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seule dénomination d'Hellespont. Il ne nomme pas non plus le Pont- Euxin; mais il connaît, le long des bords de cette mer, les Cavcones, les Paphlagoniens, parmi lesquels les Henéti formaient la principale tribu; et les Halizoni, probablement voisins du fleuve Halys, et dont le pays, riche en mines d'argent, s'appelait Alybe : nom dans lequel Strabon croit voir les Chalybes.
En se rapprochant de ‘’xtrémité de la mer Noire, la géographie homtrique prend de nouveau une teinte fabuleuse. Les Amazones, objet de tant d'opinions différentes, appartiennent encore en partie à l'histoire; mais la Colchide, le royaume du sige Aëtes nese montre aux regards du poète que dans un lointain vague; il y place le palais du soleil et le théâtre des amours de ce dicu avec une fille de l'Océan, Perse, dontle nom rappelle un peuple célebre.Dansson système, l'Océan baignait les limites orientales du monde non loin de la Colchide; toutefois le lac du Soleil dont parle Homère, pourrait paraître une obscure allusion à la mer Caspienne.
En allant de Troie vers le midi, nous trouvons les connaissances du poète bien plus étendues : il connaît l’Zermus, le Méandre et les autres fleuves principaux qui baignent les côtes occidentales de l’Asic- Mineure. Le nom d'Asie semble borné par Homère à une petite contrée sur les bords de la rivière Caystrus ; c’est là que les traditions des Grecs et des Asiatiques placent la demeure des personnages historicoallégoriques auxquels ils attribuent l’origine du nom d'Asie; on y retrouve mème plus tard une nation appelée Æsiones ; enfin, tout concourt à faire croire que le nom de ce canton délicieux, un des premicrs habités par les Ioniens, est devenu, par unc extension successive, celui d’une vaste partie du monde. Homèrenous montre les Pélasges et les Méoniens comme les principales nations de l'Asie occidentale : plus au sudouest, étaient les Cares ou Cariens, déjà fondateurs de l'ancienne Milet, ville qui, rebâtie par les Ioniens, fut le premier siége de la navigation et du commerce des Grecs. Les Lyciens et les Solymi habiterent la cûtc méridionale au pied du Mont-Taurus ; la plaine Aleïenne d'Homiére a été retrouvée par des géographes grecs dans la Cilicie ; mais on ne saurait garantir cette explication. Le centre de l’Asie-Mineure était occupé par les Phrygiens, nation nombreuse dont le territoire s’étendait alors jusqu'aux bords de l'Hellcspont,
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Hors de l’Asie-Mineure, et même dès qu’on a passé le cap Ché, pium, la géographie primitive des Grecs reprend un caractère vague. Les Arimi paraissent être les Araméens ou Syriens ; mais est-ce de ceux de la Syrie, ou de ceux de la Cilicie, que parle Homère ? Dès cette époque les Grecs entretenaient des relations avec les Phéniciens, dont Sidon était alors la ville principale. Leurs étoffes teintes en pourpre, leurs ouvrages en or et cuivre, leur science navale, leur avidité, leurs ruses, fournissent à Homère plusieurs de ces traits moraux dont il aime à vafier ses tableaux.
L'antique réputation de l'Egypte avait frappé les orcilles d'Homère : {l vante souvent la science médicale des Egyptiens : ils sont tous à ses Yeux des enfants d'Esculape ; il leur attribue même le talent précieux de savoir guérir les maladies de l'ame, au moyen d'u suc qui n'est probablement que celui de l’opium. Homère sait même nommer Thèbes aux cent portes; mais il ne connaît Je Nil que sous le nom d'Ægyptos. A une journée de navigation d’une des embouchures du fleuve Ægyptos, le poète connaissait le port et l’île de Pharos, séparés alors du continent par un canal de sept stades : les phoques se jouaient sur cette plage déserte, où brilla dans la suite la riche Alexandrie. Homère connaît une faible portion de l'Afrique sous le nom de Libye, «pays, dit-il, où & les agneaux naissent avec des cornes, où les brebis mettent bas trois & fois l’année. » Il connaît aussi l'usage que les Africains font du fruit du Lotus, et il conduit Ulysse dans une île habitée par des Lotophages, ou mangeurs de lotos ; île que les géographes ont prétendu retrou- Ner dans celle de Zerbi, voisine de la petite Syrte. Un voyage vers ces ©@ôtes si voisines de la Grèce paraissait, du temps d'Homère, une entre- Prise héroïque ; Ménélas employa huit ans à visiter l’île de Chypre, la Phénicie, l'Egypte et la Libye ; il n’y avait que des pirates qui, « au risque de leur vie, » allaient droit de l'île de Crète en Egypte.
