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132 CHAPITRE SEPTIËÈML.
Celle-ci se distingue par son activité industrielle : elle fabrique des draps, des toiles et des soieries. Au centre de l'île s’élève un arc de trioin-
phe consacré à Antonin.
Les principales villes de l'intérieur sont El-Kaff, Kairouan, Gilma, Gassa et Tozer, La dernière, située non loin du bord occidental du lac Loudéab, est un marché important pour les laines et les dattes. Kaïrouan, ville fondée par les Arabes, a été, pendant quelques siècles, la capitale de l'empire du Maghreb. Les Musulmans vantent beaucoup sa grande mosquée, qu'ils disent être soutenue par 500 colonnes de granit. Ce nombre est certainement fort exagéré. Nous croyons qu’on en peut dire autant du chiffre de la population de la ville, qu'ils prétendent s'élever à 50,000 habitants.
SECT. 4e. — Régence de Tripoli,
La régence de Tripoli, de même que celle de Tunis, et peut-être plus encore que celle-ci, se distingue par les progrès qu’y a faits la civilisation. Ces progrès remontent à l’époque d'Hamet-Bey, que les Tripolitains honorent du surnom de Grand. Au commencement du dernier siècle, Hamet n’était qu’un simple pacha nommé par la Porte, et il fut longtemps obligé de lutter contre ‘a turbulence de la soldatesque turque qui menaçait constamment son autorité et ses jours. Il parvint à s’en défaire, mas d’une manière vraiment barbare. Ayant invité tous les officiers turcs, au nombre de 200, à un festin, il les fit saisir ct étrangler. Aussitôt ses adhérents coururent sur tous les soldats turcs qui se trouvaient dans la ville, et les massacrèrent. La Porte, impuissante à se venger ct incapable de faire valoir ses prétentions par les armes, se laissa apaiser par les présents que lui envoya Hamet et par la promesse d’un tribut. Mais ce tribut ne fut pas payé et la régence de Tripoli cessa en fait d’être une province de l’empire Ottoman. Hamet, maître désormais de suivre sa volonté, s’occupa activement d'établir l’ordre et la sécurité dans le pays, d’y encourager l’industrie et le commerce, et, pour cela, il invita même des Européens à venir s’établir sur son territoire. Son successeur, d’un caractère plus doux, continua l'œuvre commencée et exerça son pouvoir incontesté avec une équite el une modération rares chez les souverains de ces contrées barbares
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AFRIQUE : RÉGION DU MAGHREU, 193 Grâce à ce nouveau régime, Tripoli prit un aspect assez semblable à celui des États européens, surtout si l’on compare l’ordre et la tranquillité qui y régnaient avec la situation toujours violente et agitée des autres territoires barbaresques. La régence de Tripoli, ainsi que nous l'avons dit, a été, depuis 1835, obligée de reconnaître de nouveau la suprématie de la Porte ; mais, attendu les changements heureux qui se sont opérés dans le gouvernement central de l’empire, la prospérité de Tripoli n’a reçu aucune atteinte,
Le territoire de Tripoli est loin d'offrir un aspect aussi agréable ct aussi riant que les régions plus occidentales du Maghreb. Cette grande chaîne de montagnes, à laquelle ces dernières doivent leur fertilité, s’abaisse et se termine pour ainsi dire ici, de sorte que l'immense plaine de sable du désert resserre dans d’étroites limites les terres cultivées. Le district qui entoure la capitale n’est lui-même qu’une oasis d’une médiocre étendue, et, quand on en sort, on se trouve bientôt dans le cœur du désert. Tripoli ne peut donc être aussi peuplée que les autres grandes villes barbaresques, et sa population, qui ne dépasse pas 25,000 âmes, subsiste plutôt par le commerce et l’industrie que par les produits de son sol. Tripoli ne saurait être regardée comme une belle ville : cependant le palais où réside le bey, plusieurs de ses mosquées etles deux bazars méritent d’être vus. On y admire aussi quelques restes antiques et surtout les débris d’un magnifique arc de triomphe en marbre. Le port est défendu par plusieurs batteries.
