‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 42 sur 75 · LE SEE · texte numérisé non relu

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grosseur, la racine a jusqu’à 410 pieds de longueur. Le feuillage dn baobab n’est pas assez épais pour cacher les énormes proportions du tronc; cependant il arrive parfois que les rameaux chargés de feuilles et surbaissés le dissimulent presque entièrement. de sorte que larbre représente une masse hémisphérique de verdure qui a 60 à 70 pieds d’élévation et de 440 a 150 pieds de diamètre on 440 à 480 pieds de tour. Le savant naturaliste Adanson a fait de curieux calculs sur l’âge de ces végétaux. Un baobab d’un an n'a qu’un pouce de diamètre ct de hauteur ; à 30 ans, son diamètre est de 2 pieds et sa hauteur de %: à 1,000 ans, le diamètre a cru jusqu’à 44 pieds et l’élévation est de 58: enfin un baobab de 5,000 ans, atteint une hauteur de 73 pieds et un diamètre de 30. Le bois de ce végétal est pâle, léger et mou. Il est fort exposé à être attaqué par les insectes et surtout par une espèce de champignon qui, végétant dans la partie hgneuse sans changer sa couleur et son aspect, la rend aussi tendre que la moelle des arbres ordinaires. Les nègres y creusent alors des chambres qu’ils emploient à un usage singulier. Ils y suspendent les cadavres des individus auxquels on refuse les honneurs de la sépulture. Ces cadavres se dessèchent et se transforment, sans aucune préparation, en momies parfaitement bien conservées, que l’on nomme guiriots. Le baobab appartient à la famille des malvacées et, comme tous les végétaux de cette famille, possède des propriétés émollientes et mucilagineuses. Ses feuilles réduites en poudre constituent le lolo, article très-usité chez les nègres qui le mêlent avec leurs aliments de chaque Jour, afin de diminuer la transpiration, et que les Européens, eux-mêmes, emploient dans les cas de fièvre, de flux de ventre, etc. Le fruit, appelé pain de singe, ainsi que nous l'avons dit, a une pulpe d’un goût acide et agréable, et forme une article d’alimentation usité dans toute V’Afrique centrale et occidentale. Le suc qu’on en exprime compose, quand on le mêle avec du sucre, une boisson regardée comme uu véritable spécifique contre les fèvres putrides et de mauvais caractère. Lorsque le fruit n'est pas parfaitement sain, on le brûle, et ses cendres, mêlées avec de l'huile de palme rance, servent à fabriquer une espèce de savon. Les fleurs du baobab sont gran des, remarquables par leur blancheur et offrent au centre une masse d’étamines violettes.

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La zoologie de cette immense région est aussi nombreuse que variée : malheureusement elle n’a été bien étudiée que dans les territoires qui entourent immédiatement les factorerics européennes. La plus granue partie de cette longue côte est encore un terrain vierge pour les natnralistes voyageurs. Aucune contrée du monde ne nourrit de plus nombreuses troupes d’éléphants, de siages, d’antilopes, de rats et d'écureuils.

L'éléphant d'Afrique est plus petit et moins courageux que celui d'Asie. Il se distingue de celui-ci par la longueur de ses oreilles qui sont beaucoup plus grandes, et par la grosseur de ses défenses dont, en outre, l'ivoire est plus dur et jaunit moins promptement. L’hippopotune, qui, dans les eaux douces et marécageuses, devient monstrueux, se montre surtout fréquent dans les parties méridionales. Le lion est moins commun que la panthère et le léopard ; lhyène maculée ou tigrée est fréquente; le chacal cst très-redouté. Parmi les espèces d'autilopes, nous n’en citerons que trois. L'antilope des broussailles

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(antelope sylvicultriæ ) est} appelée chèvre des broussailles par les colons de Sierra-Leone; elle est remarquable par sa taille; on lui donne cinq pieds de longueur, mais elle ne possède pas l'extrême agilité de la plupart des autres espèces. Sa chair est excellente. L’antilope plongeante ( antelope mergens ) est extrêmement timide ; au moindre bruit, elle se lève sur ses pieds de derrière pour regarder autour d'elle, puis se plonge avec rapidité au fond des halliers. L’antilope à harnais (antelope scripta), nommée djérib par les indigènes, est un fort joli animal: elle a la taille du daim; sa robe bai clair est marquée de bandes blanchâtres qui offrent jusqu’à un certain point l'apparence d’un harnais.