Moins un siècle possède de connaissances positives, et plus il met de bardiesse dans les systèmes qu’il se crée. Les Grecs du temps d'Homère remplissaient l’orient et le midi de leur mappemonde, comme nous les @vons vus en remplir l'occident et le nord, par des traditions obscures ou des fables amusantes. Depuis la communication supposée du Phasis
“avec l'Océan, jusqu’à l'autre entrée occidentale du même Océan, Homè- ‘re place sur les bords du disque de la terre les Ethiopiens, « les plus
» reculés des hommes, divisés en deux parties, l’une vers le lever du 80- » ‘eil, l’autre vers son coucher. » Parmi ces Ethiopiens habitaient les Pygmées, également répandus tout autour du bord méridional de la terre, Les Erembes, voisins des Phéniciens et des Egyptiens, semtuent êlre les Arabes, dont le nom orientol s'écrit aussi Ereb. Les successeurs d'Homère comprirent successivement sous la dénomination générale d'Ethiopiers les Céphènes, c’est-à-dire, les Perses, les Bactriens, les Indiens, enfin tous les peuples qu'on découvrit à lorient et au midi; Férodote même parle encore d’Ethiopiens d’Asie, et on a prétendu qu'il désignait sous ç nom les Coïchiens. Enfin ces idées vagues des Grecs primitifs sur les peuples d’une couleur foncée, qu'ils regardaient tous comme une seule nation, n'ont jamais été entièrement effacées de la mémoire des générations suivantes.
L'ensemble de la géographie homérique, tel que nous venons de l’exposer, peut seul rendre intelligibles les traditions à moitié historiques, à moitié fabuleuses, par lesquelles nous connaissons la première navigation de long cours faite par les Grecs, le fameux voyage des Argonautes, qui, chargés de la toison d'or et ne pouvant, à cause des troupes colchiques, regagner la mer Noire p'r le Phasis, passèrent cependant pour avoir effectué leur retour en Grèce ( 4. M. 2,700 ). La plus ancienne tradition, parfaitement conforme au système homérique, fait arriver Jason et ses compagnons par le Phasis dans l'Océan oriental ; ils font ensuite le tour du pays des Ethiopiens, et comme il n’y avait pas probablement de golfe Arabique sur les mappemondes de ce temps, les héros traversent la Libye par terre, trainant leur vaisseau avec eux, et parviennent, après un trajet de douzeJours, aux rivages du golfe Syrtique et de la mer Méditerranée. Tant l'Afrique était facile à traverser dans ce beau siècle des fables ! Un peu plus tard, Hécatée de Milet, ayant entendu ou cru entendre de la bouche des prètres égyptiens, que le Nil venait de l'Océan, ramena les Argonautes par cette route, en apparence plus raisonnable. Personne ne pensa à les faire arriver par le golte arabique, car les premiers Grecs qui en eurent quelque notisu, le prirent pour un lac fermé de tous les côtés. Des poëtes et des historiens plus modernes, voulant mettre d'accord ces anciennes traditions avec les découvertes de leur siècle, conduisent les Argonautes par la Palus- Méotide et le Tanaïs, dans l'Océan septentrional et ensuite autour des li-
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mites supposées du monde, par les contrées des Hypcrbcrens ct des Cimmériens, jusqu'au détroit d'Hercule par lequel ils entrent dans la Méditerranée ct arrivent à l’île Scheria. Telle est la route imaginée par lé faux Orphée, qui parle déjà de l'île Jerne, notre Irlande, des Alpes et u promontoire Sacré, comme de la pointe occidentale de l'Europe : notions reçues sans doute par les Phocéens, et qui prouvent que ect auteur né saurait guère être antérieur à Hérodote. Enfin, quand les navigateurs Milésiens et Athéniens eurent constaté la non-existence du prétendu canal de communication entre la Palus-Méotide et l'Océan, les Argonäauics furent censés avoir remonté l’Ister ou le Danube qui, même aux yeux des savants, passait pourse diviser en deux bras dont l’uns’écoulait dans le Pont-Euxin et l'autre dans l’Adriatique ; c’est au moyen de ce fleuve à double cours qu’Apollonius de Rhodes ramène les héros grecs dans leur patrie, en dépit de la géographie et de la flotte de Colchiens qui bloquait le Bosphore.
