AFRIQUE : SAHARA
aucune résistance. Malgré cette vie d'alarmes et de misères, les Tibbous se distinguent par leur gaieté et leur insouciance, et se livrent avec ardeur à leurs plaisirs favoris, le chant ct la danse ; leurs danses sont, dit-on, gracieuses et offrent quelque analogie avec celles de la Grèce. La ville principale des Tibbous est Bilma, à 120 lieues environ au sud du Fezzan ; elle est de médiocre étendue et s® compose de misérables maisons bâties en terre ; mais elle est importante par les deux lacs salés qui se trouvent dans son voisinage, et dont on tire une grande quantité de sel pour l'envoyer dans le Soudan. Au sud de Bilma s’étend un désert de 13 journées de marche, qui est peut-être le plus
| désolé de toute l’Afrique ; on n’y trouve ni une goutte d’eau, ni la | moindre trace de vie animale ou végétale. Les sables mouvants, que le | ent soulève fréquemment en énormes tourbillons dans les airs, for-
ment des collines qui naissent et disparaissent dans une seule nuit, et
que l’on ne peut traverser qu’avec des difficultés et un péril extrêmes.
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des qui la | à moins | détermin CHAPITRE NEUVIÈME. dans l'A forme le où se tro à AFRIQUE OCCIDENTALE. sud cette ; méridion |. à. La dénomination d’Afrique occidentale nous paraît être la seule ex. ur : se .| 4 k pression convenable pour désigner cette immense étendue de côtes bai 2. RER LR guées par l'Océan Atlantique, qui s'étend depuis La limite méridionale sou . pe du grand désert de Sahara jusqu'au cap Frio. La plus grande partie : ns qi 48 de ce territoire est vulgairernent connue en Europe sous le nom de . . # b ? Guinée; mais, Cans un sens plus restreint, ce nom s'applique spéciale- es ; ‘4 à ment aux côtes qui bordent le vaste golfe de Guinée, à partir du cap a è ce ‘ Mesurado jusqu'aux embouchures des fleuves de Benin. Le terme de . none Guinée méridionale a é16é employé pour désigner le Loango, le Congo et PARAERST les territoires environnants, mais il est beaucoup moins usité. Les géo- us 3 graphes donnent généralement le nom de Sénégambie aux régions qui HÉBLÈES arrosent les deux fleuves du Sénézal et de la Gambie. Mais toutes ces Le ven! 4 dénominations sont inconnues aux indigènes et ont été imposées à ces Les vents “| contrées par les Européens. côle. Le v 10 Cette immense région, qui se trouve comprise entre les deux tropi- leurs on il ques, est partagée en une multitude d’États, généralement petits, que les corps À: n’unit aucun lien poliique : mais elle présente sous le rapport da cli- milieu d* 4. mat, de la nature du sol, de son aspect, et du caractère de ses produc- donnent ? Ml : tions, de telles analogies que nous sommes parfaitement autorisés à la pouces. P ji 4 réunir tout entière dans une seule description et dans un même cha- M Detout s A pitre | celle qui 4 . vu le the b SECT. Are. — Description physique énérale de l'Afrique occidentale. 175 à 1 ; appelés te La région maritime que nous allons décrire est comprise entre le 18 fréquents degré de latitude sud et le 47° de latitude no:d; elle embrasse donc un nuage bl espace de 35 degrés en ligne directe. Mais, si l'on tient compte de l’im- parfaite ; mense courbe que décrit la côte, de ses sinuosités et des baies profon- impétue
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AFRIQUE OCCIDENTALE. 149 des qui la découpent, on ne peut pas évaluer la longueur de cette région à moins de 4,600 lieues. Sa largeur est extrêmement variable, Elle est déterminée, du moins en général, par la source des ficuüves qui se jettent dans l'Atlantique. Par conséquent, sa partie la plus large est celle qui forme le bassin du Sénégal et de la Gambie. La plus étroite est celle où se trouve le cours inférieur du Niger. De vastes déserts bordent au sud cette immense contrée maritime et mème en forment l'extrémité méridionale. Le climat de ectte région mérite de nous #crèter. La chaleur y est excessivement élevée : la cause en est dans les vents d'est qui arrivent ici après avoir traversé le sol brûlant de l'Afrique daus toute sa largeur. A Gorée, dans les années 1787 et 1788, en novembre et en mai, le thermomètre centigrade se Lint entre 20° et 31° 25 ; pendant la nuit, il ne descendit pas au-dessous de 45° 60. De mai jusqu’en novembre, le minimum de la chaleur fut 25° et le maximum 45° 5. Il n'y a donc que deux saisons : l’une que l’on peut regarder coinme un été modéré, l’autre comme une véritable canicule. Mais, pendant toute l'année, le soleil à midi est insupportable. Cependant, en général, la chaleur ÿ est moindre qu’au Sénégal, où elle est de 45 et même de 55 degrés.