Les forêts impénétrables de la côte occidentale d’Afrique sont habitées par une multitude de singes. Deux espèces appelées vulgairement singe rouge et singe vert, et nommées par les zoologistes cer. copithecus ruber et sabœus, abondent dans la Sénégambie, Le premier est un animal capricieux, malfaisant et peu susceptible d'attachement, Lorsqu’Adauson remontait le Sénégal, des bandes de singes rouges descendaient du sommet des arbres pour voir passer les barques ; ce spectacle semblait d’abord les amuser beaucoup, mais bientôt ils attaquaient les voyageurs, en leur lançant des morceaux de bois. On fit feu sur eux; ils s’enfuirent alors en poussant de grands cris; puis, quoiqu: plusieurs d’entre eux eussent été tués, ils revinrent à la charge bout d’un instant avec une ardeur incroyable et assaillirent les voyageurs à coups de pierre; quelques-uns même leur lancèrent leurs excréments. Le singe vert, dont la robe est généralement d’une couleur vert-jaunâtre, habite les forêts du Sénégal par troupes immenses. Adanson ne les aperçut pas d’abord, à cause de l’analogie de leur couleur avec celle du feuillage des arbres. Tout à coup, il fut assailli par une quantité de branches mortes que lui lançeient des ennemis invisibles. Il tira sur eux, et en tua 23 en moins d'une heure. Cependant troupe continua de combattre sans s’effraver de ses pertes ; les blessés même ne poussaient pas un cri. Dans la captivité, cette espèce esl remarquable par sa gentillesse et s'attache facilement. Le babouin (cynocephalus papio) abonde sur la côte de Guinée, I est vert-jaunatre ürant plus ou moins sur le brun; son visage est noir et sa queue est jongue. ? orsqu'il est parvenu à l’âge adulte, c’est un animal fort mal-

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AFRIQUE OCCIDENTALE, 15 faisant et dégoûtant ; mais, sous ce rapport, il est bien dépassé par le mandrill (papio mormon), l'animal le plus extraordinaire et le plus hideux de la famille des singes. Le mandrill a le poil olivâtre ; il porte sous le menton une petite barbe jaune, ses joues sont ues, bleues et idées. Chez le mâle adulte, le nez devient rouge, et quelquefois l’extrémité de cet organe est d’un pourpre éclatant ; il a les fesses nues et vio- Jeutes. Get animal hideux est d'une force et d’une férocité remarquables; il atteint presque la taille de l’homme; les nègres le redoutent extrèmement.

Le chimpanzé (simia troglodytes) est de toutes les espèces animales celle qui se rapproche le plus de l'espèce humaine: aussi Linné lui avait-il donné le non d’homo troglodytes, et les anciens voyageurs, qui ont fait, à son sujet les récits les plus fabuleux, lappelaient-ils le grand homme des bois. Tous les chimpanzés que l’on a vus en Europe étaient jeunes et sont morts proimptement; quand il a atteint l'âge adulte, sa taille dépasse celle de l’orang-outanz de l'archipel indien, Il surpasse ce dernier par son intelligence qui est vraiment extraordinaire, il s'apprivoise très-aisément et se montre alors excessivement doux, docile et affectueux. Cette espèce habite particulièrement le Congo. Le singe à perruque (colobus polycomos) se rencontre surtout

: dans les forêts de Sierra-Leone et de la Guinée. Il doit son nom au

collier de longs poils qui flotten sur son cou ; cette criniére fait de cette espèce l’analogue du lion dans la classe des quadrumanes. L'ornithologie de l'Afrique occidentale est tellement riche que nous

} n'en saurions donner ici une idée. Les rapaces sont peu nombreux. Il

semble assez bizarre de ue rencontrer qu’une seule espèce de vautour,

dans une contrée où les services des oiseaux de cette tribu seraient si | utiles pour détruire les matières auimales en putréfaction. Le vautour

d'Angola de Latham paraît d’ailleurs être le même que le vautour pre-

: noptère de l'Egypte et du Midi de l'Europe. Parmi les rapaces nous

nommerons encore l’aigle couronné de fuinéc {falco coronatus), l’aiglepêcheur du Sénégal et deux espèces de laniers, le malaconotus olivaceus

