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AFRIQUE CENTRALE, 245 an de Bornou la souvcraineté nominale. Dans le cœur du Haoussa, k Gouber, le Zez;-Zeg et d’autres pays ont également secoué le joug, Malgré cela, les Fellatahs, sous d’autres chefs, ont étendu leurs conquètes à l'ouest; ils ont même envahi le Yarriba au delà du Niger. Le royaume de Tombouctou a depuis longtemps perdu la suprématie il possédait avant Léon l’Africain. Quoiqu'il soitaujourd’hui indépen-
| dant, il se récuit à la ville de ce nom et au territoire qui l'entoure im-
“<diaternent. Le Bambarra. à l’époque où Mungo-Park le visita, était pins vaste 1 ‘e plus puissant royaume qui existàt sur le cours sugéieur du Niger; mais depuis, il a été démembré par Sego-Ahmadou, chef Foulah, qui à cette heure possède la florissante ville de Djenny et le pays circonvoisin.
La pluport des Etats de l’Afrique centrale ont des gouvernements compléteracnt despotiques. Dans le royaume d’Eyeo ou Yarriba, les plus s'uuds scigneurs, lorsqu'ils approchent du monarque, se jettent ü face contre terre, en baisent le sol et se couvrent la tête de poussière. La coutume de sacrifier sur le tombeau du roi ses principaux officiers et «s femmes favorites, existe dans le Yarriba et d’autres Etats; néanmoins, le nombre des victimes ainsi immolces est bien moins considérable que dans l’Aschanti et dans le Dahomey. Les monarques africains ne se distinguent pas en général par leur pompe et leur magnificence : leur demeure et leur costume ordinaire différent peu de ceux du plus humble de leurs sujets. Le roi de Yaouri, l’un des plus puissants de ces monarques, reçut la mission anglaise dans une petite cour carrée qu’on pouvait comparer à la cour d’une ferme, et il lui donna son audience de congé dans une salle tres-malpropre, où les hirondelles volaient de ious côlés et où allaient et venaient des jeunes garçons et des jeunes filles daus un état de nudité complète, Le roi de Ouaoua, pour donner ses audiences se plaçait dans une niche du mur de ia ville. La pompe des souverains cousiste dans la multitude de leurs femmes; celui de Yarriba disait que toutes ses femmes pourraient, en se tenant par la main, former une chaîne qui irait d’un bout de son royaume à l’autre. Mais ces femines ne sont en réelité que des esclaves qui sont chargées des travaux et des services de tous genres. Entre autres fonctions, elles remplissent souvent celles de gardes du corps. Les chefs musulmans ont des cours un peu plus semblables à celles des princes de l'Afrique du
Y46 CUAPITRE DOUZIÈME.
nord. Ils ont un moins grand nombre de femmes, déploient plus de pompe, exercent un pouvoir aussi despotique que les monarques nè. gres, mais n’exigent pas des signes de soumission aussi dégradants pour leurs sujets. Nous devons ajouter que chaque ville jouit d’un gouvernement municipal, qui, surtout dans quelques parties du Bambarra,
est constitué d’une façon sesez démocratique : le mansa ou gouverneur !
de la ville est nommé par l'élection populaire.
Les revenus de ces princes n'égalent pas leur puissance. Les droits
que paient les caravanes constituent la seule source régulière de cesre. 4
venus. Les présents qu’on leur fait forment une grande partie de leur richesse. Ils se livrent aussi au commerce, et, dans ieurs opérations, ils
usent de tous les procédés possibles, fraude et violence, pour augmenter !
leurs profits.
Les armées de ces princes se composent principalement d’une milice turbulente, qui prend les armes dès qu’elle en reçoit l’ordre, et qui vit en mettant au pillage les pays qu’elle traverse. La cavalerie du Bornou et du Begharmi a un aspect tout à fait martial : les chevaux sont petits, mais actifs; l’homme et sa monture sont tous deux revêtus d’une cotte de mailles; mais ces cavaliers, si beaux en apparence, sont incapablesde soutenir un choc un peu vif, et lorsqu'on les attaque, ils se hâtent de prendre la fuite. Ils ne sont bons qu’à poursuivre l'ennemi, lorsque celui-ci est en déroute ; alors ils tuent et pillent bravement les fuyardk, Les Kanembous, organisés par le scheik actuel de Bornou, constituent la seule force régulièrement effective que l’on irouve dans l’intérieur de l'Afrique. Ils marchent par tribus, presque nus, avec une simple peau autour de la ceinture. Leurs armes sont un long bouclier et une pique. Les archers fellatahs et ceux d’une nation très-sauvage connue sous le nom de Moungas (ces derniers se servent de flèches empoisonnées), se sont montrés vraiment redoutables. Cependant Lander qui a vu l’armée de Sackatou, forte de 50 à 60,000 homme: faire le siége d’une ville rebelle, appelée Kounia, dit que quelques «hrfs, revêtus d’une armure, furent les seuls qui montrèrent du courage; tout le reste de l’armée, à moindre alarme, même fausse, prenait précipitamment la fuite, renversanttout sur sen passage, etemportant tout ce qu’ils voulaient sauver:
hommes et animaux tombaient les uns sur les autres. Un camp, que vi È
Clapperton, ressemblait à un village; il se composait d’une mullitude
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