LE SAHARA OU GRAND DÉSERT
Le Grand Désert, nommé en arabe Sahara, s’étend. dans l’acception ordinaire du mot, depuis la vallée du Nil nubien et égyptien jusqu’à l'océan Atlantique, et depuis le pied méridional de la chaîne de l'Atlas jusqu’au bassin du Niger. Il a ainsi près de 1,200 lieues de longueur de l'est à l’ouest et plus \e 400 du nord au sud.
Cependent les régions qui longent la chaîne de l’Atlas méritent d’être distinguées du Sahara proprement dit. En effet, les cours d’eau assez nombreux qui descendent du versant méridional de ce grand système de montagnes communiquent partois une fertilité remarquable à d’assez vastes surfaces de terrain. Cette lisière, dont la largeur varie consi« dérablement et qui n’a pas de limites précises, est appelée par les Arabes Belad-el-Djerid ou Pays des Dattes, Cette dénomination est de la même classe que celles de Belad-el-Folfol, pays du poivre, et Belad-el-Tibr, pays de l'or. Elle n’indique donc nullement une division géographique. Par conséquent, c'est à tort que plusieurs auteurs donnent spécialement le nom de Belad-el-Djerid à la province de Darah, au sud du Maroc; que Shaw et d’autres l’appliquent spécialement au pays de Tozer, sous Tunis : ce dernier porte d'ailleurs chez les géographes arabes le nom de Kastiliah. Le terme de Belad-el-Djerid a une acception beaucoup plus large. La lisière à laquelle il s'applique s'étend depuis l’Océan jusqu’en Égypte. Elle embrasse le Darah, le Taflelt, le Sedgelmesa, le Zab, le pays de Tozer, l’oasis de Ghadamès, le Fezzan, et même les oasis d'Aoudjelah et de Syouah.
Le grand désert du nord-ouest de l’Afrique semble être un plateau peu élevé au-dessus du niveau de la mer, couvert de sables mouvants, parsemé de quelques collines rocailleuses et de quelques vallons où l’eau rassemblée nourrit des arbrisseaux épineux, des fougères et de l'herbe. Les montagnes qui bordent l’océan Atlantique ne présentent
#4 vor \ , d { An j AOPER #4 #4 ‘de 4 Eur Reg" PEN , L'EM 1e ‘ , £', L An Le Mn mn .:
*} Ê HE À M. sy ; HR: :
: ï à | Ed:
n bot Fe CP) À AUS Ca CN 4 4 4 k Lime?
Mr Œ 14 re Pt ë KL) “) ., :
mi".
* [44 k ‘ 5 à ; L* hi!
i { ‘1 » 148 ' Eu
ee ES
its
LA A, Les EL Re
pas une chaîne, mais seulement des pics isolés ; elles se perdent vers l'intérieur dans une plaine couverte de cailloux blancs ct aigus. Les collines de sable, souvent transportées par le vent, sont rangées en ngnes semblables aux flots d’une mer. A Tegazza et en quelques autres endroits, un sel gemme, plus blanc que le plus beau marbre, s’étend en vastes couches sous un banc de roche. On ne parle d'aucun autre miné. ral du désert; mais, sur l’extrême lisière méridionale, Golberry a trouvé
des masses de fer natif. Pendant la lus grande partie de l’année, l'air |
sec et échanffé conserve l’aspect d’une vapeur rougeâtre; on croirait apercevoir vers l'horizon les feux de plusieurs ‘olcans. La pluie qui tombe depuis juillet jusqu’en octobre n'étend pas à tous les cantons ses bienfaits incertains et momentanés. Une herbe aromatique semblable au thym, la plante qui porte les graines de Sahara, des acacias, et d’autres buissons épineux, des orties, des ronces : voilà la végétation ordi naire du désert; rarement on voit un bosquet de dattiers et d’autres espèces de palmiers. Les forêts de gommiers (mimosa Senegal), situées à l'extrême lisière du désert, paraissent des colonies du règne végétal de la Sénégambie. Quelques singes, quelques gâzelles se contentent de ces vérétaux peu abondants. L’autruche y vit aussi en troupes nombreuses et se nourrit de lézards et de limaçons, et de quelques herbes grossières, entre autres de l’apocyn. Les lions, ies panthères, les serpents, souvent d’une dimension énorme, ajoutent à l’horreur de ces affreuses volitudes ; les corbeaux et divers autres oiseaux se précipitent sur les cadavres qu’ils disputent aux dogues des Maures. Ces animaux vivent
ici presque sans boire. Les troupeaux consistent en chameaux, chèvres.
et mouions. Les chevaux, très-rares, sont quelquefois abreuvés de lait qu lieu d’eau.