L etle malaconotus barbarus, Quant aux viseaux remarquables par leurs

formes singulières et par leur plumage, qu’on trouve dans cette vaste région, leur catalogue est déjà considérable, et il est loin d’être complet.

| Dans toutes les basses-cours, on louve l’oiscau-trompette ou monoceros,

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l'oie armée, l’oie d'Egypte, la pintade et la plupart des volailles connues en Europe, À l’état sauvage, les pintades (numida meleagris) habitent sur les bords des marais ; on les rencontre par troupes de 2 à 3 cents,

Les crocodiles, les cachalots, les lamantins habitent quelquefois tous ensemble les embouchures des grandes rivières. Des huîtres se suspen. dent en foule aux branches des mangliers qui les bordent; elles sont bonnes à manger, grandes et grosses, mais elles n’ont pas la fraîcheur des huîtres du Nord. Les rivières et les côtes abondent en poissons remarquables par la vivacité de leurs couleurs, comme si, dans ce climat, le soleil exerçait son action jusqu’au fond des eaux.

Les reptiles et les insectes, qui pullulent avec une fécondité merveilleuse au sein des terres chaudes et humides, sont une des plaies de l'Afrique occidentale, surtout pour les Européens. Les nègres savent jusqu’à un certain point tirer parti de ce mal; un assez grand nombre d'insectes ou de larves d'insectes leur servent de nourriture, C'est ainsi qu’ils se régalent de sauterelles et mangent avec délices les larves des termites ou fourmis blanches.

A moins d’avoir visité l’Afrique tropicale, il est impossible de se faire une idée des myriades d’essaims de fourmis que l’on y rencontre. Ces animaux, du reste, semblent avoir pour mission de faire disparaître de la surface du sol toutes les substances animales ou végétales qui ne sont plus bonnes à rien. Il existe une espèce qui paraît, à certaines époques, n’avoir point d'habitations fixes; ces fourmis forment des armées innombrables qui, marchant droit devant elles, détruisent tout ce qui se trouve sur leur passage. L'homme et les animaux

vivants s’enfuient devant elles ou se plongent dans les eaux pour leur

échapper. Lorsqu'elles arrivent dans un village, les habitants sont obligés de l’abandonner, emmenont avec eux leurs bestiaux, et d'attendre que l’ennemi ait passé. Si on laisse sur le sol un animal mort, comme un daim ou un cochon, il suffit d’une nuit pour qu’il soit réduit à l'état d’un squelette parfait ; tout ce qui n’est pas os a disparu. On compte dans l’Afrique occidentale près de vingt espèces de fourmis qui. toutes diffèrent de taille, de couleur et d’'habitudes. Mais les termites ou fourmis blanches sont les plus extraordinaires.

Les termites vivent en société; mais l’organisation sociale de cette patiou est peut-être plus sage et plus parfaite que celle des cités que

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AFRIQUE OCCIDENTALE, 159 forment les abeilles et les fourmis de nos climats. Les termites construisent des édifices pyramidaux ou coniques, qui sont divisés en un srtain nombre de pièces ayant chacune leur destination particulière, agrsins pour les provisions, chambres voûtées, galeries de commuuication. Toutes ces constructions sont faites avec une telle solidité, qu'elles peuvent aisément supporter le poids de trois ou quatre hommes. Dans les plaines du Sénégal, on les prendrait volontiers pour des villages bâtis par les nègres. Leur hauteur s'élève parfois à 46 pieds et leur surface à 400 et 110 pieds carrés. Cette espèce d'insectes est prodigieusement destructive, et les dégâts qu’elle opère s’effectuent avec une promptitude incroyable. Les termites détruisent les provisions, les vêtements, les livres, le bois, etc. Quand elles attaquent une poutre, par exemple, elles la creusent à l'intérieur : au bout de quelques heures, la pièce de bois, tout en conservant son aspect extérieur, est réduite à ses parois, qui offrent alors l'épaisseur d’une feuille de papier. L'insecte à l’état de larve, c’est-à-dire au sortir de l'œuf, n’a qu’un quart de pouce de longueur, mais il a une tête très-grosse, et se trouve muni de puissantes mâchoires dentées; mais il est dépourvu d’yeux.

