Mais la ville d’Equius est une énigme dont la sagacité des voyageurs futurs donnera peut-être là solution,
Rubruquis alla ensuite à Caïlac, ville très-commerçante dans le pays d'Organon, pays riche en pâturages, et qui renfermait un lac dont on ne pouvait faire le tour en moins de quinze jours. Ce nom d'Organon cest probablement celui d’Irgonekon travesti à la maniere latine, et donné à une vallée entourée d’une chaîne de montagnes autour du lac Balcali; il s’y trouve beaucoup de mines, et elle est très-célebre chez les peuples mogols. 1 est possible aussi de retrouver la ville de Cailac. Marc-Paul la nomme Calacia, et parle de son grand commerce en faisant l'éloge des camelots qu’on y fabriquait avec de la laine blanche et le poil de chameau. Il appelle Egrigoja la province tangutienne dont elle était la capitale. Le peuple le plus proche était les Oigours; c'est dans leur pays qu’ctait la ville de Caracorum, à dix journées du quartier géncral du khan; ils étaient bornés d’un côté par le pays appartenant auparavant au prêtre Jean. Plus loin à l’est s’étendait le Tangut, et auprès le Thibet ainsi queles Langes et les Solanges. Ces dernicrs sont probablement les Zulags, peuples inconnus nommés dans la géographie des Birmans; et les Langes scraient alors les habitants d'un canton du Thibet, autour du lac Lanken.
Au delà se trouvait le Cathai que Rubruquis regarde comme le pays des Sères. Il paraît que le nom de Cathai a eu une acception très-vague. ou qu'il à du moins souvent été confondu avec le Karakitay ou la petite Boukbaric. Rubruquis désigne par Cathai la Chine septentrionale; il en parle d’après des documents qu'il avait recueillis dans le camp des Mogols, où il vit des ambassadeurs chinois. If avait observé la manière d'écrire des Chinois; il dit qu’ils emploient un pinceau semblable à celui des peintres, et qu'ils tracent plusieurs leures réunies ensemble dans une figure qui signifie un mot ou une phrase entière; c'est désigner les caractères chinois d’une manière non équivoque. Rubruquis répète d’ailleurs les récits fabuleux touchant la capitale de la Chine,
ghises garniss
le mêmi ct paru muraille avec Sal mer Cas du sult:
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Tout voyageu prend $ dont il !
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il atteignit )jn n’a pas il est pro- , t que la ne. Mais 11 curs futurs
ans le pays dont on nc rganon cest et donné à lac Balcali; les peuples , Marc-Paul sant l'éloge t le poil de telle était la st dans lour lier général ant auparait, et auprès sont probagéographie d'un canton
me le pays à très-vague.
ou la petite ionale; ilen amp des Mo- 5 La maniere hblable à cees ensemble
; c'est désie. Rubruquis de la Chine,
dont les murs étaient d'argent et les tours d’or; peut-être a-t-on mal interprété ce qu'il a voulu dire, l’épithète de Dorée étant appliquée, dans les langues de la Tartarie, à tout ce qui excelle en gloire et en puissance. A vingt journées de Cathai, était le quartier-général du khan Mangu où Rubruquis resta cinq mois : il était éloigné de dix journées du pays des fleuves Oron ct Kerlon, ancienne demeure des Mogols, et licu de la naissance de Gengiskhan. Dans cette contrée, vivaient aussi des Kirghises ct des Orange, peuples pasteurs et pauvres. Les derniers, se garnissaicnt les pieds de petits os bien polis pour aller plus vite sur la neige et la glace. Rubruquis resta quelque temps à Caracorum; mais ce lieu, dont le nom faisait trembler l'Asie, était à peine aussi considérable que Saint-Denis; la ville, entourée d’un mur en terre, renfermait deux mosquées et une église chrétienne. Les Chinois habitaient une rue particulière. Caracorum fut le terme du voyage de Rubruquis; ilrevint par le même chemin qu'il avait suivi en allant. Cependant il passa par Saray et par un endroit voisin d’Astracan et nommé Sumerkent. Ce village sans murailles situé sur un bras du Volga, ne doit point être confondu avec Samarcande. De là il prit sa route par la côte occidentale de la mer Caspienne, par Derbent, traversa la Géorgie, l'Arménie et le pays du sultan des Tures qu'il nomme Turcomanie, jusqu’à la mer Méditcrranée, |
Tout le long de la rouie, depuis Astracan jusqu'à Derbent, notre voyageur ne fait mention d'aucun lieu ni d'aucune horde; mais il reprend sa relation après avoir passé la fameuse muraille de Derbent, dont il fait une àescription assez détaillée, et dit que les Arabes la regardaient comme un ouvrage d'Alexandre le Grand. Entr’autres endroits où il passa à son retour, il cite la ville de Schabran sur la mer Caspienne, où il trouva beaucoup de juifs; celle de Schamacki, capitale du Chirvan, et la grande plaine de Mogan en Arménie, arrosée par la rivière de Kour, ce qui avait fait donner aux Géorgiens le nom de Aour= giens. Il passa ensuite par Nakchivan, endroit détruit dès ce temps-là; puis par Arzingan, Siwas, Kaiserie (Cæsarea), Kogni (/conium), Curch jusqu’à Ajazzo.
