‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 53 sur 75 · partie de leur · texte numérisé non relu

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AFRIQUE CENTRALE, 247 de huttes pareilles à des ruches et disposées de manière à fcrmer des rues régulières. Ce camp était rempli de tisserands, de tailleurs, de femmes qui préparaient le coton, de vendeurs d’ignames et autres denres comestibles. Sous chaque arbre, il se tenait un petit marché : làse rassemblaient aussi de saints hommes qu comptaient les grains de leur chapelet, et des esclaves dissolus qui buvaien£ des liqueurs enivrantes. Les armes à feu sont presque complétement inconnues chez ces peupes; les plus puissants souverains r’ont qu’un petit nombre de fusils qu’ils montrent avec orgueil. Les Arabes armés de fusils et habitués à une certaine discipline, qui escortent les caravanes, peuvent meltre en déroute des milliers de nègres, et souvent ils décident par leur intervention, le sort des combats que se livrent les plus grands rois de l'Afrique centrale.

On peut considérer cette immense région, presqne toute entière, comme une des plus belles et des plus fertiles contrées qu'il y ait à la surface du globe. Malgré sa proximité de l'équateur, et quoique exposée aux rayons les plus ::rdents du soleil des tropiques, elle a peu à souffrir de l'intensité de la chaleur. Les chaînes de montagnes qui la traversent, les nombreux cours d’eau qui l’arrosent expliquent ce phénomène. Les pentes des montagnes, quelquefois même jusqu’à leurs sommets, sont couvertes d’abondantes moissons. Presque tout ce territoire se trouve favorable, non-seulement à la culture des végétaux propres à la zône tropicale, meisencore, à cause des différences de hauteur que présente la surface du soi, à la culture de beaucoup de végétaux appartenant à la ane tempérée. L’asviculture toutefois, n’est pas fort avancée dans l’Arique centrale : nulle part on ne connaît la charrue; le seul instrument dont on se sert pour travailler la terre, est la houe ; encore se contenteton de gratter le sol très-superficiellement. L’irrigation des terres est le seul travail qui se fasse avecsoin. Dans le Haoussa, on conserve lesgrains dans de vastes greniers élevés sur des pieux, afin de les mettre à labri des insectes : on fait aussi bonne garde pour éloigner les oiseaux qui dévorcraient les récoltes. Dans le Bornou, l’industrie agricole est encore plus arriérée que dans les autres contrées de l’intérieur. On y cultive presque exclusivement une sorte de millet, appelé gussub, qu’on ne transforme pas en pain, mais qu’on fait simplement bouillir pour en faire une sorte de pâte. Malgré la fertilité de leur territoire, les Bor-

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