| Ce sont cependant ces larves qui font toutes les fonctions dévolues aux ouvrières, Elle bâtissent les demeures de la communauté; vont récolter

les provisions et prennent soin des œufs. En passant à l’état de nymphe, elles deviennent plus grosses et plus fortes. Leur tête est presque aussi grosse que lo reste du corps; leurs mâchoires sont très-saillantes,

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rôle de guerriers. Les guerriers ne travaillent pas; ils se contentent de

| diriger les travaux ; ils sont aussi chargés de veiller à la garde de l’hab:-

tation commune, et de la protéger contre toute violence. Lorsqu'on

à fit une brèche à leur demeure, les guerriers se précipitent au dehors

: el défendent l'entrée avec un courage héroïque. Pendant qu’ils combattent et repoussent l'ennemi, Îes ouvrières arrivent chargées de mortier etréparent en toute diligence le dommage fait à leur demeure. Chaque

soldat paraît commander ou diriger de 6 à 8 cents travailleurs. Il ne

prend lui-même aucune part au iravail; mais de temps en temps

À frappe le mur avec ses mâchoires : à ce signal, dont la signification

} est tridente, les ouvriers répondent par un sifflement assez fort et par

| un redoublement d’activité. La dernière métamorphose fait passer les

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soldats à l’état d’insecte parfait, mâle ou femelle. Durant cette période, les termites sont pourvus d’ailes. Ils sortent alors soit pendant la nuit, soit pendant le jour, quand l’air est chargé de vapeurs et le ciel couvert de nuages; mais, au bout de quelques heures, l’action de la chaleur flétrit et dessèche leurs ailes. Ils tombent alors à terre et deviennent la proie des oiseaux, des lézards et même des nègres, qui les font rôti et les mangent. Ceux, en petit nombre, qui survivent à cette destruc-

tion générale, sont recueillis par les ouvrières et les guerriers, qui le

enferment par couples dans des appartements construits en argile mais dont l'entrée est si étroite, qu’ils n’en peuvent plus sortir; dons leur prison, ils sont nourris avec soin par les ouvrières, auxquelles leur petitesse permet d’entrer et de sortir aisément. Après la fécondation, l'abdomen de la femelle acquiert un volume prodigieux, il est alor près de deux mille fois plus gros que le reste du corps. La iemelle Forte un nombre d’œufs considérable, elle en pond environ 8,000 dans l’espace de 24 heures. Aussitôt pondus, les œufs sont enlevés par les four.

mis ouvrières, qui les portent dans des chambres séparées. Après leur }guin. Diver | Gambie, la flcuve de C

éclosion, les jeunes larves sont nourrics avec soin jusqu’au moment où elles peuvent pourvoir elles-mêmes à leurs besoins et prendre part aux travaux de la communauté. On nous pardonnera d'être entré dan d'aussi longs détails au sujet d’une société d'insectes ; mais ces insectes ne méritent-ils pas d’être rangés parmi les créatures les plus remarquables qui habitent la surface du globe ? Leur organisation sociale et leurs mœurs ne sont-elles pas plus'intéressantes et plus sages que celle: de ces tribus sauvages qui peuplent les mêmes contrées?

D’autres espèces de termites construisent leurs nids sur les arbres € donnent à leur demeure une forme ovale. Une espèce différente (ter. mites arda) donne à l'édifice sociétaire la forme d’un cylindre haut & deux à trois pieds et terminé par un dôme arrondiet voûté, qu’entoun une terrasse en saillie.

La coquille appelée vulgairement couris et que les naturalistes nomment cyprœæa moneta, parce qu’elle sert de monnaie dans toutes ces contrées aussi bien que dans plusieurs pays de l’inde, se pêche sur hi côte du Congo et d’Angola. Vers le Sénégal, on rencontre en abodance deux espèces de volutes remarquables par leur grandeur, {a voli- 4a cymbiv-" et voluta scæphu, dont les habitants sont carnivores. On proni

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