Le désert commence à fort peu de distance à l’est de la capitale, Cependant, une marche d'environ 25 lieues à travers ces sables arides conduit le voyageur dans le district de Lebeda, où il admire de superbes moissons et de nombreux bosquets d’oliviers et de dattiers au milieu desquels s’élèvent plusieurs villages. Ce territoire est bien supérieur à celui qui entoure Tripoli, et sa fertilité était hautement appréciée par les anciens qui y avaient fondé la florissante colonie de Leptis Magna. On ,uit encore, à moitié ensevelis sous les sables, de beaux débris des cdifices qui décoraient cette antique cité, mais les habitants enlèvent tous les jours quelques-uns de ces fragments précieux dont ils se servent comme de meules pour moudre leurs grains. L'aspect du pays continue d’être le même jusqu’à Mesrathah, l’ancienne Mesurata, à l’est de laquelle est une plaine dont la fertilité est comparée par Hérodote à celle mêma,
494 CHAPITRE SEPTIÉÈME.
de la plaine de Babylone. Mesrathah possède des fabriques de tapis et È fait un commerce considérable avec l'Afrique centrale. A l'extrémité È de la plaine fertile dont nous venons de parler, commence le désert Syrtique, aussi stérile, aussi désolé que le Sahara.
Le golfe de la Sidre ou Grande Syrte de l'antiquité, qui présente un développement de côtes d’environ 140 lieues, était extrêmement redouté des anciens qui l'ont dépeint des plus noires couleurs. Sur une étendue d'une quinzaine de lieues, il est bordé par un marais recouvert d’une mince croûte saline qui souvent cède sous les pieds des chevaux, et découvre alors des espaces creux, parfois d’une grande profondeur, au fond desquels on trouve de l’eau. A l'extrémité de ce marais, la ré gion Syrtique, quoique extrêmement sauvage et désolée, offre de temps en temps de petites vallées que les Arabes nomades parcourent avec leurs tentes et léurs troupeaux. Ce qui rendait cette côte si périlleuse pour les anciens navigateurs qui ne perdaient jamais la terre de vue, c’est que la plage est basse, et remplie en même temps de rochers et de bancs de sable cachés, où il existe toujours un ressac violent. Ce ressac est principalement redoutable quand le vent souflle du nord. Mais les na vigateurs modernes évitent aisément les dangers de cette côte en tenant la haute mer.
A l'extrémité du golfe de la Grande Syrte, le sol change complétement d'aspect. On est alors sur le territoire de l'ancienne Cyrénaïque, appelé aujourd’hui pays de Barca. Il est traversé par une chaîne élevé et escarpée d’où naissent un grand nombre de sources (les Arabes prétendent qu'il en existe 360) qui arrosent des vallées admirables. de fraîcheur et de fertilité. Mais on n’y trouve plus aujourd’hui que quel: ques misérables villages, et des camps d’Arabes nomades. La ville là plus considérable de cette région est Benghazy, avec 5,000 habitants et À un port assez fréquenté. C’est la résidence du gouverneur du Barca, + qui y habite une masure délabrée décorée du nom de château. Benghazy est l’Hesperis des plus anciens auteurs grecs. et la Bérénice des Ptolémées. Cette dernière appellation se retrouve encore dans le nom de Bernik que lui donnent les Arabes. Les débris de l’ancienne cité sont complétement enfouis sous les sables ; mais les Arabes creusent le sol pour arracher ces précieux restes qu’ils réduisent en petits fragmentset dont ils se servent pour bâtir leurs misérables cabanes. La série de vallées
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AFRIQUE : RÉGION DU MAGHREB. 135 qui s'étendent à l'est de Benghazy est singulièrement pittoresque. Leurs lances offrent souvent des rochers nus et escarpés; mais chaque crevasse présente un bouquet bril'-nt de verdure. « Le pin. blanc et l'olivier, dit Pacho, ornent les flanes de ces montagnes, dont ies sommieis sont courounés de forêts de thuyas et de genévriers arborescents. Les rochers, surmontés d’épais bosquets, présentent des grottes sépulcrales, les seuls vestiges encore subsistanis des villes qui ont disparu. Ces pieuses excavations, l'arbre funèbre qui les abrite, les chants rudes et sauvages des Arabes que répète l’écho des vallées, tout cela arrête le voyageur pensifetremplit son âme de souvenirs solennels et mélancoliques. » C’est dans cette région que se trouvent les deux anciennes villes de Teuchira et de Ptolometa, qui sont à cette heure de misérables villages appelés par les habitants Toukrah et Tolmiathah. Les édifices de la première sont entièrement réduits en décombres ; cependant son mur d'enceinte, de près de 3,000 mètres de tour, à par sa puissance cyclopéenne résisté à tous les agents de destruction. Ptolometa offre encore à l'admiration du voyagour une porte magnifique, ies rests de deux théâtres et d’un amphithtâtre, ainsi que des débris de colonnes et du pavé en mosaïque d’un palais antique.
