MATHÉMATIQUE
CITAPITRE PREMIER.
Théorte de la Géographie. De la Terre, considérée comme un corps céleste ; des Lansitudes et Latitudes; des véritables dimensions du globe; de son aplatissement et des Lascs du systèm” métrique.
C'est à l’astronomie qu'il appartient de nous montrer la terre, balancée par son provre poids dans l’immensité de l'espace, rouler, avec toutes les autres planètes, autour de l'astre éclatant qui distribue à tous ces globes célestes leur portion de chaleur et de lumière. C’est à l’astronomie à calculer les lois qui gouvernent le système solaire, et à nous démontrer que le volume du soleil est 1,384,462 fois plus grand que celui de notre terre. Pour nous, il nous suffit d'emprunter les notions astronomiques nécessaires pour comprendre les terme. ;w’emploie la science géographique.
La forme sphérique de la terre est le premier principe de toute géographie mathématique. Les preuves de cette vérité viennent cllesmêmes s'offrir aux sens. Pourquoi les tours, les vaisseaux, les montagnes, lorsque nous nous en éloignons, semblent-ils se plonger sous lhorizon, à commencer par leur buse? Et pourquoi, au contraire, lorsque nous nous en approchons, ces objets se montrent-ils d’abord par le sommet, et ne découvrent-ils que successivement leur milieu et leur base? Ces phénomènes prouvent évidemment que toute plaine apparente sur la terre est une surface courhe. C’est la convexité de cette surlace qui dérobe aux regards d’un spectateur, placé sur les
Les
bords de Ta mer, le corps d'un vaisseau dont il aperçoit les mâts et la voilure. Mais, dès qu'on sait que ces choses arrivent d’une manicre uniforme, partout où nous allons sur la terre, vers l’orient ou vers l'occident, vers le nord comme vers le sud ; dès qu’on s'aperçoit que cet ensemble de surfaces courbes n’est nulle part sensiblement interrompu, il est impossible de ne pas en tirer la conséquence que la surface totale de la terre est un corps sphérique plus ou moins parfait.
Les premiers observateurs des astres remarquèrent quele soleiloccupait, dans l'hémisphère céleste, une place opposite à certaines étoilesqui, chaque nuit, brillaient constamment au-dessus de leur tête, pendant que d’autres astres disparaissaient et revenaient tour à tour. Leurs regards se fixèrent sur l'étoile polaire ; ils remarquèrent dans les cieux ce point qui, seul immobile, semble servir de pivot, ou, selon l'expression grecque, de pôle au mouvement apparent des globes célestes. Ils ‘tracèrent une ligne méridienne, une ligne droite dans la direction du soleil à l'étoile polaire ; et, tout imparfaite qu’ait dù être cette première opération, elle leur suffisait pour marquer à peu près les quatre coins du monde. Maintenant, s'ils allment vers le nord, ils voyaient l'étoile polaire prendre une position plus élevée dans les cicux. Allaientils vers le midi? cette ctoile s'abaissait à vue d’œil, et d’autres, jusquelà invisibles, semblaient successivement s'élever. Il était donc impossible que la ligne, dans la direction de laquelle ils marchaient, fût une droite tracée sur une plaine horizontale ; elle devait être une courbe, un arc de cercle auquel correspondait un autre arc de cercle apparent dans les cieux. Or, comme partout les mêmes changements d'horizon avaient lieu, il était naturel de conclure que la terre était du moins circulairement courbée du sud au nord.
Les observations astronomiques, en se multipliant, se perfectionnèrent. On calcula les mouvements des corps célestes ; on détermina le retour périodique des éclipses. Dès lors il devenait aisé de s’apercevoir que le soleil se lève plus tôt pour ceux qui habitent plus à l’orient, que pour ceux ‘ui sont moins avancés vers ce côté; car si l'on observe une éclipse de lune tant à Paris qu'à Vienne en Autriche, et que cette éclipse commence quand il est dix heures du. soir à Paris, il sera près de onze heures à Vienne, quand on /observera ce commencement; aiusi le soleil a dû se lever plus tôt pour les Vienuois que pour les Pari
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GÉOGRAPHIE MATHEMATIOUE. 320 sien<, 0, cela n'arriverait pas si la superficie de [a terre n'était pas courbe dorient en occident; car alors le soleil commencciait dans le inème instant à éclairer toutes les parties d'une même face de la terre plate.
De nombreux voyages faits autour du monde, ont enfin dù fermer la bouche à tous ceux qui s’obstinaient à regarder la terre comme une plaine ronde, ou comme un disque demi-sphérique. Æeemskerk, en al Jant hiverner dans la Nouvelle-Zemble, confirma ce que les astronomes avaient conclu de la figure sphérique de la terre, savoir, que les jours ct les nuits, vers les pôles, durent plusicurs mois. Enfin, le navigateur quise dirige vers le cerele polaire du sud, trouve sa route toujours plus petite à mesure qu'il s'approche de ce pôle, ct constate ainsi que la terre s’arrondit vers le pôle du sud comme vers celui du nord.
Mais, dira-t-on, les hautes montagnes, les Andes, les Alpes, ne fontelles point visiblement de la terre un corps irrégulier ct rien moins que rond? L'une des plus hautes montagnes connues, le Chimborasso, s'élève à environ 6,273 mètres au-dessus de la surface des mers. Cette hauteur n’est pas seulement -; de la plus grande circonférence de la terre, ni 5% de son axe. Sur un globe artificiel, de 21 pieds en circonférence, ou de G pieds £ de diamètre, le Chimborasso ne pourrait être représenté que par un grain de sable, épais d'une demi-ligne. Des irrégularités tellement imperceptibles ne méritent donc point d’entrer en cons'lération.
La simple vue nous apprend que les étoiles semblent se mouvoir d’orient en occident, en décrivant des portions de cerele. Si l’on observe attentivenent ce mouvement, il paraît se faire autour d’un point qui seul reste immobile ; c point a reçu le nom de péle. L'étoile qui en est la plus voisine s'appelle étoile polaire, On conçoit que la voûte céleste s’offrant sous l'aspect d’une sphère, il doit y avoir dans la moitié qui est invisible pour nous, un autre point immobile, c’est le péle céleste austral ; celui que nous voyons est le pôle céleste boréal, La ligne imaginaire qui passe par ces deux points et par le centre du monde, se nomme l'axe du monde, d’un mot grec qui signifie essieu. Cette ligne passant à travers notre globe, en forme également l'axe et marque sur la surface de la terre deux points correspondans aux pôles du cel,