‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 45 sur 75 · VIE · texte numérisé non relu

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sur lequel on avait jeté une couche de poudre d’or. Un chapeau européen à large galon d’or couvrait sa tête ; une ceinture de drap d’or lui ceignait les flancs, et depuis le cou jusqu'aux pieds, les cornalines, les agates et les lapis-lazuli s’enlaçaient en bracelets et en chaines; ses pieds reposaient dans un bassin d’or. Les grands de son royaume étaient couchés par terre, la tête couverte de poussière; une centaine de plaignants et d’accusés étaient dans la même posture ; derrière eux, vingt hommes, le sabre nu à la main, attendaient le signal du roi, qui ordinairement terminait les procès en faisant décapiter l’une et l’autre rarties. L'envoyé danois ayant passé à côté de plusieurs têtes sanglantes, récemment abattues, s’approcha du trône. Le Très-Haut, le Flam boyant, lui adressa les paroles les plus gracieuses : «Je voudrais bien te garder quelques semaines, afin de te donner une idée complète de ma grandeur. As-tu jamais rien vu de semblable? — Non, seigneur roi, ton pareil n’est pas dans ce monde. — Tu as raison; Dieu, dans le ciel, ne mesurpasse que de très-peu. » Le roi but dela bière anglaise dans une bouteille qu’il remit immédiatement au Danois : celui-ci n’en but que eu, et s'excusa en disant que la boisson l’enivrait. « Ce n’est pas la bière qui t'enivre, reprit Opoccou, c’est l’éclat de mon visage; il plonge l'univers dans l’ivresse. »

Les peuples noirs de l'Afrique n’ont que des idées vagues et obscures au sujet de l’Etre suprême, comme créateur et régulateur de l’univers, ainsi qu’au sujet d’une vie future destinée à récompenser ou à punir les hommes selon leurs mérites. En revanche, les superstitions les plus absurdes et les plus atroces règnent parmi eux. Le mot de fétiche leur sert à désigner tout ce qui est sacré à leurs yeux, tout ce qui est défendu, tout ce qui leur paraît doué d’un pouvoir surnaturel, soit bienfaisant, soit malfaisant, tout objet enfin qui frappe leur imagination déréglée, Les grands fétiches ou fétiches nationaux sont des rochers, des montagnes, des arbres, des animaux. Dans l’Ouydah, un serpent est regardé comme le dieu de la guerre, du 2ommerce, de l’agriculture, de la fécondité. Nourri dans une espèce de temple, il est servi par un ordre de prêtres; des jeunes filles lui sont consacrées : elles lui offrent l’hommage de leurs danses lascives; mais les prêtres remplacent du reste le divin époux. Dans le Benin, un lézard est l’objet du culte public; au Dahomey, c’est uu léopard. Aux environs du cap Mesurado, les offran-

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