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010 CHAPITRE ONZIÈMR,
dis'ingue par Ja beauté de ses traits, par son adresse À vivre en pa, avec ses voisins, même avec les farouches Gallas, et par sa coutume bi. garre de se teindre les cheveux en jaune avec de la chaux et de les flo. conner pour imiter la toison de ses brebis. Celles-ci sont remarquables par leur q''eue charnue, dont la grosseur est prodigicuse. La petite ville de Berbera, avec un port, est la principale place maritime de la côte, 1 s’y tient chaque année, d’après lord Valentia, une foire importante où ilse vend une quantité considérable de gomme, de myrrhe et d'encens, pour une valeur d'environ 2 millions de francs, On y apporte mème de Vor et de l'ivoire d’Hanim, pays situé à une distance de 20 jourutes dans l'intérieur.
L'extrémité occidentale de cette côte, qui touche au détroit de Bab-el. Mandeb, forme un État distinct, qu’on appelle royaume d'Adel où d'Hour. rour, Les habitants, qui sont des musulmans très-fanatiques, ont fait aux Abyssins, leurs voisins, de longues et sanglantes guerres; mais aujourd’hui leur puissance a disparu. Le chef de est Élat prend le titre d'Iman, comme les souverains de plusieurs pays de l'Arabie. Hourrour, la capitale, est située à une assez grande distance de la côte; quoiqu’elle donne son nom au royaume, elle est moins importante que Zeylah. Cette dernière est bâtie sur un îlot et possède uu port assez fréquenté; son commerce, cependant, est bien inférieur à celui de Berbera, La ville est presque déserte pendant les grandes chaleurs, à cause des moucherons qui, selon Rienzi, ne laissent aucun repos aux habitants.
I nous reste à parler des peuples qui occup'nt les immenses régions situées dans l’intérieur, à l’ouest de la côte de Zanguebar et de c:lle d’Ajan. L'absence presque absolue de documents positifs nous obligera à une extrême briéveté. Les Monjous habitent le pays qui figure dans les anciennes cartes sous le titre d'empire de Monomougi. Salt les représente comme une des races nègres les plus laides de toute l'Afrique. Le portrait que nous avons tracé des Makouas s’applique parfaitement à eux. Plus au nord, on indique les tribus des barbares Mossegueyos, qu sont riches en troupeaux, et qui, dans l’enfancr, se couvrent la têle d’une couche d'argile, en guise de bonnet. Eu remontant encore au nord, on trouve les Maracatas, peuple noir, grossier, mais doué d’un ex: térieur avantageux, Les filles conservent Le trésor de l'innocence, moyen nant une coulure que l'époux seul a le droit de défaire. Des peuplades
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AFRIQUE, ORIENTALE, 997 Gallas, qui paraissent porter des noms divers, occupent une grande partie de cette région intérieure, Mais quel voyageur européen à jamais pénétré au milieu de ces peuples barbares, et dans ces pays qui sont le théâtre de guerres et de révolutions perpétuelles ?