Ce qui donne à la relation de Rubruquis un nouveau prix, c'est qu’à toute occasion, il mêle au récit de ses voyages des remarques intéressantes pour la géographie physique et l'histoire des mœurs. C’est lui
qui nous apprend qvre les khans mogols tiraient un revenu considt… rable des lacs salés de la Crimée qui existent encore. Une charge de sel élait vendue deux pièces d’étoffe de coton. Il a le premier fait connaitre en Europe le coumis, boisson favorite des peuples mogois, ainsi que la manière dont ifs le préparci, en laissant fermenter le lait de cavale. Il a parlé, avant Mare-Paul, de l’eau-de-vie de riz ou arrac; il l'appelle Terracina. Dans le pays de Tangut, il vit les bœufs grognants, nommés encore Sarluck par ces peuples, et Yak dans le Thibet; il en fait une description assez conforme à celle donnée par les modernes qui les ont vus; il parle de Icurs longues cornes qu’on est obligé de scier, de la crinicre qu'ils portent sur le dos et sous le ventre, et de leur que qui ressemble à celle d'un cheval, et qui est garnie de poils fins et toutfus : dès ce temps-là, on en faisait usage aux Indes ot à la Chine pour divers ornements de tête, et pour chasser les mouches. Il est le pre- Hicr Européen, depuis Ammien Marcellin, qui fasse mention de la rhubarbe comme d'un remède; elle fut ensuite plus généralement connue par le récit de Marc-Paul qui la trouva dans les montagnes de la province chinoise de Suchur près de la ville de Singui. Lorsque Rubruquis traversa la Caramanie, il y trouva en pleine activité les alunières qui approvisionnèrent toute l’Europe jusqu'au xv° siècle : selon lui, elles étaient situées d'es le voisinage d'Ie nium, et tenaient probablement à ce groupe de lacs salés et amers que nous avons appris à connaître d’après Strabon.!Il vit, aussi dans les environs de Caracorum, les ânes sauvages si légers à la course, qui vont par troupes dans les landes de l’Asie, que les Mogols nomment colans, et que Pailas a le premier décrits en naturaliste.
Dans lPétat d'enfance où était alors la géographie en Europe, on croyait généralement que la mer Caspienne était unie à l'Océan du Nord ; Rubriquis fit voir qu’elle est un grand lac isolé, auquel son immense étendue a fait donner le nom de mer.
Le grand nombre d’Allemands et de Français qu'il rencontra parmi les Mogols, et que ceux-ci employaient dans les travaux des mines, pour la fabrication des armes, et comme artisans en divers genres, prouve que ces prisonniers de guerre répandirent de bonne heure les arts de l’Europe dans l’intérieur de l’Asie, La fontaine mécanique faite fpar Guillaume Bouchier, de Paris, pour le grand khan de Caracorum,
et les auti raison Ge tres, qu'o qu’elles f
Lesren qui vivai voudrait avec celu permis d porté jusc achevé d péenne qi Nestorien!
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Europe, on à l'Océan du quel son im-
contra parmi des mines, vers genres, ne heure les canique faite Caracorum,
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE. 265 et les autres objets curieux possédés par les Mogols, servent à rendre raison de toutes ces figures en métal de dieux, d'animaux ct de monstres, qu'on trouYe dans les tombeaux de la Sibérie : il est vraisemblable qu’elles furent faites par ces artistes européens.
Lesremarques de Rubruquis sur les Oïgours et les chrétiens Nestoriens qui vivaient parmi eux, offrent matière aux méditations de l’historien qui voudrait approfondir les rapports du système religieux du Dalaï-Lama avec celui de quelques sectes chrétiennes. Il nous semble aussi trèspermis de croire que ces Nestoriens avaient, dans les vie et vie siècles, porté jusqu’en Chine plusieurs arts et découvertes de l'Europe, et ainsi achevé de répandre chez ce peuple les germes de la civilisation européenne qu'ils avaient probablement reçus des Grecs de la Bactriane. Les Nestoriens, selon Rubruquis, habitaient quinze villes dans le Cathaï; leur évêque résidait à Segin, probablement Sigan-Fou, ville de la Chine occidentale, où un monument attestait encore en 1625 l’ancienne existnec d'un établissement chrétien. Rubruquis dit que les Mogols (qu'il nomme Tartares) ont pris des Oigours leur alphabet et leur maniere d'écrire, probablement originaires du même pays qui a vu maitre les anciens alphabets indiens.
Les Tibétains avaient été anthropophages, comme les Padæi d'Hé- L rodote; le souvenir de cette coutume n’était pas encore effacé du temps de Rubruquis.
L'énigme la plus célbre qu’offrent ce voyage et celui de Carpin, c’est l'existence d’un monarque chrétien nommé le prétre Jean, au centre de l’Asie, couverte alors, comme aujourd'hui, des ténèbres du paganisme.
Ce furent les croisades qui firent connaître aux chrétiens le prince qui, cous le nom de prêtre Jean, fit tant de bruit en Europe dans le moyen âge. Les écrivains du commencement du xne siècle, tels qu’Alberic d'Aix et Othon de Freisingen, le connaissaient déjà sous ce titre. Parmi les vovageurs qui pénétrèrent dans l’intérieur de l'Asie pour convertir les Mogols, Plan Carpin entendit parler du prêtre Jean, de ses guerres contre Gengiskhan et de ses miracles, Rubruquis qui, au nom de saint Louis, devait conclure une alliance avec lui contr> les Mogols, est celui qui en parle ie plus amplement. Il donne ce no'n à Uñkkhan,
prince mogol, qui était chrétien nestorien, résidait à (':racorum, ré- Le 34
266 CHAPITHE DIX-HUITIÈME.
gnait sur les tribus mogoles de Merkit et de Keraït, et périt en 1205, un demi-siècle avant le voyage de Rubruquis, dans la guerre contre Gen-
giskhan. il ne put en apprendre davantage, quoiqu'il traversit le pays 4 ds voyages
de ce prince. Il recueillit tout ce qu’il en rapporte des relations des Nestoriens intéressés à répandre en Europe toutes sorties de faux bruits sur l'existence des princes chrétiens en Tartarie. D'autres voyageurs qui visitèrent ensuite ces peuples, citent aussi le prètre Jean comme un prince qui avait régné en Asic; ils parlent de ses descendants, et cependant ils ne disent point avoir été à leur cour, et ne donnent pas une description étendue de leurs États. Jean de Monte-Corvino, un des moines
que le pape envoya des derniers dans ces contrées, et de plus évèque !
chrétien de Cambalu et auteur d'une traduction du Nouveau Testament en mogol, écrivit de Pékin, en 14305, qu'il avait converti à la foi un prince de la race du prêtre Jean. Ainsi dans le temps où les missionmaires visitaient fréquemment le pays des Mogols, ce prince Jean n’était plus au nombre des vivants.
