PR ES RTE RE
de la Judée, que ne l'ont fait ces commentateurs trop zélés, selon les-
quels Moïse aurait prétendu nous enseigner comment toute la terre ha: chan! bitable fut divisée par lots entre les descendants de Noë, et comment de Gomer vint directement de Babel, en Basse-bretagne, pour ÿ tonder la que, ( nation celtique. Pourquoi chercher daus Moïse des notious suc le nord 81e et l'occident de l'Europe, lorsque chez des écrivains hébreux, Jérémie l'Ocia et Isaïe, qui lui sont postérieurs de six à huit siècles, les Chaldéens et Pour
les Mèdes, originaires des régions où sourdit l’Euphrate, sont dépeint: vmes. Ù comme des peuples qui habitent dans le pays de La mi-nuit, aux derniers ogcide, confins des cieux et de la terre? ie “0e On s'attend peut-être à nous voir passer à la géographie des Phén d ciens, voisins des Hébreux, et dont les grands voyages, selon l’opinio: des: 1 commune, remontent à l'époque où le Canuan fut envahi par Josuah. ‘gi Quoi qu’il en soit de ces voyages, leur histoire détaillée n'ayant été tra FR IUi cée par aucun écrit contemporain d’une authenticité prouvée, nou: le à croyons devoir passer à l'examen des premières idées géographiques d’ur se à peuple à qui nous devons à peu près tout ce que nous savons de positi He sur les découvertes des Phénicienseux-mêmes. Je veux parler des Grecs Les premiers éléments de la géographie des Grecs se trouvent dan: ce
deux poëmes nationaux eten quelque sorte sacrés, l’Iliade et l'Odyssée Tel était le profond respect des Grecs pour la géographie d'Homère}, que l’on vit, mème dans les siècles les plus éclairés, les savants disCUlnitans : gravement jusqu'aux détails les plus évidemment fabuleux du VOYü no pénéi d'Ulysse. Si quelques esprits supérieurs, un Hérodote, un Polybe, un EtiHomère tosthène osèrent secoucr Le joug de l'opinion commune en distinguay, profor dans Homère les détails topographiques exacts et vrais, mais circong tombe scrits dans des limites très-étroites, d'avec les idées absurdes sur fond du siructure du monde, et d'avec les aperçus vagues, contradictoires à Les lil fabuleux, qui changeaient les régions éloignées: en autant de pays Collemen fécries et de merveilles; d’un autre côté, les écrivains les plus € santsts terre, les plus goûtés du publie, Strabon à leur ti, mirent leur esprit à la Wondeme: ture pour concilier les idées cosmographiquesles plus fausses de leur pothgre Cel chéri avec les découvertes plus modernes.Il en résulte que toute la güjopg do N graphie ancienne est une énigme inexplicable si lon ne la fait précédeait je ci] d'u expose de ces idées poétiques dont elle ne sut jamais se dégagtu méant Le bouciier d'Achille, forgé par Vulcain et décrit dans le dix-huitièno Ja y
HISTOIRE DE LA GÜOGRAPHIE, 17 chant de l'Iliade, nous présente d'une maniere authentique l'idée-mère de 1 cosmograyphic de ces siècles. La terre y est figurée comme un disque, environné de tous les côtés par le flouve Océan, Quelque extraordie naire que nous puisse sembler 4 dénomination de fleuve appliquée à l'Oc ‘an, elie revient trop souvent chez Homère et chez les anciens poètes, pour qu'on ne la croie pas littéralement conforme aux idécs alors reques. Hésiode décrit mème 108 sources de l'Océan, placées à l'extrémité occidentale du monde, et la peinture de ces sources est conservée d'ige en’:e chez des auteurs postérieurs à Homère de plus d'un millier d'année. !'crodote nous dit clairement queles géographes de son temps desc 'naient icur mappemonde d'apre&les mêmes idées ; la terre y était figure comme un disque parfaitement arrondi, et l'Océan comme une rivière qui la baignait de toutes parts.
Le rond de la terre, l'orbis terrarum, était, sclon Homère, couvert d'une voûte solide, d'un firmament sous lequel les astres du jour et de la auit roulaicnt sur des chars portés par les nuages ; le malin, le solcil sortait de l'Océan oriental ; le soir, il s'y précipitait vers l'occident ; un vaisseau d'or, ouvrage mystérieux de Vulcain, le ramenait ndonedt par le nord vers l’orient. Au-dessous de la terre Homère place, non pas les demeures des morts, les caverucs de Hades, mais une voûte nomme ographie d'Homèrt}, mar tarus, et qui correspondait à celle du firmament. Là vivaient les les savants discuit! Titans, ennemis des Dieux ; nile souffle des vents, ni les rayons du jour fabuleux du VOYlns pénctraient dans ce monde souterrain. Des écrivains, postérieurs à e,un Polybe, un ÉtiHômère d'un siècle, ont même déterminé la hauteur du firmament ct nuue en disin£ül{a profondeur du Tartare. Une cnclume, disaient-ils, serait neuf jours
vrais, mais COM tomber des cicux à la terre, et aulant pour descendre de la terre au lées absurdes Su lfond du Tartsre.
