‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 37 sur 75 · L. lation es fanatiqu · texte numérisé non relu

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SECT. 3e, — Régence de Tunis.

La régence de Tunis, située entre la régence de Tripoli à l’est, et

l'Algérie à l’ouest , est le plus petit des États barbaresques. Il a environ 120 lieues de longueur du nord au sud, et sa plus grande largeur ne

4 dépasse pas 65 lieues. La côte tunisienne, à partir de l’Algérie, court

d'abord au nord-est jusqu’au cap Bon, qui forme l’extrémité la plus septentrionale de l’Afrique ; puis elle se dirige au sud, tout en décrivant plusieurs sinuosités dont la principale forme le golfe de Cabès ou Petite Syrte, jusqu’au cap Gerbi.

Cette contrée, qui fut le siège la puissance carthaginoise, portait chez

| lesRomains le nom d’Afrique propre. Nous avons déjà dit à quelle épo-

que Tunis devint une provin’e turque, et nous avons vu aussi que le

| bey, car tel est le titre que portait le vice-roi, avait réussi à secouer

le joug, non-seulement du sultan de Constantinople, mais encore de ls. soldatesque turque qui n’était pas moins turbulente que celle d'Alger. Cette révolution fut surtout accomplie par le bey Hamouda qui régnait en1816, et qui, par sa politique habile et rigoureuse, parvint à se maintenir au pouvoir pendant 29 ans. Au lieu de s'appuyer sur ses soldats turcs, il choisit ses officiers de préférence parmi desétrangerset des esclaves, soit chrétiens, soit géorgiens. Il établit une edministration judiciaire rigoureuse et régulière, et accorda une égale protection à tous

: ses sujets, sans même en excepter les chrétiens et les Juifs. Aussi la cil : vilisation at-elle fait d’assez rapides progrès dans là régence. La popub. lation est moins misérable, moins ignorante, moins cruelle, moins . fanatique, plus polie enfin que dans le Maroc.

Le territoire de Tunis est le mieux cultivé de tous les pays du Ma-

à ghreb, et c’est celui qui renferme la population relative la plus consi-

| dérable. Les Arabes nomades y sont moins nombreux que les Maures - agriculteurs et commerçants. Le climat est, en général, fort beau : il est | | assez tempéré vers le littoral. La chaleur ne devient insupportable

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qu’en juillet et en août, lorsque le vent du sud apporte l'air enflammé de l’intérieur de l'Afrique. La partie du midi est sablonneuse, peu mon. tueuse, stérile et comme desséchée par un soleil ardent. On y voit un grand lac dont les eaux sont salées, appelé lac Loudéah où Chibkah ; il

est, en général, peu profond, et les caravanes le traversent dans l’espace de cinq lieues ; c’est le Pelus Tritonis des anciens. La contrée voisine de la mer est riche en oliviers et présente un grand nombre de villes et de villages bien peuplés; mais la partie qui est à l’oucst est remplie de montagnes et de collines que séparent de nombreuses vallées arrosée; par une multitude de ruisseaux. Toute cette région se distingue par son extrême fertilité ct produit d'abondantes moissons. 11 en est de même de la plaine qui borde le Medjerdah, le Bagradas des anciens, qui est li principale rivière du pays.

Parmi les villes africaines, celle de Tunis tient une des premières pla: ces ; elle est, dans tous les cas, la plus peuplée des cités barbaresques, car on ne lui attribue pas moins de 100,000 habitants. Elle est situte sur une hauteur, au fond d’une vaste lagune nominée Boghaz. Son pori est commode et sûr ; ses fortifications sont assez respectables ; mais elle n’a d'autre eau douce que celle de pluie. Tunis est, en général, assez mal bâtie, et ses rues sont, comme dans toutes les villes orientales, étroites, irrégulières et malpropres. Cependant on y remarque plusieurs beaur édifices : les plus importants sont la grande mosquée et le nouveau palai où réside le bey. Ce dernier, qui est construit dans le style moresque, a coûté des sonimes considérables ; mais ce qui le dépare, c'est que tout le rez-de-chaussée est converti en boutiques. Ses belles casernes méri tent encore d’être mentionnées. Nous avons déjà cité les principale: industries de Tunis et dit l'importance commerciale de cette place, comme si les habitants actuels avaient hérité en partie de lesprit qu animait l’ancienne Carthage. Nulle part, dans la Barbarie, les Maures ne montrent autant de tolérance, autant de politesse. Ce progrès est évidemment un résultat du développement du commerce, ce grand

agent de civilisation.

Dans les environs immédiats de Tunis, nous remarquerons à l’entrée

du Boghaz, La Goletta, petite ville impr“tante par sa rade, les fortifications

qui la dominent, ses chantiers, ses magasins et son phare construit il y * à une trentaine d'années. Berda est un grand village bâti dans une po: b:

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L'emplacement de l’ancienne Carthage se trouve à 4 lieues au nordouest de Tunis. Peu de villes ont été aussi complétement détruites que cette cité fameuse. Le voyageur curieux parcouit le site qu’elle occupait sans se douter qu'il foule sous ses picds le sol où fut jadis la superbe rivale de Rome. Les quelques fragments de murailles qu'il rencontre présentent des marques évidentes de construction moresque. C'est seulement en creu:ant la terre qu'il découvre des vestiges dignes de la grandeur de cette ville célèbre. Il admire alors ces vaste citcrues où l’on conservait l’eau nécessaire à la consommation des habitants, et les restes du superbe aqueduc romain qui amenait l’eau d’une montugne éloignée d'environ 18 lieues. Des fouilles pratiquées sur les lieux ont encore amené la découverte de plusieurs fragments de statues, de bas-reliefs, et, ce qui est plus précieux, de différentes inscriptions puniques. Les ports de Carthage, jadis l'asile de tant de flottes redoutables, sont en partie comblés par des atterrissements : on reconnait encore quelques restes des môles qui les enfermaient.

Porto-Farina, située au nord de Tunis près de l'embouchure du Medjerdab, a un port excellent, mais qui se comble. Dans ses environs se trouvent les ruines d’Utique où Caton se donna la mort : on y a découvert plusieurs belles statues anti;ues. Bizerte, à l’ouest de Porto-Farina, est bâtie sur une lagune extrêmement poissonneuse ; on y pourrait fur mer un port magnifique.

La côte au sud de Tunis nous offre plusieurs villes que nous devons nommer. Hamamet, avec 8,000 habitants, a un port sûr et assez fréquenté; Souza et Monastir son, importantes par leur commerce et leur population évaluée à 40,000 âmes. Afrika, nommée aussi Almahadia, était au moyen âge le port le plus fréquenté par les flottes chrétiennes. A 8 lieues environ à l’ouest, le voyagur visite le ragnifique amphithéàtre d’El-Genrme, qui est encore dans un assez bon état de conservation. Sfakos ou Sfax, avec 6,000 habitants, passe pour la plus jolie ville de la régence et l’une des plus industrieuses. Cabes qui donue son nom au golfe de la petite Syrte, a une popuiauon de 20,000 individus, pour la plupart \donnés à l’industrie et au commerce. On vante la fertilité de son territoire. Au sud du golfe, se trouve l’île de Gerbi ou Zerbi, l’ancienne êle des Lotophages, importante par sa nombreuse population.

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