On à proposé diverses conjectures sur cet être mystérieux : on à
même voulu : voir le Dalaï-Lama, assertion inadmissible à cause de k |
position que les voyageurs assignent au royaume du prètre Jean. il n'est pas aisé de dire avec quelque vraisemblance d’où venait le nom qu'on li doméait en Europe. Toutes les étymologies qu’on a citées n cclaircissent gas la question; mais l’idée la plus bizarre qu’on ait eue sur ce prince, est assurément celle des Portugais, qui, à l’époque de leurs grands voyages dans le xv° siècle, s’aviserent de transporter tout à coup le prêtre Jean en Afrique, et de le confondre avec le Négus d’Abyssinie.
De tous les voyageurs du moyen âge, le plus célèbre et celui qui a parcouru ct décrit Le plus de paysdifférents, est Marc-Paul, noble vénitien. Son ouvrage sur les pays orientaux fut longtemps le manuel de toute l’Europe pour la géographie de l’Asie, et sa réputation ne fit que s’accroître lorsque les Portugais, par leurs découvertes maritimes eurent constaté la vérité de plusieurs de ses récits qu’on prétendait être forgés à plaisir. Marc-Paul parcourut l'Asie pendant vingt-six ans. Il est le premier qui ait pénétré en Chine qu'il divise en Cathai et en Manci, dans l'Inde au delà du Gange, et dans plusieurs îles de l’Océan imdien, auparavani enveloppées de fables. Il entrenrit ce voyage fameux vers 1274,
malheureus
jhas la co our du gre
minicains,
ut pris pa fut misen!
dans les pa
Employé sols et des wmmeiln quelques n
4\-Sbash,
hxiam ave HiNÉTAUX,
wyageant,
aux dont 'oYONs Y V lui de V lhceureuse jhine éleve
Mics où les
ds cornes dans cette de force.
Descendi ootre de de Cotan 0 Les détaik sans intéré he, et de € pitalité fus recherche liam où Se dant du f ; ant, Le ve
érit en 1203, un ère contre Genraversüt le pays lations des Nesfaux bruits sur voyageurs qui can comme un lants, et cepenent pas une desun des moines de plus évèque
rti à la foi un nce Jean n’était
térieux : On à le à cause de le prêtre Jean. il 1 venait le nom qu’on a citées e qu’on ait eue à l’époque de nsporter tout à le Négus d’A-
celui qui a parle vénitien. Son de toute l’Euque s’accroître s eurent conit être forgés à s. Il est le preen Manci, dans Limdien, aupaeux vers 1271,
eau Testament
it les mission- !
has la compagnie de son père, Nicolas Paul, qui avait déjà été à la eur du grand khan Kublaï, ils avaient avec eux quelques moines dominicains, dont l’un, Guillaume de Tripoli, a aussi donné la relation de
Ms voyages. Marc-Paul, peu après son retour dans sa patrie en 4295,
fut pris par les Génois dans un combat naval, et conduit à Gênes; il y fut mis en prison, et c’estilà qu’il écrivit ses voyages ct les mit en ordre;
Auihcureusement ce voyageur ne dit pas toujours s'il a réellement été
dans les pays dont il fait mention, ou s’il n'en parle que y «r oui-dire.
Employé dans plusieurs missions d'état par le grand khan des Mosols et des Chinois, Marc-Paul avait parcouru toute l’Asie centrale, mais mme il ne suit aucun ordre dans ses récits, il cst difficile d’y retrouver quelques notions positives. Balach où Balk, et la province Scassens ou l'A-Shash, se reconnaissent aisément; mais où placer la contrée Bahziam avec ses montagnes riches en rubis-balais, lapis-lazuli et divers inéraux, avec son climat si salubre que les malades guérissaient en y wyageant, avec ses troupeaux de moutons sauvages et ses agiles chetaux dont le dur sabot n’avait pas besoin d'un fer conservateur? Nous croyons y voir le Badakshan vers les sources du Gihon. Un canton voisin, lui de Vash, est nommé Bascia par notre voyageur, qui décrit aussi lhcureuse valiée de Kachemire sous le nom de Chesimur. Il traversa la jhine élevée de Pamer et les montagnes de Belour, et dans ces régions gla-
Miics où les loups et les hyèncs poursuivent le mouflon ou mouton à gran-
ds cornes, il observa longtemps, avant les physiciens modernes, que dans cette atmosphère raréfée le feu brülait avec moins de vivacité et de force.
Descendu de ces hauteurs stériles, Marc-Paul avait vu s'étendre au «entre de l'Asie les régions tempérées et fertiles de Cascar ou Cashgar, de Cotan ou Coten, de Peym et autres cantons de la petite Boukharic. Les détails qu'il donne sur ce pays ne sont pas, aujourd'hui même, sans intérêt. IL fait mention d'une ville de Lop située près d'un grand a, et de celle de Hamul où Hamil, dont les habitants poussaient l'hositalité jusqu'à céder aux voyageurs leurs filles et leurs femmes. La recherche de l’Oasis du grand désert, qu’il désigne sous le nom de Ciartiam ou Sertem, et celle du royaume de Tenduch, où régnait un descenant du prêtre Jean, ne présentent aucun espoir d’un résultai satisfaitnt, Leveyageur véniticaavait décrit d’une maniereassez exacte l’animal
porte-muse, le grand faisan, et divers autres objets d'histoire nuturello, 4
Son génie observateur le tint en garde contre les fables orientales, qui er
chantèrent l'esprit léger de Mandeville, de Pinto, et d’autres voyageurs
bien plus madernes.
Marc-Paul parcourut toutes les provinces de la Chine: il fut même au service du grand khan Mogol, et gouverneur, pendant trois ans, de la ville d'Yanguï. Sa description de ce royaume n'en embrasse pcurtant pas tous les provinces. Parmi les villes remarquables de cet empire, il
décrit en détail Cambalu ou Pékin, sa capitale et ses douze faubourgs, #
L'explication qu’il donne de son nom, ville du seigneur, est très-juste. Il
parle de Nankin, capitale du Manci ou de la Chine méridionale. Parmiles 4 provinces du Manci, il décrit le district de Nanghni, très-important par 4
son riche commerce de soie. Il regarde la ville de Quinsai comme la plus grande du moude. Son nom, en langue du pays, signifie ville cileste; elle était coupée par des canaux sur lesquels il y avait douze mille ponts. Pour donner une idée de l’immensité de cette ville, il dit que h consommation journalière du poivre y était de 94 quintaux. Ses halitants avaient coutume de brûler avec le corps des personnages de distinction des morceaux de papier où étaient représentés des esclaves, des chevaux et des monnaies d’or et d’argent. À 25 milles d’Italie de cette ville était le port de Canfu, par leque! elle faisait un commerce considérable avec les Indes et les îles à épiceries. Il fallait une anne entière pour se rendre à ces îles, à cause des moussons ou vents pério-
diques. On y apportait entre autres une quantité de poivre cent mille!
fois plus considérable que celle qu’on importait à Alexandrie, quoique cette dernière place en approvisionnât l’Europe entière.
