‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 25 sur 75 · partie int d’abord p · texte numérisé non relu

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Vis-à-vis Massaouah s'étend l’île Dahlak, la plus considérable de toutes celles de la mer Rouge; elle a 9 lieues de longueur sur 4 de largeur, Daos l'antiquité, elle était importante par sa popuiation, sa richesse et ses pêcheries de perles ; aujourd’hui elle s’est habitée que par quelques misérables pêcheurs. Cependant les vaisseaux la fréquentent pour y faire de l’eau. Les chèvres que l’on y trouve portent un poil long ct soyeux, et l’on tire une sorte de laque de la gomme d’un arbuste qui y croit. Au fond de la baie de Massaouah, on trouve 4rkiko, port de mer jadis célèbre, mais qui ne présente plus qu'une réunion de huttes misérables qui servent de demeure à une race pillarde et dégénérée. C’est à peu de distance d’Arkiko que se voient les ruines de l’ancienne Adulis : un village appelé Zoulla occupe son emplacement.

Le territoire de Baharnegasch, c’est-à-dire du maître de la mer, comme les anciens voyageurs appelaient le chef de ce district, est situé à l’intérieur, au sud-ouest de Massaouah. Il forme plutôt un appendice qu’une partie intégrante de l’Abyssinie. La route d’Arkiko à l’intérieur passe d’abord par le défilé de la haute montagne de Taranta, qui est couverte de beaux cèdres et de riches pâturages où paissont de nombreux troupeaux. Sur le revers opposé, on trouve Diœan, assez jolie ville, bâtie dans une situation pittoresque ; elle est le siége d’un commerce assez considérable. Dobarwa est également importante ; elle était naguère la résidence du Baharnegasch. Les parties plus âpres et plus stériles de cetle province sont parcourues par des tribus troglodytes appelées Hazorta et Schiho, qui vivent dans des cavernes ou dans des cabanes couvertes de peaux. Elles ont la réputation de peu respecter la propriété de ceux qu’elles rencontrent dans leurs courses. Ces tribus, à cause de la position qu’elles occupent sr le principal défilé qui met l’Abyssinie en rapport avec Arkiko, arrêtaient à leur gré toutes les relations commerciales ; mais aujourd’hui le ras de Tigré est maître de l’ancien domaine du Baharnegasch, et fait respecter {es caravanes qui se rendent à la mer Rouge.

Cependant au sud de ce territoire, c’est-à-dire entre la première terrasse de montagnes qui bordent l’Abyssinie et la mer Rouge depuis la baie de Massaouah jusque vers le détroit de Bab-el-Mandeb, s'étend une côte sablonneuse, brûlée et aride connue sous le nom de Samhara, Toute cette côte est le domaine d’une cinquantaine de tribus de peuples

nomades et pasteurs, de tout temps fameux par leurs brigandages. C littoral était appelé autrefois le royaume de Dankali; encore aujour. d'hui, le pays et ses habitants portent le même nom: au pluriel, les habitants se nomment Danakil, Ces peuples se disent mahométans, quoi. qu’ils n'aient ni prêtres. ni mosquées ; mais ils portent la plus grande haine aux Abyssiniens chrétiens, et interdisent tout accès en Abyssinie par la côte dont ils sont maîtres. Ils vivent dans l'indépendance | plus absolue, ne se déplaçant que pour chercher des pâturages pour leurs chameaux, et prêts à prendre part à toutes les querelles, lorsqu'il pensent y trouver leur avantage. Ils aiment la liberté avec passion, sont | très-actifs et résolus, mais pauvres et sans armes pour la plupart; s’il | étaient armés, ils sauraient bientôt se rendre redoutables aux Abyssiniens. |

Les femmes de ces tribus ont, suivant Salt, les traits du visage très- ! distingués, et l'entretien de la famille repose exclusivement sur elles, Elles sont presque nues; leur parure consiste en bracelets d'argent ct d'ivoire. Leur occupation est de moudre le grain, cuire le pain, puiser l'eau, etc. Les hommes gardent les troupeaux et préparent le lait. Leur plus grande passion est de fumer et de priser ; ils frisent leurs chevaux, les enduisent de graisse et les poudrent avec une sorte de poussière brune. Ils couvrent leurs tombeaux de monuments bâtis en forme «e | pyramides, dont la base a 10 pieds carrés, et qui rappellent l’architecture égyptienne.

Sur cette côte, nous citerons le village de Pourora, avec un bon ancrage au fond de la baie d’Amphila; celui d’Ayth, qui se composé d'une quarantaine de huttes habitées par des pêcheurs ; ct la baie d’Asab, À cause des ruines que Rienzi y a vues et qu'il croit être plus anciennes que celles d’Axum.

Le Mareb constitue la limite entre le territoire du Baharnegasch et la | province du Tigré proprement dit. Un grand nombre de montagnes formant des forts naturels appelés Ambas, séparées par de profonds ravins et des plaines bien cultivées, donnent à ce district un caractère particu- | lier. Les habitants se distinguent, entre tous les Abyssiniens, par leur industrie, et la situation de leur pays en a fait la contrée la plus commer- | çante de toute l’Abyssinic. Le principal siège de l’industrie du Tigré esl

à Adoua, ville assez bien bâtie et située sur le penchant d’une colline; |

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