“Voilà, ce me semble, un exemple frappant de la marche progressive ét lente des connaissances géographiques. Voilà en mème temps une preuve incontestable de l'autorité dont jouissait le système demi-fabuléux dans lequel Homère a puisé ses notions cosmographiques. Si les Grecs ne s'étaient pas figuré la terre comme un disque rond, baigné par lérflcuve Océan, partagé en deux par le Phasis et le détroit d'Hercule, comment les poètes argonautiques auraient-ils pu imaginer les routes Pêr lesquelles ils conduisent leur héros? Tout s'explique aù contraire, én admetlant que la cosmographie imaginaire d'Homère fut celle do $on siècle et même celle de plusieurs générations suivantes.
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Voyager et connaissances d'Hérodote. — Analyse des principaux points de la géographie de son siècle, r
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Les vagues traditions et les contes merveilleux qui régnaient dans xtra géographie primitive des Grecs, auraient longtemps perpétué leur citoy( empire, si des guerres extérieures et intestincs n'eussent forcé une sumce partie des habitants de la Grèce à chercher dans des contrées éloignées s'ouv une nouvelle patrie, ou du moins une source de richesses et de puissance. Les Milésiens et les Mégaréens foudèrent des colonies de commerce tout autour de la mer Noire. Corinthe inventa lcs trérèmes, ct peupla la Sicile de colonies; l’Italie méridionale reçut d’eux le nom de Grande Grèce. Les Phocéens firent connaître la Sardaigne, la Corse, la Gaule, où Marseille devint le terme de leurs destinées errantes; le Samien Coléus, entraîné par une tempête, passa le détroit des Colonnes, et fut le premier des Grecs qui navigua sur le véritable Océan. Coléus rapporia de Tartessus, pays de l'Espagne méridionale, des richesses qui enflammèrent le courage des navigateurs. Le jaloux Phénicien voulut en vain arrêter cet essor; il paraît que les Grecs surent même parvenir à se procurer quelques-unes des cartes géographiques et nautiques qui 1 avaient servi à guider les vaisseaux phéniciens. Le Milésien Anaximandre, disciple de Thalès, indiqua, dit-on, la grandeur de la terre, composa même une sphère, ettraça la première mappemonde connue: # son compatriote Hécatée corrigea cette carte et l’accompagna d'un itint ue raire du monde. P p à Mais, comme Hérodote nous dit expressément que les géographes de d'eux son temps figuraient la terre comme un disque exactement rond, baigné par l'Océan, il devient fort probable que la mappemonde ds Milésiens ne s’éloigna point ou peu de cette idée reçue. Plutarque not apprend qu’Anaximandre comparait la terre à un cylindre; Leucippt® à en fit un tambour, Héraclide un bateau; d’autres préféraient la form
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HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE, 31 cubique; il y en avait qui, avec Xénophane et Anaximène, regardaient l&terre comme une haute montagne, dont la base s’étendait à l'infini, tandis que les astres en éclairæent les différentes parties en circulant autour d'elle, Tous ces tâtonnements prouvent combien la science . graphique des philosophes ioniens était vague et obscure.