Les ruines de Cyrène el: ‘1e, nommée Grennah par les Arabes, sont l’objet le plus frappant de cette contrée si curieuse. Elles sont pittoresquement situées sur un plateau élevé qui descend rapidement vers la mer en formant plusieurs étages successifs. Le long de chaque terrasse, on voit encore la voie antique où les roues des voitures ont tracé
leur empreinte. Du haut de cette éminence, qui a près de 2,000 pieds de . hauteur, on jouit d’une vue admirable sur les rochers, les plaines et ia
Méditerranée. On remarque à Cyrène les restes d’un vaste amphithéâtre, de nombreuses statues, et plusieurs belles fontaines; une d'elles, appelée fontaine d’Apollon, est très-fréquer:.ée par les Arabes nomades ; mais la ville est totalement dépourvue d’habitants permanents. La nécropole ou la cité des morts, est surtout ce qui attire l'attention du voyageur. Le long de la montagne sont disposées huit ou neuf rangées de grottes sépulcrales. Autour d'elles se groupent des tombeaux et des sarcophages décorés de sculptures et d’inscriptions. Ces tombeaux s’étendent, sur une longueur de 2,500 mètres, le long des routes qui conduisent à Cyrène, de manière à présenter l'aspect derues magnifiques. Dernah,
l'antique Darnis, ct Apollonia, aujourd’hui Marsasouza, renferment desrui uesquioffrent lemême caractère, mais qui sont bien moins considérables,
L'ancienne Marmarique s'étend à l’est de la Cyrénaïque. C’est une ré. gion stérile où règnent les bêtes féroces et les oiseaux de proie, et qui est parcourue par des hordes nomades qui y promènent leurs tentes et leurs troupeaux. Néanmoins, on y trouve quelques endroits cultivés, et les traces de citernes et de canaux d'irrigation qu’on y rencontre encore montrent que jadis el” A été occupée par une population civilisée et plus nombreuse. Le s : ; voyageur Pacho esiime que les Arabes de la Cyrénaïque peuven. : :lever à 40,000, et ceux de la Marmarique à 38,000. Il évalue aussi à 20,000 le nombre de ceux qui errent dans la région Syrtique : ce qui porterait à 100,000 environ le chiffre de cette population nomade.
Il nous reste à considérer trois oasis célèbres qui dépendent de la régence de Tripoli. Ce sont l’oasis d’Aoudjélah, celle de Gadamès et le Fezzan.
L’oasis d’Aoudjélah, qui répond à l’Augila d'Hérodote, est séparée de la Cyrénaïque au nord par le désert de Barca. La petite ville d’Aoudjélah, qui lui donne son nom, n’a qu'environ 4,800 mètres de circonférence, Elie ne renferme que des rues étroites et malpropres, bordées de vilaines maisons en pierres calcaires tirées des montagnes voisines. On remarque quelques endroits fertiles dans son voisinage. Cette oasis, ainsi que celles de Djailou, de Lechkerret et de Maradeh, qui en dépendent, abonde en dattes. Les habitants d’Aoudjélah entretiennent des relations commerciales assez actives avec l'intérieur de l'Afrique. Au sud-ouest
de cette oasis s'étend une chaîne de montagnes peu connues appelées’
Maraï, On trouve ensuite le singulier désert montueux nommé Haroudjcel-Asouad où Montagnes noires, sans doute le Mons Ater de Pline. Cette dénomination leur vient probablement de leur apparence volcanique, Une partie de cette contrée est comprise dans le Fezzan. Plus au sudouest, on rencontre une autre chaîne appelée Æaroudjé-ei-Abiad ou les Montagnes blanches, composées de roches calcaires.
Le Fezzan, que l’on qualifie quelquefois de royaume, est considéré par Rennel et Larcher comme l’ancien pays des Garamantes ou Phazania. La plus grande longueur du pays cultivé, du nord au sud, est d’environ 400 lieues, et sa plus grande largeur de 70, de l'est à l’ouest. Le Fezzan,
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suivant Hornemann, renferme 100 villes ou villages dont Wourzouk est la capitale. Cette petite ville, avec des maisons en terre et des rues très-étroites, est la résidence d'un sultan tributaire du bey de Tripoli. farma, la Garama des anciens, était alors la capitale des Garamantes ; elle renferme quelques débris qui attestent son ancienne importance. Zouilah, Temissa et Gatrone sont de petites villes situées sur la frontière orientale; Traghan, au sud, près du désert, possède des manufactures de tapis ; Sockna, au nord, sur la route de Tripoli, est une station très-fréquentée par les caravanes.
