VIE
des se dédient à une divinité plus bienfaisante, au soleil. Indépe:: am. ment de ces objets de la vénération nationale, chaque nègre adopte un fétiche particulier qu'il porte sans cesse avec lui : c’est un morceau de bois travaillé, une dent de chien, de tigre, une corne, un rameau, une arête, etc. Ils placent des fétiches dans leurs maisons, au milieu de leurs champs, et leur offrent du viz, du maïs, des fruits et autres objets co. mestibles. La fabrication et la vente de ces fétiches forme la princi; 4 occupation et la principale source de richesses des prêtres africains, Le nègre rapporte à son fétiche tout ce qui lui arrive d’heureux ou de malheureux : il s'impose toujours quelque acte d’abstinence où quel. que privation, afin d’honorer son idole, et en général il mourrait plutôt que de violer son vœu. Cette superstition est souvent mise à profit dans les procédures judiciaires. Lorsqu'un noir mange une croûle de pain, boit une goutte de liqueur, jette du sable sur sa tête en disant : « Qu mon fétiche me tue sur-le-champ, si je ne dis pas la vérité, » on peut compter sur la véracité de sa déclaration beaucoup plus sûrement que sur les dépositions faites devant nos tribunaux, sous la foi du serment, Aucune idée de rétribution morale ne s'attache, chez lestribusafricaines, à l’idée de vie future. Suivant eux, la vie future est la contrepartie de celle-ci : ils pensent qu'ils y retrouveront les mêmes objets, les mêmes plaisirs, la même distinction des rangs dans la société. C’est sur cetta croyance que se fondent le: absurdes et épouvantables cérémonies qui s’observent dans les fonéraillis, On enterre avec le mort tout ce que cslui-ci avait de plus précieux, parce qu'on s’imagine qu'il les emporter avec lui dans l’autre monde, {’est à celte superstition que sont dues ces hécatombes de victimes humaines sacrifiées sur les tombes royales, On envoie au prince mort ses serviteurs, pour continuer leur oflice auprès de lui. Les Akims immolèrent sur le tombeau du roi Freempoung s
esclaves, au nombre de plusieurs milliers, son premier ministre, v! trois cent trente-six de ses femmes. Toutes ces victimes furent enterré: vivantes, après qu’on leur eut brisé les os. Le peuple, pendant plusieur. jours, exécuta des danses accompagnées de chants solennels autour du tombeau, où ces infortunés éprouvaient une lente et horrible agone, Cette atroce superstition règne même dans les grandes monarchies de PAfrique centrale, qui, sous divers rapports, offrent une civilisation bien plus avancée que les États de la côte,
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La circoncision, détestée par les Foulahs, consacrée par la religion chez les Mandingues qui l’étendent même aux femmes, est admise parmi des nations nègres idolâtres, tels que les Akkras, sur la Côte d'Or, les Dahomeys, les Kalabarris et les 1bbos. Dans le Benin, on raccourcit ehez l’autre sexe une partie superflue, tandis que chez les Dahomevs on se donne de la peine pour produire le dégoûtant allongement qui distingue les Hottentotes.
il est impossible de trouver une région couvenablement peuplée, et habitée par des nations ayant fait certains progrès dans les arts, où les habitants soient aussi complétement illettrés que dans l'Afrique occiden- “le, I ne suffit pas de dire que les noirs de cette vaste contrée ne pose
dent ni livres, ni littérature, ni sciences : chez aucune de ces tions il wexiste un alphabet; on n’y voit rien qui rappelle mû e
hévoglyphique, peinte ou symbolique. Tous ces moyens :
lesquels les hommes se communiquent leurs idées ou les tra
à leurs descendants, sont absolument inconnus aux tribus qui nous occupeut, Les lois se conservent de mémoire. Ce singulier phénomène ne aurait pourtant être attribué à quelque infériorité intellectuelle de la race noire, Eu effet, l’'éloquence est chez eux honorée et cultivée : ils ont do avocats, tres-bavards et très-intrigants, qui déploient parfois un art ounant devant les palaver où assemblées judiciaires. Plusieurs chefs
| ont fait preuve d’une habileté remarquable dans Part de la guerre, et : 9
dns celui de la politique. Enfin, chez les tribus les plus avancées, il existe une littérature orale, des poëmes et des chants, qui se transmet tent par la mémoire, et qui font les délices de la population.