, contradictoires © Les limites du monde, dans :a cosmographie homérique, sont natun autant de pays dellement entouries de beaucoup d'obseurité. Les colonnes du ciel et de ne les plus © "2an$a terre, dont Atlas est le gardien, portent on ne sait pas trop sur quel at leur esprit à la Wondement ; aussi disparaissent-elles dans les sysièmes postérieurs à Hois fausses de leur poù nère. Cette mène idée se retrouve chez les Indiens et chez les Hébreux. ulte que toute la &ÜLors de cetle euecinte mystérieuse, « où finissait la terre, où commen on ne la fait précédeait je cicl, » s clenduit indliniment le chaos, mélange confus de la vie et ut jamais se dégagüu néant, gouire « où tous los éléments du ciel, du Tartare, de la tcrre et it dans le dix-huitièlle J& mer se trouvent cascinhle, goullre redouié des dicux eux-mènes. »
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V'iliade et l'Odyssée
Telles étaient, du temps d'Homère et long-temps après, les idées da était Grecs sur la structure du monde, idées qui, même après que les géomi fles à tres et les astronomes eurent reconnu la forme sphérique de la terre hui continuérent à influer sur les relauons des voyageurs, des géographe puis . el des historiens, idées renouvelées et consacrées par les premiers gcc depui graphes chrétiens, et qui encore aujourd'hui dominent dans le langas: Je plu vulgaire de toutes les nations. Voisin Le rond de la terre, tel qu’Homëre le concevait, était partagé par! çcontin Pont-Euxin, la mer Egée et la Méditerranée en deux partics, l'une st} En: tentrionale, l'autre méridionale, auxquelles, plus tard, Anaximant: ges tri appliqua les noms d'Europe et d'Asie, pris auparavant, dans un st vince; plus étroit. Cette division nous fait comprendre pourquoi tant d’auteu les ha anciens ont pris le flcuve lhasis pour la limite de l'Europe et de l'AS tout le Ce fleuve était censé former l4 communication du Pont-Euxin ai sément l'Océan oriental, comme le détroit d'Hercule formait celle de la Médite: Nestor, rance avee l'Océan occidental. Hecatée, en regardant le Nil (le flex prenait Ægyptos d’ilomere) comme un troisième canal de communicat: Pélasec entre l'Océan ct la mer Intéricure, fit naître la première idée d'une tri rapport sième partie du monde, de la Libye, nommée ensuite Afrique; nx Îles del quaire siècles après Homère, le père de l'histoire regardait l'Euro, avec sa comme égale cn grandeur à l'Asie et à la Libye, prises ensemble. Eubée 1 Le milieu du disque de la terre était occupé par le continent el! mœurs îles de la Grèce, qui, du temps d'Homère, n’avait pas encore de ncil vante géncral, Le centre de la Grèce passait par conséquent pour être cclangues du monde entier; dans le système d'Homre, c'était 1e mont Otympr, la Crète Thessa!:e; mais les prêtres du célèbre tcciple d’Apollon, à Delphes, :8’est-à rent bientôt accréditer uñe tradition, selon laquelle ce licu sac! Au n regardé comme le vrai milicu de la terre habitable, Au nord de ce j: Thrace, « ceairal, les contrées qui furent plus tard comprises sous la déno: lEmath tiun de Thessalie, semblent désignées chez Hiomcre sous celle «28 fleu plaine des Pélasges, Argos Pelasgicum. Les Pélasges paraissent av)0int l'ij éié les plus anciens habitants de la Grèce. Parmi les nombreuard che: tribus de la Thessalie, il y en avait une qui portait le nom d’#elt i'ivaient devenu dans la suite commun à tous les Grecs. Le Pénée, aux flots «hes, ma gentins, bornait au nord les nations grecques. Les parties les j! Nous a occidentales étaient l'Liolie, comprise sous le nom de Calydon qui ivilisé, à
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était la ville principale: et le royaume du prudent Ulvsse, compos des tles de Same, nommée depuis Cephalenié, [thaque, Zacvnthe, aujourd’hui Zante, et autres, ainsi que de la partie du continent où fut depuis J’Acarnanic; car le séjour des voluptueux Phéaciens, l'ile Scheria, depuis Corcyre et Corfou, était déjà hors de là Grèce; c’est la contrée le plus occidentale qu'Homère ait connue en @étail, il la fait presque voisine de l'Océan. Les habitants de ces îles donnaient à la côte du continent de Grèce, le nom d'Eprre, c’est-à-dire, Terre-Ferme.