Dans le Fezzan, lorsque le vent souffle du sud, la chaleur est à peine supportable, même pour les habitants; on humecte les appartements avec de l’eau afin de pouvoir y respirer. L’hiver serait doux s’il ne rés gnait, durant celte saison, un vent du nord, froid et pénétrant, qui glaçait les naturels et les obligeait, dit Hornemann, « aussi bien que moi- » même, né dans un climat septentrional, à chercher un refuge au coin » du feu. » Les pluies sont rares et peu considérables ; les ouragans, féquents, viennent du nord au sud, et, enlevant par tourbillons la poussière et le sable, répandent une teinte jaune sur l'atmosphère. Dans toute la contrée, il ne coule aucune rivière, aucun ruisseau digne de remarque. Le sol est un sable profond qui couvre des rochers ou de la terre calcairc, et quelquefois argileuse. Des sources en assez grand nombre fournissent de l’eau pour les besoins de la culture. Les dattes sont la production naturelle et la principale marchandise du Fezzan. Le figuier, le grenadier, le limonier, y prospèrent. On cultive beaucoup de maïs et d’orge; mais l’indolence des habitants les empêche de recueillir assez de blé pour leur consommation : le surplus est apporté par les Arabes. Les légumes ct les plantes culinaires abondent. L’animal domestique ordinaire est la chèvre; on nourrit des moutons dans les parties méridionales ; l’âne sert généralement pour le fardeau, le trait et le transport. Les chameaux y sont d’une cherté excessive et très-rares : on nourrit tous ces animaux de dattes ou de noyaux de dattes. Dans la province de Mendrah, le natron flotte en grandes masses à la surface de plusieurs lacs couverts d’une fumée ou vapeur épaisse.
Les Fezzanis envoient des caravanes à Tripoli, à Tombouctou et au Bournou ; ils font le commerce de la poudre d’or et des esclaves noirs.
vil. 18
Il; connaissent les cauris ou cypræa moneta, circonstance qui prouve que leurs relations s'étendent jusqu’à la côte de Guinée. Depuis octobre jusqu’en février, Mourzouk est le grand marché et le rendez-vous des différentes caravanes qui viennent du Caire, de Benghazy, de Tripoli, de Gadamès, de Touat et du Soudan.
La population du Fezzan a été évaluée par Hornemann à environ 60 ou 70,000 individus : leur couleur variée indique cependan. que la population est mélangée; mais la race native ou indigène est d’une stature ordinaire, dénuée de vis ueur, ayant la peau très-brune, les cheveux noirs et courts, la form .u visage telle qu’elle passerait pour régulière en Europe, et le nez. «ins aplati que les nègres : les femmes sont passionnées pour la danse, comme dans toute l'Afrique. Selon Hornemann, tous les habitantssont mahométans ; selon d’autres, il ya aussi des païens qui vivent en bonne intelligence avec les musulmans. Les Fezzanis s’enivrent avec du jus de dattier ; ils sont, du reste, fort sobres, en partie par nécessité. A Mourzouk, pour désigner un homme riche, on dit ordinairement : «il mange du pain et de la viande tous » les jours. » Les maisons du Fezzan , bâties en briques calcaires et en glaise séchée au soleil, sont extrêmement basses et reçoivent le jour par la porte.
Les Fezzanis exercent l’infâme métier de transformer les garçons en eunuques.
Près des frontières de la régence de Tunis et au sud de celle de Tripoli, s'étend l’oasis de Gadamès qui appartient à cette dernière. La petite ville de Gadamès, qui en est le chef-lieu, présente , ainsi que les villages
qui l’entourent, des traces de l’ancienne domination romaine. Elle offre,
en outre, un phénomène assez bizarre, c’est celui d’une même cité habitée par deux tribus différentes et ennemies l’une de l’autre. Une muraille divise la ville en deux partics, ne communiquant entre elles qu’au moyen d’une porte que l’on ferwe dans les moments de troubles. Les habitants de Gadamès se distinguent par leur activité commerciale et par leur loyauté dans les affaires. Cette petite ville doit toute son importance au passage des caravanes qui, de Tunis et de Tripoli, se rendent à Tombouctou, quoique ces caravanes soient bien rnoins considérables que celles qui partent du Maroc ou celles qui prennent la route par le Fezzan.
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Cepend distingué nombreu de mont:
sez vaste dérablen bes Bela même cl:
pays de Par cons le nom que Sha
Tunis : € Kastilial large. L:
Égypte.
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Le gr:
peu élex parsemé l'eau re l'herbe.
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à environ dan. que la > est d’une
e, les che-
erait pour les femmes que. Selon tres, ilya dusulmans.
reste, fort un homme iande tous aires et en ent le jour
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>, La petite les villages Elle offre, ne cité ha- . Une muelles qu’au jubles. Les nerciale et e son imli, se rens considé= it la route