On pourrait trouver surprenant que Marc-Paul, qui a observé tanti
de choses en Chine, n’ait pas fait une seulc fois mention du thé; maisil faut faire attention qu'ayant écrit son voyage de mémoire, il était diff. cile que tout se présentât à l’instant à son esprit. Il n'avait pas oublié la porcelaine : on en fabriquait beaucoup à Tingui, ville peu éloignée te Quinsai; elle était à si bon marché dans ces deux endroits, qu’on pouvait acheter huit grands plats pour un grosso de Venise. Il fallait laiser la terre à porcelaine exposée longtemps à l'air avant d’en pouvoir fair usage : elle restait ainsi trente ou quarante ans; les pères la laissaicit
en héritage à leurs enfants et à leurs petits-enfants. D'autres voyi-È
gours ont reté et du l'or dans fines y él des merv picrre no licu de b Marc-}F etle Pégr aujourd] trés-sauv sauvages aux Euro du sucre xv° siècle Ayant îles. En f Japon, q!
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HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE, 0,9 geurs Ont fait la même observation. Ce Vénitien fut surpris de la r'areté et du prix élevé de l'argent en Chine. Ce dernier métal y était à l'or dans la proportion de un à six, ou de un à huit. Les pelleteries fines y étaient à un prix excessif. Notre voyageur cite, comme une des merveilles de Pékin, le charbon de terre, ou, comme il l'appelle, la picrre noira, qu’on tirait des montagnes du Cathai et qu’on brûlait au licu de bois.
Marc-Paul semble confondre avec les provinces du Cathai le Bengale etle Pégu; il donne à ce dernier pays le nom de Aien qu’il porte encore aujourd’hui chez les Chinois. On trouvait de l'or dans ce pays, d’ailleurs trés-sauvage et couvert de forêts pleines d’éléphantset d'autres animaux sauvages. Ce voyageur est le premier qui ait fait connaître le Bengale aux Européens :il en dépeint la fertilité, il fait l'éloge du coton, durizct du sucre qu’on y récolte. On y faisait alors, et depuis encore dans le xv° siècle, un grand commerce d’eunuques.
Ayant fait voile de Zaithon, port de Manci, Marc-Paul visita plusieurs îles. En faisant la description de ce voyage, il a occasion de parler du Japon, qu'il nomme Cipangu, d’après la dénomination chinoise Schibyn. Ses habitans avaient le teint blanc, et adoraient des idoles monstrueuses à plusieurs têtes et à plusicurs bras, comme celles des Indiens. Il raconte comment le khan Kublaï voulut faire la conquête de ce royaume, et comment la plus grande partie de son armée fut engloutie dans les flots. Au sud du Japon s’étendait la mer de Cin, où il y avait sept mille quatre cent-quarante îles, la plupart habitées et riches en épiceries, mais il dit n'y avoir jamais été. De Zaithon, il alla parle golfe d’Yunan à la province de Ziamba, très-riche en élépnants et en bois d’ébène. C'est le royaume de Ciampa, au sud de la Cochinchine. Au sud-est de ce pays, Marc-Paul place, d’après des rapports qu’on lui avait faits, la grande Java, l'île la plus considérable du monde, abondante en épiceries, que les Chinois y venaient acheter. C’est sans doute l’île de Bornéo ; au moins la description qu’en donne Edouard Barbossa, qui était dans les Indes au commencement du xvi° siècle, etla courte notice de Marc Paul, ne conviennent aussi bien à aucune autre. Il est plus diflicile de deviner quelles sont les îles voisines nommées Sondur, Condur et Boech ou
Loeach. La petite Java, qu’il visita, est bien certainement Sumatra. Les habitants des montagnes de l’intéricur sont encore aussi sauvages que
Marc-Paul les a dépcints. Les royaumes dont il fait mention, inconnus aux premiers auteurs qui ont parlé de Sumatra, tels que Barhossa et Barros, ont en partie été reconnus par des écrivains du xvure siècle; le pays de Ferlach ou Felech porte chez Marsden le nom de Perlach, ct celui de Basman ou Passaman est encore une contrée très-peuplée. Le royaume de Lambri avait été connu des Arabes, et Barros le nomme Jambli ; il existe encore. Celui de Fanfour, dont Aboulfeda et Bakoui font mention comme étant riche en une espèce de camphre, a conservé une obscure existence sous le nom de Campar. Ainsi Mare-Paul avaitrecucilli d'assez bons renscignemens pendant lescinq mois qu’il resta à Sumatra, Il ne vitlui-même quele royaume de Samara, d’où l'ile paraît avoir tiré son nom actuel; carles voyageurs européens qui sont venus aprés Paul, l'appellent Samatarra, Zamatra, Zamara, Saborma et Samander. La mention que Marc Paul fait de l’île AMalaiur et de la ville de même nom, prouve qu'il avait entendu parler de ce peuple qui s’est tant répandu au delà de Malacca. Entre autres curiosités de Malacca, il décrit l'arbre au sagou, et la manière dont les insulaires préparaient un aliment avec sa moelle; il parle aussi du rhinocéros, qu’il nomme Levncorno : cet animal, à ce qu’il croyait, se servait, pour sa défense, de sa langue, qui est à ia vérité fort rude.