“Dans une semblable situation des esprits, c'était un phénomène que
dé voir s'élever un homme d’un jugement assez sain et assez ferme pour rejeter toutes les idées reçues, et n’ajouter foi qu’à ce qu’il avait vüde ses propres yeux ou appris de témoins oculaires, Cet homme qui régnaient dans la extraordinaire, né à Halicarnasse (A. M. 3530), se nommait Hérodote; mps perpétué leur citoyen distingué d’une petite république commerçante, il est à prép'eussent forcé une sümer qu'il fut lui-même négociant. Quoi qu’il en soit, Hérodote sut les contrées éloignées s'ouvrir des routes inconnues avant lui; il pénétra chez les Péoniens richesses et de puis- qui paraissent alors avoir habité la Servie actuelle; il visita les colonies des colonies de com- Bré£ques du Pont-Euxin, et aflirme avoir lui-même mesuré l'étendue venta les trirèmes, cl dééette mer du Bosphore au Phasis; il parcourut l’intéricur des pays eçut d'eux le nom de elfués entre le Borysthène et l'Hypanis, qui font partie de la Russie rdaigne, la Corse, li méridionale ; peut-être fit-il la route de la Palus-Méotide au Phasis, ou estinées errantes; le dumoins il se procura sur cette route, ainsi que sur l’étendue de la mer ‘détroit des Colonnes, Caspicnne, les renseignements les plus exacts. A l’orient, ses voyages ritable Océan. Coléus ont dû s'étendre jusqu’à Bahylone et à Suza, capitale de la monarchie ale, des richesses qui péanne; il indique les moindres détails de la route, et parle souvent ux Phénicien voulut entémoin oculaire ; le reste de la Perse lui était connu par les dénomurent même parvenir bréments officiels des armée et des gouvernements dont il eut conques et nautiques qui nahsance. Au midi, ses poses s'étendirent probablement aux extré- ‘Le Milésien Anari mités de l'Egypte; il décrit les choses mémorables du pays, de randeur de la terre, manhicre à prouver qu'il y a fait un long séjour; il semble même conaappemonde connue: # ; les routcs commerciales des ANNEES venant de l'Afrique compagna d'un itiné intépieure, tan il POUR confiance ou flatter les intérêts des prêtres égyptiens. Hérodole visita les colons grecs de Cyrène, et tira
d'eux quelques renseignements utiles. Il avait certainement vu de ses propres yeux la Grèce d'Europe, sa description du célèbre défilé des sin manpemondede Thrmopyles étant la plus claire qui nous en soit restée. Enfin, il QUE recue. Plutarque nous mia sa Cariere dans l'Italie méridionale ou la Grande Grèce, et c'est
probablement là qu’il acheva sa précieuse histoire.
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<1] des découvertes qu’elle regardait comme le secret de sa propre gran- Gade deur. Hérodote visita Tyr; mais l'extrême faiblesse de ses connaissances ge sur l'occident de l'Europe et de l'Afrique, prouve assez qu'il ne put gtio ‘1 qi obtenir aucun renseignement des Phéniciens ni de leurs colons. Dépourvu, comme tous ses contemporains, de connaissances astronomiques ct mathématiques, Hérodote ne pense pas à réunir dans un système ses nombreuses découvertes partielles; sculement, il sent que ces découvertes s'accordent mal avec les idées reçues; il se trouve à l'étroit dans le monde d'Homère; il se permet même des raillerices sur le fieuve Océan, qu’il n’a jamais pu trouver, dit-il, et sur la rotondité du disque de la terre, dont il n’a aperçu aucun indice. Il ne sait pas, et croit qu'aucun homme de bonne foi ne peut prétendre savoir si la terre est, ou non, entourée d’eau de toutes parts. On l’a dit, ajoute-t-il, mais on ne l’a jamais prouvé. Ces doutes, parfaitement raisonnables dans la position où se trouvait Hérodote, ne l’ont pourtant pas empêché de retomber lui-même dans le système homérique, lorsqu'il veut donner quelques idées générales et positives. Il admet, en hésitant, trois parties du monde; mais l'Europe, séparée selon lui de l'Asie par les fleuves Phasis ct Araxès et par la mer Caspienne, lui paraît plus longue que ll l'Asie ce. la Libye ou l'Afrique, prises ensemble :iln’en connaît les pt bornes ni à l’est ni au nord : pour l'Asie, au contraire, il croit qu'une fiotte envoyée par Darius en a fait le tour depuis l’Indus jusqu'aux confins de l'Egypte. Un autre voyage, exécuté par les Phéniciens, sous les À auspices du roi Nechos, a démontré, dit-il, que la Libye ou l'Afrique 1 s'étend dans la même direction que l'Asie, c’est-à-dire, qu’elle se ter- | mine au nord de l'équateur. Cette opinion est encore clairement ex- + L prime dans l’endroit où il dit que l'Arabie est la partie la pius méridiuut | nale de la terre habitable. Ces idées tiennent toujours au système È hi L homtrique, dans lequel l'Asie et la Libye formaient la moitié mtr'dionale et orientale du disque de la terre.
