‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 43 sur 75 · SECT · texte numérisé non relu

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SECT. 2e. — Tableau moral, social et politique des nègres de l'Afrique occidentale.

Dans l’esquisse que nous avons tracée de l’histoire de la géographie, nous avons exposé les opinions des savants sur l’étendue des naviga-

| tions faites par les anciens le long des côtes occidentales de l'Afrique : | nous ne reviendrons pas sur ces controverses. Au moyen âge, J'Eu-

rope n’en avait aucune connaissance. Lorsque les Portugais, sous le prince Henri, en 1432, commencèrent cette belle carrière de découvertes qui leur valut tant de gloire et de puissance, le doublement du cap Bojador parut une expédition merveitleuse. Cependant, une fois ce

b premier obstacle vaincu, les côtes du Sahara furent bientôt relevées,

et,en 4441, les Portugais fondèrent un établissement sur l'île d’Ar-

| guin. Divers navigateurs découvrirent successivement le Sénégal, la

| Gambie , la Côte d’Or, le Benin, et, en 1484, Diégo Cam remonta le

flcuve de Congo. Les Portugais, suivant l’usage de lPépoque, prirent

E possession, au nom de leur roi, de toute cette vaste étendue de côtes. } Ils fonderent des établissements sur les points principaux, envoyerent | des ambassades aux roitelets noirs de l'intérieur, et firent les plus E grands efforts pour convertir les indigenes à la foi catholique. Mais la E prospérité du Portugal ne dura pas longtemps ; il perdit presque to”

| tes ses possessions, et aujourd’hui il n’a plus que quelques territoires

: puimportants sur la partie la plus méridionale de la côte d'Afrique.

Lu 1%43, les Hollandais chassèrent 188 Portugais d'Elrmina, et vers le b même ‘emps, leur en!everent tous leurs établissements sur la Cète Br. Ils prétendirent méme à la possession exclusive de toute cetie

regions mais les Anglais, dont la puissance navale prenait un essor prodi- Ë gicux, ravirent à la Hollande le château du cap Coast, en 41661, et, ayant, Lücette époque, formé la compagnie africaine, éteblirent sur la Côte

E d'Or plusieurs forts pour protéger le commerce d’esclaves et d’or qu’y B fisaiout leurs bâtiments. Ce fut à peu près vers ce temps que la Gr:n1-

à de-Bretagne créa divers factoreries à Pembouchure de la Gambie, et

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la France, à l'embouchure du Sénégal. Ce qui détermina ces deux puis sances à choisir ces points pour siège principal de leurs établissements, c’est que l’on s’imaginait que ces deu fleuves étaient les embouchure du Niger :en conséquence, on pensait s'ouvrir par là unecommunication directe avec l'iutérieur de l'Afrique. Les deux peuples, mais surtout les Français, firent plusieurs tentatives audacieuses pour remonter le Sé. négal et pourvoir ainsi à la réalisation de leurs espérances; mais ik furent arrêtés par des obstacles insurmontables. Plus tard, il fut re connu que le Sénégal ct la Gambie n'avaient qu’un cours de médioc longueur, et que le Niger, après avoir pris sa source dans les mêmes montagnes, se dirigeait à l’est, L'expédition de Lander, en démontrant que les véritables embouchures du Niger sont ces larges canaux qui forment le vaste delta situé dans le golfe de Benin, donne une nouvelle iniportance à cette partie de l'Afrique occidentale et fait espérer qu'un jour il deviendra possible d'établir par ce fleuve une voie de cominuni. cation directe avec l’intérieur du continent. Nonobstant les vicissitudes causées par les longues guerres qui ont eu lieu entre la France et l'An gleterre, ces deux puissances continuent encore d'occuper à peu prè les mêmes points que dans l’origine. Quant aux nombreux États indi gencs qui se partagent cette immense région, les guerres incessanies auxquelles les pleuplades nègres sont en proie ont fait changer bien souvent Jeurs limites. Bien des petits trônes barbares se sont successire ment élevés et abaissés ; mais ces changements politiques sont de peu d'importance aux yeux du géographe, car ils n'affectent aucunemert le caractère général da pays et des peuplades qui l'habitent.

Les tribus africaines qui occupent cette région ont fait un puis zü dela de la vie nomade des peunles chasseurs et pasteurs : elles sont

fixées au sol et vivent principalement de l'agriculture. Toute ’a côte À

dont nous parlons étant située entre les tropiques et géncralersent bien arrosée, donne, en abondance et pour le plus faible travail, une foule de végétaux propres à satisfaire les divers besoins de lhomme. Les produits les plus communs sont le maï:, le millet, le riz, les ignams, les patates, le sucre, le café, le tabac et le coton. Tous les végétaux qu

enrichissent les îles des Indes occidentales pourraient s’y cultiver ave

avantage. L'Afrique occidentale produit aussi quelques épices, telles que le poivre de Guinée ; mais ces dernicres sont inférieures aux pro-

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AFRIQUE GCCIDENTALE. 163 duits similaires que donnent l’nde orientale et les îles de Varchipel indien,

Cependant l’agriculture est fort peu avancée chez les peuples nègres. £a plus grande partie de la vaste région qu'ils occupent est couverte par des forêts immenses et impénétrables. Les terres appropriées sont en petit nombre, il n’y a de défnicñés et de mis en culture que les terrains qui entourent immédiatement les villes et les villages : tout le reste appartient au premier occupant, qui cependant est obligé de demander l’autorisation au chef de la tribu avant de s’en emparer. Les nègres ne savent pas s’aider pour les travaux agricoles du concours de leurs animaux domestiques. Au reste , ü leur suffit de quelques jours

| de travail, aux époques des semailles et de la moisson. Ils se con!tentent de gratter le sol, lorsqu'il vient d’être humecté par les pluies ; car,

sous cet heureux climat, la nature prodigue ses biens à l’indolence et

| à la paresse. Presque partout la culture des champs est abandonnée } aux esclaves et aux femmes; le maître et le mari croient qu'ils se dé-

| graderæent par le travail.

L'industrie proprement dite en est à peu près au même point que l'agriculture. Le coton est transformé en étoffes grossières qui servent

| de vêtement à presque toute la population ; maïs cette fabrication, en- | core dans l'enfance, est exclusivement le partage des femmes, qui ne

issent que la quantité nécessaire pour la consommation de la famille.

à L'art de travailler le fer doit être mis au premier rang parmi les arts | indigènes de l'Afrique occidentale. Les forgerons, à cause de leur uti- Liité, sont des personnages importants dans le pays ; ce sont cux qui fa-

briquent les armes dont se servent les peuples nègres, toutefois leur

} dustrie ne va pas jusqu’à pouvoir fabriquer ‘ne arme à feu. Le tra- : tail de l'or est poussé à un degré certainement considérable, et l'on admire dans les cabinets des amatcurs

jour le talent qu’y a déployés l'artiste africain; mais les plus re-

en Europe, plusicurs bijoux

: marquables viennent de l'Afrique centrale. Il en est de même de cer- } laines étoffes de coton qui se distinguent par leur solidité et leur

beauté, On fabrique encore, dans l'Afrique occidentale, des nattes fort

E jolies; elles forment un des articles de commerce les plusrecherchés, et,

de même que les étoffes de coton, font quelquefois l'office de monnaie, Les nègres se livrent avec activité à la pèche, et le poisson forme la

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