Au nord de Sumatra, il trouva les îles de Nicobaret d’Andaman, mais ici sa relation est peu conforme à la vérité; il ne connaît qu’une île dans chacun de ces groupes du golfe du Bengale : l'ile de Naucauveri qu'il nomme Necurau, dans le premier, et celle d’Angana, dans le second. Les habitants étaient anthropophages, et avaient, dit-il, des têtes de chicn, Ce qu’il raconte de l’état sauvage de ces îles et des habitudes crüuelles des indigènes, a été confirmé par les voyageurs modernes; mais ils n’y ont pu découvrir les épiceries dont il fait Péloge. A l’est de ces îles était celle de Ceylan, qui avait 2,400 milles d'Italie de circonférence. Jadis elle avait été plus grande : les eaux de la mer en avaient enlevé une partie, ainsi qu'il avait appris des cartes marines indiennes. Il répète ve conte du gros rubis que possédait le roi de cette île, et que le grand Khan mogol convoitait væinerment.
ll se rendit à la presqu'île du Dekkan, et d’abord dans le Pays de Vaar; c'est le Marawar. Sa description de l'Inde ne regarde que les pays situés le long des côtes de Coromandel, de Malabar, de Concan et de Guzerate.
n'avait
jugé à pro habitants 4 nes ou Ab dienne et 4 sorciers.
les faisait
que encor nourrissai qu'on n’a dernes on encore, au iètes de bœufs et 1d du Maraw quelques « ctqui osa maux tués
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ion, inconnus e Barhossa ot vie siècle; le le Perlach, ct s-peuplée. Le ros le nomme ct Bakoui font , CONSCTVÉ une avaitrecucilli ta à Sumatra, ait avoir tiré ; VENUS api , Samander. La e même nom, tant répandu décrit l'arbre \aliment avec Leoncorno : CCt
sa langue, qui
daman, mais ’une île dans tucauveri qu'il le sccond. Les êtes de chien, scruelles des ais ils n’y ont îles était celle adis elle avait e partie, ainsi e + conte du Khan mogol
ays de Vaar; s pays situés de Guzeratc.
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE. 971 n'avait rien appris sur l'intéricur de cette contrée, ou bien il n’a pas jugé à propos d'en parler. Il s'étend beaucoup sur les coutumes des habitants ainsi que sur les merveilles du pays; il fait connaître les Bramines ou Abrajauin, non-seulement comme formant la première caste indienne et comme les sages de la nation, mais aussi comme schamans ou sorciers, Les chevaux étaient rares dans cette partie de l’Indostan : on les faisait venir par mer de l’Arabie et de la Perse, comme on le pratique encore aujourd'hui; et à cause du manque de fourrage, on les nourrissait avec du rizcuit, même avec de la viande et autres choses qu'on n’a pas coutume de leur donner en Europe. Les voyageurs modernes ont confirmé ce que Marc-Paul rapporte à ce sujet ; on donne encore aujourd'hui aux chevaux de l'Inde de l'ail, du beurre, et des ètes de mouton bouillies. La vénération que les Indiens ont pour les bœufs et les vaches, n’échappa point à ses observations. Les habitants du Marawar regardaient comme un péché de manger du bœuf et de quelques autres animaux. 11 y avait quelques tribus qu’il nomme Gavi, etqui osaient manger du bœuf mort naturellement, ou d’autres animaux tués, Les Indiens ne buvaient pas à la manière des Européens ;
À chacun avait son vase particulier pour ect usage ; ils ne le faisaient pas
toucher à leurs lèvres, mais versaient d’en haut la boisson dans leur bouche, de la manière décrite par Sonnerat et autres voyageurs modernes. Dans certaines contrées de l'Inde méridionale, boire du vin était un délit; ceux qui en buvaient n'étaient pas admis en témoignage. Ce que Marc-Paul dit de l’aversion des Hindous pour la mer, s’est plusieurs
bois confirmé de nos jours. Les Anglais ont été obligés, en différentes
occasions, d'envoyer les Cipayes par terre du Bengale à Madras, à travers le pays des Mahrattes et des Cirears septentrionaux, parce qu'ils refusaient absolument de s’embarquer. Marc-Paul connaît aussi les
Boourtisanes de l'Inde, les fameuses balladeres ; ilentrouva près de chaque
temple; elles célébraient par des danses les fêtes de leurs dieux qu’elles tpousaient, eux ou leurs prêtres. Il parle des palanquins, dans lesquels ks principaux habitants se font transporter si voluptueusement d’un endroit à un autre. Il avait aussi appris que l’apôtre saint Thomas etait venu r'êcher le christianisme aux Indes, qu’il était enterré dans la ville de Méliipour, au nord du Marawar, et qu’auprès de son tombeau il se laisait baucoup de miracles.
Au nord du Marwar, sur la c<ûte de Coromandel, était Ie royaume de Murfli où de Morfil, c’est-à-dire, le pays de l'ivoire. Comme il ajoute qu'il y avait dans ce royaume des mines de diamant très-riches, il parait certain qu’i « voulu parler du royaume de Golconde. On Y fabriquait aussi, de ième que dans le reste de l’Inde, des mousselines de la plus grande finesse etd’autres tissus de coton. A l'occident de Méliapour, on trouvait le pays de Lar, où il y avait beaucoup de Brahmines ct de Jogics qui menaient une vi: tres-austère, couraient tout nus, et vivaient d’aumônes. Onnepeut . | iquer ce nom qu'au Guzerate des modernes, qui estla Larice des G-cs et le Laar des Arabes. Il est donc évident que Marc-Paul ne suit aucun ordre en nommant les provinces de l’Inde, En décrivant les côtes du Malabar et du Goncan, le premier endroit dont il parle est Cael, ville très-commerçante. Il remarqua chez ses habitants la coutume de mâcher du bétel généralement répandue dans l'Inde, Comme Barbossa cite dans le royaume de Coulan une ville de Cael, qui au commencement du xvie siècle faisait un grand commerce de perles, et que l'historien Couto nomme, parmi les principaux États du Malubar, celui de Calecoulan, il y a lieu de penser que le Cael de Marc-Paul désigne Calicoilang. Ce voyageur passe ensuite au royaume de Coulan, où habitaient beaucoup de Juifs, et qui produisait du poire et de l’indigo en grande abondance. Il retrace tous les procédés qu'on employait pour obtenir cette drogue propre à la teinture en bleu, et qui dès ce temps-là étaità Venise un article de commerce. Il décrit ensuite le royaume de Comori ou Comorin, sans faire observer que le continent
méridional se terminait au promontoire de ce nom; il revient sur ses |
pas et nomme tout d’un coup le royaume de Deli ou Eli. Enfin il sc rappelle le royaume de Malabar ou de la côte de ce nom, qui, à proprement parler, comprend tousles pays qu’on vient de nommer. Le dernier royaume de l'Inde, dont il s'occupe, est celui de Guzerate, qu'il avait déjà décrit sous le nom de Lar. Il parle de ces fameux pirates indiens qui, naguère encore inquiétaient le commerce dans ces parages. Il décrit la culture du coton, et les tissus extrêmement fins qu’on en prépare. La fabrication en était immense dans cesenvirons, avant que les Mahrattes yeussent détruit toute industrie. L’antique ville de Cambaye très-commerçante, était alors le chef-licu d'un État indépendant. Semenat ou Servenath, la plus ancienne ville du Guzerate, florissait aussi par son
commet
Canam © sinage d son grar vant not mahomé entendu de Mécra Aprè Pers.
