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164 CHAPITRE NEÉUVIEME.
plus grande partie de la nourriture animale de ces peuples. Le poisson le plus délicat et le plus recherché est la dorade. L’allicore est un autre poisson dont il se fait une grande consommation : il atteint cinq pieds de longueur et sa grosseur égale celle du corps d’un homme ; mais sa chair est peu agréable. La morue, la sole, le maquereau, la sardine sont au nombre des poissons les plus communs sur cette côte. Les ca. nots dont les nègres se servent pour la pêche sont généralement creusés dans un tronc d'arbre gigantesque. Ils ont parfois 40 pieds de long et portent de 12 à 18 hommes, Presque tous les procédés et instruments usités chez nous sont connus des pêcheurs de la côte d'Afrique, Leurs pêches sont fort abondantes; maïs il faut que les produits soient consommés immédiatement, attendu que les nègres ignorent l’art de saler le poisson. Cependant cette industrie pourrait leur fournir un article considérable d'exportation.
D’après ce que nous venons de dire sur l'état de l'agriculture et de l’industrie dans le pays de la cité d'Afrique , il est impossible que cette région, malgré les trésors que lui a prodigués la nature, soit le siége d’un commerce important. Les canots des nègres sont trop imparfaits pour que le commerce maritime y puisse prendre quelque extension : quant au commerce par terre, il se réduit à peu de chose. Il est rare que les noirs de la côte envoient des caravanes comparables à celles qui iraversent l'Afrique centrale. Ils se bornent, en général, à commeréer avec les navires européens et avec les marchands venus de l'imtérieur. Le trafic des esclaves est depuis deux siècles le principal commeree qui + > mente le luxe barbare des roitelets de la côte et mème de l’intériemr de l’Afrique. Lorsque la traite était en pleine vigueur et s’exerçait sans em iraves, on calcule que le nombre des nègres embarqués sur les négrior £’élevait à 80,000 par année. Mais ce chiffre ne donne pas une idée com plète des ravages que cet infânc trafic a occasionnés au sein de la population africaine. En effet, les despotes noirs ne se contentaient pas de saisir tous les prétextes, pour condamner à l'esclavage eeux de leurs malheureux sujets qui avaient commis le moindre délit et de les livrer aux traitants européens. Lorsque les condamnés manquaient, ils faisaient, pendant la nuit, investir un de leurs villages par une troupe d'hommes armés. On mettait le feu aux habitations et on arrêtait toute la Population, qui était garrotiée et conduite sur la côte pour être vendue.
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pans cette invasion, les uns résistaient les armes à la main, les autres sa fourraient dans les forêts, et il périssait de cette façon, autant d'hommes au moins qu’en enlevait l'esclavage. Plusieurs contrées ont été pres que dépeuplées par suite de ces atrocités. La guerre avec les peuplades voisines était un autre moÿen de se procurer des esclaves : aussi jamais l’Afrique n’a-t-elle été le théâtre de guerres plus longues et plus sanglantes que pendant la période uù la traite des nègres s’exerçait sans obstacles,
Le commerce ou plutôt le brigandage de la traite fut, à la fin du siècle dernier, vivement attaqué, en Europe, par quelques hommes qu'animait un ardent amour de l’humanité, et les gouvernements, obéissant à des considérations politiques plutôt qu’à un sentiment de justice et de pitié, se sont enfin coalisés pour mettre un terme à un trafic qui déshonorait la civilisation. Parmi les arguments qu’invo= quaient les hommes qui poursuivaient l’abolition de l'esclavage, l’un des plus importants était tiré de la dangereuse influence que ce come merce exerçait sur le caractère moral de nos navigateurs. La nécessité d’entasser à bord d’un seul bâtiment plusieurs centaines d'esclaves y produisait trop souvent des scènes épouvantables. Assiégé par des fièvres pestilentielles, par la famine et la mort, le vaisseau négrier devenait à la fois un hôpital, une prison, une école d’inhumanité et de crimes. Plus de la moitié des noirs qui composaient la carraison périssait de maladie ou se donnait la mort; quelquefois le capitaine les jetaient vivants à la mer, pour sauver au moins la vie des Européens, Les marins empioyés dans ce comx.erce prenaient un caractere féroce et souillaient même le sol européen de crimes dignes de l'Afrique. Un seul trait donne la mesure de leur humeur indomptable. Un capitaine français, nommé Landolphe, avait formé à Ouag un bel établissement, destiné à introduire la culture du sucre et les premiers gerincs de la civilisation dans cette partie de l'Afrique. Trois marchands négriers de Liverpool, s'enflamment de rage à l’idée de voir la philanthropie et le commerce français s'établir sur une côte où l’on ne connaissait jusqu’ae lors que leur affreux trafic. lis arment en pleine paix {vers le milieu de 4792) une petite escadre, surprennent la colonie, incendieut les maisons, pillent Les riches magasins et massacrent les nègres cultivateurs, Le