Le vent souflle presque sans interruption du nord ou du nord-ouest. Les vents alisés où d’est ne se font sentir qu’à 30 ou 40 licues de la côte. Le vent du sud y est trèes-rare. Dans la saison des grandes chaleurs on éprouve, pendant 30 jours environ, un calme plat qui éuerve les corps es plus robustes. Depuis les premiers jours de juin jusqu'au milieu d’octobre, il tombechaque année 16 à 18 gro sses pluies qui dennent 50 à 60 pouces d’eau : une seule en donne quelquelvis 6 à 7 pouces. Pendant le reste de l'année, il y a de très-fortes rosces.
De toute cette côte région maritime, la partie appelte Côte d'Or esi celle qui éprouve la chaleur la plus intense, Prés du Rio-Volta, fsert a vu le thermomètre monter à 35° 25 dans l'intérieur de la chambre et à d1° 75 à l’air libre. Entre le cap Verga et ceiui des Palmes, les oura:ans appelés tornados, d’un mot portugais qui signifie tourbillons, sont tresfréquents pendant l'été et l'automne. Ils s’annoncent par un peut nuage blanc qui paraît de 8 à 6 pieds de diamètre et d’une immobilité parfaite ; bientôt il s'étend et couvre une partie de l'horizon; un veut impétueux se déploie en tourbillonnant : il ve dure qu’un quart d'heure,
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mais, dans ce court intervalle, des arbres énormes sont déracinés, es villages enticrs sont détruits, des navires au mouillage sont brisés en morceaux. Ce fléau est inconnu dans le Sénégal, et même depuis le cap Blanc jusqu'à celui de Verga. Le harmattan, dont lenom paraît d’'o rigine européenne, s’éter.d jusqu’à la Côte d’Or ; il amène un brouillard sec, l'horizon en est obscurci; la peau des animaux et des hommes se gerce. Le harmattan se fait sentir vers les solstices.
La côte de l’Afrique occidentale présente en général une surface unie, quoique le cap Vertet quelques autres projettent de hauts promontoires. Toutes les grandes chaînes de monta: nes sont dans l’intérieur, mais leur situation et leurs rapports ne sont encore que très-iimparfaitement connus. La plus importante paraît être cette vaste chaîne, ape pelée monts Kong, qui prend naissance dans la Sénégambie, s’étend le long de la partie de la Côte et se dirige ensuite vers l’est, où elle s’unit, du moins on le suppose, aux fameuses montagnes de la Lure. Le Congo dans plusieurs endroits, offre un sol montueux, et il existe certaine ment des chaînes considérables dans l’intérieur.