Les Africains regardent la vie comme un court moment, dont il faut
} jouir ie plus possible, Aussi ne travaillent-ils que juste ce qu’il faut
pour gagner lez be:oins les plus indispensables, et recherchent-ils le plaisir avec une ardeur dont nous ne pouvons nous faire une idée. La danse, la musique et le jeu sont leurs passions favorites. Aussitôt que l wleil se couche et que la chaleur du jour diminue, on danse d'un
| bout de l'Afrique à l’autre, et toutes ces danses durent toute la nuit. I] y
«quatre mille ans déjà, le navigateur carthaginois Hannon fut étonné,
: nnmeédiatement après le coucher du soleil, de voir des lumières briller - ct glisser le long du rivage, et d'entendre de toutes parts reientir le son
des instruients de musique, Néanmoins, l’art de la danse m'a pas fait
de progrès chez les nègres ; elle consiste en sauts, gambades, contor: sions violentes et grotesques, en mouvements lascifs et obscènes. La musique est à l’avenant: elle est prodigieusement bruyante, et capable de briser les oreilles européennes. Les trompettes, ou mieux les cornes, les tambours, les flûtes, à l’état rudimentaire, les castagnettes, les trian. gleset une espèce de guitare grossière, voilà les instruments qui com. posent leur orchestre charivarique. Le jeu a encore pour le nègre des attraits aussi puissants que la danse; mais les ingénieuses combinaisons de l’ouri, plus variées que celles de notre jeu de dames, n’intéressens ici que les femmes, tandis que les hommes recherchent les agitations du plus aveugle jeu de hasard, avec autant de fureur que nos jeunes gens à la mode.
La polygamie, dans toute l'Afrique noire, n’a point de limites léga. les: chaque individu prend autant de femmes qu’il en peut nourrir, soit pour son plaisir, soit parce qu’un homme se fait gloire d’avoir beaucoup de femmes et d’enfants. D'ailleurs, le nombre de femmes est souvent une source de richesse; car, à l’exception de la femme princi. pale qui gouverne l’intérieur de la maison et de la femme sacrée qui est consacrée au fétiche, toutes sont obligées de travailler : c’est même, ainsi que nous l’avons dit, au sexe faible que sont abandonnés les travaux de l’agriculture. Dans les villes de la côte, les noirs les plus ri. ches prennent ordinairement de trois à vingt femmes, tandis que les rois en ont de quatre-vingts à cent. Chez les Aschantis, chez les Dahomeys et dans les autres royaumes despotiques, ie monarque compte ses femmes par milliers. Chaque jour il en grossit le nombre, soit par des captives faites à la guerre, soit au moyen du droit qu’il possède de s'emparer de toutes les femmes qui lui conviennent parmi ses sujettes, Une grande partie de la population est ainsi réduite au célibat, etilen résulte une dépravation de mœurs effroyable. Dans plusieurs des villes situées sur la Côte d'Or, l'État entretient un corps de courtisanes qui sont considérées comme des fonctionnaires publics. Parmi les habitants même les plus riches, il en est un grand nombre qui favorisent la prostitution de leurs femmes, à la condition d’en retirer un profit.
Il n'existe pas, dans toute la partie de l’Afrique qui nous occupe, un seul édifice construit en pierre. Quatre troncs d’arbres à peine dégrossis plantés dans le sol, quelques branches dépouillées de leur écorce,
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AFRIQUE OCCIDENTALE. 173 de laterre, de la paille ou quelques feuilles de palmiers, voilà les seuls matériaux qu’emploie le nègre. Il fabrique avec eux une case à toit aigu qui ressemble assez à une niche de chien. Les habitations des riches pe sont pas bâties autrement : seulement elles sont plus nombreuses, car chaque femme a sa case; tout l'établissement est entouré d’une enceinte en terre ou en branches entrelacées. Les villes ne sont que de grandes réunions de cases semblables. Point d’édifice public, même chez les tribus qui vivent sous une sorte de gouvernement républicain ; tout au plus, elles possèdent une grande case ouverte de toutes parts que l’onnomme bourrie. Cette espèce de hangar sert aux délibérations pu bliques désignées sous le nom portugais corrompu de palaver. Les palais des princes ne se distinguent que par le grand nombre de cases qui les composent. L’ameublement des pauvres se réduit souvent à deux ou trois calebasses ; les riches étalent quelques armes à feu ; les souverains, qui ornent leurs demeures de crânes humains, ont de la vaisselle ec des tapis de fabrique européenne.
