‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 3)Chapitre 4 sur 24 · LU AT · texte numérisé non relu

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de ces temps, on se flatta d'avoir découvert la situation précise d& ÿ cha îles enchantées de Circé et du royaume flottant d’Eolc; on l’avait vw Couvr celie redoutable entrée de l'Océan. On ne voulait point revenir du v: velles sinage de l'Elysée sans avoir visité des peuples bénis du cel, dou n’aÿar d'une stature élevée, ornés de toutes les vertus, et qui, dans ces her deme: reuses contrées de l’occident, voyaient leur vie se prolonger jusqu ll n mille ans, au moins. « Le nectar des fleurs était leur nourriture, ct notion rosée du ciel leur boisson. » Ces Macrobiens ou hommes à longue \liastc « ont dans la suite été transférés sous tous les climats, au gré de l'inquiync gination des écrivains. Les fables se multipliaient. A l'Elysée d'Hcmiprégicr succédèrent plusieurs îles Fortunées, et quoique écloses dans la tête (mais le poètes, elles se maintinrent vicuorieusement dans l'histoire de la gboréen: graphie; les voyageurs romains, dans un siècle plus éclairé, crurdew}'ist mème les reconnaître dans le groupe d'iles à l’ouest de l'Afrique, dorsqu’ signées aujourd'hui sous le nom de Canaries; et bien que ces olde Jaur vateurs y eussent en vain cherché les charmes que la tradition let de vi prêiait, cette fable, augmentée des fictions philosophiques de Platord'oliyicr de Théopompe sur l’Atlantide et la Méropide, s’est perpétuée jusqu’à Scythic jours, et sert encore de thème à des rêves historiques. Riphéen L'éclat que jetaient les îles Fortunées, engagca la plupart des é90mame vains à rapprocher d’un climat aussi heureux les Hyperboréens, pet les-Ror merveilleux qui, d’un accord unanime, est représenté comme habiersés au nord des monts Riphéens, demeure ordinaire du vent Boréc,! Æänt redouté des Grecs. D’après une très-mauvaise physique, on les croyl@ la m par cette position, à l'abri du froid souffle des vents du nord : Méfiens ce que veut dire leur nom. Mais ces monts Riphéens n'étritipér 1 qu'un composé imaginaire d'objets réels en eux-mêmes; les m)hes8; po de la Thrace, où le Strymon prend sa source; les régions où na Asie M Danube; les Alpes, les Pyrénées, les monts Hercymens ct, en un £8anci toutes les montagnes successivement connues en Europe ; que dies de q le Caucase même et le mont Taurus en Asie, furent confondus el@il cctte dénomination générale, qui ne paraît être qu'un terme açuePon latif pour toutes sortes de montagnes, emprunté à quelqu'ilumbori scntentrional. Quand on eut commencé à distinguer les Pyréncèslqu plus tard les Alpes, on fut obligé de reléguer vers la Seythitée p monts Riphéens avec tout leur cortége de fables. Il paraît qu'Hérdéiies

situation précise de ÿ@horcha les Hyperboréens,; il regrette beaucoup de n’avoir pu en dé- Eole; on l'avait vu ouvrir la moindre trace. Il eût bien voulu demander de leurs noupoint revenir du V1 velles à leurs voisins, les Arimaspes, gens très-clairvoyants, quoique bénis du cel, dou n'aÿant qu'un seul œil; mais on ne sut pas non plus lui indiquer la et qui, dans ces he délpeure de ceux-ci.