La chasse aux autruches offre un spectacle curieux. Une vingtaine d’Arabes montés sur des chevaux du désert, les plus légers qui se puissent rencontrer, vont contre le vent, cherchent la trace de l’autruche, et, quand ils l’ont trouvée, la suivent tous avec la plus grande rapidité, en se tenant écartés l’un de l’autre à la distance de 600 à 800 mètres. L’autruche, fatiguée de courir contre le vent qui s’engouffre dans ses ailes, se tourne contre les chasseurs et cherche à passer à travers leur ligne ; alors ils l'entourent et tirent tous à la fois sur l'oiseau jusqu’à ce qu'il ton.be mort, Sans cette ruse, ils ne pourraient jamais prendre l’au-
| Seba), qui d
| truche, qui,
course les a La côle d Rio-do-Ouro l'Océan, sem la rade de P4 marque le ca
| qu'en 1533,
qui, selon l” Carthaginoi Les Monsel cap Bojador signaux aux féroces Afri quipage. Les
monstres de frage sur le Maures, en |
| mme eux-
goir qu'un p naire de ce
à horriblemer | inconvénien
propre aux !
s'en défaire.
ordinaireme
parcourent | rachat du c:
| ensuite à l’a etcherche à
Les forêts dées par dif
Zah), les 4o | œstribus p | troupes sun
rdent vers aigus. Les rangées en jues autres s'étend en utre miné.
ry a trouvé nnée, l'air On croirait à pluie qui antons ses semblable s, et d’auation ordi.
et d’autres ), situées à végétal de tent de ces ombreuses es grossiès serpents, s affreuses ent sur les Lux vivent
x, chèvres.
vés de lait
vingtaine ui se puisautruche, erapidité, 0 mètres.
e dans ses avers leur jusqu’à ce ndre l’au-
AFRIQUE : SAHARA. an
| truche, qui, bien que dépourvue de la faculté de voler, dépasse à la
course les animaux les plus rapides.
La côte du Sahara présente quelques ports et mouillages. Ceux de Rio-do-Ouro et de Saint-Cyprien sont formés par de larges anses de l'océan, semblables à des embouchures de fleuves. Le golfe d'Arguin et la rade de Portendik ont élé souvent visités par les Européens. On remarque le cap Bojador, terreur des navigateurs du moyer âge, et, jus-
| qu'en 4533, terme fatal de tous les voyages maritimes, et le cap Blanc,
qui, selon l'opinion la plus probable, fut la borne des découvertes des Carthaginois.
Les Monselmines (Moslemyn) et les Mougéarts Modjàt) habitent vers le cap Bojador, et, sur les hauteurs de cette côte dangereuse, ils font des signaux aux navires afin de les attirer à une perte inévitable. Alors ces féroces Africains s'emparent des marchandises et des hommes de l'équipage. Les Ouadelims (Aculad-Deleym) et les Labdassebas (Aoulad-Abi-
| Seba), qui demeurent près du cap Blanc, ont été décrits comme des
monstres de cruauté par un Français qui eut le malheur de faire naufrage sur leurs côtes. Le sort des captifs est vraiment à plaindre; les
| Maures, en les emmenant dans l’intérieur du désert, les font marcher | mme eux-mêmes, environ 15 lieues par jour, en ne leur donnant le
soir qu'un peu de fariue d'orge délayée dans de l’eau, nourriture ordinaire de ces nomades. La plante des pieds, chez l’Européen, s'enfle
À horriblement par la chaleur du sable brûlant que l’Arabe traverse sans | inconvénient. Bientôt le maître s’aperçoit combien son esclave est peu
propre aux travaux et aux fatigues d’une semblable vie, et il cherche à s'en défaire, et après l'avoir traîné de marché en marché, il renconire
| ordinairement quelque juif voyageur, de ceux qui, établis à Ouad-Noun,
parcourent le désert avec leurs raarchandises. Le juif doune pour le
| rachat du captif un peu de tabac, du sel et quelques vêtements, il éerit ensuite à l'agent de la nation européenne à laquelle appartient le captif, et cherche à en tirer la rançon la plus forte possible.
Les forêts de gommiers, entre le cap Blanc et le Sénégal, sont possé-
| dées par différentes tribus, dontles plus connues sont les Trarzaz (Terar-
zh), les Aoulad-el-Hadji, Les Braknas (Beraknah) et les Douysch. Toutes
ces tribus parlent l'arabe, qui est leur langue maternelle, campent en L troupes sans habitations fixes, ct sont mahomélanes.