En allant de Delphes au sud, Homere indique en détailles nombreuses tribus de Béotie, quoiqu'il ne prononce pas le nom de cctle province; l’Attique lui est connue sous le nom d'Athènes, et il remarque que les habitants étaient des lonicns. Les anciens affirment qu'il a désigné tout le Peloponèse sous le nom d’Argos, Il y distingue pourtant expressément l’Arcadie, l'Elide, le petit Etat de Pylus, gouverné par le sage Nestor, et la ville de Lacédémone ou Sparte, capitale d'un Etat qui comprenait tout le tiers méridional de la presqu'île. Il ne parle ia ni des Pélasges, ni des Doricens, et ne fournit aucun renseignement sur les rapports qui ont dù exister entre ces deux anciennes raccs. Parmi les îles de l’Archipel, le poëte connait, en allant du nord au sud, Samotirace avec sa haute montagne, Lemnos, Ténédos, Lesbos aux belles femmes,
prises ensemble. Eubée habitée par les Abantes qui avaient d'autres armes et d'autres bar le continent et! mœurs que les Grecs, Delos, Chios, Samos, Rhodos et quelques autres; it pas encore de noi vante la grande île de Crète, peuplée de nations qui parlaient des équent pour étre cellangues différentes, entre autres de Pélasges et de Doriens; il donne à fait le mont Olynpr, Crète dans un endroit quatre-vingt-dix, et dans un autre ceni villes, Apollon, à Delphes, 8 est-à-dire cantons indépendants. elle ce lieu saert Au nord de la Grèce, le poëie nous montre les vastes régions de la Le, Aunord de ce} Thrace, dans lesquelles il semble comprendre les contrées de Piérie ses sous la déni «ïEmathie et de Péonie, qui dans la suite formérent ja Macduihe: uore sous celle &:268 fleuves Axius et Strymon sui sont connus, mais il ne nomme ges paraissent avoint l'Hébrus; il n’a aucune idée du Danube, indiqué un siècle plus armi Îles nombreward chez Hésiode sous le nom d'Jster, Les peuples qui, selon Homère tait le nom d’Ael ivaient du lait de leurs cavales, son . :ux yeux de Strabon, des Scye Pénée, aux flots hes, mais le poëte parait du moins avoir ignoré leur nom. L. Les parties les jl BQus avons vu l'ile de Corcyre placée par le poete au bout du monde om de Calydon qui ivilisé, à l'extrémité de la mer immense. On ne peut donc pas s'étonner
OS
de ce que les côtes méridionales de l'Italie n'apparaissent aux regard Lons d'Homère que dans un lointain obscur. Le Zemese, où il fait aller l tinuc: navigatcurs de Taphos, Île voisine d'Ithaque, pour échanger du ft Héroc contre du cuivre, peut aussi bien être Tamesa en Chypre, que Temps d'Berc en Carabre, cé Le détroit qui sépare l'Italie de la Sicile, est, pour ainsi dire, le vos né! tro bule du monde fabuleux d'Homère. Le triple flux ct reflux, les hurk distan ments du monstre Scylla, les tourbillons de Charybde, les roches fl ‘a n tantes, tout nous avertit que nous quitions les régions de la vérité trées f: qu'il est temps de fermer nos orcilles aux chants de la sirène hon caern rique. La Sicile elle-même, quoique déjà connue sous les noms: #peup Lrinacia (depuis Trinacria ), est peuplée de merveilles; là, les tro» me jo: peaux du soleil crrent dans une charmante solitude, sous la garde (»”@leux Nymphes ; ici les Cyclopes, munis d'un seul œil, et les Lestrygons : Même, ( tropophages éloignent le voyageur d'une terre d'alleurs fertile en | deslven et en vin. Deux peuples vraiment historiques sont placés par Honi: AOMmie on Sicile; ce sontles Sicantens et les Siceli, où Siculi, il n'est pas tors Où mx fois décidé si les Siceli d'Homère demeuraient déjà dans l'ile qui res @rach d'eux son nom le plus usité, où s'ils habitaient encore l'Halie, leur # Mélle, cienne patrie; tout ce que nous savons par le poète, c'est que les Gr ‘Que c faisaient avec ce peuple un grand commerce d'esclaves. tion obso A l'occident de la Sicile, nous nous trouvons au milieu de la r(:20Mme des fabies. Les îles enchantées de Cireé et de Calypso, ainsi que ‘alé prés flottante d'Eole, ne doivent point être cherchées dans le monde rOUP$ csi La position arbitraire donnée par le poète à ces terres, nous appréréés m toutefois que la Sicile, dans son système, tournait une de sos (lives Pi pointes vers le nord, l'autre vers lorient et la troisième vers le rendant de sorte que sa côte septentrionale devenait occidentale, Or, ce d(O8 Les cement du triangle de la Sicile se refrauve précisément dans touurles bd systèmes des géographes grecs, et forme une de ces bases clemc0Pe sc ; res sans lesquelles on ne comprend pas du tout la g‘ographic? prix < cicnne. U gontr.