capitaine Landolphe échappa seul à la fureur de ces assassins,
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Un autre argument contre la traite des nègres était tiré de la grande mortalité des esclaves apportés à grands frais dans les colonies euro. péenues. On a calculé que dans l’espace de vingt ans toute population noire de l'Amérique estrenouvelée, puisque la diminution ordinaire est de cinq pour cent par année. En suivant cette donnée et en admettant qu’il existe dans les deux Amériques trois millions de nègres, on peut {trouver à peu près la quantité de malheureux que la traite a arrachésà l'Afrique. Prenons seulement un siècle comme l’espace qu'a duré cette exportation régulière. La masse des nègres américains a dû se renouveler cinq fois. Donc il a dû arriver 45 millions d’Africains sur les côtes du Nouveau-Monde ; mais ilena péri autant dans le passage, autant an moins dans les guerres que les despotes africains se sont faites entre eux pour £ procurer des esclaves : l'Afrique a donc perdu 45 millions d'habitants.
Les nremicres mesures prises par l'Angleterre, la France et d’autres pui:: n£es européennes, dans le courant de ce siècle, pour parvenir à l'a bol... dela traite, n’ont pas eu toute l'efficacité qu’en espéraient leur: promoteu:: :es croisières établies le long des côtes africaines génaient, mais n’empéchaient pas linfâme trafic des esclaves. Pour un bâtiment négrier arrêté, dix échappaient à la vigilance des vaisseaux croiseurs : seulement le prix des esclaves, en raison du risque, avait baux considérablement. En outre, les capitaines des navires affectés à cet odieux commerce entassaieut plus que jamais das le plus étroit espace la plus grande quantité possible de noirs, et ceux-ci périssaient en foule victimes d’un typhus contagieux. F afin il estarrivé plus d’une fois que ces cargaisons vivantes ont été jetées à la mer, lorsqu'un ncgrier, poursuivi par un croiseur, se voyait sur le point d’être capture; car c'était là l’unique moyen de cacher le métier détestable auquel il se livrait et d’éviter une juste et sévère condamnation. Pour attaquer efficacement la traite, il fallait interdire sévèrement dans tous les pays où
subsiste encore l’esclavage, l’introduc'ion de nouveaux esclaves ; 1! fal-
lait aussi agir auprès des princes africains, soit par la voie des négociitions, soit par la force, et ohteuir d'eux la renonciation à un cominerce
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Quoique les esclaves aient été jusqu’à présent le principal objet d'exportation de l’Afrique occidentale , il existe cependant plusieurs articles qui donnent lieu à un commerce assez étendu, commerce qui pourrait se développer encore bien davantage. Nous nommerons l'or en première ligne. L’or exporté en Europe vient en partie du Bambouk, du pays des Mandingues et des autres régions montagneuses où le Sénégal et la Gambie prennent naissance ; il en vient aussi une assez grande quantité de cette partie de la Guinée qui, à cause de cela, a été appelée la Côte d'Or; néanmoins, la plus grande partie de ce précieux métal est apportée de l'intérieur et se recueille sur le versant opposé de ces mêmes montagnes. L’ivoire vient également de l’intérieur; il s’en apporte annuellement pour une valeur de 250 à 400 mille francs. Les gommes, particulièrement celle dite du Sénégal, forment un article de commerce fort important : cette dernière est produite par une espèce d'acacia dont il existe de vastes forêts dans le territoire à moitié désert qui s'étend au nord du fleuve de ce nom. Le bois de tek et divers bois de teinture méritent encore d’être cités. Néanmoins, depuis quelques années, l'huile de palme constitue ur: objet d'exportation exémement considérable; car toute cette immense region la produit en abondance, et les manufactures de l'Europe en font à cet'e heure un grand usuge, Quant aux sucres et autre produits tropicaux qui pourraien: devenir une source de richesse pour les popuiations africaines, tout ce qui s’en récolte est absorbé par la consommation locale : il faudrait un changement total dans les mœurs de ces peuples pour que la culture de ces produits prit un certain développement. Les articles eurepéens les plus recherchés par les nègres africains sont les cotonnades, les armes à feu, la poudre & canou, là quincaillerie de fer, les armes blanches, le sel et les verroteries.