Qu'est devenu le royaume de Gingiro, le seul État de l'intérieur qui ait été visité, il y a plus de deux siècles, par un Européen, le jésuite Anton Fernandez, qui nous a laissé une relation de son voyage. En 1613, ce missionnaire, ayant tenté de pusser d’Abyssinie à Milude avec une ambassade destinée pour le roi d'Espagne, traversa k territoire de Gingiro. Suivant lui, ce pays est situé sur les hords du Zebi, qui prend sa source dans le distriet de Naréa, et & fraie avec fracas un passage à travers les montagnes qui séparent ls deux pays. Cette rivière, qui entraîne un plus grand volume d’eau que le Nil, après s'être pliée presqu'eatièrement autour de Gingiro, qui devient par là une espèce de péninsule, poursuit son cours sans interruption jusqu'à la mer, où clle débouche sur la côte de Milinde. Le tint des habitants est d’un noir moins foncé que celui des nègres. Ils ont des trails fins et aussi réguliers que les Abyssins, leurs voisins, Toute
la nation est esclave, tout est la propriété absolue du roi. Lorsqu'il veut acquérir quelqu'objet précicux apporté par des marchands étrangers, illeur donne en échange le nombre d'esclaves qu'ils désirent, A cet effet, il fait enlever dans les maisons qu'il plaît à ses gens de choisir
ls fils et les filles des habitants. C’est un droit du trône, consacré par le temps; et malheur à l'homme qui s’attircrait le soupçon de désapprou-
ver cette barbarie! il serait mis à mort sans rémission, A l'audience de congé, le roi offrit au Père Fernandez la fille d'une des premières maisons du royaume pour esclave , et, sur son refus de l’accepter, il Lui donna un esclave le et un mulet,
La couronne est héréditaire dans la mème famille, mais non par ordre de progéniture. Le successeur est pris de force, aux périls de la vie des électeurs, qui passent pour de grands sorciers et paraissent être une caste de prêtres. Après l'inauguration, le nouveau roi fait comparaître devant lui tous les favoris de son prédécesseur, et ordonne de les envoyer auprès de leur maître chéri dans l’autre monde. La maison du défunt est brûlée avec tout ce qu’elle renferme. On en fait de même après le décès d’un particulier : on brüle même les arbres et les végé-
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taux qui se trouvent dans le voisinage, afin que ie mort, habitué À cet endroit, ne soit pas tenté de revenir y faire sa promenade. Avant d'a. battre un arbre choisi pour former le pilier qui doit soutenir le trône dans la nouvelle demeure du roi, on coupe le cou au premier homme
qu'on rencontre d'une certaine famille du royaume qui, par là, se trouve
exempte de toute autre charge, et à laquelle beaucoup d’autres envient cet honneur. Lorsque le roi va être installé dans son palais, on tue, selon le nombre des portes, un ou deux autres hommes de la même famille privilégiée, pour peindre, avec leur sang, les seuils et les pnteaux. Le jour où il prend les rênes du gouvernement, son premier acte est de donner des ordres tendant à faire rechercher dans le royaume entier tous les hommes et toutes les femmes qui ont la teigne, pour empêcher la propagation de leur mal, qui pourrait finir par gagner sa majesté. H les guérit en envoyant la troupe entière au delà du Zébi, où on leur coupe la tête à tous.
Assis sur son trône qui a l’air d'un ballon établi en forme de cage au heut de sa maison, le roi porte une robe de soie blanche. Le Père Fernandez dit que gingiro veut dire un singe, et il trouve que les attitudes et les gestes du roi dans sa cage lui donnent en effet beaucoup de ressemblance avec cet animal, ajoutant qu’à l'instar de ce que font les singes, le roi, blessé au combat, est tué sur-le-champ par ceux qui l’entourent, ou à défaut par ses parents, afin qu’il ne périsse pas d’une main ennemie. Il est considéré comme un être divin, rival du soleilet de sa puissance dévorante. Il ne sort que le matin au clair de l'aurore: si le soleil est levé avant lui, il se tient toute la journée dans l’intérieur de sa maison, et ne monte point à sa cage, ni ne fait aucune affaire; car, disent les Gingirains, deux soleils ne peuvent luire à la fois, et quand l’autre a pris les devants, la dignité du roi serait compromise s’il s’abaissait jusqu'à le suivre en second.
Après sa mort, le corps du roi, revêtu des étoffes les plus riches et enveloppé d’une peau de vache, est traîné par-dessus les champs au lieu de la sépulture des souverains, et déposé dans une fosse qu’on laisse ouverte. La terre n’est pas jugée digne de couvrir les restes du rival du soleil, qui ne peut avoir que le pavillon du ciel pour mausolée. Mais on inonde le corps du sag d’une quantité de vaches immolées sur le bord de la tombe: et, par la suite, on y en tue une chaque jour jusqu’au dé-
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AFRIQUE ORIENTALE. 239 es du roi alorsrégnant. Le sang coule dans la tombe et la chair revient aux prêtres sacrificateurs. Parmi d’autres cérémonies d’inauguration qu'il serait trop long de décrire, le roi nouveau est obligé d’écrascr
entre les dents un ver qu’on lui apporte, et qui est censé sorti du nez deson prédécesseur,
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CUAPITRE DOUZIÈME.