La nature du sol perpétue chez toutes ces nations l’indolente légèreté, lInsouciance puérile qui semblent innées au nègre. Quelques journées de travail dans l’année sufisent pour lui procurer la récolte de riz, de maïs, de millet, d’ignames, de manioc et d'huile de palme, nécessaire à son frugal repas. En outre, son goût peu délicat ne le laisse jameis sans ressource. La chair d’eléphant, même lorsqu'elle est déjà remplie de vermine, ne repousse pas sou robuste appétit. Il aime les œufs du crocodile et même sa chair musquée. Les singes servent géné ralement à la nourriture; on ne dédaigne ni les chiens morts, niles poissons gâtés : un rôti de chien figure même dans les grands festins comme un mets exquis. Mais le nègre refuse la salade, pour ne pas ressembler, dit-il, aux animaux herbivores. La préparation des bouillies epaisses de maïs et de millet, arrosées d’huile de palme, qui composent sa cuisine ordinaire, n’exige que peu de soiv. Un art facile lui donne le vin de palmier et la bière de millet qui forment sa boisson ordinaire. L'Europe fournit aux nègres une boisson plus pernicieuse, l’eau-de-vie, Qui si longtemps a servi à les faire passer de l'ivresse à l’esclavage.
Quant à ce qui concerne les vêtements et la toilette, les noirs ne se piquent pas de la même simplicité que pour leur demeure et leur nourrilure. La nécessité, il est vrai, force les pauvres à se contenter d’un
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Paanñ où Morceau de cotonnade grossière qui lui sert à couvrir la partie inférieure du corps, et même, jusqu’à l’âge de 42 à 43 ans, les enfants vont complétement nus. Mais le nègre aime avec passion les étoffes ri. ches et aux couleurs éclatantes, les bijoux et tout ce qui flatte ses yeux et sa vanité; aussi les individus riches et surtout les rois déploient-ils souvent dans leur costume le luxe le plus extravagant et le plus bi. zarre, On voit des nègres porter des étoffes de soie, de velours, d’indiennes perses, ou d’autres tissus européens plus ou moins coûteux, Les femmes d’un rang élevé ont de longs voiles et des mantilles qu’elles rejetent sur l'épaule ; le rouge est leur couleur favorite ; elles ornent aussi leurs vêtements de rubans et même de dentelles d’or et d’argent, Mais ce que les femmes aiment par-dessus tout, ce sont les bracelets et les anneaux : elles chargent leurs oreilles et leurs doigts d’anneaux, leurs bras et leurs jambes de bracelets. Cr. bijoux sont en or, en ür. gent, en ivoire, en cuivre, en étain et en fer, les premiers destinés aux femmes riches, les autres réservés aux femmes pauvres. On a vu de ces dernières charger leurs bras d’une quarantaine de petits bracelets de fer. L’arrangement de leurs cheveux crépus et laineux est, pour les individus des deux sexes, un objet de la plus haute importance. Ils impriment à leur chevelure différentes formes, la graissent avec de l'huile de palme, et parfois l’entortillent avec des tresses d’or ou des morceaux de corail. Les nègres de certaines tribus se peignent le visag en blanc et en rouge, de manière à figurer des espèces de fleurs : d’autres ont recours au tatouage ou se pratiquent des incisions dans la peau. Ces dernières paraissent être non-seulement un moyen d’emhel. lissement, mais encore un signe caractéristique de tribu. Aiu 3 Mandingues ont des entailles verticales sur toute la figure; on retrouve le même genre de masque chezles Akkras, les Timbous et les vos, nations de la Guinée. Chez les Kalabarris, les antaïiles sur le front sont horizon. tales : les Sokkos marquent leur front de deux traits croisés; enfin, il y a des tribus vers Sierra-Leone qui savent produire dans la peau des renflements qui imitent les bas-reliefs.