Purmi les oasis de la partie du désert occupé par les tribus arahe;
de race pure ou mélangée, nous ne citerons que les plus remarquables, Celle de Touat, au sud de l'Algérie, est fort étendue ; elle est occupée par une tribu de même nom; sa capitale est Aghably. On ÿ trouve encore la ville d’Ain-Salah, visitée par le major Laing. Les oasis d’Hoden (Ouadan), de Zyschyt, de Taoudyny et de Tegazza (Tagazay), sont célèbres par leurs mines de sel gemme. La première appartient à {a tribu des El-Ouodayah vu Ludayas; la seconde est aux Berabysch. Les maisons de cette oasis sont construites avec des blocs de sel. Les Ludayas possèdent encore Araouan, avec une ville de même nom, qui renferme une population de 3,000 âmes. Deux autres oasis, nommées Oualet (Oualatah), doivent encore être mentionnées. L’une, située sur la route du Sénégal au Maroc, appartient aussi aux Ludayas; l’autre, sur la route de Tombouctou, est occupée par les Berabysch. C’est de celle-ci que l’on a fait un prétendu royaume de Birou, à cause des puits (en arabe Byrou) qui s'y trouvent. On donne encore parfois, mais fort improprement, le titre de royaume de Ludamar au territoire occupé, au nord du Bambarra, par les Aoulad-Amar, tribu qui fait partie des Braknas. Benoum, leur capitale, n’est qu'une espèce de camp formé de sales et misérables huttes en forme de tentes.
Ces Maures ou Arabes sont, en généra!, des hommes lâches et perfides, quoiqu'il se soit trouvé parmi eux des individus distingués par leur courage et par des vertus. Cruels quand ils sont les plus forts, traîtres et sans foi, ils ne connaissent aucun sentiment généreux ni humain; leurs traits farouches répondent à leurs manières barbares ; leur couleur cuivrée, chargée de rouge et de noir, a quelque chose de sinistre.
Golberry, qui nous en fait cette peinture, a vu leurs femmes sous un plus agréable aspect, du moins dans leur jeunesse. Selon lui, elles sont jolies dans cet âge heureux; elles ont les traits fins, doux et régeliers; leur couleur tire sur le jaune pâle, mais leur teint est plus clair que celui des hommes. Ils vivent sous des tentes. Là, hommes, femmes. enfants, chevaux, chameaux et autres animaux, restent ensemble pêlemêle et sous le même abri; les camps qu'ils établissent sur les bords du fleuve sont composés de l’élite des tribus; ils se nourrissent de millt, de maïs, de dattes et de gomme, et leur sobriété est difficile à concevoir. Ce sont les oasis qui leur fournissent la plupart de leurs fruits; le
palmiers bosse et l'autruch Nos mé ils les exe appareils maux, S préparati peaux des amincisse celles du emploient seule pièc cruster :
plaques ambulant des filigra beaucoup princes.
Nous n ou akkaba:
Les akk désert de détourner Ces terres les îles da hommes « simoun, Q!
dans des et des con et de 1,80 de repos, vent brûle sable rou; agité par Lela-m). |
ribus arabe:
marquables, est occupée fou ve encore en (Ouadan), "es par leurs El-Ouodayah e cette oasis ssèdent enune populaalatah), doi.
a Sénégal au le Tombouc.
on a fait un jrou) qui s'y it, le titre de arra, par les eur capitale, es huttes en
es et perfides, ués par leur forts, traîtres ni humain; s; leur cou-
de sinistre.
mes &ous un ui, elles sont et réguliers; lus clair que es, femmes, semble pêleles bords du nt de millet, cile à concers fruits; le
AFRIQUE : SAHARA. 143 palmiers-dattiers y sont surtout en abondance, ‘is ont des bœufs à bosse et d'excellents chevaux, dont la course rapide atteint presque l'autruche.
Nos métiers et nos arts ne sont pas étrangers à ces peuples barbares ; ils les exercent même avec adresse. Ils ont des tisserands, qui, avec des appareils très-simples et portatifs, fabriquent des étoffes de poils d’animaux, surtout de chèvre et de chameau; ils ont même le secret de la préparation du maroquin; ils savent employer à des usages utiles les peaux des lions, des léopards, des panthères, des hippopotames ; ils amincissent les peaux d’agneaux jusqu’à en former des feuilles comme celles du papier: ils leur donnent ensuite différentes couleurs, et les emploient à des ornements; ils forgent des étriers et des brides d’une seule pièce, ainsi que des sabres et des poignards, dont ils savent incruster et damasquiner les poignées. Ils en ornent les fourreaux de plaques d’or et d'argent; enfin, ils ont des orfévres et des bijoutier ambulants qui fabriquent des bracelets, des chaînes, des anneaux d’or, des filigranes et ces ornements arabesques, dont ils enrichissent avec beaucoup d’adresse les objets destinés à la parure des femmes et des princes.
Nous ne connaissons guère ces tribus du désert que par la caravane ou akkabah marocaine qui se rend tous les ans à Tombouctou.
