CHAPITRE SEPTIÈME, SECT. 2e, — Algérie
L'Algérie, la Numidie des Romains, bornée à l'est par la régerice de Tunis, et à l’ouest par l’empire du Maroc,a environ 295 lieues de longueur. Baignée au nord par les flots de la Méditerranée, elle n’a pas de limites fixes au sud. où elle s'étend jusqu’au delà du versant méridional de l'Atlas ; cependant on peut évaluer sa largeur à 4920 lieues en moyenne. L'Atlas forme ici trois chaînes parallèles qui s'élèvent en terrasses l’une au-dessus de l’anitre, et qui sont séparées par de belles et fertiles vallées. La chaîne la lus rapprochée de la mer porte le nom de Jurjura. Quoique ses sommets soient bien moins élevés que ceux qui se trouvent dans le Maroc, il en est dont les neiges ne fondent qu’au mois de mai. La partie orientale, traversée par une multitude de cours d'eau qui descendent de l'Atlas, est assurément l’un des pays les mieux arrosés du globe. Du côté de l’ouest, la plaine est moins favorisée par la nature et moins féconde. Aucune des rivières qui vont de l'Atlas à la mer n’est importante parie volume de ses eaux ; les plus considérables sont, de l’est à l’ouest, la Seybouse, le Roummel, appelé aussi Ouad-ele Kebir, tle Chélif. Ce dernier, le plus long de tous, a un cours d’environ 80 lues. Le Djidi prend naissance sur le versant méridional du Djébel- Ammer, coule au sud-est, et, après un cours de 70 lieues, se décharge dans le lac Meldjig.
Lorsque Alger tomba entre les mains des Turcs, le gouvernemerit de la province fut modelé sur celui de Constantinople. Le vice-roi, qui portait le titre de Dey, était à la nomination de la Sublime-Porte, et exerçait, comme tous les pachas, un pouvoir presque despotique; car, en qualité de représentant du Sultan, il confondait en lui les attributions les plus diverses. Ici, comme à Constantinople, il existait un divan, qui se composait des principaux officirrs de la milice. Ce divan possédait une influence considérable ; mais lorsque la soldatesque turque, qui se recrutait parmi les hommes les plus résolus et les plus turbulents des ports du Levant, eut secoué le joug et l’autorité du Sultan, elles'arrogea | :
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