Quoique ce tableau soit généralement peu favorable pour la race noire , il serait injuste de la considérer comme une famille dégradée ou inférieure en intelligence aux autres familles du genre humain, telles que Les Européens, les Arabes, les Indous. Nous avons vu que ce
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sont les cinsonstances, parmi lesquelles l'extrême fertilité du sol est peut-être la plus influente, qui retiennent les noirs dans un état de chilisation aussi peu avancé. Lorsque le contact des Européens, eu lieu de leur apporter l'esclavage, leur créera par le commerce de nouveaux besoins, il est vraisemblable que ces peuples sortiront de leur torpeur et feront de rapides progrès. Le nègre, loin d’être dénué d'intelligence, fait souvent preuve d’un esprit vif et pénétrant : de plus, il n’est étrane gers à aucuns des sentiments qui honorent et qui élèvent la nature hue maine. Si l’on a vu quelquefois les parents vendre leurs enfants, génée ralement les liens de la tendresse familiale sont aussi fortement serrés qu'ils peuvent l'être là où la polygamie est une pratique constante, «Frappez-moi, mais ne dites pas de mal de ma mère ! » est un propos habituel parmi les nègres. Un gouverneur danois, sur la Côte d’Or, accorda la liberté à un pauvre nègre qui voulait se vendre pour affranchir son père. L'amitié a eu ses héros dans la Guinée, comme dans la patrie de Pylade. On a vu des traits d’une reconnaissance généreuse, Récemment un nègre français, devenu riche négociant, a donné une pension alimentaire à son ancien maître qui était tombé dans la misère. Le plus beau trait dans le caractère du nègre, c’est cette héroïque fidélité envers un maître juste et même envers un maître sévère, dont on a cité de nombreux exemples. Le suivant est un des plus authentiques.
Quagié, nègre inspecteur, avait joui de toute la confiance de son premier
maître, qui, en mourant, le recommanda à sor fils et successeur. Ayant été élevé avec celui-ci, il pouvait espérer la continuation de la même faveur ; cependant il encourut une disgrâce momentanée. Le jeune mattre, sévère et violent, le menaça, pour la première fois dans sa vie, d’une punition déshonorante. Quagié se cache dans l'intention de faire demander son pardon ; pour son malheur, le maître, en se promenant, découvre le même jour sa retraite. Jeune et vigoureux, il s’élance sur l'esclave et le maltraite cruellement. Entraîné de son côté par un premier mouvement, le robuste nègre saisit Européen, l’abat sous lui, et tirant de sa poche un large couteau : « Massa (Monsieur), dit-il, j’ai été le compagnon de votre enfance, je vous chéris plus que moi-même ; je vous jure que je suis innocent ; mais quand bien même j’aurais été coupable, j’aurais dû pouvoir compter sur votre indulgence. Cependant vous m'avez condamné sans m’entendre ; vous voulez me livrer à une
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peine déshonorante. Non! non! je ne la subirai pas! » À ces mots, il se plonge le couteau dans le cœur, et tombe expirant sur son maître qui lui offrait, mais trop tard, son pardon. Ne désespérons donc point de voir un Jour les nations africaines marcher à la suite des nations européennes dans la voie de la civilisation.
SECT, 3e. — Description topographique de l'Afrique occidentale.
Nous commencerons notre description par la Sénégambie, c’est-àdire par la contrée qui est arrosée par les deux fleuves du Sénégal et de la Gambie. Il serait diflicile et d’ailleurs à peu près inutile de chercher à fixer les limites de ce vaste territoire; cependant on peut estimer sa longueur à environ 200 lieues du nord au sud, et sa largeur à 300 de Vouest à l'est. Ce territoire est partagé en une multitude de petits États dont les limites varient continuellement. Ce qu’il y a de plus intéressant à étudier dans la Sénégambie, ce sont les races nègres qui l’habitent, et qui se distinguent en général des autres peuples noirs du reste de l'Afrique occidentale par des habitudes plus pacifiques, une industrie plus active et des mœurs plus douces et plus hospitalières. On y disdistingue trois races principales, les Foulahs, les Mandingues et les Jolofs.
