‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 19 sur 75 · TES ES LES · texte numérisé non relu

TES ES LES

AFRIQUE : NUBIE, 73 des pèlerins et des kafilas d'esclaves est, à cette heure, la seule ressource des habitants de Souakim. Deux minarets encore debout attestent son ancienne prospérité.

La contrée à l’est de la valiée nubienne du Nil nous offre d'immenses déserts qui vont Se continuer avec celui de Saharah. On y rencontre cependant quelques petites oasis, dont la plus considérable est celle de Sélimeh, à peu près a la hauteur de la seconde cataracte et à une vingtaine de lieues du fleuve. Elles possèdent des couches de sel gemme exploitées chaque année par les Arabes nomades. Le désert de Bahiouda, au nord du Kordofan, est parcouru par les Arabes Hassaniéh, dont plusieurs s’adonnent au connnerce, et par les Arabes Xababiéh.

Eu remontant le vrai Nil ou Bahr-el-Abiad, on rencontre d’abord un territoire appelé El-Aizah, du nom de son principal village. Ce pays est occupé par des tribus arabes mahomiétanes, qui vivent en partie de poisson et demeurent dans des cabanes de paille. Plus au sud, sur la rive droite du Babr-el-Abiad, se trouve le pays de Danka, habité par des Nègres idolâtres. Au rapport de Cailliaud, ces Negres vont nus; seulement, les femmes se ceiguent d’une peau en forme de jupon court. Les enfants des familles riches portent une clochette suspendue au derrière. Plus haut, sur les bords du même fleuxe qui court ici de l’ouest à l’est, habitent les nègres Schsllouks, que nous avons déjà cités comme les conquérauts du Sennaar. Ils sont également idolâtres, et vont entièrement nus. Au nord du pays des Schillouks, les relations nomment le Cheibon ; à l’ouest, le Donga; au nord du Donga, le Fertit, et d’autres pays inconnus qu’occupent diverses nations negres, peu différentes des Schilloucks. Les mahométans d'1 Darfour et des contrées voisines font sans cesse la chasse à ces Nègres, pour les réduire en esclavage. Le Fertit passe pour être riche eu intues de cuivre.

A l’ouest et au nord du Bahr-el-Abiad, s'étend une vaste région connue sous le nom de Kordofan, qui appartient évidemment au bassin de ce fleuve. Le Kordofan n’est, à proprement parler, qu’un assemblage d’oasis qui est entouré de tous côtés par de grands déserts. Après avoir été longtemps tributaire du Sennaar, puis du Darfour, ce pays a été euvahi par Méhémet-Ali, et depuis lors (1820) il reconnait la suzeraineté de l'Égypte, qui entretient une garnison dans sa capitale. Celle-ci, appelée Obeidhu où Ibrit, selon Browne, était assez considérable avant

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l'invasion égyptienne. Elle est située dans une contrée bien arrosée, tres-fertile, mais très-malsaine pour les étrangers. Les habitants du Kordofan se divisent en Nègres, pour la plupart 1dolâtres, et en Arabes qui sont mahométans. Ces dermers sont presque exclusivement pasteurs et chasseurs. A la guerre, les chefs portent des casques, des cottes de maille et des brassards en fer. Il est assez bizarre de rencontrer au cœur de l’Afrique l’armure de nos anciens chevaliers. Les Nègres se livrent à l’agriculture et à l’industrie : on vante leur habileté à préparer le cuir et à travailler le fer. La danse et la musique sont leurs grands plaisirs. Chez eux, hommes, femmes et filles vont nus: à huit ou dix ans, celles-ci sont nubiles.

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