fin, ccl portd’Au où l’ona] destinées de petits transport dentale «€ de comm parle de vires sire ment Tre observe q fait encor des routc à dix-sep chameau merce des ques de bi quantité d trait des n gcur para la Chine, ( Soit proba moyen de lation imn bord porté
: royaume de ame il ajoute hes, il parait a y fabriquait nes de la plus Méliapour, on es ct de Jogics vivaient d'aunodernes, qui ic évident que de l'Inde, En endroit dont il es habitants la dans l'Inde, le de Cael, qui erce de perles, ts du Malabar, are-Paul déside Coulan, où et de l’indigo ‘on employait et qui dès ce rit ensuite le e le continent evient sur ses Eli. Enfin il sc qui, à proprener. Le dernier rate, qu'il avait rates indiens rages. Il décrit n en prépare.
ue les Mahratkbaye très-comMt,. Semenat où aussi par Son
commerce étendu. De là Marc-Paul retourne au Concan, ct parle de Canam ou Tana, place de commerce dans l'ile de Salcette et dans le voisinage de Bombay. Dans le ximne siècle, elle était connue des Arabes par son grand commerce. La province la plus occidentale de l'Inde est, suivant notre voyageur, celle de Rasmacoram, dont les habitants étaient mahométans. C’est sans doute celle de Mécran en Perse ; Marc-Paul aura
entendu nommer, en arabe, le Raz-Makran, c’est-à-dire le rromontoire de Mécran
Après ‘iption de l’Inde, vient celle des princip 2: 4ites de la Pers ainsi que d’une partie de l'Afrique orientaic ; etenfin, cel de l'Asie septentrionale, enveloppés de fables. Le
portd’Ade, cuut un marché très-célèbre, d’oùl’Inde tirait seschevaux,et où l’on apportait la plus grande partie des épiceries et des marchandises destinées pour lPEuropc. De là on les expédiait, par la mer Rouge, sur de petits bâtiments qui se rendaient en vingt jours à Suez, d’où on les transportait par terre à Alexandrie. Au nord d’Aden, sur la côte occidentale du golfe Persique, était Escier, aujourd’hui Adsjar, autre place de commerce : ses environs produisaient beaucoup d'encens.Marc-Paul parle de l’île célébre d'Ormus, de son commerce étendu, et de ses navires si remarquables par leur fréle construction, et que les Arabes nomment Trenkis où Tarad. Il paraît aussi qu'il a été à Bassora ; du moins il observe que c’est là que croissaient les meilleures dattes, dont cette ville fait encore aujourd’hui un grand trafic. Il ajoute qu’elle était sur une des routes du commerce de l'Inde avec l’Europe. A Bagdad, qui était à dix-sept journées de la mer, on chargeait les marchandises sur des chameaux. C'était dans cette ville que se faisait presque tout le commerce des perles qu’on envoyuit en Europe. Elle possédait des fabriques de brocard d’or, de damas et d’ctofles de soie brochées. Une grande quantité de marchandises allait de Bagdad à Tauris, où l’on rencontrait des négociants de l'Inde, de la Perse et d’autres pays. Notre voyageur parait n'avoir pas connu le commerce direct de cette ville avec la Chine, dont les relations modernes nous ont entretenus; quoiqu’il soit probable qu’il eût lieu alors, tout comme au xvie siècle, par le moyen des caravanes. Suivant lui, Bassora même n'avait point de relation immédiate avec l’Inde. Les marchandises de ce pays étaient d'abord portées à Chisi ou Chisti, avant d'arriver à Bassora, il a probable- L Jo
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ment voulu parler de quelque île du golfe Persique; du moins Barbossa cite une île de Quixi. Suivant D’Anville, elle s'appelle Keish, et jadis elle était l’entrepôt du commerce de la place de Sira, marché très-renommé dans le xe siècle, parce que les navigateurs n’aimaient pas d’aller jusqu’à Bassora, à cause de la fréquence des orages. Par la suite, Ormus attira tout le commerce. Aujourd'hui l’île située au midi de Siraf se nomme k'es ou Kyen.
Dans l’Afrique orientale, notre voyageur décrit d’abord Madagascar ou Magastar. C’est là que se trouvait le rock, cet oiseau émorme qui était assez fort pour enlever un éléphant. Ibn-el-Ouardi place aussi cet animal fabuleux dans une ile de l'Océan. C’est de ce géographe ou de quelqu’autre Arabe que Marc-Paul aura emprunté ce qu’il dit des îles, dont les unes n'étaient habitées que par des femmes, et les autres que par des hommes, Bakoui a aussi parlé dans sa géographie, d'hommes à tête de chien, quele voyageur vénitien raconte avoir trouvés dans une île du golfe de Bengale. Cet auteur arabe place encore dans l'ile de Cassar, située dans la mer de la Chine, les petits nains que Marc-Paul déclare être des singes et se trouver à Sumatra.