On pense généralement que les Foulahs sont venus du Fouladou sur le Sénégal supérieur ; mais plusieurs auteurs supposent que celte race est identique avec celle des Fellatahs de l'Afrique centrale : dans cette hypothèse, il faudrait admettre que les Foulahs sont une nation d’origine étrangère. Les Foulahs, appelés aussi Foulans, Fellans et Poules, sont aujourd’hui répandus sur les deux rives du Sénégal; ils occupent encore le grand royaume de Fouta-Djallo au sud, et plusieurs districts sur les bords de la Gambie. Ils ne présentent pas la réunion de tous les traits qui caractérisent la race nègre pure ; ils n’en ont ni la couleur noir de jais, ni le nez aplati, ni les lèvres épaisses : ils ont au contraire les traits du visage prononcés, le teint simplement olivâtre et une expression agréable. Ils ont embrassé la religion musulmane, mais ils ne déploient ni cette bigoterie, ni cette intolérance qui distinguent essentiellement la plupart des peuples mahométans, tels que les Maures eiricains. Leurs mœurs sont généralement douces et pacifiques ; ils
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sons, tantôt Le soir, ils r jeurs tentes Telle est le wrs peuple derniers, q comme favd forme de le chefs de le çaine de go tenant à u Les Mand | considère le moral. Quo ques, ils n Foulahs. Il:
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pratiquent l'hospitalité la plus libérale, et viennent au secours nonulement des individus âgés ou infirmes de leur propre race, mais encore de ceux qui appartiennent à d’autres tribus. Les Foulahs se liwent surtout à la vie pastorale ; aussi ont-ils, jusqu’: un certain point, adopté des habitudes nomades. Qccupant une contrée où la propriété territoriale fixe n'existe pas, ils ronduisent leurs troupeaux, suivant les saisons, tantôt sur les flancs des montagnes, tantôt sur les bords desrivières. Le soir, ils rassemblent leurs troupeaux au milieu du cercle que forment leurs tentes, et allument de grands feux pour éloigner les bêtes féroces. Telle est leur bonne conduite, leur industrie et leur utilité pour les diwrs peuples de l’Afrique occidentale, qu'ils sont l’objet du respect de ces derniers, qu’il est interdit de leur faire aucun mal, et que l’on regarde comme favorisé le territoire sur lequel s'établit un village foulah. La forme de leur gouvernement est démocratique; ils n’obéissent qu’à des chefs de leur propre choix, et ils conservent même leur forme républicine de gouvernement, lorsqu'ils s'installent dans un territo’re appartenant à une autre tribu gouvernée monarchiquement.
Les Mandingues sont une race plus décidément nègre, soit que l’on
| considère leur caractère physique, soit que l’on envisage {eur c'ractère
moral. Quoique capables, dans certaines circonstances, d’efforts énergiques, ils ne déploient pas cette activité incessante qui distingue les Foulahs. Ils se livrent à l'agriculture, mais avec toute l’indolence des autres nations nègres; la pêche est une de leurs occupationf, favorites ; mais le commerce est celle dans lequelle ils excellent : là, ils se montent supérieurs à presque toutes les autres tribus africaines. Ils conduisent de nombreuses kalifas ou caravanes à des distances considérables dans l’intérieur du continent, et leur langue est comprise dans toutes les places commerciales de l'Afrique centrale. Les Mandingues sont gais, curieux, crédules et fort amis du plaisir. On les voit souvent danser vingt-quatre heures sans interruption, au son du tambour ou du balafou, La polygamie est pratiquée chez eux sur une très-large échelle ; les nombreuses cases destinées aux femmes et aux enfants d’un seul Mandingue forment quelquefois un véritable village. Un ménage aussi considérable ne peut, en général, subsister longtemps sans que la discorde ne s’y glisse. Lorsque le mari n’a pu, ni par la voie des répri-
jmandes, ni par celle des châtiments corporels, réussir à rétablir l’or-