La mer Méditerranée au-delà de la Sicile est tellement retrécic 18e pa
le système d'Homère, qu'un seul jour suffit à Ulysse pour alti@plus l'île de Circé à l'entrée de l'Océan, et qu'il revient ensuite, dan US! de
seule journée, du séjour de cette magicienne au détroit de Hrehe "es
sent aux regard Longtemps encore après Homère, les historiens et les géographes cour où il fuit aller # MBucront à placer l'entrée de la Méditerranée très-près de la Sicile. échanger du ft Hérodote ne connaît aucun endroit entre Carthage et les colonnes hypre, que FRS d'Bcreule; un disciple d’Aristote, Hérachide de Pont, parlait de Rome cône d'une ville voisine de l'Océan. Dicéarque, autre elève d'Amistote, ainsi dire, 16 VS né! trouvait encore que sept mille stades de la Sicile aux colonnes, et reflux, les huri distance que du temps de Strabon on évalunit à treize mille stades, bde, les roches fl a mappemonde homérique F RUES à Faceidént jar deux conégions de la vérité. trées fabuleuses. Près de l'entrée de l'Océan, et non loin des sombres de la sirène hon caÿernes où se rassemblent les morts, Ulysse trouve Les Cimmériens, e sous les noms '# peuple malheureux qui, toujours environné d'épaisses ténèbres, rvcilles, là, les tro» fie jouit jamais des rayons du soleil, ni quand cet astre monte aux de, sous la garde 6x dieux ni quand il descend vers la terre. » Plus loin, dans l'Océan elles Lestrygons : Même, et par conséquent, hors des limites de la terre, hors de l'empire Der RPARUS \desvents ct des saisons, le poète nous dépeint un pays fortuné qu'il mt placés par Honi DOC A Le où l'on ne connait ni Les tempètes, ni 7 HIER uli; il nest pas {ot où murmure toujours un doux zcphyr, ct les cls eds Jupiter, ja dans l'ile qui re afrachés au sort commun des mortels, goûtent une félicité éterncore L'Italie, leur ® nelle. » | = ête, c'est que les Ut Que ces fictions aient eu pour base une allégoric morale, où la Si eee Fr. Hem DANIERAUE égaré; qu’elles soient nées en Grèce, ou, au milieu de la résine l'étymologie hébraïque du nom des Cimmérions pourrait le Calypso, ainsi que ‘aire RIESUMEE, dans lorient et plus principalement en Phénicie ; toucs dans le monde ous csi-il re que les grandes images qu'elles pré sentent, trans: 8 {erres, nous apprérées mal à propos ce le monde réel, appliquées SUCCerRIVEMENL à it une de ses tlivéfs pays et embrouillées par des explications contradictoires, ent, es vers 10 wemdant des siècles,singulièrement embarrassé la géographie et l'hisshe or eo oies Phéniciens qui, déjà du temps d'Homère, avaient fondé Gades se ‘ dans touurles bords de l'Océan et qui tiraient l’ambre jaune du nord de l'Eu- Fu ds clemc0Péy se gardaient bien de dissiper des préjugés si propres à rehausser ans 26 raphic? prix de leurs découvertes et surtout celui de leurs marchandises, PRE ed contraire, leurs pompeux mensonges étaicnt passés en proverbe, t tellement retréci® en 4 parmi les Grecs. L'occident resta donc le pays des fables. Lors- RARES aideplus de deux siècles après Homère, la course aventureuse de Coint ersi «eus! de Samos (a. M. 3,500) eut procuré quelques notions sur les
. Tan
pyient ensuite, GA s ; an i jnsi se détroit de Jfélènes ei les Ligyes (Liguriens), ainsi que sur Tartessus, le Pérou ane au de :