Si maintenant nous considérons les détails de la géographie d'Hérodote, en commençant par l’Euiope, nous y verrons des espaces parfeitement décrits, mais séparés par d'immenses lacunes. « Les Phocéens, » dit-il, ont découvert l’Adriatique, la Tyrrhénie, V'Ibérie ct Tartessus ». Cedernicr pays, fameux par ses métaux précieux, était hors des Colonnes &'ucreule, dans PAndalousie d'aujourd'hui; il y connaît Gadeira où
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biographie d'Hérodes espaces parivies. « Les Phocéens, bérie ct Tartessus ».
it hors des Colonnes connaît Gadeira Où
Gades, célèbre colonie phéaicienne; il sait que lon reçoit de l'étain et de l'ambre jaune des extrémités de l’Europe; mais il n’ose fixer la position des îles Cassitérides d’où venait la première de ces marchandises. Dans ces contrées obscurément connues, il place quelque part aux bords de l'Océan, deux peuples, les Cynésiens et les Celtes. On lui demanderait én vain des détails plus positifs sur les pays voisins de la Méditerranée. La Corse, nommée Cyrnos, et la Sardaigne étaient connues par les colonies phocéennes. Massilia ou Marseille se trouve indiquée dans un passage, à la vérité, très-douteux.
)Dans le même passage, il est fait mention des Ligyes ou Liguriens; ce nom joue un grand rôle dans la géographie la plus ancienne. Hésiode nômme les Liguriens à côté des Ethiopiens et des Scythes; Eratosthènc donne à l'Espagne le nom de péninsule ligustique; Thucydide étend leur puissance jusqu’à l'Ebre et même jusqu’au fleuve Sicorus, aujourd’hui Xucar près de Valence; d’autres écrivains bornent la Ligurie aux Pyrénées et aux Bouches-du-Rhône. De l’autre côté, une tradition place des colonies liguriennes sur le Tibre; et les cygnes mélodieux de l’Eridan sont unanimement placés en Ligurie. L'accord déltant de circonstances ne permet guère de méconnaître ici le grand peuple des Celtes dont les tribus maritimes portèrent, dans leur propre läigue, le nom appellatif de Ly-gour, c’est-à-dire habitants des côtes.
Rome est encore inconnue à Hérodote; le nom d'Italie ne désigne que la grande Grèce. La Sicanie commence à s'appeler Sicile. Les Hénètes ou Vénètes habitent sur l’Adriatique. L'Illyrie, avec ses peuples, est vaguement mentionnée. La Macédoine paraît indépendante de la Thrace ; la Grèce européenne présente des détails tres-étendus, mais quénous ne pouvons exposer ici.
Nous devons plutôt nous arrêter sur les bords de l’Ister, du Borysthène et du Tanaïs, où Hérodote a singulièrement avancé la géographie. Dañs sa description du cours de l’Ister, il remonte depuis l'embouchure vers la source, en nommant les rivières qui s’écoulent dans ce fleuve, etqui sont au nombre de six du côté septentrional, et de dix du côté du midi. Parmi les premicrs, on reconnaît avec certitude le Porata, notre Path, et le Haris qui est la Theisse accrue du Marosch. Parmi les dix riMières venant du midi, « la septième, nommée Cius, descend du mont
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» Rhodope et traverse la chaîne de l’Hémus » ; ce qui, appliqué an le meilleures cartes modernes, indique positivement l’Isca, près de Sophia, d’ nommé Oscius par Thucydide. Si maintenant nous voulons, pour ur to instant, supposer qu'Hérodote ou quelqu’autre voyageur, en remontan Ca
le fleuve, ait pris la Save pour le bras principal au lieu du Danut: {comme de nos tempsil est arrivé pour le Mississipi et le Missouri) qui nous retrouvons sans difficuité les trois rivières restantes dans Bul
Morawa, le Drin de Bosnie et la Culpa : le premier est, commele Brong la d'Hérodote, formé par la réunion de deux rivières dans une belle plain FUI le dernier descend du mont 4/bius, dont le nom rappelle l’Alpis de nott Vol auteur. Il résulterait de cette hypothèse de grandes facilités pour ré del soudre plusieurs queslionsembarrassantes. Pourquoi Hérodote place-t- &ur la source de l’Ister chez les Celtes, près d’une ville nommée Pyrèn ebau C’est que les peuples celtiques occupaient la chaîne des Alpes, etque! ist nom de Pyrénées, correspondant aux noms celtiques et germaniqu Säien Brenner ct Firner, était appliqué à tous les pics colossaux parmilesque Mis le plus voisin des Grecs était le mont Terklou; c’est au pied à Pépar Terklou que la Save prer: sa source. Pourquoi tant d'auteurs ont: éupl représenté l’Ister comme s’écoulant à la fois dans le Pont-Euxin et da Adriatique ? Cette erreur s’excuserait aisément, si l’on admettait q Yister des Grecs et des Illyriens n’était dans le fait que la Save, dont! sources sont très-rapprochées de celles des rivières de l’Istrie, circo stance que Pline a fait servir à expliquer la navigation des Argonaut et supposant qu’ils avaient transporté leurs vaisseaux d’une sourt l'autre.