Parmi les nombreux cours d’eau qui arrosent cette importante ré. gion, il en est plusieurs qui méritent une mention spéciale. Le Sénégul, qui a plus de 300 lieues de cours, prend naissance à l’extrémité accidentalc des monts Kong, à peu de distance de celle du Niger. I es grossi dans la partie supérieure de son cours par de nombreuses rivières sorties des mêmes montagnes, telles que le Bafing, le Bali et le Faiémé. Après avoir passé Galam et les chutes de Felou, il baigne un
pays de plaine et coule non loin de la limite du grand désert. jus--
qu’auprès de Fort-Louis, où il se jetce dans l'Atlantique par une embouchure qu’obstruent des bancs de sable considérables. La Gambie vient aussi de la même chaîne, et ses sources sont peu distantes de celles du Sénégal. Ses eaux sont plus abrudantes et plus rapides que celles de ce dermer fleuve, mais son cours est seulement d'environ 200 lieues, Les frégates de 40 canons peuvent remonter la Gambie lespace de 42 licues, et les gros bâtiments marchands jusqu’à près de 60. Le Rio-Grande n’a guère que 420 lieues de cours; il est cependant remarquable par sa profondeur et sa large embouchure environnée d'îles, Il vient des monts Kong, ainsi que le Mesurado, le Rio-Volta et plusicurs autres moins considérables, qui arrosent les contrées appelées
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AFRIQUE OCCIDENTALE. 451 côtes des Dents ou d'Ivoire et Côte d'Or. Mais, entre le golfe de Benin et celui de Biafra, on remarque un delta plus vaste que celui de l’'Égypte, que de nombreux et larges canaux découpent en îles couvertes de végétation et souvent inondées par les eaux. D’après les découvertes de Lander, il est aujourd’hui reconnu que ces canaux sont les embouchures du mystérieux. N°yer dont le cours appartient à l'Afrique centrale. Plus au sud, le Congo ou Zaïre verse dans l'Atlantique un tel volume d'eaux, que celles de la mer se trouvent adoucies jusqu’à une distance considérable. fuoique lexpédition du capitaine Tuckey ait pénétré jusqu’à 130 lieues environ au-dessus de son embouchure, le cours supérieur de ce beau fleuve est encore un mystère. Le Coanza purat également prendre sa source fort loin dans l’intérieur ; on doit le ranger parmi les principaux fleuves de l'Afrique occidentale, Cette région ne présente aucun lac bien important.
Les richesses minérales de l’Afrique occidentale sont fort peu connues. Le royaume d’Angola est remarquable par l'étendue de ses mines de sel; on y trouve aussi du fer et du cuivre. Les mines du Loango et du Benguala, si souvent mentionnées par les voyageurs, donnent principalement du minerai de fer. L'or vient surtout de l’intérieur.
L'Afrique éccidentale doit nécessairement, à cause du nombre des cours d’eau qui larrosent et de la chaleur du climat, posséder une végétation d’une richesse ct d’une variété extrême; malheureusement, on n’en connaît encore qu’une très-faible partie. Il paraît que depuis le Sénégal, à envirc : 16° de latitude nord jusqu’au Congo, vers 6° de latitude sud, la végétation est remarquable par son uniformité, nonseulement quant aux familles et aux genres, mais encore quant aux espèces. Plus d’un tiers des plantes du Congo ont été observées en diverses parties de la côte. Sur toute la longueur de cette immense région, on retrouve les arbres qui donnent à leur aspect un caractère si particulier, les palmiers, le baobats, le bombax pentendrum, l’elaïs guineensis, ie raphia vinifera, le pandanus candelabrum. Le sterculia acuminata, dont la graine appelée noïx de Gourou cu noix de Kola, est si recherchée par les nègres, existe dans la Guinée et dans le Congo, et, ce qui est remarquable, porte le même nom sur toute l'étendue de la côte d'Afrique. L'anone du Sénégal se rencontre également dans toute cette région; il en est de même du chrysobalanus icaco.
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Parmi les plantes esculernies du Congo, lesquelles d’ailleurs se re. trouvent ilans toute l’Afrique occidentale, les principales sont : le maïs, le manioc, ie cytise cajan et l’arachis hypogca. Les fruits les plus estimés, sont la banane, le fruit du papayer (carica papaya), l'ananas, le citron, l'orange, le tamarin et le safou, qui est de la grosseur d’une petite prune, mais qu’on n’a pas encore vu mür. L'un des végétaux les plus importants, non-seulement pour le Congo, mais encore pour toute l’Afrique occidentale, est l’elaïs guineensis ou palmier à huile. Le raphia vinifera ou palmier à vin peut être placé au premier rang. Le poivre et le tabac sont généralement cultivés, la canue à sucre est très-répandue.