Ce dernier ne parle que de deux pays du continent de l'Afrique; du Zanguebar, habité par des nègres sauvages, et de l’Abyssinie, Il n’a connu aucun des petits États arabes placés sur cette côte. Il donne à | l’Abyssinie le nom arabe d’Abascia ou Hahesch. Le souverain, qui était | chrétien, régnait aussi sur des mahométans. On y trouvait des mines d’or tres-abondantes. |
De ces pays méridionaux, Marc-Paul passe à ceux du nord de l'Asie. Il y en avait un très-riche en pelleteries ; mais le sol, composé de marais, restait couvert de neiges et de glace la plus grande partie de l'année. Au lieu de chariots, les habitants se servaient de petits traîneaux tirés par des chiens ; les commerçants les employaient aussi pour eux et leurs marchandises. A ce pays de glaces, dans lequel on reconnaît la Sibérie, confinait celui des Ténèbres, dont les habitants n’avaient pas de tête. Le soleil ne s’y montrait presque pas dans l'hiver; mais, malgré la longucur des nuits, les T'artares savaient fort bien enlever aux habitants les précieuses fourrures qui sy trouvaient en grande abondance. Dans cette partie du monde était la Ruzie, empire irmmense, tributaire des Mogols. Ses habitants fai-
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HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE. bas LE 5] |
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CITAPITRE DIX-NEUVIÈME.
Itinéraire de Pegoletti. Oderie, Mandeville, Clavijo, Josaphat Barbaro, et autres voyageurs des xiv° et xv°siècles,
La religion, la politique et le commerce, ces trois grands mobiles «e outes les grandes entreprises, continuèrent pendant les xiv° et xv° siècles à diriger l’atte1:.ion des Européens vers l’Asie ceni rale. Les exploits de Tamerlan, vainqueur pour un moment de la redoutable puissance des Turcs, fixèrent les regards et les espérances du monde chrétien. Peu à peu les nouvelles routes commerciales par l'Égypte, et ensuite par le Cep de Bonne-Espérance, firent abandonner les voyages en Asie. Nous continuerons l’histoire de ces voyages par une explication succincte de l'itinéraire d’Azof à la Chine par François Balduin Pegoletti qui voyagea en Asie vers l’an 1335. C’est une indication de la route qu’on peut prendre pour aller avec des marchandises d’Azo! à la Chine, et pour en revenir.
« Premièrement, dit Pegoletti, d’Azof à Gintarchan ou Astracan, il y » vingt-cinq jours de route en allant dans un chariot traîné par des » bœufs; quand il l’est par des chevaux, il ne faut que dix à douze » jours. On rencontre, cherain fais beaucoup de Mogols armés. De » Gintarchan à Sara il y a une jeu . par eau, et de Sara à Saracanco » ou Saratschick, huit journées aussi par eau. On peut, si l’on veut, s’y » rendre par terre; mais, quand on porte avec soi des marchandises, » le voyage cst à beaucoup meilleur marché par eau. De Saracanco » à Organci ou Urgens, il y a vingt journées avec des chameaux. Celui » qui a des marchandises, fait bien de passer par Organci, parce qu’on » trouve à Hs y vendre avantageusement. De là à Oltrare, Otrar, on » compte trente-cinq à quarante journées, aussi avec des chameaux. » Ceux qui n’ont point de marchandises peuvent prendre un chemin » plus court, en allant directement de Saracanco à Oltrare, ce qu'ils » font en cinquante jours. D'Oltrare à Armalech il y a quarante-cinq » journées, qu’on fait, monté sur des ânes. Dans la route, on rencontre
croîtr dome chan:
tait et du vi estim
0, et autres
ds mobiles Ge
ve et XV° sic
e. Les exploits able puissance
onde chrétien.
pte, et ensuile yages en Asie.
xplication sucalduin Pegoletti m de la route 20! à la Chine,
| Astracan, il y trainé par des ue dix à douze sols armés. De
ara à Saracanco si l’on veut, s’y marchandises, , De Saracanco hameaux. Celui ci, parce qu’on [trare, OUrar, on des chameaux.
dre un chemin ltrare, ce qu'ils quarante-cinq e, on rencontre
» souventdes Mogols. D'Armalcch à CamexuouChamil, il ÿa soixante-dix » journées qu’un fait encore à dos d'âne, et de là on va en soixante-cinq » jours, à cheval, jusqu'à un fleuve dont le nom n’est pas connu. De » ce fleuve on peut se rendre à Cassai, Quinsay, pour y vendre des lingots d'argent, parce que cette marchandise y est d’un fort bon débit. On part de Cassai avec le produit de l'argent en espèces monnayées, eten trente jours on se rend à Gamaleceo, Cambalu, Pékin, capitale de » la Chine. La monnaie courante y est en papier ; quatre bubissi (c’est » Je nom de cette monnaic) font un sonmo en argent. »
Les marchands qui faisaient ce voyage, étaient obligés de laisser croître leur barbe, et de prendre avec eux un bon interprète et des domestiques sachant la langue cumane ou turque. La valeur des marchandises ct de l'argent qu’un seul négociant portait avec soi, se montait en tout à une valeur de 25,000 ducats fins d’or; la dépense totale du voyage jusqu’à Pékin, y compris les gages des domestiques, était estimée 300 à 350 ducats. Ces détails, un peu minuticux, prouvent que le voyage de la Chine était beaucoup plus facile au xive siècle qu'il ne l’est de nos jours. Aussi, les notions sur l’Asie étaient à quelques égards plus avancées qu’elles ne le sont à présent; il est malheureux que le défaut d'observations astronomiques leur Ôte ce caractère de précision qu’exige la géograhie. Tâchons pourtant de reconnaître les lieux indiqués dans l’Itinéraire de Pegoletti.
Gintarchanest notre Astracan : Josaphat Barbaro, dans son Voyage de Tana en Perse, fait dans le xv° siècle, en parle sous ce nom. Les épiceries et la soie y arrivent pour être ensuite portées à Tana. On appelait encore cette ville Citracan. Ces deux noms sont formés, par corruption, de l'arabe Hadgi-Tarkan.
Sara, la seconde station de notre voyageur, était Saray, capitale des États du khan de Kaptschack. Elle fut bâtie en 1266 par lekhan Bcrkai. Aboulfeda dit qu'elle est la capitale des Tartares septentrionaux, et la place à deux journées de marche de la mer Caspienne. Elle était sur la rivière d’Actuba qui tombe dans le Wolga au-dessus d’Astracan, et fut détruite par Tamerlan en 1403.