se prolonger jusqu 4 nous apprend que c'était à Hésiode qu’on devait les premières leur nourriture, €l notions sur ces peuples merveilleux, ce qui est confirmé par un schohommes à longue \liaste qui atiribue au même poëte les premicrs contes sur les Griphons, nats, au gré de l'in quiynon loin des Hyperboréoens et des Arimaspes, gardaient les métaux t. A l'Elysée d'Hem: prégicux des monts Riphéens. Les relations d'Hésiode sont perdues; écloses dans la tête mais les auteurs les plus rapprochés de son siècle placent les Hyperns l'histoire de la gboïgens, non pas au nord, mais à l'occident, Cest vers les sources e plus éclairé, crurdewf'ister que Pindare conduit les pas errants d'Hercule et de Persée ’ouest de l’ Afrique, dorsqu'ils allérent visiter ces peuples, qui, chéris d’Apollon, couronnés et bien que ces obde laurier, passaient leur vie en danses et festins, exempts de maladies s que la tradition let de vicillesse; c’est de là, dit-il, que la Grèce reçut le premier plant osophiques de Platod’'oliyicr ; peinture quine convient certainement pas aussi bien à la st perpétuée jusqu’à Seythie qu'aux régions voisines de l'extrémité occidentale des monts oriques. Riphéens. Aussi les îles enchantées, où les Hespérides gardaient les ea la plupart des ép0mpes d’or, ct que toute l'antiquité place à l’occident, non loin des les Hyperboréens, perlesortumées, sont-elles appelées Æyperboréennes par des auteurs trèsrésenté comme habirersés dans les anciennes traditions. aire du vent Boréc, Tant de merveilles éclatantes, accumulées dans la partie occidentale physique, on les crole là mappemonde primitive des Grecs, en firent disparaitre les Cims vents du nord : Mékiens et leurs ténèbres éternelles. À mesure que l'occident s’éclairpnts Riphéens n'étuitipar les rapports des navigateurs, on voit les historiens et les géogra- L'eux-mêèmes; les mhéspousser les Cim. iériens au nord, et comme il s’est trouvé, dans ; les régions où n’Alé Mineure et en Germanie, deux peuples d'un nom assez semblable, ercymens et, en un £8 anciens ont cherché à combiner le peu qu'ils apprirent sur fes couris en Europe ; que diés de ces nations avec les anciennes descriptions poétiques, de tout e, furent contondusiel@til est résulté une telle masse de contradictions et d'obseurité, être qu'un terme 4 uelon peut, avec un avantage égal, soutenir tout ce qu’on voudra prunté à quelqu'iluBforigme, les migrations et l'extinction des Cimmériens ou Cimbres, distinguer les Pyréncèsqu'on les regarde, à l’exemple des anciens, comme un seul et euer vers la Soythitêmie peuple. Ce n’est pas la seule énigme géographique née des anbles. 11 paraît qu'Hériémes traditions fabuleuses. Les Hyperboréens furent à leur tour,

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impitoyablement chassés de leurs jardins Hespériens par des voya geurs ct des géographes mieux informés. Quand les noms historique: des Ibériens et des Celtes eurent rempli la partie occidentale de l'E