Hérodote convient lui-même qu’il ne connaît pas les sources du ! rysthène, et, ce qui est plus singulier, il ne parle pas des cataracte: ce fleuve : il nous a pourtant donné la meilleure relation que nous ay sur les Scythes, peuples nombreux qui habitaient depuis } fster iusqu Tanaïs, divisés en plusieurs tribus. Les Scythes, suivant lai, étaient branche des Saces, grande nation nomade à l’est de la mer Caspier ? plus Pour arriver en Europe, ils avaient passé l’Araxés, rivière à quatre ? éette . bouchures, qui paraît être le Rha, ou Wolga, quoiqu'Hérodote r’aitp' » bêtes qu’à l’Araxès de Médie; mais il a pu se tromper eu exposant da 8h s vagucstraditions, Les Scythes avaient expulsé des bords dela Palus-\ ue lide un peupl? auquel les Grecs, et Hérodote à leur tête, appliqué *##éra
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE, 35 ui, appliqué au le nom probablement fabuleux de CPAS emprunté à la géographie a, près de Sophia, d’'Homère et des autres poètes. Le peuple disparut promptement de l’hisvoulons, pour ul toire, mais le nom resta au Bosphore cimmérien, qui est notre détroit de eur, en remontan po | + ; na :
‘eu du PDanult Parmi les nations voisines des Scythes, Hérodote distingue les Gètes, Roi Missouri) qui tenaient probablement à la race des Slavons; ils habitaient alors la Ne d. k Bulgarie actuelle, et passèrent ensuite l'Ister. Les Agathyrses occupaient en le Brongu la Transylvanie; les Alazones, peuple agriculteur, s’étendaient dans
de plain FUkraine polonaise; les Neures cultivaient du blé dans les plaines de la si = de not Volhynie. Les Sauromales ou Sarmates, devenus dans la suite habitants os our rè de la Lithuanie, vivaient entre le Don, le Volga et le Caucase. Très-loin
: a en au nord-est, et vers les monts Oural, étaient les Argippæi qui étaient
ee. Pyrèn @bauves, c’est-à-dire qui portaient la tête rasée ;ils avaient le nez écrasé,
dre etque! ils étaient réputés saints, passaient leur vie sous un arbre, se nourris-
j «et germaniqu sdient de végétaux et de lait, et ne prenaient jamais les armes. A l’est,
das jlesque Mâis à une distance inconnue, se trouvait la nation des Issedones, qui
UE a . i réparaît plus tard dans la géographie comme faisant partie du grand
ee a ont: Héuple des Séres, au nord de l'mde.
RE a etda Ces connaissances surprenantes sur des peuples aussi éloignés n'étaient
a 2 it q dus qu'au génie du commerce qui, des rives du Borysthène, s'ouvrait
Gi WE gave, dont’ ue route vers l'Asie centrale. C’est sans doute à d'autre caravanes ines de listrie, cire diënnes qu'Hérodote dut les idées justes et précises qu’il eut sur la mer
peser Ar es ‘dépienne ; idées que les géographes suivantsrejetèrent ou dénaturèrent
a. A un pobr les adapter aux systèmes reçus. «La mer Caspienne, dit le père de
ESeaux s Éhistoire, est une mer par elle-même et n’a aucune communication
ources du! * vec l’autre; car toute la mer où naviguent les Grecs, cellequiest au- | sus cataracte: #lelà des Colonnes d'Herculequ'onappelle mer Atlantide et la mer Eryle pe C US ON » thrée, passent pour n'être qu’unemême mer.La mer Caspienne est une pelation de {ter jusqu ? mer distincte et bien différente; elle a autant de longueur qu’un vais-
. ai out * 8Séau qui va à la rame, peut faire de chemin en quinze jours; etdans sa
EU om Caspiel » plusgrande largeur, autant qu'ilen peutfaire enhuit, Le Caucase borne
a quatre: ? &ètte mer à l'occident ; à l’est, s’étendent les vastes plaines des Massa-
Les,
oiqu ‘Hérodote p’aitl' ; d. : ,
osant di savant à qui l’histoire de la géographic doit des bases nouvelles, per eu Mn palus-\ e que la mesure donnée par Hérodote est rigoureusement exacte. re : ppliqué dx dit Gosselin, évaluait la marche d’un vaisseau à 700 stades.
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