Les akkabahs ne se dirigent point en ligne directe à travers l'immense désert de Sahara, qui n'offre nulle trace de chemin frayé; mais elles se détournent tantôt à l’ouest, et tantôt à l'est, selon la position des oasis. Ces terres brillantes de végétation, semées dans ce vaste désert comme les îles dans l'Océan, servent de lieu de repos et de rafraîchissement aux hommes et aux animaux. Telle est ia violence du vent brûlant nommé simoun, que souvent sa chaleur desséchante absorbe l’eau renfermée dans des outres que portent les chameaux pour l’usage des marchands et des conducteurs. En 1805, une akkabah composée de 2,000 personnes et de 1,800 chameau, n’ayant point trouvé d’eau aux places ordinaires de repos, hommes et animaux, tous périrent de soif La véhémence d’un vent brûlant qui, dans ces vastes plaines, soulève et roule des flots d’un sable rougeâtrc, donne au désert une telle ressemblance avec l'Océan agité par les vagues, que les Arabes le nomment une mer sans eau (bahar bela-mé). Ils connaissent assez la position des étoiles pour se diriger au
444 CHAPITRE AUITIÈME,
moyen de l'étoile polaire ; aussi préfèrent-ils marcher pendant les nuit, brillantes de ces climats, plutôt que d'affronter dans le jour l’ardeur d’un soleil dévorant.
Les akkabahs marocaines mettentenviron cent trente jours à traverser le désert, cn y comprenant les différents séjours aux oasis, ou lieux de rafraîchissement, Partant de la ville de Fez, et faisant à peu près trois mille et demi par heure, elles font des journées de sept heures, et arri. vent en dix jours à Ouad-Noun, Akka ou Tatta ; là, elles se reposent un mois pour attendre les autres caravanes qui doivent se réunir à eiles, On emploie ensuite seize jours pour aller d’Akha à Tegazza, où l’on prend encore un repos de quinze jours. On repart pour Araouan, autre station éloignée de sept journées; les akkabahs y restent quinze jours, et se remettent en marche pour Tombouctou, où elles arrivent le sixième jour, après un voyage de cent vingt-neuf jours, dont cinquante-quatre de marche et soixante-quinze de repos. Une autre caravane, qui part de Ouad-Noon et de Sok-Assa, traverse le désert entre les montagnes noires du cap Bojador et le Oualata, passe au Tegazza occidental, vraisemblable. ment Tyschyt, où elle s'arrête pour recueillir du sel, etarrive à Tombouctou après un voyage de cinq ou six mois. Cette akkabah va jusqu’à Djebel-el. Abiad, autrement les montagnes blanches, près du cap Blanc, et traverse le désert de Magaffra au canton d'Agadir, où elle se repose vingt jours. Le convoi qui escorte ces caravanes appartient à la tribu sur le terriloire de laquelle elles passent. Quelquefois une caravane, plus bardie ou plus pressée que les autres, essaie de traverser le désert sans
être escortée; mais il arrive rarement qu’elle n’ait pas lieu de se re-
pentir de cette imprudence, en tombant entre les mains des deux tribus de Dikna et d’Emjôt, qui habitent les frontières septentrionales du désert,
Soumis à une religion qui défend l'usage des liqueurs enivrantes, les marchands des caravanes ne connaissent d’autre boisson que l’eau; des dattes et de la farine d’orge suffisent à leur nourriture pendant un voyage de plusieurs semaines à travers le désert. Leurs habits sont d’une égale simplicité. Fortifiés par cette frugalité, soutenus par l'espoir du retour, ils chantent pour abréger les lonÿes heures du voyage; c’est surtout lorsqu'ils approchent de quelques habitations, ou lorsque leurs chameaux semblent prêts à succomber de lassitude, que leurs chants ont plus de vivacité et d'expression ; la mélodie et la douceur de
ces chan soir on € souper, ( causent ( mer leur ducteurs que l’ital l'Alcoran téralion.
avec bea guent far sement s La par!
OCCUPÉS | ban, est | terreur pi on l’obse récits des comme u ils sont g et d’indé} brunie pa qui viven ment que Les carav sous pein tières du ainsi un g chés de l riks chez gnent bea leur vie sc vraisembl des inscr quelques- Les To:
int les nuits our l’ardeur
s à traverser ou lieux de u près trois 1res, et arrireposent un unir à eiles, ù l’on prend iutre station jours, et çe ixième jour, e-quatre de qui part de agnes noires aisemblable.
à Tombouctou à Djebel-el.
anc, et trarepose vingt tribu sur le avane, plus e désert sans u de se re.
deux tribus es du désert, ivrantes, les e l’eau; des pendant un habits sont par l'espoir du voyage; , ou lorsque , que leurs douceur de