rope, on assigna aux Hypecrboréens une île singulièrement fertile située dans l’Octan, vis-à-vis de la Celtique, île qui répond à peu près la Grande-Bretagne. Albion étant, à son tour, trop connue pour fourn: un asyle à des fables, les géographes, comme Pline et Pomponiu Mela, transportèrent les Hyperboréens tout à fait aux extrémités co tentrionales de la terre, en leur donnant un pays très-chaud et tre agréable, quoique situé sous le pôle mème, puisque les jours et 1 nuits étaient de six mois; au surplus ils vivaient toujours au sein la paix, de l'innocence et de toutes les vertus; ils ne connaissaic ni gucrre, ni maladie; seulement ils s'ennuyaient quelquefois de ir debonheur : alors, aprèsun festin, la tête couronnée de fleurs, ilsse do. naient la morten seprécipitant dans lamer du haut d’un certain roch: Cl2z un auteur fidèle aux anciennes traditions, Avienus, la dou température dont jouissait le pavs des Hyperboréens, est expliquée } la proximité momenianée du soleil, lorsque, d'après les idées d’t mère, il passe pendant la nuit par l’Océan septentrional pour retourn à son palais dans l’orient. Tacite lui-même ne rougit pas de rappo terque, dans les extrémités de la Germenie, on croyait entendre le bri que faisait le char du soleil en se plongeant dans la mer, qu’on disti guait les rayons de sa tête, qu’on y voyait même apparaître les autr dieux; enfin, ajoute-t-il : « je croirais volontiers que de même que » soleil dans l’orient fait naître l’encens et les baumes, sa plus gran » proximité, dans les régions où il se couche, fait iranspirer les su » les plus précieux de la terre, pour former le succin. » C’est ce q déno'‘ait la belle allégorie d’après laquelle le succin était les larmes ( répandues par Apollon lorsqu'il était allé chez les Hyperboréens pleu: la mort üe son fils Esculape, ou par les sœurs de Phaëton, chang: en peupliers; c'est ce que dénote le nom grec de l’ambre jaune, é’ tron, pierre du soleil. Les savants grecs, longtemps avant Tacite, avai: dit que cette matière si précieuse était une exhalaison de la terre, p: duite e* durcie par la force des rayons du soleil, plus grande, sel eux, dans l'occident et le nord. Toute cette docte théorie est évid® ment puisée dans le système cosmographique d’Homere; elle wa

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toujours autant que les explications moins merveilleuses, muls non moins fausses, que plusieurs historiens et géographes anciens tentèrent de donner de cette production naturelle, explications qui varierent autant que leurs opinions sur le fleuve Eridan, aux bords duquel on trouvait le succin.

| Dans les premières traditions recucillies par Hésiode, l’Eridan se montre dans ics espaces vagues et obscurs qui occupent tout le nord- Quest de la mappemonde de ce siècle; et l'idée de ect Eridan fibuleux qui s’écoulait dans l'Océan en traversant ce qu'on nomma plus tard la @ellique, se maintint dans toute l'antiquité. Cependant quelques Grecs qui voulaient ètre mieux informés, appliquérent successivement ce nom au PÔ, au Rhône, au Rhin, en réunissant même quelquefois ces trois rivières d'une manière qui nous doit paraître absurde, mais qui, rapportée à leur système, se conçoit aisément. Quand les voyageurs envoyés par Néron eurent fait connaitre à peu près la vraie position du pays où nait l'ambre jaune, le nom d'Eridan resta comme un souveair des siècles poétiques et fabuleux; le Pô en hérita.

Les connaissances primitives des Grecs sur l'Asie étaient singulièrement limitées. On sait qu'Homcre décrit avec exactitude les lieux qui servirent de théâtre aux combats des Grecs et des Troyens. La ville d'Jlion, assise, avec sa citadelle Pergama, sur un des gradins inféricurs du mont Zda, au haut d'une belle plaine que baignent le Simon, venu des parties centrales de l’Ida, et le Scamandre ou Xanthus, né sous les Murs de la ville de deux sources, l’une chaude, l’autre froide; les changements que le cours de ces rivières a subis vers leur embouchure, changements qui, déjà avant le siècle de Strabon, avaient donné lieu à les faire confondre l'une avec l’autre ; le royaume de Troie avec ses neuf provinces, parmi lesquelles sont comprises les contrées habitées par les Lycicns, les Dardaniens, les Lelèges et les Ciliciens, vassaux de Priam; tous ces objets, dis-je, ont fourni matière à de longues et savantes recherches faites sur les lieux, et dont le résultat a prouvé l& scrupuleuse exactitude du poète dans tout cv qui regarde lethéâtre immediat des scènes décrites dans l’Hliade. Les Dardaniens habitèrent les rivages du canal connu aujourd’hui sous le nom de détroit des Dardânelles, ct alors sous celui d'Heïlespont. Horre paraît avoir compris la Propontide et le Bosphore, ou canal de Constantinople, sous la L 4

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