Il est très-difficile d'évaluer, même approximativement, la population d’une région aussi vaste ct dont l’intérieur est aussi peu connu. Un auteur anglais, se basant sur quelques dénombremenis locaux, suppose que la densité de la population est d'environ 36 habitants par mille carre, Or, si l’on estime la longueur de la côte à 4,000 milles et sa laure
geur moyenne à 300, on trouve que sa surface totale est égale à 4,200,000 milles carrés, et par conséquent que la population s'élève à 31 millions d'âmes. Cependant il faut considérer que l’Afrique occidentale renferme de grands espaces désolés et déserts. L'évaluation ci-dessus est donc exagérée, et nous croyons qu’on se rapprocherait davantage de la vérité en ne portant qu'à 20 millions ie chiffre de la population totale.
Nous ne nous arrêtercns pas à tracer le portrait physique de la raca nègre; ses traits caractéristiques, outre la couleur de la peau, tels que le nez épaté, les lèvres épaisses, les pommettes saillantes, le front fuyant, la mâchoire proéminente, les cheveux laineux, sont connus de tout le monde. Les nègres, quelle que soit la variété de leur teint et de leur conformation, ont rarement des infirmités. Une vie simple, l'exercice, lu transpiration, entretiennent leur santé. Ils ne paraissent pas avoir hérité du privilége des anciens Macrobiens; la durée de leur vie n’égale pas la nôtre, uu moins dans la Sénégambie et à Sicrra-Leone, Les fièvres, la diarrhée, la petite vérole, la lèpre, le pian (que l’on croit être une variété de la syphilis) et le ver de Guinée sont les fléaux les plus ordinaires de ia vie des aborigènes de l’Afrique. La barhe des noirs, peu abondante, a le caractère laineux de leurs cheveux ; malgré ce signe apparent d’une virilité peu prononcée, ils ont l’avantage dans l'amour physique sur toutes les races humaines.
Le gouvernement chez les peuples de l’Afrique occideutale offre les formes les plus diverses, depuis le despotisme le plus complet jusqu'à la
démocratie presque pure. Les États de Benin et de Dahomey, ceux des
Jolofs et des Foulahs, sous des rois absolus, jouissent du moins de la tranquillité intérieure; à Bambouk, aux environs de Sierra-Leone ct sur la Côte d'Or, les principaux chefs des villages forment, à côté d’un monarque élecüf, des aristocraties turbulentes et désastreuses ; chez les Mandingues, qui habitent le plateau de la Sénégambie, le gouvernement est ré ublicam. Rien ne scrait plus risibie que l'orgueil des petits despotes africains, si a cet ergueil ne se joignait pas une férocité dégoutante. Les Danois ont tracé le portrait d’un roi des Aschantis, nommé Qpoccou. Ce monarque Ss'asseyait sur un &rône d’or massif, à
P'ombre d’un arbre dont les feuilles étaient également en or. Sos corps,
excessivement maigre et d’une longueur démesurée, était enduit de sai
sur lequel péen à lar ceignait le agates et pieds rep étaient cot de plaigna vingt hom vrdinairen rarties. L’ tes, récem boyant, lui garder qu grandeur.
pareil n’es ne mesur] bouteille q eu, et S bière qui t l'univers € Les peu au sujet d ainsi qu’at hommes & absurdes sert à dési tout ce qu soit malfa Les grand gnes, des comme le condité.
prêtres; € mage de 1 divin épot Dahomey,