Saracanco ou Saratschick est aussi ruinée. En 1938, v’était une ville florissante. Le franciscain Paschalis la visita à cette époque. Elle existait encore en 4558, lorsque Jenkinson alla d’Astracan à Boukhara ; il es-
CA
&15 CHAPITRE DIX-NEUVIËME.
time sa distance de la première ville à dix journées de route. Elle était fréquentée alors par des caravanes qui d’Astracan se rendaient à la Chine. Cette ville des Tartares Nogaïs, autrefois très-peuplée, s’étendait sur les bords du Jaïk, où l’on voit encore les vestiges de ses anciennes fortifications.
Organzi ou Urgenz, capitale du Chowarezm, était à environ un demi mille du Gihon. Les Orientaux l’appellent aussi Dzorzanyah et Gurgandzi. Cette ville, très-ancienne, souffrit beaucoup du tremblement de terre de 818. En 1558, Jenkinson, en quittant Saratschick, passa par Urgenz, qui n’était qu’un endroit misérable ; la route de la Chine le traversait à la vérité, mais il avait été ravagé quatre fois en sept ans. Deux voyageurs anglais s’y trouvèrent en 1740. De toute la ville, il n’existait plus qu'une mosquée, et les Tartares fouillaient les ruines pour y découvrir des trésors.
Les voyageurs remontaient au nord pour arriver à Oltrare ou Otrar, qui porte ausile nom de Farab. Mandeville en parle comme de la meilleure ville du Turkestan. Ici l’Itinéraire de Pegolett nous laisse sans lumières sur une des contrées le moins connues de l'Asie, en nous conduisant à travers le Turkestan directement à 4rmalecco ou Almalich, ville du pays de l’Oïgour sur la rivière Ab-Eile ou Ili. En 4400, elle fut prise par Tamerlan. Divers écrivains arabes placent dans le Turkestan, par les i:°° 30, de longitude, et 44° delatitude septentrionale, une ville d’Almaligh, qui paraît être la même. Paschalis, qui y séjourna en 1338, dit que c'est la capitale des Mèdes. Mais l’Itinéraire, trop rapide, nous conduit directement à Camexu dans le Tangut, non loin de la grande muraille de la Chine. Came-Xu est la ville de Hamil ou Cami, si fameuse par ja complaisance avec laquelle le beau sexe y recevait les voyageurs. Le nom Came-Xu n’est autre chose que celui de Cami, avec l’annexe chinoise tcheou qui signifie ville. Le fleuve éloigné de 65 journées de Camexu et dont le nom est omis, ne peut être que le Caramuran qui, en arrosant la Chine, porte le nom de Hoangho ou fleuve jaune. Mandeville, Oderic de Portenau et tous les voyageurs d:3 moyen âge, le traversérent avant d'arriver à Pékin. Marc-Paul le passa plusieurs fois.
Il a été plus difficile de retrouver Cassai, ancienne ville très-célebre par son commerce, et que Mandeville {et Oderic citent sous le nom de Cassai, Causai, Cascai, Canasia et Quinsay. Marc-Paul en parle sous ce
dernier riche d de cité nous à Pékin.
autre Thsian Péki lecco; « Tou que P.
qué di courar ton, n Odcric pays l de bal billon ces fal ctilse
e. Elle était ndaient à la e, s’étendait es anciennes
on un demi et Gurgandii.
ent de terre par Urgenz, > traversait à . Deux voya- ’existait plus y découvrir
are Où Otrar, Le de la meils laisse sans \sie, en nous ou Almalich, 4400, elle fut le Turkestan, nale, une ville urna en 1338, ) rapide, nous de la grande ni, si fameuse les voyageurs.
avec l’annexe 5 journées de ramuran qui, e jaune. Manmoyen àge, le plusieurs fois.
e très-céiebre ous le nom de parle sous ce
dernier nom comme de la ville de commerce la plus grande et la plus 19 riche de la Chine. Ce voyageur et Oderic traduisent son nom par celui à de cité céleste. Nicolas Conty, qui parcourut toute l’inde avant 1444, FREE nous avait appris qu'elle était à quinze journées au delà de Cambalu ou
Pékin. Aujourd’hui on admet que la Quinsay de ces voyageurs n'est
autre que Hang-Tcheou, ville encore iwès-considérable située sur le Thsian-Thang et sur le lac Sihon. ts
Pékin répond certainement à ia ville que l’Ilinéraire nomme Gama= lecco; c'est Cambalu ou Cambalig arrangé à l'italienne.
Tous ces voyageurs font mention du papier-monnaie d la Chine, que Pegoletti nomme babisci; c'était, selon lui, us papier jaune, marqué du timbre du prince. Rubruquis dit que, de son temps, la monnaie courante, à la Chine, consistait en morceaux de papier fait avec du coton, marqués du nom du souverain. Haïton affirme la même chose; Oderic de Portenau nomme ce papier-monnaie balis. Les habitants du pays l’employaient à payer leurs impôts. Vraisemblablement, le nom de balis ou balisi est le même que celui de faloues, petite monnaie de billon qui, dans le 1xe siècle, était la seule courante en Chine. Mille de ces faloues valaient un denier d’or. 9n fit ensuite ces balisis en papier, ct ils eurent une plus grande valeur. Marc-Paul est celui qui en parle avec le plus de détail : ildit expressément qu'aucune autre monnaie n’a cours en Chine, et qu'elle est fabriquée pour le compte du khan avec l'écorce du mürier. Suivant Mandeville, il y en avait aussi en cuir. Josaphat Barbaro, qui était en Perse vers la fin du xv° siècle, observe que cette monnaie avait encore cours er Chine. Up savant, qui à passé une partie de sa vie en Chine, reconnaît l’ancienne existence du papiermonnaie dans cet empire ; seulement il en attribue l'introduction aux Mongoux. Les Chinois ne reçurent cette monnaic qu'avec répugnance.
Parmi les voyageurs et géographes du xiv° siècle nous distingucrons encore Haïton, Oderich de Portenau et Mandeville. Ils ont ajouté peu de vérités et beaucoup de fables aux notions recueillies par Marc- Te Paul.
Haïton, prince arménien, dans son ouvrage intitulé : Histoire orientale,
a rédigé une géographie générale des principaux États de l’Asie, à l'exception de la presqu'île au delà du Gange et des îles voisines. Pour composer cet ouvrage, il mit à profit les écrits des auteurs mogols, un