Les végétaux qui croissent à Sierra-Leone ont été micux étudiés que
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ceux qui couvrent la plupart des autres parties de cetie immense ré. noirs font gion. Nous croyons que quelques détails sur ceux qui sont le plus uti- La pulpe d les offriront un certain intérêt. La pêche des nègres est un gros frui agréable. « charnu, rempli de petites graines; il se mange tout entier, et présente à élan rs peu près le goût et la consistance de ja fraise. L'arbre qui le produil je cocotier (sarcocephalus esculentus) ne s'élève qu'à dix où quinze pieds. Le fruit de le citronni l’anone du Sénégal n’est pas berucoup plus gros qu’un œuf de pigeon; L'un de
mais il passe pour être supérieur à celui des autres espèces du mêinc genre. Les nègres font une énorme consommation du pain de sin;r;
Losa est un bel arbre qui, au moment de la floraison , est couvert de
capitules serrés de fleurs d’un beau rouge vermillon ; à ces fleurs suc-
dentale, c (panicum
on nomme ainsi le fruit du baobab (adansonia digitata). Ce fruit, qui est d'immense ei très-gros el de forme cblongue, est rempli de graines; il a le goût du de sanglie 4 pain d'‘yice, avec unè légère saveur acide assez agréable. L'inga biglo- vanes pou
dant la nu pendant le
cèdent des grippes épaisses de ge usses, qui contiennent une substance d'incendie ; jaune farineuse dont les indigènes sont très-friands. L'anisophyllea lau- feu qu’ape ji rina donne un fruit nommé pomme de singe, qui est gros comme un au midi d œuf de pigeon, rouge d’un côté et jaune de l’autre, et dont le goût est Le baol analogue à celui de la prune. La prune à cochon est le fruit du spondius encore del + myrobalanus; sa chair est très-ferme et bonne au goût , mais le noyau stant. Le LIT forme plus de la moitié du fruit. Le parinarium excelsum est plus estimé 30 ct mêr à * : pour son bois que pour son fruit, qui est sec et farincux, avec un gros rence de £
nGyau au centre. Une espèce voisine, le P. macrophillum, est nommé par
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‘i les colons prunier pain d'épice, Is donnent encore le nom de prunes aux on arbre 4 , fruits de quatre autres cepèces de végétaux. Le fruit du carpodinus dulcisa longueur "A 1 LE
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AFRIQUE OCCIDENTALE. 153 une pulpe douce et agréable, qui laisse échapper un suc laïtenx sucré. Quoique acide, celui du carpodinus acidusesttrès-recherché parlesnègres. Le mammea africana est un arbre élevé, dont le bois est très-cstimé et dont le fruit est très-volumineux. Le fruit du pentadesma butyracea donne, quand on le coupe, une grande quantité d’un suc graisseux, qui a valu à cet arbre la dénomination vulgaire d'arbre à beurre ou à suif. Les indigènes mêlent ce sus à leurs aliments; mais son odeur de téribenthine le rend désagréable aux Européens. On trouve à Sicrra-Leone, deux espèc's ‘le chrysophyllum ; mais leur fruit ne vaut pas celui du chrysophsllum ci'nito des Indes occidentales, Le tonsella pyriformis pro duit un fruit excellent, qui ressemble à une poire de bergamotle. Les noirs font une grande consommation du fruit du codarium acutifolium. La pulpe de ce fruit, qu’on appelle tamarin velouté, possède une acidité agréable. Outre ces produits indigènes, le territoire abonde en végétaux élra® rs qui s’y sont admirablement acclimatés. Tels sont l’auanas, le cocotier, ie bananier, le pommier-rose (eugenta jambos), l'oranger, le citronnier, le melon, le pastèque, deux espèces de poivre, etc.
L'un des traits les plus singuliers de la végétation de l'Afrique occidentale, c’est peut-être la hauteur à laquelle s’élève l'herbe de guinée (panicum allissimum). Haute de dix à treize pieds, cette plante forme d'immenses forêts herbacées, où des troupeaux entiers d’éléphants ou de sangliers vont sans être vus. Souvent le nègre met le feu à ces savanes pour rendre l'air plus pur ou la culture plus facile : alors, pendant la nuit, de larges fleuves de feu semblent sillonner la campagne; pendant le jour, des colonnes de famée couvrent l'horizon. Ces sortes d'incendies fournissent une explication fort naturelle des torrents de feu qu’aperçut le navigateur carthaginois Hannon, dans son expédition au midi de Cerne.
Le baobab (adansonia digitata) et 1e dragonnier (dracoena draco), sont encore deux végétaux caractéristiques qui doivent nous arrêter un insant. Le baobab est le géant du règne végétal; il atteint jusqu'à 30 ct même 34 pieds de diamètre, c’est-à-dire jusqu’à une circonfirence de 94 à 406 pieds. La hauteur du tronc n’est nullement en pruportion avec sa prodigieuse épaisseur. Elle ne dépasse pas 75 pieds pour un arbre dont le tronc a 30 pieds de diamètre. Ses racines sont d'une
longueur extraordinaire; pour un arbre de cette hauteur et de celte YN. 20